The Arsonist par Wailin Storms
michel
label - Season of Mist
Southern gothic rock/doom
Justin Storms, le forgeron du groupe, est né, d'un père pasteur et pianiste d'église, à Corpus Christi , une ville côtière du Texas qui doit son nom à un certain Alonso Álvarez de Pineda, un conquistador , cartographe , ayant découvert la baie texane le jour de la Fête-Dieu , c'était en 1519.
Ne se sentant pas l'âme évangélique, Justin et ses potes de Wailin Storms, mettent le cap sur New-York puis ils se dirigent vers la Caroline du Nord.
Ils écoutent Nick Cave et David Eugene Edwards.
En 2012, Wailin Storms enregistre un premier EP ' Bone Colored Moon' à l'époque les tempêtes gémissantes se réduisaient à deux unités, Justin aux guitares et au chant et David Daniels aux drums.
En 2014, un second EP voit le jour, 'Shiver', Justin s'est trouvé d'autres copains: Eric Messina ( bass) et Yancy Sabenicio (drums).
Un an plus tard, leur debut LP 'One Foot in the Flesh Grave', est là, sont crédités sur la pochette: Steve Stanczyk: Bass / Mark Oates: Drums /Todd Warner: Lead Guitar.
Le groupe se produit régulièrement aux States et continue à enregistrer.
Leur album ' Rattle' de 2020 défraye les chroniques, album rageur et d'une rare intensité, a -t-on lu à l'époque.
'The Silver Snake Unfolds' de 2022 sera tout aussi rugueux et sec, certains y entendent le fantôme de Jim Morrison.
2026, album n° 4: The Arsonist!
Tracks:
Face A :
Dead End
Heart of Mine
You Never Answered
The Arsonist
Face B :
Never Rest
Saved
Patient Night
The Wind
It's All Dark Now Where Your Eyes Used To Be
Lineup:
Justin Storms - Lead vocals, rhythm guitar, lyrics
Ben Melton - Lead guitar, backup vocals, Rhodes organ, piano
Steve Stanczyk - Bass
Mark Oates - Drums
Cover art - Justin Storms, car il est également visual artist.
"arsonist" se traduit par incendie criminel, on n'a pas vu la tête du pyromane mais bien les flammes.
“Our album was forged in the fires of love, death, fear, anxiety and other pangs of the heart”, Justin says.
Paf!
'Dead end' , tu prends une pincée des Doors, deux bons kilos de 16 Horsepower, tu secoues et t'obtiens un gothic rock sentant le brûlé.
“'Dead End' is about seeing yourself after you die”, affirme l'allumé, légèrement visionnaire sur les bords.
Les guitares hurlent, basse et drums assurent un fond caniculaire et puis il y a la voix semblant sortir des catacombes .
La tension est extrême, s'il fallait un parallèle cinématographique tu hésites entre David Lynch ou 'The night of the hunter' avec un Robert Mitchum machiavélique!
Le lancinant ' Heart of mine' , chanté de manière incantatoire, t'invite à plonger dans un marécage doom dont tu as peu de chances de ressortit vivant, ... death is God's plan... gémit la voix ténébreuse sur fond de guitares déchirantes.
« Les plus désespérés sont les chants les plus beaux, et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots », et Alfred ne connaissait ni le doom, ni le gothic country, ni le sludge!
Un coup de post punk pour varier les plaisirs, voici 'You Never Answered', un plaidoyer pour se débarrasser des cell phones qui déconnectent du monde réel.
Porté par des guitares impétueuses, répétant le même riff pendant 1/3 du titre avant de virer noise et chaos , Justin, à l'esprit torturé, comme habité par des démons, débite son laïus mystique sans rire, on était sur le point de mourir étouffé quand en vue du terme la plaidoirie se fait moins véhémente et les guitares électriques font place à une sortie acoustique à l'espagnole.
'The Arsonist', le titletrack , débute tout en lenteur, après une frappe sur une cymbale répondant à une guitare étouffée, décorée de quelques effets vibrato et à une voix torturée, la plage s'emballe, il y le feu à la grange, un choeur païen se colle sur un solo de guitare effrayant,puis le calme revient, Justin reprend sa morne litanie, Mark Oates ne l'entend pas de cette oreille et s'acharne sur tous les éléments du kit, le choeur s'agite, les guitares hurlent avant une fin abrupte.
Le grand retour du Ku Klux Klan?
Justin n'est pas en forme, il ne dort plus, dans ses cauchemars, c'est la grande faucheuse qui le tient éveillé, le ' War Pigs' de Black Sabbath doit le hanter, suffit d'écouter le très sombre 'Never Rest' qui débute sur fond de larsen et guitare qui gondole avant une première explosion sonore noisy , pour comprendre que le gars est proche de l'hôpital psychiatrique.
En comparaison, Mark Lanegan passe pour un jovial épicurien.
'Saved' sur fond martial, grince toujours, l'ombre de la bande à Ozzy plane une nouvelle fois du côté de la Caroline du Nord ( Danzig est dans le coin également), Justin gémit sur un tempo engourdi tandis que les riffs de guitare s'épaississent et que Mark continue à marteler sur une cadence militaire.
Saved, par qui? ... t'y crois pas, le sauveur est aux abonnés absents, on s'enfonce encore plus profondément dans la déprime.
'Patient Night' offre un côté indus/thrash metal caractérisé par les guitares stridentes, sur lesquelles Justin pose un chant saccadé, le tempo est plus rapide que ce que le band avait proposé jusqu'ici.
'The Wind' - Le vent souffle de manière impétueuse, balayant tout sur son passage, les fleurs artificielles décolorés traînant depuis une éternité sur des tombes oubliées voltigent dans les airs, deux ou trois corbeaux surveillent la femme vêtue de noir, se traînant vers la sépulture de son époux décédé il y a des lustres, les guitares se déchaînent de plus belle, la voix, gothique, agonise, puis vient un bref répit où le gars récite une prière sur un fond moins cataclysmique qui nous mène au bout de nos tourments.
Un piano mélancolique amorce 'It's All Dark Now Where Your Eyes Used To Be', le chant, morne, nous ramène vers ' Epitaph' de King Crimson pendant plus de six minutes l'ode funèbre nous invite à nous recueillir, mais le discours n'est pas serein, il est truffé d'images apocalyptiques, ... There's a church that looks just like, like a skull... We lay there motionless and light our cigarette and see the smoke cover everything 'til we go up in flames...
Une danse macabre à rapprocher de certains poètes romantiques à commencer par John Keats: Can death be sleep, when life is but a dream, and scenes of bliss pass as a phantom by...
The Arsonist par Wailin Storms , un grand album !