lundi 26 juillet 2021

Gallows Pole @ Studiocanal 10, Hautrage, le 23 juillet 2021

 Gallows Pole @ Studiocanal 10, Hautrage, le 23 juillet 2021

 

 Mitch ZoSo Duterck

 

GALLOWS POLE : 2021.07.23 – Canal 10 – Hautrage (BEL)
Set 1 :
01.Rock And Roll.
02.Immigrant Song.
03.Ramble On.
04.Heartbreaker.
05.Misty Mountain Hop.
06.Custard Pie.
07.All My Love.
08.Since I’ve Been Loving You.
09.Nobody’s Fault But Mine.
10.Hom Many More Times (incl. The Hunter)
Set 2 :
01.Black Dog.
02.Good Times Bad Times.
03.Thank You.
04.Gallows Pole.
05.Stairway To Heaven.
06.Trampled Underfoot.
07.Dazed And Confused.
08.Whole Lotta Love.
09.Kashmir.
10.Rock And Roll.
Coucou! Mais vous êtes tous là ma parole? Et en bonne santé en plus! Quel bonheur ! Comme aurait dit Pascal Sevran : « Aah Tintin, on est bien ! » et il aurait eu raison. Qu’est ce que c’est bon de vous revoir après une année de folie « Covidlective » au cours de laquelle chaque jour qui se levait pouvait-être le dernier de notre existence, cachés derrière nos masques, guettant le moindre signe annonciateur de fièvre, craignant à chaque instant le verdict qui nous enverrait instantanément vers des territoires d’où on a peu de chances de revenir. Et pour couronner le tout, alors que nous sommes enfin autorisés à socialiser à nouveau de manière rationnelle, raisonnable et raisonnée, voilà que Mère Nature pique un coup de colère et libère sur de pauvres victimes innocentes son flot de recommandations que les Etats-Unis, l’Inde et la Chine en tête, n’ont jamais voulu respecter. Le protocole de Kyoto, ils se sont abondamment torché le derrière avec ! Et qui est-ce qui paie pour tous ces cons industrieux autant qu’égoïstes? Ben c’est nous, tiens. Et que penser des compagnies d’Assurance, ces voleuses assermentées qui ergotent déjà sur le remboursement ou pas des véhicules endommagés, grevant encore plus le cœur explosé des milliers de sinistrés victimes de l’incompétence et du nombrilisme coupable de nos gouvernements et institutions respectifs qui se retranchent comme toujours derrière le ping-pong des sempiternels « c’est pas moi, c’est lui », sorte de jeu des sept familles auquel ils excellent.
Mais ce soir, pendant un peu plus de trois heures, en ce compris, un break un petit peu longuet, on va tout mettre de côté, on va tout oublier et s’abandonner, se laisser transporter et succomber encore une fois, de notre plein gré qui plus est, au charme ensorcelant de la musique du grand dirigeable, représenté de la plus belle manière qui soit par Gallows Pole, son ambassadeur plénipotentiaire « es ars » comme on dit en latin. Du moins, on l’espère tous, car un an sans jouer, un an sans répéter tous ensemble, ca peut laisser des traces…
Lumières Tamisées (n’essayez pas avec un autre fleuve, ça ne marche pas), et le public, pareil aux braises incandescentes d’un BBQ d’été, se groupe face à l’huis et finit par entrer à petits pas. On se masse, se ramasse, se tasse, se sous-tasse et s’entasse timidement face à la scène, laissant une distance de sécurité imaginaire entre l’endroit sacré et leurs pauvres personnes qui frissonnent, comme si elles allaient commettre un péché capital. On sent encore une certaine hésitation bien naturelle chez tous ceux qui ont été privés de ce qu’ils aimaient tellement. Certains jettent des regards inquisiteurs à la cantonade, l’air de dire : « c’est vrai, on peut vraiment, ce n’est pas une blague? Mais allez-y seulement, pénétrez, envahissez, occupez, chantez, dansez, manifestez votre contentement que Diable!
Encore un tout petit instant de patience. Juste le temps pour moi de saisir un micro, jouissive sensation, et de vous faire un topo sibyllin sur ce mois de novembre de l’année 1971 qui allait accoucher d’un des plus grands albums rock de tous les temps : le 4ème album de Led Zeppelin. Merci pour vos applaudissements et vos commentaires, ça fait du bien de savoir que mon livre trône en bonne place dans votre bibliothèque musicale, ou même pour certaines, face à elles en bonne position, sur la table de nuit. Il y a encore un peu de place pour moi? Des fois que…
Comme prévu, il faudra un petit tour de chauffe de deux titres avant que le vaisseau spatial dégrippe ses rouages multiples et complexes et dès « Ramble On » on commence déjà à y voir plus clair, la lourde machinerie s’élève lentement vers la voûte céleste qui nous sert de toit… et moi. C’est Heartbreaker qui va finalement permettre au Zeppelin de libérer toute la puissance. Le vaisseau des étoiles rugit enfin dans la salle. « All My Love » repris en chœur et a capella par le public confirme ce qu’on espérait secrètement, Gallows Pole n’a rien perdu de sa superbe, ça fonctionne toujours, et donc ? Ben on est séduits une fois de plus tiens! Selon moi, « Custard Pie » et « Since I’ve Been Loving You » seront les deux fleurons de ce premier set.
Une pause pain-saucisse avec sauce Andalouse arrosé d’un bon petit noir d’Atlanta et on y retourne. Un second set sans failles, ou presque puisque la perfection n’existe pas paraît-il. La claque magistrale vient du monstrueux, du titanesque « Dazed And Confused » qui a tout balayé sur son passage. La maîtrise de l’archet de violon entre les mains de Franco est parfaite, tout comme le sera l’utilisation sans failles du thérémine dans la partie centrale de « Whole Lotta Love ». C’est tout bonnement magique, bluffant, incroyable, et j’en passe des superlatifs. « Kashmir » assoira définitivement le retour sur le devant de la scène de notre band Hennuyer préféré avec, en bonus, « Rock And Roll » qui  prouvera une fois encore que John Bonham a un héritier, il s’appelle Vincent. N’oublions pas de féliciter Thierry, Manu, Jack et Mario car Gallows Pole c’est aussi et surtout un groupe, un vrai. Merci pour ces moments de bonheur inoubliables.
Franco Cravotta, Thierry Le Bon, Mario Maffeo, Jack Gallows, Vincent Sànvénicotra Philippe Delwiche
Mitch « ZoSo » Duterck