Bertrand Belin - Festival Art Rock - Grande Scène, Saint-Brieuc, le 24 mai 2026
michel
Les météorologues si leurs prévisions sont souvent fantaisistes, ont toujours une explication pour commenter les phénomènes qui déterminent les conditions climatiques: goutte froide, dépression, sable du Sahara, blocage en oméga, plume de chaleur et, ce qui nous occupe, dôme de chaleur, et si tu ne disposes ps d'un ouvre-boîte adéquat ce couvercle peut se montrer récalcitrant.
Tout ça pour te dire qu'il faisait chaud, voire très chud à Saint-Brieuc pour la dernière journée du festival.
18:30 Bertrand Belin qui ne vend pas de biscuits apéritifs,non recommandés par les diététiciens mais qui chante ( fort bien).
B B a pondu huit albums, le dernier, électrique, 'Watt' date de 2025 .
Et que fait un artiste pour vendre sa camelote, il tourne d'où sa présence en terre briochine, pas fort éloignée dans son lieu de naissance ( Auray).
Bertrand n'est pas du genre solitaire, il a emmené une solide équipe de basketteurs ( cinq et un remplaçant) avec lui: Thibault Frisoni à la basse, aux synthés et aux choeurs, Julien Omé à la guitare, Lara Oyedepo aux claviers, drumpad, shakers, backings , Sylvain Joasson à la batterie et machines, Jean-Baptiste Julien au piano et mellotron, et Marielle Chatain ( vue vec The Dø, il y a plus de 10 ans) aux claviers, synthé et choeurs .
Bertrand chante et joue de la guitare.
Un carillon annonce le début de l'office, la team s'installe, Félicie te souffle: chouette costard mauve, tu ne lui as pas dit que tu préférais le rose.
Tu ne voix similaire çà celle du regretté Alain Bashung , Bertrand entame 'Pluie de data'.
L'orchestration est ample, on est dans un univers chamber pop proche de Tindersticks ou de Jean-Louis Murat dans nos contrées.
C'est vachement classe et subtilement arrangé.
Monsieur est non seulement raffiné mais également un brin espiègle, il prend la pose pour les 146 photographes agglutinés dans la fosse
Bonsoir, la prairie, lâche-t-il.
Martin, un fermier du coin a réagi: meuh!
'Sur mon 31' est entamé par un piano badin , très cool il murmure son propos puis ramasse une guitare pour se joindre à la troupe, du coup ils sont sept sur le terrain, les arbitres, bourrés, n'ont rien remarqué.
La vibrato frémit et le downtempo s'écoule en douceur.
Une confession, ..je viens d'une longue lignée d'ivrogne .. affirme-t-il sur 'Que dalle tout' , un extrait de l'album "Tambour Vision".
Et tandis que le troupeau armé de Nikon, Sony, Canon, Olympus ou Kodak à deux balles prend la tangente ( ouf) il attaque 'Berger' ( shepherd in English, il a le bon goût de le signaler), un midtempo pastoral qui sent bon les steppes du Morbihan.
Une intro sous forme de rondo amorce ' L'inconnu en personne', un texte subtil, à la limite sibyllin, récité en parlando.
On le dit influencé par Samuel Beckett et Ionesco et pourtant il n'est ni chauve ni copain avec Godot.
Il annonce une chanson du mois de mai, ce qui pour nous ne signifie rien, sauf ' First of May' des Bee Gees .
Après une longue intro, quasi liturgique , 'Amour ordinaire' est chanté d'un timbre lent et affecté.
La plage s'égare dans des méandres nonchalants et te donne le temps de méditer sur la vacuité de la vie.
'Seul' sonne comme du Gainsbourg désabusé , le morceau précède une intervention de Léa Salamé , 'La Nouvelle'.
Un titre funky souligné par un mellotron omniprésent.
Tu ignores si B B connaît Allez Allez, mais cette plage te renvoie vers ' African Queen'.
Virage tribal sur ' Tambour' avec la question clé ..A qui sont ces squelettes?
Après un sermon ésotérique, il opte pour ' Oiseau' qui vole à basse altitude de façon à ce que le public puisse entend re ses cui cui cui et les imiter.
Evidemment il fallait qu'un comique hurle, ' saignant' ce qui n'a pas plu à Sandrine .
Bertrand Belin est de la race des poètes maudits, il y a du Bashung ( on l'a dit), du Murat ( idem), du Gérard Manset , du Rodolphe Burger dans son art.
'De corps et d'esprit' sent bon l'alt rock obsédant qui sent bon