samedi 16 mai 2026

Festival Trieux Tonic Blues - Moodshapers - bar-restaurant Le Palm - Lézardrieux, le 15 mai 2026

 Festival Trieux Tonic Blues - Moodshapers - bar-restaurant Le Palm - Lézardrieux, le 15 mai 2026

michel 

Edition 18  du Trieux Tonic Blues, formule inchangée: deux soirées payantes et une série de concerts gratuits du côté de Lézardrieux.

Si hier une météo exécrable avait malmené tes velléités de te rendre du côté de Binic pour la Morue en Fête, en ce vendredi de mai frileux, du point de vue température on notait à peine huit degrés, du moins le ciel ne déversait pas des hectolitres de pluie.

Donc tu te diriges vers  le  bar-restaurant Le Palm, tout récemment ouvert au port de plaisance de Lézardrieux  , le Bar du Yacht avait fermé en janvier, l'établissement a été repris par une nouvelle équipe, dynamique, au vu de la soirée,  l'avenir s'annonce rose.

D'ailleurs c'était la grande foule pour le premier concert organisé conjointement avec le  Festival Trieux Tonic Blues, au menu: Moodshapers!

En principe le groupe de blues du centre Bretagne se compose de  Jean-Pierre Reichert : chant et guitares/ Fred Le Merdy :  basse et  Eddy Cousin : batterie.

Ce dernier étant indisponible,  Alex Mirey ( guitare/voix) a été invité à les rejoindre ( un  fait qui a connu des précédents).

Tu avais déjà croisé la route de brillant guitariste en 2024, il se produisait aux côtés de  Little Chris à La Cambuse de Kermouster.

JP a fait partie de Maze Projekt et de  Men of Stone,  Fred a accompagné Karl Halby ou Karine Lacassagne et avec Alex, on le retrouvait au sein des Dusty Dogs.

Leur credo: le blues, qu'il vienne de Chicago, des bayous, d'Irlande , ou du Texas, ce qui compte ce sont les twelve bars. 

Jean-Pierre Reichert démarre à l'acoustique, on appréciera une très longue intro  qui amorce le Chicago blues, ' Wang dang doodle' , une compo de Willie Dixon , enregistrée par Howlin' Wolf en 1960.

Howlin est un terme qui convient pour décrire le chant puissant d'Alex, J P fait glisser la slide sur son acoustique, l'électrique pique, la basse arrondit les angles, mais pas trop, le truc reste rugueux.

Le trio soigne ses intros, ' My Babe' , toujours de Willie Dixon, a fait un tabac dans la version de Little Walter, pas d'harmonica en ce début de soirée mais un JP qui nous chante sa petite amie qui n'aime ni les tromperies, ni les escapades extra-conjugales.

Deux gouttes de pluie mouillent les spectateurs, pas de panique, une fausse alerte.

L'acoustique est rangée au profit d'une seconde guitare électrique et c'est  ' 'The Thrill is Gone', un cheval de bataille de B B King,  qui saille des guitares.

Le frisson a disparu mais pas le rainbow qui transperce les nuages pour le plus grand plaisir de la paire Jagger/Richards.

Les solis tranchants  ont ravi les ferrés en blues, dont Léo et sa madame.

'Going down slow' est vraiment slow,  Howlin' Wolf en a fait un standard de Chicago blues.

Alors que les clients ingurgitent frites et brochettes de poulet, le trio nous avise que c'est l'heure du petit déjeuner, ' Breakfast time'  de Lightnin' Hopkins nous rappelle que le jeûne  n'est pas de mise  à 19h.

Plus agitée sera la suivante,le boogie ' Two- fisted mama '  de Katie Webster.

crac, crac, crac, d'étranges  craquements se font entendre, ce ne sont pas les intestins de Katie, ni les brochettes qui crament.

Alex a décelé l'anomalie, un bricoleur vient soigner l'équipement, tout revient à la normale,   et c'est  le classique ' Every day I have the blues' qui déboule.

JP et Alex alternent les soli pour le plus grand plaisir des puristes.

'Worry, worry' de Buddy Guy  est le style de blues collant   qui arrache des larmes à l'alligator le plus insensible , on le répète, ce sont de fines gâchettes  sur le podium.

' No place to go' de Chester Burnett  s'entend sur le premier album  de Fleetwood Mac .

Le British blues  boom s'annonce, aucun doute, les Moodshapers ont des lettres. 

Après une intro agressive, on est nombreux à avoir  a reconnu ' Spoonful'  un hit monstrueux pour Cream. 

Et toujours chez les anglais, il y avait un certain John Mayall, qui sur ' Blues from Laurel Canon'  a enregistré ' Medicine Man'.

Tu jettes un oeil du côté d'Alex qui  d'une façon inhabituelle manie la manette vibrato,  il la coince entre le petit doigt et  l'annulaire.

Bon, c'est l'heure, on termine par un morceau funky, histoire de faire monter la température, ' Big legged woman'  de Freddie King achève un  concert  qui a tenu toutes ses promesses.