mercredi 17 janvier 2018

Ils ont récemment pris un billet pour le grand voyage: Mikio Fujioka, France Gall, Alfred Morris III, Eddie Clarke, Pierre Pincemaille, Dolores O'Riordan, Edwin Hawkins

Mikio Fujioka, le guitariste du groupe de heavy/pop metal japonais, Babymetal, est décédé à 36 ans, des suites d'une chute depuis une falaise.
Le groupe, formé de trois chanteuses pop,  Suzuka Nakamoto (“Su-metal”), Yui Mizuno (“Yuimetal”), and Moa Kikuchi (“Moametal”) et backé par un  heavy metal band,  cassait la baraque au pays du Soleil Levant ( 904 210 likes sur facebook).

 France Gall, morte le 7 janvier, a été inhumée dans la plus stricte intimité vendredi 12 janvier 2018 au cimetière Montmartre à Paris, dans la sépulture où reposent Michel Berger et leur fille Pauline.
Après le décès de Johnny Hallyday , un second monstre sacré français quitte la scène alors que le public n'avait pas encore eu le temps de sécher ses larmes.
Elle avait 70 ans, France, mais on l'a toujours associée à une teen idol!
Depuis ' Ne sois pas si bête' de 1963, la jeune ingénue avait 16 ans, suivi par les tubes signés Gainsbourg ( 'N'écoute pas les idoles', 'Laisse tomber les filles', 'Poupée de cire, poupée de son', 'Les sucettes') ou le merveilleux ' Christiansen et le 'Bébé Requin' ( co-signé Jo Dassin), jusqu'à  à sa rencontre avec Michel Berger   qui donnera un autre élan à sa carrière ( des succès à la pelle, 'Tout pour la musique', 'Résiste', 'Cézanne peint', Babacar'...), Isabelle Geneviève Marie Anne Gall n'a jamais quitté les hit - parades.
Malheureusement, France n'a pas été épargnée par le destin: décès de Michel Berger ( à 44 ans) puis de leur fille, Pauline, elle se retire au Sénégal et se consacre  à l' association 'Cœur de femmes' luttant pour les femmes battues.
En 2015 elle retâte de la scène avec la comédie musicale "Résiste".
Hélas, en  2018, elle perd son combat contre le cancer ! 

 Alfred Morris III, le guitariste du groupe doom du Maryland,  Iron Man, est décédé le 10 janvier  à l'âge de 60ans.
La disco de Iron Man, fondé en 1988,  compte huit disques
 Le dernier album du groupe, South of the Earth, datait de 2013.

 Le dernier membre fondateur de Motörhead, « Fast » Eddie Clark ( 67 ans) , est mort d'une pneumonie le 10 janvier.
Ce décès survient deux ans après celui de Lemmy.
Avant l'aventure Motörhead, Fast Eddie avait, e a, joué chez The Bitter End, Zeus,  Blue Goose ou Continuous Performance.
C'est en 1976 que le line-up le plus performant de Motörhead voit le jour: Lemmy Kilmister – lead vocals, bass/ "Fast" Eddie Clarke – guitar, backing vocals et  Phil "Philthy Animal" Taylor – drums.
Les stars  de la   New Wave of British Heavy Metal vont régner sur cette scène heavy pendant 40 ans.
Fast Eddie quitte pourtant le groupe en 1992, il forme Fastway avec Pete Way de UFO.
Après le split définitif  de Fastway , le guitariste enregistre Make My Day – Back To Blues avec Bill Sharpe de Shakatak.
L'histoire se termine ce 10 janvier.


Pierre Pincemaille, le titulaire des grandes orgues de la basilique cathédrale de Saint-Denis depuis 1987 , s’est éteint  à Suresnes le 12 janvier.
On lui doit également huit enregistrements d’improvisation et des disques couvrant le répertoire français de la fin du XIXsiècle et de la première moitié du XXe siècle, notamment Charles-Marie Widor ou César Franck.
L'organiste était fier de jouer  le premier orgue du grand facteur Cavaillé-Coll, un instrument de 1840.



Stupéfaction dans le monde rock ce lundi 15 janvier avec le décès de Dolores O'Riordan, la chanteuse des Cranberries, retrouvée sans vie dans une chambre d'hôtel à Londres.
A ce jour, les causes de la mort de la chanteuse, âgée de 46 ans, restent inexpliquées.
Dolores remplace le chanteur  Niall Quinn au sein des Cranberries  en 1990 et enregistre avec le groupe irlandais, sous la dénomination The Cranberry Saw Us,  le demo EP ' Water Circle' sur lequel on retrouve le titre 'Linger'.
Cet objet vaut une fortune!
Le premier album,  'Everybody Else Is Doing It, So Why Can't We?',  caracole au sommet des charts irlandais et anglais.
Le suivant, 'No need to argue', contient la bombe 'Zombie', disque d'or ou de platine à droite et à gauche.
Dolores est devenue une star!
Cinq albums vont suivre, le dernier, 'Something Else', en 2017.
Tout n'était pas rose dans l'univers de l'icône rock: tentatives de suicide, dépression, divorce,  agressivité, ses frasques défrayent les chroniques!
En dehors des Cranberries, Dolores avait enregistré deux albums solo et  participé à  « Science Agrees », le premier album du groupe  D.A.R.K, comprenant  encore  Andy Rourke des Smiths et le DJ et producteur new-yorkais Olé Koretsky.

A la fin des années 60, le monde entier fredonnait le gospel ' Oh Happy Day', un hymne du 18 è siècle repris par  The Edwin Hawkins Singers.
 Le leader du groupe, Edwin Hawkins, est mort lundi 15 janvier  à Pleasanton, il était âgé de 74 ans.
Le groupe s'était retrouvé une seconde fois dans les charts  en backant Melanie sur 'Lay down' ( candles in the rain).
Edwin Hawkins aura enregistré des douzaine d'albums et collectionné les Grammy Awards, notamment pour le titre  'Every Man Wants To Be Free'.



lundi 15 janvier 2018

Album- 340 Blues by Sugar Queen and the Straight Blues Band


'340 Blues' by Sugar Queen and the Straight Blues Band

Michele Denise, alias Sugar Queen, esquisse un mini-portrait :"I grew up listening to everything from Sarah Vaughan, BB King, Mahalia Jackson, Charlie Pride and Gershwin.".
Ce globe-trotter débute, comme pas mal de ses compatriotes, en chantant le gospel, écumant les chapelles du Kentucky, de l'Ohio ou de Virginie, ensuite elle tâte du jazz avant de mettre le cap vers l'Asie où elle collabore, e a,  avec le groupe du jazzman Yun Zi , en Malaisie elle fonde son propre combo 'Deuces Wild' ( merci BB King)  au répertoire mixant blues et rock.
Là-bas, elle rencontre un amateur de maatjes, l'épouse et vient vivre chez Willem-Alexander, pas pour y cultiver des tulipes, non, pour proférer la bonne parole blues.
Très vite elle monte la formation Sugar Queen and the Straight Blues Band, écume les blues festivals néerlandais et belges, avant de sortir un premier CD,   '340 Blue'.
Sur la pochette, quelques sommités belges et un néerlandais:
 Michele Denise (Sugar Queen), vocals / Thierry Stiévenart, drums / Ronald Burssens, bass / Andy Aerts, guitar / Jean Raven, guitar  ou  Wim Heirbaut, harmonica.
Et deux guests: 
Dirk Lekenne  à la slide /Wim Degeest - à l'harmonica!
Des braves gens ayant fait leurs armes au sein de bands tels que  Guy Verlinde and the Mighty Gators, Kingsize, The Bluesbones ou Jumpin' Joe pour le Batave.
Quant aux invités, Dirk Lekenne, qui a enregistré et mixé l'album dans les studios Fandango, il s'amuse parfois avec Fandango Live tout comme  Wim Degeest, d'ailleurs!


Tracks:
01. Crab Boil Shuffle
02. Give Sugar
03. Wanna Take My Man
04. 15 Dollars
05. Hey Guys
06. Handfast Love
07. By The Law
08. Moonshine Bill
09. I Can't Wait
10. Sugar Queen Blues Groove
11. I Miss You

'Crab Boil Shuffle' inaugure l'album, et  qui dit shuffle, dit blues et rythme!
Donc le clavier a décidé de se secouer sur la table branlante qui le supporte, pas facile d'écrire dans ces conditions!
Par la fenêtre tu jettes un coup d'oeil à la grève pour assister à un étonnant ballet de crabes en folie, t'as appelé madame qui n'a pas daigné quitter le canapé où elle était allongée, elle a simplement prononcé, le pastis ne te réussit pas.
Denise et ses copains ont embrayé sur ' Give sugar', un synonyme probable de gas geven, la rythmique cavale, t'es sûr que Thierry a perdu sa petite casquette en frappant comme une bête, l'harmonica et les guitares rivalisent de virtuosité et puis il y a la soulful voice, chaude, sensuelle,  de la Queen qui porte ce jump blues à bout de bras.
T'es pas étonné que certains avancent les noms de Mavis Staples ou Koko Taylor.
Il n'aura pas fallu des heures avant d'entendre un premier slow blues, qui arracherait des larmes à la brute la plus épaisse, 'Wanna Take My Man' dégouline d'émotion, de drame et de doigté, écoute le solo de guitare tout en sensibilité!
Place au groove avec ' 15 dollars' , tu oserais miser 20 fois plus sur ce canasson au Grand Prix d'Amérique.
'Hey Guys',
Oui, Michelle?
Don't need no husband, je me débrouille fort bien toute seule!
Merde alors, j'étais sur le point de divorcer pour te faire une demande!
A l'arrière, Andy s'amuse, tandis que Wim a l'honneur d'achever ce morceau au drive poussé.
Une petite touche country décore ' Handfast love' , Dirk a sorti une slide de l'atelier et folâtre joyeusement.
Avec ' By the law' Sugar Queen propose une seconde ballade à l'arrière-plan social déchirant.
Les bavures des forces de l'ordre, dont ont été victimes plusieurs  Afro-Américains, ont inspiré ce titre qui constitue, sans conteste, un des highlights de l'album.
Pas simple de tomber amoureuse d'un trafiquant d'alcool, c'est ce que narre  ' Moonshine Bill' , tandis que Ronald et Thierry tapisse un fond poisseux, les guitaristes et l'harmonica s'en donnent à coeur joie , la voix de Michelle se faisant tantôt rauque, tantôt languissante, ...my man is gone and I'm all alone.. et plus une goutte d'alcool là -haut sur la colline!
Changement de registre avec le   Chicago blues  ' I can't wait' qui t'invite à boire sec!
Une wah wah au rendez-vous pour  'Sugar Queen Blues Groove', un titre explicite.
Let's turn up the bass... et c'est ce que fit Ronald et tout le monde s'est mis à gigoter.
 It will make you feel good, elle a dit...  on l'a cru!
'340 Blues' s'achève sur une note mélancolique, 'I miss you', souligné par un harmonica larmoyant, constitue la troisième ballade  d'un album hautement recommandable.

 Sugar Queen and the Straight Blues Band a beau être un jeune groupe, même pas deux bougies sur le gâteau, il vient de sortir un premier jet digne des plus grandes productions américaines,  que ce soit chez Antone's, Alligator ou Fat Possum.

Trop tard pour le sapin de Noël mais rien ne t'empêche de t'offrir une petite friandise en cachette,  procure-toi  '340 Blues' by Sugar Queen and the Straight Blues Band et consomme à forte dose!


Le 20 janvier à Roulers ( Roeselaere) au Mooie Molen!







 




samedi 13 janvier 2018

In memoriam Ray Thomas

In memoriam Ray Thomas par Piero Kenroll

Ray Thomas est décédé ce 4 janvier. L'occasion de rappeler que les Moody Blues, le groupe qu'il a fondé avec son pote Mike Pinder (claviériste) est non seulement essentiel dans l'Histoire du rock mais l'un des rares (avec entre autres les Beatles et Led Zeppelin) à avoir atteint un succès mondial tel qu'il en vint à créer sa propre marque de disques (Threshold). Le rôle de Thomas fut exceptionnel parce qu'il popularisa la flûte traversière comme instrument rock à part entière ouvrant la voie, entres autres à Jethro Tull et…Genesis qui, du moins à leurs débuts, faisaient grand usage de la flûte.

Thomas était aussi un excellent compositeur-auteur et un chanteur à la voix chaude, souvent sous-employé dans les Moodies par rapport à Dennis Laine d'abord et Justin Hayward ensuite. On doit à Thomas deux albums solos: "From Mighty Oaks" et "Hopes, Wishes and Dreams".

J'ai eu l'honneur de le croiser plusieurs fois. D'abord lorsque les Moody Blues se produisirent pour le Club les Aigles, ensuite en interview personnel lors de la sortie de son premier album solo (photo) enfin lors d'une conférence de presse du groupe pour son passage à Forest National.

L'album"From Mighty Oaks" se termine avec  un magnifique morceau intitulé "I Wish We Could Fly"…L'âme de Thomas y est finalement arrivée.

lundi 1 janvier 2018

Peter 'Sante' Van Sant est décédé!

La triste nouvelle du décès de P.Van Sant vient de tomber, il y a trois heures Mike Naert, responsable du Depot (Leuven), la publiait sur la page facebook de la salle louvaniste.

Peter VanSantevoet souffrait d'un cancer de la gorge et séjournait depuis avril dernier dans un hôpital de la cité brabançonne, il vient de perdre son dernier combat à l'âge de 58 ans.
En 1982, comme membre des Boxcars ( tout comme Monsieur Paul de Triggerfinger)  , il atteint la finale du Humo's Rock Rally.
Le groupe connaît un beau succès, puis devient The New Boxcars ou Sante and The New Boxcars, mais la formule s'épuise, Peter se lance dans une carrière solo et sort l'album 'This Hounddog's still howlin', suivi par 'Me and the guitar man'.
D'autres perles  suivront, dont 'Paradox Blues' ou 'Escape in Style'.
Sur scène, ce féru de blues et de roots music était impressionnant, tu as eu l'occasion de le croiser plusieurs fois,tu le revois en rêve lors  d'un concert pendant lequel Geneviève Dartevelle s'était invitée sur le podium pour entamer un duel guitare/harmonica sur 'No-one can forgive me (but my baby)' de John Hammond.
Un grand moment!

Au revoir, Sante, rest in peace!

jeudi 21 décembre 2017

Lisza - Aurel - Ancienne Belgique ( Club)- Bruxelles, le 20 décembre 2017

 Lisza - Aurel - Ancienne Belgique ( Club)- Bruxelles, le 20 décembre 2017

 Aujourd'hui, la journée sera grise et maussade avec de nombreux nuages bas, brumes et brouillards, parfois tenaces... les prévisions météo se sont révélées fiables, elles n'engageaient pas les citadins à quitter un douillet chez soi.
Si ce n'était pas la grande foule au club de l'AB, qui accueillait  Lisza  et Aurel, la famille, de nombreux amis et quelques curieux s'étaient cependant déplacés vers le boulevard Anspach pour constituer une assistance honnête.

Aurel.
Pas un copain de Ardy, non, le nouvel avatar de l'insatiable Aurelio Mattern, que l'on a connu Vagabond, Lucy Lucy, Paon,  Sonnfjörd, Jeremy Walch, par contre on n'a jamais croisé la route de Backside, il paraît qu'ils grungeaient dur, depuis peu le garçon a décidé de tâter de l'airy pop avec le projet Aurel!
Pour l'accompagner, pas de Didier Bourdon, ni de  Bernard Campan ou de  Pascal Légitimus, mais les fidèles Fabio Zamagni ( Jérémy Dumont Trio, Igor Gehenot Special Project, Bab's All Stars Noa Moon, Sonnfjörd, Typh Barrow etc... ) et François De Moffarts ( Lucy Lucy, The Vagabonds, Sonnfjörd, Jimmy Joy....).
Instruments: des synthés, un drumpad, une grosse caisse, une basse, une guitare électrique, une acoustique, des voix passant du vocable François Villon à l'anglo-saxon!
'Hier la plage' ouvre et, par ces journées humides et glacées, nous rend  pas mal nostalgique.
Il est où le soleil?
Musicalement, on baigne dans un univers contemplatif, proche de Beach House, Biche ou Paradis.
'Billion Years' nage dans les mêmes eaux , il est suivi par un attrayant instrumental, rythmé et exotique.
C'est en solitaire, armé d'une acoustique, qu'Aurelio propose la ballade intimiste ' Qu'en dis-tu' avant d'être rejoint par les compères pour une adaptation française de ' The sound of silence' de Simon and Garfunkel.
Art descend dans la salle, Paul reste derrière des claviers et le mercenaire derrière l'élément de batterie électronique.
Les gamines du Brabant Wallon ont craqué, Aurelio a souri, en regrettant le manque de portée du câble, il n'a pas pu regarder les éternels piliers de comptoir dans le blanc des yeux.
'I'm out' a été composé il y a 3 ans, il reçoit ce soir son baptême du feu sur scène, air pop et phrasé hip hop se marient à merveille et après une prise de liberté audacieuse avec l'idiome roman, le trio nous balance une dernière tirade suave, ' J'irai voir'.

Aurel sera sur scène lors du prochain Propulse!

 Lisza
Selon des internautes, le sourire énigmatique de Mona Lisa  s'explique  par ses origines chinoises...
Bigre, et Ségolène, elle est Cambodgienne?
De toute façon, il s'agit de Lisza, tu vois le z?
Lisza c'est Lisa Debauche, la comédienne et chanteuse, dont tu avais croisé la route en 2015 au BSF, elle assurait les choeurs pour  son prince charmant, Vincent Liben.
Juste retour des choses, ce soir la jolie dame est sous les feux des projecteurs pour défendre l'album 'La vie sauvage', sorti au printemps, Pygmalion se tiendra à l'arrière-plan, sans la quitter des yeux.
Pour habiller les séduisantes chansons de l'album, le couple s'est entouré d'une équipe performante, que bon nombre d'artistes doivent leur envier, aux choeurs, Chrystel Wautier, une de nos voix jazz les plus prometteuses, à la basse ou contrebasse Sam Gerstmans, si on te dit uniquement Melanie De Biasio, tu as compris qu'il ne vaut pas la peine d'insister, à la batterie et percussions, Monsieur Santo Scinta ( Adamo, Olivia Ruiz, B J Scott, Benabar, Alice Dutoit...) et aux claviers ou à la guitare, le fabuleux Fred Lafage ( Zaz, Kendji...).
Les musiciens se fendent d'une petite intro avant l'arrivée, remarquée, de Lisza.
 Petite robe rouge, bottillons noir, air décidé, elle attaque 'Orphelin'.
Un phrasé précis et enveloppant, une mélancolie omniprésente, tempérée par un fond sonore lumineux, tout Bruxelles se laisse bercer par cette mélodie souveraine.
Embarquez, nous allons faire la connaissance des 'Rives rouges'.
 Il est loin le temps de l'enfance, c'est l'heure des mots tabous.
Sensualité à fleur de peau, parfums  ' Canoë Rose'  de Viktor Lazlo, c'est beau , limpide et propice aux rêveries les plus voluptueuses.
Toujours en quête d'aventures, de liberté  et de découvertes, voici 'Vagabonds', suivi par le chaloupé  ' La cavale' .
Si Lavilliers avait été une nana, il aurait pu s'appeler Lisza.
Quelques confidences intimes précèdent 'Manie', une plage  douce et cadencée, évoquant à la fois Henri Salvador et Hindi Zahra.
Bruxelles, nous aimerions vous interpréter un titre de Lhasa: 'La confession'.
La classe à l'état pur, une guitare aux accents manouches, une voix caressante, des frissons dans le dos, comme tu as pu en avoir lors de certains concerts de Dani Klein!
Quelle claque!
Et il faut la voir esquisser ses pas de danse, tu te souviens qu'un jour Vincent Liben avait confié que lors d'un de ses shows, sa compagne se faisait draguer par une petite starlette française, ce n'est pas surprenant!
Détail, tiens-tu à savoir que son doudou se nomme Bagheera, non, bon,  voici ' L'étrangère', toujours en mode escapism!
Existe-t-il le pays dont je rêve?
'Tonino' a été utilisé pour un épisode de la série  Unité 42 , le titre, mouvementé et catchy,   permet la mise en évidence des talents de Santo Scinta.
Ils enchaînent sur ' Faux semblants' qui   est suivi par le premier morceau que "j'ai composé et qui n'a pas abouti à la poubelle", la valse ' Cendres'.
Euh, Vincent, que pasa?
Je rêvais, on reprend!
Place à un des  moments les plus forts du set,  la confession pudique, 'L'accident',  une auto-psychanalyse lucide, magnifiquement mise  en musique.
Le concert s'achève par ' La rythme', une plage  aux saveurs latino imparables.
Cinquante minutes se sont écoulées, c'était  court, bien trop court!

Heureusement,  avant de nous laisser  à nouveau humer l'air pollué et humide de notre capitale, avilie par les travaux absurdes imposés par l'équipe Mayeur/Smet, Lisza et son compagnon ont la bonne idée de réapparaître pour nous offrir un élégant duo guitare/voix qui mettra un terme définitif à ce voyage au pays de la saudade.

Prochaine date, le 7 mars à La Louvière.










 










mardi 19 décembre 2017

EP Backyard Giants par Backyard Giants

 EP Backyard Giants par Backyard Giants

Tu connais Susan Warren?
Orange is the new black?
Non!
Susan Warren is Deputy Bureau Chief for The Wall Street Journal in Dallas!
Ça nous fait une belle jambe,  mais encore!
Elle écrit, notamment un essai philosophique sur les citrouilles: 'Backyard Giants: The Passionate, Heartbreaking, and Glorious Quest to Grow the Biggest Pumpkin Ever'.
Figure-toi que du côté de Maaseik, il existe un groupe s'étant baptisé Backyard Giants!
Dans le Limbourg, on nous dit qu'en 2014 ils avaient pondu un EP,  le mois dernier, un petit frère a vu le jour: le EP Backyard Giants comporte six plages!
Zont des noms ces  cucurbita pepos?
Tom Corstjens - vocals, guitar
Ralf Demandt - guitar, bass, baritone, backings
Nico Camps - drums, metalophone, korg/spdsx, backings


Tracks-

1 Truth or Dare 03:41
2 Early Birds and Sleepyheads 04:26
3 My Last Summer 04:32
4 Everything Is Real 05:08
5 Robin 05:26
6 Razors and Mirrors 01:37

Sur un rythme allègre ' Truth or Dare' t'invite à une galopade dans les plaines  du Michigan ou de l'Iowa.
De l'americana/country folk aérien dans la lignée des Fleet Foxes, Bowerbirds ou Iron and Wine.
Ton canasson, heureux de humer un air pur, a adopté une allure véloce, comme lui, tu apprécies le ciel bleu et t'as décidé d'oublier tes petits tracas...I don't care what you're doing to me... je me sens libre... dans la tête, si tu veux, Diego! 
La ballade ' Early Birds and Sleepyheads' a été mise en image et  évoque la qualité des enregistrements de Justin Hayward des Moody Blues.
Pour grands romantiques et rêveurs!
Une pointe de mélancolie exacerbée ( compte - t-il mettre fin à ses jours en s'enfonçant dans le cours d'eau?)  se dégage de 'My last summer,' malgré un  fond musical estival  qui renvoie aussi bien vers Mumford ansd Sons que vers les Beatles.
Toujours en mode folk rock,  'Everything Is Real' nous rappelle que dans les seventies, déjà, certains groupes locaux, comme Pendulum ( de Serge Demol) pouvaient faire aussi bien que les créateurs de 'A horse with no name'.
'Robin' :  un rouge-gorge ténébreux ?
Le cousin de Robin Hood?
Un désespéré?
Un ivrogne repenti?
Va t'en savoir, en tout cas il paraît inconsolable!
L'extended -play s'achève avec le concis 'Razors and Mirrors' , un chant de marin interprété a capella.


Il n'est pas trop tard pour acheter un cadeau de Noël, pense à  Backyard Giants!

samedi 16 décembre 2017

Last Train - Fitz Roy à la Rotonde du Botanique- Bruxelles, le 15 décembre 2017

Last Train - Fitz Roy à la Rotonde du Botanique- Bruxelles, le 15 décembre 2017

En mai dernier lors des Nuits, Last Train se voyait obliger d'annuler son concert en dernière minute, sept mois plus tard, les revoilà dans la même salle après une tournée en Inde et un passage remarqué dans leur fief alsacien.

Pour assurer l'avant-programme des rockeurs de Mulhouse , Intersection Booking a choisi Fitz Roy!
D'accord, balance tes âneries...  non, pas de schleus à l'horizon, ni de Robert Crumb, ni  d'outlaw écossais, le patronyme fait peut-être référence à un rocher en Patagonie, au comte d'Euston ou à un cours d'eau malouin, d'autres sources avancent qu'il s'agit du cochon d'Inde d'un des protagonistes.
On a questionné P Smet, il a répondu: tous des putes, de bas étage.
Ce mec va s'attirer des ennuis!
Il y  a deux ans, quatre oisifs décident de monter un groupe rock, un vrai, sans synthé, loop station, et autres gadgets frelatés servant à dissimuler le manque d'aptitudes musicales,  François Chandelle (guitare -chant), Edouard Chandelle (guitare- secondes voix), Dawid Nowak (basse) et Hadrien Pierson (batterie) deviennent Fitz Roy.
Ils travaillent d'arrache-pied dans leur grotte, finissent par monter sur scène, au Zik Zak, comme par hasard, sortent un premier single' Animal' et passent ce soir au Bota.
Ces braves gens ont pas mal de potes, turbulents, ils mettront de l'ambiance dans l'hémicycle.
'Intro', la basse grasse lance, les guitares grincent, le ton monte, François a éteint la chandelle et entame le chant du titre 'Back off'.
Même dans le noir, tu as cru entendre le timbre rauque de Chris Cornell, musicalement aussi Soundgarden et les autres grands du grunge ressurgissent, c'est sûr, les gamins ont des lettres et de l'énergie à revendre.
Tu dis, Ronald?
Tu n'as pas l'impression que le rose est leur teinte préférée, tu penses au ministre de la mobilité?
'Animal' et 'Way out' succèdent aux premières salves, le scénario n'a pas changé, des guitares viciées, un jeu de batterie consistant et une basse ravagée, le son est compact, monolithique, un peu comme la rocaille de la cordillère de Patagonie.
Tu parlais de grunge, chemises de bûcheron à l'étalage?
Tu fais bien de le remarquer, affirmatif!
Fitz Roy est content que vous soyez là, voici ' Peep'.
Quel show, la machine tourne à plein régime.
Tiens voilà 'Tina', comme Irma, elle est douce!
Douceur est un concept élastique!
Toujours consacré au sexe faible, voici 'Laureen'.
Humphrey s'énerve... jaloux, va!
Ils enchaînent sur 'In a bag' démarrant en mode downtempo pour finir avec le rageur ' New shit'.
Courte décélération, ils ont humé un radar, pour repartir de plus belle lorsque les képis s'évaporent.
Un set musclé, apprécié par la clientèle du zoo!

Last Train.
Deux EP's, un album, ' Weathering', chroniqué en son temps sur nos pages.
Tu les avais croisés au feu DNA, paix à son âme et à celles d'autres café-concerts bruxellois en voie de disparition, en 2014, donc bien avant une renommée médiatique, engendrant jalousie et propos désobligeants ( pour t'amuser et t'instruire, va lire l'article d'un certain Bester sur Gonzaï, un intellectuel de gauche, une espèce en voie de disparition, à la plume ayant trempé dans le même encrier vitriolé que celle du bon Serge Coosemans, une star underground dont la mauvaise foi, légendaire, attise les commentaires haineux sur les réseaux sociaux).
Nous devons être très cons ou très vieux ( pas incompatible)  car nous aimons leur rock'n'roll puisant ses sources dans le bon vieux blues/hard/classic rock comme on en pondait, sans rougir, dans les sixties/seventies.
Donc, oui, nous sommes fans des Stones, Ten Years After, Steppenwolf, Free, Small Faces, Blind Faith... et de leurs successeurs, Black Rebel , Black Keys, Brian Jonestown ou The Vines!
Après une intro nocturne de Chopin, les gamins rappliquent et d'emblée te balancent une salve explosive amorçant ' Weathering'.
La mer est houleuse ce soir, des vagues impétueuses et agressives viennent mouiller la grève, sur scène, le blondinet  Jean-Noël Scherrer (chant et guitare), Julien Peultier (guitare), Tim Gerard (basse) et Antoine Bashung (batterie) se démènent comme de beaux diables, ils doivent suer dans leur queue-de-pie, blouson de cuir ou survêtement à capuche.
Nous sommes Last Train, lâche Jacques Lantier avant d'attaquer ' Cold fever',  du Britpop rageur décoré de ooh ooh ooh's enjôleurs.
Du danger de se poster au premier rang, un coup de gratte dans les gencives, c'est douloureux!
Sale ket!
A d'autres, hein, 'Dropped by the doves', c'est toi qui  nous a balancé ce coup, salope!
Ils poursuivent avec la ballade , 'House on the moon', quittent leur attirail hivernal, qui atterrit derrière les amplis, et lancent  'Jane', une plage  étendue, étalant plusieurs climats: langueur, broderie fine puis explosion volcanique à la Humble Pie,  riffs déchirants,  distorsion, effets larsen et quelques lueurs Oasis... tout y passe, même un petit tour dans la fosse et sur les gradins.
Bruxelles vibre, Bester fulmine... c'est du bidon... Souchon confirme, la foule parle de les lyncher!
Le plus ancien ' One side road'  précède 'Golden songs' à l'amorce Lou Reed.
Jean-Noël s'éclipse, les copains jamment avec mise en évidence du jeu râblé d'Antoine, sous les acclamations du public, Blondin réapparaît, cibiche au coin des lèvres, pour chanter ' Time'   à la manière des grands  slows du Zep avant de pousser un hurlement bouleversant et  de se retrouver à genoux devant Marie et Madeleine, ravies de pouvoir le toucher.
Les guitares dialoguent pour ouvrir ' Leaving you now', un tambourin est secoué, ça s'énerve subitement, à tes côtés, un hexagonal tremble comme l'arbre du même nom, sur scène ils viennent d'envoyer la dernière bombe, 'Fire', toutes guitares dehors, ça crépite de partout, Jeanne brûle, Brian Jones et Keith Richards s'avancent au bord de l'abîme, Bruxelles retient son souffle, le final sera monstrueux,.
C'est fini, les cheminots se tirent en laissant leurs guitares geindre.
C'est bon signe, ils reviendront.
 Un technicien de surface se charge des derniers réglages, le train rock'n'roll est remonté sur les rails pour débuter la séquence rappels par 'Way out' suivi par un  'Never seen the light' lumineux et sauvage.
Après un épisode remerciements divers, le quartet livre son dernier titre, le bluesy 'Fragile'.

Du brio, des  tripes, de la sueur, du rock'n'roll, quoi, le peuple ne veut rien de plus....Bester, on t'aime, si les Français te jettent, viens vivre en Flandre!