Damazur au marché bio de Pléhédel, le 20 juillet 2026
michel
Trois mois après avoir croisé Damazur à Paimpol ( La Fabrique à Paroles ), les Paimpolais sont à l'affiche du Marché de Pléhédel.
Les Graines du Goëlo ont eu le nez fin, un public nombreux s'est attroupé place de l'église pour assister au show du trio.
Soleil et bonne humeur ( ça se boit) au rendez-vous, si le concert doit en principe débuter à 18h, le groupe s'affaire avant la sonnerie des cloches, ils ont opté pour ' Tekos sur Mer' pour peaufiner le soundcheck.
Tout baigne, pas de houle, les flots sont clairs, température de l'eau idéale, 24°.
On revient dans 10 minutes...
Promesse tenue, Marion Moureau - Chant / Quentin Leven - Basse, boîte à rythmes, chant / Pierre-Emmanuel Denis - Guitare, se pointent.
Une intro dream pop ornée des vocalises , comme à la Fabrique à Paroles, on vogue sur des vagues vaguement trip hop, te permettant de te perdre dans des rêveries où le mysticisme côtoie les mirages.
Les bandes lancent ' Abat-jour', la guitare grésille, la basse bourdonne et arrondit les angles, sans prévenir Marion part en slam, ni malade, ni agressif, le texte engagé interpelle, l'emballage en clair-obscur tamise le trop plein de lumière, avant que Pierrot ne place un solo radieux.
Marion dédie la suivante à la famille...des paysans, maraîchers, fermiers, d' Yvias, de Plourivo, de Kerfot ou de Plouézec, le texte sombre et poétique est récité, ... es-tu parti pour mieux renaître... dans mes bras tu trompes la mort... , les contes et légendes de Bretagne ont bercé les songes de Marion, une voix off ajoute une humeur féérique au propos, qui repose sur des textures sonores que tu peux rapprocher de Still Corners, Melody's Echo Chamber ou Grimes.
Basse et programming amorcent la suivante, ... des lumières apparaissent... sens-tu en nous venir ces vagues... la Bretagne, la mer, les éléments... , l'univers de Marion est contemplatif, fait de vibrations psychiques, on n'est pas loin de Beaches ou de Frànçois & The Atlas Mountains, toute la force du texte et de la voix résident dan le pouvoir suggestif, à la manière d'un Verlaine ou d'un Mallarmé.
Sans transition on passe à ' Felix Vitae' avec son plan en spoken-word , le message est transmis avec véhémence, ..plus besoin des autres pour une vie heureuse... ( felix vitae , non, ce n'est pas de Virgile).
Déjà à La Fabrique à Paroles, le titre ' Chiffonnières' avait impressionné , ce soir Pléhédel a entendu le bruit des bottes et compris le signal.
C'est évident, Damazur a des causes à défendre et semble aimer le latin, car voici ' ' Amor Humanitatis', un downtempo trip hop astucieux qui vire groovy dancetrack caoutchouteux au bout d'un instant, rien que pour la combinaison .. inceste incessant... tu applaudis !
Un titre fort, à chérir!
Sur 'Hors Norme' Marion hante à nouveau le phrasé slam, du hip hop groovy, au goût caramel beurre salé, qui la voit élever la voix plus haut que le Roc'h Ruz.
Damazur peut aussi faire de la dance pop légère, ' Tekos sur mer', avec Quentin aux secondes voix, n'est pas aussi pute que 'The Ketchup Song' mais l'office de tourisme de Mykonos pourrait l'utiliser comme bande son pour vanter ses plages.
Le dansant ' Lumière noire' achève le premier set sur fond d'angélus.
Pause
Et une inquiétude, comment le groupe va-t-il assurer une seconde mi-temps de 45', leur répertoire quasi complet a été interprété avant le coup de sifflet de l'arbitre?
Relance magistrale avec 'Le giron du son' , un truc plus pétillant qu'un Orangina frappé et bourré de woop woop woop's vibrants et extensibles.
Faut tenir jusqu'à 20h, tu te demandais comment!
Damazur a prévu une série de reprises, en commençant par 'Marcia Baila' de Catherine Ringer et Fred Chichin.
Sous l'oeil averti d'un sosie de Stéphane De Groodt, ex-pilote de F3000, Damazur s'approprie le tube, Pléhédel vibre et chaloupe.
C'est nouveau, c'est laridé ( pas la danse), c'est marin, ça grince, car un 'goéland' qui raille, ça ébranle les tympans. Le charognard kleptomane rocke sec sur fond d'orgue majestueux, pour le plus grand plaisir d'Alfred, citoyen d'honneur de Dinard.
Dans la même veine rock speedé , la boîte à rythme lance la suivante sur laquelle Marion pose des halètements impertinents et quand elle lâche....alors, cours vers un autre monde... c'est Téléphone qui vient narguer ton esprit.
La seconde cover de la soirée, 'La nuit je mens' de Bashung, entre dans la logique des choses.
Faire la cour à des murènes, ce n'est pas banal!
On poursuit avec 'Voyage, voyage' de Desireless.
La new wave à la française, aux senteurs Euro disco, fait toujours les beaux jours de Nostalgie.
Plus récent, ' Le dernier jour du disco' de Juliette Armanet n'a pas plu au fan local de Sardou mais a fait danser le parking, Quentin se lâche, Marion dodeline, Juliette a repris ses esprits.
Et pour parachever l'exercice ,voici un morceau heurté et scandé à deux voix, 'La Meute' est dédié aux free parties.
Public en ébullition, normal après ce set tonique, complété par une seconde version du 'Giron du son'.
Gaffe tout de même car planter la tête dans le caisson peut conduire à l'acouphène!
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