Gildaa au Festival Art Rock, Scène B, Saint-Brieuc, le 22 mai 2026
michel
Direction la scène B, en jouant à l'anguille.
Gildaa vient de démarrer son set.
Le Monde à l'issue du concert: La chanteuse Gildaa brille avec ses strass et sa kora au Festival Art Rock, à Saint-Brieuc
Un avis qui n'est pas partagé par tous.
On a vu un show décousu , légèrement confus, d'une madame au look improbable, mi - Björk, mi drag-queen peinturlurée , portant robe de chambre colorée et bigoudis.
La pub disait: Poétesse satirique, Gildaa habite dans l’œil de celui qui la regarde, quelque part entre la France et le Brésil. Elle chante bilingue, pense à l’envers et trimbale les mots entre absurde et mystique. À la croisée de la chanson, du latin jazz et du RnB, Gildaa façonne un univers totalement libre et singulier, qui ne ressemble qu’à elle seule.
Elle vient de publier l'album 'Gildaa' , considéré comme inventif , selon un auditeur bienveillant.
Difficile de relater son numéro en l'absence de setlist et de repères.
Camille Constantin Da Silva, alias Gildaa, manie une loop station, et un instrument à lamelles, à sa gauche on a noté un transat, sur lequel repose un kora malien.
Elle explique: C'est l'histoire d'une petite fille entre la France et le Brésil qui revient, puis en portugais elle fredonne le titre 'Mainha' , le chant est perçant ( avec ç) , elle vocalise, la surprise se lit sur le visage de Josiane qui sirote une mousse.
Elle passe au français avec 'L'équilibre' où elle mentionne son mal au ventre sur fond techno ethnique.
Elle avise un brave gars dans l'assemblée, oui, toi, j'adore ton bob, comment tu t'appelles?
C'était pas Geldof, celui qui déteste les lundis, son prénom sonne Jean- Luc, mais il n'est pas insoumis.
Revenons à nos ovins, c'est ' Utopiste' qui déboule, suivi par 'Perséphone'.
De loin en mâchonnant un sandwich , tu l'entends narrer la triste vie de Perséphone, vendue par son père.
La voix joue à l'élastique, passant des notes aiguës au souffle court, si ton truc c'est l'ésotérique, l'excentrique, le différent, tu vas accrocher, si t'es du style mainstream, tu connaîtras une digestion compliquée..
Elle entame un début d'effeuillage et montre un genou. avant d'attaquer in English, 'Like a child', du trip hop jazzy aux accents indigènes.
Va écouter sur bandcamp, c'est bien foutu, mais ici, une partie du public, décontenancée, a complètement décroché pour prendre la direction des buvettes.
Elle passe à un lament mélodieux en portugais, 'Alma Gemea', et entreprend la suite de son déshabillage, là voilà en short et chemisier blancs.
Pendant 'Pensées diluviennes' , elle gueule soudain, elle est où ma bière?
Fabienne glisse à son compagnon: elle est givrée, la nana.
Un clown triste, sans doute, mais il faut reconnaître que ses chansons tiennent la route, le rendu lui est instable.
Adieu les bigoudis, aïe, le chemisier va y passer, un soutien-gorge bleu se laisse voir, l'exhibitionniste se ravise, et amorce ' Pas assez' un dancetrack de 2024.
Saint-Brieuc est entré dans le jeu et se trémousse, puis changement de cap, elle s'allonge dans le transat, saisit le kora et entame une délicate mélopée, onctueusement chuchotée, baptisée 'A vous'.
Le public l'accompagne en vocalises pour finalement applaudir une prestation étonnante.
Clown ou diva, on joue à pile ou face!