samedi 22 février 2020

Première 1/2 finale - Du F. dans le texte à la Maison des Musiques, Bruxelles, le 21 février 2020

Première 1/2 finale - Du F. dans le texte à la Maison des Musiques, Bruxelles, le 21 février 2020

Les 21 et 22 février, 10 candidats se disputent les 4 places pour la finale  de  Du F. dans le texte qui aura lieu au Botanique le 28 mars.
La Maison des Musiques reçoit  le VENDREDI 21 février
Carmen et Verneuil
Victoria Moriconi
Brèche de Roland
Fudji
LUX MONTES

le SAMEDI 22 février
Joy Slam Poésie
Tyler
Lo.
Jonathan Krego
Estelle Baldé.
Rappel  sommaire,  du F. dans le texte remplace, depuis 2013,  le concours Musique à la Française, quelques beaux noms figurent sur la liste des lauréats: Insecte, Glauque, FaOn FaOn ou Veence Hanao, e a., le gagnant est assuré de pouvoir se produire sur de belles scènes lors des festivals d'été.
Cinq groupes par soirée pour une prestation de 20', c'est concis, pas question de radoter, il s'agit de convaincre et de démontrer la pertinence de son discours.
 La délicate mission d'ouvrir les hostilités revient à Carmen et Verneuil.
Bizarre, ce blason: Bizet ? Henri 'Week-End à Zuydcoote" Verneuil? A La Table De Carmen à Verneuil en Halatte?
La question reste ouverte....
Le groupe a été créé il y a peu par Jérôme Segers et Pierre Delfosse, des jeunes gens ayant évolué au sein de Metropolitan Gallery ( deux singles). Sur scène, le guitariste et le bassiste sont accompagnés par Loïc Castel ( lui aussi ex -Metropolitan Gallery)  à la batterie et par un claviériste caché derrière Jérôme.
Le quartet ouvre par ' Satellite'  , un French pop en mode midtempo, rappelant les productions de combos tels que Les Innocents, Les Tricheurs ou Jeff Bodart.
C'est sympa, mélodieux et bienveillant.
La basse et la guitare sont interchangeables, les places sur le podium aussi, on attaque ' Pandore', celle qui malencontreusement a ouvert la boîte qui aurait mieux fait de rester fermée.
Pas de quoi faire exploser nos tympans.
Ils affectionnent Etienne, non pas un mec chanté par Guesch Patti, non,  le gars de Rennes, né à Oran, et reprennent 'Bleu comme toi', avant de clôturer leur set par 'Almeria', amorcé par une boîte à rythmes invitant au pas de danse.
Ce dernier titre est assurément le plus mordant d'une tirade plaisante et sans prétention.

Victoria Moriconi
Un laptop, un tabouret et une fille souriante et espiègle.
Victoria, étudiante à l'IHECS, a rameuté son fan club, ses copines, futées et agitées, manifesteront bruyamment leur enthousiasme après chaque allocution electro pop, proposée par cette passionnée d'astrologie ( dixit la fiche du Conseil de la Musique).
De jolis dessins sur l'écran parent le fond sonore et le chant attrayant de la délicieuse enfant, qui décide de démarrer par un morceau qu'elle a mis en musique pendant la période où elle était en blocus, 'Une souris verte'.
Oui, la chanson enfantine légèrement remaniée, la souris fume de l'herbe.
Humour, fraîcheur, naturel, impertinence, et electro pop habile, il n'en faut pas plus pour être séduit.
' Sans parachute' a été conçu comme soundtrack pour le court-métrage ' Je vais mourir demain'.
Attention, talent, une rivale pour Angèle,  une future reine,  Victoria c'est pas du brol!
'Planer' a été  composé à la veille du concours.
 Un flow vaguement hip hop, un fond musical aérien, prépare-toi à voltiger comme un papillon,  hardiment dans l'éther rayonnant  ( merci Goethe).
Merci, Bruxelles, je me suis bien amusée, je vais boire une bière avec les copines...

Brèche de Roland
C'est la soirée des immatriculations déroutantes, keski a poussé  Coraline Gaye à opter pour le matricule Brèche de Roland, un périple du côté du Cirque de Gavarnie, le film des frères Larrieu, un souvenir scolaire ( Roncevaux, l'épée Durandal), Les Belles Histoires de l’oncle Paul dans le journal Spirou ...?
Coraline a autrefois traîné  au sein d'About Lee, elle manie les touches,  écrit et conte, pour ce nouveau projet elle est entourée  ce soir de Fabrice Detry (Fabiola, ENDZ) à la basse et au moog et de Simon Bériaux ( Hibou, Les Juliens) à la guitare.
 L'univers de Brèche de Roland est plutôt Rive Gauche, il trempe dans un bain poétique proche du ton d'Anne Sylvestre ou de celui de Barbara.
Un premier titre, méandreux, est lâché après un faux départ, ...dans le lit des rivières combien ont dérivé... ton cerveau trace un parallèle avec la sensibilité dégagée par les textes de Lisza, la compagne de Vincent Liben.
La parure musicale est sobre, intimiste et précise, tu le vois ce cours d'eau, tu l'entends le léger clapotis, chut, tais-toi,  une bergeronnette craintive s'abreuve, elle ne nous a pas vus.
'Janvier' éveille en toi des images d'un monde végétal omniprésent, les effets d'ebow, élaborés par le guitariste, ajoutent une touche surréaliste au propos.
 Rimbaud, Maeterlinck, Debussy, Puvis de Chavannes doivent avoir influencé Coraline, une troisième plage toujours empreinte de couleurs, d'odeurs, de bouillonnements nous est proposée avant d'ébaucher le concis et sensuel ' Les arbres'.
Le showcase s'achève par 'Les particules' une dernière tranche de poésie précieuse et fragile.
Justesse de ton et maturité, la Brèche de Roland a assurément  un avenir sur nos scènes. 

Changement radical avec Fudji, le jeune gars de Braine-l'Alleud (  Maxence Paneels) pratique un rap acrobatique et impétueux, il est soutenu par un DJ au look improbable, un croisement entre Les Vamps et Les Poufs, des copines à de Warzée.
Il a rameuté tout un gang de LLN pour le soutenir, ces jeunes gens ont fait trembler le plancher du premier étage tout en scandant les textes balancés d' un flow speedé par le MC.
'Doucement', ainsi s'intitule le premier sermon et si le tempo reste relativement modéré, le débit étonne, ce garçon maîtrise parfaitement l'art de la syntaxe, des rimes et de la déconstruction.
Même sans être fan, tu dois reconnaître que Fudji est loin d'être un rapper de seconde zone.
Les suivantes, ' Pompéi'  et ' Nectar' ( ouais, tu peux  faire rimer avec rockstar, Oscar)  confirment le propos.
Je poursuis avec une douceur maison, sans trop de chantilly, 'PPP' avant de passer aux choses sérieuses avec ' Une balle, un mort'.
T'as eu l'impression que le fusil-mitrailleur a largué plus d'un projectile, ça tirait dans tous les sens!
'Effort' conclut un set fiévreux, fort  apprécié   par la communauté hip hop du Brabant Wallon.

Lux Montes
Avant de devenir Lux Montes, en 2013,  Lucile Beauvais a fait partie de June Lullaby et d'Enfantloup.
On lui attribue deux EP's et un album ( La Verdad), ce soir, du F dans le texte oblige, le répertoire sera exclusivement en français.
Après l'exercice de balance, la jeune femme s'éclipse pour enfiler un top et une longue jupe carmin, histoire de rendre hommage au sang andalou qui coule dans ses veines.
Sur scène, un Yamaha, un synthé et un laptop diffusant des visuels abstraits, se rapprochant par moments des expérimentations psychédéliques des débuts de Pink Floyd.
'Tu Alma' amorce le mini-set,  cette plage sensuelle et sophistiquée repose sur des layered vocals et une orchestration que n'aurait pas reniée Kate Bush ou Bat For Lashes.
Une entrée en matière des plus prometteuses.
'La Traversée', mariant  classicisme serein et éléments electro, est tout aussi raffiné et c'est par des gestes précis et étudiés qu'elle entame le titre suivant reposant sur des beats sombres ... nous revenons à la terre... clame-t-elle avant de déchirer nos tympans par un cri poignant.
' Superhero', tu parles...je ne veux pas sauver le monde, je suis fatiguée... murmure Lux sur sonorités hybrides et noisy côtoyant les mondes de PJ Harvey ou de Björk.
Ce set intense s'achève par une cover, 'Angora' d'Alain Bashung.
Le rendu est précieux et met en évidence l'importance du silence.
Lux Montes, superbe découverte, nous adorons son esthétisme.
Le 21 mars à l'An Vert à Liège! 

En principe, le jury doit désigner les finalistes le 22 en fin de soirée.








dimanche 16 février 2020

We Hate You Please Die/ Substance @Bonjour Minuit • musiques actuelles,Saint-Brieuc, le 14 février 2020

We Hate You Please Die/ Substance  @Bonjour Minuit • musiques actuelles, Saint-Brieuc, le 14 février 2020

Le 14 février ne fait rire que les commerçants, corvée resto avec madame accomplie la veille, t'es gentil, elle a dit, t'as souri en remisant la carte de crédit, tu fais quoi demain, elle a ajouté, soirée découvertes à Bonjour Minuit, tu rentres tard, ne marche pas sur la queue du chat.
Le Club - ouverture des portes à 20h30, Substance en piste 30' plus tard.
Substances légales?
Pas posé la question, le groupe de Nantes dit pratiquer du punk love.
Sont quatre, ils n'ont plus 20 ans depuis un petit temps, ont un passé sur les scènes, même si la C I du groupe indique naissance en 2017, on relève  les noms, Twister and Bag, Croaks, Sardines, Halal Vegan, Le Bourgeoisie, Vison ou Violon Profond.
Zavaient d'abord opté pour Poumon, déjà pris en Gironde.
Traces discographiques?
Une démo cinq titres.
Line-up:
Pitch : Chant / Riko ( Eric) : Batterie et chœurs / Jean-Benoît : Basse et chœurs /Antoine : Guitare et chœurs.
'Department store' est lâché, l'ex-caissière a de la gueule, la basse tabasse, Riko imprime un rythme binaire et Tonio connaît son job.
C'est du punk d'avant-guerre, comme les Nantais, pas nantis, sont fans des Buzzcocks, tu vois un peu le genre.
Ils ont embarqué dans un train qui ne s'arrête pas dans toutes les gares, il leur arrive d'enchaîner les couplets sans nous laisser le temps d'applaudir, sur le papelard, troué, gisant aux pieds de Pitch, une copine du capitaine Marleau, sans chapka, mais à la crinière bleu émeraude, t'as lu 'Something wrong', puis ' The situation'.
Ils dédient la suivante, virulente, à Pete Shelley, décédé en décembre 2018, avant de proposer le profond 'Deep Fall', quasi récité, comme l'aurait fait Percy Bysshe Shelley.
Elle te regarde d'un oeil mauvais et éructe ' I don't trust you',  les copains poursuivent leur travail de sape toujours en mode Stranglers en balade, d'ailleurs le jeu de basse de Jean-Benoît se rapproche de celui de l'étrangleur d'origine française.
Constatation, c'est le printemps, Pitch ne regarde jamais la page météo sur TF1, mais amorce 'Springtime'  suivi par le requiem ' Flesh and bones'.
Tu dis, Alfred?
Les plus désespérés sont les chants les plus beaux,...
Tu ne vas pas sangloter, tiens, un billet, paye-toi une mousse!
Après ce moment post punk, terminé au larsen, la basse, polyglotte, lâche 1,2;3,4  dans une langue comprise jusqu'à Inverness.
Après un épais ' Weight of love', vient une berceuse destinée aux zombies, 'Lullaby'.
Le chapelet rock contient encore les grains 'Hope song', 'More than two' , 'The Substance', l'incandescent ' Burning tree' chanté à la manière de Marianne Faithfull , avant une annonce précédant l'Ite Missa Est.
Il nous en reste deux puis  on passe au bar, un Celtic punk  nerveux et 'Little girl' ( pas sûr, de ce dernier titre).
Laurence te sonde, et?
A défaut d'originalité, on retiendra l'énergie déployée et  leur plaisir de se trouver sur scène....

We Hate You Please Die.
Du culte!
On ne se connaît pas et pourtant je te déteste ( Dragon Ball).
I hate myself and want to die ( Nirvana).
Die cry hate ( Black Suit Youth).
Hate to say I told you so ( The Hives).
Seulement si tu te retenais une heure ou deux de respirer, tu vois ce que je veux dire, sache que je te hais ( Jacques Duvall).
A Rouen, ils savaient!
Donc  Raphaël Balzary, le nouveau Gilbert Bécaud, 100 000 volts ( chant, délire, guitare)/Chloé Barabé ( basse, chant)/ Joseph Levasseur ( guitare, choeurs surf)  et Mathilde Rivet ( t-shirt Frustration, batterie) ont décidé de nous secouer et nous forcer à  ne plus accepter le système capitaliste qui se fout de nous.
Un album, 'Kids are Lo-Fi' et des concerts à la pelle, le groupe fait sensation!
Démarrage en forme de garage noise avec 'True men don't drink milk' , qui n'a aucun lien avec ' No milk today'  des Herman's Hermits.
Si tu veux des repères, on propose Ty Segall , Fuzz ou Jay Reatard, bref, tous des gens qui ne prêchent pas l'amour fleur bleue.
'Rita Baston' est entamé au chant par la gentille Chloé, lorsque son collègue vient la soutenir, tu penses aux Pixies, mais en contrepoint,  le grand Joseph nous assène des ouh ouh ouh dignes, des Girl Groups produits par Phil Spector.
Mélange étonnant.
Raphaël a décidé de prendre le pouls du club et vient se frotter aux premiers rangs.
C'était le signal, le pogo est en gestation.
La basse vire post punk, l'excité scande le saccadé  ' Structure'  suivi par 'Got the Manchu', victime d'un faux départ.
Les choeurs pop enrobent le chant en forme de râle de l' hyperkinétique, difficile de coller une étiquette sur le cocktail proposé, garage/punk/noise/ pop/ tu peux même y entendre des relents Beatles, Troggs ou Pretty Things, .... étonnant et détonant! 
' Kill your buddy' , à ne pas prendre à la lettre, précède 'Minimal function', pendant lequel Balzary, fraîchement libéré, se paye un nouveau bain de foule, ses exercices acrobatiques inspirent une partie de la clientèle qui se met à le singer tout en bousculant une brave photographe tentant d'immortaliser les événements.  
Roger Moore savait qu'en France ' A view to a kill' était devenu  ' Dangereusement vôtre'.
Le chat du guitariste se nomme 'Hortense', Hortense n'est pas intéressé par la politique, il ( elle)  aime le rock.
Nouvelles effluves surf pendant 'Good company' auquel succède' Vanishing Cops' démarrant en forme de ballade avant de prendre un virage Velvet Underground.
Le set devient de plus en plus en physique, pendant ' Barney', le petit Raphaël vient se mesurer à un gorille, tu crains pour sa santé, heureusement la bête est pacifique.
Nouveau passage serein pour ébaucher ' Figure it out', de jolis effets psychédéliques invitent la foule à tanguer mollement, tu sais pourtant que l'orage est proche, just figure it out... ouais, on se l'imagine, tout en surveillant un comique, perché sur les épaules d'un complice, frôler de son crâne  les luminaires du plafond.
' Luggages', bon, au lycée, ton prof d'anglais avait insisté, luggage est invariable, ce brave gars doit se trouver à l'hospice, à Rouen ils ont eu un autre teacher.
Et, sinon?
Du rentre dedans, le screamer vient s'asseoir face à une groupie pour lui susurrer une litanie qui explose au final.
Une basse saturée enclenche 'Terminal'  qui tout doucement nous conduit vers les dernières salves, 'Melancholic rain', fait de soubresauts épileptiques, 'Coca collapse',  ' DSM6'  au scénario identique,  le punky ' Local Liars' et, enfin, pour couronner le tout leur mot d'ordre ' We hate you please die'.
On n'a pas dénombré de cadavres en quittant les lieux, juste des gens, en sueur,  heureux  et conquis.

Le 21 février à Talence!







The Banging Souls - Rock’n Beers Home Sessions - Sart Saint-Laurent, le 14 février 2020

THE BANGING SOULS : HOME ROCK ‘N’ BEERS SESSIONS – SART-ST-LAURENT – 2020.02.14
Pour une fois dans ma vie, je n’ai pas envie d’écrire, ma douleur est trop violente, trop soudaine car tu es parti sans crier gare en ce matin du 15 Février. Mon ami Eric Laforge s’en est allé rejoindre le panthéon des musiciens où il a pleinement sa place tant il a apporté à la musique sur les ondes de Classic 21 de par son éclectisme et sa bonne humeur. La seule musique que j’ai entendue ce matin ne comportait que deux notes : « plic, ploc » c’était le bruit de mes larmes qui s’écrasaient sur le plancher de ma chambre. Je n’ai pas envie de grand-chose mais je sais que tu n’aurais pas voulu ça car tu m’as toujours encouragé et apporté ton soutien dans l’écriture. Alors pour toi je vais passer au-delà de ce sentiment de vide et dominer ma peine. Oui, je vais l’écrire cette revue de concert mais cette fois tu ne seras pas là pour me donner ton avis et tes commentaires. Mais quelque part, les gens qu’on aime ne quittent que notre champ de vision quand ils s’en vont, dans nos cœurs, ils vivent à jamais. Merci mon Ami.
Hier soir c’était les retrouvailles ; le premier concert des « Souls » depuis 2019 et le bras cassé de Ludwig. On essuyait donc les plâtres pour le retour au bercail des enfants prodigues. Une superbe nouvelle Gibson Les Paul, plein de monde et donc de nouveaux visages, à un point tel que si çà continue, il faudra bientôt que le groupe ouvre sa propre salle. on l’appellera « The Banging’s Hall » Imaginez un peu les tee-shirts « The Banging Souls Live At The Banging’s Hall » ça en jetterait non ? Par contre, c’est super gentil de venir à un concert mais si vous pouviez arrêter de raconter votre vie lorsque le groupe se produit ce serait déjà une marque de respect, en clair, fermez vos gueules, mettez une veste et allez dehors pratiquer vos épanchements Sidonie… ça ne marche pas avec un autre prénom… Ça, c’est fait !
Aujourd’hui, je vous fait grâce de la setlist parce que ce soir, on s’en fout et parce qu’il y a des moments où on n’en a tout simplement pas besoin ! C’était un concert de retrouvailles, comme quand des frères et des sœurs se revoient après une longue séparation. On est maladroits et on se marche un peu sur les pieds les uns, les autres lorsqu’on se prend dans les bras et qu’on s’étreint, simplement pour dire « je t’aime » du fond du cœur. On ne le dit pas assez souvent et puis un jour, c’est trop tard. Alors oui, c’est un concert de reprise, tout le monde est heureux et tout le monde se relâche un peu. Le boulanger sort quelques petites tartines mais pas de pains entiers, non, ce ne sont pas des béotiens tout de même.
Nouvelle disposition scénique pour le concert le plus heavy auquel j’ai assisté à un point tel qu’on entendait plus assez Gaëlle, le wall of sound d’hier aurait fait passer Black Sabbath pour la chorale paroissiale de la deuxième unité des dames patronnesses de Wanfercée-Baulet au festival « seigneur nous te louons » de Gendrain-Gendrenouille, c’est vous dire. Mais c’est pour des moments pareils qu’on les aime tant nos « Souls », parce qu’ils sont faits d’humanité et d’émotions, de chair et de sang, ce sont les tripes et le vécu qui font le show, ce n’est jamais la reproduction exacte du précédent, toujours une surprise. C’est un peu comme quand t’étais gosse et que tu regardais Eddy Merckx à la télé, quoi Bernard Thévenet ? qui Benard Thévenet ? Quoi la montée vers Pra-Loup au tour ’75 ? Ta g***** toi, fais pas ch*** ! Oui, je disais donc, tu savais qu’il allait attaquer mais, jamais quand. Tu savais qu’il allait te bouffer de toutes façons. Les Souls c’est comme Eddy, hier, même topo ! Grosse surprise d’abord avec Clément, l’ingé-son, le quatrième « Soul » qui se joint au band armé de sa Gibson SG pour un vibrant cover bluesy à souhait du fabuleux « Simple Man » de Lynyrd Skynyrd. Et puis l’instant magique survient et tu décolles, oui, même moi j’y arrive, j’ai anticipé ta question, langue de vipère que tu es.
Comme à chaque fois ça passe trop vite ! Mais ils sont généreux nos « Heavy Souls » et ils nous offrent en rappel un énorme titre, celui de l’album ! Si le groupe avait été Lyonnais et pressé d’en finir on l’aurait dit « Bitch to the Rhône » mais ils sont Belges et « Rich to the Bone ».
Quand à moi, c’était la dernière fois que je les voyais…
En Février 2020 !
Mitch « ZoSo Duterck »

samedi 15 février 2020

Lunis @Session Live à Radio Activ' 101.9 FM - Langueux, le 13 février 2020

Lunis @Session Live à Radio Activ' 101.9 FM - Langueux, le 13 février 2020

Après le déménagement, désormais mensuel, à Bonjour Minuit, Radio Activ' reprend les Live Sessions dans ses locaux à Langueux.
A la veille d'une journée  effervescente pour Cupidon, les animateurs ont invité le duo de Quimper, Lunis.
Depuis une dizaine d'années, Laurène Bourvon et Louis Mevel font équipe, d'abord sous la dénomination Loulou et Lokii avant d'opter pour Laurène et Louis. En 2012, ils participent à la Star Academy ( NRJ) , Laurène s'envole avec les lauriers, le duo sort le single 'Love or Die', suivi en 2017 par un EP (  « EPon1me »).
Nouveau changement d'identité et de cap ( désormais ils privilégient l'acoustique), le couple devient Lunis, qui, fin 2019,  remporte la finale du concours Centrakor Loft Music.
Autre nouveauté, désormais les tourtereaux diffusent chaque mois un titre sur internet.
Il pleut en  Bretagne, ce n'est pas un scoop, c'est vêtus d'un ciré jaune et de baskets, tout aussi canaris, que Laurène et Louis prennent place derrière les micros.
Louis, armé d'une guitare sèche, la jeune femme face à un glockenspiel , à côté duquel repose un jeu de wooden blocks.
Laurène, pas bancale: je suis insomniaque, j'ai écrit le texte du 'Marchand de sable' dans mon lit, il n'est jamais venu, j'ai passé une nuit blanche.
Les deux voix, harmonieuses, se complètent à merveille, le jeu de guitare est épuré.
 Le duo travaille dans la sobriété et la délicatesse.
Bienvenue dans un univers French pop, catégorie vaste dans laquelle tu peux inclure Laurie Darmon, Pomme,  Cléa Vincent, Madame Monsieur ou les adorables Videoclub.
' Dans le sablier'  a été co-écrit avec Christian Vié. 
Les gosses, que tu découvres dans le clip, auraient pu, en soufflant légèrement dans un bullotin,  confectionner des bulles de savon chatoyantes et iridescentes, parties  voltiger dans l'azur.
Voulzy, qui passait dans le coin, s'est mis à fredonner ...j'ai le coeur grenadine... il aurait pu ajouter, et l'haleine fraîche.
Quand elle a annoncé le titre de la plage suivante, 'Flou', tu as forcément songé à Angèle.
Le clip a été tourné au Parc du Radôme à Pleumeur-Bodou.
Flou, fluet, flottant, floconneux, fleuronné...
Oui, on sait, Saint-Valentin, mais l'amour parfait n'existe pas, c'est comme le 'Macadam' il présente toujours des aspérités, leur chant par contre en est dépourvu, smooth comme l'operator de Sade.
C'est l'heure pour une première reprise, le poignant ' Trop beau' de Lomepal, suivie par 'Off' .
Déconnexion totale, tu te retrouves dans un état d'esprit où plus rien ne te touche, tout glisse sur les rails de ton indifférence.
Tout se passe de l'autre côté... c'était la phase philosophique avant le break et l'interview.
L'animateur: vous me faites penser aux Pirouettes!
Surprise, ah, c'est pas une influence majeure ( pourtant il n'est pas loin de la vérité, même si le duo a abandonné le côté synth pop).
Nous, on aime Julia Michaels, The Chainsmokers, Lauv.... 
Reprise avec 'Dans l'Viseur', toujours filmé à la Cité des Télécoms à Pleumeur-Bodou., et un couplet en anglais pour Hugues Aufray.
Pardon, le couplet, en espagnol, c'est le rossignol qui est anglais.
Et Carole King, tu connais, c'est elle qui chante' Nightingale'.
Une seconde cover au programme, un autre rappeur, Orelsan, ' La fête est finie'.
Pff, manoeuvrer cette stompbox m'a refilé une crampe à la cheville, je ne pourrais jamais être batteur.
J'enlève une ou deux lames du glockenspiel avant d'amorcer  ' Fleur au pisto' , un morceau composé en octobre.
Ouah, c'est trop bien, glisse une auditrice à son compagnon.
'Des Roses' sortira le 6 mars, c'est une primeur pour les auditeurs de Radio Activ'.
Un petit clin d'oeil à Charles.
Charles Aznavour?
Non, Baudelaire, et on poursuit avec une première composition en anglais.
'Out of town' , crédité Janee ( a Belgian producer ayant le vent en poupe et ayant collaboré, e a, avec Jenifer, Roméo Elvis  ou San Holo) /Lunis.
On approche de l'univers de Gotye ou  de l'indie synthétique avoisinant  l'esthétisme de  la nu soul.
La dernière plage prévue pour la session live , ' Drums and Drops' a une histoire.
 Royale Avenue et Yall ( Catalogne) cherchaient une voix féminine pour chanter  le futur hit, le choix s'est porté sur Laurène, ils ont eu le nez fin, le morceau est imparable.
Il vous reste quelques minutes, rien à proposer?  
'Never be the same' de Camila Cabello.
 Ce titre nous prouve une nouvelle fois que le duo se sent comme un poisson dans l'eau dans le territoire  teen pop anglophone .
 Fin d'un set agréable et acidulé!
 




 
 

vendredi 14 février 2020

Algiers au Botanique, Bruxelles, le 12 février 2020

 Algiers au Botanique, Bruxelles, le 12 février 2020

Un opéra rock, blues, gospel, punk, new wave qui dénonce l’injustice... disait le Bota.
Et Florian Hexagen, il en pense quoi?

Très bon concert d'Algiers hier soir dans la Rotonde du Botanique (avec des lights et un son au top, ce qui ne gâche rien).
Avec trois albums à son actif, "Algiers" (2015), "The Underside of Power" (2017) et le petit dernier, "There Is No Year", sorti cette année, tous chez Matador, le désormais quintet d'Atlanta a réussi à nous servir une sorte de mix idéal de tous les genres qu'il touche en 90 minutes très (peut-être trop même?) généreuses, avec une intensité et une approche de partage qui faisaient plaisir à voir et à entendre.
On passe d'un morceau de rock gospel à du post-punk vindicatif, avec de-ci de-là des touches de free jazz (ce saxo quand il sonne...) et de synthé des années 80, rappelant la new/no wave par moments.
Ils se définissent eux-mêmes comme de la "dystopian soul due to its somber mood", avec un côté politique ultra assumé, et ça leur va plutôt bien.
On avait été un peu moins convaincu par ce "There Is No Year" que par leurs deux précédents, mais les versions live des morceaux rendent quand même méchamment bien sur scène.
Franklin James Fisher est toujours aussi habité, en un peu plus détendu/apaisé désormais, avec cette voix toujours si puissante et soul, quant à Ryan Mahan, le bassiste synthé fou, et bien il est encore plus dingo qu'auparavant, mêlant mimiques et pas de danse "contemporains" comme si la liberté totale de mouvement sans honte était une divinité et s'était réincarnée en lui, c'était méga plaisant et fun à voir
Sans compter qu'on a eu droit au TUBE (pour moi en tous cas) qu'est "Blood", avec une version aussi monstrueuse que dans la vidéo , bonne baffe!
Bref, un tout bon concert encore une fois, décidément, cette semaine est une bonne pioche, entre Thurston Moore Group dimanche, L'Ocelle Mare et Tachycardie lundi, The Murder Capital mardi et donc Algiers hier! 

Music is everything!

mercredi 12 février 2020

L'Ocelle Mare / Mariachi / Tachycardie à la Brasserie Atlas, Anderlecht, le 10 février 2020.

 L'Ocelle Mare / Mariachi / Tachycardie à la Brasserie Atlas, Anderlecht, le 10 février 2020.

Florian Hexagen découvre de nouveaux lieux....


Pas eu le temps encore de revenir sur la soirée qui s'est tenue à la  Brasserie Atlas ce lundi, organisée en partenariat avec Les Ateliers Claus (salut à l'ami Tommy Denys), mais cette proposition artistique en trois étapes était aussi tarée que le lieu, complètement fou, que je n'ai découvert qu'à cette occasion (ouais je sais, honte à moi).
Cet espèce de corps type 'old brewery' est juste gigantesque, avec des salles et des recoins de partout (tiens, un bar, tiens, une alcôve chelou, tiens, des chiottes, tiens, une cour, tiens, des appart', ...) et se révèle être juste idéal pour accueillir ce type de soirées expérimentales ou bien encore carrément un festival indé un jour qui sait...?
Arrivé un peu en retard par rapport à l'horaire annoncé, j'ai pu chopper la fin du set de Mariachi, une nana qui jouait des accords stridents weird radicaux sur une guitare au milieu de tout le monde. Un peu trop dissonant pour bibi, même si je comprends le trip.
S'est ensuite enchaîné pour le plaisir des yeux et des oreilles le set tout en classe et intensité de L'ocelle Mare, où Thomas Bonvalet nous a encore enchantés par ses créations musicales uniques, type Chapi Chapo qui aurait décidé d'accepter de vieillir et d'expérimenter plus encore en troquant ses instru-jouets contre des instru-encore-plus-chelous, le tout enrobé dans un état d'esprit d'un berger multi-instrumentiste perturbé qui se serait perdu dans les collines désertes du Massif du Lubéron sous un cagnard d'enfer en prenant trop d'acide fin du 19ème siècle. Bref, un cosmic rural trip envoûtant et hypnotisant, pour un set plus expé encore que la dernière fois où je l'avais vu.
Enfin on a eu droit à un concert expéditif mais délicieux de Tachycardie (JB de Pneu), qui a troqué la violence du tapage de fûts à la noise pour une electro drums expé radicale planante et transante, et c'était bien, bien coolos (mais trop couuuuurt, on en veut plus la prochaine fois
Une toute bonne soirée dans un lieu méga cool et un line-up bien aventureux, quoi demander de mieux pour un lundi soir pluvieux en mode post-tempête Ciara dans la capitale belge qui ne dort pas tant que ça en fait?!

The Murder Capital au Botanique , Bruxelles, le 11 février 2020

 The Murder Capital  au  Botanique , Bruxelles, le 11 février 2020

Florian Hexagen était à l' Orangerie ( bourrée) 


Excellent concert du phénomène du moment "coming from Dublin" The Murder Capital, qui affichait complet hier soir au Botanique
Comparativement au précédent buzz venant de la capitale irlandaise, Fontaines DC, que l'on apprécie bien sur album mais qui nous avait quelque peu déçu on stage, le quintet mené par l'intense James McGovern a lui passé cet obstacle avec mention.
Bon état d'esprit, volonté de partage et de don de soi envers l'audience, musiciens tous impliqués, batteur métronome, bassiste dingo (il pourrait jouer dans un groupe de noise barré), duettistes guitaristes efficaces, et donc ce chanteur, qui faisait parfois relativement penser à Ian Curtis (très beau timbre de voix).
Alors oui, il y a clairement un côté Joy Division dans leur son, mais plus actuel et punk dans son expression. Parfois j'ai eu l'impression d'avoir à faire à un drôle de mix au niveau du jeu de scène et des émotions procurées entre un Fontaines DC sous coc', un Deafheaven qui ne "stridenterait" pas et un Daughters version "You Won't Get What You Want" qui aurait opté pour une session de calinothérapie sous influence de la beuh.
Ils étaient intenses, beaux, pas trop contents de la vie en général mais prévenants quand même entre eux et avec nous, et surtout, kiffaient clairement d'être là. Et ça, c'est déjà plus que beaucoup de concerts auxquels on peut parfois assister dans des salles "institutionnelles".
Alors ouais, leur set était court (50 minutes max), mais avec un seul album sous le bras (l'excellent "When I Have Fears"), difficile de jouer plus longtemps pour le moment.
Reste quand même une jolie collection de morceaux bien marquants, sans être (encore?) des tubes absolus, tels que "More is Less", "For Everything" ou "Green and Blue", et un "Feeling Fades" bien punk placé en toute fin de set, où le James s'est permis d'effectuer un slam bien tendu et puissant dans une fosse en état d'ébullition.
Une bien belle soirée au Bota', organisée par Goûte Mes Disques, merci à eux de nous les avoir ramenés à Bruxelles, depuis le temps que leur réputation gonflait de l'autre côté de Manche.
A mon avis, les festivals de cet été / automne vont se les arracher, ou se les arrachent probablement déjà...
En espérant qu'ils ne se crament pas en tournant trop, et surtout qu'un deuxième album viendra confirmer tout ce talent encore brut. Ça n'est pas si fréquent qu'un buzz se vérifie sur album et sur scène de nos jours, alors bonne route à eux! 

mardi 11 février 2020

Strange Kind Of Women à La Grande Ourse, Saint-Agathon, le 9 février 2020

Strange Kind Of Women à La Grande Ourse, Saint-Agathon, le 9 février 2020

 Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage ... ce qui n'a pas pu se faire en 2019, Melrose l'a réussi, faire venir le seul Deep Purple Tribute féminin, Strange Kind Of Women, à La Grande Ourse.
Et  vingt dieux de putain de bordel de merde, les filles ont donné un concert qui restera dans les annales, tout y était: la vitalité, la virtuosité, le charme, pour ne pas passer pour un machiste on laisse tomber "sex appeal", l'enchantement, un brin de nostalgie  et  le show.
Dehors les arbres craquaient, les toits s'envolaient, les pompiers pestaient, Ciara était en colère, dans la salle, c'était pire encore, cinq furies transalpines nous ont tous mis KO, et comme on était tous maso on en a  réclamé, encore et encore!
L'idée de monter un all female Deep Purple Tribute band avait germé dans le cerveau de la guitariste Eliana Cargnelutti ( Blue Ruin, The Mayday Band, Eliana Cargnelutti Band et une des Girls With Guitars lors d'une Blues Caravan organisée par RUF Records).
Elle a convaincu quatre copines  pour tenter l'aventure, les petites et mignonnes Paola Zadra à la basse et  Margherita Gruden à l'orgue, la féroce Paola Caridi aux drums et la féline rouquine milanaise Alteria aux vocaux et aux exercices physiques divers.
Alteria, en montant sur scène, a le mot pour rire, Saint-Agathon, we hope you know Deep Purple, we're gonna rock all your saints and virgins!
Quoi de plus logique que de débuter par ' Stormbringer' en cette soirée agitée.
Le numéro d'Alteria a commencé, Eliana fait oublier  Ritchie Blackmore, Margherita est drôlement plus séduisante que Jon Lord, Paola, la bassiste, est plus sexy que l'épouse d'Albert, et le jeu de Miss Caridi ne va pas calmer les éléments, c'est du tonnerre qui s'entend jusqu'à Brest.
Elles embrayent sur ' Black Night',  la panthère rousse ne doit pas insister, la salle bat des mains, la Fender crache son venin, l'orgue se fait diabolique, le jeu de batterie est puissant et Paola, à la coupe Jean Seberg, nous prouve que les nanas ne sont pas forcément destinées à nous tricoter des chaussettes au coin du feu.
Can you remember, remember my name?
James Bond?
Tu rigoles, elles s'attaquent à ' Perfect strangers' de 1984.
Après une tentative de communication, vite avortée, dans le vocable de Voltaire, on revient à une langue qu'elles maîtrisent mieux, le rock!
' Lay down, stay down'  secoue et que dire de ' Strange Kind of Woman' , la nana qui a laissé  a trail of happiness and misery.
Tes vieilles jambes ont la bougeotte, à tes côtés un mec, qui ne doit pas craindre les nouvelles mesures concernant la retraite, pleure de bonheur.
La communion est totale.
Avec 'Mistreated' elles abordent la face blues du Purple, on adore!
Saint-Agathon, don't be shy, je ne vous entends pas, vous avez le droit de parler entre les morceaux, voici l'incandescent 'Into the fire'  aux riffs incendiaires.
Mademoiselle Margherita, c'est à toi.
Elle nous balance l'intro liturgique de ' Speed King', effectivement, c'est l'heure de l'office vespéral.
Comme au bon vieux temps, John Lord et Ritchie Blackmore se tapent un duel épique, le public, ébahi,  compte les points.
Vous risquez de reconnaître la suivante, tu parles, Eliana s'amuse, balance l'intro de 'Whole Lotta Love' puis nous la joue Janis Joplin avant de placer le riff de 'Smoke on the water', le solo de batterie a enflammé même les pompiers, la rouquine en a profité pour changer de top avant de se lancer dans des figures d'aerobics toniques.
Un instant de majesté précède ' Child in time' et Alteria réussit ce que Ian Gillan ne peut plus faire depuis longtemps, monter jusqu'au paradis.
Durant la nuit, tu rêvais  encore d'elle! 
Un petit voyage dans l'espace?
On te suit, voilà ' Space truckin'  voyant  Paola Zadra en mode slapping.
Tant qu'on y est, on reste là-haut pour 'Highway star' .
Sur cette autoroute, on a croisé quelques camionneurs voulant épingler les photos de toutes les SKOW dans leur cabine, ils on' été doublés par une Maserati, une Ferrari, une Alfa Romeo, une Lamborghini, une Lancia, la Lada, poussive, a essayé, en vain.
Avant la dernière, une pensée pour Ronnie James Dio dont la devise était long live r'n'r!
' Burn' est pour Jeanne d'Arc!
Quel groupe, mes aïeux!

Quoi?
Un bis, les copines sont parties, vous insistez, je vais les secouer, elles sont d'accord pour a soft song.
Tu parles, Charles, elles nous lâchent un 'Fireball' brûlant!
Près de deux heures de show sans aucun temps mort, il n'y a plus de sexe faible, Messieurs!
 




Thomas Howard Memorial - album " Bonaventura "

Thomas Howard Memorial - album " Bonaventura "

Par NoPo

 THM me fait toujours cet effet, l'impression d'une musique expérimentale très intérieure et personnelle et qu'il faut aller chercher au plus profond de soi.
 La 1ère écoute s'oriente avec difficultés le long d'une rivière capricieuse puis nos sens nous guident à travers les méandres où on se plaît à reconnaitre un paysage souvent sombre et parfois lumineux. Après une entrée en "Tunnel" bruitiste, à peine contrariée par un clavier léger, la lueur nous conduit... "Let it glow" On flotte sur une mélodie mélancolique portée par un rythme lent et lourd.
 La voix de Yann s'élève bientôt rejointe par celle de Elouan et elles se marient merveilleusement bien (comme sur plusieurs autres titres).
 En fin de morceau le pouls s'accélère et une guitare accrocheuse zèbre tel l'éclair d'un orage proche. "Revolution" quel numéro ? 
Number 9 me parait peu approprié trop peu beatlesien, le ton est lourd, la basse plutôt floydienne.
 La voix passée au vocoder semble souffrir et soudain c'est l'éclaircie, une nouvelle fois la guitare d'Elouan vient apaiser la douleur. 
"Storm" Cette fois-ci on y est mais très brièvement car enchaîné à "The way" et l’accalmie arrive aussitôt.
 Un clavier/clavecin ritournelle et les voix emmêlées escaladent les roulements de la batterie de Thomas.
Une accalmie? 
La douleur semble toujours présente mais ... il y aurait une sortie. 'There's someone to blame and I can feel the pain ... so I don't know I fade away where I go... show me the way'. 
Le morceau se termine sur une guitare sèche et le suivant repart sur une guitare rêche... -"Feel alright" On y croit! 
Tu crois ? 'Comment repartir à zéro?' 
La belle poésie chantée en français coule tristement comme des larmes sur les touches du piano. "John" des claviers au son léger de steel pan s'envolent doucement mais vite contrastés par un écho puis un tom lourd, si lourd, avant un son strident qui déchire et c'est la chute au fond de l'eau, on entend les bulles et le rêve s'y engouffre par une guitare une nouvelle fois lumineuse... Il y a toujours un espoir même si le rêve est évanescent. 
"The call" A nouveau ce clavier clavecin et cette basse bien ronde nous transportent sur les ailes d'un flamant rose.
 'I call you on the phone to hear your voice'
"Irma's death toll" 5 notes de piano nous hypnotisent et la voix plaintive résonne comme dans un enregistrement de Martin Hannett pour Joy Division. 
 "The new told lies" La batterie sobre et majoritairement discrète sur cet album laisse la part belle à la basse mélodieuse. 
Pour une fois on ressent plus d'emphase et de lumière. 
La fin du morceau à influence progressive crimsionnienne présente une magnifique guitare toute frippienne. 
"Clint" Le ciel se déchire et laisse apparaître un coin plus bleu dessiné par une belle mélodie éthérée qui s'évanouit au son d'une guitare un peu sonnée en bout de course.
"Bonaventura" Ces musiciens sont culottés! Terminer cet album par 3 instrumentaux et faire un clip avec cette bonne aventure qui ne l'est pas vraiment.
 Encore une ritournelle hypnotique aux notes de clavecin bien accompagnée par la guitare légère et la basse prenante. 
Un break aux allures d'enterrement (!) puis martial aux tambours d'Armor enchaîné sur un son de flûtes avec clochettes précède la reprise du thème majeur... 
Une ambiance à la Forever Pavot.. 
"Out" fait mal, strident et apocalyptique puis la rédemption pour quelques secondes.
 Plusieurs de ces compositions étaient prêtes depuis plusieurs mois et déjà jouées en public mais elles ont continué de macérer dans leur jus 
Enregistrés au studio Kerwax à Loguivy Plougras où l'analogique vintage tient chaud au coeur, ces morceaux transcendés débouchent sur un album bouleversant. 
THM ne ment pas et livre sans concession la vision de son art.

Nuit du Blues avec Catfish - Espace Culturel Jean-Jacques Robert, Mennecy , le 7 février 2020

CATFISH : Espace Culturel Jean-Jacques Robert, Mennecy (91), France, 2020.02.07.
 Mitch ZoSo Duterck

C’est toujours la même chose, je ne sais pas si tu as remarqué Ô lecteur fidèle et averti (comme l’était Jean-Christophe) mais en ce qui me concerne, quand je pars en expédition, le sommeil a toujours tendance à me fuir. Déjà qu’en temps normal il me fait franchement la gueule, la veille d’un concert, il ne prend même plus la peine de partager ma chambrée.
Alors tu tournes et te retournes sur toi-même comme un chien qui va se poser dans son panier, sauf que lui, deux minutes après : il dort ! Tandis que toi, nada.
Alors, comme Pascal, tu ouvres la porte à tes pensées que tu laisses s’échapper, pets discrets de l’esprit qui éclatent en presque-silence devant tes yeux rougis de fatigue comme les bulles de savon que tu créais de ton souffle innocent lorsque tu étais gosse. Allez, dis-toi que ce sera déjà ça de moins à porter dans quelques heures.
Je te fais donc grâce de ces quelques heures creuses, sache seulement que j’ai retrouvé mon pote Cédric en gare de Namur, capitale de la Wallonie, je précise pour les lecteurs français de cet article qui ne sauraient pas où ça se situe. Et le premier qui ajoute « une fois » s’en prend une dans les dents, la Belgique ne se limite pas à cet accent particulier et tellement mal imité, d’un quartier de Bruxelles circonscrit par quelques rues populaires qui font partie de notre patrimoine national sans être toutefois « le » représentant exclusif de notre belgitude.
Arrivée gare de Bruxelles-Midi, Brussel-Zuid, Brüssel-Züd (ça aussi c’est la Belgique) à la fois francophone, néerlandophone (on ne dit pas flamandophone) et germanophone. Direction : le Thalys pour Paris Nord. Oui on voyage en train et en 1ère classe en plus, normal pour des employés de la SNCB (les français remplacent le « B » par un « F ») ça y est ?
 Un repas, une sieste et un Uber plus tard, nous rejoignons notre pied à terre à Mennecy (Essonne). Un coup de téléphone (Essonne) à notre ami Laurent nous apprend que le rendez-vous est prévu à 14.00 à l’espace Jean-Jacques Robert, lieu du concert.
Retrouvailles sur place avec nos amis du Deborah Bonham Band.
Les balances se déroulent super bien et le repas qui suit n’est pas pour nous déplaire non plus. Par contre le rouge est du gros rouge qui tache, du genre à trouer les jeans si tu renverses même par mégarde. C’est là que nous apprenons qu’il y a un groupe de première partie ce soir. Catfish, ils s’appellent ! Connais pas, mais si une filiation, même lointaine, existe avec le « Catfish Blues» de Jimi Hendrix, je serai déjà bien content. On verra ça dans quelques heures.
Quelques heures plus tard, donc, nous découvrons avec surprise et ravissement ce surprenant trio jurassien originaire de Le Frasnois. Et la filiation Blues tant souhaitée est bien présente. La Gretsch White Falcon de Damien ne manque jamais une occasion de trancher l’espace musical du groupe d’un riff acéré qui étincelle comme un éclair dans la nuit noire d’un orage d’été, lorsque la terre fumante libère la lumière qui monte vers les profondeurs de l’espace. C’est toujours surprenant de voir comme les choses qui te sont familières prennent soudainement un autre aspect, un autre visage, lorsqu’elles ne sont révélées que l’espace d’une seconde par une lumière froide qui n’en montre que certains aspects.
La musique de Catfish, c’est un peu ça, tu sens le blues toujours bien présent, le blues des origines, celui des débuts, celui du Delta, des temps immémoriaux, celui de Robert Johnson, de Memphis Minnie, de Sonny Boy Williamson et de Kansas Joe McCoy. Le blues de la tradition orale, celui qui ne s’écrit pas, parce qu’il se vit et mute avec l’histoire de ceux et celles qui le portent en eux et le chantent. Et c’est ce que fait à merveille Amandine, la blonde narratrice qui tient sans aucune peur le centre du plateau. Chose assez rare que pour être signalée, elle chante sans l’accent marqué qui distingue généralement, sans pouvoir s’y méprendre, les représentants de l’hexagone lorsqu’ils s’essayent à la pratique de la langue de Shakespeare, ici, c’est parfait ! Quant à la voix, il y a ce côté rauque à la Beth Hart et cette folie qui rappelle un peu Gwen Stefani, le tout reposant sur un léger vibrato naturel du meilleur effet. Et puis, il y a ce regard qui vous transperce, le genre de truc qui fait qu’un mec, même bourré, n’aura pas le cran de tendre une main inquisitrice vers la maîtresse des lieux, d’office il sait qu’il va s’en prendre une. Amandine, c’est elle qui prend les choses en mains, la scène c’est son espace alors, basta. Attention, n’allez pas croire que Damien et Mathis sont ses faire-valoir, que nenni, bien au contraire.
Le côté narratif et mélodieux est soutenu par une percussion qui se veut généralement peu technique, empreinte d’un minimalisme qui fait adhérer d’encore plus près la musique de Catfish à ses racines. Parfois c’est comme un « chain-gang » long ruban gris et noir qui emmène sa cohorte de forçats casser des cailloux sur une route déserte du Mississippi. Parfois c’est un « working chant » repris par des dizaines de voix et qui s’élève tout à coup le matin dans les brumes d’un champ de coton en Géorgie. C’est encore un rythme amérindien, presque chamanique, sacré, invoquant l’esprit du bison avant les grandes chasses d’été. Bref, en douze titres qui couvrent les sept ans de carrière du groupe, Catfish nous a charmés, séduits et on ne serait pas étonnés de les voir bientôt se produire sur des grandes scènes, en tout cas ils le méritent amplement. Une magnifique découverte que je vous conseille également.
Mitch "ZoSo" Duterck
Catfish : Line Up
Amandine Guinchard : chant et percussions.
Damien Félix : guitares, chant et percussions.
Mathis Bouveret-Akengin : claviers et percussions.
Set List Catfish
01.Mama Got The Devil Eye. (Morning Room – 2019)
02.Sour Sorrow. (Morning Room – 2019)
03.Black Coat. (Muddy Shivers – 2014)
04.Landmarks. (Dohyô – 2016)
05.Lost And Found. (Dohyô – 2016)
06.King Of Monkeys. (Morning Room – 2019)
07.You Got Me. (Dohyô – 2016)
08.Death Army.(Morning Room – 2019)
09.Much Better. (Muddy Shivers – 2014)
10.Catch Me. (Muddy Shivers – 2014)
11.Ballade. (Untitled Unreleased Track)
12.Make Me Crazy. (Muddy Shivers – 2014)

Thurston Moore Group aux Ateliers Claus, Saint-Gilles, le 9 février 2020

 Thurston Moore Group aux Ateliers Claus, Saint-Gilles, le 9 février 2020

Florian Hexagen y était....


Hier soir la tempête qui s'est abattue sur nous n'avait pas pour nom Ciara mais bien Thurston Moore Group.
Trois fois que l'on voit le lascar et son "band" dans l'antre alternative située rue Crickx en moins de deux ans, et à chaque fois, LA grosse claque dans la tronche (et toujours différente en sus).
Et ce dimanche soir n'aura donc pas dérogé à la règle, loin de là...
Avec un set annoncé axé sur sa dernière création en date, "Spirit Counsel", on a eu droit à la formule la plus variée et expérimentale que j'ai pu voir de son plus récent projet.
Un mélange détonnant et hypnotisant de blues, de noise, d'avant-garde rock, de psyché, de jazz, et fichtre alors, même de transe "technoïde" (ce "tunnel" fascinant de 23 minutes que n'aurait renié ni Electric Electric, ni His Electro Blue Voice, un foutu délice ma foi...).
Il y avait du Glenn Branca, du Swans, du Einstürzende Neubauten, du Sharpers et bien sûr du Sonic Youth dans ce à quoi on a assisté hier, soit une nouvelle performance d'un grand échalas qui refuse de vieillir et qui sait toujours autant s'entourer de talentueux et virtuoses acolytes (ce batteur, bordel...).
Longue vie à toi et ton groupe, Thurston, et merci à Tommy Denys et Les Ateliers Claus de continuer à nous les ramener au format club lors de chacune de leurs tournées
C'est juste phénoménal de pouvoir profiter d'eux dans des conditions si exceptionnelles, avec une telle proximité.
D'ores et déjà l'un des concerts de cette année 2020
PS: vous allez vous régaler demain soir les chanceux-ses qui ont réussi à chopper un ticket... 

lundi 10 février 2020

Queen and Men au Restaurant/Grill Le Phénix à Plédran, le 8 février 2020

Queen and Men au Restaurant/Grill Le Phénix à Plédran, le 8 février 2020

Il était une fois une reine, pas forcément méchante, originaire de la Parrochia de Pludran, qui,  entourée de cinq gaillards ( non pas des nains, d'ailleurs ceux-là étaient sept), décida un jour de monter un groupe blues/rock tendance seventies, mais pas que... Queen and Men était né.
Leur dessein n'étant pas de monter sur scène à Bercy ni au Bus Palladium, où on danse le jerk, ils conviennent d'écumer les cafés-concerts de la Baie de Saint-Brieuc ou du Centre Bretagne pour y étaler leur savoir-faire.
Ce soir, invité par le patron du Restaurant/Grill Le Phénix, qui fête son anniversaire, il y avait plus de 20 bougies, et celui de son établissement, moins de cinq bougies, ils doivent mettre le feu avant une after-party animée par un deejay.
Mission délicate, menée à bonne fin.
Anne, Sylvie, Cati, Nadia et les autres clients leur ont fait un triomphe, à l'issue d'une représentation de deux plombes.
It's raining men, chantait Geri, ils ont pour nom, Xavier à la basse/ Jef ( Jean-François) aux drums / Bernard et Thomas ( une nouvelle recrue)  à la guitare/ Alain aux claviers ( dont un Hammond) .
La Queen, qui ne succédera pas Elizabeth, se nomme Magali ou Maggie selon son humeur.
L'arrière-salle, coquette, du resto se prête à merveille à l'organisation de concerts et le patron, pas pingre, propose canapés et buffet froid, à l'oeil, à l'occasion du double annif.
20:10', the men ( in black) and the lady, arborant la même teinte, démarrent en force avec le blues ' The thrill is gone'.
La voix est profonde, non exempte de tremolo, les artificiers jouent juste et bien, derrière toi, Mireille lâche, sont pas cons!
Vous avez vu la nouvelle batterie de JF, elle vient de sortir des cartons.
Non, Jef ,t'es pas tout seul, on interprète 'One' de U2 avec toi.
Comme t'as toujours eu un faible pour  Rory Gallagher, t'as failli embrasser Maggie quand le groupe a attaqué ' A million miles away'.
Quelle claque, surtout avec l'arrondi proposé par l'orgue Hammond.
Liam était à Bruxelles, Queen and Men l'ignorait, ils ont opté pour 'Wonderwall' d'Oasis, avant de s'attaquer au 'Creep' de Radiohead; déchiré par une guitare pas décrépie.
Merde, Mag, t'as oublié le one, two, qui introduit 'Jumping Jack Flash', frustré, je suis!
Quelques balbutiements avant d'enchaîner sur un  ' Hey Joe' superbement ficelé.
Maggy Cadilhon, Maggie Bell, deux voix pas communes!
Vous avez remarqué, pas une seule femme au programme, ça va changer, on vous joue 'Proud Mary' dans la version Ike et Tina Turner. De sérieux remous secouent le Mississippi.
Ce n'est pas en mode Nina Simone qu'on vous concocte ' Feeling Good', c'est en pensant à Muse qu'on a choisi le morceau, tout  en l'adaptant à la sauce Queen and Men.
Ray Charles  a sorti ' Unchain my heart'  en 1961, nous on pensait à Joe Cocker.
Là c'est à nos tripes qu'elle s'adresse!
Je prends une voix de fille pour la suivante...
France Gall, Carla Bruni, Pomme?
Euh, Janis Joplin!
Faut oser s'attaquer à ' Kozmic Blues'  , ils ont osé et convaincu.
Vont se succéder ' Long train running' des Doobie Brothers, ' We will rock you' qui voit  JF au charbon, un ' Mustang Sally' carnassier, puis ' Alright now', libéré de toutes contraintes et le banger ' Lonely boy' des Black Keys.
Une slide apparaît pour entamer 'I don't want a lover' de Texas avant de passer au funk rock  ' Californication' des Red Hot Chili Peppers.
Xav, en puce volante, tabasse sa basse, ton verre sautille sur la table.
Grosse surprise avec 'Cortez the Killer' du Loner qui permet la mise en évidence du duo de guitaristes et puis on a rendez-vous avec Lucifer pour un second Stones, ' Sympathy for the devil', qui en principe termine le concert, mais... on doit célébrer un événement, gâteau, champagne et bougie, voilà le patron et une charmante hôtesse tandis que le groupe entame ' Happy Birthday' de Lenny Kravitz.
Un slow pour le boss, non pas Springsteen, on reprend ' One' de U2 et puis on se tire.
Pas question, hurle les groupies, du coup on a droit à une couche supplémentaire , ' New-York avec toi' de Téléphone et 'Eteins la lumière' d'Axel Bauer.

Il est temps de lever l'ancre, t'es attendu dans un autre port!





The Drifting Sailors @Ze salon Vintage de l'ouestau centre des congrès de Saint-Quay-Portrieux, le 8 février 2020

The Drifting Sailors @ZE salon Vintage de l'ouest # 4 au centre des congrès de Saint-Quay-Portrieux

Quatrième édition du  salon Vintage de l'ouest au centre des congrès de Saint-Quay-Portrieux, toujours organisé au profit de l’association « Ylang des Cygnes ».
Le menu est connu: fripes fifties, vinyles de la même époque, meubles sortis du grenier de mémé, barbier travaillant à la lame, déco coquelicot, gomina à gogo et jeans retroussés...
A première vue le concept s'essouffle, alors que les années précédentes le palais des expositions faisaient le plein, en ce samedi, où la plage du Casino  luit sous un soleil d'hiver, la clientèle se fait désirer, le calme règne, même le bar est déserté.
T'étais pas venu acquérir des pompes ou  la ceinture ayant appartenu au grand-oncle de Gene Vincent, ce qui t'intéressait, c' était le groupe prévu à 17h: The Drifting Sailors!
Sont d'où ces marins incapables de mener leur barque à bon port?
De Nantes!
Leur vocation de corsaires est relativement récente, ils savaient que Popeye n'était pas fan de rap, ils ont opté pour le rockabilly.
Dans leur besace, un EP quatre-titres, format vinyle ou laser.


17h, ils devaient être quatre, la contrebasse traîne toujours à la buvette.
Thomas Pichot, oui avec o et pas e, ex- The Lazy Bones, le sobre parolier  part chercher Olivier Motteau, disquaire/contrebassiste. Sylvain Tissier  ( lead gt) et Guillaume Rouzman Rousé ( batterie) se curent les ongles.
Voilà le jovial Olivier.
Rapide soundcheck ( quelques mesures de 'Movin on over') et c'est parti avec le titre préféré des A A, ' If the sea was whisky' qu'ils jouent sur un tempo plus élevé que celui utilisé par Willie Dixon.
Virage country avec ' Turn It On, Turn It Up, Turn Me Loose' de Dwight Yoakam et  'Dropping Quarters For Jane' d'Al Foul.
Guitare propre et accompagnement sobre, à Tucson, ils sont ravis de cette cover.
Retour au rock et à la sueur avec ' Flatfoot Sam', un truc qui date de 1957 et remue toujours joyeusement.
Un petit tour en Louisiane, gaffe aux caïmans, voici 'Georgia Slop' de Jimmy McCracklin.
Ces jeunes gens ont le chic d'exhumer des pépites  pas trop connues de ce côté de l'océan.
Merci, Messieurs!
Même sans l'harmonica de Little Walter, ' Tell me Mama' reste un putain de bon morceau, et on te l'a dit, Sylvain n'est pas du genre vilain petit canard, ce mec, cool, sait manier une gratte.
Où sont nos bières?
We wish we were at the bar, on crève de soif, voici 'Sitting at the bar' , suivi par un morceau de Nick Curran ( que Dieu prenne soin de son âme), ' Boogie with my baby'.
La cousine de Betty Boop s'est chargée du ravitaillement, les marins ont souri à la souris avant d'enchaîner sur 'Wrong side of town', une compo prévue pour être enregistrée un de ces quatre.
Nouveau plongeon dans le temps avec  "Hey Good Lookin' " d'Hank Williams.
Coup d'oeil à la playlist, bof, on vous joue un titre non prévu, 'Movie Magg'.
Ils passent quoi?
M'en fous, c'est pour draguer une nénette.
C'était après la prohibition, ' Drinking Scotch' de Gene Simmons, un mec qui hésite entre  pur malt d'Ecosse et le Bourbon, du coup, il avale les deux!  
Pas de vintage rock sans Elvis, voici '  (Marie's The Name) His Latest Flame'. 
Larry Williams a une autre nana en vue, ' Bony Moronie', a real upsetter!
Derrière toi, un gominé s'énerve, et Johnny Cash?
Du calme, papy, voici ' Cocaine Blues', et ne fais pas comme l'homme en noir, tu risques le pénitencier!
'My Baby Baby' est extrait de leur EP, tout comme 'Ain't no way', deux plages nous prouvant que les petits gars de Nantes maîtrisent leur sujet.
 "Homeward Bound", encore une composition signée Thomas, termine le récital.


La foule, compacte, ( 18 mâles et femelles confondus + le barbier) réclame un bis,  elle a été entendue.
' Sick boy' , un punk adapté ( Social Distortion) et   'Gasoline junkie' ( ?), un titre vantant la voiture électrique, les vélos et les écolos, qu'ils comptent graver bientôt se succèdent.
'Fairchild'  du r'n'b  chanté à l'époque par  Willie West met fin à un show honnêtement fignolé.



samedi 8 février 2020

Album - Nüdak - À cru

Album - Nüdak - À Cru

T'as voulu savoir, Nüdak, d'où ça sort, t'as été chez Erdogan, t'as trouvé une association Niğde Üniversitesi Doğa Sporları Kulübü (NÜDAK), t'as regardé les images, ils pratiquaient le trekking ou marchaient à l'aide de raquettes dans les montagnes d'Anatolie.
T'as cogité un moment, ils sont Bretons, ils doivent avoir une explication, t'as lu un journal, ...il s'agit d'un mélange de consonnes né de nos différentes propositions et qui s'ouvre sur le monde...
C'est beau l'ouverture d'esprit, toi qui vit dans un univers étriqué, tu comprends!
Le projet est récent, il comprend Clémentine Page: au chant, à la  basse, aux textes, Mayeul Loisel : au violon et  claviers et Piergiacomo Costi, à la batterie.
Les deux premiers officiaient dans la fanfare Baraka, Piergiacomo a quitté son pays natal pour le Finistère, il se produit également avec Rue Traverse.
Clémentine, a busy bee, sculpte ou crée des compositions sonores pour  spectacles dansés.

L'album   À Cru a vu le jour le 24 janvier, il a été enregistré chez Near Deaf Experience par Eric Cervera.

Tracklist:
1 À petit pas
2 Eclipse
3 Tashunka witko
4 Nuage bas
5 Belette
6 La tasse
7 Perché
8 Héliotropique
9 Amas jaune
10 Course
11 Galilée
12 Visage
13 Moustache
C'est sur la pointe des pieds que tu pénètres dans le royaume feutré de Nüdak, ' A petits pas' transpire la poésie, la délicatesse, l'harmonie.
Attention fragile, laisse tes sabots sur le seuil.
Un violon frivole amorce ' Eclipse', la voix cristalline de Clémentine vient se balancer sur un fond musical tout en arabesques.
 Le disque solaire a beau avoir disparu, ton cerveau imagine des paysages d'ergs et d'oueds balayés par des vents ondoyants.
 'Tašúŋke Witkó', ça ne te dit rien?
Essaie Crazy Horse, qui n'était pas le meilleur copain du général Custers.
Remember Little Bighorn.
En passant on te conseille 'Soldier Blue' ou 'Little Big Man', la litanie, fredonnée par Clémentine et ingénieusement mise en musique par le trio, pourrait servir de soundtrack pour une nouvelle version de la bataille.
'Nuage bas',  depuis un temps tu cherchais à dresser des parallèles, ton cerveau avance Camille, Emilie Simon ou Emily Loizeau. Le violon, tantôt gémissant, tantôt ardent, le chant éthéré, les arrangements lumineux, te proposent un voyage onirique,  en clair-obscur, pendant lequel tu zigzagues entre cumulus, altostratus, undulatus  ou perlucidus.
Revenu sur le plancher des vaches, tu croises une 'Belette' insomniaque et fouineuse.
Elle n'aime pas le bruit et pourtant le fond sonore, parfois grinçant,  l'invite à la danse. 
Tu aimes Dvořák , tu vas adorer l'introduction de ' La tasse', le chant scandé se colle sur les coups saccadés de l'archet.
Cabrioles audacieuses, vocalises célestes, le morceau surprend, tout comme l'étrange  ' Perché' , reposant sur des effets d'orgues enfantins et un jeu de batterie nonchalant et répétitif, le morceau prenant une tournure Robert Wyatt lors du second mouvement.
'Héliotropique', soleil, soleil, où es-tu, violon, violon virevoltant, conduis-nous vers la lumière ...
Une nouvelle tranche de théâtre musical nous est proposée avec le surréaliste  et bucolique ( non ce n'est pas contradictoire), ' Amas jaune'  qui s'appuie sur une orchestration tantôt tribale, tantôt balkanique.
Nüdak est tout sauf banal, le baroque frôle l'expérimentation et l'avant-garde, il s'agit de vérifier la présence d'une bouée de sauvetage sur cette embarcation voguant sur des flots agités.
'Course', un titre débridé ( n' y vois aucune allusion à un virus venu d'ailleurs)  confirme le propos.
Tu dis, Francine?
Goldfrapp, peut-être, certaines plages de 'Seventh Tree' peuvent justifier le rapprochement.
Tu vois un rapport, toi, entre Sheila et 'Galilée' et en parlant d' Annie Chancel, pourquoi prend-elle une voix de gamine délurée, la petite Clémentine,  elle en pose des questions et ce violon fou et le gars qui lui répond  en langage sibyllin et pourquoi elle halète comme un animal blessé?
Galilée, dis-nous, elle est ronde notre planète, t'as pas vu  Melchior, Gaspard et Balthazar?
Mayeul en pizzicato, des rides dans le 'Visage' , ne plisse pas ton front, dit la madame, regarde-toi dans le miroir, arrête les grimaces et écoute, d'ailleurs, il n'en reste qu'une, 'Moustache, un rondo Dada qui aurait plu à Picabia.

T'en as marre du menu du jour, de la routine, du remâché, procure-toi 'A cru' de Nüdak, fais le écouter à ta copine, elle te remerciera! 

 




   


vendredi 7 février 2020

Apes O'Clock - session live de Radio Activ' 101.9 FM à Bonjour Minuit, Saint-Brieuc, le 6 février 2020

Apes O'Clock - session live de Radio Activ' 101.9 FM à Bonjour Minuit, Saint-Brieuc, le 6 février 2020

Une session live de Radio Activ' délocalisée, en ce premier jeudi de février, cap sur Bonjour Minuit pour  accueillir Apes O'Clock!
It's five o'clock?
No Vangelis and Demis, it's Apes O'Clock!
A movie?
La Planète des Singes? Un Singe en Hiver?
Essaie Orange Mécanique, au vu de la tenue vestimentaire!
Les singes ont forcé  la cage du  parc zoologique de la Bourbansais ( 40 km de la savane de Rennes) en 2015, on nous dit que quelques uns de ces  anthropoïdes sévissaient auparavant dans un autre chapiteau ambulant, le Bonobo Circus, auteur de deux méfaits discographiques.
Après deux EP's, Apes O'Clock a accouché d'un premier full CD, ' Le Spectacle Continue', en automne 2019.
En principe la ménagerie se compose de sept individus, l'un d'entre eux, Touf, est parti goûter l'herbe en Aveyron, a raté l'omnibus vers la Bretagne et vous envoie ses salutations, Gaëtan, le batteur, s'est cassé une patte, il est remplacé, au pied levé, par un primate adroit qu'on nous a présenté comment ayant été baptisé Quentin.
Yo, chant/ Hugues, chant et sax/ Mado, trombone, choeurs/ le plus effrayant, Fatti B, guitare,choeurs/ Ben à la basse et aux choeurs, sont au poste et après l'annonce destinée aux auditeurs hertziens, la troupe peut entamer son speech.
Liza Minnelli en meneuse de revue:
Meine Damen und Herren. Mesdames et Messieurs,
Ladies and Gentlemen; it is almost midnight... bienvenue au Cabaret.
Les fauves sont lâchés et nous saluent  ' Soyez les bienvenus' dans le cabaret des invendus.
Ambiance klezmer, punk, funk, ça remue salement sur la piste aux étoiles, flétries.
Il n'a pas fallu 120 secondes pour voir  le voisinage entamer une sarabande discordante.
C'est clair, on ne vas s'emmerder ce soir, Bonjour Minuit ne sera pas Bonjour Tristesse.
' Fonk me' sur un fond 'Hit me with your rhythm stick' ne fait qu'accentuer le rythme, allégresse générale, solo de trombone, clin d'oeil à Geri Halliwell et à ses copines, David Beckham tient Posh Spice à l'oeil, Neymar est dans le coin, ce roi des cabrioles est capable de tout.
' Le spectacle continue' ( en mode rap)  annonce un des melons maquillé, avant de proposer un galopant  'Crever l'écran' au préambule rock.
Putain de guitariste!
Le duel trombone/saxophone  rehaussant ' Shame on my people' a ravi les fans de cape et d'épée. Yo, s'éclipse pour revenir avec le tambour d'Arcole qu'il maltraite tel un barbare se préparant au djihad.
Un passage plus calme nous permet de rêvasser jusqu'au cri de rage against la machine, ' Shame on my people'.
Honteux et assoiffé, tu te commandes  une limonade bretonne, les copains de King Kong entament, en mode Gainsbourg, ' Requiem et messes basses'.
Bas les masques, voilà James Ensor et un des Bruegel, du coup les cloportes sortent de l'ombre.
Horrible cauchemar, les vautours rôdent et le trombone  joue l'hallali, Maman, j' ai peur!
Il est de quelle couleur l'étendard?
' Rouge'!
Les cuivres sonnent la charge, le sang va couler, la foule s'agite, bat des mains, frappe des talons, c'est du slam anarchiste.
Pause interview pour les auditeurs lointains et reprise entamée par une slide ravagée, ' Howling at the moon'.
C'est qui le barbu sirotant un Bourbon tassé, c'est pas Tom Waits?
Une poussée de sax débridé , dedju, ils nous la jouent Gogol Bordello.
Keske tu veux?
Du ' Boum Baff' , un truc qui secoue, oublie les longs discours, rien à cirer, on veut du Boum Baff!
Bon, assez ri, tu gueules avec nous A O C.
Quoi?
é ô sii , et toi, dans ta caisse, tu gueules ôssi ' Go Ape'.
Merde, j'ai pas vu le radar, suis bon pour une prune, je déteste les singes et les poulets.
Une guitare folky, style ' The Sound of Silence', entame le titre qui doit achever l'émission, le littéraire  'La plume ou le plomb' inspiré par Edmond Rostand , mort, comme tu le sais,  d'un virus espagnol, on n'avait pas encore inventé Corona.
Quoi, il reste huit minutes avant le journal télévisé, bon, un petit ska déluré, t'es prié de lever les bras, plus haut, tu les balances, toi, dans ta Twingo, tu fais pareil.
Boum!
Quoi, boum?
Je me suis pris une vache, une Salers!
C'est vraiment la dernière, Christine Ockrent se poudre le nez, dernière occasion pour sauter comme un kangourou ayant échappé au barbecue géant, 'Play a game'.
Ces bêtes sont plus sauvages que les Beastie Boys!