Album - Em Beihold - Tales Of A Failed Shapeshifter
michel
pop
Republic Records & Moon Projects
Savais-tu que Don Van Vliet ( Captain Beefheart ) était né à Glendale ( California), tout comme Elvin Bishop, que John Wayne y a vécu pendant son adolescence... Glendale peut désormais se targuer d'avoir vu naître une nouvelle starlette pop: Em Beihold ( Emily Mahin Beihold) 27 ans, révélée en 2022 avec le hit monstrueux et platiné "Numb Little Bug" .
Emily commence, sans tambour, ni trompette, en 2017 avec l'EP 'Infrared', elle ne casse pas la baraque , sort encore quelques singles, toujours confidentiels, avant de signer un contrat avec Republic Records, qui a eu le nez fin, en 2022, la firme publie 'Egg in the Backseat', un EP sur lequel on entend 'Numb little bug'.
La punaise engourdie cartonne, Em se mue en princesse de contes de fée , elle tourne aux côtés de Lewis Capaldi, puis en tête d'affiche, il est grand temps de sortir un full album.
Fin février 2026, il est là et se nomme 'Tales of a Failed Shapeshifter', tu remarques qu'après l'insecte mou, elle insiste et utilise le terme "failed", sommes -nous pas tous des losers ?
Elle explique - I named this body of work about shapeshifting because after “Numb Little Bug” and all the success it brought, I thought I had to fit a certain mold that seemed set by the music industry. That belief lead to depression, burnout and truly the worst couple years of my life. I thought my music career was over and not to be dramatic but I kind of thought my life was over. Cut to now and I’m the happiest and most fulfilled I’ve ever been. This album is about that journey. I’ve never been happier to be a failed shapeshifter because that’s what makes me me!!
Tracklist:
1 Scared of the Dark 2 Brutus 3 Unicorn 4 Van Gogh 5 Hot Goblin 6 Exorcism 7 Lottery 8 Soup! 9 Shiny New Things 10 Strong Medicine 11 Won t Let Go
Em se charge des vocaux, sont cités pour l'accompagnement sonore: Jason Suwito, co-writer, drums, bass, piano, guitar, keyboards, programming, voice/ James Flannigan, programming, drums, keys, bass, guitar, string arrangements / Yi-Mei Templeman, cello / Kevin Farzad, percussion/Jonathan Dreyfus, strings/ Nate Van Fleet, drums/ Jason Evigan, background vocals, guitar, synthesiser, bass.
Photo de pochette: Kirt Barnett qui a réussi à transformer Em en déesse de la forêt, chaussée d'escarpins roses.
Les fées ont peur de la nuit, l'intro de ' Scared of the dark' fait référence aux musiques de film de romances hollywoodiennes, style , 'Breakfast at Tiffany's' ou 'The Sound of Music', avant qu'elle ait commencer à gazouiller, ton cerveau t'envoie des images d'Audrey Hepburn, Julie Andrews ou Lee Remick.
D'une voix proche de celles de Lily Allen , Sara Bareilles, Marina ou Addison Rae, Em nous confie ses craintes: la solitude et la rupture!
L'accompagnement sentimental du début se mue au bout d'un instant en dancetrack rythmé, des backings sucrés accompagnant le chant enthousiaste.
A catchy pop song qui reste ancrée dans ton crâne, tu peux la siffler sous la douche!
Non 'Brutus' n'est pas le nom de son caniche, Emily fait référence au fils de la maîtresse de César, avec lequel Jules n'a pas eu que des rapports amicaux.... Elle chante, ... I wish that I could say that I'm not the jealous type but you're Caesar and I'm Brutus, minus that part with the knife..
Ce piano pop entraînant se rapproche des compostions de Regina Spektor. Le clip, astucieux, multiplie les clins d'oeil, et pas uniquement aux banquets de la Rome antique, on y voit aussi Mozart et Salieri , une autre histoire de crime non élucidé.
Musicalement on passe du joyeux ba da da da da à la symphonie électro, avec des violons joués en pizzicato, un clavecin qui nous renvoie vers le jeune Wolfgang, on y ajoute un choeur joyeux et un jeu de batterie vif.
Wouh, wouah, du calme, le chien, ...couché, Brutus !
Un second morceau aisément mémorisable que tu peux fredonner en te brossant les dents.
On avait déjà tiré un trait d'union vers Regina Spektor, c'est encore plus évident avec le saccadé 'Unicorn' , un titre qui s'inscrit toujours dans le domaine contes et légendes, mais, si tu lis entre les lignes il est question d'obsession et d'amour non partagé.
Détail, le titre n'a aucun lien avec 'She was born to be my unicorn' de Tyrannosaurus Rex.
Il faut oser se comparer à 'Van Gogh' , elle a osé, à espérer qu'elle ne se dispute pas avec Gauguin , cela lui évitera de se charcuter une oreille.
Après l'intro posée, qu'elle chante d'une voix habilement ponctuée, le titre démarre vraiment pour fuser façon rollercoaster qui risque de faire monter le taux d'adrénaline chez l'auditeur.
La voix est fraîche, le piano primesautier, les percussions foudroyantes, Vincent a dû s'accrocher!
T'as pas lu Tolkien, ' The Lord of the Rings'? Pour toi les gobelins sont une manufacture de tapisseries soutenue par Colbert, t'es absolument pas dans le même monde que celui d' Em Beihold, qui souvent se sent comme a ' Hot Goblin',
Les vocaux enfantins, féériques et gracieux cabriolent sur un rythme spasmodique.
Avec toujours un humour sous-jacent, Em propose 'Exorcism' car pour cicatriser sa santé mentale détériorée après le succès foudroyant de 'Numb little bug' elle décide de faire appel à un exorciste to turn down the voices in her head.
La voix et le choeur demeurent angéliques, le fond sonore, tout en pointillé, s'avère légèrement gazeux.
Toujours en mode comédie musicale aérée, voici ' Lottery'.....I've never bought a lottery ticket.. mais, parfois, la nuit je rêve d'une maison sur la plage, d'une voiture de sport rutilante, d'un perroquet qui me dit je t'aime ( extrapolation), et de deux ou trois autres trucs parfaitement inutiles, et puis quand je serai plus âgée, je pourrai me taper un gigolo!
Une funny piano waltz song (Dmitri Chostakovitch n'est pas loin) , à comparer à ' Roar' de Katy Perry.
On passe au moment culinaire de l'album, ' Soup', pas besoin de mâcher ça passe tout seul.
Em s'amuse, mais elle n'est pas la première à chanter le bouillon, 10 CC l'avait précédée avec 'Life is a minestrone'.
Son flow sur ‘Shiny New Things’ est plus acrobatique, le propos est similaire à celui de ' Lottery', Em joue encore la carte de l'ironie.
Les pulsating beats, la cacophonie étudiée, les arrangements élastiques et les backings, transforment la plage en catchy et danceable pop song .
Tu dis: "tout ce qui brille n'est pas or".
N'empêche, she glitters!
'Strong medicine' alterne mouvements impétueux et passages vulnérables, lorsque son timbre , devenu fluet, se greffe sur un motif naïf au piano, alors qu'un choeur vocalise en arrière-plan.
La voix s'altère, les beats s'intensifient, boum, boum, boum, le surdosage de médicaments a déréglé le système nerveux.
‘Won’t Let Go’ démarre au piano et un message vocal en provenance de Mamie, qui la prie de lui laisser un mot.
La dernière plage, la plus mélancolique du recueil, va sûrement arracher quelques larmes aux fans sensibles, ici pas de personnages fantastiques, pas d'introspection, ni d'analyse psychologique déguisée, juste un message d'amour à sa grand-mère.
Si t'es fan de mainstream piano pop qui sautille, de voix légèrement enfumées, d'arrangements soignés, de mélodies accrocheuses et si tu viens de signer un traité de non- agression, et que tu n'as pas peur de passer pour un demeuré à ton âge canonique, tu peux écouter cet album sans avoir honte, mais ne le dit pas à ton fils qui ne jure que par Korn, Tool ou les Deftones.