dimanche 20 mars 2016

Acoustic Lady Land au Lighéa Café - Pleumeur-Gautier ( 22) , le 19 mars 2016

Acoustic Lady Land au Lighéa Café - Pleumeur-Gautier ( 22) , le 19 mars 2016

Fais gaffe si tu te rends au Lighéa Café, ne te laisse pas entraîner à picoler comme un trou, tu n'as plus 20 ans!
C'est gentil de nous le rappeler, bonne nuit.
Le troquet de Pleumeur- Gautier, qui niche face à l'église Saint-Pierre, tu ne verras pas sa fameuse chaire baroque, l'édifice est fermé jusqu'en juin 2016, organise un concert chaque samedi. En ce frileux jour de mars, synonyme de commémoration de fin de la guerre d'Algérie, il accueille Acoustic Lady Land!
Charlotte Le Calvez ( guitare, voix), Hélène Thauvin ( lead vocals) et Éva Montfort ( contrebasse, choeurs) ont des lettres: choisir comme nom de baptême Acoustic Lady Land représente un joli clin d'oeil à Jimi Hendrix.
Le trio ne s'est pas tapé des centaines de kilomètres pour aboutir sur la presqu'île sauvage, Lanleff, Plouha ou Plestin-les-Grèves sont des communes quasi voisines.
Univers?
Folk, accent mis sur les harmonies vocales, donc prière de ne pas confondre avec le jazzy combo londonien.
Trace discographique?
L'album 'Human Highway', constitué  uniquement de reprises, même topo ce soir, aucune compo personnelle.

20:35', direction le comptoir où tu retrouves ton copain Yves face à son 15è Ricard, ses voisins hilares ne paraissent pas plus sobres, tout va bien, quoi!
Les demoiselles achèvent leur repas et attendent l'arrivée des chalands, t'as déjà pigé que les chances de voir le show débuter à l'heure prévue ( 21h) sont minimes.
21:30', tous en piste, pour ne pas effrayer la clientèle, elles décident de proposer un titre largement rebattu, 'These boots are made for walking'.
Les harmonies sont au point, les nanas sourient, jouent juste, les piliers de comptoir apprécient et le font entendre.
Au suivant, 'The Wanderer', pas celui de Dion, la joyeuse rengaine de Jil is Lucky utilisée par Kenzo.
Plus consistant et jazzy, 'Fever' de Peggy Lee, suivi par le superbe ' Jimmy' signé Moriarty.
En principe moins folk, 'Hey Ya' de Outkast à la sauce Acoustic Lady Land devient une charmante ritournelle à entonner autour du feu de camp.
Les copains du petit Yves ont réalisé qu'il fallait se livrer à quelques exercices physiques pour éliminer les effets des 14 bières ambrées, 8 pastis, 3 pur malt et 7 blondes qu'ils viennent de s'enfiler, ils ont entamé un ballet sauvage non repris dans le panel des danses de salon, les donzelles, sur le podium, ont toutes les peines du monde à rester concentrées.
C'est la seconde fois qu'on interprète 'Beggin' ' sur une scène.
Chouette version de cet immortel des Four Seasons, que les jeunes dames ont probablement appris à connaître via  Madcon.
La regrettée Amy Winehouse est ressuscitée grâce à 'You know I'm no good' puis elles conviennent de replonger dans les glorieuses sixties pour reprendre ' Richard Cory', que Simon et Garfunkel avaient inclus sur 'The Sound of Silence'.
Changement de style radical, sur la bande-son de 'Flashdance', 'She's a maniac'.
Un équilibriste local après avoir ingurgité tous les shots proposés à la carte (Get 27/vodka/jus de tomate, Get 27/rhum blanc/grenadine, Baileys/ tequila/cécémel, Bourbon/Ricard/Picon ), tu fais comme lui, t'es mort, mais les Bretons sont pires qu'Obélix, entame des exercices de gymnastique post-natale en figure libre tout en ayant piqué le galurin de Yves Titif, affalé sur une chaise.
Folklore pas mort dans le Trégor.
'The letter' des Box Tops, 'Ice cream Man' de Tom Waits,  qu'elles qualifient de blues, et le country 'Creepin in' de Norah Jones et Dolly Parton, pendant lequel les filles sont secondées par le petit Yves ayant repéré une guitare pour se la jouer Elvis Presley en playback, achèvent  un premier set bien enlevé.

Pause boissons.

20' plus tard, mêmes acteurs, même scénario sauf pour Yves, victime d'une légère slaptitude, ce coup de mou lui fait entrevoir un lit douillet alors que sa dernière anisette l'attend au bar.
Neil Young, chers Pleumeuriens ( la gent féminine est réduite à deux unités), ça vous va?
'Human Highway' et son côté Appalaches séduit, il précède le chef-d'oeuvre d'Alela Diane, ' The Rifle'.
Pour les as du sifflement, ' Dock of the bay' d'Otis Redding, Charlotte se collant aux stridulations.
Et quand Eva pince ses cordes, une grande partie de l'assemblée a reconnu l'intro de 'Stand by me' de Ben E King.
Non, Hélène, Ray Davies n'a pas écrit 'Sunny Afternoon' dans les années 70 mais en 1966 et 'Daydream' de Lovin' Spoonful date de la même époque.
Tous en voiture, direction le 21è siècle, Selah Sue, 'Crazy Vibes' et sa touche ragga.
Changement de moyen de locomotion, ' Fly away' et puis on embarque sur le steamboat descendant le Mississippi, 'Proud May'.
Bordel, les meufs t'apprennent que Gillette a utilisé 'Venus' de Shocking Blue pour une pub, choqué tu es et encore plus quand  tu entends la Lopez reprendre le rôle de Mariska.
La chorale des enfants de choeur de Pleumeur entonne le refrain en hurlant, elle a réussi a désarçonné  le trio qui se tape un fou rire destructeur.
Temps mort, histoire de se concentrer, o k, c'est bon, 'Stealers Wheel ' Stuck in the middle with you'.
Et pour terminer en force un medley rock,  'Blue Suede Shoes'/ ' Johnny B Good' featuring Hervé aux vocals.
Jean-Paul, un singe en hiver, se roule à nos pieds, un copain avise de l'enfourcher, le rodéo dégénère, sauvez vos consommations, ici, c'est carnaval 12 mois sur 12!

Pour éviter l'émeute Eva, Charlotte et la belle Hélène ne quittent pas les planches pour nous balancer un double bis, le Tom Waits de tout à l'heure et  puis, en pensant à  Luc, grand amateur de line dancing, ' Creepin' In'.

Rideau pour toi.
Aux dernières nouvelles, à l'aube, les clients vidaient les dernières bouteilles alcoolisées!