Triple Trouble @ Cafe Bizon, Brussels, 23 février 2026
michel
Le lundi ( non pas au soleil), c'est la soirée jam au Café Bizon.
A chaque fois, le sombre bistro, dernier repaire des bluesmen bruxellois, situé à la rue du Pont de la Carpe , près de Saint-Géry, fait le plein .
Avant le boeuf mariné à la Stella, un groupe se produit pendant 45' à 1h, histoire de laisser le temps aux nombreux musiciens désireux de participer à la session d'improvisation de se préparer en ingurgitant un liquide devant supprimer toute trace d'inhibition.
Ce soir le rôle est tenu par Triple Trouble!
Le groupe est relativement jeune, pas les intervenants.
Des débuts en formule trio avec à la barre Tom Fjordd ( vocals , guitar) Eda Ozdek ( drums) et Pierre Haezaert, qui ne laisse rien au hasard, il a emporté 65 harmonicas.
Le line-up a évolué, ce soir ils sont quatre: Olivier Buckley, guitar & vocals, enrôlé il y a 6 mois, Piotr Dizuzide , bass, Eda Ozdek , drums et Pierre Haezaert , harmonica.
Pierre qui monte également sur les planches pour jouer la comédie, s'ébat avec Spoonful of blues ou Moon light sugar et Blou Ice Band , Eda ( set de batterie réduit au strict minimum) dont le bristol mentionne researcher by day, dancer/dance teacher, zumba/pilates trainer by night, tambourine chez Lava Gina, Piotr , un habitué du coin, a dans son temps joué avec des moines noirs, et le plus jeune, Olivier est cité chez le General Bazaar's Underground River Band, il joue également du Wizz Jones en solitaire, et s'occupe de son chat. ( précision, pas de lien de parenté avec Jeff).
Tu avises Eda à la terrasse, à quelle heure le gig?
20:30!
Super, direction le bar, t'as à peine commandé une Stella, que RickyBilly, caché derrière une consommatrice, te tombe dessus!
Le fléau de Bruxelles, c'est couru, il ne va pas te lâcher, en huit ans, il a eu le temps de compléter son stock d'informations aussi inutiles que pourries, c'est décidément pas ton jour de chance.
Il a entamé son monologue absurde depuis 10 minutes quand Triple Trouble décide d'entamer son exposé.
Comme le combo se targue d'interpréter du Chicago blues, il n'est pas illogique de débuter par un titre de Jimmy Rogers, un copain de Muddy Waters.
' Walking by myself' coule de source, l' harmonica dégouline, la rythmique fixe un scellement robuste, la guitare se promène comme le suggère le titre, la voix d' Olivier n'est peut-être pas aussi noire que celle du bluesman du Mississippi mais elle capte l'attention d'un public conquis dès les premières mesures.
Ja, ja, Ricky, zeker .
Le groupe a enchaîné sur un rhythm & blues remuant, ' The seventh son' de Willie Dixon , l'harmonica voltige, basse et drums consolident le mur, et la guitare joue au picador.
Gad, le septième fils de Jacob, recherche la terre promise.
Et maintenant du bluegrass!
T'es sûr, lui dit Pierre, les pelouses sont gorgées d'eau.
Changement de programme, ils semblent avoir opté pour 'When you got a good friend' de Robert Johnson qu'Eric Clapton a repris sur son tribute au gars qui avait conclu un pacte avec le diable.
Avec ' Bluebird' on a droit à un premier slowblues dont n'a pas entièrement pu goûter au chant enivrant, la commère couvrant le pépiement du merle bleu, too bad!
Puis vient ' Sadie' de Hound Dog Taylor , là on revient au shuffle suintant qui permet au guitariste de faire preuve de virtuosité.
Si la version originale de 'Te Ni Nee Ni Nu' est signée Slim Harpo, c'est l'interprétation de Stevie Ray Vaughan qui a frappé les imaginations.
Groove et blues au menu!
Avec une intro d'harmonica digne de Charlie Musselwhite, ' Chocolate Jesus' de Tom Waits est engagé sur un tempo nonchalant, c'est là que Jésus a réussi un miracle, RickyBilly est parti en griller une en terrasse.
Quand t'iras à Lourdes, t'allumeras un cierge!
Quelques palabres précèdent le rockabilly sulfureux , 'Rocking daddy' qui annonce la fin du prélude.
Avant la jam on vous joue 'River boat song' de J J Cale.
Soudain un gars, pris d'une inspiration divine, saisit le micro pour hurler ' Fuck Donald Trump' .
Désormais fiché on lui a retiré sa carte Visa, son visa et ses Marlboro, comme pour Conner Rousseau, il est indésirable chez Donald.
Nous on s'en fout, on a pris place sur le steamboat Natchez qui descend le fleuve à la vitesse d'une tortue handicapée.
Relax, Max!
Place à The Jam, sans Paul Weller et sans les Frères Jacques.