Guttercats @ Le chaland qui passe, Binic, le 18 octobre 2026
michel
Amanda Lear...
tu n'es qu'un chat de gouttière, tu as des moeurs singulières...
Ce soir les guttercats ne se baladaient pas sur les toits, ils se sont posés au Chaland qui Passe!
Comme à son habitude, Arnaud a eu le nez fin, une crainte cependant, comment allaient réagir les clébards!
Depuis 2007, les chasseurs de souris écument les scènes parisiennes pour distiller leur rock tendance garage/glam/ blues punky.
En près de 20 ans, ceux qui ont choisi leur patronyme en pensant à un titre d'Alice Cooper extrait de 'School's out', ont sorti six plaques, la dernière 'Rise & Fall Of The Last Civilization' date de 2025.
Le line-up a pas mal évolué, ce soir le leader Guts Guttercat, acoustique et vocaux, ( sa maman le connaît sous l'identité Hervé Michel), un ex- Baby Strange ( les français, pas ceux de Glasgow) est soutenu par deux vétérans, Chris Waldo ( guitare électrique et backings) et Lick Lickens à la basse, le batteur est tout jeune, il monte sur scène avec les aristocats depuis peu ( cinq dates), Sahil Mokar de Jamnagar ( Inde) s'est formidablement intégré dans la formation et assure comme un pro.
Une des spécialités du combo est d'enchaîner une suite de titres sans donner l'occasion au public ( des habitués, en la circonstance) d'applaudir après chaque tirade.
La première salve aligne 'Rise and fall of the last civillization', 'Aliens are back' et 'Know your roots'.
Soit deux titres du dernier recueil et un extrait de 'Eternal Life'.
Après une intro sèche qui voit déjà la slide glisser sur les cordes, la basse ronronner rond et Sahil frapper juste, on est surpris d'entendre le timbre nasillard à la Peter Perrett ( The Only Ones) de Guts, une casquette ( piquée à John Lennon) vissée sur le crâne.
C'est certain, le mec a des tripes.
On n'a pas vu Ziggy Stardust mais il ne devait pas être loin.
Après une amorce posée, le chef lâche in English 1,2,3,4 pour esquisser une accélération abrupte, le feu passe au rouge, un coup de frein, puis c'est reparti.
Fondu sur 'Aliens are back', un titre qui inspire Lick qui enchaîne les moulinets nerveux, Sigourney Weaver a pointé le bout du nez, Chris a murmuré en sourdine et fait pleurer sa gratte en actionnant le manche vibrato.
L'ombre de Jeffrey Lee Pierce plane à l'écoute du sombre ' Know your roots' et t'as envie de rapprocher Guttercats du combo belge The Scabs, même rock aux influences eighties, pas les eighties New Romantics, non les eighties rock'n'roll (The Birthday Party, The Heartbreakers, les Barracudas...).
'End of times' renvoie vers de vieux albums d'Elliott Murphy, même classe, même nonchalance, même ton désabusé.
Guts tend le micro vers Pascal qui est sollicité pour le refrain, la fin du monde n'effraie nullement ton collègue qui a lu Aldous Huxley.
Une nouvelle suite est abordée, 'Dagger in my heart' et 'All fall down'.
Le film noir , faut pas remuer le couteau dans la plaie, vire chevauchée fantastique pour fusionner avec le crépusculaire ' All fall down', une histoire d'anges déchus pendant laquelle basse et guitare entament un duel messager de dieu versus démon.
Quelques vannes plus tard et une séquence pub avant la trilogie suivante: 'If I had a loaded gun', 'Before I die' et ' Beautiful curse'.
Un tambourin s'agite, le tempo est modéré, ça sent la poudre, une slide vicieuse nous la joue Ennio Morricone, si tu veux pas te faire descendre, planque-toi, les pistoleros sont de sortie.
(Beyond The Limits) ' Before I Die', un nouveau titre sentant plus que légèrement la outlaw music, la slide joue au cowboy sans foi, ni loi, puis Chris Waldo, se prenant pour Pete Townsend, fait tournoyer sa gratte comme si c'était un lasso, le chant, arrogant, se plaque sur une rythmique poussiéreuse.
Morale: parfois il faut sortir de sa zone de confort!
Ne pas confondre Beautiful girls et 'Beautiful curse', les riffs incandescents ne sont pas une malédiction, le chant évoque les Dogs d'Amour.
Qui a dit que chiens et chats ne s'entendaient pas!
Une ballade mélancolique pour suivre, l'acoustique introduit ' When you lose your dearest friend' , à ranger à côté des ' Dead Flowers' des Stones, toujours utiles à la veille du premier novembre.
Sans pause, ils attaquent ( logiquement) ' Lament in the night', tout aussi stonien
Le Chaland, t'es prêt pour un flamenco parisien?
Yes, tu peux même nous fourguer une java de Jamaïque , envoie...
'If you love me' démarre sur les mêmes accords que 'Girl, you'll be a woman soon' de Neil Diamond, on est fan, donc, le flamenco titi, on plébiscite!
Le midtempo 'I wonder' ( de 2018) est accolé au catchy 'Eternal life' ( 2021), un titre que Johnny Thunders aurait pu chanter.
Ça sentait la fin, la route est longue jusqu'à la ville lumière, surtout la nuit, mais ils se ravisent pour balancer deux dernières tirades, le bien-nommé 'Farewell' orné d'un fabuleux solo de guitare et 'Follow your instinct' que les survivants accompagnent en battant des mains avant une pétarade finale dantesque.
Chris, probablement influencé par quelques manifestants/casseurs vus pendant les news, catapulte sa guitare sur le sol avant de la matraquer comme Pete Townsend du temps de 'The kids are alright'.
Encore un concert mémorable au Chaland!