lundi 25 mai 2026

Flora Fishbach - Art Rock Festival - Scène B, Saint-Brieuc, le 22 mai 2026

 Flora Fishbach - Art Rock Festival - Scène B, Saint-Brieuc, le 22 mai 2026

michel

 Elle l'annonce sur Instagram - A fusion between German expressionism and 80s video synthesizers for the great and obscure Flora Fishbach.

D'accord, ce soir c'est donc du  Friedrich Wilhelm Murnau, du Erich Heckel ou du Mary Wigman.

Il y avait de quoi être décontenancé par le nouveau projet de Fishbach, désormais Flora Fishbach, une artiste croisée deux fois au Brussels Summer Festival.

La première fois en solitaire maniant une loopstation,  lors de la seconde rencontre, elle était  entourée de musiciens.

A l'époque l'influence des corbeaux  d' Edgar Allan Poe était patente, avec le nouvel album "Val Synth" , elle  négocie un virage en épingle, dorénavant son credo c'est la synth / dance pop,  à la fois  futuriste  et retro ( oui , oui,  alles ist möglich...).

Retro, car Italo disco,  Pet Shop Boys, Propaganda ou Visage.

Ce soir, pas de musiciens , pas d'instruments, pas  de loopstation, mais trois danseurs, comédiens, backing vocalistes stylés.

Et la musique?

Pré-enregistrée,   instruments joués et programmés par Flora Fishbach, Michael Declerck  et  Gary Agletiner. 

Aucune place pour l'improvisation, il n'y aura pas de fausses notes, tout est calibré,  discipliné, net et propre.

Et l'émotion?

Question suivante!

Les bandes libèrent un synth pop /new wave track aux senteurs New Order, sur lequel  se colle la voix grave et hantée de Flora, ' On me dit tu' de 2017,  revisité en 2026, impressionne toujours.

Le jeu de lumières et la chorégraphie BCBG accentuent le côté glacé du rendu.

Une fois passée la stupéfaction  engendrée par l'absence de musicos, tu adhères au plan, OK, ce n'est pas un concert mais un ballet avant- gardiste ( bête terme, Béjart ,  déjà, était considéré comme  futuriste).

Une voix off ( celle de Jean Reno) amorce la suivante ' Comme Jean Reno'.

Esthétisme exacerbé  et techno lyrique, un brin de I feel love, c'est ingénieux.

Il y a du Daho dans la suivante, un twist synthétique (  'Mon copain'?)  .

Les tableaux vivants se succèdent, deux des ballerines tendent un écran en cercle sur le podium, Flora interprète la suivante en ombre chinoise , cette espagnolade synthétique concise ( 'Meryl Streep libre') étonne.

C'est à Mylène Farmer que tu penses à l'écoute de 'Rends-moi ma vie'  construit sur des nappes brumeuses  et des beats torrentueux.

Puis t'as vu le  mime Marceau  sur scène, 'Invisible désintégration de l'univers' et ses woop woop woop, aurait pu se retrouver au soundtrack de  'Star Wars', le monde cinématographique a toujours fait partie de l'univers de l'Ardennaise qui enchaîne sur un titre opératique voyant un des danseurs transformé en derviche tourneur.

La voix rauque fait merveille sur  'Un autre que moi'  , un titre de 2017, qui la voit muée  en félin mystérieux.

Initialement sans les danseurs, elle propose le majestueux ' Mortel'  bâti sur des beats lancinants, le morceau   monte en puissance pour venir asticoter tes neurones.

Vachement toxique.

Quand Flora Fishbach joue à Queen versus Boney M, cela donne 'La Machiavela', de la synth pop  aussi burlesque  que tordue.

On approche du terminus, ' Des bêtises' achève le set en mode Madonna goes techno/new wave. 

Puis elle se ravise et propose un nouveau   titre   qui, pour l'instant, n'existe qu'en version solo, un dernier disco techno purulent et virevoltant qui clôture un show singulier et  baroque.