mercredi 5 janvier 2022

Album - Lilly Hiatt - Lately

 

Album - Lilly Hiatt - Lately
 
New West Records
 
(michel)
 
Que fais-tu lorsque ton paternel se nomme John Hiatt?
Bête question: de la musique, surtout si le monsieur t'offre une 1953 Parlor-Size Martin pour tes douze ans.
Donc, Lilly, après des études de psychologie, n'ouvre pas un cabinet pour devenir shrink, mais décide de suivre la voie de daddy, un des plus talentueux adeptes de l'americana, qui a récolté une petite dizaine de Grammy Awards depuis qu'il arpente les scènes du monde entier pour distiller son roots rock, agrémenté au blues, à la country ou au folk.
 
Lors de ses dernières années à l'unif, mademoiselle Hiatt forme, avec des copains, le band Shake Go Home qui enregistre une poignée d'EP's.
Une première oeuvre sous son nom ( Let Down) sort en 2012, aujourd'hui, avec l'album ' Lately', sa discographie se chiffre à 5 albums.
On ajoutera que papa a fait appel à ses services sur 'Same Old Man' et que la petite Lilly s'entend aussi sur des enregistrements d' Across Tundras et de Ronnie Fauss.
 
Tracks:
Simple
Been
Lately
Stop
Peach
Ride
Face
Better
Gem
The Last Tear 
 
Credits:
Lilly Hiatt - vocals, guitar
Mike LoPinto - guitar
Robert Hudson - bass
Kate Haldrup - drums
Micah Hulscher - keys
Steve Hinson - pedal steel
Coley Hinson - guitar on “Peach” and “The Last Tear”
All songs written by Lilly Hiatt
Poppycat Publishing (BMI)
 
La photo de la pochette est signée Lilly Hiatt, elle ne s'est pas foulé: un fond gris, des points roses bonbons pour égayer l'ensemble, son nom écrit d'une main nonchalante en haut à gauche, le titre de l'album sous un polaroid confus représentant un arbre quelconque  en fleur.
Tu dis.... il faut ressentir le côté fauviste de l'ensemble, d'accord, vais téléphoner à Henri Manguin et lui demander ce qu'il en pense.
 
Préface: Upon the release of her universally praised Walking Proof in March 2020, Lilly Hiatt had to absorb the letdown of not being able to flesh out and promote a great album on the road. Left to her own devices, John Hiatt’s oldest daughter sunk about as low as she could go. She salvaged her sanity by writing the songs on Lately.
 
Ainsi sonnait l'introduction d'une interview que la singer-songwriter a accordée au webzine Magnet!
 
'Simple' montre un tableau de famille lors de l'anniversaire du frère de la chanteuse.
Elle exprime sa joie de voir le clan réuni.. I cannot remember the last time I felt so good, just talking with my family in the neighborhood...sur fond country, mélodieux, porté par la pedal steel de Steve Hinson, la voix, douce, conforte l'impression de bien-être et de bonheur humble... la formule finale est claire... I take a picture in my mind to make it last.... !
Si pour certains le bonheur est dans le pré, d'autres prônent la simplicité!
 
La seconde plage ' Been' joue la carte roots rock, joué de façon laidback.
Les guitares serpentent sinueusement alors que la dame songe aux canaux d'Amsterdam, qu'elle contemple en pédalant, comme le font tous les autochtones dès que la météo le permet.
Lui ai pas demandé si elle avait croisé Hidalgo dans le coin, de toute façon on s'en fout, profitons du moment présent .
... And if you ever come out with me, you’ll love all that you see..., j'emprunte la bécane de ma femme et j'arrive, Lilly, attends-moi!
 
Les guitares bourrées de twang, le drumming souple, les claviers lumineux de Micah Hulscher, les légers trémolos dans la voix, transforment le titletrack ' Lately' en dreamy pop song entraînante et catchy à souhait.
 
L'amour, c'est compliqué, surtout si celui que tu vénères est du genre volage, ' Stop' sonne comme une tendre love ballad, mais, à la fin ne restent que désillusion et dépit.
Avec un accompagnement musical soft rock, que tu peux rapprocher de certaines compostions de Tift Merritt , d'Eileen Jewell, de Gretchen Peters, de Mary Chapin Carpenter ou d'autres représentantes de l'alt.country au féminin , Lilly Hiatt convaincra sans peine tous les amateurs de sincérité.
 
La guitare épineuse de Coley Hinson ajoute un côté punchy à ' Peach', un fruit aux saveurs rock prononcées, malgré le timbre quasi angélique de Miss Hiatt. 
 
La pedal steel revient à l'avant-plan sur le vaporeux midtempo 'Ride' qui invite à une flânerie au soleil couchant en compagnie de ton/ta bien -aimé(e), une brise légère doit ajouter une touche romantique à la balade.
 
' Face' combine country twang, bluesy licks et rock feeling, il s'agit sans conteste de la plage la plus remuante de la collection, grâce aux guitares produisant des étincelles.
Certains n'hésitent pas à mentionner le Fleetwood Mac, époque Stevie Nicks, of course, ou Lone Justice, qui a vu les débuts de Maria McKee.
 
'Better', émaillé d'une guitare bourrée de reverb , relate à nouveau les aléas d' une relation calamiteuse, d'une voix désolée, elle répète “I should have known better.” à l'infini, 'Gem' qui lui succède est chanté d'un timbre hanté alors qu'une guitare saturée, style American Woman ( version Guess Who, svp), badigeonne le fond de la toile, créant un contraste ostensible entre le timbre presque enfantin de la chanteuse et la hargne du rendu.
 
Retour de Coley Hinson sur ' The Last Tear' l'ultime plage de l'album, et la seule ayant titre contenant plus d'un mot.
Lilly a décidé d'achever le voyage sur un country rock libérateur et comme à la fin d'un film sentimental, personne ne se foutra de ta poire si tu verses quelques larmes.
 
Si l'isolement inhérent à la pandémie a tari la source d'inspiration chez certains, ce n'est pas le cas pour Lilly Hiatt qui avec ' Lately' livre un album affuté.