lundi 24 mars 2025

Eternal EP - The WAEVE

  Eternal EP - The WAEVE

michel

 Transgressive Records Ltd.

 art pop 

The WAEVE - Bizarre, ce band name.... The Wave,   ça d'accord   il existe aussi des Weavers ( The Tannahill Weavers, des tisserands écossais ayant lu  Robert Tannahill), mais pourquoi Graham Coxon et Rose Elinor Dougall ont-ils opté pour cette orthographe bizarre?

Si les demoiselles de Rochefort étaient nées sous le signe des Gémeaux, Rose Elinor et Graham sont Poissons.

Un poisson s'ébat dans l'eau, sur la côte anglaise, il y a des vagues, comme un obscur The Cure Tribute a choisi, pour se défouler sur scène, l'appellation The Wave, le duo  a  ajouté en E au mouvement marin et ça donne The WAEVE (  note des protagonistes:  it's the  old English spelling of WAVE)

Graham Coxon, le copain de Damon Albarn, avec lequel il forme une des pièces maîtresses du mouvement Britpop, le fameux Blur, avait déjà fait quelques infidélités au combo qui a pondu le génial 'Song 2'. En 2017, il rejoint le supercovergroupe  The Jaded Hearts Club.

C'est  en 2021 qu'il forme The WAEVE   avec sa compagne Rose Elinor Dougall, une ex- Pipettes , qui,  en 2018,  après avoir quitté  les robes à pois, débute une carrière solo.

Leur romance et leur goût commun pour le British folk ( Sandy Denny, John Martyn ) ou l' art rock ( Peter Hammill, King Crimson) les poussent à enregistrer et à tourner ensemble.

Deux albums studio ( The Waeve et City Lights)  et un Live  paraissent et, en ce mois de mars 2025, un EP ( ' Eternal') voit le jour.

Tracks:

   1. Love Is All Pain
2. It's The Hope That Kills You
3. Eternal 

Credits;

 Graham Coxon -  vocals, saxophone, guitar, cittern

 Rose Elinor Dougall -  vocals, piano, synthesizer

Sur scène le duo est soutenu par  Charlotte Glasson active, e a,  au sein des Brighton Beach Boys  (saxophone, violin), Thomas White de  Electric Soft Parade (drums) et  Joe Chilton ,cité chez  Younghusband  (bass).

 L’EP est produit par James Ford (Fontaines D.C., Arctic Monkeys, The Last Dinner Party, Blur)

 

La photo de pochette, légèrement floutée,   montre le couple  sur fond noir, Rose Elinor semble pensive, tandis que Graham, n'ayant pas vu l'oiseau sortir, a le regard fixé vers un objectif absent.

' Love is all pain' était sorti en single le 14 février, comme anti-Valentine message,  tant pis pour  Raymond Peynet et ses amoureux naïfs!

... Oh! Love is all pain,  thought I'd escaped it, but I need it again. It's hard, it's hard, it's harder than hell I know you feel it, babe, I know you can tell....

C'est sûr on est loin de 'Love is in the air'  de  John Paul Young!

Des secousses de synthé aux teintes de clavecin métallique, amorcent le morceau, basse et percussions maintiennent un tempo soutenu, avant d'entendre la voix blanche  de  Rose Elinor s'associer à l'instrumentation qui prend un caractère indus.

Insensiblement, le rythme passe à un niveau plus véloce, le chant bataille avec un drumming bouillonnant, à l'arrière des pointes de saxophone viennent déchirer le  propos.

Quand Miss Dougall prend une pause, la batterie et le saxophone ( qui évoque le jeu de David Bowie lorsqu' il s'amuse avec cet instrument, écoute son intervention sur ' To know him is to love him' dans la version de Steeleye Span) ) s'évadent, la composition prend un caractère hypnotique pour terminer sur un virage en épingle et l'apparition surprise  d'un piano romanesque,  qui succède à une envolée de synthé céleste.

An amazing track! 

' It’s The Hope That Kills You' débute sur des sonorités de guitare métallique broyant tout sur son passage, les ouvriers ont intérêt à protéger leurs oreilles, un drumming étouffé  et méthodique vient rejoindre l'aciérie, puis la voix, caverneuse de Graham Coxon surgit, le morceau prend des allures Fad Gadget, avant d'entendre la voix habitée de Rose Elinor relayer celle de son compagnon.

On retrouve dans ce morceau tous les ingrédients du romantisme à l'anglaise ( gloomy, donc) , celui des soeurs Brontë, de Keats ou de Lord Byron....

Passion, effroi, amour, se frôlent et pour souligner le tout, un concerto de cordes gémissantes vient achever ce lament shakespearien.  

'Eternal' , aux arrangements somptueux,  achève l'exercice.

Tu retrouves toute la finesse baroque,  exaltée, de groupes, oh so British, tels que The Divine Comedy,  The High Llamas  ou Tindersticks dans l'approche du duo. 

C'est en crooner sombre que  Graham Coxon   entame 'Eternal', sa compagne le rejoint  pour chanter en harmonies plus légères, avant de laisser la place aux cordes subtiles, aux percussions en réverbérations et  aux doléances  de saxophone.

 La plage, sinueuse,   prend un caractère marin, fait d'oscillations tantôt  ascendantes, tantôt descendantes,  les voix s'éteignent et l'orchestration gonfle jusqu' à obtenir un impact imposant et se diriger vers l'outro au son d'un saxophone mourant.

Grandiose!

 

The Waeve: une alchimie parfaite,   faite de maîtrise musicale et de complicité, autant  artistique  que dans la relation amoureuse!

Sylvie Vartan et Carlos, c'était  2 mn 35 de bonheur, Eternal, ce sont près de 15 minutes de plaisir intense!