mercredi 28 février 2024

Album - Térez Montcalm - Step Out

 Album - Térez Montcalm - Step Out

 Spectra Music – Side Street Music – L’Autre Distribution

michel 

Térez  ( Thérèse ) Montcalm naît au Québec, l'année où Gilles Vigneault fredonne ' Pendant que' .

A 7 ans, elle décide de devenir chanteuse, son frangin lui enseigne l'art de la guitare, elle en profite pour tâter de la contrebasse.

Le garçon est fan de Jimi Hendrix, papa et maman préfèrent le jazz et Elvis.

Elle se lance  dans la chanson au début des eighties, elle  a l'honneur d'ouvrir pour Robert Charlebois, Patrick Bruel ou les Cowboy Junkies, tourne avec la compagnie Carbone 14, se produit aux Beaux Esprits de Montréal, et  enregistre un premier disque en 1994 ( Risque), contenant des compos personnelles et des adaptations.

La chose se classe en treizième position dans les charts du Québec.

 On lui refile  le prix Québec-Wallonie-Bruxelles, sa carrière est lancée. Les enregistrements se succèdent, sur lesquels  elle chante tantôt en français, tantôt en anglais.

L'album ' Connection' de 2009 perce en France, ce qui incite les promoteurs à la faire traverser les mers pour tourner dans l'hexagone.

2015, parution du neuvième CD, ' Quand on s'aime' , un album de  classiques du répertoire de la chanson,  chantés en français et habillés d'un costume Blue Note très swing.

Passage à vide?

Il faut attendre 2024 pour prêter l'oreille à un nouvel enregistrement, ' Step Out',  sur lequel elle a décidé de s'attaquer à la  soul de chez Motown en y ajoutant quelques titres originaux.

tracks:

  « Step out »
« She’s not there »
« J’attendrai »
« Holding on »
« Be my baby »
« Lady Day and John Coltraine »
« Seul sur mon étoile »
« Drive to New York City »
« Better lie »
« Trouble »
« This is the day »
« Lover Birds »
« T’en va pas comme ça »
« Sky »
« Reach Out I’ll be There »
« Be my baby (up tempo) »


Musiciens :

Terez Montcalm : chant, guitare

Jean-Marie Ecay : Guitare

Laurent Vernerey : basse, contrebasse

Nicolas Viccaro : batterie

+  Trombone : Philippe Georges

Arrangements: Régis Ceccarelli 

Pochette: un découpage   sous forme de kaléidoscope, montrant différents aspects de la chanteuse.

Le morceau qui donne son titre à l'album ' Step Out' est signé  Terez Montcalm/ Jo-Ann Demers.

Cette dernière a déjà collaboré avec Miss Montcalm sur 'Voodoo', les titres ' Growing Strong' ou  'Shattered', de même que ' Connection' et ' Private Lies' ou ' Nothing left to say' , de 2009, ont été composés par la paire, que certains n'hésitent pas à mettre dans le même sac que Lennon/McCartney ou Jagger/Richards.

Avec ' Step out' la Québecoise a décidé d'affronter la lumière, de quitter sa zone de confort, ce premier titre groove comme les meilleurs Isaac Hayes, tu y ajoutes la sensualité de Marvin Gaye. Pourtant le timbre de Thérèse n'a rien de velouté, elle ne croone pas, sa voix rauque, éraillée , crevassée même, très semblable au poil à gratter, te va droit au coeur, qu'elle chante ou s'adonne au parlando.

Introduction basse/batterie, puis une brèche wah wah à la guitare, c'est comme si l'équipe nous refaisait le thème de 'Shaft',  les na na na... purulents, en backings, attendent l'arrivée de la chanteuse et là, t'es cuit, tu vas écouter ce truc en boucle en pensant aux harsh vocals de Janis Joplin ou à Brittany Howard des Alabama Shakes.

Seul reproche, on entend comme un piano, sans qu'il en soit fait mention.  

 “She’s Not There” des Zombies prend une autre dimension chanté par Térez, on est à mille lieues du timbre soyeux de Colin Blunstone, mais on adhère à 100%.

Même quand elle lance ... she is soft and cool ... ce qui ne qualifie nullement sa tessiture vocale.

Un plus: le trombone de Philippe Georges! 

En 1966, Claude François reprend ' Reach out I'll be there'  que le trio Holland-Dozier-Holland avait composé pour les Four Tops.

D'autres s'y sont attaqués, Dalida, Sylvie Vartan, Gloria Gaynor, ou Diana Ross, Térez propose une relecture toute personnelle, groovy et sans orchestration salut les copains, mais avec une basse moite et des arrangements soignés ( cordes, choeurs, claviers) signés Régis Ceccarelli.

Et puis, il y a la voix, chaude et apaisante, une voix qui rassure, une voix qui vous enveloppe, qui remplace la couverture qui vous fait défaut, car elle est restée dans le sèche-linge,  à la blanchisserie.

... J'écoute un disque de toi,  ça fait 2'35 de bonheur ... chantait Sylvie, 'J'attendrai' c'est 3'39" de plénitude.

Le soul track mélancolique  'Holding on' a été composé avec Jean- Frédéric Messier. Ici, la voix se fait voluptueuse, avec des choeurs lascifs et, en prime, le trombone chaleureux de Philippe Georges pour habiller tout ça.

'Be my baby', que Phil Spector a offert aux Ronettes, reçoit un traitement adulte, bien plus mûr que la rengaine doo wop, innocente,   chantée par Ronnie Bennett, Estelle Bennett et Nedra Talley.

Fingersnaps, contrebasse jazzy, piano sobre, voix langoureuse et sifflement racoleur, te la retiens pour ouvrir le bal, si jamais tu te remaries un jour. 

Changement de rythme avec le uptempo bluesy '  Lady Day and John Coltrane' du grand Gil Scott -Heron ( décédé en 2011).

Un hommage fabuleux  à deux légendes du jazz, Billie Holiday et John Coltrane. 

Shuffle time with a great trombone solo.

Evite  le shooting up dans les veines, Billie et John en ont abusé, ça ne leur a pas fait que du bien.

En 1966, Gilbert Bécaud enregistre ' Seul sur son étoile', Vikki Carr fera un carton aux States avec l'adaptation ' It must be him'.

La Canadienne s'en tient au texte français , à son imaginaire poétique, magnifiquement mis en valeur par cette voix, aux fêlures caractéristiques. 

' Drive to New York City', un nouveau morceau signé Térez Montcalm /Jean Frédéric Messier, remue sérieusement .

Pas besoin de guide touristique, tu suis la fille, ses musiciens et ses choristes.. Central Park, Manhattan, Harlem, Brooklyn... avec un peu de bol, Robert De Niro te servira de chauffeur.  

Sabiha Vaotiana Andrianarahinjaka est créditée, aux côtés de Térez, comme compositrice de la ballade soul / night jazz aux lumières tamisées,  ' Better Lie'.

Si tu cherches des problèmes t'es bien tombé, t'es au bon endroit... s'attaquer au ' Trouble' de Leiber/ Stoller, popularisé par Elvis, c'est osé.

Madame n'a peur de rien et propose une  adaptation, aussi hargneuse que canaille, du rock irascible. 

L'association  Térez Montcalm /Jean Frédéric Messier signe ' This is the day', une nouvelle plage jazz/soul, moirée, sur laquelle la basse de Laurent Vernerey (il lui faut 36 cartes de visite pour dénombrer les gens avec lesquels il a joué: MC Solaar, Alain Chamfort, Johnny Hallyday, Jane Birkin, Nougaro, Henri Salvador, Jean-Louis Aubert, Teri Moïse, et même 2Be3...) joue un rôle primordial.

La guitare de  Jean-Marie Ecay ( Jean -Luc Ponty, Billy Cobham, Didier Lockwood, Nougaro, Dee Dee Bridgewater, Richard Galliano, etc...... ) n'est pas en reste et place un solo fluide à la tombée de la nuit. 

Si t'es fan de Bill Withers, de Donny Hathaway ou de  O.V. Wright, tu vas craquer.

' Lover Birds' , comme la précédente, porte la même griffe et groove généreusement en mode midtempo, alors que la voix prend des intonations sexy à la Betty Davis. 

On est cependant surpris du r accroché à LoveR birds, car les tourtereaux s'écrivent lovebirds.

A noter, la fulgurante sortie à la guitare par Jean-Marie Ecay après 2'30"".

Argh, Dionne Warwick:  'Walk on by', 'Do you know the way to San Jose, ' Anyone who had a heart' et, bien sûr, le tube imparable signé Burt Bacharach, 'Don't make me over'.

Pierre Delanoë se charge de la transposition en français, Nancy Holloway et les Surfs sont les premières à fructifier leur compte d'épargne   en chantant cette plage immortelle.

Le timbre râpeux de Térez Montcalm convient à la perfection  pour interpréter ce tube impérissable.

La dernière plage signée  Térez Montcalm /Jean Frédéric Messier a été baptisée ' Sky' , il s'agit du titre le plus sentimental du catalogue, il est chanté tout en retenue, Miss Montcalm a réussi à dompter sa voix et à insuffler comme une impression d'apesanteur bénéfique.

On avait eu la version française, voici le versant anglais, 'Reach out I'll be there' , aussi magique que la version des Four Tops.

Un seizième morceau conclut cet album rempli de bonnes vibrations, une version alternative de 'Be my baby', que tu siffloteras à l'unisson avec le sifflement présent sur l'album, laisse le soin à ta copine  de murmurer les ultimes wooh wooh wooh !

 

 

 

  

 

 

 

 

mardi 27 février 2024

Le Château Cosco au Chaland qui Passe , Binic, le 25 février 2024

 Le Château Cosco au Chaland qui Passe , Binic, le 25 février 2024

michel 

Le Château Cosco part sur les routes de Bretagne.

 En ce dimanche frileux  sa seigneurie occitane fait escale au Chaland qui Passe à Binic.

Trois châtelains, au style châtié, ont décidé de célébrer, en musique, une messe occulte en langues hétéroclites.

Lucas Peleterie, Martin Giraud  et  Louis Huck,  ont tous trois été biberonnés au jazz mais en grandissant se sont mis à goûter à des breuvages moins académiques, pour faire simple on qualifiera leur style musical  d'inqualifiable ( pas de sens péjoratif, donc abject n'est pas un synonyme).

Louis est guitariste, avec son frangin Charles, papa Daniel et maman Monique  ( ils ont tous du sang bleu dans la famille) il fait partie du combo HUCK,  il accompagne également la chanteuse Hannah et peaufine son projet personnel, Kidham.  

Martin s'amuse avec des baguettes, il est cité chez   BagHZ et  Hoox , il faisait partie de la distribution du 'Roi Lear' monté à Montpellier il y a quelques années.

Lucas, l'intellectuel de la bande, contrebassiste au gant blanc ( au singulier), emprunté à une souris copine de Walt Disney,  a joué avec Holy Hand Grenade, avec le Hugo Lippi Quartet, ou fer/vent,  lui aussi  a tâté du Shakespeare.

L'aventure Château Cosco ( un castel qu'on n'a pas réussi à dénicher à Montpellier)   a débuté au printemps 2023, à l'époque, comme il fallait une étiquette, ils ont opté pour  post-jazz & techno acoustique, ce qui n'est pas idiot et proche du rendu.

On leur connaît un EP 5 titres, à écouter sur Bandcamp.

17:15', tous dans la barque, pour voguer sur 'The River',que Louis entame par quelques accords James Calvin Wilsey à la guitare, on ne s'attendait pas à une amorce rockabilly.

La contrebasse et les drums décident d'emprunter une autre voie, nettement plus aventureuse.

Aux riffs répétitifs de Louis, Martin répond par un jeu athlétique, tandis que Lucas, ayant déniché un archet traînant près de son pédalier, nous envoie quelques stridences, plaintives, avant-garde. 

Une séquence tribale, accompagnée par une guitare à la Bill Frisell, nous conduisent au terme d'une première plage à la structure complexe,  toutefois bandante.

Comparaison?

C'est délicat: du côté post rock on avancera Tortoise, le Portico Quartet ( sans saxophone) peut aussi être évoqué. Les Bruxellois de Under The Reef Orchestra de Clément Nourry ( oublie le saxophone),   travaillent dans le même esprit , ce qui est sûr, c'est que pour écouter Le Château Cosco, tu laisses tes oeillères au vestiaire.

Lucas amorce ' Sortilège 3' ( ne cherche pas l'élément logique, c'est comme au tiercé le 1 ne gagne pas toujours), Martin tapote consciencieusement les cymbales, la guitare tricote en contrepoint.

Ils doivent aimer Terry Riley, car les motifs mélodiques se répètent à l'infini, avant une accélération subite, puis une cassure inattendue pour surprendre les danseuses.

C'est fini, questionne Hortense?

Non, ça reprend de plus belle jusqu'au terminus.

'Sortilège 2'  démarre en fuzz, un drumming dissonant s'aventure en territoire noise, puis vient la guitare aux sonorités presque reggae,.

Bob se prépare un joint aux herbes locales, pas de bol, nouveau  changement  de cap, Lucas frappe ses cordes avec l'archet, Martin se démène comme un bûcheron à l'esprit altéré par une absorption massive de cartagena, tandis que les riffs de Louis s'attaquent à nos neurones.

Hortense entre en  transe!

Tu voulais du jazz, voici ' My favorite things' , un standard qui reçoit un traitement peu catholique, même si l'amorce à la Avishai Cohen et le jeu de guitare lyrique laissaient augurer d'une vision respectueuse.

Au fur et à mesure, la plage  s'éloigne du schéma classique, même John Coltrane s'est dit étonné.

Cling, cling, cling, le barman, espiègle, ajoute un tintement de clochette à l'improvisation, ce n'était même pas incongru.

'Coscocore' est annoncé comme un morceau zouk!

OK, du post zouk, acid core, tech noise, alors !

Martine, la copine de Hortense,  lâche un wouah admiratif, car le truc remue méchant!

La Jungle ( des Belges) ,  c'est de la panade pour nourrissons empâtés  si tu veux comparer ( les prix).

'' Sortilège 4'  est amorcé par des vibrations telluriques et pourtant les volcans de la baie de Paimpol sont inactifs depuis 500 millions d'années.

Il paraît qu'à Montpellier plusieurs créatures ont été exécutées pour faits de sorcellerie.

Cette époque est révolue, heureusement pour notre trio infernal, ils auraient pu se retrouver sur le bûcher.

Leur maléfice numéro 4 a tout du rondo infernal qui rend fou.

Ils sont non seulement sorciers, mais aussi fumistes, la suivante a pour titre ' Azote liquide' qu'il dit, mais après t'avoir griffonné une setlist,  tu constates que le morceau s'intitule ' Bear's Princess' ou bien il a été oublié dans le stylo à billes

Martin jongle avec deux baguettes et deux maillets, ses copains baguenaudent sans se presser, on n'a vu ni princesse, ni ours, l'effet de l'azote sans doute, l'épandage d'azote est courant en Bretagne!

Bear's Princess, assez concis, se signale comme étant le morceau prog rock du set.

'Sortilège 1' doit servir à évacuer la colère qui stagne dans ton cerveau, il va catharsiser ton inconscient.

Plus besoin de consulter un psychanalyste, laisse- toi aller et danse sur un thème proche du ' Concerto d'Aranjuez' virant 'Spanish Caravan' à la sauce kraut, sur batterie martiale.

'Les poules' picorent gentiment,  mais dès l'apparition du renard, c'est la pagaille, un coup de tonnerre annonce le jugement dernier, le cataclysme cosmique met fin à un concert époustouflant,  donné par des garçons énergiques et ingénieux.


Quoi, tu veux un bis, Hortense?

D'accord, propose un titre!

' Grenouille'.

Allons-y pour une improvisation froggy noise funk, hallucinée  que l'on baptisera 'Sortilège jam à la binicaise'.

 

Un concert de Château Cosco vaut toutes les allocutions du président, t'es absolument  sûr de ne pas t'endormir au bout de dix minutes!

 

 


 


 

 

 




 

 



dimanche 25 février 2024

Roll and Stax Power au P'tit bar de Tréguidel,association du Contrevent, Tréguidel, le 24 février 2024.

 Roll and Stax Power au P'tit bar de Tréguidel,association du Contrevent, Tréguidel, le 24 février 2024.

 

michel

 Deux repas-concerts avec le groupe Tennessee, pour un Tribute Johnny Hallyday, sont programmés au restaurant La Ribotée à Tréguidel, le samedi 24 février 2024 à 19 h et le dimanche 25 février 2024 à 12 h.

Léger vent de panique au P'tit bar, situé à un petit kilomètre du restaurant ouvrier, y aura-t-il un peu de monde pour assister au gig de Roll and Stax Power?

Craintes injustifiées, le public a répondu présent.

A 20:30,  dans une salle ne souffrant pas d'une chaleur accablante, les musiciens avaient le sourire en observant les spectateurs massés ( merci Jeanne) dans l'annexe du bistrot.  

 Roll and Stax Power!

Un groupe n'ayant pas encore brûlé une première bougie, son concert initial s'étant déroulé en mai 2023.

 

Des novices, quoi!

Pas vraiment, ils ont tous de la bouteille.

Roll ( Roland Pignault)  roule sa bosse depuis  de nombreuses années  sur les scènes blues, country ou cajun,  du royaume, que ce soit en Navarre ou chez les Bretons. 

Quand il ne publie pas des BD's, il joue avec  Blues Bound, Les Hollers, Les Catfish, Nity, Jersey Gang, Les Bootleggers, Les Cows ou en duo avec son copain  Mathieu Pesqué.

Tu l'as croisé aux côtés de la petite Iku en 2018, tu l'avais un peu perdu de vue, mais ne va pas croire qu'il vivait de ses rentes, il  donne des cours de guitare, d'harmonica et de chant à l'école des Trois-Rivières. 

Tiens, Aude Le Moigne enseigne dans le même établissement, forcément quand le preux Roland, copain  de Charlemagne, décide de monter une nouvelle formation, il pense à celle qui a joué aux côtés de Patricia Kaas,  a fait partie de Hoa Queen ou de Raggalendo, quand elle ne sévit pas avec les Naposteurs.

Chant et harmonica: Roll/ guitare: Aude... il faut une rythmique!

Pas besoin d'aller chercher bien loin, on a ça dans le coin: Dorothée Pinsard ( Talkie Walkie, Raggalendo, Sylvain and the Surnatural Katastroff, le Blues Trégor Star Band...)  met sa basse et sa voix à leur disposition, et aux drums, on retrouve Lionel André, lui aussi membre du Fabulous BBB , une autre mouture du Blues Trégor Star Band, on ne compte pas te citer tous les combos pour lesquels il a tabassé des cymbales et des caisses, allez, un ou deux pour te faire plaisir:  Rockspot, Tennessee, Little Houd Band...

Oui, Roll a inclus Stax dans l'appellatif, tu ne dois donc pas t'attendre à de l'ambient  ou à du math rock, Stax est synonyme de rhythm and blues.

Après une longue intro nous emmenant du côté du Delta du Mississippi et la présentation des sabreurs, Roll se colle au micro et d'un timbre rocailleux entame 'Going down South', en mode Black Keys, car l'original, poussiéreux, on le doit à R L Burnside.

Les senteurs swamp, voire voodoo, et le tempo lancinant  rapprochent nos Bretons du Creedence, ce qui est loin d'être un défaut. 

T'as jamais pu résister à ' Mustang Sally' de Wilson Pickett.

Roll ne tient pas en place, il vient promener son harmonica dans la salle, Dorothée et Aude assurent les choeurs ,  Sally ne compte pas prendre de pause ...Ride, Sally, Ride ... , très vite le refrain est repris par l'assemblée.

C'est dans la poche!

Roll tient à nous rappeler que  'She Caught the Katy (And Left Me a Mule to Ride)' a été popularisé par les Blues Brothers, ce n'est pas une raison d'oublier la version de Taj Mahal.

Une mule, c'est pas si mal, Roll, et puis c'est écolo.

Ça se trémousse à tes côtés, on n'ajoutera pas virilement, car  les filles  sont presque aussi énergiques que Roll , un entertainer né!

A l'arrière, le trio assure avec brio et sourit à la dépense d'énergie monumentale de l'harmoniciste, qui n'a pas besoin de Comme j'aime pour éliminer la graisse superflue.

Je sue  comme un boeuf , faut ralentir le rythme, it's time for a slow blues: 'The Thrill is gone'.

Tu introduis, Lionel?

Bien, chef!

BB King pleure, le frisson a disparu, , on savourait tous le solo brillant d'Aude,  quand, soudain, bang, crac, boum ( pas hue) grosse  explosion , les enceintes émettent un vrombissement infernal.

Aude confuse clame: c'est pas moi, j'ai rien fait,...  du coup le thrill est revenu mais les tympans ont souffert

Un blanc, puis comme par magie tout revient à la normale et Roll peut ajouter I'm free from your spell.

C'était la malédiction, version Pignault.

'Personal Jesus', t'as le choix Depeche Mode ou Johnny Cash, finalement ce sera à la mode anti-Christ,  cachet Roll and Stax Power .

Le leader ramasse une acoustique pour attaquer le funk blues juteux  ' You got it' ( I need it) de Robert Finley qui met en évidence les talents de  castrato d'Aude.

Les Black Keys ont la cote, voici leur fameux  'Lonely Boy' avant la pause.

Une rousse plus tard, le quartet mixte reprend place, il a fallu aller cueillir une partie des  consommateurs  au bar  et les inviter à rejoindre la salle de concert. 

Une intro à la John Mayall pour entamer un ' Roll's boogie'  hystérique, dans lequel on a inséré des bribes de 'You never can tell'  et de 'New kid on the block ' .

Malgré un manque de répétitions et quelques imperfections mineures, le band se montre à la hauteur et convainc un public de plus en plus chaud.

Robert Finley a 70 piges.

 Redécouvert par les Black Keys,  le blues/soul man  a dû attendre 2016 pour sortir un premier album.

Son ' Tell everybody'  groove à mort et permet à Miss Le Moigne de placer un solo étincelant.

Pris d'une inspiration soudaine, Roll propose de s'éloigner de la  setlist prévue  pour placer un titre mixant des sonorités Bo Diddley/ Alan Vega, il se souvient que le samedi, il aime se dégourdir les jambes, du coup,  il se tape une petite promenade qui lui permet de goûter au bain de foule. 

Ralentissement en côte puis descente folle jusqu'au fond du ravin.

Wilson Pickett numéro trois: 'In the midnight hour'.

Un peu plus loin, Tennessee propose, peut-être, l'adaptation de Johnny, ' Jusqu'' à minuit'.

Retour de l'acoustique  et un choix étonnant, ' Goodbye' d' Archive en mode Pink Floyd.

La voix éraillée de Roll et le solo lumineux d' Aude ont arraché des larmes à  Marianne qui s'est mis à tanguer comme le bateau ivre de Rimbaud.

C'est pas la SNCF, mais c'est tout comme, le 'Memphis Train' ( Rufus Thomas)  se fait attendre, mais une fois à bord, même si ça sent la sueur, tu prends ton pied .

Lionel  nous soumet un solo musclé qui a fait dire  à Roger Hawkins , membre de la Muscle Shoals Rhythm Section, il est bien ce Frenchy.

Euh, Do, tu peux improviser un truc, je me prépare.

Ok, let's go, la basse ronronne, c'est parti pour le formidable ' Land of the 1000 dances', un rhythm and blues standard encore plus torride que tous les titres de James Brown , excepté ' Cold Sweat',  peut-être.

La chorale de Tréguidel entame les na-na-na-na-na na-na-na-na-na-na-na-na-na, Roll se charge des mashed potatoes , il aurait mieux  fait d 'avaler une pastille au menthol  car sa voix part en cacahuète.


Quoi, vous voulez un bis, un seul, alors, je suis quasi aphone.

Ils ont opté pour 'Twist it' , du boogaloo,/garage/ twist à réveiller  les macchabées du cimetière voisin.

Fin d'un concert tonique,  donné par des gens  généreux.


Ils seront au Lézardrieux Blues Festival en mai!





 




jeudi 22 février 2024

The Brokenwood Songs EP - Carla Werner

  The Brokenwood Songs EP -  Carla Werner

 Mastered by Jason Hiller @electrosoundrecords

michel 

Née en Nouvelle-Zélande  dans les mid-seventies, où elle grandit en  milieu rural,  Carla est très rapidement attirée par la musique, un grand -père  jouant au sein d'un groupe local, The Country Boys, n'est pas étranger à cet attrait pour la pop et la country music.

Elle se lance dans les crochets à l'âge de onze ans.

1989, exode vers l'Australie, puis direction la grande ville, Sydney, pour  se rendre compte que là c'est la jungle dans le monde musical.

Dur, dur de percer!

Elle rejoint le quintet The Cool Tin Box, groupe qui splitte rapidement, elle poursuit son chemin avec Tim Cooper, le guitariste du combo avant d'opter pour un parcours en solitaire.

Un premier enregistrement, confidentiel, voit le jour en 1998, elle est repérée par Columbia, signe un deal avec le label qui sort un premier album officiel, 'Departure' en 2003.

Certains morceaux de la demo de 1998 sont repris sur cette plaque, co-produite par des pointures: Ken Nelson et Carmen Rizzo.

En prêtant sa voix au tube ' Southern Sun' de Paul Oakenfold,  elle se retrouve aux sommets des dance charts.

2006, parution de 'Pure things in wild places' et fin 2009, un EP ' My lover's ghost'  se pointe, Carla est désormais établie à L A.  Si elle se fait plus calme sur la toile, elle multiplie les collaborations ( Paul Sawyer,  Joey B Lord, e a)   et se produit sur scène in acoustic mode, tout en annonçant préparer un nouvel album  qui devrait s'intituler 'Goodbye Indigo' , elle prévoit  aussi une reprise de' The power of love'  de Frankie Goes To Hollywood, elle devrait être divulguée  un de ces jours.

 

Et alors, The Broken Songs' EP de 2023, de quoi s'agit-il?

Un cinq titres, utilisé pour la série ' The Brokenwood Mysteries’ ( South Pacific Pictures) ,  qui depuis 2014 fait un tabac en Nouvelle -Zélande et dont certains épisodes ont été diffusés sur France 3

Elle déclare: These are a blend of country-tinged folk songs, mixed up with melancholy, loss and love. Written for the show except Silly Love, Better and Dreamer - based on a true story. 

Tracks:

 1. Silly Love. 03:21 

2. Better. 03:38 ; 

3. Brokenwood (Extended Version). 04:17 

4. Vanishing Point. 04:15

5. Dreamer. 05:10.

Crédits:

Written, performed, mixed and produced by Carla Werner except 'Brokenwood' (extended version) written by Joel Haines and Tim Balme. Performed by Joel Haines and Carla Werner. Mixed by Carla Werner and Joel Haines. 'Vanishing Point' features Tihema (Tim) Cooper on lead guitar. 'Better' features Joel Haines on slide guitar. 

Une photo  évasive, en noir et blanc,  illustre la pochette.

' Silly Love' , un jour Paul McCartney s'est fait descendre par la critique qui lui reprochait  d'être bêtement sentimental et de n'écrire que des lightweight lovesongs.

Comme Macca a de l'humour, il répond en composant ' Silly Love Songs'  pour Wings,  qui cartonne des deux côtés de l'Atlantique.

La tendre folk ballad ' Silly Love'  de Carla Werner séduit sans qu'il soit question d'ajouter le qualificatif 'débile'  au propos. Gentle guitar picking, voix à la fois troublante et apaisante, pareille à celle de Margo Timmins des Cowboy Junkies ou comme l'écrit un gars aux States, ...She sounds like a female Jeff Buckley when she sings.., ' Silly Love', par sa simplicité,   s'avère être une chanson d'amour touchante.

La romance country, 'Better',  s'entend sur l'album  'Music from The Brokenwood Mysteries - Vol. 4', les sensations  sont similaires à celles éprouvées à l'écoute de 'Silly Love'.  La slide guitar maniée par Joel Haines, un session musician et  film composer très demandé en Nouvelle-Zélande, apporte une touche roots  à la chanson interprétée d'une voix à la pureté cristalline,  supportée en écho par un choeur discret.

Cette plage, à l'instrumentation dépouillée,  respire à la fois la mélancolie et la sérénité.

 

'Brokenwood',  comme le titre précédent est repris sur le volume 4 des Brokenwood Mysteries,  il a été composé par Joel Haines et Tim Balme,  Joel Haimes fait aussi une apparition  en tant que  slide guitarist  aux côtés de Carla, dont la voix semble hantée, grâce aux  effets de reverb.

Quelques touches de piano et des cordes se font entendre en fin de morceau, sans  en trouver de trace dans les crédits, too bad!

Madame pointe le bout du nez: Natalie Merchant?  Heather Nova?

Non, Carla Werner!

Pas mal, profond et  sensuel, à écouter le soir au coin du feu!

Non ' Vanishing Point' ne fait pas référence au road movie, bourré de courses poursuites,  de Richard C. Sarafian, le midtempo  ressemble à une chanson de rupture classique, embellie par la guitare fluide  de Tim Cooper, du reggae band, 1814.

La voix, backée par des choeurs éthérés, c'est  le grand frisson, et effectivement comme la phrase... I really hope, it’s hallelujah...  revient quelques fois, les rapprochements avec Jeff Buckley, reprenant Leonard Cohen, sont inévitables.

La dernière, 'Dreamer', portée par un piano enténébré,   sonne comme ein  Nachtlied de Robert Schumann, chantée par  une soprane romanesque et  éplorée.

Beau comme du Carole King.

 

A peine six enregistrements en plus de  trente ans de carrière, secoue-toi, Carla, le monde attend avec impatience un nouveau full CD!


 




 



 

 



dimanche 18 février 2024

EP Cumulonimbus- Soleil Rouge

 EP Cumulonimbus-  Soleil Rouge

michel

 Zuma Music

 

Il pleut, t'aspires à  voir le soleil, du coup, t'as pensé à Soleil Rouge, pas à Alain Delon, le pauvre a assez d'ennuis avec sa progéniture, ni au Salon de Massage parisien,  et pas non plus à l'organisation franco-kurde, non, au band franco-italien ayant sorti un premier EP nuageux  ( Cumulonimbus) il y a quelques semaines.

Cumulonimbus?

Ben, oui, les cumulus n'empêchent pas le soleil de briller, mais méfions-nous de l'orage imminent!

Merci, Evelyne!

Revenons à Red Sun, ou à dšr Râ, si tu aimes le jazz mythologique.

Printemps 2023, on fait la connaissance du trio par le biais du single ' Domicile Conjugal',  qui traînait digitalement dans la boîte mail.

 Ça sentait bon la menthe, l'haleine fraîche, la décontraction, le no stress, Righeira, La Bionda, RAF et autres célébrités pratiquant un italo disco décomplexé et un brin rétro.

Elyot Milshtein, producteur, musicien, acteur, et Pygmalion, n'est pas à son coup d'essai, il a produit l'EP ' Vertige' de la chanteuse/comédienne Elisa Erka et a composé des sucreries pour Elena Copsi. Il est cité comme producer pour le rappeur Kemmler ( que tu peux entendre sur le titre 'Tu me manques' de Jacopo Planet et Elena Copsi), ou pour Symon '( qui a repris ' Comment te dire adieu) et encore pour Nazim, un Gaulois presque pur souche.

C'est lui qui joue de la guitare, de la basse, des claviers, de la batterie et trafique des sons avec un échantillonneur.

La carte de Jacopo Martini ( alias Jacopo Planet) dit: compositeur, ingénieur du son, video-maker et enseignant, il joue du synthé pour la séduisante Mokina et s'est produit avec Popa , artista di origine lituana.

Il compose et arrange les titres pour Soleil Rouge et chante.

Le troisième élément, Alice Boccara, podcasteuse et créatrice de documentaires sonores, chante et compose.

Tracks 

 1. Sono una donna · 2:56 

 2. Amour amer · 2:43 

 3. Il pleut de l'or · 2:31.

4. Domicile conjugal  . 2:46

5. Viens chez moi  . 2:33

L'artwork  d'un esthétisme raffiné est  signé  Flaminia Reposi.

 Si le soleil n'est pas rouge, le petit canot vermillon , reposant sur une mer étale,   étincelle sous un ciel  bleu azur, à peine troublé par un nuage pelucheux.

Aucune idée, rien ne prouve que ' Sono una donna' soit  une réponse à 'Je suis un homme' de Polnareff ou à l'homme de Cro-Magnon de Zazie, et il ne s'agit pas d'une reprise de 'Je suis une femme' de Sylvie Vartan,  ce qui est certain c'est que cette ode à la féminité,  à la femme libérée ( merci Cookie Dingler) débobinée sur une esthétique   italo -disco  irrésistible ( synthétiseur vintage, drum machine simpliste  et chant acidulé... délicieuse Alice, une pure merveille ) devrait cartonner en boîte cet été.

Question, était ce une bonne idée de sortir l'EP en hiver?

' Amour amer' , t'as remarqué la subtile association?

Ah, bon, Aznavour l'avait déjà utilisée en 1997.

Oui mais ici, pas de tragédie cornélienne, amour ne rime pas avec à mort, pas de trace de sang pollué, ni de coeur gelé, mais une rengaine fruitée, fraîche comme un mojito fraise, consommé à la terrasse d'un café sur la French Riviera, avec le chant des cigales en bruit de fond.

T'as voulu tracer un parallèle entre la voix faussement enfantine d'Alice et d'autres chanteuses disposant du même registre , t'as pensé à Blossom Dearie ou à Clémence Lhomme de Blues Trottoir. 

'Il pleut de l'or', encore une formule déjà utilisée comme titre de chanson. En 2010  Michael von der Heide ( qui?) représente la Suisse à l'Eurovision en interprétant ' Il pleut de l'or'.

Mais, non, réagit madame, t'as la berlue, il ne pleut pas dehors! 

Surdité précoce!

Il pleut de l'or,c'est là que sur l'écran cérébral, tu revois Margaret Nolan , la mémorable gold painted model qui a fait tourner pas mal de têtes dans 'Goldfinger'.

C'était au temps où 007 était interprété par Sean Connery. 

Les trois voix de Soleil Rouge  susurrent leur quête de prospérité sur une ritournelle synthétique, encore plus kitsch que les productions disco/new wave des Pet Shop Boys. 

Soleil Rouge ne craint pas l'anachronisme, ni les réflexions cassantes sur la richesse, émises par les Verts. 

De toute façon  "Mieux vaut être riche et Américain que pauvre et Burkinabé" disait Philippe de Pierpont!

Avec ' Domicile Conjugal', le trio nous refait le coup de Chagrin d'Amour, un détachement légèrement snob sur fond de basse qui groove à mort, un synthé flottant, des boum boum cadencés....Truffaut a crié au génie!

On termine sur une invitation coquine, ' Viens chez moi'.

Le groupe se justifie:  "Pas besoin de se cacher derrière la poésie pour parler de cul".

 

Pas besoin de lire entre les lignes non plus, c'est explicite.... 

J'ai commencé sans toi Ne m'en veux pas Mais quand tu seras làTu viendras en moi..
 
La voix en minauderies d'Alice innocente le propos légèrement  grivois.
On est plus proche de  Jacqueline Taïeb que des fameuses 'Nuits d'une demoiselle' de Colette Renard.
 
L'idée te plaisait, t'étais prêt à la rejoindre, il te manquait son adresse!
  
 
Verdict: vivement l'été!


 
 
 
 

 

 

 

 

 


 

 


 

samedi 17 février 2024

Festival Art Rock 2024-....décrypter la conférence de presse.

 Festival Art Rock 2024.... décrypter la conférence de presse.

 

Saint-Brieuc, le 16 février 2024,  c'est le grand jour, Alice Boinet, Carol Meyer et toute l'équipe d'Art Rock ont réuni les colporteurs de nouvelles afin de dévoiler le programme de la 41è édition du festival urbain.

T'étais pas le plus nerveux, mais t'étais un des premiers à rallier l'Hôtel Edgar où devait se tenir la réunion dévoilant le menu des 17, 18, 19 mai 2024.

Première information: l'affiche, onirique,  a été conçue par Julien Colombier " Je compose mes œuvres comme des morceaux de musique électronique, sur la base d'un motif récurrent, plusieurs autres venant petit à petit s'y superposer ".

Puis un rappel: art rock ce n'est pas que des concerts, mais aussi  du théâtre, de la danse, des expositions, des films, une vélo parade, de la gastronomie ( Rock'n Toques), une table ronde ( art rock lab), des installations vidéo, du yoga hypnotique..toutes les formes artistiques sont abordées.

Grande nouveauté 2024, une carte blanche offerte à Etienne Daho, qui a choisi les artistes qui se produiront à Saint -Brieuc le dimanche 19.

Super idée!

Les scènes: la Grande Scène, place Poulain Corbion, la scène B , place Général De Gaulle, le Forum de la Passerelle et le Village ( concerts gratuits), place de la Résistance.

Sont annoncés le vendredi:

 

  • The Libertines  ( tout juste reformés)
  • Luidji ( hip hop)
  • Favé ( rap)
  • Olivia Ruiz ( le grand retour )
  • Julien Granel ( des paillettes)
  • Zed Yun Pavarotti ( une étoile filante)
  • Alter Real ( des locaux)
  • Joanna (French pop)
  • Romane Santarelli ( électro) 

Forum

  • Deki Alem ( nu rap)
  • Tukan ( Bruxelles)
  • Violet Indigo ( hybridation)

 

Au Village: Kim Dee, The Sun Keepers et Numah ( les 3 jours)  

+ Cut the Alligator,  Neist Season, So Amy et Oozz.

Le samedi:

  • Morcheeba ( trip hop indémodable)
  • Yamê ( un rappeur à bécane)
  • Zaho de Sagazan ( scène B, l'an dernier, le coup de coeur, Victoires de la Musique 145 prix)
  • Hoshi ( hors norme)
  • Boombass x Etienne de Crécy x DJ Falcon ( la French Touch n'est pas défunte).
  • Clara Ysé ( French pop)
  • Fallen Alien( merci FKA twigs)
  • Kerchak ( rap)
  • Sam Quealy ( Australie) 

Forum

  • Ditter  ( post punk)
  • La Sécurité ( post punk au féminin)
  • Fat Dog ( chien enragé)

 A La Passerelle:

  • Mathilde Monnier ( danse) aussi le dimanche

Le dimanche.

Etienne n'est pas présent, sa voix oui, il présente son as de pique!

Deux films de  Gaël Morel

Et...

  • Etienne Daho ( premier passage à Art Rock pour le Rennais)
  • Lou Doillon ( fille de ... et de... , une star!)
  • Global Network ( électro pop, nu soul)
  • Eddy de Pretto ( on se l'arrache)
  • Irène Drésel (techno)
  • Calypso Valois ( fille d'Elli et Jacno)
  • Moodoïd ( un(e) primadonna)
  • Flavien Berger ( surréalisme)
  • Frànçois & The Atlas Mountains  ( ils vont jouer 'Piano Ombre') 

Forum

  • Batterie Faible ( pas curieux s'abstenir)
  • Fotomatic ( Toulouse sans Nougaro)
  • Moïse Turizer ( synth wave - post punk)
  • Unloved ( psychédélisme lynchéen) 

Au Village

  • Complot ( electro tribal)
  • Les Nus ( des survivants de la scène rennaise)
  • Frakture  ( des pionniers punk).

 

Pour éviter les files et l'énervement qui en découlait, les portes seront ouvertes plus tôt! 


En résumé: 65 concerts, spectacles, expositions et projections, il y en a pour tous les goûts!


mardi 13 février 2024

Tash Sultana – Sugar EP

 Tash Sultana – Sugar EP

michel 

Lonely Lands Records

Natasha ( Tash) Sultana, ascendants maltais, naît à Mebourne en 1995.

Quand t'es âgée de trois ans et que granny et grandaddy  t'offrent une guitare au lieu d'une Barbie, déjà tu sais que ton destin n'est pas de devenir gestionnaire de patrimoine pour la  Commonwealth Bank, à 13 ans tu participes à des soirées  open mic,  tu joues en rue et tu récoltes des pennies dans le chapeau traînant à tes pieds.

On te repère, tu rejoins un groupe, Mindpilot,  qui pendant un temps marche pas mal, avant le split en 2012.

Loin de se décourager la jeune personne compose dans sa chambre et en 2013 sort  un premier EP ( Yin Yang),  disponible en digital download, quelques singles et l'EP ' Brainflower' , lui succèdent, succès confidentiel,  puis vient l'extended play ' Notion' qui contient le morceau 'Jungle', c'est l'explosion, le titre se place dans le top 50 en Australie , plus tard il est repris sur un video game  populaire.

Du coup, on l'invite un peu partout sur la planète, les States, le Canada, le UK  apprennent à la connaître.

Revenue Down Under, elle enregistre un premier LP ' Flow State' , pour lequel elle joue de tous les instruments .

L'album atteint la seconde place des charts australiens.

Une nouvelle tournée s'impose pour promouvoir l'objet. Puis,  fatiguée de se produire en solitaire, elle décide de recruter des musiciens. Pendant le lockdown, accompagnée de session musicians, elle participe à un show pour MTV, il. existe un enregistrement live de cette session, l'album paraît pourtant après ' Terra Firma' de 2021.

A noter également ses collaborations avec la star australienne Matt Corby , le single 'Talk it out'  was certified gold in Australia in 2020. 

2023, malgré une folle tournée ( la France, la Belgique, les Pays-Bas, le UK, l'Italie, la Norvège, l'Autriche, la Pologne, le Portugal, e a,  étaient au programme) , Tash Sultana a le temps de conclure un nouvel EP ' Sugar'. 

Tracklisting:

  1. James Dean
  2. New York
  3. You People Freak Me Out
  4. Bitter Lovers
  5. 1975
  6. Dove

All instruments played by Tash Sultana (  piano/keyboard/synth, bass, drums/percussion, beatmaking/ sampling, beatboxing, trumpet, saxophone, flute, mandolin, oud, harmonica, lapsteel, panpipes....)

 

L'artwork, très kitsch (un champignon portant des lunettes de soleil, ça sent l'acide, non) ,  est signé Pat Fox, un fin renard ayant aussi travaillé pour Vance Joy, The Amity Affliction ou  Hellions.

Tu te souviens du titre ' James Dean' que les Eagles avaient inclus sur l'album 'On the Border' en 1974, près de 50 ans plus tard, c'est au tour de Tash Sultana de pondre un titre à la gloire  du Rebel Without a Cause.

Le midtempo, catchy à mort, dégage une sensation de bonne humeur et irradie tel un soleil printanier.

Les guitares scintillent comme les boules de Noël décorant le sapin, des percussions pop onctueuses impriment le tempo , le synthé, en mode retro  dream pop,  vient caresser  les pavillons auditifs et que dire de la  voix et des backings, séraphiques,  rien, il suffit de clore les paupières et de se laisser transporter sur un petit nuage.

Et pourtant tout n'est  pas rose, les lyrics traitent de la complexité d'exister, de la recherche de son moi profond,  de la défiance vis-à - vis de   relations toxiques.... le passage de l'adolescence à l'âge adulte peut s'avérer ardu.  

'New-York' démarre tout en douceur, claviers célestes et piano serein, puis vient la voix veloutée...any way the wind blows it doesn't really matter cause it all just ends the same... la plage baigne dans une atmosphère doucereuse, à mi- chemin entre le hip hop et la bedroom pop.

Une nouvelle fois les arrangements sont hyper soignés, pendant plus de six minutes, Tash nous fait voir toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, tu passes d'une chorale enfantine à des effets de guitare surprenants, pour revenir au groove de départ, soudain déchiré par un solo que n'aurait pas renié Carlos Santana.

Cette fille ( on hésite à utiliser ce terme, elle se dit non-binary et n'utilise ni he , ni she , mais they) stupéfiante a sûrement pas mal écouté Prince, un génie dont elle partage l'éclectisme.

You People Freak Me Out' , ah, oui, ta petite soeur aussi  aime porter un  sweat  qui dit ' Normal people freak me out' ... pas besoin de l'aide d'un psy, on croise  tous des gens qui nous font flipper.

En mode  disco funk , ah ces guitar licks,   le titre  évoque à la fois  Prince  et  Nile Rodgers.

Après l'intro,  décousue, bourrée de craquements,  la voix  colorée, proche du timbre d'une Minnie Riperton, se promène  sur une couche de synthés scintillants, tandis que la guitare crache  ses riffs saupoudrés d'effets wah wah ravageurs.

 Jusqu'ici, le morceau le plus dansant du recueil.  

La suivante 'Bitter Lovers'  est une collaboration avec Bryan James Sledge, plus connu sous la dénomination BJ the Chicago Kid, un artiste à la voix  faite pour chanter le R'n'B, son timbre à la fois chaud,  velouté, implorant ou   apaisant,    peut partir en falsetto et émouvoir toutes les lycéennes de la planète.

Le jeune homme, qui  collectionne les awards, est fort demandé, Tash n'est pas la première à collaborer avec lui:  Solange, Chance the Rapper, Joey Bada$$, Kendrick Lamar ne sont que quelques noms pour lesquels il a prêté ses cordes vocales.

En duo avec le crooner de l'Illinois, Tash propose une plage  satinée où la voix de tenor du Kid se marie parfaitement avec le chant en parlando de l'Australienne.

Les harmonies séduisent, le fond musical: beat sampling, synthé soyeux, saxophone en sourdine, lignes de basse affolantes, tout est fait pour séduire.  Ton chat t'a fait un clin d'oeil, l'air de dire, c'est mieux que ce que tu écoutes d'habitude, quand tout à coup après 3', le chant s'interrompt, une coupure intervient,  le morceau change de cap, Tash et BJ partent en vocalises,  les amoureux transis virent   Blue Note  et le saxophone  prend des intonations  smooth jazz à la David Sanborn.

Etonnant!

'1975', 

Une explication?

Les premières paroles sonnent ainsi.... You listen to The 1975 while I just try to feel alive...

En 2019, Tash Sultana et The 1975 étaient à la même affiche d'un festival à Johannesburg,  faut-il y voir un lien avec ce titre indie  folk/ pop de plus de 7', qui démarre avec la voix posée sur une guitare acoustique.

Avec l'entrée en piste des synthés atmosphériques et des percussions électroniques,  la plage prend un caractère space rock, propice à la méditation,   avant un nouveau solo de guitare strident, lui-même  suivi par un choeur aérien glissant sur un son de cordes, créé par le modulaire.

Là on se dit que Tash nous la joue Mike Oldfield et  on tombe dans le panneau sans crier au scandale. 

Allo Magritte, le dernier morceau de l'EP a été baptisé ' Dove', qu'en penses-tu?

 Génial, c'est le symbole de la paix!

Tash aime les longues plages, celle-ci dépasse les six minutes et dégage une impression de mysticisme, accentuée par l'utilisation, lors d'une séquence finale,  du tabla et des effets indiens sur la voix.

'Dove ' peut être considéré  comme le morceau  thérapeutique de l'EP!  

Même si tu es condamné à mourir, ton karma positif  doit te conduire à une réincarnation, si dans ta vie future tu ne peux te transformer en colombe,  tu  peux toujours prendre l'apparence d'une plume, ainsi tu voltigeras en apesanteur à l'écoute de ' Dove'.

 

Tash Sultana n'a pas fini de nous surprendre, mais si tu veux assister à un de ses concerts tu devras te taper le Levitate Festival à Marshfield ( Massachusetts) en juillet, pour l'instant rien d'autre n'est prévu!

 


 

 

 

 


dimanche 11 février 2024

Backyard Country Family Band au Barbe à Plouha, le 10 février 2024

 Backyard Country Family Band  au Barbe à Plouha, le 10 février 2024

michel

 Nimby!

Quoi, Nimby? 

Not in My Backyard!

Bordel, personne n'a l'intention d'envahir ta propriété merdique, c'est au Barbe que ça se passe: le Backyard Country Family Band a la ferme intention d'embraser le bouchon breton.

Comme c'était le premier concert de 2024 dans le bar, le public a répondu en masse et a fait preuve d'un enthousiasme dévastateur, c'était   comme si Taylor Swift était descendue à Plouha!

Tu t'attendais à admirer  une flopée de pickup trucks poussiéreux sur les places de parking avoisinant l'église du bourg, pas un seul à l'horizon , les American farmers sont-ils passés à l'électrique?

Euh, fiston, tu dérailles,  le Backyard Country Family Band n'est ni originaire du Tennessee, ni de l'Alabama, t'as peu de chances de les croiser sur la Route 66, par contre  tu pourrais les apercevoir sur la RN 249, ils affirment venir du 44 ( on ne te cause pas  du digestif à base de Calvados et d'oranges).

Le groupe existe depuis trois ans , il distille un bluegrass authentique, donc  essentiellement acoustique, si t'es fan de techno, tu changes d'épicerie.

Comme carte de visite , ils ont manufacturé un EP, baptisé 'Appalaches' .

Cast:

chant et line dance en solitaire: Laura/  banjo et chant:  Séverin ( Cadavre,  Epaule de Singe)/ Matthieu au chant et à la ( lead) guitare acoustique (Epaule de Singe, Cadavre),/   Yann,   guitare ac et chant ( Cadavre) et les frangins Gweltaz  à la contrebasse et Ronan  au  mini kit de batterie, des jeunes gens ayant fait partie du groupe Ma Valise.

Le banjo tire sur le choke, bien utile pour le démarrage à froid, et c'est parti pour un premier tune instrumental fringant, la petite Laura, coiffée cowgirl, vient d'entamer  une Cheyenne  pas chienne, elle ne s'arrêtera de danser que pour pousser la chansonnette.

La température vient de monter d'un cran et, à ton grand désarroi, tu constates que le comptoir est devenu quasi inaccessible,  sauf si tu décides de te créer un passage au forceps.

Laura et Séverin se partagent les lead vocals sur 'Jambalaya', les guitares assurent les backings, Ronan fait boum boum boum, Gweltaz clac, clac, clac... ça remue dans le bayou!

C'est pas Johnny, ni The Animals,  qui  ont composé  ' The house of the rising sun', il semblerait que les origines du traditionnel   sont à chercher dans les Appalaches, mais si on en croit Alan Lomax,  il faut remonter au 17è siècle et traverser les océans jusqu'au UK  pour retrouver la genèse  du morceau.

La version des Nantais est  nettement  plus sautillante  que celle chantée par l'incroyable Eric Burdon.

Les premiers yee-haws fusent derrière toi.

Hank Williams a composé la valse ' I'm so lonesome I could cry' en 1949, si tu veux du kitsch, on te propose l'adaptation française de Dominique Michel, ' Je crois que je vais pleurer'.

Kleenex au bar!

Ils attribuent ' John the Revelator' à Son House, mais il existe une version antérieure signée Blind Willie Johnson, ce soir c'est le banjo, accompagné par les handclappings de la famille, qui habille le gospel.

T'as pleurniché quand t'as entendu Marlon Williams interprété ' When I was a young girl'  , le groupe  vient d'inclure cette ballade folk à son répertoire, le solo piquant de Matthieu a fait forte impression.

Retour vers les Appalaches pour une version leste de  ' Shady Grove'   qui précède  le blues sinistre de Son House ' Death letter blues' .

La suivante aussi t'a fait pleurer quand tu l'as entendue au soundtrack de 'The Broken Circle Breakdown', un film inoubliable, tout comme la chanson 'Wayfaring Stranger'.

Laura la chante d'une voix si  grave qu'elle  a ému bon   nombre de paroissiens laïques.

Grosse claque avec la reprise des Stones, 'Dead Flowers' , une version empreinte de feeling, malgré un léger couac qui a fait sourire le banjo.

Une trompette buccale amorce ' Sitting on top of the world' des Mississippi Sheiks, des gars  moins fortunés que le  Sheik of Araby. 

Et on poursuit avec une bonne dose d'outlaw country, ' Cruel, cruel world' de Willie Nelson, avant un détour par le pénitencier:  ' Folsolm Prison Blues' de Johnny Cash .

Pour ' Further on up the road',  la voix nasillarde de Laura  est contrecarrée par le timbre grave de  Matthieu.

Cette  version s'avère  plus proche de la ballade de Bobby Bland  que du blues rock de Clapton.

Le plus grand tube du Old Crow Medicine Show  est ' Wagon Wheel', ils ont eu la bonne idée d'allonger le couplet que Bob Dylan  avait composé pour la bande-son de "Pat Garrett and Billy the Kid" pour en faire un disque platine. 

Un superbe titre!

Qui dit bluegrass, pense Bill Monroe,  son  'My rose of old Kentucky'   continue à fleurir malgré les pesticides et la piètre qualité de l'air.

La vie d'un mineur, par contre,  n'est pas rose,  Merle Travis a écrit ' 16 tons' en 1946, the song became a gold record, mais les coal miners n'en ont jamais profité.

Malgré une corde brisée, la lead guitar place quelques riffs hargneux avant de profiter d'un blanc pour procéder au rafistolage.

On brode, imagine Séverin, avanti pour un instrumental débridé.

Les broncos au galop cavalent, Messala enrage!

Ready, qu'il dit, it's time to rock: Carl Perkins déboule, chaussé de ses  ' Blue Suede Shoes' .

Sur la lancée Johnny Burnette saute dans le ' Midnight train'  après avoir buté le shérif.

Aucun confort dans ces wagons, t'es secoué de partout!

Si pour toi Link Wray , c'est le rockabilly métallique  ' Rumble', il faut te dire   que le gars de Caroline du Nord a aussi écrit quelques grands country tracks dont 'Black river swamp', poisseux à souhait.

Nirvana avait repris ' Where did you sleep last night'  ( ou ' In the pines')  , ce traditionnel du 19à siècle  était déjà au répertoire de Leadbelly ou Bill Monroe bien avant la naissance de Kurt Cobain.

'This land is your land' du hobo  Woody Guthrie  est devenu l'hymne national de la révolte  aux States,  en opposition à God bless America.

Le refrain, repris en choeur par les Bretons, a résonné jusque dans les oreilles de Trump.

Une invitée, ce soir, Adèle, from Illinois , première chanteuse du groupe, se joint à ses ex-compagnons pour deux titres devant clôturer le set: ' Jackson', un gros hit à la fois pour Nancy Sinatra/ Lee Hazlewood et June Carter/Johnny Cash, et 'Will the circle be unbroken' popularisé par The Carter Family.


Grosse ambiance dans le troquet , heureusement le groupe avait prévu un dessert,  le lament  ' Alone and Forsaken' de Hank Williams, une première sur scène  pour eux  et  une version nerveuse de ' Shady Grove' .


Un concert de près de 2 heures, mais comme le chantait Jean Ferrat, avec le Backyard Country Family Band  'On ne voit pas le temps passer' !

 












 


 


mercredi 7 février 2024

Anika Pyle - EP - Four Corners

Anika Pyle - EP - Four Corners

michel

self-released

Anika Pyle grandit dans le Colorado, où ses parents  exploitent un élevage de bovins.

A 17 ans, elle fait ses valises pour s'installer à New-York, puis à Philadelphie.

Si elle gagne sa croûte comme responsable des communications et du développement au sein du ROSS ( = Radical Open Science Syndicate), qui  récupère des données scientifiques  sur les écosystèmes,  elle  s'est également  lancée dans la jungle musicale, en tant que queer singer-songwriter.

Elle fait ses premières armes au sein de  groupes indie ou punk, chez Chumped elle assurait les vocaux et jouait de la guitare, même scénario chez Katie Ellen, ensuite on la retrouve dans le trio Sheena, Anika and Augusta, elle a aussi prêté ses cordes vocales au projet  éphémère The Rentiers.

Dès 2018, elle produit des enregistrements en solitaire, ses premiers singles  de fabrication DIY, sont suivis par une home demo 'Warning Unstable' à écouter sur bandcamp. En 2021 paraît 'Wild River', un premier album. La liste de ses enregistrements s'allonge, des singles, des collaborations, un EP live voit le jour fin 2021, 'Wild River live from he Bunk' le suit et enfin, dernier fait d'armes, 'Four Corners' ( février 2024) clôture provisoirement le catalogue.

Track listing

1 Arizona 4:26
2 Diné Utah Homecoming Queen 3:35
3 New Mexican Blues 4:04
4 Colorado Sage 2:44 

 Recorded and mixed by Matt Schimelfenig at The Bunk in Henryville, PA
Mastered by Justin Francis in Nashville, TN
Keys by Kiley Lotz
Viola and Violin by Kayleigh Goldsworthy
Bass by Lou Hanman
Electric Guitar by Anthony Hoey
Drums by Zack Robbins
Steel Guitar by Mike Brenner
Additional Vocals by Kiley and Kayleigh
Vibes by Augusta Koch, Danielle DuBois, and Benny
Acoustic Guitar, Singing, Writing by Anika Pyle


Photo de pochette pastorale  ( David Williams) donnant le ton,  et illustrant à merveille le contenu: du folk rock/alt country/Americana sentant bon  les Southwestern United States, les four corners étant le Colorado, l'Arizona, le Nouveau Mexique et l'Utah. 

 

Première étape du voyage,  ' Arizona', qui narre la fin d'une relation amoureuse, sur arrière-plan de Grand Canyon, ... Anika se pose des questions ... Where did the love go, baby? Did we leave it in Arizona?...  tout ça exprimé sur un tempo alerte, bien mis en valeur par le drumming soutenu de Zack Robbins ( Slaughter Beach, Dog), les claviers fringants de Kiley Lotz , la tête pensante du groupe  Petal, les cordes, tantôt pétillantes, tantôt caressantes , de Kayleigh Goldsworthy ( Dave Hause, The Future Violence), la guitare  aux riffs REM  d' Anthony Hoey ( qui a quitté Dublin pour s'établir dans l'ouest américain) et la basse discrète de  Lou Hamman ( All Away Lou).

Anika apporte sa touche en grattant une acoustique, son chant clair et vibrant ,  à rapprocher de celui de Stevie Nicks, est backé par des choeurs assurés par Kiley et Kayleigh. 

Malgré le sujet chagrin une première plage enthousiasmante. 

Seconde étape du road movie: l'Utah, pour faire la connaissance de Mahala Sutherland, une indienne Navajo, première native American  à avoir remporté a Homecoming Royalty à la Southern Utah University en pratiquant une danse traditionnelle, fringuée d'une robe à clochettes.

' Diné Utah Homecoming Queen' narre ces péripéties sur fond folk/alt.country, basé sur des percussions quasi tribales, un bourdon lancinant, et une guitare typiquement country, produisant un twang subtil. Les claviers et les cordes colorant le tout d'une douce teinte pastel. 

Ce sont la pedal steel guitar de Mike Brenner ( Low Road, John Train, Marah...) et le violon de Kayleigh Goldsworthy qui donnent le ton sur '  New Mexican Blues ', un bluegrass mélancolique, aux lyrics chargés de métaphores pertinentes ( ...It seems our love was just a setting sun),  qui se consume  sur quelques notes sentimentales au piano.

Le titre préféré de Dolly Parton! 

C'était pas un château en Espagne, ni dans le Colorado,  là  où Anika a grandi, mais  une ferme délabrée, infestée de bestioles et une vraie passoire thermique, et pourtant ....she felt rich, wild, and free
running through the fields of Colorado sage... 

La sauge sauvage abondait au fond du jardin!

Ce regard nostalgique vers son passé ( 'Colorado Sage'),  elle le propose en toute simplicité, une acoustique et sa voix,  pour en faire une folk song intègre.

 

Dans la lignée d'autres artistes célébrant le South West ( Flying Burrito Brothers, John Denver,   Eliza Gilkyson, Michelle Branch, Jessi Colter ou The Painted Roses... ) , Anika Pyle ajoute une pierre pas bancale au bel édifice.

 

 



 




lundi 5 février 2024

Soom T & The Stone Monks à Bonjour Minuit, Saint-Brieuc, le 3 février 2024

 Soom T & The Stone Monks à Bonjour Minuit, Saint-Brieuc, le 3 février 2024

michel 

Sumati Bhardwaj is an Indo-Scot from Glasgow who is known for her musical melange of DubStep, Hip Hop, Electronique, Reggae and Reggaeton.

37/38 ans et 40 enregistrements à son actif, la petite Soom T, ne chôme pas,  quand elle n'est pas dans les studios, elle arpente les scènes de la planète.

La tournée 2023 s'est achevée le 2 décembre, le temps de fêter Noël et de recharger les batteries ( autonomie 5000 km)  et elle reprend la route, après Villeurbanne et Sérignan, c'est Saint-Brieuc qui l'accueille.

Pour chauffer la marmite, DJ Stepart  a amené des valises bourrées de vinyles de reggae, dubstep, raggamuffin, rocksteady, il s'est installé dans le club où, à partir de 20:30' , il manie son bric - à- brac.

C'était sympa en avalant une ou deux  bières, on a apprécié ' Sexual Healing' version reggae.

Peu avant 21:30' tu dégringoles les marches pour te coller frontstage dans une grande salle , déjà envahie par le jardin d'enfants local.

Sur le podium, un drumkit décentré ( à gauche pour nous), à droite, trois claviers, un micro sur pied trône au centre de la scène, une basse traîne à gauche, une guitare à droite.

Avec quelques minutes, académiques, de retard les Stone Monks, ni pétrifiés,  ni tonsurés, se pointent pour entamer une intro musclée.

Si Soom T vient de Glasgow, les moines sont des Frenchies, Thierry ( Petit Cheveu) à la  basse ( il  a tourné avec Omar Perry, Lee Perry, Horace Andy, Ken Booth, e a) , Thomas Join-Lambert aux drums (Pierpoljak, Omar Perry, Tairo....) , Cyril Colling Mouloud aux claviers ( Queen Omega, Big Red, Meta and the Cornerstones...)  et  Gregory Emonet à la guitare ( Hugh Coltman, Gloria Gaynor , Piepoljak, Christophe Maé.....).

Après 2' , un petit bout de femme à l'énergie débordante déboule: Soom T,   qui d'une voix enfantine et sautillante à la manière d'une cascade de montagne, entame 'Take a walk'.

Quel flow fulgurant, souffle Solange au gars se tenant à ses côtés.

La suite sera tout aussi remuante: 'City Zoo'  ,  puis le ragga hip hop  engagé 'Politic man' qui  est repris par une partie de l'assistance, pourtant incapable de suivre le phrasé acrobatique de Sumati.

Les musiciens s'amusent, basse et guitare entament un ballet, Thomas frappe comme un dératé et Cyril passe d'un piano à l'autre avec le sourire.

Riddim dancehall irrésistible pour ' Pull it up' au débit vocal hyper speedé, elle  lâche des rafales  à faire pâlir les mercenaires  de chez Wagner  arrosant  l'ennemi à la kalachnikov.

Le tempo s'assagit légèrement sur 'Like a dog' aux synth pad drums typiques, Greg en profite pour placer un solo flamboyant.

La batterie attaque 'Michael' , un titre empreint de spiritualité,  tu le sais Saint-Michel a vaincu le dragon.

Soom T récite sa prière à la vitesse de l'éclair, Saint-Brieuc chaloupe.

Tac tac tac, fait   Thomas, la basse ronfle, c'est parti pour ' Far from home', la dernière plage de l'album 'The Arch'.

La rengaine, quasi enfantine, prend une autre dimension après un roulement de tambour nerveux, du coup la chanteuse tend le micro vers une mystique du premier rang, qui y va d'un youyou berbère,  aussi folklorique qu'impressionnant.

Le reggae traditionnel ' Big bad world' décrit l'état lamentable dans lequel le monde est plongé, le solo plaintif de Greg illustre insolemment le propos. 

'Prophets', très rootsy,  démarre sous forme de lament , pendant 'Don't make me' ( cry a fountain ), un illuminé se fraye un passage parmi la foule, escalade le podium pour tanguer, le regard absent,  aux côtés de la   basse.

Son exemple est suivi par Marie-Madeleine, les gosses, pourtant invités, hésitent, normal, elle chante ...don't make me climb a mountain...  

Le côté naïf de la rengaine évoque ' Pass the Dutchie' de Musical Youth.

Infatigables, la raggamuffin princess  et ses copains, enfilent  les couplets entraînants: ' I wanna live',  suivi par  'No worries';  qui voit une go go girl amateur, cousine éloignée du Petit Chaperon Rouge, monter sur scène, vite imitée par ses copines et une mamita euphorique, peut-être sous l'effet de substances stimulantes, toutes frétillent plus ou moins esthétiquement.

Les filles comptaient bien camper sur scène, pas de bol, on les refoule, elles troublaient le guitariste en ayant envahi son espace.

Soom T poursuit la lecture du  chapelet, ' World we live in',  'Hail to the watchman', ' Path of the wanderer' et le reggae funky et fiévreux  ' Bomb our  yard'  qui termine le set.

La salle en veut plus, les moines et la grande prêtresse ( 1 mètre 40) reviennent pour envoyer 'One more tune' et l'addictif ' Broken Robots'.

Une photo de famille et la troupe prend le chemin des loges.

Tu   t'esquives tandis que les plus courageux se dirigent vers le club  où Stepart a ressorti  son fond de commerce.



 

 

 


vendredi 2 février 2024

Session Live de Radio Activ' avec Primates à Bonjour Minuit, Saint-Brieuc, le 1 février 2024

 Session Live de Radio Activ' avec Primates à Bonjour Minuit, Saint-Brieuc, le 1 février 2024

michel

 Deux singes volés au centre de primatologie à Paimpont, à une quarantaine de bornes de Rennes.

Intéressant, mais dépassé, ce fait divers s'est déroulé en 2017 , on a retrouvé les primates, d'ailleurs ils sont quatre!

Pour la première session live de radio activ', toujours en quête de sous pour rafistoler une antenne démolie par Ciaràn, le club de Bonjour Minuit accueille Primates.

Le groupe breton était au rendez-vous, mais pas l'animateur phare de la station de Langueux, Marcus avait délégué un collègue pour mener les débats. 

Primates, o k, mais pas lourdauds, ces jeunes gens sont plutôt du genre bien élevés.

Si le groupe ( terme qu'ils réfutent) existe depuis 2019; il a fallu attendre la fin de l'urgence sanitaire pour le voir sur scène et pour apprécier leur premier album.

Tu dis, c'est pas un groupe, une meute alors, comme chez les babouins?

Fais le malin, les quatre individus font partie d'un collectif regroupant des musiciens, des vidéastes, des danseurs , des dessinateurs, des beatmakers , des photographes, des réalisateurs mais pas de politicailleurs.

A première vue Tom ( Thomas Schmidt), chant, piano, est l'instigateur du projet.

Ce soir, il est secondé par une fine équipe, François ( Effsy) , vu avec Sir Edward en première partie de Mother's Cake, à la guitare et aux claviers, Franck Richard, le batteur qui excelle chez Yelle, Dewaere ou SBRBS ( ces derniers étaient présents dans le club) et à la basse ou  au Komplete Kontrol S49, un clavier intelligent, on note la présence d'Arthur Boquet, vu au Légué chez Kosko. 

On reprend la fiche de présentation: Un projet à part entière aux sonorités pop urbaine et aux influences RnB des années 2000. À mi-chemin entre les sons trap, pop de The Weeknd et la néo soul de Blood Orange, tout en s’inscrivant dans la continuité de The Blaze.

T'es pas obligé d'adhérer à 100% au tableau!

Après avoir glissé sur une peau de banane, ce qui a engendré un faux départ, la guitare délicate et le Komplete Kontrol lancent ' A closer look',  une des plages figurant sur leur album, la voix précieuse de Tom se colle sur le fond neo soul  organique,  François et Arthur assurent les backings mélodieux, il faudra attendre 90 secondes avant d'entendre les premières frappes de Franck.

Du coup la plage  prend de l'amplitude et captive davantage.

Le thème de la chanson s'éloigne des clichés inhérents au genre, oublie les lyrics à caractère sexuel ou   misogyne, comme chez Drake ou  Sleepy Loco,  le groupe qualifie son r'n'b d'écosensible, donc pas de nanas peu vêtues dans leurs clips.

Sinon ce premier morceau éveille en toi des souvenirs d'une soul pop stylée, comme en confectionnait le regretté George Michael.

Pour ' Ins and Outs', Arthur a ramassé sa basse cinq cordes, le morceau, toujours aussi smooth et finement fignolé,  confirme les comparaisons flatteuses, d'autres noms illustres te viennent à l'esprit  , Terence Trent d'Arby,  Fine Young Cannibals, par exemple,  alors que derrière toi une voix énonce chill wave.

Intro synthwave pour ' Teamwork'  .

Si les claviers jouent un rôle prépondérant, le boulot des percussions n'est pas à dédaigner, et le petit solo judicieux de François a ravi les amateurs d'effets  tremolo à la Johnny Marr.   

La guitare introduit, le looper distille une voix off , 'Tell me all about it' est lancé, la voix caressante de Tom se plaque sur le fond  esthétique ouaté.

Nous sommes début février mais on a vu des papillons voltigeant en essaim sous les spots éclairant la scène.

Illusion d'optique ou rêve d'été, le paysage sonore est propice aux songes  ( merci , William).

Break interview qui nous permet de faire plus ample connaissance avec le groupe,  ses desseins et son futur.

 

Second acte!.

Le séquenceur  émet une musique à bulles, la basse, ronflante, s'agite, un choeur élégiaque engage ' Second chance'  tout en onctuosité, et puis il y a le message optimiste...doesn't matter if you lose coz you get a second chance... Après un solo de guitare frissonnant, c'est au tour du batteur de se mettre en évidence, la basse en  mode groovy le relaye.  Tu décides de jeter un coup d'oeil à l'assemblée pour constater que les têtes bougent gentiment au rythme du midtempo, plusieurs individus, paupières closes, semblent intérioriser la  gentille rengaine avant d'applaudir avec ferveur à son terme.

Sans pause, le collectif a embrayé sur '100 degrees out'  qui traite du dérèglement climatique, 100° F étant l'équivalent de 38° C, une température devenue habituelle à Rustrel, célèbre pour les couleurs ocres  de ses falaises, là où a été tourné le clip illustrant ce titre proche d'une sophisti pop stylée, évoquant Scritti Politti, les Blow Monkeys ou The Blue Nile.

Si le bassiste n'avait été barbu, on aurait pu imaginer que l'instrument était dans les mains de Rhonda Smith, au jeu hyper groovy .

'The only truth' aux effets de guitare célestes poursuit sur  la même voie, ensuite vient une longue amorce instrumentale pour ouvrir 'Carry me along' , un morceau qui ne s'entend pas sur l'album.

'Closure' , quoi de plus normal, achève le set, une sortie en douceur, parée d'ondes caoutchouteuses confectionnées par Arthur.

Il reste 5' avant de rendre l'antenne, pouvez-vous élucubrer une bricole?

 

OK, on vous refait '100 degrees out', pensez à vous protéger de l'astre solaire et à vous déshydrater!

Après  ce set  élégant de Primates, le r'n'b dystopique  compte une trentaine de nouveaux fans!