War Raok’n Roll - Paddang- La Grande Ourse - Saint-Agathon, le 29 mai 2026
michel
Après Paris ( Dewey) on prend la direction d'Angers et comme Fragile est fluet on passe dans la salle, tiens mon Parker, Pascal, à toi de jouer.
Retour dans la plaine pour Paddang, de petits poussins toulousains, nourris au cassoulet et abreuvés à l'armagnac sans huile de palme.
En 2019, la cigogne passe près de la Garonne et dépose trois jolis chérubins près d'une église rose , Thomas Boquel , Guirec Petton, déniché à Brest, Rémi Fournier ont grandi et décident de monter un band, mais un boysband, non un groupe de rock.
Faut un nom, Zebda?, déjà pris, Big Flo, Oli et Nounours, trop niais, Punish Yourself, trop maso.
Padang, la capitale de Sumatra, pas con, on ajoute un D et ça fait l'affaire.
Très vite Paddang devient incontournable dans le Sud-Ouest, des concerts à la pelle, notamment aux côtés d'allumés belges It, It Anita et deux albums: Chasing Ghosts, ( qui n'a pas eu le succès de ghostbusters, mais s'est vendu à48 789 exemplaires) et Lost in Lizardland, un pays où ils sont tombés sur King Gizzard and the Lizard Wizard.
Paddang est catalogué heavy psychedelic fuzz garage, pas le style de mélange qui plaît aux fans de Gims.
T'as pas avisé de setlist, on recense à l'aveugle.
Après une amorce orageuse et des riffs pervers, Thomas ( le guitariste) se colle au chant, la basse de Guirec et le travail musclé de Rémi aux drums nous plongent immédiatement dans un bain late sixties/ seventies , époque bénie où sévissaient des bands tels que Count Five, The Seeds ou The 13th Floor Elevators.
Ce 'Pressure' fait donc forte impression, la wah wah vocifère , la voix, frelatée ( avec un passage in French) , met la pression ( une Distoufer s v p) et comme ces braves gens aiment se foutre du monde, sans rien annoncer, ils plaquent un second titre à la plage inaugurale, l'obsédant, groovy et orientalisant 'Draconite'.
Si ton truc c'est Altin Gün, Lalalar, Satellites ou autres psych band anatoliens, tu vas adorer.
Pendant plus de dix minutes, sur fond ramassé, la guitare te place stries et zébrures mordantes avant une pause pour annoncer 'Predator' , du heavy viscéral qui s'attaque aussi bien à ton cerveau qu'à ton côlon.
Prends déjà rendez-vous chez ton médecin pour une coloscopie.
'Lizardland' c'est Jurassic Park version toulousaine, une basse funky; un rythme saccadé et des harmonies vocales dignes des Beau Brummels.
T'avais depuis une éternité envie de citer le nom de Ted Nugent, tu le places ici, sans être certain que ce soit à bon escient.
Revenons à nos brebis, qui a dit galeuses: sont pas contents, trop de gens sont agglutinés près des buvettes et ne prêtent pas trop attention à la musique.
' Moros journey' est entamé sous forme de rondo démentiel, Saint-Agathon bat des mains, .... I’m looking for signs before I lose my mind... hurle Thomas.
Pas de miracle, la Vierge n'est pas descendue sur la plaine, le mec est bon pour un séjour chez Nurse Ratched.
'The Astral Flood', tu t'en doutes, baigne dans des climats atmosphériques, derrière toi Lucien plane, trois voix entament une berceuse cosmique, la guitare place des riffs millimétrés, le fantôme de Syd Barrett erre dans les champs, la décharge finale a tiré le brave Lucien de son état de torpeur.
Il en reste une, dit la guitare.
woh o woh o woh . le ravagé ' The Cave' nous tombe dessus hargneusement, un mouvement apaisé ne servait qu'à nous tromper, car très vite on repasse dans le rouge, on va tous y rester dans cette grotte, ça cavale comme dans les meilleurs morceaux de Iron Butterfly.
Après la dernière, t'as la seconde dernière, c'est connu, du coup, le trio nous assène '3.0' , un titre échevelé et scandé qui a vu tes voisins partir en headbanging furieux.
C'est fini, vraiment fini, oui, game over!
Tu dis, Edith... paddang, paddang, paddang , ce groupe m'obsède jour et nuit!
Pan dans le mille!