vendredi 24 septembre 2021

Aradia EP Soar

 Aradia EP Soar

 

NoPo

 

 ARADIA EP Soar 2021

self-produced

Aradia s'appuie sur une formation musicale classique complétée par l'apprentissage du synthé et de la guitare.
La New-Yorkaise sort son 1er album 'Citizen of earth' en 2014, 7 ans déjà! Et après?
Elle prend son temps, fait tout toute seule (sans formation avec elle donc) et aboutit, forcément, à plusieurs 'single'/seule (au nombre de 3 en 2020 : No One Can Stop You, Out of the blue, Become one)... une réussite (ça tombe bien, aux cartes aussi, ça se joue tout seul!)
Elle accélère, à présent, avec cet EP, 1er d'une future série ... et garde toutes les cartes en main pour réussir.

Les crédits :
Written by Aradia
Produced by Aradia
Performed by Aradia
Mixed and Mastered by Tony Black (@blacksby)
(ben quoi... elle fait pas tout toute seule?)

Le débit?
Guilleret, gracieux, relaxant, positif, ce ton se traduit sur la couverture kitsch, de prime abord :
Du rose, des étoiles, du jaune/vert/bleu fluo flashy autour de la silhouette de l'artiste, en mouvement sur son synthé portable marqué 'Korg'.
Blonde bien permanentée, la fille s'habille en look écolière : chemisier blanc (noué au niveau du ventre), jupe noire, chaussures noires basses à talons épais et brillants.
Elle est maquillée et ses ongles peints de différentes couleurs.

L'image jeune et glamour laisse présager une musique moderne et tonique. Bingo (ou presque)!
Les pistes de danse :
1-Sunshower
2-Hold On
3-Fire
4-The Light
5-Soar


Dès les premières mesures, on entend une coulée de pluie tropicale dans la jungle où le soleil brille et réchauffe la chanson 'Sunshower' joyeuse.
Un tambour, un clavier nappé et le chant d'ARADIA démarrent une mélopée légère.
La rythmique martèle ensuite, métronomique. Des cordes plaquées séquencent le flux.
La voix flotte sur une couche de choeurs angéliques, on pourrait fredonner 'Singing in the shower' (avec les Rita). Nulle rupture sur ce morceau qui se la coule douce.
L'emphase, sur la partie finale, voit les voix s'envoler, très haut, chercher la lumière (on n'y reviendra) au dessus des arbres géants.

Sur ces enregistrements, le rythme demeure primordial, il positionne notre perception des morceaux.
Sur 'Hold on', il lance brillamment les vocaux sur une voie royale. Entraînants, les who oh oh expriment un bonheur latent et contagieux.
La mélodie ne va pas chercher midi à 14 heures mais c'est sa force et l'énergie la transcende.

Un boum boum boum boum sourd puis un claquement rétro packmanien accompagnent l'assise du clavier sobre.
Aradia chante en ajoutant des vocalises effervescentes.
'Fire' (de la lumière encore) semble un peu fort comme qualificatif, mais, oui le synthé enflamme l'atmosphère, par instants, et la boîte à rythmes tonne sans en faire des tonnes.
Un petit riff de guitare gonfle encore l'air qu'on inspire à tue-tête.

Une voix fluette posée sur un tapis synthétique cadencé démarre tranquillement 'The light' (lumière encore une fois) puis, le pouls s'accélère.
Un clavier imite des violons et les décorations électroniques embellissent l'orchestration euphorique.
Cette fois, l'interjection répétée se prononce 'eh ehe eheheheh eh' avec un effet juteux similaire à 'Hold on'.

'Soar' conclut dans cet objectif affirmé : positiver, s'encourager, s'élever pour atteindre ses rêves.
Le vocoder robotique ouvre quelques secondes cette chanson discoïde. Les synthés, en plusieurs couches, renvoient aux années 80.
Aradia s'en délecte par des gazouillis sautillants.

5 titres : 'Douche ensoleillée' 'Tiens bon', 'Feu', 'La lumière' 'Elévation'... si ça c'est pas lumineux!
Aradia respire la vitalité qu'elle irradie en toute sincérité et simplicité.
Sa panoplie fréquente, avec bonheur, les 80's de Madonna et Cindy Lauper.
La fille qualifie son art de 'Goddess Power Pop'... j'ai dit 'simplicité' Aradia!
'SOAR' n'agit pas que le soir... c'est juste un très bon remontant.

mercredi 22 septembre 2021

Album - Joy Spring - Clément Abraham Quintet

 Album - Joy Spring - Clément Abraham Quintet

 

Accompagnement artistique: Les Plages magnétiques.

 

( michel) 

 

Un peu plus de deux ans après la parution de 'The Outsider', Clément Abraham présente un nouvel album, 'Joy Spring', cette fois -ci, le batteur, non il n'est pas né en Mésopotamie, ses origines sont du côté de Concarneau, a opté pour la formule à cinq, c'est mieux quand tu joues au poker.

Déjà cinq albums à son palmarès, donc!

Depuis quelques mois, l'équipe constituant le quartet   Nicolas Péoc’h : Saxophone alto/ Charles Bordais : Piano/Simon Le Doaré : Contrebasse et Clément Abraham : Batterie, composition, se produit en incluant un trombone dans lequel souffle un certain Johan Blanc, un copain de Nicolas ( ils font partie de The Khu, un groupe adepte de jazz mystique), qui s'amuse encore au sein de quelques formations: Blick Bassy, Magic Malik, Cycles, Omega ou 11h11 orchestra.

Tout naturellement le fruit de leurs jams aboutit à la naissance de l'album ' Joy Spring' dont la sortie officielle est prévue pour la mi-octobre.

Une cigogne complaisante est venue déposer le bébé, avant-terme, dans un nid installé sur le clocher de l'église du village, au petit noeud, rose,  pendait un bristol mentionnant, pour Michel.

Un enfant de choeur, fraîchement confessé, est venu glisser le paquet chez toi.

Pochette blanche sobre, le titre en rouge printanier et le nom du groupe en noir, annoncent  un dessin stylisé, signé Clément Abraham, représentant cinq cymbales ou cinq  assiettes chinoises pour jongleur confirmé, tu hésites! 

Neuf titres!

Mix / Cybernetic/Cycle/New Translation/Peace Motion/Old School/Omen/The Third/ Ribs Party, portant tous la griffe C.Abraham sauf 'Peace Motion' signé C.Bordais. 

'Mix', d'emblée le trombone de Johan Blanc a l'occasion de se mettre en évidence, aucune démarche fanfaronne toutefois, la dream team joue à fond la carte be bop à la manière du Ornette Coleman Quartet, sans Don Cherry mais avec  un trombone qui doit faire oublier le cornet et, pour la circonstance,  Paul Bley au piano.

Les adeptes de polyrythmie et de groove  ne seront pas déçus, le quintette affiche une cohésion exemplaire et ne t'étonne pas si, en fermant les yeux, tu te mets à rêver de Max Roach, Charlie Parker, Bennie Green ou de Bud Powell.

Tiens, savais-tu que Clifford Brown et Max Roach ont gravé un titre baptisé ' Joy Spring' en 1954?

 On referme la parenthèse pour écouter 'Cybernetic', du jazz analytique qui, pendant sept minutes, te balade sur une note bleue fusionnant broderie fine, envolées onctueuses et décor Take Five.

Du jazz rayonnant, à l'approche de l'automne, c'est bon à prendre!

'New Translation' car Bill Murray se sentait paumé, cette ballade sensuelle aurait pourtant dû lui permettre de draguer Scarlett Johansson sans passer pour un ahuri.

Le concept est maintenant clair, on tapisse un fond harmonieux, tour à tour, les protagonistes se payent une échappée solitaire émancipée sans annihiler la cohérence, limpidité et paix intérieure restent  les mots d'ordre à respecter!

'Peace Motion' healing music pour inadaptés au siècle. Certains, pour apaiser l'esprit, prônent la harpe comme musique de relaxation , d'autres deviennent fous en entendant les Mystic Spirit Voices, on préfère de loin détendre les méninges en écoutant ce 'Peace Motion' qui, s'il ne décompresse pas les nerfs à 100 %,  a le mérite de te transporter dans un univers vivant.

Trois fois t'as poussé sur replay pour essayer de relier le gimmick d'intro à un standard be bop, c'était pas Miles Davis, ni Clifford Brown, tu t'es servi un Bourbon, cela n'a servi à rien, tu t'es juré de ne plus jamais participé à un blind test!

Sans tenir compte de ta confusion, la troupe a poursuivi son propos avec 'Old School' qui s'oppose à une forme de techno jazz, idéale pour les rave parties, mais déconseillée aux puristes.

Piano et cuivres entament un dialogue galant tandis que la rythmique brosse une toile de fond feutrée, permettant aux solistes de laisser libre cours à leur imagination et de vagabonder au gré de leur fantaisie.

Pas d'extravagances, d'insultes, de calomnies, tu n'es pas sur un plateau où s'affrontent des Mélenchon, Rousseau ou autres Zemmour et Piolle, le discours s'avère,  certes, dynamique mais  toujours stylé.

T'as bien lu, 'Omen' et pas Amen, du coup tu attendais un soundtrack pour horror movie, mais non, une nouvelle fois, le club des 5 dessine un jazz ample, chaleureux, au jeu clair et soigné.

Le trombone tire les ficelles, les copains tissent de sinueuses arabesques ( pléonasme), ton esprit divague, imagine voir une toile de Jackson Pollock avec des entrelacs de peinture, des  lignes et formes en mouvement comme dansant sur un rythme tourbillonnant.

T'avais pas fini de contempler le tableau qu'ils ont envoyé 'The Third' , tu t'es mis à compter sur les doigts, eh, les petits gars, c'est the eighth....

Passons, cette ballade, menée sur fond de sax velouté, te donne envie de grimper dans un wagon du Blue Train de Coltrane pour aller contempler les étoiles dans un désert californien.

Un smog à couper à l'opinel t'a empêché d'admirer l'amas des Pléiades, t'as rangé le télescope pour te plonger sur l'écoute de l'ultime pièce de la collection, 'Ribs Party', la première sur laquelle Clément Abraham se laisse aller pour placer un solo pas obscur.

Par contre il reste à élucider le choix du titre, ' Ribs Party' car ta compagne, devenue vegan, se refuse à écouter du jazz carné, pour la calmer, tu as proposé d'envoyer un mot à Clément pour qu'il transforme le titre en Fruit and Veggie Party !


Bel album que ce  printanierJoy Spring alors qu'une brume automnale ouate le paysage breton.


Le 17 octobre le Quintet sera à Brest, au Cabaret Vauban, pour la release party de l'opus.



 


 



 

 

 

 


Album - Somberwind - Remain

 Album - Somberwind - Remain

 Sleaszy Rider Records

NoPo

 SOMBERWIND Remain 2021

J'avoue le rock du Chili, je ne l'ai entendu que dans le nom des Red Hot Chili Peppers et goûté uniquement au Chili Con Carne.
Marco Cusato et Catherina Nix décident de nous montrer qu'ils savent pimenter sa face gothique.
Il vient du gothique Fallacy. Elle vient de Chaos Magic (plus magique que chaos par ses collaborations power metal avec Timo Tolki, Tom Englund d'Evergrey, Zaher et Zorgati de Myrath... excusez du peu!).
Fin 2018, Marco embarque Catherina dans son dark.
L'artwork (by Cesar Mancilla & Dave Letelier), dans une pénombre menaçante, joue sur l'opposition beauté/laideur, lumière/obscurité, douceur/chaos :
- A l'avant plan, une belle femme, de dos, en robe échancrée, une fleur rouge à la main,
- A l'arrière, une lumière aveuglante au bout du couloir,
- Entre les 2, des débris, des tags, un endroit sombre, sale, signé au sang.
Le nom du groupe présente beaucoup d'arrondis dans une calligraphie sophistiquée (gothique quoi!), plus sobre sur 'Remain' juste en dessous.

8 titres (le 1er compte pour du beurre) s'équilibrent entre 3'40 et 4'29, seul 'The Spell' atteint 7'.
1-Pyre
2-Emptiness
3-Under This Rain
4-The Spell
5-The Sad Face of Revenge
6-Coven
7-What Tomorrow Brings
8-Hard To Believe
9-You Don't Belong Here
Recorded:2019 /2020 in Santiago de Chile,
Attic Records Studio
Mixed and mastered in Canada.



Un bûcher, y'a 'Pyre' pour allumer le feu du titre phare (dit Johnny).
Quelques bruits furtifs puis un synthé expire les premières notes du titre suivant, reprises d'abord au son d'un piano ensuite par une guitare électrique.
Le riff rafle la mise aussitôt. La voix d'outre tombe de Marco convoque 'Sisters of Mercy' (on pense, un peu aussi, à 'Bauhaus', 'Fields of the Nephilim', 'The Mission' ou plus récemment Lord of the Lost).
La voix de la belle Catherina se mêle d'abord à celle de la bête et par instants, elle chante seule mais dédoublée.
Reconnaissons que ces 2 timbres se marient bien et collent à l'enveloppe harmonieuse. 'Come come take my hands and die into my empty madness... and join my secret darkness' plus gothique tu meurs.
Le single clippé, par les 2 musiciens et Dave Letelier, reprend la déco de la pochette sur laquelle sont projetés les images séparées des 2 protagonistes chantants.

Un motif au piano fait la pluie (mais pas le beau temps), la guitare électrique reprend le pattern dans une douce mélancolie.
La batterie programmée se fond sans jamais prendre le dessus. 'Under this rain' alterne phrases sentencieuses et refrain déchirant.
Catherina monte sur le pont, s'élevant vers une éclaircie atmosphérique. Le piano marque les esprits de sa mélodie striée par des grattes sous-accordées.
Les vocaux masculin/féminin s'enflamment, un instant, dans un impact fascinant.

Evidemment, les accords mineurs prédominent mais sur l'intro de 'The spell', un clavier allège l'ambiance pesante, accompagné d'une rythmique aux accents métalliques.
La guitare zèbre alors la phrase au piano. C'est la voix angélique de Catharina qui entame 'The spell' comme un signe... Marco pose la sienne sur les crêtes.
La chanson déroule ensuite sur une orchestration classique, les 2 lignes vocales se succédant ou se mélangeant; les combinaisons sonnent magnifiquement.
Un clavier poignant borde le solo de guitare.
Catherine répète sa lueur d'espoir 'I believe the sun will never die' que Marco vient confirmer sur la fin.

Une fois n'est pas coutume, le riff droit de la guitare démarre 'The sad face of revenge'. Un clavier, enjoué, enrichit la texture et tempère la dureté de la voix du chanteur.
Catherina débarque, énergique, sur le refrain. On ne se refait pas, un passage piano/guitare sèche amène bien quelques nuages dans le ciel mais pas pour longtemps.
Ce titre, au visage pas si triste, possède un côté entraînant et imparable.

2 pistes de guitare s'entrecroisent, un riff plaqué et 3 cordes pincées. La mélodie harmonieuse séduit par un trouble nostalgique et les vocaux masculins.
En contrepoint, Catherina pose sa voix suave et légère sur le refrain. Un clavier souffle une douce chaleur et le rythme trotte en mid-tempo.
'Coven' fait finalement circuler une onde sereine (à la Psychedelic Furs).

Retour du piano dramatique et de la guitare au riff d'abord plat puis dénivelé sur 'What tomorrow brings'. Piano et clavier contrôlent les couplets chantés par le ténébreux Marco.
A nouveau, Catherina prend possession du refrain avec détermination ce qui attise la guitare. La voix, parfois doublée sur 2 hauteurs de notes, et le trémolo font vibrer toutes les cordes.

Le rythme de 'Hard to believe' s'opère entre la batterie et le riff de guitare avant que le clavier agisse en un style pop inattendu, ça ne dure pas, Marco enfonce le couplet alors que Catherina apporte l'emphase au refrain avec 2 lignes décalées sur le même ton.
Quelques notes de piano solo déclenchent l'envol final mixant plusieurs voix de Catherina.

Une guitare sèche bientôt recouverte par une autre, électrique et imposante ouvrent le bal. La dépression lyrique flotte sur 'You don't belong here'.
La voix bouleversante de Catherina illumine les fins de phrases et le refrain en duo.


Cette plaque noire fait bloc avec des reflets de lumière (comme ce clair obscur sur la pochette).
On ressent autant le plaisir que l'osmose entre les 2 musiciens complémentaires, convaincus et convaincants.
Sombrons en paix dans la messe sombre de Somberwind!




Line-up:
Marco Cusato: Vocals-Guitars-Programs
Caterina Nix: Vocals-Backing Vocals
Drums: Andrew Scott

lundi 20 septembre 2021

Paco et Pouppette à la Brasserie artisanale La Riposte, Châtelaudren, le 18 septembre 2021

 Paco et Pouppette à la Brasserie artisanale La Riposte, Châtelaudren, le 18 septembre 2021 


Je t'accompagne, on va voir quoi?

Paco et Pouppette!

Tu dis, du cirque, un clown et sa chienne?

Reste polie, svp!

Direction Châtelaudren où Anne Morice et Mathieu Pailler exploitent depuis quelques mois la  brasserie artisanale La Riposte.

L'établissement ( installé dans les anciens entrepôts du Petit écho de la Mode) est superbe, les patrons sont souriants et accueillants et la bière pas dégueulasse.

L'endroit est sympa, elle avance, en sirotant un Chardonnay.

Le flyer disait 20:30', c'est à 21h que Paco et Pouppette , fringués BCBG/ Coco Loko/Homo Erectus, investissent le podium.

Lui, pantalon canari, cheveux ébouriffés prend place sur une chaise montée sur un caisson, elle, élancée et effrontée, opte pour la position verticale, ainsi, ils sont à la même altitude.

Paco Fuc , non pas le cracker salé, ( sur ses papiers la maréchaussée a lu Pascal Cuff) , joue de l'accordéon et chante, parfois, mais son piano à bretelles ne sonne pas comme celui d'Aimable ou celui d'André Verchuren, il est rudement trafiqué, tantôt tu crois entendre l'orgue de la  cathédrale Saint-Paul-Aurélien de Saint-Pol-de-Léon, puis le piano de Jerry Lee ou la guitare  d'Angus Young, le synthé de Keith Emerson ou l'échantillonneur vintage  des Confetti's, il est chaussé de pompes lui permettant de rivaliser avec le jeu de batterie de Ginger Baker et, juste à hauteur du crâne, il dispose d'un gadget rouge qu'il vient frapper du front pour imiter le son d'une cymbale ou d'une casserole, selon les besoins.

Pouppette est la plus grande star de Plouha.

 Avec son mètre 87, lors de l'émission 'N'oubliez pas les paroles' elle dépassait Nagui, pourtant chaussé de talons hauts, de vingt centimètres.

Depuis une dizaine d'années, Anna Turluche ( Anna Turc'h pour les fans de Jeff et Cathy Tuche) sillonne tous les cabarets de la communauté du Leff Armor pour le plus grand plaisir de tous les intellectuels locaux, la couleur politique ne présente aucun intérêt, évite toutefois le fascisme clérical!

Le duo a baptisé son tour de chant VTT, pas pour faire plaisir à Julien Absalon, le sigle signifie Varitéé Tout Terrain.

Hétéroclite, le spectacle sera.

Pendant plus de deux heures, les clients vont rire aux larmes, chanter, danser, hurler, parfois verser une larme, en pensant à l'époque où ils étaient jeunes et moins laids, et avaler quelques litres d'un  houblon, brassé avec amour par le couple qui gère le cabaret.

Je vous fais Jo Dassin en descendant les marches du palais à la manière de Dalida, dit-elle avant de lancer 'Dans les yeux d'Emilie'.

Déjà, la salle s'agite, à nos côtés,  une jouvencelle pas hideuse, joue les choristes tout en se tortillant gracieusement.

Le ton est donné, le curé risque de ne pas voir grand monde à l'office vespéral.

On vous fait un dernier morceau, annonce Paco, farceur, comme on est fans de l'Euroivsion, époque pré- Stéphane Bern, on vous balance un morceau d'ABBA,  mais dans la version noble de Mireille Mathieu, ' Bravo, tu as gagné'.

La Castafiore a applaudi, ABBA vient d' annuler son retour sur scène, ils ne font pas le poids les Agnetha Fältskog, Anni-Frid Lyngstad, Benny Andersson et Björn Ulvaeus!

Pourquoi, tu tousses?

C'est rien j'ai avalé de travers en riant!

Abba in Swedish/ English now , 'Gimme, gimme, gimme' ( a man after midnight).

Un légionnaire?

Pourquoi pas!

Châtelaudren, c'est clair, ce soir on est face à des fervents de chansons à texte, on vous offre quelques chefs-d'oeuvre: Ottawan,'T'es OK',  puis quelques bribes de 'Haut les Mains', avant que Paco n'entame Peter et Sloane, l'immortel et super moderne ' Besoin de rien , envie de toi'.

Quoi.. ringard, minable, de la daube, ça craint.... tu n'y connais rien, fieu!

On continue avec  ' Voyage, voyage'  de Desireless, avant de rendre hommage à la reine du Disco made in France, et ne nous dites plus que les migrants appauvrissent le paysage littéraire du pays, les racines de  Dalida   passent de l'Egypte à l'Italie, ' Laissez-moi danser' et 'Mourir sur scène', sont intemporels.

La Grande Zoa, Michou et Maman, cachés en coulisse, ont pleuré.

Et le rital à la française, ça te dit, 'Ti Amo, ...regarde-moi petit soldat ...'.

Reviens, Dalida, ti amo!

Fondu enchaîné sur 'Aline' repris en choeur par tout le diocèse,  Daniel Bevilacqua vient de garer sa Lamborghini Miura sur la place, le dessin sur la plage a été lavé par les vagues. 

La petite n'est pas revenue. 

Du coup, c'est Hervé Vilard qui s'est mis à sangloter, ' Capri, c'est fini' .

Fonce, Paco, balance leur ton rock musette, une visite des grottes de 'Rock amadour' s'impose.

Joséphine, qui n'a pas peur du loup, vient d'entamer un twist occitan délirant, là-dessus ils ont décidé de changer de cap, direction le Brésil, la samba moules frites de la petite rue des Bouchers à Bruxelles , 'Tata Yoyo'.

Olé, olé, olé, en piste pour un Pasa Doble à faire rougir El Cordobes.

Il y a le feu, à l'aide Sacha, ''Incendie à Rio', where is the fire brigade, bordel?

Excitation à son comble, voici les Pointer Sisters, 'I'm so excited', puis Dona et son 'Hot Stuff'.

Des paillettes plein les yeux, Johnny, dis lui que tu l'aimes!

On aurait dû lui refiler un Nobel pour ...lourd comme un cheval mort... Verlaine, Rimbaud et Ronsard,  que des amateurs!

Grosse claque avec 'Highway to Hell', c'est autre chose que "On ira tous au paradis", pas vrai, Vanessa?

Savais-tu que Sylvie avait repris les Eurythmics?

' Déprime' ou la version yaourt bulgare de 'Sweet Dreams' , c'est sans huile de palme!

Quizz!

C'est qui?

Yazoo, gueule Noémie.

Gagné, 'Don't go'.

Personne n'a quitté les lieux!

Techno time avec 'Pump up the Jam'  suivi d'un instrumental new beat  chromatique.

Le temps passe, on s'amuse, fort bien, mais il faut clore le chapitre, allez, Régine, sors de ton trou et chante.

 'Je survivrai' est précédé d'une glorieuse intro Franz Liszt avant la ruée face à la scène.

Les survivants ont droit au final condom européen suivi de l'épisode  strass et paillettes ultime,' Can't take my eyes of you' ,;

Jamais le crooner Frankie Valli n'avait imaginé avoir enfanté un hymne disco.

Quoi, encore une, vite fait, alors ' Les démons de minuit'.

Personne n'a vomi, ils ont encore bazardé ' Sugar Baby Love' , Pouppette s'est pris une bière, Paco est parti chercher du carburant pour sa machine à fumée, pour la dernière fois ils sont revenus, et ont demandé,   du Jeanne Manson, vous voulez?

 Une voix a répondu, on préfère Michèle Torr mais c'est Jeanne qui a supplié ' Emmène-moi danser'.

 

Dans la bagnole, t'as rêvé de Boy George, de Wham et de Bronski Beat, non, pas de Erasure!



 





 

 

samedi 18 septembre 2021

Album - Metalwings – A Whole New Land

 Album - Metalwings A Whole New Land 

NoPo

METALWINGS A Whole New Land 2021

Metalwings vole de ses propres ailes depuis 2010 et se manifeste par un EP intitulé “Fallen Angel In The Hell ” en 2015 puis un LP “For All Beyond“ en 2018.
Le quintette vient de Sofia (pas en Lorraine) et produit du métal (comme en Lorraine il y a longtemps) option symphonique.
Leur chanteuse/compositrice Stela (pas de l'Artois), de formation classique, y contribue largement avec sa voix de fée mais remarquez bien, que les claviers, piano et violons n'y sont pas pour rien non plus.

L'orchestre bulgare sur l'album  :
Stela Atanasova - Voix, alto électrique, claviers
Grigor Kostadinov - Guitares
Vlad Enev - Basse
Angel Kitanov - Claviers
Blackie - Batterie
Courant Mars, Martin Emilov à la guitare rythmique remplace Grigor Kostadinov (souvenir très douloureux de 93 pour, nous, les footeux français).

Les différences par rapport à Nightwish, Within Tempation, Epica et pis les autres me direz-vous?
Pas énormes mais on perçoit un enthousiasme non feint et une élégante orchestration tout en ruptures et dénivellations.
On va voir que certains détails qualitatifs leur permettent de sortir la tête du lot (pas la rivière).

Un joli dessin évoque poétiquement le titre.
Cette 'totale nouvelle terre', après cataclysme, accueille vache, tigre, lion, enfant, agneau et loup : l'arche de Noé du pauvre en somme.
Les survivants contrastent avec la terre, les décombres, les nuages et autres fumées sombres.
Le nom du groupe tranche, au dessus, avec une police sophistiquée dans la grande tradition métallo-symphonique.

Le sommaire?
1       A Whole New Land 8:24
2       Monster In The Mirror 5:56
3       Like A Willow Without Tears 5:39
4       I See Your Power 7:02
5       Silence 7:09
6       Still Believe In Us 4:27
7       Killer Of The Angel’s Love 7:57
8       Wonders Of Life 6:54
9       Passengers Between The Rails Of Life 7:04
10      Second Chance 4:53
11      Milo Moe Libe 4:09
        Total length: 67.34
Morceaux longs et durée conforme, là encore, à cette tradition musicale depuis les années 2000.


Quoi de mieux que d'ouvrir par le morceau titre? Clochettes, rythme tribal, claviers en fête, la symphonie (pastorale?) s'annonce riche.
Un piano/clavier léger, marqué par une grosse caisse inattendue, puis des roulements lointains... la musique déroule en cinématique.
Une accélération comme un troupeau d'animaux au galop, double-pédale en tête, puis soudain le break à 3'20 laisse la voix, enfin, s'exprimer sur des choeurs angéliques ensuite, plus loin, un violon intervient.
Du classique, oui, mais sans esbroufes et avec suffisamment de changements pour ne pas sentir passer les 8'24 d'autant que la montée finale convainc totalement.

L'intro du morceau suivant ressemble à celle du précédent mais la voix et l'accélération instrumentale pressent le pas.
'Monster in the mirror' fait chanter une voix de bête derrière la belle et libèrent des guitares agressives.
Sur un solo échevelé, elles tournoient avec le violon. Le mouvement d'ensemble reste constamment captivant.
Les paroles poético-gothiques entrent en symbiose avec les images et costumes du clip et son clap de fin semi-bucolique.

D'abord un son d'instrument à vent et piano puis une aubade au violon rythmée avant de s'avancer vers une humeur folk, d'un coup, boostée par une batterie aux 2 pédales grosse caisse.
Le chant, céleste, prend parfois des intonations plus pops que réfute l'instrumentation.
La soprano se lâche sur le refrain 'Like a willow without tears' pas soul pour un sou mais sombre et un peu pleureur quand même.

Stela prend son temps pour amener son chant, d'abord du mou des lèvres. Le refrain entraîne l'auditeur dans une preste sarabande.
A mi-temps, on suit une procession saccadée adoucie par un violon aux anges qui s'accorde ensuite une triste prière.
'I see your power' tourne alors à plein régime avant de laisser filer quelques notes de piano conclure, toujours étonnamment soutenues par la grosse caisse.

Entrée presque maidenienne, pas pour longtemps. 'Silence' alterne passages acoustiques désenchantés et vélocité électrique à batterie bien chargée.
La voix affectée y met moins de relief, et pourtant le côté obscur de la force prédomine. Un faux silence échevelé et disert.

Violon, piano, guitare acoustique et voix glissent, tout en retenue et empathie, sur 'Still believe in us'.
Une douceur extrême, pleine d'amertume et de sanglots (longs du violon bien sûr!), conduit, malgré tout, à l'espérance 'I still believe in goodness I Still believe in us'.

Abyss, fear, dark, shadow, evil, tears minent 'Killer of the Angel's love' sans aucune lueur.
La batterie avide et sans coeur rythme les interventions des claviers et effets symphoniques.
Un break installe un malaise au 2/3 du morceau. Au bout, la chanteuse amène un regain d'énergie mais c'est celle du désespoir 'I hear the screams of the angels'.

'Wonders of life', le titre le plus enjoué, signe son entrée par une guitare nerveuse. A mi-chemin, les violons s'envolent.
Les textes poétiques esquissent une éclaircie 'To be a child and feel again the wind of my inocence' mais toujours en clair obscur. 

Encore une fois, piano et claviers s'amusent délicieusement avec la rythmique, puis vient la puissance symphonique et enfin la guitare électrique mélodieuse.
Break et changement de rythme virevoltent jusqu'à l'arrivée tardive tellement enivrante de Stela. 7 minutes passent en un voyage éclair.
Je perçois Nightwish dans 'Passengers Between The Rails Of Life', mais digéré comme un bon plat et sans plagiat.

Les notes effleurées sur le piano ou la guitare flirtent avec des vocaux angéliques. Basse/batterie s'excusent presque de faire trop de bruit.
Le texte laisse une 'Second chance' à la princesse Alvira sous la coupe d'un ange lugubre.
Des accointances avec l'oldfieldienne Maggie Reilly ou la blackmore's Candice Night me viennent à l'esprit. Féérique!
Au 2 tiers, la ritournelle au piano s'efface derrière un solo de guitare lumineux juste trop timide.

Une flûte et un piano suggèrent un traditionnel bulgare chanté dans la langue 'Milo Moe Libe'.
Cette fois, malgré la frappe lourde, la musique reste légère et sans cassure, bordée de choeurs éthérés.


Du classique, pas si classique, parfois à l'eau de rose, parfois en ode morose.
Ni érosion, ni explosions, la musique s'impose une délicatesse laissant le champ libre aux vocaux.
Le lyrisme des textes sied au style stellaire de Stela.
Sans sa présence de tous les instants, la nuit serait ténébreuse et finalement, on sort d'une écoute heureuse avec des étoiles plein la tête.


The album is mixed and mastered by Jens Bogren at Fascination Street Studios, Sweden. 
Sound Assistant Linus Corneliusson at Fascination Street Studios, Sweden.
All Music and Lyrics by Stela Atanasova. Arrangements by METALWINGS. All Choir and orchestra arrangements by Stela Atanasova.
Released as an Independent Release.

mercredi 15 septembre 2021

Bonjour Minuit- Point Presse de septembre.

 Bonjour Minuit- Point Presse de septembre.

 

Après avoir collaboré à  la réussite éclatante  du Festival Art Rock ( décalé) de 2021, l'équipe de Bonjour Minuit invite la presse afin de dévoiler son actualité automnale.

Peu de nouveautés du point de vue programmation, déjà établie en juin mais quelques points intéressants.

François Demarche tient à  soulever les nouveautés concernant le désormais incontournable  protocole sanitaire:

- pass sanitaire obligatoire ( ou test antigénique négatif, attention il risque de devenir payant à partir du 15/10),  lors d'Art Rock, le test pouvait être réalisé sur place).

- Port du masque obligatoire dans la file d'attente, recommandé en salle.

- Jauge:  debout  fixée à 75% de la capacité, soit 343 personnes dans la Grande Salle et 110 personnes dans le Club.

- Billetterie, en ligne ou  sur place, les points de vente extérieurs sont à nouveau disponibles.

 

Projet coup de coeur ( hors murs) :  ONIRI 2070 : un spectacle itinérant, immersif, en autonomie d'énergie.

Du mercredi 22 au samedi 25 septembre,  la Compagnie Organic Orchestra et S8JFOU vont sillonner une partie des Côtes-d'Armor à bicyclette pour présenter leur spectacle en plein air, avant la tombée de la nuit.

 2h30 de vélo afin de recharger les batteries et d’alimenter ensuite l' équipement, qui sera installé en pleine nature.

Où:  le mercredi 22.09 à Robien (Saint-Brieuc), jeudi 23.09 à Saint-Agathon, vendredi 24.09 à Tregrom, samedi 25.09 au Logelloù (Penvenan).

Comment y assister? ( jauge ramenée à 100 individus)

Toutes les représentations démarrent à 18h30, nous vous communiquerons le lieu exact lors de votre inscription (gratuite) auprès de l’accueil à contact@bonjour-minuit.fr.

Explications:

 https://www.youtube.com/watch?v=m5RNkB9bPwY

Tu veux assister au spectacle assis, tu prévois un siège, tu veux grignoter, tu emmènes de quoi te sustenter, euh, le bar reste fermé!

 

Rappel du programme in muros:

le 21 septembre :  TOTORRO & FRIEND : « Et si l’amour c’était aimer ? », d’après Fabcaro

le 8 octobre: Broken Waltz [release party] + Crocodile Boogie

le 10 octobre: MONOLITHE NOIR « Plogoff, des pierres contre des fusils »

le 22 octobre: J E Sunde + Horla

le 30 octobre: Rover + Bacchantes ( ! derniers tickets)

 

Sont déjà annoncés en novembre: The Alchemist + Benjamin Epps  et en décembre: Femi Kuti.

En résidence pour préparer la finale nationale de BUZZ BOOSTER FRANCE: Bonnie!

Résidences futures: Bye Bye Panke et No Pain, No Pain!


Un dernier mot, la salle se prépare à une adaptation qui tient compte du développement durable, un renouvellement du parc scénique est prévu et les musiciens ne recevront plus de M&M's...

 


 

 



dimanche 12 septembre 2021

"Faire tomber la nuit" avec Xane, Gaspard Verdure, Duo Farenza, Les Vendeurs de Vent, sous les halles Georges Brassens à Saint-Brieuc, le 10 septembre 2021

 "Faire tomber la nuit" avec Xane, Gaspard Verdure, Duo Farenza, Les Vendeurs de Vent, sous les halles Georges Brassens à Saint-Brieuc, le 10 septembre 2021 


La nuit, pour Petula elle ne finit plus, pour Salvatore elle apparaît immense et le rend fou,  retiens la nuit pour nous deux jusqu'à la fin du monde, pleure Johnny, la nuit tombe, je ne tombe pas  déclare Mansfield TYA,... la nuit inspire.

 L'association Et Compagnie, elle, a décidé de faire tomber la nuit pour projeter des courts-métrages sur une toile installée sous  les Halles Georges Brassens à Saint-Brieuc.

 Pour aider le jour à se coucher, Denis Pafman, le scintillant directeur artistique du collectif a rassemblé plusieurs artistes ( Xane, Gaspard Verdure, Duo Farenza, Les Vendeurs de Vent), ils ont pour mission de jouer au marchand de sable avant l'apparition de la lune.

19h, rendez-vous place du Martray, défigurée suite à un incendie s'étant produit le 22 août et ayant obligé les autorités à délimiter un périmètre de sécurité interdisant l'accès aux premiers immeubles de la rue Fardel.

Triste spectacle que de voir plusieurs établissements condamnés, dans une ville où restaurants, bistrots et autres commerces disparaissent à la pelle, plus de 240 boutiques sont vides ou à l'abandon, la vacance commerciale atteint des sommets.

Incompréhension, grogne, colère, un dialogue de sourds s'est engagé depuis pas mal de temps entre élus locaux, commerçants et Briochins excédés.

L'initiative  du collectif  Et Compagnie pour animer le centre ville est donc des plus louables et a attiré pas mal de monde!

Après une brève introduction du maître de cérémonie ayant revêtu les habits adéquats, l'enfant du pays, Gaspard Verdure se pointe.

Gaspard s'est auto-proclamé  dédramatiseur public, son job, en voie de disparition, est d'annoncer   de l'information au public. 

Il est  donc crieur public, muni de l'autorisation signée par le Général De Gaulle en 1961 il parcourt depuis une dizaine d'années toute la Bretagne pour informer les citoyens  de bonnes ou mauvaises nouvelles.

Pour être entendu, il faut aussi être vu, il grimpe, muni d'un archaïque porte-voix, sur une escabelle branlante pour nous adresser un message d'amour, à double tranchant!

Pierre, j'ai couché avec ta femme... c'est pas de l'amour ça?

Il s'aide d'un bloc-notes/post-it, de couleur jaune, comme son gilet, pour débiter un discours dada  farfelu, destiné  aussi bien aux utilisateurs de Viagra  qu'aux congréganistes n'ayant pas encore pu voir le dernier film de Paul Verhoeven.

Un second chapelet tout aussi loufoque succède au poème initial, quelques slogans anarchistes (Mort aux Vaches)  défilent, avant de l'entendre toussoter, il s'est cassé la voix, insinue Bruel.

Un coup de gnôle, il ramasse un micro et poursuit son sermon pour la plus grande joie de la tribu ayant tenu à fêter ses dix ans de scène  par un lancer de confetti.

Et Gaspard, ému, de retourner dans ses pâtures...

Le bâton du relais passe entre les mains du Duo Farenza.

Nathalie Chorin et Isabelle Mottier font partie de l'ensemble vocal et instrumental Arezzo, créé en 2004.

2020 a été pauvre en concerts, les deux choristes ont décidé de se produire en duo, ce soir ce sera leur première prestation en public, sous des conditions pas vraiment optimales, du vent, des cris d'enfants et  les voix qui ondulent dans un courant d'air rédhibitoire.

Malgré tous ces inconvénients, les deux dames, d'une élégance Cecilia Bartoli sur scène à l'opéra de Monte-Carlo, s'en tirent à merveille, dextrement secondée par Maryline Berghen au piano ( malheureusement électrique).

Le répertoire inclut deux pièces de Felix Mendelssohn Bartholdy, l'affligeant ( pour les pauvres oiseaux)    "Abschiedslied der Zugvögel" et le tout aussi mélancolique "Herbstlied".

Le rendu est admirable malgré les circonstances, le public se sent  comme transporté à la Scala.

Gabriel Fauré a mis en musique le poème 'Puisqu'ici-bas toute âme', de Victor Hugo, il faut du souffle et des poumons pas encrassés pour rendre, sans accident de parcours,  ce romantique duo pour sopranos.

Un coup de vent intempestif, les partitions de la pianiste prennent le large, un âme charitable est appelée à la rescousse,  Déborah François n'étant pas disponible c'est à Xane que revient le rôle de tourneuse de pages.

Le trio attaque le tumultueux 'El Desdichado ' de  Camille Saint-Saëns avant de terminer cette prestation appréciée par l'hilarant 'Duetto buffo di due Gatti' de Gioacchino Rossini pour lequel les trois protagonistes se transforment en aristocats espiègles.

L'audience les rappelle, elles nous offrent un dernier lied biblique.

Les Vendeurs de Vent et leur orgue de barbarie à anches en piste.

Maryline et Marco, dans leur combinaison  orange de mécano, ont l'intention de déterrer quelques classiques de la chanson française et de les passer au presse purée.

Charles Trenet avec sa  'Route Nationale 7' est le premier à se faire meurtrir.

L'orgue de barbarie t'a toujours refilé des boutons inesthétiques, pourtant ce soir t'as décidé de faire un effort et de braver la poussée d'urticaire.

Tu l'as regretté, 'Padam' de la brave Edith subit un traitement laxatif pénible, bastringue maladif et voix chevrotantes, que tu retrouves sur tout ce qui suit , Berthe Sylva et sa cigarette, le petit Charles et son mémorable 'Emmenez-moi' , Piaf, encore, avec 'Les amants d'un jour' et ' Milord'.

 Marcel Cerdan n'a pas ri, George, non plus, en entendant 'Les Passantes'.

Le cauchemar continue, 'Les mains d'or' de Lavilliers puis  Adamo et ces filles du bord de mer, sont les dernières victimes du duo impitoyable.

Demain et les jours suivants, tu as le choix: l'intégrale de Georgette Plana ou le chemin de pénitence , 216 marches à genoux, vers le sanctuaire de Rocamadour! 


Xane.

Une accorte jeune personne, accompagnée d'un bassiste, succède aux amateurs de java molle: Xane ( alias Roxane Bruneau) et Eric Vincent. 

Finies les rengaines fossilisées, place au rock.

Xane à l'acoustique, Eric à la quatre cordes, entament leur set par une superbe version  du 'Wicked Game' de Chris Isaak.

Le timbre, rocailleux, de jeune fille originaire du pays Basque te rappelle celui de Ghalia Volt, qui désormais fait une carrière fulgurante aux States.

D'une voix ample et assurée, elle s'attaque à ' Sugar Man' de Sixto Rodriguez, un autre titre imparable qui précède  l'upbeat 'Riptide' de Vance Joy.

Elle délaisse la guitare pour prendre place derrière le piano électrique et nous offrir sa vision de 'Roxanne' de Police, fort éloignée de l'original mais, peut-être, encore plus puissante dans cette formule épurée.

Tu te souviens avoir entendu une version chantée par Aude Henneville, celle de Xane ne lui doit rien, du grand art!

La raspy voice enchaîne sur 'An Englishman in New-York' suivi par le soulful ' Mercy' de Duffy.

I'm under you spell.. chantait la petite galloise, c'est exactement l'état d'esprit dans lequel tu te trouves.

'What's up'  a conquis tout le public, derrière toi les sopranos habillent de choeurs lyriques l'hymne des 4 Non Blondes.

Ce devait être le dernier fait d'armes de la partie musicale, Saint-Brieuc insiste, encore, encore, encore...et sera récompensé par un medley ' Sweet Dreams'/ ' Seven Nation Army' éblouissant, avant le couronnement, 'Stand by me' de Ben E King.

 

Dis, Xane, tu ne chantes aucune de tes compositions....

Plus tard, peut-être, je suis timide! 


Comme la copine de Kajagoogoo!



 



 


 


  


vendredi 10 septembre 2021

EP Puisque rien ne dure - Esther Maud

 EP  Puisque rien ne dure - Esther Maud

 

Believe Music France/ Kidding Aside

( michel)

" Je m’appelle Esther, j’ai 28 ans, j’écris, je chante et je fais des vêtements." ainsi se présentait Esther Maud lors d'une entrevue accordée à Osme qui met en lumière des créateurs mode émergents en exposant leurs créations, leur univers et leurs inspirations.

N'étant pas un assidu des ballets de mannequins sur les catwalks les plus illustres de la planète, tu te concentres sur les premiers points de son aveu, l'attrayante jeune personne a récemment  sorti un EP regroupant les singles confectionnés depuis quelques mois.

L'objet a pour nom ' Puisque rien ne dure' et inclut six plages.


1
Urgence médicale
2
Coup de tonnerre
3
Etranger solitaire
4
Dérapage incontrôlé
5
Together
6
Ta poupée
 
La pochette montre une minouche jeune fille, au regard quelque peu effarouché, tenant dans ses bras un toutou docile ressemblant à un gros nounours.
Le style de cliché de gosse que les photographes tiraient dans les fifties, une composition  attendrissante destinée à mettre en valeur l'innocence du mioche et le dévouement de l'animal.
 
Pochette angélique, fort bien, par contre aucune mention concernant les musiciens, rien, nada, que dalle, comme disait Béatrice!
La fiche reçue indique: "les chansons presque nues, a cappella, elle les envoie aux quatre coins de France, car n'étant pas musicienne elle-même, elle cherche le bon écrin pour ses instantanés de vie."
On a fait appel aux plus fins limiers, on a dépensé une fortune, ils sont revenus bredouilles.
On peut toutefois avancer le nom de quelques collaborateurs: Edgar Michaud ( producer/mixer) , Mathieu Jay, de Kidding Aside, Bat Cooll aussi connu comme Tiste Cool, un   acolyte de Marie-Flore et Julien Doré, Thomas Baignères qui l'accompagne vocalement sur 'Dérapage incontrôlé' , Mathieu Revault et Jerome Meyroneinc  ont  eux participé à la composition ... maigre récolte, le flou demeure!
 
En ces temps agités où le personnel hospitalier craque, entamer un disque par un titre baptisé 'Urgence médicale'  est hasardeux.
Mais on accroche d'emblée, la voix enfantine évoque la faussement candide Jacqueline Taieb, une guitare funky vient bousculer cette  French bossa nova, la mélodie chaloupe agréablement jusqu'au  passage spoken-word fugitif pour ensuite repartir de plus belle.
Le refrain se colle en un rien de temps dans ton cortex et tu le fredonnes avec la femme enfant, sans vraiment te rendre compte qu'il s'agit d'une romance qui capote.
Au fond, t'as toujours aimé les bonbons acidulés, les fausses ingénues chantant les sucettes ou les baby pop, Millie Small et les Shangri Las.
Quoi, Laurent?
Le Coeur Grenadine.
Faut assumer, mec!
Désenchantée, elle fait la moue pour lui dire ses quatre vérités, ce ' Coup de Tonnerre' n'est pas foncièrement assourdissant, c'est fini, c'est tout, t'es plus qu'un souvenir. 
Sous le clip, des comments, un gars bien intentionné lui dit ...tu chantes faux... 
Bof, quelle importance, et puis, t'exagères Kiki, elles sont nombreuses les stars auxquelles il est reproché de ne pas avoir de voix, d'Alizée à Mylène Farmer en passant par Bambou, Charlotte Gainsbourg ou Angèle, la brigade compte de nombreuses ambassadrices.
Ne parlons pas de casserole ou de bêlements ( ne ris pas, Julien) , avançons plutôt une certaine nonchalance ou une forme de naïveté factice, destinée à plaire à un public qui se reconnaît dans le manque de puissance vocale de ces jeunes filles "à la page".    
Lio chantait les 'Amoureux Solitaires', Esther roucoule pour l' 'Etranger Solitaire'  sur groove pop, offrant quelques lointaines réminiscences avec la ' Macumba' de Jean-Pierre Mader.
 Le titre,  au texte  délicieusement ambigu,  invite à la fois  à la danse et à la rêverie.
Ah oui, et quel est le corps de tes songes?
 Natacha, l' hôtesse de l'air!
 Le dialogue vocal entre Harold et Maud, euh, désolé, Miss Maud et  Thomas Baignères ( ex - LeSpark, Flare Voyant ou Les Darlings et membre actuel de Gasoline), 'Dérapage incontrôlé', devrait séduire tous les fans de friandises au goût 'Voyage en Italie' de Lilicub et ceux qui craquent pour les guitares  et les textes mélancoliques.
Une fois de plus, le refrain fait mouche à la première écoute pour s'imprimer dans ta boîte crânienne.
'Together', qui suit , dépeint les sentiments d'une jeune fille après  une rupture, mais puisque rien ne dure, la souffrance va faire place à l'espoir et à la cicatrisation.
Sur fond lounge doucereux, tu te laisses bercer par cette mélodie enivrante et  romantique à souhait.
Jean-Luc Mélenchon  prône une France insoumise, Esther Maud, par contre, ne craint pas la sujétion ( amoureuse) ... ..laisse moi encore être " Ta Poupée".. chuchote-t-elle sur la plage qui achève un EP à la fois habile et séduisant.
Musicalement la parure sied parfaitement au timbre gracile et aux confidences intimes de la jeune personne.

La pop peut se révéler complaisante mais aussi  irrésistible.



 

 
 

 

 C

Zach Person + Ola au Zik - Zak à Ittre, le 8 septembre 2021

 Zach Person  + Ola au Zik - Zak à Ittre, le 8 septembre 2021

 Mitch ZoSo Duterck

 

ZACH PERSON + OLA: 2021.09.08 – Zik Zak, Ittre (BEL)
Nous voilà repartis pour un “one more from the road” comme on a l’habitude de dire du côté de Jacksonville, FLA. Dans la voiture, on écoute The Georgia Thunderbolts que je vous recommande d’extrême urgence si d’aventure vous avez une légère tendance à aimer le Southern Rock.
Ce soir dans notre « Ittre-parade », il n’y aura que deux groupes pour un total de 5 musiciens et une guest, je sais, on donne dans le minimalisme scénique mais comme dirait Eddy Merckx : « ce n’est pas le nombre de participants qui fait le peloton » n’est-il pas ? Bref, après un agréable trajet d’une heure, nous émergeons tout excités de notre véhicule pour rejoindre la salle située à une portée de flèche comme me le faisait remarquer un ami Gallois.
La seule consigne COVID exigée ce soir est de se désinfecter les mains de manière vigoureuse et ostentatoire avant de faire la bise à vos amis de concert, cherchez l’erreur ! Si le salut était à caractère purement masturbatoire, je pourrais à la limite comprendre le côté hygiénique et ciblé de la chose, mais puisque dans le cas présent les dévotions sont à 99% de nature jugale ou linguale pour quelques privilégiés… vous m’avez compris. Soit, pénétrons ce qui peut l’être encore sans consigne et sans qu’on signe, dans le cas présent, en ligne droite ou en zig-zag : la salle ! Accueil toujours aussi chaleureux qu’à l’habitude et un personnel toujours aussi passionné et jovial, je dis : bravo en applaudissant d’une seule main, l’autre s’étant prise subitement d’amitié pour une Mort Subite, pur produit de la brasserie De Keersmaeker.
La première partie est assurée par le trio belge qui répond au nom de OLA. Après deux titres j’ai plutôt envie de dire Holà ! Même avec le bâtonnet placé judicieusement, la petite cuiller dans le petit pot ou les deux célèbres biscuits, cette glace est selon moi insipide, tant au niveau auditif qu’olfactif et gustatif et si je m’en réfère aux soupirs d’impatience et autres commentaires peu flatteurs recueillis autour de moi, je ne suis pas seul dans le cas. C’est le genre de truc qui rend un électrocardiogramme complètement plat, comme la Suisse, aurait ajouté Obélix d’un ample mouvement horizontal du bras. Mais, c’est bien connu, on ne peut pas plaire à tout le monde.
5-3, reste 2 ! Deux comme le guitariste texan Zach Person originaire de Houston (mais établi à Austin) et son batteur, percussionniste et claviériste Jake Wyble, originaire du New Jersey. C’est lors de sa prestation à l’émission de télévision American Idol en 2016 que les têtes se sont tournées vers Zachary. Supposé sortir un EP suivi d’une tournée européenne, Zach Person a mis à profit l’embargo imposé par le covid pour revoir ses positions et débarquer avec « Can’t Stop Running » un album complet sorti en Avril 2021 sur le label Texan BlackDenim Records de Christopher Durst, cd qu’il est occupé à promouvoir lors de sa première tournée européenne.
Arrivés d’Allemagne (Hanovre) vers 5.30 le matin même, suivi par un passage chez Classic 21 pour un enregistrement, les deux sociétaires du pays de l’Oncle Sam, n’ont eu que très peu de repos avant de prendre les planches. Et pourtant, dès les premières notes et les premiers soli très acérés, deux noms me viennent immédiatement à l’esprit Prince et Jimi Hendrix, excusez du peu. Zach est d’abord et surtout un artiste de scène, un artiste de « Live » comme on dit. Le duo déborde d’énergie et sa Fender Stratocaster rugit comme une panthère en furie entre ses mains. Non seulement il nous délivre ses compos « Can’t Stop Running », « Crossroads » et autres « Carolina » mais le bougre ose s’approprier des monstres classiques tels que le « All Shook Up » d’Elvis Presley qui date de 1957, « Let’s Dance » de David Bowie sorti en 1983 pour lequel notre BJ Scott nationale le rejoint sur scène, ou encore « Kashmir » de Led Zeppelin dans un medley qu’il fallait oser avec le « Helter Skelter » des Beatles ». C’est vous dire les références. Et pour ceux qui l’ont remarqué, Jake, le batteur nous gratifiera même d’un extrait de la partie finale de « Layla » de Derek & The Dominoes sur son clavier. « Quand j’étais gamin, j’adorais jouer sur mon petit piano Bontempi, alors, j’ai pensé que ce serait fun d’avoir un clavier sur la tournée et de l’utiliser de temps en temps en concert » m’avoue-t ’il après le show. « Par contre, bravo pour avoir reconnu le bref extrait de « Layla » je ne suis pas certain que vous soyez beaucoup dans le cas » ajoute-t-il.
Une heure quinze minutes de pur blues-bonheur qui donne la patate et qui donne surtout envie de le revoir. Rendez-vous est déjà pris pour le mois de mars prochain.
Mitch « Zoso » Duterck

jeudi 9 septembre 2021

Album - Liquid Sin by Mojo Alice.

 Album - Liquid Sin by Mojo Alice.

 

NoPo

 

 MOJO ALICE Liquid sin 2021

Label - RFL Records

Ils nous viennent de loin ces 'all white' aussi costauds que les 'Blacks', les 'MOJO ALICE' pourraient se permettre le haka en entrant sur scène.
Le groupe naît, en effet, à Wellington en Mai 2016. La Nouvelle - Zélande voisine de l'Australie, est-ce la raison de ce petit parfum ACDC/ROSE TATTOO?
On sentirait aussi du Ted Nugent (tout mouillé!), du Nashville Pussy (tout aussi mouillé!!), du Rossington/Collins avec le chant de Dale Krantz (bon, j'en rajoute pas!)... que de bonnes odeurs quoi!
Enfin, pour le tempérament de femme qui ne s'en laisse pas compter, j'ajoute BELLRAYS (et je retiens tout).
Les bases?
Une voix joplinienne écorchée à fleur de corde, une gratte acérée à la Billy Duffy/Gibbons, une batterie lourde valant son pesant de John Bonham.
Et la basse? La basse tonne autant que les mines de LEMMY et selon ses dires... c'est juste du Rock and Roll... oui, mais sévèrement burné.

Sur la photo, le noir plaqué au plus profond, rend l'éclat d'un verre à vin plus intense d'autant que la fumée s'en échappant, s'élève, claire et panachée.
'Liquid sin' inscrit sur cette effluve blanche, transpire l'alcool et la cigarette.
Les mots 'MOJO ALICE' posés sur une fréquence cardiaque rompent la régularité diastole/systole dans une étrange crise qui pourrait être fatale.

De la même manière, les textes chauds montent le cardio (et pas que!).
Jetons une oreille... n'ayons pas les j'tons, jetons les 2!
01 IN MY HEAD
02 NOT THAT INTO YOU
03 MASTER OF LOVIN
04 LIQUID SIN
05 THE ACE
06 Mr. J
07 DIRTY MARY
08 DROP DEAD
09 THE CREATURE

Un riff franc du collier grimpe aussitôt 'In my head' comme un verre de Jack Daniels avalé cul-sec. La voix rocailleuse de JEM semble toujours au bout, mais son énergie passe au dessus dans des cris déchirants.
Le rythme casse le cul et la peau suinte. Le 1er solo file tellement vite qu'on ne s'en aperçoit pas, on en veut un 2è... pas de problème... Brodie nous en brode un second, il nous laisse aussi sur le cul (aï! déjà cassé)!

La guitare stridente fouraille les tympans avant de riffer dru. La voix sonne d'abord gémissante, dans un effet lointain, puis JEM s'arrache en hurlant ou en moulant du grain.
La rythmique basse/batterie bétonne pour ne plus bouger d'un poil, on peut s'appuyer là-dessus! 'Not that into you' enfonce le clou.

'Master of loving' dégage du blues humide, JEM l'éructe d'entrée. Le rythme binaire fait avancer le flux par à-coups glissés.
En solo, la guitare, magistrale, ne provoque pas d'acouphènes, elle transperce.
De légers choeurs soutiennent le chant. Sur le final, les vocalises fusionnent avec les autres instruments.

Lorsque The Cult s'est senti 'electric', la guitare a signé des riffs épais comme celui de 'Liquid sin' qui nous entraîne vers le péché.
Pourtant 'Alcohol ain't gonna save my soul' semble une sentence bien avisée. On apprécie un échange groovy entre wah wah et la voix jamais totalement cassée.

'The ace' démarre à la mitraillette et rappelle l'as de pique (de l'ami LEMMY). Pas de répit, pas de quartier!
Mojo Alice donne tout et plus, sans s'économiser, en moins de 3 minutes.

'Mr J' traîne sa belle mélodie dans un marécage.
Le riff frontal s'accapare aussitôt l'espace mais lorsque le refrain (qui m'évoque 'Live Wire' de Mötley Crüe) survient, il gagne la partie grâce à son chant magnifiquement attractif, 'There you go whohoo'.
Aussi vifs qu'un alligator, les solos tranchent de belles coupures laissant des traces sanglantes.

'Dirty Mary' colle parfaitement au titre d'un road trip à la Sailor et Lula/Thelma et Louise. On n'ira pas en prison chante la néo-zélandaise (mais je ne suis pas sûr qu'on ira tous au paradis!).
'We're calm like the bomb' enchaîne-t-elle, à contre-pied, dans une course poursuite poussiéreuse. Ici, on peut percevoir le poids d'un Judas Priest millésimé.
Fumant!

L'intro a capella montre les incroyables capacités de la chanteuse.
'I'm so sexy' qu'elle dit la fille... En tous cas, fascinante oui, au point de laisser son auditoire 'Drop dead'.
Les musiciens font bloc, déclenchant un début de tremblement de terre.
Brodie et Matiu s'accrochent à leurs cordes de guitare, JEM à ses cordes vocales, Morpheus à ses baguettes.

'The creature' c'est encore elle, rampant tel un reptile. La scène est moite et charnelle.
Brodie dégaine un long riff (peut-être un 22?) pour cadrer une cadence lourde.
Rose Tattoo fricote avec Led Zep et accouche de cette créature mojo...


Pourquoi Alice (posez la même question à Vincent Furnier)? 'MOJO JEM' ferait l'affaire vu le charisme de la chanteuse continuellement mise en avant par une instrumentation brillante.
'Liquid sin' nous laisse KO (voir liquide) après un combat perdu d'avance.
La puissance du groupe, alliée à son organisation carrée, en fait un rouleau compresseur.
Les 2 'M' Matiu et Morpheus, on aime. Au suivant!  Osulivan Brodie, on adore.
Et cerise sur le rouleau avec JEM comme une évidence!

DRUMS - Morpheus Tilley
GUITAR - Brodie Osullivan
VOCALS - Jem Tupe
BASS - Matiu Williams

mercredi 8 septembre 2021

Rare, Medium Rare, Well Done - Album 1: 1995​-​99 - Dr. Olive & The Hoperators

  Rare, Medium Rare, Well Done - Album 1: 1995​-​99 - Dr. Olive & The Hoperators

 

 V I R T U A 94 Records

(michel)  

L'an dernier, par le biais d'une connaissance, on te fourgue entre les pattes l'album "Maybeland" de Dr Olive and the Hoperators, un objet inclassable mais hautement recommandable, qu'un collaborateur de Musiczine classait dans les 10 meilleures productions made in Belgenland en 2020.

Et pourtant, le docteur qui a pris pour pseudo le nom de la copine de Popeye qui, tu le sais n'avale que des spinach en gardant son éternelle pipe coincée dans la bouche, n'a pas vu le jour dans la patrie de Manneken Pis, Olivier Champeau ou Oliver Nemeau ( ça dépend de la lune) a été conçu dans l'hexagone.

Ce n'est qu'un détail, il te contacte pour signaler l'existence d'un nouvel objet   "Rare, Medium Rare, Well Done - Album 1: 1995​-​993

En fouillant des fonds de tiroirs bourrés de toiles d'araignées il tombe sur des démos, des cassettes et de vieux vinyles jamais  commercialisés, il sort le vacuum-cleaner, le sans fil, autonomie 25 min,  qui permet de dépoussiérer ta caisse, astique les objets avec un aérosol, presque écolo, impact négligeable sur l'effet de serre, non abrasif et ne laissant aucun résidu, et balance le tout sur bandcamp.  

La pochette dévoile tout  ce bric à brac reposant dans un désordre étudié sur une surface plane,  à la manière d'un collage artistique à la Kurt Schwitters.

Tracks-

1.Road To Tamezret 06:06
2.On The Air (early demo) 05:29
3.Cluedub 05:44
4.Bump & Grind - Intuition Outerspace (Remix for Bump & Grind by Dr Olive) 08:00
5.Skunk (Discoburger 12" mix) 06:00
6.Funkrash 06:52
7.I'm Going To Heaven (no flute mix) 05:29
8.Intreau 06:27
9.Bass Scanner 05:52
 CREDITS

All tracks except #4 : Composed and produced by Dr Olive.
Track #4 : Composed by Gauthier Keyaerts (El Borbah) and Jean-Christophe Detrain (Faskil). Produced by Bump & Grind. Remix & additional production by Dr Olive.
---------
Remastered in may 2021 by Dr Olive.
Massive THANKS and <3 go to : TVVIN_PINEZ_M4LL ; Toadofsky & Mr.Hideyoshi @Virtua94 ; Lumi @Seikomart ; and the labels TapeWurmFM and Sunset Grid 
 
La première pièce résultant du dépoussiérage des archives se nomme  'Road To Tamezret'.
Sur le chemin menant  au village berbère, tu croises quelques ânes, car les locaux ne se déplacent pas à dos de dromadaire, cet animal ils le consomment en ragoût, accompagné de fruits secs.
Ne demande pas au serveur, te présentant ce mets raffiné, quel vin convient pour mettre en valeur la préparation, n'oublie pas que tu es en Tunisie.  
Musicalement tu navigues sur fond d'electro/breakbeat  arabisant avec tout de même quelques pointes de Jean-Michel Jarre, les vocaux, lancinants, eux renvoient vers l'univers dAcid Arab, de grands fans d' Omar Souleyman.  
'On the Air',  à ne pas confondre avec  une rengaine hyper médiatisée de Phil Collins,  joue la même carte, de l'ambient  house, tendance The Orb, bourré de petites trouvailles synthétiques, de couches sonores dépaysantes  et de voix confuses, donnant un caractère sibyllin à la composition.
Le titre de la troisième  plage est explicite, ' Cluedub'  nous promène du côté de la Jamaïque, de ses sound-systems, de Lee Scratch Perry , mais aussi du UK des seventies avec The Clash et, plus tard, Big Audio Dynamite.
Tiens qui voilà, le fumeur de havanes avec sa Brigade des Dubs! 
Décidément indémodable le dub,  tiens, refile-moi le pétard, man!
La quatrième cabriole est un remix de  "Intuition Outerspace" un morceau catalogué concrete electronic noise par Sub Rosa, le label qui a distribué l'album "Init Sequence" ( désormais introuvable)  du duo  Bump & Grind ( alias Gauthier Keyaerts, un apôtre de la sculpture sonore).
L'original met l'accent sur le côté mécanique et répétitif de la composition, des effets industriels tissent une toile de fond froide sur laquelle les nappes de synthé sont plaquées, une voix d'outre-tombe vient briser l'apparente monotonie de l'oeuvre.
Le remix offre un caractère légèrement plus planant sans trahir le discours de l'artiste  dont le credo sonne: écoute, observation et instinct!
Pour oreilles averties!
C'est malodorant une moufette, disait grand-mère...
La 'Skunk' du bon docteur remue de façon désinvolte sur un rythme carnaval à Rio, tendance techno.
Gilles, un copain hennuyer, qui jamais ne languit, est entré en transe, ce qui a fait dire à Mémé, il est épileptique ce garçon! 
Mêmes éléments tech house pour la suivante, 'Funkrash' .
Tu dis, Alex?
Banging track, je le passe lors de la prochaine rave party, les quelques vocaux féminins tuent!
Un petit tour au paradis, ça te dit.... 'I'm going to heaven', où comment détourner un gospel bluegrass  en voyage spatial tchouk tchouk/ techno space trance.
Mise en orbite pour aller vérifier si ce qu'avance Thomas Pesquet est véridique, tu embarques, Jacques?
Après la house galactique, Dr Olive t'invite à écouter une ' Intreau'  plus hydroponique que celle de Mc Solaar
Décidément, la house est polycéphale et rayonne dans divers milieux, ici on est proche de l'acid house, telle qu'elle est pratiqué par Aphex Twin dans  "Analogue Bubblebath".
Pour clôturer le techno  trip, le mécano/jongleur propose 'Bass Scanner', un dernier OVNI aux fragrances  EDM/  Bass House, qui pulse à mort!  


OK, plus de vingt ans se sont écoulés depuis la conception des morceaux rassemblés sur  le recueil, ce qui n'enlève rien à sa pertinence.
 Les amateurs d'electronic dance music de qualité, ceux qui sont aptes à séparer le bon grain de l'ivraie,  restent nombreux.
Tu n'auras pas besoin de désherber ta pelouse si tu sèmes du Dr. Olive, le produit ne laissera aucune trace  de gazon maudit, chère Josiane!