mardi 2 juin 2026

Album - ORP - Le Village

 Album - ORP - Le Village

michel

reggae

 

Label  /Irfan 

Non, il ne s'agit pas d'Orp-le-Grand, joli village du Brabant-Wallon qui ne fabrique pas le boudin vert, spécialité culinaire d'Orp-le-Petit , mais qui a vu naître  Ilona Masson, une triple-sauteuse qui a franchi plus de 14 mètres sans user d'éphédrine.

ORP =  Oai Reggae Party, un collectif marseillais qui, quand il ne joue pas aux boules en ingurgitant du pastis, fait vivre l'esprit sound system made in Les Calanques.

Si le projet est lancé en 2025, les intervenants ont fait leur première communion il y a des lustres (en cristal de Bohème),   Gari Greu, Toko Blaze, Lionel Achenza et Rastyron traînent leurs dreadlocks dans toutes les boîtes les plus chaudes de la cité phocéenne  depuis avant que le PSG ne passe aux mains du Qatar.

Massilia Sound System,  Oai Star,  Collectif 13. pour Gari , Toko le griot de Vitrolles est un drôle d'oiseau ayant sorti plus de cinq albums,  Lionel Achenza a sévi au sein de Raspigaous et de Bassmaker , Rastyron bidouille dans les studios K  et a été aperçu chez IAM ou Pablo Moses, bref, ces vétérans ont de la bouteille, le reggae, le rocksteady, le mento, le ska, le rub-a-dub, le dub, ils pataugent là-dedans  depuis que Serge Gainsbourg  a enregistré  "Aux armes et cetera",  on ne leur dira pas que Lou Deprijck avait déjà cartonné en Belgique avec Kingston, Kingston.

En mai, ORP a sorti une première plaque, baptisée ' Le Village'   

 Tracklist

1. ORP SIFFLE 3 FOIS 3:26

2. LE LALALA 4:02

3. LA BONNE PAROLE 4:09

4. AU VILLAGE 3:12

5. D’AILLEURS 3:56

6.LE PRIX DU SOLEIL 3:12

7. TÊTUE 3:54

8. CITRONS 3:15

9. OH MINOT 2:48

10. ON REVIENDRA 3:50

11. OAI REGGAE PARTY 3:39

 Line up :
Beatmaker : Rastyron
MC : Gari Grèu
MC : Toko Blaze
MC : Léo 

+  Al à la basse, Max Drummy à la batterie, Blu et Loïs aux guitares

La pochette, un village idyllique aux allures de ghetto jamaïcain a été imaginée par les   graphistes de DesignMaker’s.

Le groupe précise:  « Ce Village n’a pas d’adresse, c’est un esprit, un esprit qui refuse l’obscurité, le seul endroit au monde où le mot étranger n’existe pas. »

 

 

.

lundi 1 juin 2026

War Raok’n Roll - Diamond Dog- La Grande Ourse - Saint-Agathon, le 30 mai 2026

War Raok’n Roll - Diamond Dog- La Grande Ourse - Saint-Agathon, le 30 mai 2026

michel 

 War Raok’n Roll part 2, quand le foot joue les trouble-fêtes..

Prolongations, penalties, Enrique plus rouge qu'une tomate de  Gijón, Arsenal confit, Daniel Siebert interdit de séjour à Londres, que des péripéties crispantes qui ont retardé les concerts d'une heure.

Dans la plaine, les chiens pètent les plombs, mais pas Diamond Dog, la moutarde ne leur est pas montée au nez, en Bourgogne  on sait se tenir.

Euh, non, ce n'est pas un tribute band de David Bowie, leurs influences sont plus gothiques, bâties sur un sous-bassement post punk /new wave , vaguement gothabilly. 

Le chien sort de sa niche en 2020, se fait les dents, non pas en rongeant un os en plastique, mais en montant sur scène en Côte- d'Or , à Paris, en Charente, avant d'être repéré en Allemagne où les fans des Cure, de Siouxsie , Xmal Deutschland se comptent par milliers.

Discographie: l'album Usual Chronicles en 2023 et  l'EP Throbs deux ans plus tard.

T'as dit, gothique.

Yes!

Tenue corbeaux, alors?

Effectivement, noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir.

Sont trois: l'énigmatique  Anthony Bellevrat au chant et à la guitare/ Thibaud Fernel aux drums et Eliott Mac Luckie  à la basse et synthé modulaire.

Amorce électro grinçante  avant un virage post punk tourmenté, 'I want Pluto to be a planet again' , en pensant au court-métrage d'animation futuriste et punk, combine  la froideur de l'imagerie humanoïde  et une  tension qu'on retrouvait chez Magazine ou Gang of Four.

Saint- Agathon, intrigué,    s'est approché du podium, dès le second titre, ça gigote  à tes côtés.

Anthony délaisse la guitare pour se mouvoir en électron libre, 'Hold my pride' fuse en mode EBM.

Tu dis, Tanguy, des essences New Order.

New Order, ce sont les anciens Joy Division, non?

Une basse à faire frémir Simon Gallup introduit 'Blue Roses' , des fleurs épineuses que tu hésites à offrir à ta maman pour la fête des mères. 

On suppose qu'ils ont embrayé sur 'Dead in your pocket' dans lequel tu perçois comme de vagues réminiscences de  ' A Forest' de la bande à Robert. 

'Flash Sideway' risque de t'aveugler ,  tandis que ' Of bones and chaos' ,  introduit au synthé, vient harceler tes sens .

'Stage kitten', minou, minou, fais gaffe, ne grimpe sur le podium, ce cabot va te bouffer .

Quoi, encore, Tanguy?

Marquis de Sade, OK,   Sade Adu, tu oublies, pas le même catalogue.

'Usual Chronicles' tourbillonne tel un manège incontrôlable, en passant, Anthony pique le portable d'un Fabrice éberlué, il se filme, braque l'écran sur Thibaud et puis Eliott, qui n'est pas un dragon, avant de rendre le jouet  à son propriétaire.

On ne t'a pas encore parlé de Dédé, un brave gars, plus que légèrement imbibé,  qui depuis plus de 40 '  se trémousse aussi élégamment qu'un hippopotame essayant d'imiter un manchot à jugulaire sur patins à glace , il a failli éborgner Pascal d'un coup de coude maladroit, t'avais prévu le coup, tu a pris tes distances.

Sur le podium ça chauffe aussi, sur fond crépitant Anthony  s'adonne à des exercices acrobatiques audacieux, descend sur le gazon, saisit un second smartphone, grimpe sur un monitor et, en équilibre instable, poursuit son chant habité. ( ? Throbs?) .

Ambiance Leipzig  sur ' Spiegel im Spiegel' ( d'après la setlist) , un morceau qui permet de souligner le formidable boulot de Thibaud à la batterie, le titre se fond dans une dernière plage intense et speedée , ' The reason why' .

Le peuple, chaud boulette,  a réclamé un  bis, en vain, le timing est des plus serrés et Daria piaffe d'impatience dans la salle.

 


 

 


 

 

 


 

 

dimanche 31 mai 2026

War Raok’n Roll - Paddang- La Grande Ourse - Saint-Agathon, le 29 mai 2026

 War Raok’n Roll - Paddang- La Grande Ourse - Saint-Agathon, le 29 mai 2026

michel

Après Paris ( Dewey) on prend la direction d'Angers  et comme  Fragile est fluet on passe dans la salle, tiens mon Parker, Pascal,  à toi de jouer.!

Retour dans la plaine pour  Paddang, de petits poussins  toulousains, nourris au cassoulet et abreuvés à l'armagnac sans additifs.

En 2019, la cigogne passe au dessus de la Garonne et dépose trois jolis chérubins près d'une église rose , Thomas Boquel ,  Guirec Petton, déniché à Brest,   Rémi Fournier  ont grandi et décident de monter un band, mais  pas  un boysband,  non un groupe de rock.

Faut un nom, Zebda?, déjà pris, Big Flo, Oli et Nounours, trop niais, Punish Yourself, trop maso.

Padang, la capitale   de Sumatra,  pas con, on ajoute un D et ça fait l'affaire.

Très vite Paddang devient incontournable dans le Sud-Ouest,  des concerts à la pelle, notamment aux côtés d'allumés belges It, It Anita et deux albums: Chasing Ghosts, ( qui n'a pas eu le succès de ghostbusters, mais s'est vendu à 48 789 exemplaires) et Lost in Lizardland, un pays où ils sont tombés sur King Gizzard and the Lizard Wizard.

Paddang est catalogué heavy psychedelic fuzz  garage, pas le style de mélange qui plaît aux fans de   Gims.

T'as pas avisé de setlist, tu recenses à l'aveugle.

Après une amorce orageuse  et des riffs pervers, Thomas ( le guitariste) se colle au chant, la basse de Guirec et  le travail musclé de Rémi aux drums nous plongent immédiatement dans un bain late sixties/ seventies , époque bénie où sévissaient  des bands tels que  Count Five, The Seeds ou The 13th Floor Elevators. 

Ce 'Pressure' fait donc forte impression, la wah wah vocifère , la voix, frelatée ( avec un passage in French) , met la pression  ( une Distoufer s v p)  et comme ces braves gens aiment se foutre du monde, sans rien annoncer, ils plaquent un second titre à la plage inaugurale, l'obsédant, groovy et orientalisant  'Draconite'.

Si ton truc c'est Altin Gün, Lalalar, Satellites  ou autres psych band anatoliens, tu vas adorer.

Pendant plus de dix minutes, sur fond ramassé, la guitare te place  stries et zébrures  mordantes avant une pause pour annoncer 'Predator' , du heavy viscéral qui s'attaque aussi bien à ton cerveau qu'à ton côlon.

Prends déjà rendez-vous chez ton médecin pour une coloscopie.

'Lizardland' c'est Jurassic Park  version toulousaine, une basse funky; un rythme saccadé et des harmonies vocales dignes des Beau Brummels.

T'avais depuis une éternité envie de citer le nom de Ted Nugent, tu le places ici, sans être certain que ce soit à bon escient.

Revenons à nos brebis,  qui a dit galeuses?:  sont pas contents, trop de gens sont agglutinés près des buvettes  et ne prêtent pas vraiment  attention à la musique.

' Moros journey' est entamé sous forme de rondo démentiel, Saint-Agathon bat des mains, ....   I’m looking for signs before I lose my mind...  hurle Thomas.

Pas de miracle, la Vierge n'est pas descendue sur la plaine, le mec  est bon pour  un séjour chez Nurse Ratched.

'The Astral Flood', tu t'en doutes,  baigne dans des climats atmosphériques, derrière toi Lucien plane, trois voix entament une berceuse cosmique, la guitare place des riffs millimétrés, le fantôme de Syd Barrett erre dans les champs,  la décharge finale a tiré le brave Lucien de son état de torpeur.

Il en reste une, dit la guitare!

 woh o woh o woh, le ravagé  ' The Cave' nous tombe dessus hargneusement, un  mouvement apaisé ne servait qu'à nous tromper, car très vite on repasse dans le rouge, on va tous y rester dans cette grotte, ça cavale comme dans les meilleurs morceaux d' Iron Butterfly. 

Après la dernière, t'as la seconde dernière,  c'est connu, du coup, le trio nous assène '3.0' , un titre échevelé et scandé  qui a vu tes voisins partir en headbanging  furieux.

C'est fini, vraiment fini, oui, game over!

 Tu dis, Edith... paddang, paddang, paddang , ce groupe m'obsède jour et nuit!

Pan, dans le mille! 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

samedi 30 mai 2026

War Raok’n Roll - Dewey- La Grande Ourse - Saint-Agathon, le 29 mai 2026

 War Raok’n Roll - Dewey- La Grande Ourse - Saint-Agathon, le 29 mai 2026

michel

La Brasserie Distoufer ( Guingamp), conjointement avec La Grande Ourse ( Saint-Agathon), organise pour la cinquième fois un festival gratuit, baptisé   War Raok’n Roll.

Chaque année le programme,  très pointu, attire la foule ( amateurs de musique, de bière,  de fast food et d'ambiance bon enfant).

Deux soirées sont prévues , la première prévoit:  DEWEY // FRAGILE // PADDANG // DIRTY DEEP, la seconde: DIAMOND DOG // DARIA // SHAKER POISSON // MAD FOXES et le sacre ou la déconfiture du PSG.

On se partage le boulot,  P?

OK, qui commence?

Honneur à l'aïeul... Dewey est pour toi.

 La classification décimale de Dewey est un système visant à classer l’ensemble du fonds documentaire d’une bibliothèque,... c'est pas ça!

 John Dewey, un philosophe d'une autre époque?

Non

D'ailleurs , tu ne prononces pas diouwi à l'anglaise, ni doué comme Désiré mais dewé., comme Walthère.

Quoi, tu t'en fous.. ignare! 

Dewey de Paris est décrit ainsi par La Mécanique Ondulatoire:  Shoegaze Pop à mi-chemin entre le cousin germain de Dido et les ambitions esthétiques d'Avril Lavigne.....

On ignore ce que le gars qui a pondu ce descriptif a bu, mais Avril Lavigne ou Dido, pourquoi pas Mireille Mathieu ou Jul?

Shoegaze, indiepop, OK,  mais plus proche de  Soccer Mommy ou des Belges de Mud Flow ou Ghinzu que de My Bloody Valentine .  

Ils sont quatre et ont opté pour le bermuda: Matthieu Berton ( chant, guitare) , Thomas Gachod, je ne suis pas Dali, que Pascal a vu au sein de Hoorsees ( backings, lead gt),   Lucas Ollivier  le luthier qui tient la basse ce soir, et David Bouhanna ( drums).

Un premier album,   Summer On A Curb, a vu le jour en hiver.

' City has come to crash' ouvre d'ailleurs ce disque, les guitares dream pop brumeuses, la voix nonchalante et la rythmique fluide invitent à la flânerie.

C'est propre, bien foutu, agréable aux oreilles , cela ne contrarie nullement une grande partie d'un  public, vachement dissipé, qui d'une oreille distraite, écoute tout ça de loin, collé à la buvette.  

Dur, dur, d'ouvrir un festival.

Tac, tac, tac, le batteur amorce 'Void', reverb sur la voix, guitares mélancoliques, le schéma n'est pas foncièrement différent du titre précédent.

Trois coups sur le drumpad permettent d'obtenir des sonorités de carillon,  'Tough crowd' fond sur nous sans nous bousculer.

D'ailleurs la crowd n'est pas  si teuf, teuf, elle est bien calme, trop, du point de vue des musiciens, approchez, approchez, on ne mord pas. 

Avec ses riffs tourmentés, ce midtempo catchy accroche , et doit plaire aux fans de Pavement.

'Jinx ',  ses gimmicks  et son refrain  mémorisable ... good times, good times....   a tout pour faire un tube, similaire au 'Buddy Holly' de Weezer.

Ils passent au titre de l'album, l'ensoleillé  '  Summer On A Curb', tu  glisses les pieds dans l'eau pour  écouter en sirotant un jus de fruits  frais.

Aucune trace du sucré  ' Kimshi' sur l'album,  par contre ' Role Model' qui mentionne les sugar stores est bien audible sur le disque.

Oui, Théodore, c'est agréable aux oreilles, un reproche?

Bof, ils sont assez statiques et le contenu s'avère linéaire, on attend l'explosion, en vain.

Oui, mais ça pétille malgré tout, t'es sévère!

Regarde autour de toi, pas d'acclamations enthousiastes, uniquement des applaudissements polis.

Ils t'ont entendu, ' Cardboard' est plus énergique, sans qu'il soit question de speed rock.

Le dense 'Better safe than sorry' déroule des  sonorités  grunge , il est suivi par le morceau le plus mordant du set, 'Outside of the lines', rough guitars et rythmique pointue, il n'y a que le chant à rester neutre, même si on l'entend susurrer... it's dangerous....

On reprend les recettes initiales sur ' Face out' , riffs ouatés, dreamy wall of sound  et voix blanche.

'Banger Boomer' est le premier titre composé par  Matthieu Berton, l'instigateur du projet, il s'entend sur un EP sorti en 2023, il annonçait déjà la suite:  du shoegaze acidulé  et propre.

Le délicat ' Yesterday after dawn' achève un  set  méticuleux, donné par des jeunes gens mélancoliques, fans de moody dream pop à la  Slow Pulp, Alvvays ou  Beach House.

On leur recommande d'écouter Echo Beatty ( Annelies Van Dinter) uit België.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

jeudi 28 mai 2026

Babyshambles - Festival Art Rock - Grande Scène, Saint-Brieuc, le 24 mai 2026

 Babyshambles - Festival Art Rock - Grande Scène, Saint-Brieuc, le 24 mai 2026

michel

Après Bertrand Belin, c'est le retour de l'abonné , Pete Doherty!

Questions... Verra-t-on son chien, ses gosses, sa belle-mère, son tailleur?

Le chien, oui, en fin de set, nouveauté, avant le début du gig, le plus British des Normands, se transforme en marchand ambulant pour vendre un magazine.

Ten Euros, that's very cheap, qu'il clame , oui, mais 10 euros,ça fait trois bières, gars.

De nos jours, les musiciens doivent être très mal payés  s'ils sont obligés de jouer au camelot pour nourrir leur petite famille.

Quoi, Roland?

Si ça avait été Playboy, j'achetais!

Roland, en 2026, ce genre de remarque peut t'amener des ennuis. 

Une musique foraine accompagne l'arrivée du band, récemment ressorti des catacombes.

En 2026, Babyshambles ce sont: Pete Doherty, le gentleman farmer (guitare et chant)/ Mick Whitnall, sérieusement vieilli , un gars qui n'avait plus quitté le UK depuis 13 ans (guitare)/  le rouquin punky Drew McConnell ( basse) et Adam Ficek ( drums) .

ooh, ooh , ooh  ...' Killamangiro' est lâché, le son n'est pas au top, les lyrics sont incompréhensibles, les mecs à la table ont dû se taper une insolation.

Heureusement après deux titres, ça  va s'améliorer. 

Le britpop punky, carré  et désinvolte de Babyshambles tient toujours la route.

'Delivery' débute par une attaque sèche, les riffs égratignent nos pavillons, sur le podium, trois voix  scandent le refrain, en bas, tu multiplies par 500.

Apparition d'une trompette sur le ska bâtard  ' I wish' , sympa!

Les plus affutés sont manifestement Drew et Adam qui entament 'Sedative' , ne te fie pas au titre, ça remue, en douce peut-être, mais on ne conseille pas comme analgésique.

Drum solo, ça permet à Mick de vider sa troisième mousse,  il reprend son antique instrument, place des riffs mordants, la basse maugrée, ' Beg, steal or borrow' déboule à toute allure.

Voilà Jean Cocteau et Jean Marais et le frénétique  ' La belle et la bête'  , animé par la basse.

'Back from the dead' , sauf pour  Patrick Walden qui n'a pas quitté le cimetière.

Jusqu'ici tout se déroule plus ou moins normalement, Pete est de bonne composition, on a évité le chaos, ze band is sharp tonight.

Quelques accords similaires à ceux de 'Spanish Caravan' , la guitare fait dans le métallique, Drew se caresse la barbe , Adam ébranle une cymbale, Pete bat des mains, 'Unstookie titled' se fraye un chemin sur scène.   

Il y a 18 ans Pete aurait fumé sa sèche down to the bone,il est moins énervé aujourd'hui.

 Le ravitaillement arrive,  Mick sue, s'asperge le gosier, fait un signe au chef, OK, voici   le percutant ' Carry on up the morning'  , il a besoin d'un break, en plein morceau, Pete meuble en fredonnant une comptine, celle du petit escargot qui aime la pluie, pour finir la tirade quand le guitariste a récupéré.

Après un ' 8 dead boys'  confus, Mick disparaît, on l'aperçoit discuter avec les techniciens, son pédalier semble déconner ( un alibi?) , Pete, solo,  fredonne du Kasabian.

Hey, Mick, ça va?

Un petit Yes plus tard et on attaque 'Baddie's boogie' un morceau qui avait valu quelques ennuis à Pete pour avoir emprunté une ligne au poète Nick Toczek .

Il avise un mec à sa fenêtre à 100 mètres de la scène, eh Jean- Marc, ça va, t'as la même chemise qu'il y a deux ans, et la femme, c'est aussi la même?

Il est d'humeur espiègle, ce soir.

Il ramasse une acoustique, Mick a trouvé un harmonica dans une de ses poches, on traverse la Manche pour accoster sur une petite île, ' Albion'.

Il s'agit du  titre aux saveurs  The Kinks de Babyshambles.  

Mick, est au bout du rouleau, on doit lui prodiguer des soins, il est en insuffisance respiratoire, souffle dans  cette poche en plastique, lui indique un roadie, devenu aide-soignant.

Retapé il réapparaît, suivi du labrador du néo-Normand, the show must go on, 'Pipedown'  aurait dû terminer le show car il est 21h, oui, mais, je suis Pete Doherty, je fais ce qu'il me plaît, et je tenais à interpréter '  Fuck forever'.

Après les dernières notes, il envoie sa canette de bière dans la foule.

Fucking, son of a bitch.

L 'enfant terrible, fidèle à sa réputation, a fait le show attendu.

 

 

 

 

 

 

 

 

mercredi 27 mai 2026

Bertrand Belin - Festival Art Rock - Grande Scène, Saint-Brieuc, le 24 mai 2026

 Bertrand Belin - Festival Art Rock - Grande Scène, Saint-Brieuc, le 24 mai 2026

michel

Les météorologues,  si leurs prévisions sont souvent fantaisistes, ont toujours une explication pour commenter  les phénomènes qui déterminent les conditions climatiques: goutte froide, dépressions diverses, sable du Sahara, blocage en oméga, plume de chaleur et, ce qui nous occupe, dôme de chaleur, et si tu ne disposes pas d'un ouvre-boîte adéquat ce couvercle peut se montrer récalcitrant.

Tout ça pour te dire qu'il faisait chaud, voire très chaud à Saint-Brieuc pour la dernière journée du festival.

18:29,  on attend,  Bertrand Belin, qui ne vend pas de biscuits apéritifs, non recommandés par les diététiciens, mais qui chante ( fort bien).

B B  a pondu huit albums, le dernier, électrique, 'Watt' date de 2025 .

Et que fait un artiste pour vendre sa camelote, il tourne d'où sa présence en terre briochine, pas fort éloignée de son lieu de naissance ( Auray). 

Bertrand n'est pas du genre solitaire, il a emmené une solide équipe de basketteurs ( cinq et un remplaçant)  avec lui:  Thibault Frisoni à la basse, aux synthés et aux choeurs, Julien Omé à la guitare, Lara Oyedepo aux claviers, drumpad, shakers, backings , Sylvain Joasson à la batterie et machines,  Jean-Baptiste Julien au piano et mellotron,  et Marielle Chatain ( vue avec The Dø, il y a plus de 10 ans)  aux claviers, synthé et choeurs .

Bertrand chante et joue de la guitare. 

Un carillon annonce le début de l'office, la team s'installe, Félicie te souffle: chouette costard mauve, tu ne lui as pas dit que tu préférais le rose.

D'une voix similaire à celle du regretté Alain Bashung , Bertrand entame  'Pluie de data'.

L'orchestration est ample, on est dans un univers chamber pop proche de Tindersticks,  ou, si tu préfères, Jean-Louis Murat, dans nos contrées.

C'est vachement classe et subtilement arrangé.

Monsieur est non seulement raffiné mais également un brin espiègle, il prend la pose pour les 146 photographes agglutinés dans la fosse

Bonsoir, la prairie, lâche-t-il.

Martin, un fermier du coin a réagi: meuh!

'Sur mon 31' est entamé par un piano badin , très cool, il murmure son propos puis ramasse une guitare pour se joindre à la troupe, du coup ils sont sept sur le terrain, les arbitres, bourrés, n'ont rien remarqué.

La vibrato frémit,  le downtempo s'écoule en douceur.

Une confession, ..je viens d'une longue lignée d'ivrognes .. affirme-t-il sur 'Que dalle tout' , un extrait de l'album "Tambour Vision".

Et tandis que le troupeau armé de Nikon, Sony, Canon, Olympus ou Kodak à deux balles prend la tangente ( ouf) il attaque    'Berger' ( shepherd in English, il a le bon goût de le signaler), un midtempo pastoral qui sent bon les steppes du Morbihan.

Une intro sous forme de rondo amorce ' L'inconnu en personne', un texte subtil, à la limite sibyllin,   récité  en parlando.

On le dit influencé par Samuel Beckett  et Ionesco et pourtant il n'est ni chauve ni copain avec Godot.  

Il annonce une chanson du mois de mai, ce qui pour nous ne signifie rien,  sauf ' First of May' des Bee Gees .

Après une longue intro, quasi liturgique , 'Amour ordinaire'  est chanté d'un timbre lent et affecté.

La plage s'égare dans des méandres nonchalants et te donne le temps de méditer sur la vacuité de la vie.

'Seul' sonne comme du Gainsbourg  désabusé , le morceau  précède une intervention de  Léa Salamé , 'La Nouvelle'.

Un titre funky souligné par un mellotron omniprésent.

Tu ignores si B B connaît Allez Allez, mais cette plage te renvoie vers ' African Queen'. 

Virage tribal sur ' Tambour' avec la question clé ..A qui sont ces squelettes?

Après un sermon ésotérique, il opte pour ' Oiseau'   qui vole à basse altitude de façon à ce que le public puisse entendre ses cui cui cui et les imiter.

Evidemment il fallait qu'un comique hurle, ' saignant' ce qui n'a pas plu à Sandrine .

Bertrand Belin est de la race des poètes maudits, il y a du Bashung ( on l'a dit), du Murat ( idem), du Gérard Manset , du Rodolphe Burger dans son art.

'De corps et d'esprit' sent bon l'alt rock obsédant  style Wovenhand ou autres avatars de David Eugene Edwards.

Le timing est serré, une heure est vite passée, c'est déjà la fin, ' La Béatitude' achève ce set  remarquable, donné par un performer original, à la diction solennelle,   et par un band hors - norme.

Bertrand Belin, tu peux le trouver à l'arrière des berlines, faisant la cour à Joséphine, oui, il ose!  

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

    

  

 

 

 

 

Suzane au Festival Art Rock, Grande Scène, Saint-Brieuc, le 23 mai 2026

Suzane au Festival Art Rock, Grande Scène, Saint-Brieuc, le 23 mai 2026

michel

Après l'étonnante prestation ( Ondulations) de la troupe de la chorégraphe   Leïla Ka, c'est Suzane qui est attendue sur la Grande Scène.

Saint-Brieuc peut se préparer à un second show sans musiciens,  Suzane chante sur des séquences enregistrées, néanmoins personne ne s'est plaint, le spectacle a dépassé toutes les espérances.

Des chorégraphies d'un esthétisme souverain ( la troupe de Leïla Ka a donné la réplique à l'artiste d'Avignon), un light show high tech, des tableaux oniriques, pas une seule faille technique, tout est calibré au millimètre près, c'était aussi imposant qu'un opéra de Verdi. 

La tournée actuelle sert toujours à promouvoir son troisième album, le très engagé  'Millénium' .

22:00, des crépitements puis un coup de tonnerre se font entendre, la scène est noyée dans un halo rouge,  quatre Suzanes, d'une démarche altière, arpentent le podium,  la vraie se pointe tout en haut du balcon, elle s'exprime, sûre d'elle,  'mouvement', mouvement, tout est dans le mouvement ... en bas, ça bout déjà, des cris fusent,  c'est clair ce show sera marqué d'une pierre rouge ( blanche est trop neutre).

'Dégaine' un électro pop  tribal au refrain addictif   est suivi par 'Marche ou rêve' qui avec  ses zig zag électro doit t'aider à neutraliser la pression du quotidien. 

Ambiance dernière cène, Suzane et ses disciples sont attablées et vont ingurgiter des coupes de Taittinger.

 'Champagne'  pétille,  invite à la danse et à la fête.

Tchin, tchin, pour Richard Anthony! 

Suzane est forte, il n'y a pas un gars qui va lui dicter sa conduite, écoute ' Virile' , tu peux penser à Sylvie Vartan,' Comme un garçon', mais Sylvie ne levait pas le poing, c'était une autre époque.

Dorénavant je t'embrasse ' Au grand jour', plus besoin d'aller se cacher, Suzane revendique ses choix amoureux. 

Militantisme et pop au programme, ce soir!

Tableau suivant sur flow rap ' SLT' ( = salut)  , un morceau coup de poing pour dénoncer le harcèlement.

Fort! 

Si Youssoupha n'est pas physiquement présent, il donne la réplique à Suzane  en hologramme sur le subtil   'Plus que moi' .

'Tas raté'   joue la carte techno, sur scène, Suzane et les danseuses ont entamé un numéro acrobatique,  le public s'époumone et  reprend les lyrics.

T'as foiré le test,, c'est pas grave, il paraît qu'aux States , ils marquent leurs échecs sur leur CV !

Suzane joue à Emile Zola, ' Je t'accuse' est assurément le titre le plus puissant de son répertoire,  des millions de streams, il faudrait passer le clip dans les écoles.

Il est grand temps de  mettre un terme aux violences sexistes, aux féminicides et toi,  qui fermes les yeux, tu es tout aussi coupable. 

Elle termine son plaidoyer poing levé, deux minutes de silence ont suivi , il faut digérer ce message percutant!

Avertissement: le prochain titre peut heurter les robots sensibles, voici ' Humanoïdes' , l'humain déshumanisé, formaté, abreuvé de fake news diffusées par les réseaux sociaux, encore un titre choc. 

Art Rock, maintenant, tu mets le feu, c'est la dernière, 'Lendemain de fête'  a été entendu de l'autre côté de la Manche, car  toute la place chantait et dansait.

Ce show phénoménal  demandait un extra, Suzane émue ,  ne peut le refuser et c'est avec un titre  dès début, l'autobiographique  ' Suzane' qu'elle choisit  de prendre congé après un bain ( merci Le Tintoret) de foule revigorant ( sans les vieillards lubriques) 

 

Non, Suzane, t'es pas une loseuse,  t'es l'unique, la star!