Romy Lwiz aux Ptits Bouchons, Lanvollon, le 29 mars 2025
michel
19:00, c'est l'heure de l'apéro, la foule se presse dans l'établissement de Lanvollon, où tu te dois d'être vu, Les Ptits Bouchons, un cave bar dans lequel tu ne dégusteras pas de quenelles de brochet ou des tripes, mais où l'amateur de vin, de bière et de spiritueux n'a que l'embarras du choix.
C'est là qu'un duo folk des environs, Romy Lwiz , s'est installé entre les étagères, sur lesquelles sommeillent quelques grands crus sympathiques, pour divertir une clientèle relativement attentive.
Romy Lwiz: car Romain Daniel ( a k a Romy McDaniels ) et Louisa Le Mézec!
La seconde joue du violon et chante, le premier manie une acoustique et chante.
Le projet est né il y a un an, à leur répertoire, des compositions et des reprises ( pas forcément éculées) en anglais et en français.
Après l'inévitable et inexhaustible exercice des balances , c'est à 19h25, que le duo entame la première partie du gig en optant pour ' Joefy Spokes' du groupe irlandais Four Men and a Dog.
Romain au chant et à la guitare est bientôt rejoint par la voix fluette et le violon de Louisa, qui se charge des harmonies.
Le duo, complémentaire, fait honneur à cette verte ballade irlandaise.
Ils louvoient vers le français pour la suivante, une de leurs compositions, ' Dans la villa' .
Une nouvelle fois, la voix assurée du garçon est contrebalancée par le timbre effarouché de la fille.
La guitare est bien sèche et le violon voltige, quant au texte, s'il présente un caractère réaliste, on n'ira pas le comparer aux chansons d'Edith Piaf ou d'Aristide Bruant, le propos est contemporain.
Les rôles sont inversés sur ' J'traîne des pieds' d'Olivia Ruiz, Louisa d'un timbre alizé ( e) se charge des lead vocals, Romain la soutient aux choeurs.
En 1985, Joe Strummer sonne le glas, les Clash, c'est fini.
Il aide son pote Mick Jones sur un des albums de Big Audio Dynamite, tâte du cinéma, enregistre sous l'étiquette Joe Strummer & the Astro Physicians ( les physiciens étant membres des Pogues), sort quelques albums solo, pour ensuite entamer l'aventure Joe Strummer and the Mescaleros!
Romy Lwiz a la bonne idée de reprendre 'Johnny Appleseed' datant de cette époque.
Joe, t'as entendu de là haut, c'était sympa, non?
Retour au matériau personnel avec 'Alerte aux Rhinos' , un folk dadaïste, chanté avec des intonations Jean-Patrick Capdvielle, avant de proposer un titre d' un des plus grands chantres de la Bretagne: Michel Tonnerre .
Le refrain, pas trop bouchonné, est repris par la chorale paroissiale et, après un tonnerre d'applaudissements, le duo enchaîne sur ' Où va le monde' du groupe La Femme .
Le violon en pizzicato et de jolis arpèges de guitare décorent cette question existentielle, elle est suivie par un dernier titre, à la vision écologique, avant la pause: 'Monde nouveau' des extraordinaires Feu! Chatterton.
Le public réceptif et actif bat des mains jusqu'au terme de la rengaine.
Le set 2 connaît un démarrage agité avec ' Not' de Big Thief, un morceau sonnant comme du Del Amitri, avec un violon aussi brillant que celui de Scarlet Rivera sur le 'Hurricane' de Bob Dylan.
Romy Lwiz a le bon goût d'opter pour des reprises inattendues, le mélancolique morceau 'La complainte du soleil' de Laura Cahen, par exemple!
Louisa chante cette complainte avec toute son âme et ravit l'assistance.
Ils enchaînent sur une pièce à la dramaturgie glaciale, 'Sur le lac gelé' , une de leurs compositions, brassant poésie blanche et folk incandescent.
Ensuite, c'est en solitaire que Romain propose le monument, 'The partisan' que Leonard Cohen a adapté d'après ' La complainte du partisan' , signée Anna Marly/ Emmanuel d'Astier de La Vigerie.
Un titre qui t'a toujours refilé des frissons!
Un tendre dialogue vocal vient illustrer ' Chanteur', du groupe SuperBravo, un duo pop à l'écriture subtile et fleurie.
Tout petit dans ses cahiers d'école, Romain griffonnait des poèmes, ' Ana et Liza' est devenu une chanson, dédiée à une jeune dame brésilienne, connue en Palestine, désormais médecin sans frontières.
Onomatopées, chant d'oiseau et un couplet en portugais, c'est du travail d'orfèvre!
Le bluesy ' Dernière cigarette' sent bon l'Ouest américain et, à la rigueur, l'univers de Francis Cabrel .
Ce road trip bilingue a déterré des images de 'Easy Rider' enfouies dans ton cortex amorphe.
Lors d' un final échevelé, les fougueux broncos ont désarçonné, en moins de quatre secondes, les intrépides cowboys essayant de les dompter.
Voilà, c'était la dernière Marlboro et la dernière chanson.
A d'autres, les enfants, on ne quitte pas nos chaises sans l'obligatoire rappel.
OK, voici ' Angel of Montgomery' de John Prine.
En rentrant chez toi, t'as retrouvé le 33 tours que le gars de l'Illinois avait enregistré en 1971, tu l'as posé sur la platine en te disant qu'en 2020, le monde a perdu un immense singer-songwriter.
Patron, une dernière, on peut?
Yes!
Encore une perle, la country waltz, ' Glasgow (No Place Like Home)' de Jessie Buckley, que tu trouves sur le soundtrack de 'Wild Rose' ( tout comme ' Angel of Montgomery' d'ailleurs ).
Romy Lwiz, à peine un an d'existence, affirme déjà une étonnante maturité, trois titres sont à découvrir sur YouTube.
Pas de concert annoncé dans l'immédiat, mais tu peux te tenir au courant en consultant leur page facebook!