dimanche 10 mai 2026

Velours Velours au Barbe à Plouha, le 8 mai 2026

 Velours Velours au Barbe à Plouha, le 8 mai 2026

michel

Fait lourd ce soir à Plouha, ça sent l'orage...

Euh, nous sommes venus pour Velours Velours qui se produit au Barbe.

Venu presque en droite ligne du Québec, Raphaël Pépin-Tanguay a peut- être entendu 'Petit Velours' d'Anne Sylvestre,  avant d'adopter un  nom de scène.

T'étais tranquille, t'étais peinard. accoudé au comptoir, t'attendais l'heure, sans jambon -  beurre,  quand une jeune demoiselle se faufile parmi la foule nombreuse et gagne la scène, sur laquelle est installée une table d'écolier.

Un avant-programme local,  non annoncé, en la personne d 'Agathe , qui sous l'oeil attentif et tendre de papa, maman, tonton, tata, les cousin(e)s et les copines va se lancer dans la difficile épreuve du premier concert.

 Petite montée d’adrénaline,  direction la chaise placée derrière le banc, j'agrippe le micro et je me lance sur fond de musique, formatée Chérie FM,  pré-fabriquée à l'aide de l'IA.

 'Ne me quitte pas des yeux'  est chanté d'un timbre saccadé ,  pas tout à fait assuré, mais déjà la future starlette adopte les réflexes adéquats, elle grimpe sur le siège, se déhanche, comme elle a vu faire les candidates de Star Academy et achève une tirade, follement applaudie par la clientèle.

Test réussi, elle enfile d'autres titres :  'Des chiffres' , ' Honey' , 'Particule', ' A l'extérieur'  et  une dernière composition qui dit ..pas de place pour les regrets..  j'ai perdu la tête... qu'elle susurre allongée sur la table.

C'était bien sympa,  mais t'as eu l'impression d'être entré par effraction dans la chambre d'une jeune fille, d' avoir assisté à un moment intime  sans y  avoir été invité.

Donc, ce soir au Barbe, c'était l'école des fans, il est où ton papa, derrière le comptoir, et ta maman, elle le surveille et toi, Agathe, c'est quoi ton rêve: chanter au Stade de France avec Angèle comme avant -programme. 

Merci et bonne chance!  

 Velours Velours
Eléments de présentation: depuis 2020, Velours Velours, projet de Raphaël Pépin-Tanguay, s’impose comme un coup de cœur de la scène musicale québécoise grâce à sa pop décomplexée, oscillant entre accents rétro et fougue juvénile.

Après un premier single velouté ( un sax suave) , ' Jeux d'enfants' en 2020, Raphaël pond un EP ' Fauve'  en 2022, suivi par un full album 'Quand je pleure, je suis content' en 2025.

Désormais, il collectionne prix et louanges et depuis le 7 mai, avec sa bande,  il sillonne la France pour y  distiller sa pop décoincée.

Ils sont quatre sur scène, mixité respectée,  c'est mieux pour ta liste électorale:  Raphaël Pépin-Tanguay : chant ,  guitares/  Erika Fogagnolo ( Bianca Rocha, Stéphanie Acquette...)  : basse, backings/  Davy Duquénoy ( Sympa César, Jack Layne, Matt Lazenby...)  : batterie, backings/  Florence Labelle ( membre de Fiction)  : violon, guitare acoustique, shakers, cowbell,  chant.

L'acoustique de Florence, aux sonorités de grelots, amorce ' L'intro'  , un morceau   indie pop concis, ( il s'agit du préambule) , il est  chanté à quatre voix et  sert de mise en bouche.

Les arrangements méticuleux ( quelle basse!) et la voix d'ange du nounours transforment la ballade au titre surréaliste,   ' Corde à linge',   en confiserie doucereuse qui fond dans la bouche.

 T'y as goûté, tu  vides tout le sachet et tant pis pour l'excès de glycémie.

C'est notre second show en pays breton nous informe  Raf,  qui par la même occasion  signale que tout leur répertoire  passera la revue.

L'uptempo lunatique ' Tête en l'air'  est chanté avec nonchalance, après cette bouffée ventilée vient 'Je sais' , démarré en solitaire à la guitare électrique, les cymbales sont frôlées, un violon surgit et la plage , délicate, passe, sans heurts,  à une vitesse, autorisée, de 45 km/heure.

'Quand je pleure, je suis content', toujours en midtempo, dégage un agréable sentiment de mélancolie.

T'as envie de suggérer certains noms,   Robert Charlebois pour la lueur québecoise ou M pour les accents rétro.

Les harmonies vocales subtiles ont ravi Cécile, sagement assise sur un tabouret près du comptoir.

Davy actionne une boîte à rythmes pour amorcer 'La fin', Raphaël a piqué l'acoustique de Flo,  la plage  contemplative, en clair-obscur, chemine indolemment sur un tempo de valse latino.

Une guitare sèche, aux accents hispaniques, emmanche ' Parc des compagnons' , le titre le plus lent et émouvant du set , chanté d'un timbre caressant.

Des vocalises éthérées et un violon plaintif  ornementent la  fin de ce superbe  morceau.

Avec ' Les fauves',  introduit à la basse , on revient en 2022, pas question de carnassiers sanguinaires, le ton est à la douceur  , aux formes simplifiées et aux teintes  pastel, chères à Ludovic-Rodo Pissarro.

Un violon somptueux conduit la plage vers un final pudique.

Virage country rock pour suivre,  ' Tournesol' n'évoque pas Vincent Van Gogh,  mais plutôt des gens tels que Poco, Dan Fogelberg  ou  Jessica Pruneau,  qui n'est pas originaire d'Agen 

Raphaël enjolive le titre d'un sifflement harmonieux tandis que le violon de la petite Florence  évoque Scarlet Rivera,  qui avait fait merveille  sur ' Hurricane' de Bob Dylan.

Après l'interlude country and western vient l'  ode à la paresse ' Resté coucher'. 

Un roulement de tambour annonce ' Jeux d'enfants' , pas de... je te casse la gueule à la récré... mais  un morceau jovial,  fredonné à quatre.

Les voix féminines  entament  la ballade 'Je t'aime'  , délicieusement canadienne quand Raphaël, qui a embrayé, murmure... dis moi pas que que tu m'aimes.

Le titre vire dancetrack lors d'un second mouvement catchy et radieusement  allègre .  

On ne s'ennuie pas avec Velours Velours qui hante le groove sur l'haletant  'Toujours',  avant de terminer le set en tourbillon grâce à ' Yeah'.

Le Barbe est  chaud et nullement lassé, un bis s'impose.

Ce sera ' L'énorme chien très gentil'  , un blues canin qui peut évoquer Paul Personne ou Daran.

Voilà, c'est l'heure de la promenade nocturne du  Terre-Neuve!

  Mercredi, Le Barbe prévoit une soirée chants de marins avec Bord'All.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

vendredi 8 mai 2026

Graceland Way by Mikaela Davis

  Graceland Way by Mikaela Davis 

Kill Rock Stars 

singer-songwriter/country

michel 

Mikaela Davis  naît en 1992 à Rochester dans l'Etat de New-York. 

Elle entame une formation classique à l'âge de huit ans en jetant son dévolu sur la harpe ( comme Joanna Newsom) . 

En 2011/2012, elle se fait les dents en reprenant des gens tels que Ray Davies, Cass McCombs, Sufjan Stevens ou Elliott Smith, sur un enregistrement ( From the archives) que tu peux ouïr sur bandcamp.

Un premier album auto-produit sort en 2012,   'Fortunate Teller suit en 2014,  elle signe un contrat avec la firme de disque  Rounder  Records  qui sort l'album ' Delivery' sur lequel on entend The Staves, la pub dit: A joyride that pulls from folk rock, 70s and 80s pop experimentation, and muscly funk, Delivery manages to be both daring and comfortable. 

Le nouvel effort discographique en 2023, ' And Southern Star'  sur le label Kill Rock Stars,  confirme le talent de la demoiselle,  qui a tourné , e a,  aux côtés  de Bon Iver, Lake Street Dive ou Bob Weir.

Avril 2026, le numéro 5 ,    Graceland Way, est dans les bacs.

tracks

 1. (Looking Through) Rose Colored Glasses
2. Nothin’s On The Radio
3. 11:11
4. Wild Flower
5. Mizmoon

6. Starlite Tonite
7. Junk Love
8. The Wrong Way
9. Spring Petals In The Snow
10. (That’s Not) Who I Wanna Be

Selon les titres, Mikaela (  vocals, keyboards , harp , synthesizer , percussion , omnichord , piano) est entourée d'une fameuse équipe  : Austin Beede ou Josh Adams ( drums) / Kurt G. Johnson ( guitar, pedal steel)/ Andres Renteria ( percussions) / Neal Francis ( organ)/ Shane McCarthy ( bass)/ Hannah Read ( violin) / Frank LoCrasto( keys/synths)/ James Felice  ( accordion)/ Clay Finch, Tim Heidecker, Madison Cunningham,  Karly Hartzman, ( vocals).

Production: Mikaela,  Dan Horne ( qui joue de la basse, ajoute des percus et des backing vocals) , John Lee Shannon qui joue de la guitare et assure des backings..

Photo de pochette: Bobbi Rich ( known as mamahotdog), photographer and  creative director   qui a transformé Mikaela en cowgirl, coiffée d'un Stetson blanc et fringuée d'une veste de la même couleur immaculée, décorée de coeurs rouge vif, elle tient un bouquet de roses rouges dans la main droite, la gauche maintenant son couvre-chef..

A propose de l'intitulé de l'album, oui, il fait référence à Elvis et à Paul Simon. 

 '(Looking Through) Rose Colored Glasses', le country rock démarre à la manière d'un morceau de Tom Petty ,  les teintes country sont apportées par la pedal steel de Kurt G. Johnson et les harmonies vocales de Clay Finch, de  Madison Cunningham ( qui a enregistré un album avec Andrew Bird) et de Tim Heidecker.

La harpe et les vocaux nacrés  de Mikaela , les guitares, proches des sonorités de groupes tels que les Byrds ou les Flying Burrito Brothers  accommodent  la plage en rootsy rock/americana de haute tenue. 

On nage dans les mêmes eaux avec la suivante  “Nothin’s on the Radio,”, un titre que certains verraient bien au répertoire de Sheryl Crow.

Ici un rôle prépondérant est confié à l'orgue bluesy de Neal Francis,  les guitares de John Lee Shannon , bravaches,  ne sont pas en reste.

 Elle affirme que on n'entend plus que de la merde sur les stations de radio, son ' Nothin's on the radio'   est là pour nous remonter le moral. 

Si '11:11'  est entamé par les guitares acid folk  de Kurt G. Johnson et John Lee Shannon, très vite la harpe déverse  une cascade de notes cristallines, puis vient la voix rayonnante  de Mikaela qui se charge également des nappes de synthé  et de clavier.

Le propos, mystique, sonne comme  un rêve éveillé, l'univers du Grateful Dead n'est pas éloigné.

L'aérien ' Wild Flower' est à écouter allongé sur le gazon, en mâchonnant un brin d'herbe, tout en contemplant les fleurs des champs caressées par une gentille brise  d'été.

' Mizmoon', un morceau inédit de Cass McCombs, inspiré par Patricia Soltysik, alias « Mizmoon », membre du groupe révolutionnaire  l'armée de libération symbionaise, responsable, e a, de l'enlèvement de Patricia Hearst,   joue la carte dark folk .

Amorcée par des cordes  austères et des percussions en forme de rattlesnake,  la plage, hantée,  se traîne tandis que d'un timbre dramatique Miss Davis susurre son histoire.

La harpe, puis le violon augmentent le côté sombre de la ballade, que Mikaela termine en vocalises sur une instrumentation plus imposante pour exploser  en  final chaotique.

 “Starlite Tonite,” expose une facette à la fois  plus poppy et psychédélique  de Mikaela Davis, la plage s'achève sur de déroutantes  turbulences 'Space Oddity' qui expliquent  le choix du titre stellaire. 

On avait déjà pointé les similitudes vocales et orchestrales entre Mikaela et Sheryl Crow, c'est limpide  sur 'Junk Love', titre sur lequel elle a invité Karly Hartzman   du groupe Wednesday  a poussé la chansonnette avec elle.

Harpe et omnichord s'ébattent sur fond classic roots  rock sémillant qui ne souillera pas les oreilles accoutumées aux productions d' Aimée Mann, Stevie Nicks, Heather Nova ou Martha Wainwright.

L'intro de 'The Wrong Way' évoque 'One of Us' de Joan Osborne avant de partir en country/Southern rock, ce  titre  aurait pu se retrouver au répertoire d' Alabama Shakes.

Enorme boulot de  Frank LoCrasto aux claviers et des guitaristes John Lee Shannon et Kurt G.Johnson.

Un piano (  parfois dissonant) , un accordéon (  James Felice,  des Felice Brothers) et une voix,  that's it, la ballade  minimaliste 'Spring Petals In The Snow'  présente un caractère désuet  et romantique, pas fort éloigné des romances d'un Gilbert O'Sullivan.

On termine par la valse  “(That’s Not) Who I Wanna Be”,  portée par le violon de Hannah Read .

Mikaela nous livre  ses  impressions sur le monde moderne, les politiciens et ses craintes pour le futur!

 

Sur sa page facebook, Mikaela annonce:  Looking forward to taking these songs on the road... fort bien, mais si tu tiens à la voir sur scène, faudra te taper les States, l'Europe n'est pas au programme! 

 



 

 

mercredi 6 mai 2026

Jazz ô Château - Shai Maestro - Château de de Pommorio,Tréveneuc, le 2 mai 2026

 Jazz ô Château - Shai Maestro - Château de de Pommorio,Tréveneuc, le 2 mai 2026

michel

 

Comme la veille, un écriteau COMPLET orne la porte d'entrée du chapiteau.

Tout à fait normal car   le festival accueille une étoile, the icing on the cake a pour nom Shai Maestro, une figure saillante du jazz contemporain.

Repéré à 18 ans  par Avishai Cohen , il suit le contrebassiste pour s'établir à New-York et participer à quatre albums de la star israélienne.

En 2010,  Shai forme  son propre trio et enregistre sous son nom, huit  albums voient le jour,  le dernier ' The Guesthouse ' est tout récent.

Depuis le 17 avril, le pianiste est en tournée européenne pour présenter son dernier ouvrage,  l’association « Quand le jazz est là » a réussi l'impossible, faire venir le trio à Tréveneuc.

Pour seconder le pianiste phare de la nouvelle génération, deux autres virtuoses prennent place sous les acclamations d'un public, déjà chaud: l'Italien  Matteo Bortone à la contrebasse ( 5 albums en tant que leader ) et Amir Bresler, de Tel-Aviv mais basé à Berlin, à la batterie ( Avishai Cohen, Mark Turner, Kirk Lightsay, Olivia Trummer,, Omer Klein ....).

Shai introduit son groupe in English and  in French, une langue  dont il maîtrise quelques bribes, comme lorsque tu l'as croisé à la Passerelle en 2018. 

We'll begin with 'Lifeline' , un extrait de l'album 'The Dream Thief' de 2018. 

Shai débute en solitaire, Matteo et Amir l'écoutent paupières closes , le jeu épuré, aéré  et fluide  témoigne de son bagage classique.

Au bout d'une moment, une cymbale est délicatement effleurée, puis une seconde,  Amir se ravise et remise ses baguettes, Shai poursuit son travail, en ostinato  à la Debussy, en solitaire .

La contrebasse réagit enfin, le batteur la suit, c'est parti, la plage, introspective,  prend de l'ampleur, elle  permet à    l'auditeur d'enfanter ses propres images sur l'écran cérébral.

'The time bender' qui ouvre le nouvel album ' The Guesthouse'  démarre comme une comédie musicale frivole, les mains nues d'  Amir frottent ses cymbales , d'un signe Shai indique à Matteo qu'il peut intervenir, la plage passe du serein à un tempo plus torrentueux.

Tout à son jeu, le pianiste ponctue ses arabesques de petits cris, assagi, il laisse le batteur s'ébattre avec brio et lorsque le trio reprend le thème initial, afin d'achever la mélodie, le public, subjugué, applaudit à tout rompre.

'Refuge', aux structures harmoniques complexes, s'entend sur le même disque.

C'est la contrebasse, d'un jeu millimétré, qui amorce la plage, les cordes sont ensuite frappées sans hargne, un sifflement est perçu, Shai vient chatouiller les entrailles du piano, les cymbales frémissent, le pianiste,  en embuscade, frôle à peine ses touches, avant d'aborder un virage énergique pendant lequel une cascade de notes déferle.

En vue du terme, le  ton lyrique est abandonné pour faire place à un caractère plus dansant, les mimiques expressives du pianiste nous prouvent qu'il vit pleinement son jeu.

Tandis que le public bat des mains, Amir attaque déjà ' The Dream Thief'  , une plage qui dépasse allègrement les douze minutes et qui passe par différents  climats, la complicité entre les trois musiciens est exemplaire, ils se complètent, s'écoutent en  éclatant  de rires, .

Shai se tortille sur son tabouret, distille des notes semblables aux pointes d'une danseuse  de ballet,  tel un chef d'orchestre, sans baguette,  il indique à Amir et Matteo ce qu'il attend d'eux,   ces derniers impriment une cadence folle, la marmite bout , on risque l'explosion et puis , comme par  magie,  le calme revient et  tu t'éveilles, le rêve est terminé.

Sur l'album 'The Guesthouse', le titre ' Gloria' est chanté par Maro , elle n'est malheureusement pas présente à Tréveneuc, ce qui n'a pas nuit à la qualité intrinsèque de  cette  sonate majestueuse, permettant la mise en évidence du doigté exceptionnel de Matteo Bortone.

Personne ne s'en était rendu compte, tout avait défilé à une vitesse incroyable, mais nous étions arrivés au terme du concert.

Les musiciens se lèvent, saluent un  public debout , applaudissements et cris enthousiastes  fusent de partout.

En guise de rappel,  le magicien propose ' Mystery and illusions'  , une sarabande mêlant improvisations étourdissantes à la Keith Jarrett,   rythmes fiévreux, impromptus flexibles   et, enfin , une furia finale, avant laquelle tu vois Shai, peut-être victime de crampes, secouer une de ses mains.

 

"Maestro"   désigne une personne qui est arrivée au niveau le plus élevé de son art ...

Cette  définition  colle  parfaitement à Shai Maestro!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

mardi 5 mai 2026

Jazz ô Château - Tino Swing - Château de Pommorio, Tréveneuc, le 2 mai 2026

 Jazz ô Château - Tino Swing - Château  de Pommorio, Tréveneuc, le 2 mai 2026

michel 

Bretagne,  point météo:  risque orageux ce samedi 2 mai !

Tu passes du risque au fait accompli, heureusement vers 17 h , le calme est revenu, mais l'épisode orageux  a probablement calmé les ardeurs des amateurs de jazz.

Un public moins nombreux que celui de la veille s'agglutine dans les jardins du  Château  de Pommorio pour assister à la prestation de Tino Swing.

Désormais Tino Swing se conjugue en quartet, ces beaux jeunes gens, tous fringués en noir et blanc et coiffé d'un galurin de gardian se nomment:  Tino Delporte, un gadjo jouant du Django depuis qu'il a abandonné le biberon, d'  Arnaud Baschieri au violon, d'  Olivier Bouisse à la  contrebasse, et du petit nouveau, Anthony Gunes à la rythmique.

Après leur prestation, appréciée  par un public sage et plus ou moins attentif, tu as  lu le rapport de l'association:  Le groupe Tino Swing a apporté ses propres rayons de soleil au Jardin du Château de Pommorio hier ! Guitares, violon et contrebasse ont fait souffler l'esprit de Django sur Tréveneuc. Merci à Tino Delporte et ses fabuleux camarades de swing pour cette parenthèse manouche pleine de générosité.

O K, c'était bien sympa.... ces gens, Tino en tête sont des virtuoses, et pourtant ton âme n'a pas vibré, ce concert, un brin linéaire, sans soubresauts, ni crises épileptiques, on ne dira pas sans émotions,  t'a donné la même impression qu' un job de fonctionnaire, certes consciencieux, mais pas passionné.

Comme, le quartette joue sans setlist, que la communication est  minime, comme l'est ta connaissance du répertoire manouche, tu n'auras pas droit à une énumération des morceaux joués. 

En ouverture une valse musette swing permet d'apprécier la virtuosité et la technique sans faille de l'ancêtre, dont les doigts virevoltent agilement sur les cordes de la guitare,  avant de nous asséner une seconde tirade pas triste, il laisse la place au violon qui ondule  dans les airs.

La contrebasse tient le cap, Anthony, à la pompe,  fait ce pour quoi il a été engagé, il n'a jamais eu l'occasion de se mettre en évidence, il est l'accompagnateur qui doit mettre en valeur les digressions  du soliste.  

' I can't give you anything but love, baby'  a  été repris par Django en 1936 , ' Djangology' qui suit est plus acrobatique.

' Monsieur Hoffman' , une pièce grave , s'entend, jouée par le Rosenberg Trio,  sur le soundtrack du film Django,  

Après un boléro, pas celui de Ravel, la formation s'attaque à la variété française passée à la moulinette manouche.

On précise que Charles Trenet a la cote chez les gitans.

Si la musette se joue souvent à l'accordéon, il est possible de l'adapter  sans la trahir pour quartet, guitares, violon, contrebasse. ( 'Valse manouche') 

Si tu ne joues pas 'Minor Swing', les amateurs de Django Reinhardt  crient au scandale.

  ' Les Yeux Noirs' est la plus célèbre romance tzigane originaire de Russie , on n'ose l'affirmer avec certitude, mais  on croit l'avoir entendue à Pommorio. 

Dominique Carré l'avait interprétée au Casino de Saint-Quay, revoilà le tendre  'Anounan'. 

Le voyage se poursuit, une plage vive est suivie par un titre nuageux et pour terminer la prestation, le groupe propose  un morceau interprété lors de tous les mariages gitans ( ' Alborea'?)  suivi par ' Les copains d'abord' en guise de rappel.

That's all folks ( merci Looney Tunes!) 

 

 

dimanche 3 mai 2026

Jazz ô Château, Mohs , Château de Pommorio, Tréveneuc, le 1 mai 2026

Jazz ô Château, mohs , Château de Pommorio, Tréveneuc, le 1 mai 2026

michel

La chirurgie micrographique selon Mohs est une technique destinée à traiter des formes graves de carcinomes cutanés.

On t'arrête, pour le magazine médical, tu consultes un autre site!

Le quartet suisse mohs fait dans le jazz contemporain , le jazztronica, à consommer on the rocks.

Le guitariste Erwan Valazza et le trompettiste Zacharie Ksyk sont à l'origine du projet, ils ont soudoyé Gaspard Colin à la basse et Nathan Vandenbulcke à la batterie, pour rejoindre la formation.

Quoi, Vandenbulcke ne sonne pas helvète, flamand, tu dis, raté, ce batteur d'exception est né à Nantes, il a accompagné des pointures.

Revenons à nos mohs: trois albums à leur actif, 'mohs', 'Mirage' et ' Baïne' et de belles scènes: le Colmar Jazz Festival, Jazz à Vienne, Jammin' Juan, le Gaume Jazz Festival, le Duc des Lombards, .... mais il s'agit de leur premier passage en Bretagne!

Jazztronica, tu disais!

Erwan, un élève de John Abercrombie, en plus de piétiner un paquet de pédales à effets, dispose d'un synthé et d'une loop station, Zacharie lui aussi module les sons issus de sa trompette en les frelatant avec des machines.

'Baïne' est amorcé par une trompette altérée et une basse rock, Erwan chatouille ses cordes, les gentils guili guili, guili ont ravi Madeleine à tes côtés, elle a sursauté quand la batterie s'est invitée dans la composition.

Méfie-toi des baïnes, c'est pas dans les Alpes que tu vas les rencontrer, mais sur les plages des Landes, elles font des dégâts.

Le morceau tout en arabesques séduit, ton cerveau le rapproche de l'approche polie des productions du label E C M, celles de Ralph Towner, Terje Rypdal, Pat Metheny, par exemple

Ils enchaînent sur une pièce lyrique et évanescente 'Stuck in Lagos' , un titre propice à la méditation, qui n'implique pas forcément un séjour au Nigeria

Avec ' Mirage', le groupe revient vers l'album du même nom, minimalisme et groove se marient judicieusement , tandis que quelques effets caoutchouteux se baladent sur un fond liquide propice aux illusions optiques. 

La suivante n'est pas annoncée, et en l'absence de setlist et de lyrics pouvant t'aider, on ne peut que te dire que le souffle de la trompette  peut faire penser à Ibrahim Malouf ou à Airelle Besson et que les courbes conçues par la guitare ne sont pas fort éloignées des arpèges signés Bill Frisell, elles sont pigmentées de piques électroniques.

La ballade 'Ouvea' s'entend sur leur premier album et repose sur les textures minimalistes de l'ambient jazz .

Une pièce aussi cérébrale que certaines oeuvres de Brian Eno ou de Pharaoh Sanders.

La suivante, amorcée par un roulement de batterie brutal,  sera la pièce la plus longue et la plus sophistiquée du set, elle n'a pas été répertoriée, mais passe de climats impressionnistes à un jeu de batterie sec et musclé, la guitare alterne les riffs en pointillé, mis en boucles, et les pointes plus nerveuses, la trompette voyage librement et la basse, assez rock, tient le cap.

Profitant d'un corridor apaisé, Nathan jongle avec ses baguettes, avant d'intégrer à nouveau le schéma prévu.

'L'Eveil ' est entamé par un solo de batterie  fracassant, Erwan aux manettes forgent des bruitages aquatiques aux sonorités africaines, la guitare s'immisce dans le décor, la basse et la trompette se montrent , ça tourbillonne à la manière d'un maelstrom.

 Une nouvelle  fois,   l'exhibition de Nathan a  forcé l'admiration.

 Si t'étais pas encore éveillé, pas besoin d'un clairon pour te tirer des bras d'Orphée.

mohs décide de terminer le trip en interprétant un de leurs premiers morceaux, le multicolore et ciselé   ' Kaleidoscope'  qui invite toujours à la méditation.

Comme l'assistance, éblouie, implore un rappel, la Suisse propose une reprise improbable de  'Lovin' You'.

 On n'  est pas sûr que la fabuleuse Minnie Riperton  ait reconnu son hit monumental.

mohs a prévu d'autres dates en France: Laon, Oloron, Toulon et Anglet sont au programme, pour les détails, tu  consultes leur page facebook. 

 

 

 

   

 

 

Jazz ô Château, Robinson Khoury - Mÿa , Château de Pommorio, Tréveneuc, le 1 mai 2026

 Jazz ô Château, Robinson Khoury - Mÿa , Château de Pommorio, Tréveneuc, le 1 mai 2026

michel

Place aux têtes d'affiche devant se produire sous le chapiteau, un écriteau à l'entrée indique COMPLET, un second informe, pour des raisons techniques  Robinson Khoury se produira avant Mohs.

 Robinson Khoury et le projet  Mÿa!

Robinson Khoury est désormais plus renommé que le héros de  Daniel Defoe, en 2025, il décroche le prix Django Reinhardt en tant que meilleur musicien jazz.

Son album  Mÿa, qui a donné son nom au trio qu'il a formé avec Anissa Nehari aux percussions et Léo Jassef au piano, fait l'unanimité: onirique, envoûtant, organique, atypique, inventif, ne sont que quelques qualificatifs, glanés à droite et à gauche.

Il y a un avant  Mÿa, le tromboniste qui a collaboré avec, e a,  Quincy Jones, Ibrahim Maalouf, Théo Ceccaldi, Marcus Miller ou Natacha Atlas, avait déjà  enregistré deux  albums , 'Frame of Mind' et 'Broken Lines', sans compter sa participation à l'album  « Arwah Hurra » de Sarab.

Ce soir, en dehors du trombone , il recourt à divers instruments à vent, dont un étonnant hautbois renaissance aux allures de zurma turc,  il tripote aussi un synthé modulaire, certes moins imposant que la machinerie utilisée par les musiciens de Zaho de Sagazan, mais diantrement performant néanmoins.

Les racines touareg d'  Anissa Nehari (Lola Manique, Nesrine, Marco Lacaille..) se perçoivent dans la manipulation d'un attirail percussif imposant ( batterie avec éléments électroniques, cajon , clochettes, ocean drum, cymbale  spirale...)  et dans ses vocalises.

 Léo Jassef, vu aux côtés de Yom, joue du piano, du clavier et dispose de deux synthés, dont un synthé basse, lui aussi participe aux vocalises.

 L'amorce de ' Cosmos' est grave, le trombone geint  sur accents orientaux, le piano accentue la plainte,  quand Anissa s'éveille et bat chastement ses peaux, t'es transporté du côté de la plaine de la Bekaa , et quand trois voix entament des vocalises  maqâms,  comme ta voisine, t'es sur le point d'entrer en transe.

'Poussière' est prévu pour le prochain album , le souffle du désert vient inonder la salle, comme René de Obaldia,  tu respires  le vent qui secoue  les branches de sassafras. Après les sonorités désertiques produites par les percussions et l'élément électronique,  le piano revient vers un mouvement plus classique, puis c'est comme si le Concerto d'Aranjuez  se décolorait après un passage à la moulinette électronique, la mélopée t'enveloppe et te berce.

Tu entends une voix derrière toi: ce n'est pas du jazz !

Ce n'est évidemment pas du swing, ni du ragtime, ni du smooth jazz  ou du mainstream, si l'apport de l'électronique peut effrayer les plus anciens, les coloris ethniques dans le jazz ne sont pas nouveaux: Mulatu Astatke, Aster Aweke et autres adeptes de l'ethio jazz, l'Afro beat de Fela ou de Cheick Tidiane Seck,  le jazz gnaoua adopté par Bill Laswell , ne sont que quelques exemples.

Robinson a ramassé le hautbois allongé ( ou un clairon droit, à vérifier) pour entamer '  Mÿa',  décoré de vocalises grégoriennes.

Le rythme est tendu, la plage, vivace et trépignante, est bourrée d'effets inattendus.

Avec 'Birth of Noham', une ode à la maternité,   le trio  propose un morceau apaisé, Anissa a saisi l'ocean drum, des vocalises saccadées  se font entendre, le trombone se lamente, puis  des grondements surgissent du fond des ténèbres, le chant sans paroles reprend, c'est comme si Bach rencontrait  Leftfield du côté de Baalbek.  

'Taxi Brousse' démarre par une improvisation au trombone,  on le suit pour explorer des territoires arides, au solo du chef,  le piano et les percussions répondent en entamant un rondo stupéfiant.

Anissa se paye une improvisation ahurissante, les mains nues, elle frappe tout ce qui l'entoure, cajon, cowbell, cymbales, caisses en tous genres....

La salle bout, avant d'éclater  en cris enthousiastes, le trombone et le piano rappliquent, le trip prend des coloris équatoriaux, du coup Tarzan agrippe une liane pour voltiger dans les airs et rejoindre Jane.

Ahurissant!

Robinson au chant pour 'Pensées irréelles', une ballade fusionnant prog rock et jazz fusion, la  plage précède la dernière pièce du set,   le formidable ' Qanâ'  pour lequel le trio a invité  Zacharie Ksyk, la trompette du groupe Mohs.

Après cette dernière plage bouillonnante, le public se lève pour acclamer ce concert hors norme  et réclamer un rappel.

Le morceau  cinématographique, 'Arazu' est  chanté par Natacha Atlas sur l'album .

 Sur un tempo lento, la mélopée  a envoûté une  salle  silencieuse qui a retenu son souffle,  avant de pousser des vivats tonitruants au terme de la composition.

 

Un concert mémorable! 

 

 

 

 

 


 

 


 

 

samedi 2 mai 2026

Jazz ô Château - Swing De Ouf - Château de de Pommorio,Tréveneuc, le 1 mai 2026

 Jazz ô Château - Swing De Ouf - Château de de Pommorio,Tréveneuc, le 1 mai 2026

michel

Tandis que certains se font enfariner au meeting du premier mai,  tout Tréveneuc a rendez-vous dans les jardins , généreusement  ensoleillés, du Château de Pommorio pour assister à la prestation héroï-comique de Swing de Ouf, de vieux briscards fringants!

Ouverture à 18h,  pile, une  file s'allonge jusqu'à l'église Saint-Colomban.

18:10, le quintette vient d'entamer son set, t'as réussi à assister aux premières notes, ce qui n'est pas le cas  d'Augustin, toujours coincé dans la queue.

Cinq musiciens aguerris sur l'estrade, dont pas mal de têtes connues: Gérard Le Louet ( Mojo Swing, Kannibal Swing, Fireflies Swing Orchestra, Arletty Swing , Kettlebell Swing, Le Nez Tordu.... ( cherchez l'erreur) ) à la guitare/ l'inévitable Frédélic Schmidely au saxophone ténor/ Jean-Francois Derouet  à la batterie ( Les Quadrumanes, Clémence de Tournemire Quartet, Les Lady’s Blues Sextet, Jazz à 5 Têtes, Orpheo Trio etc...) / Jean Marc Le Flour à la contrebasse ( The Lucky Bums) / au chant et  à la trompette ( oui, maman, j'ai mis la cravate offerte pour ma première communion) l'élégant et facétieux Stéphane Pasquet ( The Lucky Bums).

La formation a usé pas mal de musiciens dont e a   Gérard Blotteau ou Rob Mitchell.

Un premier titre crooné, ' T-Bone Shuffle' de T-Bone-Walker voit déjà deux jeunes dames délurées virevolter sur le gazon.

On apprendra plus tard  qu'elles font partie de la Compagnie des Pieds Mobiles et que le Lindy Hop est une de leurs spécialités. 

Sinon sur le podium, les musiciens s'en donnent à coeur joie  en mode  jump blues bien enlevé.

Pas de clarinette sur scène mais un ' Jersey bounce' savoureux, sax, trompette et guitare rivalisent de talent, la rythmique assure sans sourciller.

Une triplette de fingersnaps donne le tempo pour 'Jive at Five' et même s'il est 18:30, le jive, Les Pieds Mobiles le pratique en souriant.

Stéphane met le paquet en jouant de la mute trumpet.

Pas de fessée pour le gosse qui pleurniche, mais une version veloutée de  'Splanky'  de Count Basie. 

Accélération ostensible avec la version chantée de ' Honeysuckle Rose', avec une trompette se prenant pour Louis Armstrong, sans les joues rebondies.

 La contrebasse et les drums ébauchent la suivante sur les accords de 'Fever' mais dès que Stéphane se colle au chant, les puristes ont reconnu 'Is You Is Or Is You Ain't (My Baby)'.

'I'm beginning to see the light' n'a pas été composé par Gilbert Montagné, on te recommande la version d'Ella.

L is for ther way you look at me... ' LO V E' de Nat King Cole a, paraît-il, augmenté la natalité aux States 9 mois après sa sortie.

Une intro théâtrale pour amorcer un charleston qui aurait beaucoup plu à Joséphine Baker,  

'Benny's bugle' précède 'Sermonette' , un hit pour Sarah Vaughan.

Stéphane assure que ' Route 66' est en fait un traditionnel breton, désormais perdu, qui chantait la  route nationale 12,  Charles Trenet, le filou, l'a transformé en Route Nationale 7.

 

En voiture, le sax glisse sur l'asphalte, pas d'excès de vitesse, Amarillo est en vue!

Un brin de yiddish avec  l'immortel  'Bei Mir Bist Du Shein' et sur la lancée, le quintette du ( très)  Hot Club de Bretagne  balance  'Swing 39' de Django Reinhardt. 

Comment décrire le cours du Mississippy?

Lazy!

C'est exactement ainsi qu'il est chanté dans la romance 'Do You Know What It Means To Miss New Orleans '.

 Le timing est serré, le contrat prévoit la fin du concert verts 19:30, le délai est déjà dépassé, never mind ( the bollocks), ils enfilent 'A smooth one' et 'There will never be another you'.

La playlist prévoit encore 18 titres,  il faut se décider pour un dernier crime, pas moyen de se mettre d'accord, OK on en propose deux pour le prix d'un, mais avant ça on tend le micro à Célestine qui  tient à vanter les qualités des  Pieds Mobiles,.

C'est parti pour l'enchaînement définitif 'Just a gigolo' ( l' autobiographie de  Stéphane Pasquet)  et le twist  'Twistin the night away' qui n'est pas attribué à Chubby Checker mais à Sam Cooke.

Une quarantaine de twisteurs plus ou moins souples ont tenu à fouler le gazon en se déhanchant.

C'était ouf!