mardi 1 décembre 2015

Orkesta Mendoza et La Negra Albina à l'Ancienne Belgique ( Club), Bruxelles, le 30 novembre 2015

 Orkesta Mendoza et La Negra Albina à l'Ancienne Belgique ( Club), Bruxelles, le 30 novembre 2015

Tandis que dans la grande salle, Trixie Whitley jouait à guichets fermés, le club accueillait deux adeptes du speed mambo/ fiesta rumba devant un parterre plus restreint: La Negra Albina et Orkesta Mendoza!

  La Negra Albina
Un band cosmopolite sévissant dans les rues et les caf'conc' bruxellois depuis 2014.
Le guitariste/chanteur  Lisandro Rodriguez est argentin, la pétulante Paula Léon ( base, chant et sourires ravageurs) est espagnole, le petit et fantastique guitariste Diego Higueras est originaire de Lima, Felipe Domene, cajon, hi-hat, cowbell, shakers, vocaux, vient du Chili et le zigoto de la bande, le géant Aristide d'Agostino ( trompette), possède une CI indiquant né à Evreux.
Ils ont emmené pas mal de leurs potes, ceux-ci n'étant pas du style  introvertis taciturnes, l'ambiance festive était au rendez-vous et la cerveza a coulé à grands flots!
En ouverture, ils choisissent d'interpréter  'Los ejes de mi carreta'  dont Ray Barreto a fait une fiévreuse version aux saveurs salsa.
Lisandro entame la mélodie façon romance du Sud avant de la voir  virer cumbia ensoleillée.
Vu que dehors un vilain crachin s'est installé depuis la veille, cette chaleur vivifiante est la bienvenue!
L'Argentine et l'Espagne alternent le chant, c'est Paula, déchaussée et coiffée d'un seyant borsalino, qui fredonne ' El Pescador' avant de céder le relais à Señor Rodriguez pour une 'Chacarera' chatoyante, derrière toi quelques Señoritas tournoient de façon élégante.
La composition suivante signée Paula Léon se nomme justement 'Señorita'.
Un des grands moments du set aura été ' La Calle de la Luz', signé  Lisandro Rodriguez, la trompette langoureuse, le chant mélancolique et l'accompagnement sobre ont touché plus d'une âme sentimentale.
Une cumbia marine pour suivre, 'En la Mar', et enfin un dernier highlight, une formidable version de 'Comandante Che Guevara Hasta Siempre', truffée d'interventions saignantes du petit Péruvien, Carlos Santana devait rôder dans les parages.




Exotisme, savoir-faire, entrain, joie de vivre, une épatante entrée en matière! 


  Orkesta Mendoza from Tucson, Arizona
L'ex-  Sergio Mendoza Y La Orkesta est un big band monté par Sergio Mendoza, claviériste chez Calexico et membre de Devotchka ou du  Mexican Institute of Sound.
Il s'est entouré d'une fameuse équipe, en commençant par le vétéran mexicain Salvador Duran, établi lui aussi à Tucson depuis une décennie, ce grisonnant barbu, ressemblant comme deux gouttes d'eau à  Don Alejandro de la Vega, le paternel de Zorro, chante, s'agite sur une stomping box, lui servant également de rehausseur pose-pieds pour atteindre le micro, et joue au joli coeur.
Ce mec peut se targuer d'avoir enregistrer aux côtés de Bob Dylan, Calexico ou Willie Nelson, pas des cancres!
A la lapsteel et guitare, le discret mais fort utile Joe Novelli -  à la basse, un second grisonnant, Sean Rogers - aux drums, un petit nouveau, sans doute Andrew Collberg qui accompagne parfois Marianne Dissard et enfin une immense section de cuivres, au sax, à la clarinette et aux keys, Marco Rosano et deux trompettes, le Madrilène Raúl Marques et un novice se débrouillant fort honorablement.
Pendant 90', le Club va succomber aux charmes contagieux du mambo, de la cumbia, du Tex Mex, de la ranchera, du mariachi,  mis au goût du jour et offrant une sérieuse pointe de rock'n'roll à certains moments.
Départ en fanfare avec 'Caramelos', un son gros comme la baroque cathédrale métropolitaine Notre-Dame-l'Assomption de Mexico.
Cet ouragan balaye tout sur son passage.
La cavalerie, pas légère, continue sur le même rythme effréné, la cavalcade suivante a pour nom 'Mario tambien come', ça remue sur scène, ça gambille dans la fosse!
Mambo time, annonce Sergio,voici 'Ojos Negros', pas sûr que les Russes reconnaissent les Yeux Noirs, on est loin de la version de Django également!
Pour rester dans les mêmes ambiances, l'octet nous envoie ' Mambo de Kesan' un instrumental kermesse mexicaine délirant, que Salvador, en vieux cabot, termine en aboyant!
Place au morceau de bravoure du set, une longue et irrésistible  version de 'La Rienda'.
Olé, olé, la trompette de Raúl, baladeuse, se mêle au public, d'abord du côté du bar, puis vers le vestiaire, la clarinette répond, 'Nino Perdido' divertit et déroute, puis les saltimbanques décident de nous la jouer en mode slow motion avec le collant 'Amada Amante', un classique de la musica romantica et un tube pour le chanteur de charme Roberto Carlos.
La clarinette en mode Sidney Bechet fait fondre les coeurs des donzelles, la voix du macho aux cheveux gris les achève.
Sergio troque son acoustique contre un charango, Olivier ( ?) rejoint la troupe au violon, l'orchestre nous  invite pour une flânerie dans 'Los calles de Tucson'.
L'as du mambo a pour nom Perez Prado, voici son sulfureux ' Mambo Lupita', je te défie de ne pas remuer le cul pendant  cette invitation à la danse.
Tu dis Sergio?
Bailar!
Si, si ...
Grosse agitation sur la piste!

Puis, surprise, une étonnante cover de 'Tusk' de Fleetwood Mac, démarrage americana, un signal en espagnol.. un, dos, tres, virage cumbia  imminent et  folie totale!
Lapsteel en évidence pendant le pâteux 'La Cacharita', puis le chef propose à Raúl de pousser la chansonnette, c'est parti pour 'Perro Loco' un chicano rock, proche de Los Lobos.
Dans la salle un Chilien ayant abusé du pisco nous gratifie d'une leçon de géographie sud-américaine avant le dernier méfait inscrit sur la playlist, le cinématographique 'Mambo Mexicano', capable de ressusciter Lazare et ses voisins du graveyard.

Oltra, oltra... s'époumone la colonie hispanique, Tucson rapplique, nous balance une complainte qui va raviver les pleurs de Magdalena pour finir sur la farandole 'Traicionera'.
Il est 22:30, la fiesta est terminée!