dimanche 6 décembre 2020

Album - GODSNAKE - Poison Thorn

 Album - GODSNAKE - Poison Thorn

 

Label-  Massacre Records

 

Par NoPo

 

 Formé en 2012 aux alentours de Hambourg, le panzer (surprise) trash laboure la campagne allemande pour creuser son trou, sans y rester enterré.
Le poids lourd (Kammthaar?) passe la frontière du studio en 2014 avec l'EP 'Hellbound ride' puis 'Poison Thorn' cette année.
 Ça fleure bon la choucroute à la sauce Metallica pur jus, avec une voix s'approchant même de celle, épicée, de James Hetfield, saupoudrée au grain de Jeff Scott Soto et une pointe d'Anders Friden (In Flames) - (malgré le mélange, pas de risque d'Ultra vomit!).
Bizarre autant qu'étrange, 'Godsnake' rappelle un titre de Jason Newsted, ancien membre de ... Metallica.
Rien n'interdit non plus de citer d'autres groupes comme Death Angel ou Trivium.

La troupe :
Torger – Vocals
Stevo – Guitars
Malt – Guitars
Walt – Bass
Sidney – Drums
production Lasse Lammert (Alestorm, Gloryhammer...) 

01. Urge To Kill
02. Poison Thorn
03. Sound Of The Broken
04. We Disagree
05. Stone The Crow
06. Darkness
07. You Gotta Pay
08. Blood Brotherhood
09. Hellbound Ride
10. This Is The End

Esthétiquement très travaillé et réussi, l'artwork de Björn Gooßes s'inspire de la série dark 'The invisible Empire' du photographe finlandais Juha Arvid Helminen.
Dès le 1er coup d'œil, on se sent happé dans un autre monde. Le buste cravaté du personnage, déifié par une couronne d'épines fluorescente, inquiète par son costume de momie.
La couleur verte de la tresse et de la coulure d'un sang alien interpelle. Le nom du groupe, en gris blanc, laisse apparaître, plein centre, le 'S' en forme de serpent et des épines dans les lettres en une calligraphie qu'on pourrait qualifier de chorégraphie tellement ça danse!

'Urge to kill' ouvre les hostilités, double pédale dehors, et guitares-baïonnette au canon pour un carnage. Les riffs éclatent de partout sur une rythmique lourde! La basse vrombissante amortit les coups comme elle peut.
La voix motivée de Torger prend des intonations et du grain (à moudre) de James H. Le refrain nous attrape un sourire en coin ' Rhââ lovely' (qui se confirme tout au long du disque).

'Poison thorns' commence par un échange batterie guitare au dessus du filet... de la grosse maille et du tranchant pour du gros poisson! Comme au morceau précédent, le refrain accroche.
Un pont métalliquesque frappe en série à l' estomac.

'Sound of the broken' se tourne plus vers le heavy metal avec une trame posée sur une chape mélodique solide qui brille au chorus.
Un passage groovy, dédicacé au headbang, ouvre le chemin à un superbe solo débuté par une guitare bientôt doublée. Si c'est ça le son des brisés, on va danser sur les morceaux!

'We disagree' nous mène en bateau-tank, on n'est pas d'accord avec le titre, nein, nein 'We agree'. Le claquement de caisse claire invite les guitares, graves comme le vin.
Les couplets attestent le tanin, âpre mais pas trop... pendant que le refrain se veut gouleyant ... mais pas trop.

'Stone the crow' figurait sur le 1er EP. Une guitare s'enfuit, en zigzag, pour éviter les explosions, bientôt poursuivie par un char d'assaut. La mitraille défouraille les entrailles.
La batterie joue au rebond avec la basse et appelle quelques growls discrets, le chant du corbeau?
Signature des soldats, le refrain allège la sauce et séduit les papilles auditives. La danse, en toile d'araignée, des twins guitars fait mouche. Sacrée secousse!

A peine surpris par une lueur fugace dans la nuit, nos yeux et nos oreilles s'adaptent facilement au crépusculaire 'Darkness', une promenade heavy metal bien rythmée et convaincante.

Par ses accords graves et groovy, 'You gotta pay' flirte avec le cas métallique. Trop? Peut-être... mais la tension paye comme la mort aux trousses.

Des guitares en scies circulaires découpent l'intro de 'Blood brotherhood' Bien que sanglant et respectueux des canons, le morceau, convenu, se digère plus difficilement.

L'EP de 2014 contenait 'Hellbound Ride' et le titre suivant. Loin de paraître moche, le voyage aux frontières de l'enfer invite au mosh, avec le plaisir maso de collisions inopinées!
Ça  déboule, sans limitation de vitesse, dans un impact viril (mais correct, on ne sifflera pas penalty).

'This is the end' se place bizarrement en fin d'album. La voix growlée annonce la couleur sombre du couplet, le refrain se situant à l'opposé dans des teintes claires avec envolées de grattes.
Sur un beau débordement, l'arbitre siffle la fin d'un match vigoureux.

Une main de fer dans un gant de velours tient le cap et le manche des guitares, reines.
Nul doute que les musiciens écoutent beaucoup 'Hardwired… to Self-Destruct' mais, sans atteindre un k o métallique, la bataille fait rage à tout instant, captivant notre attention.
Il faudra suivre la brigade de près car elle semble avoir une belle marge de progression.