lundi 2 février 2026

Gad Zukes à La Grande Ourse, Saint-Agathon, le 1 février 2026

 Gad Zukes à La Grande Ourse, Saint-Agathon, le 1 février 2026

michel

Affiche attractive pour le premier concert 2026 à La Grande Ourse: un double bill fusionnant britpop made in Plestin - Trivagou  et des Nu- Mods ayant bien digéré l'héritage des Who, Small Faces,  Kinks et plus tard The Jam ( grosse influence)  ou The Clash: Gad Zukes et The Spitfires!

Le public était au rendez-vous,  normal quand la musique est bonne ( merci J J)!

17:35 , la fratrie  Lamborn en piste.

On sait à quoi s'attendre pour les avoir croisés quelques fois, décevoir ( disappoint) n'existe pas dans leur Collins! 

Si chez les Jackson Five on comptabilisait 5 éléments masculins, Gad Zukes est mixte,  three boys,  l'ainé, James (drums) ,  Loz et Francis  à la guitare et à la basse, two ( pretty) girls, Tee ( guitares, tambourin) et  Lili ( keys, ukulele, shakers), tous chantent.

On a flanqué les garçons sur des planches surélevées à l'arrière, les filles, en short, s'ébattent à moins d'un mètre des premiers rangs. 

Désormais la discographie du combo se chiffre à 4 EP's et deux ou trois singles. 

Quelques riffs bien secs pour donner le départ, un salut, one two, one,, two...' Static in the attic' est sur les rails.

Statiques, tu parles, Lili et Tee  ne tiennent pas en place, leur énergie débordante fait plaisir à voir, c'est une évidence, les corneilles ne risquent pas de bayer ce soir!

Entonné à quatre voix ' Time gone' balance mollement, puis déborde comme certains cours d'eau dans le Finistère.

Saint-Agathon bat des mains pour appuyer ' My fate is in your hands' , puis James amorce ' Pop the balloon' qui claque comme un chewing - gum, goût fraise, avec trois sifflets en bruit de fond et Lili qui chatouille les touches du clavier.

Après ce chant choral vient 'Chuggy' d'après le papier transmis par l'aimable Tee ( only for me), qui ensuite entame  ' I got you' et là tu te souviens l'avoir vue en avant-programme de Piers Faccini sous l'identité Genevieve Lamborn..

La basse vrombit, les drums accentuent, une guitare sort de la forêt de Brocéliande, ce morceau aux relents celtiques les rapproche des Cranberries. 

Ils ont décidé de nous retourner comme la crêpe de Mamie Suzette, ' Upside down' .

Oooh oooh oooh font les filles,  boum, boum, réagit James, basse et guitares s'énervent, le titre finit par des attouchements incestueux, non censurés.

Un ronronnement aux keys introduit ' In my dreams', le titre le plus intense du set, aux climats sombres et marécageux.

Les filles à genoux font tournoyer leur chevelure,  Gilbert, un vague cousin de Bettina Rheims,  tire en rafales.

Après l'acide et tournoyant  ' Lemon' , Lili ramasse l'ukulele  pour attaquer le pacifique et radieux  'Gun full of flowers',  qui pour une raison obscure éveille chez toi des images des Horslips.

Next one is about making things happen, la setlist mentionne ' Make shit happen', tu remplaces shit par it et tu bats des mains avec la foule, tout va bien se passer.

Après une séquence rock de stade  et une danse tribale sur scène, les Lamborns amorcent 'Don't phone home', si t'as pas de briquet, utilise ton cell phone et show us your light.

Communion totale avec un public  complice.

'Moves like you' précède le catchy ' Lococommotion'   qui n'est ni une reprise de Little Eva, ni un titre du Creedence , eux c'était ' Commotion'.

Après une séance participative et un mouvement de vagues déferlantes vient  la bombe ' The neighbours upstairs'.

Des voisins bruyants qui gueulent  oy oy oy... à tue-tête, après ce condensé d'énergie et, sans pause, vient le punky ' Count Dracula' toujours aussi assoiffé de sang.

 

Fin d'un  show qui a tenu toutes ses promesses.

Si ton truc c'est  Franz Ferdinand, les Kaiser Chiefs ou Kasabian, va voir Gad Zukes tu seras ébloui!

 

 

 

 

dimanche 1 février 2026

Les Studios partent en live avec Easy Living à Bonjour Minuit • musiques actuelles à Saint-Brieuc, le 31 janvier 2026

 Les Studios partent en live avec Easy Living  à Bonjour Minuit • musiques actuelles à Saint-Brieuc, le 31 janvier 2026

michel

C'est un   rendez-vous annuel à Bonjour Minuit, fin janvier les Studios partent en live.

 3 groupes  répétant dans les studios du complexe briochin s'exhibent sur scène.

En 2026 , ce sont: Easy Living, Lukto et Groñj.

On abandonne les deux derniers à Pascal, un auditeur plus indulgent, pour éplucher la prestation de Easy Living.


 Easy Living, c'est un duo mixte constitué d' Anne-Lise Bourgeois ( voix) et de Julien Pion ( guitare), ils  revisitent à leur sauce, pas grasse, de grands standards du jazz.

Petit détail préliminaire, la jeune personne, un brin susceptible, ne désire pas lever un voile sur le côté intime de certains de ses écrits.

Les bristols: pour Anne-Lise, un autre duo guitare/voix avec Florian Ebel (Ebel Elektric, Shook Me...), voix chez le Deskard Orchestra et Blue Friday Sextet, duo avec le fabuleux Paul Cowley,  et quelques Soul Sessions avec des pointures du coin dont,  Philippe Dardelle, Tom Schmidely, Steven B Francis....

Bref une voix prisée!

Julien est cité chez Soul Board, le Deskard Orchestra, il a aussi été  coordinateur du collectif de coopération des musiques actuelles en Bretagne ( Supermab).

Ce n'est pas un hasard si le duo a choisi 'Easy Living' comme dénomination, c'est le nom d'un album d'Ella Fitzgerald et Joe Pass ( des influences majeures, le jeu de Julien  se rapproche d'ailleurs de celui du virtuose du New Brunswick).

Deux tabourets sont installés  au centre du podium, les protagonistes prennent place pour entamer la session par le jazz/gospel ' Willow, weep for me' , un morceau interprété par les plus grand(e)s : Billie Holiday, Frank Sinatra, Sarah Vaughan ou Ella Fitzgerald....

Après une amorce a capella permettant d'apprécier la belle voix, claire, euphonique et l'anglais intelligible de Miss Bourgeois, son coéquipier étale son jeu aussi fluide que celui d'un  Wes Montgomery, par exemple.

Pas de bluff, pas de cinéma, pas d'étalage exhibitionniste: de la précision et du feeling.

C'est bien parti! 

Un second standard, ' I didn't know what time  it was' succède  au saule pleureur.

( On te propose la version de  Anita O'Day).

Anne-Lise  a décidé d'assimiler le répertoire de la soirée à une relation amoureuse, ce titre décrit le début, le coup de foudre, le moment où tu ne sais plus quel jour on est!

Oui, Tony, le phrasé est impeccable, les vocalises sont mélodieuses  et le jeu de guitare racé! 

En 1982, le Joe Pass trio a gravé, sur l'album 'Eximious', le fameux ' Night and Day' de Cole Porter, le scat subtil de la chanteuse a ravi les amateurs de vocal jazz élégant ,   la digression de Julien Pion a époustouflé les puristes.  

Fondu enchaîné sur la bossa nova  'How insensitive' psalmodié dans la langue d'Astrud Gilberto.

L'amour, c'est moche quand il est à sens unique et que tu te fais larguer, c'est le sujet de ' Saint-Louis Blues'.

Voilà l'heure de la vengeance: 'Cry me a river'  si la version de Julie London est la plus connue , on adore celle de Viktor Lazlo.  Tu   craques dès l'amorce... Adieu gueule d'amour,  viens pas boire dans mon verre,  tu peux pleurer des rivières,  pleurer des rivières, j'en ai pleuré pour toi naguère...

Duke Ellington a aussi accompagné Ella Fitzgerald, notamment sur ' In a sentimental mood'.

Les arpèges  en dentelle de Julien ont ébloui Isabelle Huppert. 

Pas le temps d'applaudir, la guitare attaque le plus rythmé et percutant  'All or nothing at all'  qui précède la conclusion: 'Why don't you do right', une dernière cartouche qui a atteint le coeur de la cible.

Ce concert cinq étoiles a séduit même les profanes!

 

 

 

mercredi 28 janvier 2026

Single (7”inch) - Rosie Stuart – “Cupid”

 Single ( 7"inch)  - Rosie Stuart – “Cupid”

 Labelman

pop rock 

michel 

 Rosie, oh Rosie I'd like to paint your face up in the sky..., merci Don Partridge, maar onze Rosie heet eigenlijk Roosje Nilis, oui Nilis comme le formidable et élégant Luc Nilis ( 127 buts pour Anderlecht).

Roosje Nilis de Wetteren, qui travaille comme volontaire chez Wilde Westen, une association  organisant pas mal de concerts du côté de Courtrai, s'est pendant des années  investi dans le Chiro Hermeline  de sa petite ville de Flandre orientale ( en 2018, les scouts féminines avaient organisé le festival    CARAsPILS, Roosje s'est impliquée dans le projet). 

Avec une maman ayant fait partie du combo The Midnight Men, il était logique que la demoiselle se lance dans l'univers rock.

En 2022, elle fait encore ses dents, on la voit sous l'identité Rosie Stuart à Filorock, au Kinky Star  puis aux Gentse Feesten.

Comme carte de visite elle enregistre le single ' Boomerang'  

En 2023, armée de sa guitare, elle multiplie les concerts  à Gand, Wetteren, Mol, Anvers, Puurs, Courtrai....

Elle est repérée et, en 2024,  elle fait la tournée en première partie  de Het Zesde Metal dans toute la Flandre, avant de passer, e a.,  à Leffingeleuren  ou au Copacabana festival.

La presse spécialisée  le pressent, elle va exploser, c'est pour 2025!.

Finaliste du Sound Track et top 3, après d'autres premières parties prestigieuses ( Trixie Whitley, The Limiñanas...).

Suite logique: 2026, finaliste  van De Nieuwe Lichting de Studio Brussel ( résultat le 6 février) et un nouveau single: deux titres: ' Cupid' et ' Vegan'.

Désormais Roosje est accompagnée par un band:  Kamiel Bossuyt ( gt) / Tibo Polleunis  (de Boskat ) aux  drums/  Jannes Van Houcke à la basse, le chant et la seconde guitare sont pour Roosje Nilis qu'on peut voir fringuée d'une veste de cuir rouge sur la pochette du disque ( Beeld door @titussimoens).

En 1961, le merveilleux Sam Cooke  sortait la ballade  ' Cupid' ( number 7 in the UK charts). 

En 2026,  Rosie Stuart chante un autre Cupidon ( féminin)  , cynique, effronté(e), prêt(e) à profiter de l'occasion,  ah, il me voit comme un appât, o k  ... I can use the love... .

Une basse nerveuse introduit le catchy indiepop track. D'un timbre assuré, un brin insolent à la   Mariska 'Venus'  Veres, elle  narre son histoire d'apprenti  Don Juan  qui va se mordre les doigts.

Sur un tempo véloce, assuré par une batterie farouche et groovy, la guitare place une série de riffs aussi concis que turbulents, tandis que l'effrontée Roosje,  en moins de 2'30", règle son sort au pauvre gars.

Un hit en puissance... pour fans de Bettie Serveert, Magnapop, Belly ou Luscious Jackson! 

'Vegan', tu parles, elle va te bouffer tout cru, ...  I eat you raw, baby... sans mayonnaise!

Le morceau démarre en douceur, la voix et  la guitare  caressent dans le sens du poil avant une éruption volcanique soudaine .

Evoluant entre bravade, ironie, attitude punk   et  émoi,  ' Vegan'  va salement  te secouer, en particulier par le jeu de guitare, tantôt métallique, tantôt noisy avec quelques effets theremine, bref, un second titre tout aussi intense que le premier.  

Guido ( Belcanto) est à côté de la plaque....  Rosie was zo lelijk dat ze geen vrienden had...euh,  plus tard elle est devenue putain.... 

Faysal, membre du jury pour De Nieuwe Lichting s'exprime.... “Rosie Stuart raakt exact de juiste vocale snaar.” Zodra het kippenvel toeslaat, weet je genoeg!

Le 6 février, le résultat, , duimen maar! 

 

 

 

 

 

 


lundi 26 janvier 2026

Heads Up - Au P’tit Bonheur - Guingamp - le 24 janvier 2026

 Heads Up - Au P’tit Bonheur - Guingamp - le 24 janvier 2026

michel  

La veille, la D9 de Lanvollon à Guingamp était inondée sur 200 mètres, le samedi, tu passes sans rames! 

Le P'tit Bonheur, c'est une ambiance relax, des bières, des planches et  des concerts.

Au bar, tu tombes sur  Jérôme, batteur, vidéaste , ex- Sunny Inside, et  toujours  souriant, il est venu applaudir des potes, venus de Trégastel, pratiquant un blues, tendance swing, qui ne donne pas le cafard. 

Heads Up  ne fait pas référence à un titre de Jain, ce n'est pas un combo punk de Vendée, (Trégastel est dans le 22),   tu oublies aussi le poker, ce trio acoustique , constitué de jeunes gens poivre et sel, se compose de  Manu Guillou chant, guitare ,  dobro | Gaby Nogues, guitare, choeur et  Grégoire Dubruel contrebasse,  choeurs et parfois lead vocals.

Depuis deux ans,  ils sillonnent les routes de Bretagne pour distiller leur blues, emprunté à des gens convenables, et parsemé de compositions de Manu.

Ils ont un passé: The Late Bloomers, Tiger Rag, Mama's Biscuits , Tip on In, Benoit Blue Boy etc... pour Manu, Enchanted Swing, The Late Bloomers ( too) pour Gabriel et, Grégoire (1er prix de contrebasse au Conservatoire de Paris en 1997) a accompagné Philippe Berthe , il fait partie de l' Orchestre de Chambre Nouvelle-Aquitaine et de l'Orchestre des Contrebasses.

Placés dans un coin du bistrot, à deux pas du comptoir, le trio entame le concert par deux instrumentaux blues/swing juteux, dont ' Hold it' ( on ignore s'il s'agit d'une composition de Billy Butler , mais ce morceau sent bon le West Coast Swing).

Manu se charge du jeu en lead, Gaby de la rythmique, ce qui ne l'empêche pas de placer quelques lignes racées, accolé au mur, Grégoire fait vibrer les cordes de sa contrebasse avec adresse.

Dans la salle quatre ou cinq mélomanes, séduits, se sont avancés vers les musiciens.

Si ' Key to the highway' a été enregistré pour la première fois en 1940 par un certain  Charlie Segar, la version la plus connue s'entend probablement sur ' Layla and Other Assorted Love Songs' de Derek and the Dominos, un supergroupe monté par Eric Clapton.

Manu se colle au chant, la troupe fait aussi bien que  Clapton et Radle ( même si Grégoire a opté pour une contrebasse), pas de batterie, ni d'orgue, mais une seconde guitare, pour les fans d'AC/DC, on signale que cette autoroute ne mène pas aux enfers!

Eric Clapton a aussi inclus 'Nobody Knows You When You're Down and Out' de Jimmie Cox à son répertoire, les choeurs sur le MTV unplugged étaient assurés par Katie Kissoon et Tessa Niles, ce sont Grégoire et Gaby qui s'y collent ce soir.

Une triste histoire de bluesman abandonné par madame pour suivre, un Memphis blues typique, ' Mother-in-law blues' de  Little Junior Parker. 

Changement de registre avec ' Night Life' de Willie Nelson, un slow country blues, propice au crooning.

Une blues song sur deux débute par .... I woke up this morning...  ce qui suit n'est jamais très rigolo, évidemment c'est mieux que de ne pas s'éveiller du tout , mais bon, le 'Blues this bad' de Johnny Winter, joué au dobro, n'est pas du genre à attaquer la journée du bon pied.

Toujours à la resonator, voici  'The things that matter' un gospel entamé à trois voix, la plage, plaintive, est soulignée par un archet pieux.

Une ballade en open D pour suivre ( ? My good friend' ?) , elle précède  'Hesitation Blues' un traditionnel du début du siècle dernier que le trio nous joue à la manière de Jorma Kaukonen ( époque Hot Tuna plutôt que Jefferson Airplane). Après un finish en Western swing, vient ' Sitting by the river', un morceau nonchalant composé par Manu Guillou.

Place au standard ( pas de Liège), ' Route 66', une version US de  'Route Nationale 7' , elle est chantée  sans traînées ( merci Charles)  par la contrebasse.

A une époque, pas si lointaine, il  te fallait une attestation pour aller faire tes courses dans le village voisin,  cette aberration a inspiré le chef qui a composé une chanson sur le sujet, Grégoire en profite pour nous faire un numéro de slapping bass remuant.

Muddy Waters, 'I can't be satisfied'  est suivi, après un faux départ,  par  la folksong ' San Francisco Bay Blues' décoré de quelques lignes d'harmonica fringantes.

' I see the light' évoque le jeu de Peter Green et pour rire, on est en Bretagne, merde,  on y introduit quelques formules made in Breizh, histoire de satisfaire les Celtes du coin.

Retour de l'harmonica pour ' I can't complain' un titre que Maggie Parker, devenue Maggie Mayall,  a composé pour celui qui a fondé les Bluesbreakers.

Le dobro revient pour  un blues démarrant par ...early in the morning, about the break of day... il existe tellement de variantes de cette rengaine que tu hésites à citer un auteur.

Le trio embraye sur un nouvel instrumental écrit par Manu, un  morceau aux senteurs Dire Straits  ( Private Investigations). Sans prévenir, un illuminé plus que légèrement imbibé se fraye un passage jusqu'à 50 cm du combo.

Le mec  pousse quelques vocalises plus ou moins  harmonieuses  en  imitant  le chant d'une hyène grippée, tout en  gesticulant dangereusement ( un repli s'impose, il a failli te crever un oeil).  A la fin de la tirade, aussi baroque qu'un instrumental de Leo Kottke ou d' Allan Taylor, le quidam propose au trio d'interpréter du Donovan, ce qui n'était pas  prévu au programme, bon prince, il fouille ses poches pour balancer de la menue monnaie aux pieds de Gaby, puis se tire vers d'autres cieux.   

Après l'interlude  bouffon vient ' Pony Boy' popularisé dans la version du Allman Brothers Band.

On approche du terme, il en reste deux:  un shuffle non répertorié, et un instrumental folky,  toujours imaginé par le leader.

 

Contrat rempli,  les amateurs de blues acoustique, de western swing  et d'authenticité étaient à la fête ce soir! 

C'est la tête haute que le trio a regagné Trégastel! 

 

 

 

 

 

 

vendredi 23 janvier 2026

Jobi Riccio - three track single "Buzzkill"

 Jobi Riccio - three track single  "Buzzkill" 

Yep Rock Records

alt country/ alternative rock

 michel 

Si Jobi Riccio  a élu domicile à Nashville, elle naît à Morrison ( Colorado) ,  au pied du Red Rocks Amphitheatre, un lieu touristique  célèbre, ayant accueilli des légendes rock: les Beatles, Grateful Dead, U2 ou Neil Young, e a.

Depuis son enfance Jobi vit pour la musique, comme influences, elle cite  Sheryl Crow, Joni Mitchell ou Alison Krauss, ses compositions suintent  la country, le bluegrass et la roots music. 

Elle se produit  sur scène depuis 2015 ( elle avait 18 ans), se fait un nom du côté de Boston et d'autres coins du Massachusetts, passe au Sundance Festival et  au Rocky Mountain Folks Festival après avoir remporté, en 2019, le  eighteenth annual New Song Music Performance and Songwriting Competition à Asheville.

Sa carrière est lancée, d'autres lauriers l'attendent!

Un premier EP, 'Strawberry Wine' paraît en 2019,  il est suivi en 2023 par un premier full album 'Whiplash' , which has earned widespread acclaim from The New York Times, NPR, Billboard, and so on ...

Quelques singles voient le jour en 2024/2025, elle prépare un second full album et en ce début 2026, en prélude, partage  un three track single sous l'étiquette  "Buzzkill" .

Tracks

 1 Buzzkill 03:24

2 The Ridge 03:51

3 Wildfire Season 03:52
 
La photo de pochette  expose une Jobi, l'air absent, se fixant dans un miroir de lavatory. 
 
Crédits:
Jobi Riccio: vocals, guitar
 Dominic Billett - Drums ( Andrew Combs and The Stray Birds ,  Caitlin Rose, Erin Rae...) 
 Isaiah Beard - Electric Guitar (BAERD) 
 Paul DeFiglia - Bass, Organ ( ex the Avett Brothers) 
 
On ne va pas jouer au  rabat-joie car ' Buzzkill', avec  ses accents grunge/post punk abrasifs, constitue une excellente entrée en matière.
On cite Miss Riccio:  "Buzzkill" is a punk-inspired story of extended adolescence and transitioning into your mid to late twenties. My adult life didn't start with the bang I had anticipated when my graduation coincided with a pandemic. It was easy to angst out about not living the movie version of what I thought my life should be at that point, while simultaneously not having much of the financial security my parents' generation had. I needed to process and accept that sometimes life sucks, but that it’s not because of anything I did or didn’t do.
Les guitares crissent, Dominic frappe sec sur tous les éléments de son kit, Paul maintient un rythme soutenu et vocalement le léger twang et  l'élasticité  de Jobi la classent dans la cour des grandes: Sheryl Crow  ( faut réécouter  If It Makes You Happy) ou Natalie Merchant de 10000 Maniacs.
 
'The Ridge'  nous invite à une balade en haut de la crête , un endroit où tu peux communiquer avec les corbeaux sans passer pour un hurluberlu.
La complainte repose sur un fond musical décontracté, le solo de guitare, limpide,  ne va pas effrayer les pies, Paul se charge des lignes de basse sobres, le co-producer, Jesse Timm,  ajoute   un coulis  crémeux à l'orgue et au clavecin, tandis que Dominic maintient un rythme régulier qui ne va pas le disqualifier au quinté.
Un bel exemple d'americana, empreint de sensibilité féminine  poétique. 
 
Le tempo s 'accentue sur 'Wildfire Season' , un morceau écrit après les incendies ayant ravagé le Colorado, ( des centaines de milliers d'hectares détruits).
Morrison a eu chaud, Jobi l'exprime dans les premières lignes du morceau...My hometown’s a few short years
From burning down to the ground
So I drive for up an ice cream cone  ( clin d'oeil) 
from the soft serve joint before it’s all gone..
 
Les crises climatiques ont tendance à se répéter, il n'y a que Donald Trump  à l'ignorer.
Ce roots rock déchirant  appuyé par un drumming soutenu,  des guitares  à la Tom Petty and The Heartbreakers,  est chanté à pleine voix par Jobi qui peut compter sur des backing vocaux superbes (  Molly Martin, Max Helgemo, Liv Greene, Emily Mann, Isaiah Beard, Jack Schneider, Brennan Wedl et  Manoa Bell).
Si tu aimes Fleetwood Mac, époque Lindsey Buckingham et Stevie Nicks, tu va craquer pour le titre clôturant  l'exercice.
 
Le prochain album de Jobi Riccio s'annonce remarquable, les trois plages  proposées sur ' Buzzkill' offrent un premier aperçu  éclatant.
 
Quelques dates sont annoncées aux States:
 
 February 11 - Ridgway, CO - Sherbino Theater

February 12 - Buena Vista, CO - The Ivy Ballroom

February 13 & 14 - Basalt, CO - TACAW - The Arts Campus At Willits

February 15 - Steamboat Springs, CO - Strings on the Mountain

March 7 - Hendersonville, NC - 1898 Waverly Inn

March 13 - Miami, FL - Cayamo Cruise 2026
 

 
 
 

 

lundi 19 janvier 2026

Split à Bonjour Minuit • musiques actuelles à Saint-Brieuc, le 16 janvier 2026

 Split à Bonjour Minuit • musiques actuelles à Saint-Brieuc, le 16 janvier 2026

Michel

Seconde mi-temps avec Split, des jeunes gens qui n'ont aucun rapport avec la Croatie mais que tu peux croiser du côté de Rouen.

Si ce soir ils n'étaient que quatre sur scène,  en principe, le combo se compose de cinq unités: Marvin Borges-Soares, le chanteur, instigateur du projet, a fait partie de Structures, ses compagnons se nomment Lucas Ramos, Romain Sensey, Raphaël Motte. et Jérémy Cortes ( drums) .

Le bassiste, Lucas ayant été obligé de déclarer forfait, est remplacé au pied levé par un des guitaristes. 

Le groupe, à peine âgé d'un an,  a  pondu un premier album au titre explicite, ' Violence breeds violence' en octobre, 

Brutal et concis sera le set!

Jérémy, T-shirt Sepultura, est le premier à se présenter, sur fond dissonant, les comparses surgissent, accompagnés par Monsieur Larsen ( ce n'est pas un joueur de foot danois).

Ils prennent la pose avant d'entendre une déflagration effroyable en guise d'intro.

Un amuse-bouche  éruptif qui se fond dans 'Coward' , Marvin,  fringué d'un sweat à capuche,  cachant son poupin visage, pousse deux ou trois growls colériques, à l'arrière, ça gronde méchant.

Tandis que le shouter crache ses tripes, Jérémy cogne comme un malade, guitare et basse maçonnent une enceinte en béton armé.  

Faut pas confondre hardcore et  lovecore!

Après ce souffle tempétueux, l'audience a droit à un salut sec suivi par  'Good cop' , un pamphlet vantant les mérites de la flicaille qui, parfois, tire sans sommation.

Si le Général Philip Sheridan a un jour prononcé la sentence   "The only good Indians I ever saw were dead.", Split avance: A good cop is a dead cop!

 Bruno Retailleau n'est pas fan, par contre dans la salle, qui accueille Marvin, un pogo débridé vient de débuter.

Comme tu avais oublié ton attirail de  hockey sur glace chez une de tes copines, tu t'es abstenu, déjà que Dry January pompe toute ton énergie!

' For fuck's sake'  décape à mort, la batterie fait le gros  du curetage, la basse gronde, la guitare  cisaille, tandis que Marvin crache des morceaux de poumon aux pieds d' Adèle,  qui venait d'entamer quelques étirements, dans le but de galber ses jambes.

La suivante ' Hole' n'est pas reprise sur l'album,  on te signale cependant que le truc n'a aucun rapport avec 'Le poinçonneur des Lilas'.

Bye bye la capuche, bonjour le T-shirt  Motörhead, et si la suivante a été baptisée ' Discipline' on peut t'assurer que les demoiselles à tes côtés étaient du genre indiscipliné, elles n'hésitent pas à se frotter à la gent masculine pendant la séance de  street fight.

Marvin, pour se protéger, fait tournoyer son micro qui a failli  fracasser le Nikon de Quentin.

'Slave' dit le papier, alors que la séquence striptease se poursuit, le chef arbore désormais  un T-shirt Extortion. 

On te signale qu'  Extortion n'est pas un boys band!

'Slave' adopte la durée d'un morceau punk, il est suivi par 'Something of my own'  introduit par une basse aux relents post punk avant de virer honteuse attaque sous la ceinture.

Thibault s'est trompé de stade, il lâche un 'Allez Guingamp' incongru, Split ne s'en offusque pas et attaque 'Stained Soul' qui sent bon les Sex Pistols,  les safety pins et l'exaspération.

Déjà la dernière, ' I feel nothing more' est  débuté en parlando avant d'éclater comme un obus supersonique,  calibre 155 mm.

Le moshing prend fin, au grand regret des sportifs,  Split, éreinté,  regagne les coulisses.

 Longue file au bar, la bière régénère les stocks de glycogène!

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 


samedi 17 janvier 2026

Lila Ehjä à Bonjour Minuit • musiques actuelles à Saint-Brieuc, le 16 janvier 2026

Lila Ehjä , à Bonjour Minuit • musiques actuelles à Saint-Brieuc, le 16 janvier 2026

michel 

Soirée noirceur à atmosphère glaciale/ hardcore punk à Bonjour Minuit.

Deux artistes/ groupes à l'univers distinct: crépuscule des ténèbres chez  Lila Ehjä et violence anxiogène  chez Split, un groupe qui ne connaît pas le blues rock des Groundhogs, qui a sorti le formidable album ' Split' en 1971.

Après avoir, en 2024, imprégné tes pavillons de froide wave urbaine à l'écoute de 'Clivota'  l'album qui suivait l'EP ' yö', tu t'étais promis d'aller voir ce que ça donnait sur scène si un jour Lila Ehjä  s'aventurait en terre bretonne.

Chose faite en ce vendredi de janvier où  Donald Trump s'est mis à trembler car la France  a envoyé une quinzaine de chasseurs alpins  au Groenland, ce qui a beaucoup amusé les phoques barbus,  les pingouins Torda et les renards arctiques.

 21h et  des poussières de lune, après une mise en condition indus/bruitiste  stridente, faisant passer la discographie complète de Throbbing Gristle pour de la pâtée pour toutous mélomanes, Lila apparaît, short, top et boots, noirs. La scène est plongée dans une obscurité totale,  idéale  pour un  sommeil réparateur, mais piètre pour capter en images les faits et gestes de l'artiste.

Instrumentarium: une guitare, un looper impressionnant, un micro.

Une bande est lancée, Lila a choisi de nous faire voyager dans un cosmos  truffé de stridences , cette intro drone music  se nomme logiquement  'Oudrone' .

On vient de quitter le monde matérialiste pour pénétrer dans l'imaginaire angoissant de Miss Ehjä.

Après avoir ramassé sa guitare et balancé quelques riffs rugissants, c'est ' Vague' qui déferle .

Le chant de la mer est lugubre, la marée reposant sur une basse profonde vient expirer sur une plage déserte.

C'est l'énigmatique Jarboe que ton esprit avance à l'écoute de ce début de set, le post metal oppressant de Neurosis ( groupe ayant composé un titre baptisé ' The Tide')  rôde également dans des coins retranchés de ton cortex.

Lila nous salue puis attaque la suivante 'The Book'.

L'éclairagiste pris d'une inspiration divine envoie un faisceau lumineux vers son visage, réaction immédiate: No lights, please! 

Pas sûr que Nitzer Ebb reconnaisse son enfant .

Pick up the pieces, qu'elle dit, c'est sûr, le recueil a souffert.

Comme sur l'album, elle enchaîne sur ' Clivota'. et ses sonorités indus à faire pâlir Alan Vega et Martin Rev.

Oto ( Farid Dahlab et Pascal Hubert, tous deux admirateurs  de chauves-souris  )  un groupe cold wave de Nancy , enregistre le titre  'Bats' en 1984, Lila se l'approprie, murmure le texte à genoux avant de faire pleurer sa guitare, ce qui n'a guère effrayé les  bestioles nocturnes  et   a ravi les fans de films d'horreur.

Le spectral et speedé  ' Ghost love' invite à la danse, Lila, en diva goth,  montre l'exemple, imitée par quelques   ex- clients de The Batcave, qui a vu défiler des légendes: Alien Sex Friend, The Lords of the New Church ou Danielle Dax.

Tout rouille, même la musique concrète, sur une rythmique binaire  obsédante, ' Rust'  s'attaque insidieusement aux quelques neurones encore intacts nichant dans ton cerveau.

Lila vient prendre le pouls du public avant de rejoindre sa machinerie et finir la longue plage sur un râle pas sympathique et un effet larsen  assourdissant.

Pour clôturer le set, la dame en noir propose  'Worship'  , la plage la plus hallucinée d'un show intense et sans concessions.

Vocalises macabres, stridences rugueuses infernales,  opacité insondable...  cette  noise music  aux senteurs new world order   vient laminer nos méninges pour nous laisser sérieusement ébranlés, tandis que Lila à genoux  laisse les machines agoniser.

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

dans l'imaginaire