lundi 23 mars 2026

Ange à La Grande Ourse, Saint-Agathon, le 21 mars 2026

  Ange à La Grande Ourse, Saint-Agathon, le 21 mars 2026

michel

Non, ce n'était pas la chute de l'ange, de Chagall, le type a dit: chut, c'est Ange! 

Il est 21:55', l'acte Saint-Agathonnais de  la tournée "Quitter la Meute" peut commencer.

Débuté en octobre 2025 ( sans Christian Décamps désormais) , le tour  trace 55 ans d'histoire du pilier ( avec Magma)  du  rock progressif français , on aurait voulu citer Triangle, mais le groupe auquel on doit le fabuleux 'Peut-être demain' a jeté l'éponge trop tôt.

Ange en 1969, c'était Christian Décamps (Chant, Guitare, Claviers), Francis Décamps (Claviers, Mellotron), Gérard Jelsch (Batterie, Percussions), Patrick Kachanian (Basse, Flûte) et Jean-Claude Rio ( guitare rythmique).

En 2026, la formation, qui a pondu  25 albums studio, se compose de Tristan Décamps qui a repris le rôle du paternel ( vocaux et claviers)/  Hassan Hajdi  ( guitare), un fan de Jimi/  Thierry Sidhoum ( basse), photographe à ses heures perdues/  Benoît Cazzulini ( drums) , il s'amuse à jouer du Hendrix avec Hassan/ Séraphin Palmeri ( claviers, theremine), un fan de Tangerine Dream , cité dans plus de douze groupes.

Disposition scénique: batterie à gauche ( pour nous), claviers à droite, sauf le Korg  Kronos du maître de cérémonie, fringué d'une redingote d'illusionniste,, sans le haut-de-forme et le lapin blanc , qui prend place à l'arrière, le bassiste se place près de Benoît et la guitare est cachée derrière le seul qui a un prénom séraphique, Monsieur Palmeri.

Effets sidérants et coups de baguettes feutrés sur une cymbale, retour vers 1980 pour ' Je travaille sans filet'.

Tristan, théâtral,  vit son personnage habité à fond, son chant plein d'emphase impressionne,  les acolytes construisent un fond musical à la Genesis, le second mouvement part en crescendo, le theremine vibre, pendant près de huit minutes on a les yeux fixés sur l'acrobate qui ose les figures les plus audacieuses.

A tes côtés,  les idolâtres, surannés et  exaltés, savourent.

Ange attaque le tournoyant ' Adrénaline' , Tristan se paye un pas de danse funambulesque, tout en secouant un tambourin.

 Les envolées celtiques ont séduit les locaux, du coup les applaudissements pleuvent.

La plage  'Un diamant dans le coeur' s'entend sur le dernier album  ' Cunégonde'  , un drumming obsédant, un synthé porcelaine et un chant, tantôt feutré, tantôt rauque,  habillent un texte poétique et fleuri.

Tristan retourne derrière le Korg pour 'Quitter la meute' où la basse donne le ton, tandis que les claviers distillent des sonorités proches d'un clavecin, à gauche  Benoît frappe lourd , à droite  la guitare hurle, les loups vont s'entretuer, on sonne l'hallali! 

Séraphin nous invite au calme, en prélude il introduit 'Pace Nobilis' , un moment de tendresse biblique qui précède  'Prisonnier de l'aube', à l'intro récitée sur fond de piano serein.

Le ton glisse vers le solennel et le symphonique, la guitare, lyrique, rivalise avec les claviers, aux  somptueuses sonorités Rick Wakeman.

'Le langage des fluides' introduit par un synthé liturgique, impressionne, le  chant à la diction,  que n'aurait pas renier Luc Plamondon, responsable de la version musicale ( avec Richard Cocciante) de Notre-Dame de Paris, donne des frissons dans le dos, et quand Thierry et Hassan ajoutent leurs voix à celle de Tristan,    Gotlib, glacé,  se met à trembler!

Avec ' Camelote' on plonge dans le Moyen-Age,  on ignore si le roi Arthur aimait les moules, mais tes voisins  occasionnels se délectent.

En 1974, Ange dansait le menuet, pour preuve écoute ' Godevin le Vilain' et après tu te retapes ' Les Visiteurs'. 

Après une longue amorce à la structure symphonique c'est Thierry Sidhoum qui entame le chant de 'Des yeux couleur d'enfants'   , la pièce maîtresse de l'album 'Par les fils de Mandrin' , Hassan manie la poignée vibrato pour faire pleurer sa guitare et quand Thierry s'essouffle, c'est le ténor qui prend le relais.

Une nouvelle fois l'ombre de Genesis, époque Peter Gabriel, plane sous la constellation stellaire. 

Après un numéro de mime du bassiste, (je pose pour toi, Josette, fais clic, clic),  qui permet au fils Décamps de s'éclipser pour revenir les yeux bandés, c'est le magistral   'A Colin-Maillard'  qui déboule.

Et pendant ce temps au Tibet , Tintin a vu ' Les Larmes du Dalaï Lama'., nous on a applaudi à la magistrale interprétation de cette plage épique.

Ensuite, le batteur, survolté, entame ce qui en principe est le dernier morceau du set, le diabolique  ' Quasimodo'. 

Une Esmaralda défraîchie en a les larmes aux yeux , rien que pour elle, Hassan Hajdi multiplie les riffs balèzes.

Rideau!

Avant les bis, inévitables, un roadie, devenu maître de revue,  vient faire un   numéro cabotin, revenu du paradis, sans Vanessa, Ange attaque   'Dignité' au jeu de claviers rappelant celui de Dave Greenslade.

Le roadie réapparaît  pour déposer un tabouret à  un mètre du public, Hassan y prend place, il a troqué sa guitare électrique pour une acoustique et le public assiste à un duo guitare/voix  sur le magnifique ' Le soir du diable'.

Tristan a sorti un feuillet de sa redingote  , il nous lit un poème  qui précède l' 'Hymne à la vie' qu'il décore de quelques lignes de mélodica. 

L'équipe au complet reprend place pour achever cette plage gracieuse et réconfortante.

 Le groupe nous quitte après cinq fausses fins déroutantes, et tandis que les anges regagnent le royaume céleste, tu te tapes des nappes de brouillard bien bretonnes sur le chemin du retour.

Il n'y a pas que l'enfer à être pavé de mauvaises intentions, les dieux aussi ont des lubies! 

 

 

 

 

 

 

dimanche 22 mars 2026

Brieg Guerveno à La Grande Ourse, Saint-Agathon, le 21 mars 2026

 Brieg Guerveno à La Grande Ourse, Saint-Agathon, le 21 mars 2026

michel

C'est devant une assemblée cheveux gris ou crânes dégarnis  que Brieg Guerveno doit assurer le support des Godfathers du prog rock made in Gallia ( pays de l'andouillette et du jambon d'Aoste fabriqué dans le Bugey):  Ange,  un groupe   né pendant le premier décan du signe des Scorpions en  l'an de grâce mâtiné, 1969. (  oui, ça fait un bail, Nathalie!).

Ils ne venaient pas tous du même Ehpad, mais ils ressemblaient presque tous à des premiers communiants,  venus célébrer une messe tridentine, ce qui ne signifie pas que le curé n'a plus que trois dents!

21:00 - Brieg paraît, on m'a accordé 30 minutes  pour stimuler le public avant le concert des messagers de dieu.

Ce soir, je la joue solo, vous ne verrez pas  Stéphane Kerihuel à la guitare, Faustine Audebert à la basse, ni Nicolas Hild  ou Camille Goellaen.

Pascal, qui manie mieux le breton que nous, a déjà eu l'occasion de croiser le gars de Saint-Brieuc plus d'une fois, sur une étagère de son frigo, il a rangé tous les albums du barde folk rock, qui chante en breton.

( cf tous les papiers sur C M) 

Après un salut ethnique, il plaque une série d'accords secs sur une guitare électrique et entame le downtempo, sentant bon l'americana made in Breizh,  ' Kalon Flamm' .

Le ton est à la mélancolie, la voix et les ambiances sombres se rapprochent  des compositions de Madrugada,   t'as toujours été fan de Sivert Høyem et même si le sens du propos t'échappe, tu frémis face à la profondeur du rendu.

Les vocalises hantées et la mise en boucles de certains accords donnent un caractère majestueux à la plage.

Il annonce la seconde, 'Hebiou din'  , un extrait de son cinquième album ' Un Noz A Vo'.

La mélopée,  brumeuse, d'une beauté surnaturelle invite les auditeurs à clore les paupières pour vibrer intérieurement. 

Comme il est question d'Islande avec le  lent ' Piv'Vin', une chanson  inspirée par les écrits du  poète  Jón Kalman Stefánsson,  c'est tout naturellement l'univers  de Sigur Rós qui s'impose à l'esprit.

Il est toujours question de poésie avec la suivante, ' Em Digenvez'  , le texte, mystique,  d'Anjela Duval a été publié en 1964, Brieg l'a mis en musique et le joue ce soir à la guitare semi-acoustique.

Des effets chambre d'écho   lui donnent un caractère gothique.

Les soeurs Brontë ont apprécié.

Toujours à l'acoustique il entame '  Ar Barr Avel' ( le coup de vent), les arpèges précieux joués en  fingerpicking ont ému les fans de Martin Carthy, Nic Jones ou Barry Dransfield.

Je termine par un titre plus rock,  'Pell War An Hent' , pendant lequel le public bat des mains.

Bizarrement ce morceau, moins intense, t'as fait penser à  quelques rockeurs mainstream, made in Italy, Jovanotti ou Adriano Celentano, évidemment les intonations rugueuses du breton n'ont rien de commun avec la musicalité de la langue italienne.

Contrat rempli, prestation convaincante, appréciée par  les groupies vétustes d'Ange, Brieg Guerveno peut compter sur de nouveaux fans!

 

 

 

 

jeudi 19 mars 2026

Sarah Kinsley EP 'Fleeting'

 Sarah Kinsley  EP 'Fleeting' 

michel

 Sarah Kinsley Music, LLC, under exclusive license to Verve Label Group

bedroom pop 

  Sarah Kinsley, d'origine sino-américaine, naît en 2000  à Mountain View en Californie, elle grandit dans le Connecticut avant de mettre le cap sur New-York, où elle s'inscrit à la Columbia University.

La musique a toujours été inséparable de ma vie, confie la jeune personne, qui se dit influencée par  Kate Bush et Joni Mitchell.

En 2020 paraît ' The Fall', un debut EP , ..  through an EP of six songs, Kinsley portrays idyllic images of young adults falling in love—and the thick air of melancholy surrounding them when they fall out of it... écrit Stephen Crespo pour Columbia Spectator.

Elle ne chôme pas et sort un nouvel EP tous les ans , sauf en 2024, année où surgit l'album 'Escaper' , ensuite elle fait l'impasse sur 2025, histoire de jouer l'album sur scène.

Février 2026, fidèle à ses habitudes, elle propose 'Fleeting' , un cinq titres  à propos duquel elle confie... “I’ve always been happy for my music to be described as cinematic pop. The first bridge between my classical background and becoming more of an alternative or pop artist was actually film score....!"

Tracks

 1. Lonely Touch · 3:21 ; 2. Truth Of Pursuit · 2:51 ; 3. Reverie · 4:17 ; 4. After All (with Paris Paloma) · 3:43 ; 5. Fleeting · 3:39.

Credits:

Sarah  Kinsley - composer, voice, synthetizer, piano, programming.

Jake Aron - guitar, bass + production

Zac Coe - drums 

Will Graefe - guitar

 Paris Paloma  - guest vocals on After All

 Justin Termotto - recording engineer.

Sont tagués pour l'artwork, pour lequel Sarah a choisi une pose pensive mettant en évidence le fard à paupières soulignant  le foncé de ses yeux  : Florence Sullivan et Clare Larsen! 

Pour écrire ' Lonely Touch' , je me suis inspirée d'une scène du film 'Queer' du réalisateur sicilien Luca Guadagnino, elle ajoute:   “This song is an homage to the vulnerability of longing, of yearning for a kind of touch that is undeniable and terrifying. It is a song about true intimacy: wanting to feel the edges of another’s soul, becoming one in the dark together.”  ;

La synth pop sculptée par la jeune artiste  repose sur un  chant éthéré d'une pureté limpide ( cf Lana del Rey, Marina & the Diamond, Lorde ou Bleachers).

Elle a à peine prononcé Lonely touch qu'un  doigt enfonce franchement une touche du piano,  pour affermir les accords secs, le batteur y va d'un beat appuyé, puis vient le synthé   qui élabore  des nappes célestes, le rythme s'accélère pour atteindre un climax,  car la voix s'élève de plus en plus haut et va effleurer les sphères spirituelles, là où vivent les anges.

Pour   “Truth of Pursuit.” Sarah s'est chargée de tout, les synthés, la drum machine,  le programming, les vocaux.

Les effets  élastiques, le drumming mécanique accentué ( qui peut évoquer ' In the air tonight'  de Phil Collins)  , la voix  haut -perchée et flexible,  proche  des intonations de Kate Bush, tout confère à donner  un cachet  magique à la composition.

Si tu baptises une piano ballad  ' Rêverie' , forcément tu peux t'attendre à un rapprochement avec Debussy.

Mélancolie, vocaux aériens, piano symboliste, te voilà presque transformé en  Jeanne Samary, la jeune actrice qui avait servi de modèle à Auguste Renoir  pour le tableau ' Rêverie'.

En fin de morceau la guitare de Will Graefe vient ajouter plus de relief  à la toile.

Sur ' After All', Sarah et la chanteuse   Paris Paloma se partagent les vocaux.

Cette dernière avait fait un carton avec le titre ' Labour' en 2023. 

La romance est soulignée par une section de cordes qui a arraché quelques larmes à l'amie, anglo-saxonne,  de ton épouse, venue prendre le thé chez toi.

I love this ballad, a-t-elle ajouté, who are the singers?

Adele et Taylor Swift .

You're kidding.

T 'avais fait un effort, t 'aurais pu annoncer   Aya Nakamura et Héléna! 

Pour terminer le catalogue, Sarah propose ' Fleeting' qui a donné son titre à l'EP.

L'uptempo sautillant présente,  selon les fans, de sérieux Robyn vibes, il est vrai qu'il s'agit de la plage la plus catchy et dansante du recueil.

La chart -topping pop  music  n'est pas forcément bonne à servir de pub pour vendre des parfums, des serviettes hygiéniques ou des véhicules électriques, le talent de Sarah Kinsley mérite plus de crédit!

  

 

 

lundi 16 mars 2026

Ally Venable band à La Grande Ourse, à Saint Agathon le 15 Mars 2026.

  Ally Venable band à La Grande Ourse, à Saint Agathon le 15 Mars 2026.

michel

T'es pas encore entièrement retapé après le fantastique concert de Bernard Allison et déjà La Grande Ourse  choie les fans de blues avec un nouveau concert fracassant: Ally Venable et son band entament leur tournée européenne en terre bretonne.

La Texane n'a pas encore 27 ans mais est déjà,  d'ores et déjà, considérée comme une de celles qui assurent , avec éclat, la relève du blues rock , on la place à la  hauteur de Susan Tedeschi, Ana Popović, Samantha Fish, Erja Lyytinen ou Ina Forsman.

Du coup il a fallu refuser du monde, les derniers arrivés sont restés sur les marches de l'estrade. 

27 ans en avril et  déjà  6 albums ( sans compter 2 EP's self-produced)  à son actif,  distribués par Ruf Records, à titre de comparaison,  The Sisters of Mercy a pondu trois albums studio  depuis sa naissance.

Son  dernier  forfait, 'Money & Power' date de 2025.

Avant l'entrée en piste du trio, une guitare se fait entendre, un blues qui dit ' All night long'.

EJ Bedford ( membre d'un tribute to d'Angelo, comme son copain Isaac)  - bass, synth  and vocals et  Isaac Pulido - drums (  Buddy Guy, Kenny Wayne Shepherd, Eric Gales,  Bernard Allison, e a),  .précèdent Ally - guitar, vocals.

Ils sont trois, d'emblée d'autres power blues trio viennent s'imposer à l'esprit: Cream, James Gang, Taste, Jimi Hendrix Experience ( avec Mitch Mitchell et Noel Redding) ou Beck, Bogert and Appice.

Une basse funky syncopée, reconnaissable entre toutes, amorce  le tube monumental des Temptations, ' Papa was a rolling stone', la guitare fait tchik tchik tchik, puis Ally hante la pédale wah wah , le feu d'artifices vient de débuter.

C'est juteux et rock  à souhait , un premier bridge permet à EJ et à Isaac de caracoler à l'aise, Ally les rejoint pour faire éclater des riffs aussi passionnés  qu'intenses.

Tu pensais que la  version des Temptations était inégalable, tu t'es trompé, Ally  se l'approprie en y ajoutant des ingrédients rock furieux.

'Texas honey' ( le titre de son 3ème album) débute par une attaque sèche,  d'une voix rageuse elle promet de lui piquer tout son pognon, son sucre et le reste aussi, elle assaisonne  tout ça  d'une avalanche de riffs, tous plus meurtriers les uns que les autres.

Le miel du Texas a une saveur piquante.

Elle dédie le premier slow de la soirée ' Unbreakable' à toutes les ladies dans la salle, une basse duveteuse ( toutes les plumes des poules de la basse-cour y sont passées) qui gronde , un drumming scrupuleux et  une wah wah dodue,  c'est du blues inébranlable!

Next one is a song about drinking too much, un constat qui ne concerne pas les Bretons, ' Brown Liquor' , orné de  soli robustes et insolents, risque pourtant de te laisser en bouche un goût de gueule de bois.

Si Lucky Luke tire plus vite que son ombre, Ally Venable est du calibre Calamity Jane, la Les Paul canarde sans relâche, et La Grande Ourse en redemande!

Saint-Agathon, are you  ready to hear me play the blues tonight?

Mais, Ally, c'est la raison de notre visite, ne te gêne pas, play your blues! 

' Steamroller blues' , emprunté à James Taylor,  chanté d'une voix cassée, remue les entrailles  et pique comme un cactus texan.

Le talent d' Ally  n'a pas échappé à quelques grand noms de la scène blues US, Joe Bonamassa ou Buddy Guy  sont fans et ont participé  à l'élaboration de certains titres, ainsi ' sur ' Texas Louisiana', Buddy Guy donne la réplique à la jeune virtuose, ce soir  E J reprend son rôle. 

Après ce duo vibrant vient  le formidable slow ' Broken and blue' , une des pièces maîtresses du show, qu'elle interprète avec  feeling.

Isaac n'attend pas nos applaudissements, il embraye  promptement sur ' Stopper back papa'., un funk blues suintant  et enragé  sur lequel EJ Bedford parvient à jouer de la basse et du synthé en parallèle. Saint-Agathon, ensorcelé, accompagne les musiciens en battant des mains.

Virage boogie sur le tonitruant  ' Feel that sting', elle s'agenouille pour  tirer quelques effets stridents de la pedal station tandis que le bassiste prend place sur l'estrade  aux côtés du batteur.

On l'a ressentie, la piqûre,  c'était violent!

  'Real gone'  décolle comme un missile destiné à anéantir  la flotte ennemie, ça canarde sans répit et à une vitesse folle.

I love France ( prononcé à l'américaine) , this track is called 'Road to nowhere'  et n'a aucun rapport avec Talking Heads.

Le titre s'éloigne du schéma  blues rock   furieux, Ally le décore d'un solo à faire frémir Gary Moore.

Avec ' Fire' de Jimi Hendrix on revient au blues rock incandescent, le bassiste n'a pas dû insister des masses pour inviter le public à battre des mains.

Où sont les pompiers, merde, l'incendie fait rage.

Stevie Ray Vaughan est une influence ( texane) majeure, normal qu'elle lui rende hommage,  en reprenant l'instrumental ' Lenny'.

10' de bonheur absolu.

On arrive aux salutations, suivies par le bis 'Ain't that a bitch' , emprunté à Johnny Guitar Watson, titre qui permet un duel tumultueux, basse/guitare que le duo termine à genoux face à Gilbert un des photographes maison qui shoote à l'aveugle.

Après deux heures de show , le trio vient signer les disques à la table de merch. ( On remercie l'incroyable bassiste pour son amabilité et  sa complaisance).

 

Ce 17 mars , c'est Wattrelos qui accueille Ally et son band! 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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samedi 14 mars 2026

EP - Anything For You par Grandmas House

 EP -  Anything For You par Grandmas House 

michel

 Duchess Box Records 

post-punk 

Si Bristol nous a délégué, e a,  Portishead, Roni Size, Tricky  ou  Massive Attack, de nos jours ce sont IDLES,  Katy J Pearson ou Grandmas House qui défrayent les chroniques.

Grandmas House voit le jour  fin 2018, lorsque Yasmin Berndt, Poppy Dodgson et Daisy from London ( membre du combo à l'origine)   remplacée depuis par   Zoë Zinsmeister  , toutes étudiantes à l'unif   décident de monter un queer band.

Elles hantent les clubs de la scène locale et font impression, en 2019, plusieurs de leurs shows affichent complet, un premier single, rageur, 'Devil's advocate' paraît en 2020, un cocktail molotov, d'après la presse du coin. 

'No place like home' est tout aussi bouillonnant, puis vient un premier EP éponyme, suivi en 2023 par un second EP ' Who Am I'.

2024, sortie du single ' Screw it up' qu'on retrouvera sur le dernier EP en date , ' Anything for you'  , sorti en 2025.

Et là, une surprise,   la maison de mémé se conjugue désormais à quatre,... we made the decision to add one of our best friends Polly on guitar... déclarent les filles lors d'une entrevue.

En attendant de nouvelles chansons, qu'il nous faudra mériter, on épluche l'EP  ' Anything for You' publié l'an dernier. 

Tracks

 1. Screw It Up · 02:15 ; 2. Slaughterhouse · 03:00 ; 3. From The Gods · 02:55 ; 4. Nothing Special · 02:12 ; 5. Haunt Me · 03:49 

line-up:  Yasmin Berndt (vocals, guitar), Poppy Dodgson (vocals, drums) and Zoë Zinsmeister (bass)+ Polly ( guitar)

 
Cover by Clump Collective., une photo de famille:  quatre girls vêtues de noir, dont deux installées sur une chaise à l'avant, les deux autres se tiennent debout à l'arrière.

Comme le photographe a omis de mentionner ' smile', elles n'ont pas souri. 

Le  premier titre est explicite, on va tout foutre en l'air ( Screw it up')! 

Dès l'entame, les filles te prennent à la gorge et serrent fort , déjà la voix graveleuse et féroce  de Yasmin  te fout les jetons, les guitares en distorsion crachent des riffs brûlants,  Zoé et Poppy ont construit une forteresse indestructible.

Un conseil pousse le volume dans le rouge pour apprécier l'hymne à sa juste valeur.

Mec, maintenant, je vois clair dans ton jeu, tu mens à tout le monde, tu tiens à nous noyer, l'eau n'arrête pas d'affluer, ça me rend folle...   I see it all, now the lights are bright... 

Depuis Britney Spears's ' Toxic' les  avis de relations toxiques ou de stashing  affluent, déballer n'est plus un péché! 

Et si on se payait un petit tour à l'abattoir?

' Slaughterhouse'  ou comment transformer  une lovesong   en comportement anthropophage?

Une guitare presque inoffensive  introduit  la plage, Yasmin a l'air moins enragée, évidemment tu sais que ça va tonitruer dans peu de temps, ça pouvait pas rater, les drums s'énervent, les guitares agressent tandis que la jeune fille poursuit son chemin de croix, comme le pèlerin qui se tape Saint-Jacques-de-Compostelle à genoux . 

S'il le faut je me transforme en Faust et je vends mon âme au diable,... I'll do anything for you...

C'est beau, l'abnégation! 

Tu me vois comment de là-haut?

' From the Gods' , c'est quand on te fait comprendre que t'es un être inférieur.

  Ici, la basse pulse à mort, Poppy frappe comme Chucky  la poupée tueuse, les guitares rugueuses vont dégraisser tes pavillons jusqu'à la trompe d'Eustache,  le chant  décapant  te prend à la gorge!

 Ces filles réussissent à  faire passer  Sleaford Mods pour un groupe pour midinettes boutonneuses.

Prêt pour un peu plus de deux minutes de punk joué à la vitesse de l'éclair, voici 'Nothing Special'. Recette: crunchy riffs,  batterie survoltée, chant  et chorus  speedé, ..round and around and around we go... jusqu'à la fin du show!

La collection s'achève sur ' Haunt me', une pièce plus flegmatique au propos gothique, avec Poppy aux lead vocals.

Un titre qui risque de bercer tes nuits  ou de les hanter!

Le groupe achève une tournée au Texas, il sera à Blois le 19 mars et au  festival Elfondurock ( Marcoussis) le 21.

 

 

jeudi 12 mars 2026

Bernard Allison - La Grande Ourse - Saint-Agathon, le 11 mars 2026

 Bernard Allison - La Grande Ourse - Saint-Agathon, le 11 mars 2026

michel

 

What's on in Saint-Brieuc, and in the neighbourhood, annonce le concert de Bernard Allison... 

"  His guitar playing blends precise slide, cutting riffs and more soulful phrasing, with a tone that flirts with rock while remaining rooted in the heart of the blues."

Cyril, à l'issue de la prestation:

 There are certain phrases we often hear about artists: ‘He shared with his audience.’ Last night, La Grande Ourse and Bernard Allison with his band showed what that really means!  Proof is in the pictures. Thank you for this great moment of blues but also of sharing!

 Sein Vater ist eine Legende des Blues aus Chicago.

Im Saint-Agathon bewies der Sohn, dass er mit dem Erbe würdig umgehen kann....

La salle affiche quasi complet, le public breton aime le Chicago blues!

En 1986, à l'affiche du Marktrock, à Leuven ( Louvain), il y avait  Rufus Thomas et   The Luther Allison Band, plus les vedettes locales: De Kreuners.

40 ans plus tard, tu assistes, enfin, à un concert du fils de Luther: Bernard Allison, un fils qui,  en 2024, lâche le double album 'Luther's blues', en hommage à son illustre paternel.

 La Grande Ourse aura l'occasion d'en entendre plusieurs extraits.

 Sam Butts Jr. , le drummer, George Moye , l'imposant et souriant bassiste, je veux les mêmes mocassins, murmure Bécassine,  et l'incroyable Eric Robert ( Walter Trout, Coco Montoya, Keb Mo' ,  Lucky Peterson etc...)  aux claviers, sont les premiers à se présenter pour entamer un instrumental funky en diable ( sans doute ' Send it in') , ils sont très vite rejoints par le flamboyant guitariste.

Eric, déjà, tricote  comme une tisseuse du Tennessee, la rythmique groove à mort, et la guitare place une série de riffs gluants.

Les artificiers sont présentés, puis il explique qu'on ne voit pas de papier sur le sol, ce n'est pas un choix écolo, non, il travaille à l'inspiration, en adaptant son set à l'attitude du public. 

Ils enchaînent sur ' So excited'  , le bluesrock qui ouvre l'album 'Highs and Lows' ,  paru peu après le sinistre épisode Covid.

Le titre est construit  sur une basse lourde et un drumming sec, le guitariste nous confie son plaisir d'avoir pu retâter de la scène après  un repos forcé.  Les riffs râblés font écho au jeu de clavier pétillant, pendant un solo, George et Eric invitent le public à battre des mains, ce qu'il fait sans rechigner.

La température a déjà sérieusement grimpé dans la salle, Georgette s'évente tout en gigotant sur place.

Sans pause, ils attaquent le funky  'Night Train'  ( sur ' Let it Go') la wah wah s'emballe, l'orgue prend des intonations Tamla Motown, c'est  drôlement juteux.

Pour un  premier  slow blues, Bernard a opté pour 'The way love was meant to be' .

La plage, kilométrique, est chantée d'un timbre soul fiévreux, les soli, tantôt méticuleux, tantôt voluptueux,    se multiplient pour cajoler nos pavillons , La Grande Ourse oscille en mesure avant d'applaudir pendant de longues minutes, à la grande satisfaction des musiciens.

J'avais 6 ans quand mon père a composé ' Change your way of living'  , a rolling piano ballad  qui permet à Eric Robert de nous régaler par un jeu où le boogie dégouline.

Avec ce band, tout semble simple et couler de source, pas besoin de cinéma, c'est juste du blues de haut  standing. 

Ils enchaînent sur 'Bad love' , une nouvelle composition de Luther Allison, une des nombreuses perles à retrouver sur 'Luther's Blues' .

People, sometimes I like it quiet, du coup on se retient  de respirer bruyamment, tandis qu'il enchaîne les notes minimalistes pour ensuite placer des riffs furieux.

On chante le refrain, il repart en roue libre, se paye une promenade dans la fosse pour se dégourdir les jambes, puis vient saluer les gens assis sur les gradins, j'escalade à gauche, puis à droite, pas de jaloux, bonjour, Béatrice, le siège à vos côtés est inoccupé, je peux, bien sûr, Monsieur, il lui joue une aubade, se relève, quitte la salle, se désaltère au comptoir tout en jouant,  puis la guitare,  invisible, réapparaît,  il  rejoint ses petits camarades pour terminer la tirade en flammes incandescentes .

Une ovation gigantesque ponctue ce récital phénoménal.

La wah wah tempête, les chiens sont de sortie, tout Saint-Agathon jubile, car on a reconnu les premières mesures de 'Voodoo Child' de Jimi Hendrix. 

Une accumulation de  trilles vibrantes secouent nos entrailles , c'est parti pour un marathon de près de 10 minutes, il improvise  en solitaire, ses acolytes ont le temps de se tricoter une écharpe en vue de l'hiver prochain.

Merde, j'ai laissé mon mobile en coulisse, j'aurais pu téléphoner à madame et prendre des nouvelles des gosses, se dit George.

Sans leur faire un signe, ils ont compris qu'il fallait reprendre le boulot pour achever la plage. 

Après ce fait d'armes, George, Eric et le chef prennent la tangente, c'est l'heure du solo de batterie didactique de Junior.

Parmi les tableaux proposés, ta voisine a reconnu ' We will rock you'  , du coup elle a hurlé ' Yeah'.

Georgie Fame a renchéri, I say yeh, yeh.

Quelle soirée!

George se pointe pour une digression moite, il en profite pour placer ' Another one bites the dust'  dans son exposé, puis c'est au tour d'Eric d'entrer dans la danse pour un numéro comedy capers versus la chevauchée fantastique.

Il a tellement massacré les touches que le matériel s'est déglingué.

Bernard qui a retrouvé le podium se demande comment ils vont interpréter 'Serious' sans les keyboards malades.

Heureusement, les mécaniciens retapent la bête. 

'Serious' est vraiment un titre particulier, il peut faire penser à Dire Straits, mais plus quand  le fils de  Luther ( pas confondre avec Calvin) entame un virage reggae.

Eh, les gars, on improvise?

C'était pas du grand n'importe quoi,  mais c'est parti en ratatouille épicée, on a reconnu des bribes de ' Sunshine of your love', une once de Freddie King, puis  un phrasé jazzy,  avant la reprise, sérieuse, du thème initial pour terminer par une cover, ' Going down' des Alabama State Troupers.

File immense au merchandising, un selfie avec ma femme, Bernard?

Elle s'appelle comment?

Bernadette! 

Dimanche, La Grande Ourse accueille  Ally Venable, rendez-vous est pris!

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

  

 

 

mercredi 11 mars 2026

Catchy par Catchy Peril

  Catchy par Catchy Peril 

michel

 Autoproduction / No Need Name

(nuclear) disco- punk/glam/synth wave /post-punk 

Moins de deux ans  après avoir  explosé le disco sur l'EP ' Disco Sucks' ( cf papier de Pascal) , les Marseillais de Damas, ayant enterré Bachir Al Acid  ( à la carte de visite cartésienne: Bachir Al Acid est un groupe issu de la rencontre entre Johnny Rotten et Claude François dans les toilettes secrètes de la zone 51) , le  groupe Catchy Peril revient avec une nouvelle bombe, baptisée  ' Catchy' .

 Benjamin Delair, Kévin Plasse, Paul Blanes et Louise Baudu ( une ex Frih Drah, toujours membre du projet 1003) sont donc de retour avec une rondelle qu'ils qualifient d'abrasive.

 Track List :

Lemon Eye

 Sugar Lane

 I Like it Hard

 Epilepsie

 Astro Orbiter 

Electricity

 Lovely

 Drugs

Crédits: Kévin Plasse (batterie),/Paul Blanes (basse, choeurs)/ Louise Baudu (synthé, choeurs)/ Benjamin Delair (guitare, chant) 

Les noms suivants sont mentionnés pour l'art work: Pat (photo), Krakovic (tattoo), Paul Tellier (design), Margaux Solia (Letters design / typo) .

Deux mains gantées black  s'évertuent à tatouer le muscle deltoïde ( probablement celui de Benjamin)  du mot catchy, qui surplombe un dessin obscur.

'Lemon Eye'  ( avec s sur bandcamp, sur spotify le citron est borgne) ouvre en forme de brûlot   glam/ proto punk, qui nous ramène vers de doux cinglés style Nina Hagen, sans les écarts opératiques, les Dogs d'Amour ou Hanoi Rocks.

Après un cri de hyène malade, basse/batterie et guitare attaquent en force, le synthé prend des coloris plastiques,  Benjamin  greffe son chant punky sur ce fond sonore forain, un choeur démoniaque s'invite à la fête pour s'époumoner ... you're on your way to die...

Sympa, plus besoin d'aller rendre visite à Madame Irma, la cartomancienne du bled. 

On n'a aucune idée de la ville où se situe la ' Sugar Lane' chantée par les Marseillais , on ne sait pas non plus si il s'agit de Brown Sugar, un peu acide, n'empêche qu'ils continuent sur la voie entamée par ' Lemon Eye'.

Pascal, à l'époque, citait B 52's, c'était pas idiot,  'Lucky Number' de Lene Lovich peut également servir de point de repère.

La batterie   gronde, le synthé vintage,  new wave première époque , et le chorus scandé, transpirent une époque où on s'amusait beaucoup, la guitare, un instant,  fait diversion, avant la réapparition du synthé et de ses effets theremin. 

On quitte la Sugar Lane,  pour ' I like it hard', crooné à la manière d'un Ringo Starr pour les morceaux les plus kitsch des Beatles.  

Le synthé valse en trois temps, le manège tourne au ralenti, les enfants s'amusent, tout baigne!

'Epilepsie' est, forcément, méchamment plus spasmodique, le titre débute  par un riff de guitare lancinant répété à l'infini pour qu'il s'imprime bien dans ton cerveau, puis vient la voix sonnant comme du Roger Waters, l'ombre du Floyd plane, tu sais que ça va exploser, puis la guitare réitère  la même rengaine, tandis que Kévin tapote méthodiquement  l'élément métallique de sa batterie, ...  I’m turning around and around and around... dit le texte, Louise attaque en force, ajoutant un élément synthétique à la plage qui continue à monter  en puissance jusqu'à la fin de la crise, qui aura tout de même durer près de 4', t'étais sur le point d'appeler le 15.

Si t'as pas le vertige, tu peux prendre place dans  l' ' Astro Orbiter'  , munis-toi de ta combinaison d'astronaute , du casque adéquat, car va falloir affronter des turbulences.

Riffs caustiques ou ondulants,  chorus  clignotant, estocades et dérapages  synthétiques, attention, ça glisse! 

C'est pas aussi pop que les Buggles, mais tu peux penser aux Missing Persons ou à The Waitresses! 

'Electricity' n'est pas une reprise d'Orchestral Manoeuvres in the Dark , mais le combo monté  par  Andy McCluskey et  Paul Humphreys  peut avoir influencé les Marseillais.

Gaffe au survoltage, les copains,  ça laboure vache, c'est pire qu'un  maelström intense qui risque de t'entraîner dans l'abysse.

Le synthé,  tel un manège  détraqué,  pirouette à une vitesse excessive, la batterie maintient un tempo de malade,  vérifie si ta ceinture est bien attachée, et souviens-toi,  à Antibes, un gosse a été éjecté du Grand-Huit, il souffre  d'un traumatisme crânien sérieux.

Un orgue   tout en puissance introduit le synth punk barbare ' Lovely' chanté ( glapi)  d'un timbre féminin.

Quel insecte vicieux a piqué le cheval qui multiplie les ruades et  coups de sabot dans le vide?

Soudain la course folle prend fin   et,  après un instant de silence,  la voix part en vocalises étouffées  je chante sous la douche.

Pour clore l'essai, Catchy Peril propose le punk désespéré  ' Drugs'. 

Dans un no future land affligeant où même Dieu est mort, il  reste une solution... I wanna get drugs....

Une batterie et une basse  martiales   donnent le ton, le chant scandé ( très Sex Pistols)  suit le rythme ,  le synthé sort ses griffes, la guitare, en embuscade, place une ligne acerbe puis   un choeur gothique s'invite à la non fête, jusqu'à l'overdose.

Alors  vient le final,  pour qui sonne le glas !

 Quoi, ' Love is the drug', non, ça c'est un autre film!

Catchy Peril a entamé en tournée qui verra le groupe écumer des scènes, e a,  à Marseille, Aix -en -  Provence,   Nice, Lodève ou Forcalquier!