One Rusty Band au Retour des Jeudis à Plouha, le 16 juillet 2026
michel
Déjà, 30 ans de Jeudi en fête à Plouha, cinq soirées festives sont prévues au centre bourg : arts de la rue, marché artisanal, concerts, à boire, à manger et bonne humeur.
16 juillet , conditions météorologiques: nuageux, orages avec pluie, résultat moins d'exposants et une foule moins dense.
Qu'à cela ne tienne, Etienne, on s'est déplacé pour la musique: One Rusty Band et 3 por 10 doivent se succéder sur le podium, Vendange Tardive s'occupera de la musique de fond.
One Rusty Band
Pascal a analysé deux des albums du duo de Lorient pratiquant un blues claquette effervescent, il a également assisté à un de leurs gigs à Saint-Brieuc, il n'a pas dormi pendant la nuit succédant au concert, le bourdonnement des tap shoes l'a tenu éveillé jusqu'à l'aube.
Précisions, Grégory Garghentini et Léa Barbier sont loin d'être rouillés, lui joue de la guitare, souvent à la slide, il en possède plusieurs, une Gretsch, une guitar box piquée à Seasick Steve, un instrument hybride de sa confection, construit à partir d'un radiateur de Pontiac ou de 4 L, le truc ressemble à un grille-pain malade, pour se dégourdir les pieds, il frappe une caisse cachée derrière un linge aussi propre que celui d'un boxeur, ayant sué pendant 10 rounds et s'étant épongé toutes les 3 minutes, quand il s'ennuie, il tire des lignes venimeuses d'un harmonica, détail il a accroché une sacoche à hauteur de la cuisse, on nous a dit qu'il ne s'agissait pas d'une réserve de coke, pour couronner le tout, c'est lui qui chante d'un timbre aussi lisse qu'une râpe à parmesan.
Elle, look Louise Brooks, est fringuée charleston sans frou frou, elle arbore un cycling undershort sous la robe, aux pieds, elle a opté pour les célèbres black and white ( faut éviter de raciser les choses) tap shoes de Fred Astaire.
Son rôle: les choeurs, des percussions diverses ( washboard, cymbales, tambourin, cajon, baguettes et tom), mais vu son passé circassien, le plus important, visuellement, ce sont ses acrobaties périlleuses et ses sauts dantesques, tout cela en souriant, Léa se charge également du contact avec le public, acrobate et stand-up comedian, ce n'est pas incompatible.
Ta compagne te souffle, elle ressemble à Sandra Hagenaar de Fifty Foot Combo, une autre nana ne tenant pas en place.
Les présentations étant faites, place au show ( devant une foule ébahie) .
Un premier boogie blues rocailleux ' Mr Catfishman' ouvre les hostilités, l'une fait clap, clap, clap , l'autre fait glisser une slide savonneuse, et d'une voix éraillée narre les aventures d'un homme poisson, forcément quand il est question d'un poisson-chat, tu penses à Taste,du regretté Rory Gallagher.
Plouha, tu danses?
Voici le remuant ' Boogie Woogie' , l'electric woman va te montrer les pas.
Simple et brutal!
La température vient de monter de 15°, ' Too hot' qu'il dit, fort à propos, du funk blues qui fait tchik tchik tchik.
Stevie, t'es là?
Un instant, j'enfile mes moufles, j'agrippe la planche à lessiver et on balance 'Line after line' le titre ouvrant leur dernier méfait.
Pas aussi propre que lavé avec Sanytol, mais salement percutant.
Ouille, je transpire de la moustache, qu'elle dit la madame, après deux ou trois anecdotes hygiéniques, c'est 'Dust Bowl' qui déboule.
La poussière accumulée donne soif!
Jusqu'ici, Léa était plus ou moins calme, là, elle accroche un tambourin au pied gauche et après avoir joué à la shoeshine girl, entame une gymnastique périlleuse tandis que son partner in crime se sent quelque peu perdu, ' I'm lost'!
Un instrumental tortueux , baptisé judicieusement ' Jam' car ça dégouline, précède ' Happy Mess' ( note le jeu de mots).
L'harmonica vrille, la fille frétille, c'est le bordel!
Il a sorti le calorifère devenu guitare et attaque 'Evolution' précédé d'un message électoral nébuleux.
Sur le cajon de madame on lit le message désormais célèbre ' More women on stage' .
Un détail, toutes les filles ne transforment pas le podium en trampoline, car la féline Léa bondit tel un guépard ayant aperçu une antilope peu méfiante.
Un interlude clac, clac, clac, boum, boum, boum, suivi par une scène de ménage, annonce 'I wanna kill you' , un boogie assassin.
Un petit voodoo blues aux lyrics explicites pour suivre, ' Sex, blood and rock'n'roll' qui a effrayé les gosses postés à un mètre de la scène, car le duo a
enchaîné les rires sardoniques, ayant donné des frissons à Screamin Jay
Hawkins.
.Après ce morceau démoniaque, on vire rockabilly/surf avec ' Again' , tous les Stray Cats du coin ont entamé un rock'n'roll sauvage, ils ont poursuivi pendant ' One more dance'.
Dans le coin il n'y a pas trop de ratons laveurs, dans les swamps tu en dénombres des masses.....'Raccoon rock' , Léa en exhibition pour épater tous les Meeko, Pimpin et Chtouk.
Une dernière, dit Greg, une chanson d'amour romantique.
' She's a vagabond' , le romantisme en 2026 , ce n'est plus ' Love me Tender', leur truc déménage méchant et quand dans ses lyrics il introduit... hit the road, Jack,...Ray Charles ouvre de grands yeux!
Le public, enthousiaste, ne peut pas croire que la fête est finie, un bis s'impose!
'Screen generation' accouplé à 'Electric church' clôturent un set aussi physique que jubilatoire.
Les 18 et 19 juillet au Havre, lors des Nuits Suspendues!