jeudi 15 décembre 2016

Lisa LeBlanc - Rosie Valland à la Rotonde du Botanique - Bruxelles, le 14 décembre 2016

Lisa LeBlanc - Rosie Valland à la Rotonde du Botanique - Bruxelles, le 14 décembre 2016

Une soirée Grand Nord aux accents du Québec, annonçait le Bota.
Comme le thermomètre indiquait 11°c,  on a laissé le traineau à la cave et les huskies chez Tante Jeanne, qui les loge dans sa ferme à Gastuche, pour se taper Bruxelles en trottinette.

Le nom de  Rosie Valland se retrouve dans les magazines musicaux en 2012, elle atteint la finale du Festival international de la chanson de Granby, un événement créé en 1969.
Depuis elle a pas mal tourné au Canada et a sorti l'album ' Partir Avant' en 2015 et, tout récemment; l'EP ' Nord-Est'.
Pour sa première tournée européenne elle est flanquée de Jean-Philippe Levac: batterie, percussions et de  Frédéric Levac au synthé, Rosie chante ( fort bien) et manie la guitare ( fort bien).
Au Canada les artistes ne chantent pas des chansons mais des pièces, la première se nomme 'Noyer', J P pointe au chômage, Frédéric et Rosie entrent en action.
Une voix douce, parfois écorchée, débite un texte pas crétin traitant d'une rupture, l'impression de  souffrance est accentuée par le fond americana/folk captivant.
Excellente entrée en matière.
La suite sera à l'avenant.
Le batteur est mis à contribution, à trois ils embarquent pour ' l'Isle' , on les suit. Ce morceau s'adresse autant à ton cerveau qu'à tes tripes, les riffs de guitare font mouche, les frères Levac assurent un background solide.
Quand on  a fini le tour du lopin, la gentille Rosie, propose de  ' Partir avant', un midtempo mélancolique.
La Rotonde applaudit, une voix s'élève...c'était magnifique..., Rosie rosit et sourit avant d'attaquer le brillant ' Concession' , tu te surprends à seriner le refrain ..l'hiver sera long, comme si il n'y avait jamais eu d'été... beau comme du Jean-Louis Murat!
La suivante, 'Sinon', est une nouvelle pièce, même si pour vous toutes ces chansons sont nouvelles.
Après cette  ballade concise jouée solo, le trio embraye sur le lumineux  ' St-Denis' avant d'achever le set par ' Olympe' , dédié à la première féministe française, Olympe de Gouges.
Après 25 secondes, le claviériste se rend compte qu'il a foiré, pas de problème, on la refait en souriant.
Un grand morceau, encore un, et un concert prisé!
Rosie Valland, une belle découverte! 

 Registre différent avec Lisa LeBlanc, cette nana est du genre rigolote à qui on ne la fait pas, inapprivoisable, elle jacasse, déballe des anecdotes truculentes, heureusement qu'elle est sur scène, sinon elle te flanquerait de grandes claques dans le dos, viderait ton whisky coca pendant que t'as le dos tourné ou ferait un pied de nez à ta copine qu'elle trouve infatuée.
Mais faut pas se fier aux apparences, son mix furieux de folk/country/psychobilly/punk /cajun, s'il décoiffe un max, est également fichtrement bien torché.
Elle déboule accompagnée par un trio de barbus, J P ( Jean-Philippe) Hébert aux guitares/ Maxime Gosselin à la batterie et Benoît Morier à la basse.
Après un Bonsoir Brousse L, comme on dit chez nous, l'équipe attaque le blues ( Self-proclaimed) 'Voodoo Woman' qui soudain vire punk rock furieux.
Toute la Rotonde est secouée par cette approche énergique et ce n'est qu'un début, le combat continue avec le déjanté ' Chanson d'une rouspéteuse' passant Johnny Cash à la moulinette.
Les chevaux se sont emballés, la nana râle.... je crois que je vais mourir... mais non, voilà ton canasson Lisa.
T'es malade, ' J' pas un cowboy'!
Après deux titres où elle maniait l'acoustique, elle décide de revenir à l'électricité, pendant le temps mort, Bébert nous balance un impromptu jazzy pas niais, elle en profite pour présenter les Daltons, ils sont beaux, s'habillent tous chez le cousin de Yves Saint-Laurent, ils sont disponibles pour divertir vos invités lors de vos cérémonies maritales ou enterrements, ils sont pas chers!
Assez ri, voici, ' City slickers and country boys' et ses twangy guitars.
Du mouvement sur scène, JP, t'es prêt, on prend la pose!
'Could you  wait ’til I’ve had my coffee?' avant de me plaquer et par la même occasion, refile -moi les 100 dollars que tu me dois, loser!
Après s'être fait larguer par ce connard elle ramasse un banjo et annonce ' Cerveau ramolli' , un titre profond .
 Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé est purement fortuite!
Toujours au banjo, toujours extrait de l'album de 2013, intitulé ' Lisa LeBlanc', ' Du duvet dans les poches' , un titre qui précède le traditionnel ' Katie Cruel' qu'elle a appris à connaître dans la version de la sublime Karen Dalton.
Dans la ferronnerie de son bled, elle a déniché un triangle, un ti fer par chez nous, il va servir pour interpréter ' Ti gars' , une triste histoire d'un gars qui est parti pour toujours!
La délurée vient tabasser les cymbales de Maxime, lui fait un clin d'oeil et reprend son chant.
Cinq minutes de stand-up comedy où il est question de choux de Bruxelles, de Rogersville (Nouveau-Brunswick) , d'un village de 51 habitants, moins un, puisqu'il parcourt le monde, du trou de cul du monde, de recettes au fromage , puis elle enfile ses bottes de sept-lieues et nous  joue 'Lignes d'Hydro' qui n'a rien à voir avec un célèbre encyclopédiste.
' 5748km' c'est la distance qui me sépare de mon bien-aimé, elle  joue ce folk à la Arlo Guthrie solo, à l'acoustique.
La suivante est dédiée aux indécis, ' I love you, I don't love you, I don't know', un petit country rock nerveux!
Du bluegrass/punk, ça existe?
Yes, "Gold Diggin' Hoedown"!
Ne vous gênez pas pour nous envoyer vos soutiens-gorge ou autres pièces de lingerie, mesdames, messieurs, on a ouvert un musée, au New-Brunswick.
' You look like trouble' (But I guess I do too) démarre mollo avant un signal du batteur qui voit la troupe entamer une folle cavalcade.
Des fous dangereux au Canada!
Grosse ambiance au Botanique et ce n'est pas une version destroy de 'Ace of Spades' qui risque de calmer la foule.
On arrive à l'ultime tour du circuit voici 'Race Track', comme le moteur n'était pas  chaud lorsque le drapeau à damier s'est levé, on démarre en douce, après quelques kilomètres on appuie sur le champignon et les cylindres hurlent, le tour d'honneur se fera au ralenti.
 Kisses, Brousse L!

Bis.
Trois barbes plus une invitée derrière un micro, Lisa au banjo, Bruxelles, le refrain est pour vous, il s'agit d'une chanson d'amour, ' Aujourd'hui ma vie c'est de la marde'  .
Cette  franche rigolade est suivie par un intermède unplugged, Lisa, au violon, et ses potes, nous rejoignent dans la fosse pour une suite comprenant  un traditionnel cajun et une composition mi-cajun/mi-acadienne de la plume de  la madame.
J'ai le goût ce soir, j'ai envie de vous faire un troisième bis avec la guitare que Denis vient de m'offrir, voici ' Kraft dinner' un truc dégueulasse qu'on bouffe par chez nous et, enfin avant de vous retrouver au merch., une reprise de Lee Hazlewood, ' By the way'.
Elle peut faire le clown, Lisa, mais elle sait chanter.


Une chouette soirée au Bota!