dimanche 7 juin 2026

Romi & Sabin - cour de la salle des fêtes - Bringolo, le 6 juin 2026

 Romi & Sabin - cour de la salle des fêtes - Bringolo, le 6 juin 2026

michel

Que font les joueurs de foot quand ils ne jouent pas au foot?

Ils passent à la buvette, évidemment!

Quand l'AS Bringolo ( division 3, poule c, classée 6è )  décide de fêter la fin de saison , elle le fait en musique et invite deux groupes du secteur (  Romi & Sabin et Anton Beckman) pour une soirée gratuite.

Beau prétexte pour s'agglutiner à la buvette et écluser des litres de Distoufer.

Ouverture des grilles à 19h, déjà des clients au bar et food truck, flou total pour l'  horaire des concerts  

19:25, les rigolos qui font la bringue s'amènent au compte-gouttes, tandis que la sono diffuse une soul music bienséante, Booker T et Marvin Gaye, c'est pas du caca. T  'as avalé une mousse vite fait et comme le thermomètre indique à peine 12° , t'as pas envie de te joindre aux soiffards pour égaler le record de Bretagne du mec qui écluse 14 chopes en moins de 30 minutes, t'attend sagement l'arrivée du duo  Romi & Sabin, qui escalade les 4 marches les menant sur le podium à 20h et des poussières!

La fille, c'est Romi,  ( Romane Duquoc, de Plélo) , une athlète ( tennis, volley) reconvertie en chanteuse, formée au Dalida Institute, elle compose, un EP doit un jour  voir le jour .

Le garçon à la guitare et  loopstation, c'est Sabin Schindler , un as de la bicyclette,  , (aucun rapport avec Oskar et sa liste), qui  a sévi, e a,  chez  Gildas et ses prunelles.

Ce soir le duo a pour mission de chauffer le public ( pas une mince affaire, vu la température) en s'attaquant à un répertoire éclectique ( soul, funk, variété française, rock, pop, RnB, disco) .

Ils adaptent leur set selon l'auditoire: mariage, animations musicales diverses ( dîner spectacle, foire au vin, départ en retraite, intervention en Ehpad, fêtes patronales, etc...).  

En ouverture, ils ont opté pour  'Déjeuner en paix' de Stephan Eicher.

La voix est puissante, maîtrisée  et précise, le jeu de guitare ( à l'acoustique)  adapté.

Du bon boulot! 

Ils ont le bon goût d'enchaîner sur ' Knocking on heaven's door' de Bob, pas l'éponge, Dylan.

Le timbre à la Bonnie Tyler vient gratter tes entrailles, on savoure.

Quoi; Romi comme Schneider?

Non, elle c'était Romy, notre Romi,  au look Kimberose, n'a pas joué à l'impératrice.

 

vendredi 5 juin 2026

Klara Ninn, Session Live de Radio Activ', Bonjour Minuit, Saint-Brieuc, le 4 juin 2026

Klara Ninn, Session Live de Radio Activ', Bonjour Minuit, Saint-Brieuc, le 4 juin 2026

michel

 

La Session Live de Radio Activ'   joue à Canal Breizh, après Emezi, c'est au tour de Klara Ninn d'investir le club de Bonjour Minuit pour y présenter son album 'An Ankoun' ( cf analyse de Pascal).

Tu ne confonds pas Klara Ninn  ( double N) avec Khadja Nin, ( épouse de Jacky Ickx et chanteuse ' Sambolera Mayi Son'), ni avec la romancière Anaïs Nin, une amie de Henry Miller.

Klara Ninn , c'est  Claire Mocquard, croisée au sein de Tea girl and Coffee boy, également active chez  le Jean-Charles Guichen group ( Jean- Charles est dans la salle) ,  Acoustic Ladyland et quelques formations invitées lors de Fest Noz.

Sur scène, elle est assistée par  le batteur Maxime Kermagoret ( Simone d'Opale, Swimming on the Green, Louïse Papier et guitare chez Les Vilars) et  l'homme à tout faire, bricoleur de génie et sosie de Yannick Noah ( jeune): DjiBriL ( Gabriel N’Dombi D’Otala), ex- Plantec et membre unique d' Otala, qui manie diverses machines ( synthés, échantillonneurs, séquenceurs, midi controllers et autres outils de sa fabrication). 

Tous deux assurent les backings.

Claire chante et joue du violon.

Après l'introduction claire ( tout est clair et éclaire ce soir)   de la stagiaire de la radio locale, Max et Gab rappliquent et concoctent une intro électro vibrante, faite de fulgurances, de stries, d'éclairs, et d'effets caoutchouc pour l'un, l'autre   ajuste un fond percussif lourd et métronomique, Klara, au visage peinturluré, armée de son violon  se pointe et d'un chant profond, mélodramatique,  habille cette intro de consonances orageuses, Djibril à l'arrière assure les backings, quelques plaintes de violon sont là pour assombrir davantage les climats déjà pas clairs ( encore).

Comme sur le papier dormant près de la loop station de la  violoniste tu as lu ' Er skeud', tu t'es rappelé que le groupe Startijenn  a enregistré un an-dro se nommant Skeud. 

Un seul morceau a été présenté et déjà Jérémy plane, on le cite.... je me suis senti comme hors du temps avec cette musique bretonne mystique... 

On laisse le cerf-volant, à ses songes,  sur son petit nuage, on revient à la lecture aléatoire de l'album  'An Ankoun'.

Mon répertoire est inspiré de traditions bretonnes et d'horizons plus lointains, explique  Miss Ninn, avant d'amorcer 'Digenvez' .

Un synthé majestueux et un jeu de batterie précis précèdent un chant, de forme kan ha diskan mais accompagné d'instruments,  où le breton et le français alternent .

Jérémy n'est toujours pas redescendu sur terre, il réagit quand Claire de son archet  frôle le violon en fin de morceau.

Les Bretons ont l'habitude de chanter la solitude et la réclusion, au répertoire de Brieg Guerveno , tu as un titre baptisé ' Em Digenvez' et pourtant c'est au fiddle de Lindsey Stirling que tu penses en entendant les gémissements du violon ( écoute 'Serenity Found' sur fond de vagues) .

On embraye sur  de l'électro celtique avec 'Hon heneoù' , un titre qu'elle aurait composé lors du Festival Le bonheur est dan le pré à Saint-Nicodème ( patrie des Frères Morvan, mais pas de Michel Serrault

Qui dit que sa musique ne convient pas au Fest-Noz, si la Bretagne danse sur Fleuve pourquoi pas sur Klara Ninn?

D'une voix enivrante, légèrement chevrotante,  Klara s'attaque à  'Biken pell' ( = plus jamais)  , à gauche Max frappe le drumpad, à droite les machines carillonnent,  le violon, lui,  affole Jérémy qui repart pour un voyage  cosmique.

La gwerz tragique ' An Hani A Garan' est au répertoire de Denez ( aidé par la fabuleuse Lisa Gerrard)  et aussi  d' Alan Stivell. Klara réactualise le  chant; écrit par l'abbé Jean-Baptiste Oliero, en le transformant en complainte   aux saveurs drum'n'bass.

Il y a pas mal d'histoires d'amour  finissant mal dans le chant traditionnel breton, d'autres thèmes abordent l'histoire, la gwerz  patriotique 'Marv Pontkalleg narre la mort du marquis de Pontcallec, décapité à Nantes pour avoir conspiré contre le roi.

Dans le silence absolu accompagnant la voix  bouleversante  de Klara, t'as cru entendre la tête du marquis chuter  au bas de l'échafaud.  

Les Bretons n'apprécient pas trop Pétain, en 1941, le Maréchal signe un décret séparant administrativement Nantes et sa région de la Bretagne, or, la famille de Claire Mocquart  est originaire de Loire Atlantique, 'An Ankoun' a été écrit en hommage à ses ancêtres.

Le morceau, vif, est chanté avec conviction et gravité., tandis que les machines gondolent et que les frappes de Max se font guerrières, le violon t'invite à partir  au front , rendez Nantes à la Bretagne, nom d'un calumet!

'Lusk' sur bandes pré-enregistrées est chanté à deux voix, c'est indéniablement la plage la plus nerveuse du set , mixant scansion bretonne, deep house, percussions tribales, le tout te menant à la trance orientale.  

La gwerz 'Kimiad' ( le dernier au revoir) a été composée en hommage à sa mère décédée, les soubresauts du  violon  se couchent sur un fond électro vaporeux tandis que la voix joue à saute-moutons.

Après l'interview qui nous permet d'apprendre que le groupe sera au programme du Festival du Roi Arthur, le public aura droit  une dernière salve, agitée et  bilingue,  tout en vocalises,  ' Distopienn' .

 

Un concert hypnotique sortant des sentiers battus! 

 

 

 

 

 

 

mardi 2 juin 2026

Album - ORP - Le Village

 Album - ORP - Le Village

michel

reggae

 

Label  /Irfan 

Non, il ne s'agit pas d'Orp-le-Grand, joli village du Brabant-Wallon qui ne fabrique pas le boudin vert, spécialité culinaire d'Orp-le-Petit , mais qui a vu naître  Ilona Masson, une triple-sauteuse qui a franchi plus de 14 mètres sans user d'éphédrine.

ORP =  Oai Reggae Party, un collectif marseillais qui, quand il ne joue pas aux boules en ingurgitant du pastis, fait vivre l'esprit sound system made in Les Calanques.

Si le projet est lancé en 2025, les intervenants ont fait leur première communion il y a des lustres (en cristal de Bohème),   Gari Greu, Toko Blaze, Lionel Achenza et Rastyron traînent leurs dreadlocks dans toutes les boîtes les plus chaudes de la cité phocéenne  depuis avant que le PSG ne passe aux mains du Qatar.

Massilia Sound System,  Oai Star,  Collectif 13. pour Gari , Toko le griot de Vitrolles est un drôle d'oiseau ayant sorti plus de cinq albums,  Lionel Achenza a sévi au sein de Raspigaous et de Bassmaker , Rastyron bidouille dans les studios K  et a été aperçu chez IAM ou Pablo Moses, bref, ces vétérans ont de la bouteille, le reggae, le rocksteady, le mento, le ska, le rub-a-dub, le dub, ils pataugent là-dedans  depuis que Serge Gainsbourg  a enregistré  "Aux armes et cetera",  on ne leur dira pas que Lou Deprijck avait déjà cartonné en Belgique avec Kingston, Kingston.

En mai, ORP a sorti une première plaque, baptisée ' Le Village'   

 Tracklist

1. ORP SIFFLE 3 FOIS 3:26

2. LE LALALA 4:02

3. LA BONNE PAROLE 4:09

4. AU VILLAGE 3:12

5. D’AILLEURS 3:56

6.LE PRIX DU SOLEIL 3:12

7. TÊTUE 3:54

8. CITRONS 3:15

9. OH MINOT 2:48

10. ON REVIENDRA 3:50

11. OAI REGGAE PARTY 3:39

 Line up :
Beatmaker : Rastyron
MC : Gari Grèu
MC : Toko Blaze
MC : Léo  (  Lionel Achenza)

+  Al à la basse, Max Drummy à la batterie, Stéph K aux percus, Blu et Loïs aux guitares

La pochette, un village idyllique aux allures de ghetto jamaïcain, a été imaginée par les   graphistes de DesignMaker’s.

Le groupe précise:  « Ce Village n’a pas d’adresse, c’est un esprit, un esprit qui refuse l’obscurité, le seul endroit au monde où le mot étranger n’existe pas. »

Comme le train '  ORP Siffle 3 fois' , si Gary Cooper dans High Noon ( devenu bizarrement Le train sifflera trois fois) répugne à utiliser son colt pour descendre les méchants, ORP tire en rafales dès que sonne la cloche, pas des rafales sauvages, non, c'est réfléchi et efficace.

Les voix entremêlées des  MC's t'invitent à chalouper nonchalamment sans prêter attention aux dealers vendant leur camelote sur l'Estaque.

On passe au rocksteady/ska faussement naïf avec 'Le lalala' qui 'dénonce la voracité de ceux qui pillent la planète et écrasent les plus fragiles,' dixit Gari.

On peut manifester avec le sourire! 

Certains se nourrissent des bonnes paroles de Jésus le Sauveur, d'autres  se contentent de célébrer la force cosmique de la musique basée sur un mélodica engageant. ( La bonne parole).

Le mélodica est toujours présent sur ' Au village' , qui, sur fond de riddims festifs, t'invite  à la désinvolture et à l'indolence.

C'est bien beau tout ça, mais il s'agit de ne pas s'encroûter au bled, si on se payait un voyage plus loin.

' D'ailleurs' te propose un trip de l'autre côté de l'océan, là où il fait toujours chaud.

C'est pas beau de rêver?

Tu crois que tout s'achète, même le soleil?

Le friqués osent tout: détourner les nuages,  s'offrir une équipe de foot, transformer Gaza en Riviera pour milliardaires, installer un data center dans ton jardin, construire un terrain de golf sur Vénus, qu'importe 'Le prix du soleil', ils vont se le payer en cryptomonnaie.

Avec 'Têtue' , ORP propose une carte postale moins édulcorée de Massalia,  pas de criques enchanteresses, pas de Bonne Mère trônant au sommet de la Colline Notre-Dame, pas de baie des Singes, pas d'Honoré de Marseille, pas de Stade Vélodrome enflammé, pas de Marseillaise chantée à tue-tête, ni de Ginette Garcin célébrant la 'Cane cane canebière', non, mais une ville en partie défigurée, bourrée d' Airbnb's, d'adolescents tueurs sur fond de trafic de drogue et de corrompus de tous bords... 

Mais le soleil brille toujours sur le bleu de la mer.

Ras le zeste, on n'est pas des 'Citrons'.... 

Ras le c... (au choix, jaune ou dodu) d'être exploité, ce constat est scandé sur une ossature reggae, brûlante et revendicative.

A Marseille comme ailleurs les gosses passent leur temps sur leur portable, ' Oh, Minot' en mode ska décrit/décrie ce triste constat. 

Allez, gamin, écoute '54 46 Was My Number'. de Toots and The Maytals et oublie  Jul, le parasite!

Le reggae peut également fédérer  , n'est-ce-pas, Roger, 'On reviendra' est une promesse , un appel à faire la fiesta sans se monter le bourrichon.

Guitares aux effluves skank et rythmique syncopée, c'est la base, chef!

La onzième est la bonne, ce soir c'est 'Oai Reggae Party ' , une adaptation libre de 'Joy in the morning' ( 1968) de B B Seaton, membre fondateur du groupe The Gaylads.

 

Le Village Tour déambule dans toute la France, pour les Bretons on a pointé  le No Logo BZH à Saint-Malo, tout amateur de roots music se doit d'y être, il y aura, e a, Inner Circle, les Skatalites, Shaggy , les Congos et Lia Moon, si tu veux croiser la fusée d'Elon.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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lundi 1 juin 2026

War Raok’n Roll - Diamond Dog- La Grande Ourse - Saint-Agathon, le 30 mai 2026

War Raok’n Roll - Diamond Dog- La Grande Ourse - Saint-Agathon, le 30 mai 2026

michel 

 War Raok’n Roll part 2, quand le foot joue les trouble-fêtes..

Prolongations, penalties, Enrique plus rouge qu'une tomate de  Gijón, Arsenal confit, Daniel Siebert interdit de séjour à Londres, que des péripéties crispantes qui ont retardé les concerts d'une heure.

Dans la plaine, les chiens pètent les plombs, mais pas Diamond Dog, la moutarde ne leur est pas montée au nez, en Bourgogne  on sait se tenir.

Euh, non, ce n'est pas un tribute band de David Bowie, leurs influences sont plus gothiques, bâties sur un sous-bassement post punk /new wave , vaguement gothabilly. 

Le chien sort de sa niche en 2020, se fait les dents, non pas en rongeant un os en plastique, mais en montant sur scène en Côte- d'Or , à Paris, en Charente, avant d'être repéré en Allemagne où les fans des Cure, de Siouxsie , Xmal Deutschland se comptent par milliers.

Discographie: l'album Usual Chronicles en 2023 et  l'EP Throbs deux ans plus tard.

T'as dit, gothique.

Yes!

Tenue corbeaux, alors?

Effectivement, noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir.

Sont trois: l'énigmatique  Anthony Bellevrat au chant et à la guitare/ Thibaud Fernel aux drums et Eliott Mac Luckie  à la basse et synthé modulaire.

Amorce électro grinçante  avant un virage post punk tourmenté, 'I want Pluto to be a planet again' , en pensant au court-métrage d'animation futuriste et punk, combine  la froideur de l'imagerie humanoïde  et une  tension qu'on retrouvait chez Magazine ou Gang of Four.

Saint- Agathon, intrigué,    s'est approché du podium, dès le second titre, ça gigote  à tes côtés.

Anthony délaisse la guitare pour se mouvoir en électron libre, 'Hold my pride' fuse en mode EBM.

Tu dis, Tanguy, des essences New Order.

New Order, ce sont les anciens Joy Division, non?

Une basse à faire frémir Simon Gallup introduit 'Blue Roses' , des fleurs épineuses que tu hésites à offrir à ta maman pour la fête des mères. 

On suppose qu'ils ont embrayé sur 'Dead in your pocket' dans lequel tu perçois comme de vagues réminiscences de  ' A Forest' de la bande à Robert. 

'Flash Sideway' risque de t'aveugler ,  tandis que ' Of bones and chaos' ,  introduit au synthé, vient harceler tes sens .

'Stage kitten', minou, minou, fais gaffe, ne grimpe sur le podium, ce cabot va te bouffer .

Quoi, encore, Tanguy?

Marquis de Sade, OK,   Sade Adu, tu oublies, pas le même catalogue.

'Usual Chronicles' tourbillonne tel un manège incontrôlable, en passant, Anthony pique le portable d'un Fabrice éberlué, il se filme, braque l'écran sur Thibaud et puis Eliott, qui n'est pas un dragon, avant de rendre le jouet  à son propriétaire.

On ne t'a pas encore parlé de Dédé, un brave gars, plus que légèrement imbibé,  qui depuis plus de 40 '  se trémousse aussi élégamment qu'un hippopotame essayant d'imiter un manchot à jugulaire sur patins à glace , il a failli éborgner Pascal d'un coup de coude maladroit, t'avais prévu le coup, tu a pris tes distances.

Sur le podium ça chauffe aussi, sur fond crépitant Anthony  s'adonne à des exercices acrobatiques audacieux, descend sur le gazon, saisit un second smartphone, grimpe sur un monitor et, en équilibre instable, poursuit son chant habité. ( ? Throbs?) .

Ambiance Leipzig  sur ' Spiegel im Spiegel' ( d'après la setlist) , un morceau qui permet de souligner le formidable boulot de Thibaud à la batterie, le titre se fond dans une dernière plage intense et speedée , ' The reason why' .

Le peuple, chaud boulette,  a réclamé un  bis, en vain, le timing est des plus serrés et Daria piaffe d'impatience dans la salle.

 


 

 


 

 

 


 

 

dimanche 31 mai 2026

War Raok’n Roll - Paddang- La Grande Ourse - Saint-Agathon, le 29 mai 2026

 War Raok’n Roll - Paddang- La Grande Ourse - Saint-Agathon, le 29 mai 2026

michel

Après Paris ( Dewey) on prend la direction d'Angers  et comme  Fragile est fluet on passe dans la salle, tiens mon Parker, Pascal,  à toi de jouer.!

Retour dans la plaine pour  Paddang, de petits poussins  toulousains, nourris au cassoulet et abreuvés à l'armagnac sans additifs.

En 2019, la cigogne passe au dessus de la Garonne et dépose trois jolis chérubins près d'une église rose , Thomas Boquel ,  Guirec Petton, déniché à Brest,   Rémi Fournier  ont grandi et décident de monter un band, mais  pas  un boysband,  non un groupe de rock.

Faut un nom, Zebda?, déjà pris, Big Flo, Oli et Nounours, trop niais, Punish Yourself, trop maso.

Padang, la capitale   de Sumatra,  pas con, on ajoute un D et ça fait l'affaire.

Très vite Paddang devient incontournable dans le Sud-Ouest,  des concerts à la pelle, notamment aux côtés d'allumés belges It, It Anita et deux albums: Chasing Ghosts, ( qui n'a pas eu le succès de ghostbusters, mais s'est vendu à 48 789 exemplaires) et Lost in Lizardland, un pays où ils sont tombés sur King Gizzard and the Lizard Wizard.

Paddang est catalogué heavy psychedelic fuzz  garage, pas le style de mélange qui plaît aux fans de   Gims.

T'as pas avisé de setlist, tu recenses à l'aveugle.

Après une amorce orageuse  et des riffs pervers, Thomas ( le guitariste) se colle au chant, la basse de Guirec et  le travail musclé de Rémi aux drums nous plongent immédiatement dans un bain late sixties/ seventies , époque bénie où sévissaient  des bands tels que  Count Five, The Seeds ou The 13th Floor Elevators. 

Ce 'Pressure' fait donc forte impression, la wah wah vocifère , la voix, frelatée ( avec un passage in French) , met la pression  ( une Distoufer s v p)  et comme ces braves gens aiment se foutre du monde, sans rien annoncer, ils plaquent un second titre à la plage inaugurale, l'obsédant, groovy et orientalisant  'Draconite'.

Si ton truc c'est Altin Gün, Lalalar, Satellites  ou autres psych band anatoliens, tu vas adorer.

Pendant plus de dix minutes, sur fond ramassé, la guitare te place  stries et zébrures  mordantes avant une pause pour annoncer 'Predator' , du heavy viscéral qui s'attaque aussi bien à ton cerveau qu'à ton côlon.

Prends déjà rendez-vous chez ton médecin pour une coloscopie.

'Lizardland' c'est Jurassic Park  version toulousaine, une basse funky; un rythme saccadé et des harmonies vocales dignes des Beau Brummels.

T'avais depuis une éternité envie de citer le nom de Ted Nugent, tu le places ici, sans être certain que ce soit à bon escient.

Revenons à nos brebis,  qui a dit galeuses?:  sont pas contents, trop de gens sont agglutinés près des buvettes  et ne prêtent pas vraiment  attention à la musique.

' Moros journey' est entamé sous forme de rondo démentiel, Saint-Agathon bat des mains, ....   I’m looking for signs before I lose my mind...  hurle Thomas.

Pas de miracle, la Vierge n'est pas descendue sur la plaine, le mec  est bon pour  un séjour chez Nurse Ratched.

'The Astral Flood', tu t'en doutes,  baigne dans des climats atmosphériques, derrière toi Lucien plane, trois voix entament une berceuse cosmique, la guitare place des riffs millimétrés, le fantôme de Syd Barrett erre dans les champs,  la décharge finale a tiré le brave Lucien de son état de torpeur.

Il en reste une, dit la guitare!

 woh o woh o woh, le ravagé  ' The Cave' nous tombe dessus hargneusement, un  mouvement apaisé ne servait qu'à nous tromper, car très vite on repasse dans le rouge, on va tous y rester dans cette grotte, ça cavale comme dans les meilleurs morceaux d' Iron Butterfly. 

Après la dernière, t'as la seconde dernière,  c'est connu, du coup, le trio nous assène '3.0' , un titre échevelé et scandé  qui a vu tes voisins partir en headbanging  furieux.

C'est fini, vraiment fini, oui, game over!

 Tu dis, Edith... paddang, paddang, paddang , ce groupe m'obsède jour et nuit!

Pan, dans le mille! 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

samedi 30 mai 2026

War Raok’n Roll - Dewey- La Grande Ourse - Saint-Agathon, le 29 mai 2026

 War Raok’n Roll - Dewey- La Grande Ourse - Saint-Agathon, le 29 mai 2026

michel

La Brasserie Distoufer ( Guingamp), conjointement avec La Grande Ourse ( Saint-Agathon), organise pour la cinquième fois un festival gratuit, baptisé   War Raok’n Roll.

Chaque année le programme,  très pointu, attire la foule ( amateurs de musique, de bière,  de fast food et d'ambiance bon enfant).

Deux soirées sont prévues , la première prévoit:  DEWEY // FRAGILE // PADDANG // DIRTY DEEP, la seconde: DIAMOND DOG // DARIA // SHAKER POISSON // MAD FOXES et le sacre ou la déconfiture du PSG.

On se partage le boulot,  P?

OK, qui commence?

Honneur à l'aïeul... Dewey est pour toi.

 La classification décimale de Dewey est un système visant à classer l’ensemble du fonds documentaire d’une bibliothèque,... c'est pas ça!

 John Dewey, un philosophe d'une autre époque?

Non

D'ailleurs , tu ne prononces pas diouwi à l'anglaise, ni doué comme Désiré mais dewé., comme Walthère.

Quoi, tu t'en fous.. ignare! 

Dewey de Paris est décrit ainsi par La Mécanique Ondulatoire:  Shoegaze Pop à mi-chemin entre le cousin germain de Dido et les ambitions esthétiques d'Avril Lavigne.....

On ignore ce que le gars qui a pondu ce descriptif a bu, mais Avril Lavigne ou Dido, pourquoi pas Mireille Mathieu ou Jul?

Shoegaze, indiepop, OK,  mais plus proche de  Soccer Mommy ou des Belges de Mud Flow ou Ghinzu que de My Bloody Valentine .  

Ils sont quatre et ont opté pour le bermuda: Matthieu Berton ( chant, guitare) , Thomas Gachod, je ne suis pas Dali, que Pascal a vu au sein de Hoorsees ( backings, lead gt),   Lucas Ollivier  le luthier qui tient la basse ce soir, et David Bouhanna ( drums).

Un premier album,   Summer On A Curb, a vu le jour en hiver.

' City has come to crash' ouvre d'ailleurs ce disque, les guitares dream pop brumeuses, la voix nonchalante et la rythmique fluide invitent à la flânerie.

C'est propre, bien foutu, agréable aux oreilles , cela ne contrarie nullement une grande partie d'un  public, vachement dissipé, qui d'une oreille distraite, écoute tout ça de loin, collé à la buvette.  

Dur, dur, d'ouvrir un festival.

Tac, tac, tac, le batteur amorce 'Void', reverb sur la voix, guitares mélancoliques, le schéma n'est pas foncièrement différent du titre précédent.

Trois coups sur le drumpad permettent d'obtenir des sonorités de carillon,  'Tough crowd' fond sur nous sans nous bousculer.

D'ailleurs la crowd n'est pas  si teuf, teuf, elle est bien calme, trop, du point de vue des musiciens, approchez, approchez, on ne mord pas. 

Avec ses riffs tourmentés, ce midtempo catchy accroche , et doit plaire aux fans de Pavement.

'Jinx ',  ses gimmicks  et son refrain  mémorisable ... good times, good times....   a tout pour faire un tube, similaire au 'Buddy Holly' de Weezer.

Ils passent au titre de l'album, l'ensoleillé  '  Summer On A Curb', tu  glisses les pieds dans l'eau pour  écouter en sirotant un jus de fruits  frais.

Aucune trace du sucré  ' Kimshi' sur l'album,  par contre ' Role Model' qui mentionne les sugar stores est bien audible sur le disque.

Oui, Théodore, c'est agréable aux oreilles, un reproche?

Bof, ils sont assez statiques et le contenu s'avère linéaire, on attend l'explosion, en vain.

Oui, mais ça pétille malgré tout, t'es sévère!

Regarde autour de toi, pas d'acclamations enthousiastes, uniquement des applaudissements polis.

Ils t'ont entendu, ' Cardboard' est plus énergique, sans qu'il soit question de speed rock.

Le dense 'Better safe than sorry' déroule des  sonorités  grunge , il est suivi par le morceau le plus mordant du set, 'Outside of the lines', rough guitars et rythmique pointue, il n'y a que le chant à rester neutre, même si on l'entend susurrer... it's dangerous....

On reprend les recettes initiales sur ' Face out' , riffs ouatés, dreamy wall of sound  et voix blanche.

'Banger Boomer' est le premier titre composé par  Matthieu Berton, l'instigateur du projet, il s'entend sur un EP sorti en 2023, il annonçait déjà la suite:  du shoegaze acidulé  et propre.

Le délicat ' Yesterday after dawn' achève un  set  méticuleux, donné par des jeunes gens mélancoliques, fans de moody dream pop à la  Slow Pulp, Alvvays ou  Beach House.

On leur recommande d'écouter Echo Beatty ( Annelies Van Dinter) uit België.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

jeudi 28 mai 2026

Babyshambles - Festival Art Rock - Grande Scène, Saint-Brieuc, le 24 mai 2026

 Babyshambles - Festival Art Rock - Grande Scène, Saint-Brieuc, le 24 mai 2026

michel

Après Bertrand Belin, c'est le retour de l'abonné , Pete Doherty!

Questions... Verra-t-on son chien, ses gosses, sa belle-mère, son tailleur?

Le chien, oui, en fin de set, nouveauté, avant le début du gig, le plus British des Normands, se transforme en marchand ambulant pour vendre un magazine.

Ten Euros, that's very cheap, qu'il clame , oui, mais 10 euros,ça fait trois bières, gars.

De nos jours, les musiciens doivent être très mal payés  s'ils sont obligés de jouer au camelot pour nourrir leur petite famille.

Quoi, Roland?

Si ça avait été Playboy, j'achetais!

Roland, en 2026, ce genre de remarque peut t'amener des ennuis. 

Une musique foraine accompagne l'arrivée du band, récemment ressorti des catacombes.

En 2026, Babyshambles ce sont: Pete Doherty, le gentleman farmer (guitare et chant)/ Mick Whitnall, sérieusement vieilli , un gars qui n'avait plus quitté le UK depuis 13 ans (guitare)/  le rouquin punky Drew McConnell ( basse) et Adam Ficek ( drums) .

ooh, ooh , ooh  ...' Killamangiro' est lâché, le son n'est pas au top, les lyrics sont incompréhensibles, les mecs à la table ont dû se taper une insolation.

Heureusement après deux titres, ça  va s'améliorer. 

Le britpop punky, carré  et désinvolte de Babyshambles tient toujours la route.

'Delivery' débute par une attaque sèche, les riffs égratignent nos pavillons, sur le podium, trois voix  scandent le refrain, en bas, tu multiplies par 500.

Apparition d'une trompette sur le ska bâtard  ' I wish' , sympa!

Les plus affutés sont manifestement Drew et Adam qui entament 'Sedative' , ne te fie pas au titre, ça remue, en douce peut-être, mais on ne conseille pas comme analgésique.

Drum solo, ça permet à Mick de vider sa troisième mousse,  il reprend son antique instrument, place des riffs mordants, la basse maugrée, ' Beg, steal or borrow' déboule à toute allure.

Voilà Jean Cocteau et Jean Marais et le frénétique  ' La belle et la bête'  , animé par la basse.

'Back from the dead' , sauf pour  Patrick Walden qui n'a pas quitté le cimetière.

Jusqu'ici tout se déroule plus ou moins normalement, Pete est de bonne composition, on a évité le chaos, ze band is sharp tonight.

Quelques accords similaires à ceux de 'Spanish Caravan' , la guitare fait dans le métallique, Drew se caresse la barbe , Adam ébranle une cymbale, Pete bat des mains, 'Unstookie titled' se fraye un chemin sur scène.   

Il y a 18 ans Pete aurait fumé sa sèche down to the bone,il est moins énervé aujourd'hui.

 Le ravitaillement arrive,  Mick sue, s'asperge le gosier, fait un signe au chef, OK, voici   le percutant ' Carry on up the morning'  , il a besoin d'un break, en plein morceau, Pete meuble en fredonnant une comptine, celle du petit escargot qui aime la pluie, pour finir la tirade quand le guitariste a récupéré.

Après un ' 8 dead boys'  confus, Mick disparaît, on l'aperçoit discuter avec les techniciens, son pédalier semble déconner ( un alibi?) , Pete, solo,  fredonne du Kasabian.

Hey, Mick, ça va?

Un petit Yes plus tard et on attaque 'Baddie's boogie' un morceau qui avait valu quelques ennuis à Pete pour avoir emprunté une ligne au poète Nick Toczek .

Il avise un mec à sa fenêtre à 100 mètres de la scène, eh Jean- Marc, ça va, t'as la même chemise qu'il y a deux ans, et la femme, c'est aussi la même?

Il est d'humeur espiègle, ce soir.

Il ramasse une acoustique, Mick a trouvé un harmonica dans une de ses poches, on traverse la Manche pour accoster sur une petite île, ' Albion'.

Il s'agit du  titre aux saveurs  The Kinks de Babyshambles.  

Mick, est au bout du rouleau, on doit lui prodiguer des soins, il est en insuffisance respiratoire, souffle dans  cette poche en plastique, lui indique un roadie, devenu aide-soignant.

Retapé il réapparaît, suivi du labrador du néo-Normand, the show must go on, 'Pipedown'  aurait dû terminer le show car il est 21h, oui, mais, je suis Pete Doherty, je fais ce qu'il me plaît, et je tenais à interpréter '  Fuck forever'.

Après les dernières notes, il envoie sa canette de bière dans la foule.

Fucking, son of a bitch.

L 'enfant terrible, fidèle à sa réputation, a fait le show attendu.