lundi 1 juin 2026

War Raok’n Roll - Diamond Dog- La Grande Ourse - Saint-Agathon, le 30 mai 2026

War Raok’n Roll - Diamond Dog- La Grande Ourse - Saint-Agathon, le 30 mai 2026

michel 

 War Raok’n Roll part 2, quand le foot joue les trouble-fêtes..

Prolongations, penalties, Enrique plus rouge qu'une tomate de  Gijón, Arsenal confit, Daniel Siebert interdit de séjour à Londres, que des péripéties crispantes qui ont retardé les concerts d'une heure.

Dans la plaine, les chiens pètent les plombs, mais pas Diamond Dog, la moutarde ne leur est pas montée au nez, en Bourgogne  on sait se tenir.

Euh, non, ce n'est pas un tribute band de David Bowie, leurs influences sont plus gothiques, bâties sur un sous-bassement post punk /new wave , vaguement gothabilly. 

Le chien sort de sa niche en 2020, se fait les dents, non pas en rongeant un os en plastique, mais en montant sur scène en Côte- d'Or , à Paris, en Charente, avant d'être repéré en Allemagne où les fans des Cure, de Siouxsie , Xmal Deutschland se comptent par milliers.

Discographie: l'album Usual Chronicles en 2023 et  l'EP Throbs deux ans plus tard.

T'as dit, gothique.

Yes!

Tenue corbeaux, alors?

Effectivement, noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir.

Sont trois: l'énigmatique  Anthony Bellevrat au chant et à la guitare/ Thibaud Fernel aux drums et Eliott Mac Luckie  à la basse et synthé modulaire.

Amorce électro grinçante  avant un virage post punk tourmenté, 'I want Pluto to be a planet again' , en pensant au court-métrage d'animation futuriste et punk, combine  la froideur de l'imagerie humanoïde  et une  tension qu'on retrouvait chez Magazine ou Gang of Four.

Saint- Agathon, intrigué,    s'est approché du podium, dès le second titre, ça gigote  à tes côtés.

Anthony délaisse la guitare pour se mouvoir en électron libre, 'Hold my pride' fuse en mode EBM.

Tu dis, Tanguy, des essences New Order.

New Order, ce sont les anciens Joy Division, non?

Une basse à faire frémir Simon Gallup introduit 'Blue Roses' , des fleurs épineuses que tu hésites à offrir à ta maman pour la fête des mères. 

On suppose qu'ils ont embrayé sur 'Dead in your pocket' dans lequel tu perçois comme de vagues réminiscences de  ' A Forest' de la bande à Robert. 

'Flash Sideway' risque de t'aveugler ,  tandis que ' Of bones and chaos' ,  introduit au synthé, vient harceler tes sens .

'Stage kitten', minou, minou, fais gaffe, ne grimpe sur le podium, ce cabot va te bouffer .

Quoi, encore, Tanguy?

Marquis de Sade, OK,   Sade Adu, tu oublies, pas le même catalogue.

'Usual Chronicles' tourbillonne tel un manège incontrôlable, en passant, Anthony pique le portable d'un Fabrice éberlué, il se filme, braque l'écran sur Thibaud et puis Eliott, qui n'est pas un dragon, avant de rendre le jouet  à son propriétaire.

On ne t'a pas encore parlé de Dédé, un brave gars, plus que légèrement imbibé,  qui depuis plus de 40 '  se trémousse aussi élégamment qu'un hippopotame essayant d'imiter un manchot à jugulaire sur patins à glace , il a failli éborgner Pascal d'un coup de coude maladroit, t'avais prévu le coup, tu a pris tes distances.

Sur le podium ça chauffe aussi, sur fond crépitant Anthony  s'adonne à des exercices acrobatiques audacieux, descend sur le gazon, saisit un second smartphone, grimpe sur un monitor et, en équilibre instable, poursuit son chant habité. ( ? Throbs?) .

Ambiance Leipzig  sur ' Spiegel im Spiegel' ( d'après la setlist) , un morceau qui permet de souligner le formidable boulot de Thibaud à la batterie, le titre se fond dans une dernière plage intense et speedée , ' The reason why' .

Le peuple, chaud boulette,  a réclamé un  bis, en vain, le timing est des plus serrés et Daria piaffe d'impatience dans la salle.

 


 

 


 

 

 


 

 

dimanche 31 mai 2026

War Raok’n Roll - Paddang- La Grande Ourse - Saint-Agathon, le 29 mai 2026

 War Raok’n Roll - Paddang- La Grande Ourse - Saint-Agathon, le 29 mai 2026

michel

Après Paris ( Dewey) on prend la direction d'Angers  et comme  Fragile est fluet on passe dans la salle, tiens mon Parker, Pascal,  à toi de jouer.!

Retour dans la plaine pour  Paddang, de petits poussins  toulousains, nourris au cassoulet et abreuvés à l'armagnac sans additifs.

En 2019, la cigogne passe au dessus de la Garonne et dépose trois jolis chérubins près d'une église rose , Thomas Boquel ,  Guirec Petton, déniché à Brest,   Rémi Fournier  ont grandi et décident de monter un band, mais  pas  un boysband,  non un groupe de rock.

Faut un nom, Zebda?, déjà pris, Big Flo, Oli et Nounours, trop niais, Punish Yourself, trop maso.

Padang, la capitale   de Sumatra,  pas con, on ajoute un D et ça fait l'affaire.

Très vite Paddang devient incontournable dans le Sud-Ouest,  des concerts à la pelle, notamment aux côtés d'allumés belges It, It Anita et deux albums: Chasing Ghosts, ( qui n'a pas eu le succès de ghostbusters, mais s'est vendu à 48 789 exemplaires) et Lost in Lizardland, un pays où ils sont tombés sur King Gizzard and the Lizard Wizard.

Paddang est catalogué heavy psychedelic fuzz  garage, pas le style de mélange qui plaît aux fans de   Gims.

T'as pas avisé de setlist, tu recenses à l'aveugle.

Après une amorce orageuse  et des riffs pervers, Thomas ( le guitariste) se colle au chant, la basse de Guirec et  le travail musclé de Rémi aux drums nous plongent immédiatement dans un bain late sixties/ seventies , époque bénie où sévissaient  des bands tels que  Count Five, The Seeds ou The 13th Floor Elevators. 

Ce 'Pressure' fait donc forte impression, la wah wah vocifère , la voix, frelatée ( avec un passage in French) , met la pression  ( une Distoufer s v p)  et comme ces braves gens aiment se foutre du monde, sans rien annoncer, ils plaquent un second titre à la plage inaugurale, l'obsédant, groovy et orientalisant  'Draconite'.

Si ton truc c'est Altin Gün, Lalalar, Satellites  ou autres psych band anatoliens, tu vas adorer.

Pendant plus de dix minutes, sur fond ramassé, la guitare te place  stries et zébrures  mordantes avant une pause pour annoncer 'Predator' , du heavy viscéral qui s'attaque aussi bien à ton cerveau qu'à ton côlon.

Prends déjà rendez-vous chez ton médecin pour une coloscopie.

'Lizardland' c'est Jurassic Park  version toulousaine, une basse funky; un rythme saccadé et des harmonies vocales dignes des Beau Brummels.

T'avais depuis une éternité envie de citer le nom de Ted Nugent, tu le places ici, sans être certain que ce soit à bon escient.

Revenons à nos brebis,  qui a dit galeuses?:  sont pas contents, trop de gens sont agglutinés près des buvettes  et ne prêtent pas vraiment  attention à la musique.

' Moros journey' est entamé sous forme de rondo démentiel, Saint-Agathon bat des mains, ....   I’m looking for signs before I lose my mind...  hurle Thomas.

Pas de miracle, la Vierge n'est pas descendue sur la plaine, le mec  est bon pour  un séjour chez Nurse Ratched.

'The Astral Flood', tu t'en doutes,  baigne dans des climats atmosphériques, derrière toi Lucien plane, trois voix entament une berceuse cosmique, la guitare place des riffs millimétrés, le fantôme de Syd Barrett erre dans les champs,  la décharge finale a tiré le brave Lucien de son état de torpeur.

Il en reste une, dit la guitare!

 woh o woh o woh, le ravagé  ' The Cave' nous tombe dessus hargneusement, un  mouvement apaisé ne servait qu'à nous tromper, car très vite on repasse dans le rouge, on va tous y rester dans cette grotte, ça cavale comme dans les meilleurs morceaux d' Iron Butterfly. 

Après la dernière, t'as la seconde dernière,  c'est connu, du coup, le trio nous assène '3.0' , un titre échevelé et scandé  qui a vu tes voisins partir en headbanging  furieux.

C'est fini, vraiment fini, oui, game over!

 Tu dis, Edith... paddang, paddang, paddang , ce groupe m'obsède jour et nuit!

Pan, dans le mille! 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

samedi 30 mai 2026

War Raok’n Roll - Dewey- La Grande Ourse - Saint-Agathon, le 29 mai 2026

 War Raok’n Roll - Dewey- La Grande Ourse - Saint-Agathon, le 29 mai 2026

michel

La Brasserie Distoufer ( Guingamp), conjointement avec La Grande Ourse ( Saint-Agathon), organise pour la cinquième fois un festival gratuit, baptisé   War Raok’n Roll.

Chaque année le programme,  très pointu, attire la foule ( amateurs de musique, de bière,  de fast food et d'ambiance bon enfant).

Deux soirées sont prévues , la première prévoit:  DEWEY // FRAGILE // PADDANG // DIRTY DEEP, la seconde: DIAMOND DOG // DARIA // SHAKER POISSON // MAD FOXES et le sacre ou la déconfiture du PSG.

On se partage le boulot,  P?

OK, qui commence?

Honneur à l'aïeul... Dewey est pour toi.

 La classification décimale de Dewey est un système visant à classer l’ensemble du fonds documentaire d’une bibliothèque,... c'est pas ça!

 John Dewey, un philosophe d'une autre époque?

Non

D'ailleurs , tu ne prononces pas diouwi à l'anglaise, ni doué comme Désiré mais dewé., comme Walthère.

Quoi, tu t'en fous.. ignare! 

Dewey de Paris est décrit ainsi par La Mécanique Ondulatoire:  Shoegaze Pop à mi-chemin entre le cousin germain de Dido et les ambitions esthétiques d'Avril Lavigne.....

On ignore ce que le gars qui a pondu ce descriptif a bu, mais Avril Lavigne ou Dido, pourquoi pas Mireille Mathieu ou Jul?

Shoegaze, indiepop, OK,  mais plus proche de  Soccer Mommy ou des Belges de Mud Flow ou Ghinzu que de My Bloody Valentine .  

Ils sont quatre et ont opté pour le bermuda: Matthieu Berton ( chant, guitare) , Thomas Gachod, je ne suis pas Dali, que Pascal a vu au sein de Hoorsees ( backings, lead gt),   Lucas Ollivier  le luthier qui tient la basse ce soir, et David Bouhanna ( drums).

Un premier album,   Summer On A Curb, a vu le jour en hiver.

' City has come to crash' ouvre d'ailleurs ce disque, les guitares dream pop brumeuses, la voix nonchalante et la rythmique fluide invitent à la flânerie.

C'est propre, bien foutu, agréable aux oreilles , cela ne contrarie nullement une grande partie d'un  public, vachement dissipé, qui d'une oreille distraite, écoute tout ça de loin, collé à la buvette.  

Dur, dur, d'ouvrir un festival.

Tac, tac, tac, le batteur amorce 'Void', reverb sur la voix, guitares mélancoliques, le schéma n'est pas foncièrement différent du titre précédent.

Trois coups sur le drumpad permettent d'obtenir des sonorités de carillon,  'Tough crowd' fond sur nous sans nous bousculer.

D'ailleurs la crowd n'est pas  si teuf, teuf, elle est bien calme, trop, du point de vue des musiciens, approchez, approchez, on ne mord pas. 

Avec ses riffs tourmentés, ce midtempo catchy accroche , et doit plaire aux fans de Pavement.

'Jinx ',  ses gimmicks  et son refrain  mémorisable ... good times, good times....   a tout pour faire un tube, similaire au 'Buddy Holly' de Weezer.

Ils passent au titre de l'album, l'ensoleillé  '  Summer On A Curb', tu  glisses les pieds dans l'eau pour  écouter en sirotant un jus de fruits  frais.

Aucune trace du sucré  ' Kimshi' sur l'album,  par contre ' Role Model' qui mentionne les sugar stores est bien audible sur le disque.

Oui, Théodore, c'est agréable aux oreilles, un reproche?

Bof, ils sont assez statiques et le contenu s'avère linéaire, on attend l'explosion, en vain.

Oui, mais ça pétille malgré tout, t'es sévère!

Regarde autour de toi, pas d'acclamations enthousiastes, uniquement des applaudissements polis.

Ils t'ont entendu, ' Cardboard' est plus énergique, sans qu'il soit question de speed rock.

Le dense 'Better safe than sorry' déroule des  sonorités  grunge , il est suivi par le morceau le plus mordant du set, 'Outside of the lines', rough guitars et rythmique pointue, il n'y a que le chant à rester neutre, même si on l'entend susurrer... it's dangerous....

On reprend les recettes initiales sur ' Face out' , riffs ouatés, dreamy wall of sound  et voix blanche.

'Banger Boomer' est le premier titre composé par  Matthieu Berton, l'instigateur du projet, il s'entend sur un EP sorti en 2023, il annonçait déjà la suite:  du shoegaze acidulé  et propre.

Le délicat ' Yesterday after dawn' achève un  set  méticuleux, donné par des jeunes gens mélancoliques, fans de moody dream pop à la  Slow Pulp, Alvvays ou  Beach House.

On leur recommande d'écouter Echo Beatty ( Annelies Van Dinter) uit België.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

jeudi 28 mai 2026

Babyshambles - Festival Art Rock - Grande Scène, Saint-Brieuc, le 24 mai 2026

 Babyshambles - Festival Art Rock - Grande Scène, Saint-Brieuc, le 24 mai 2026

michel

Après Bertrand Belin, c'est le retour de l'abonné , Pete Doherty!

Questions... Verra-t-on son chien, ses gosses, sa belle-mère, son tailleur?

Le chien, oui, en fin de set, nouveauté, avant le début du gig, le plus British des Normands, se transforme en marchand ambulant pour vendre un magazine.

Ten Euros, that's very cheap, qu'il clame , oui, mais 10 euros,ça fait trois bières, gars.

De nos jours, les musiciens doivent être très mal payés  s'ils sont obligés de jouer au camelot pour nourrir leur petite famille.

Quoi, Roland?

Si ça avait été Playboy, j'achetais!

Roland, en 2026, ce genre de remarque peut t'amener des ennuis. 

Une musique foraine accompagne l'arrivée du band, récemment ressorti des catacombes.

En 2026, Babyshambles ce sont: Pete Doherty, le gentleman farmer (guitare et chant)/ Mick Whitnall, sérieusement vieilli , un gars qui n'avait plus quitté le UK depuis 13 ans (guitare)/  le rouquin punky Drew McConnell ( basse) et Adam Ficek ( drums) .

ooh, ooh , ooh  ...' Killamangiro' est lâché, le son n'est pas au top, les lyrics sont incompréhensibles, les mecs à la table ont dû se taper une insolation.

Heureusement après deux titres, ça  va s'améliorer. 

Le britpop punky, carré  et désinvolte de Babyshambles tient toujours la route.

'Delivery' débute par une attaque sèche, les riffs égratignent nos pavillons, sur le podium, trois voix  scandent le refrain, en bas, tu multiplies par 500.

Apparition d'une trompette sur le ska bâtard  ' I wish' , sympa!

Les plus affutés sont manifestement Drew et Adam qui entament 'Sedative' , ne te fie pas au titre, ça remue, en douce peut-être, mais on ne conseille pas comme analgésique.

Drum solo, ça permet à Mick de vider sa troisième mousse,  il reprend son antique instrument, place des riffs mordants, la basse maugrée, ' Beg, steal or borrow' déboule à toute allure.

Voilà Jean Cocteau et Jean Marais et le frénétique  ' La belle et la bête'  , animé par la basse.

'Back from the dead' , sauf pour  Patrick Walden qui n'a pas quitté le cimetière.

Jusqu'ici tout se déroule plus ou moins normalement, Pete est de bonne composition, on a évité le chaos, ze band is sharp tonight.

Quelques accords similaires à ceux de 'Spanish Caravan' , la guitare fait dans le métallique, Drew se caresse la barbe , Adam ébranle une cymbale, Pete bat des mains, 'Unstookie titled' se fraye un chemin sur scène.   

Il y a 18 ans Pete aurait fumé sa sèche down to the bone,il est moins énervé aujourd'hui.

 Le ravitaillement arrive,  Mick sue, s'asperge le gosier, fait un signe au chef, OK, voici   le percutant ' Carry on up the morning'  , il a besoin d'un break, en plein morceau, Pete meuble en fredonnant une comptine, celle du petit escargot qui aime la pluie, pour finir la tirade quand le guitariste a récupéré.

Après un ' 8 dead boys'  confus, Mick disparaît, on l'aperçoit discuter avec les techniciens, son pédalier semble déconner ( un alibi?) , Pete, solo,  fredonne du Kasabian.

Hey, Mick, ça va?

Un petit Yes plus tard et on attaque 'Baddie's boogie' un morceau qui avait valu quelques ennuis à Pete pour avoir emprunté une ligne au poète Nick Toczek .

Il avise un mec à sa fenêtre à 100 mètres de la scène, eh Jean- Marc, ça va, t'as la même chemise qu'il y a deux ans, et la femme, c'est aussi la même?

Il est d'humeur espiègle, ce soir.

Il ramasse une acoustique, Mick a trouvé un harmonica dans une de ses poches, on traverse la Manche pour accoster sur une petite île, ' Albion'.

Il s'agit du  titre aux saveurs  The Kinks de Babyshambles.  

Mick, est au bout du rouleau, on doit lui prodiguer des soins, il est en insuffisance respiratoire, souffle dans  cette poche en plastique, lui indique un roadie, devenu aide-soignant.

Retapé il réapparaît, suivi du labrador du néo-Normand, the show must go on, 'Pipedown'  aurait dû terminer le show car il est 21h, oui, mais, je suis Pete Doherty, je fais ce qu'il me plaît, et je tenais à interpréter '  Fuck forever'.

Après les dernières notes, il envoie sa canette de bière dans la foule.

Fucking, son of a bitch.

L 'enfant terrible, fidèle à sa réputation, a fait le show attendu.

 

 

 

 

 

 

 

 

mercredi 27 mai 2026

Bertrand Belin - Festival Art Rock - Grande Scène, Saint-Brieuc, le 24 mai 2026

 Bertrand Belin - Festival Art Rock - Grande Scène, Saint-Brieuc, le 24 mai 2026

michel

Les météorologues,  si leurs prévisions sont souvent fantaisistes, ont toujours une explication pour commenter  les phénomènes qui déterminent les conditions climatiques: goutte froide, dépressions diverses, sable du Sahara, blocage en oméga, plume de chaleur et, ce qui nous occupe, dôme de chaleur, et si tu ne disposes pas d'un ouvre-boîte adéquat ce couvercle peut se montrer récalcitrant.

Tout ça pour te dire qu'il faisait chaud, voire très chaud à Saint-Brieuc pour la dernière journée du festival.

18:29,  on attend,  Bertrand Belin, qui ne vend pas de biscuits apéritifs, non recommandés par les diététiciens, mais qui chante ( fort bien).

B B  a pondu huit albums, le dernier, électrique, 'Watt' date de 2025 .

Et que fait un artiste pour vendre sa camelote, il tourne d'où sa présence en terre briochine, pas fort éloignée de son lieu de naissance ( Auray). 

Bertrand n'est pas du genre solitaire, il a emmené une solide équipe de basketteurs ( cinq et un remplaçant)  avec lui:  Thibault Frisoni à la basse, aux synthés et aux choeurs, Julien Omé à la guitare, Lara Oyedepo aux claviers, drumpad, shakers, backings , Sylvain Joasson à la batterie et machines,  Jean-Baptiste Julien au piano et mellotron,  et Marielle Chatain ( vue avec The Dø, il y a plus de 10 ans)  aux claviers, synthé et choeurs .

Bertrand chante et joue de la guitare. 

Un carillon annonce le début de l'office, la team s'installe, Félicie te souffle: chouette costard mauve, tu ne lui as pas dit que tu préférais le rose.

D'une voix similaire à celle du regretté Alain Bashung , Bertrand entame  'Pluie de data'.

L'orchestration est ample, on est dans un univers chamber pop proche de Tindersticks,  ou, si tu préfères, Jean-Louis Murat, dans nos contrées.

C'est vachement classe et subtilement arrangé.

Monsieur est non seulement raffiné mais également un brin espiègle, il prend la pose pour les 146 photographes agglutinés dans la fosse

Bonsoir, la prairie, lâche-t-il.

Martin, un fermier du coin a réagi: meuh!

'Sur mon 31' est entamé par un piano badin , très cool, il murmure son propos puis ramasse une guitare pour se joindre à la troupe, du coup ils sont sept sur le terrain, les arbitres, bourrés, n'ont rien remarqué.

La vibrato frémit,  le downtempo s'écoule en douceur.

Une confession, ..je viens d'une longue lignée d'ivrognes .. affirme-t-il sur 'Que dalle tout' , un extrait de l'album "Tambour Vision".

Et tandis que le troupeau armé de Nikon, Sony, Canon, Olympus ou Kodak à deux balles prend la tangente ( ouf) il attaque    'Berger' ( shepherd in English, il a le bon goût de le signaler), un midtempo pastoral qui sent bon les steppes du Morbihan.

Une intro sous forme de rondo amorce ' L'inconnu en personne', un texte subtil, à la limite sibyllin,   récité  en parlando.

On le dit influencé par Samuel Beckett  et Ionesco et pourtant il n'est ni chauve ni copain avec Godot.  

Il annonce une chanson du mois de mai, ce qui pour nous ne signifie rien,  sauf ' First of May' des Bee Gees .

Après une longue intro, quasi liturgique , 'Amour ordinaire'  est chanté d'un timbre lent et affecté.

La plage s'égare dans des méandres nonchalants et te donne le temps de méditer sur la vacuité de la vie.

'Seul' sonne comme du Gainsbourg  désabusé , le morceau  précède une intervention de  Léa Salamé , 'La Nouvelle'.

Un titre funky souligné par un mellotron omniprésent.

Tu ignores si B B connaît Allez Allez, mais cette plage te renvoie vers ' African Queen'. 

Virage tribal sur ' Tambour' avec la question clé ..A qui sont ces squelettes?

Après un sermon ésotérique, il opte pour ' Oiseau'   qui vole à basse altitude de façon à ce que le public puisse entendre ses cui cui cui et les imiter.

Evidemment il fallait qu'un comique hurle, ' saignant' ce qui n'a pas plu à Sandrine .

Bertrand Belin est de la race des poètes maudits, il y a du Bashung ( on l'a dit), du Murat ( idem), du Gérard Manset , du Rodolphe Burger dans son art.

'De corps et d'esprit' sent bon l'alt rock obsédant  style Wovenhand ou autres avatars de David Eugene Edwards.

Le timing est serré, une heure est vite passée, c'est déjà la fin, ' La Béatitude' achève ce set  remarquable, donné par un performer original, à la diction solennelle,   et par un band hors - norme.

Bertrand Belin, tu peux le trouver à l'arrière des berlines, faisant la cour à Joséphine, oui, il ose!  

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

    

  

 

 

 

 

Suzane au Festival Art Rock, Grande Scène, Saint-Brieuc, le 23 mai 2026

Suzane au Festival Art Rock, Grande Scène, Saint-Brieuc, le 23 mai 2026

michel

Après l'étonnante prestation ( Ondulations) de la troupe de la chorégraphe   Leïla Ka, c'est Suzane qui est attendue sur la Grande Scène.

Saint-Brieuc peut se préparer à un second show sans musiciens,  Suzane chante sur des séquences enregistrées, néanmoins personne ne s'est plaint, le spectacle a dépassé toutes les espérances.

Des chorégraphies d'un esthétisme souverain ( la troupe de Leïla Ka a donné la réplique à l'artiste d'Avignon), un light show high tech, des tableaux oniriques, pas une seule faille technique, tout est calibré au millimètre près, c'était aussi imposant qu'un opéra de Verdi. 

La tournée actuelle sert toujours à promouvoir son troisième album, le très engagé  'Millénium' .

22:00, des crépitements puis un coup de tonnerre se font entendre, la scène est noyée dans un halo rouge,  quatre Suzanes, d'une démarche altière, arpentent le podium,  la vraie se pointe tout en haut du balcon, elle s'exprime, sûre d'elle,  'mouvement', mouvement, tout est dans le mouvement ... en bas, ça bout déjà, des cris fusent,  c'est clair ce show sera marqué d'une pierre rouge ( blanche est trop neutre).

'Dégaine' un électro pop  tribal au refrain addictif   est suivi par 'Marche ou rêve' qui avec  ses zig zag électro doit t'aider à neutraliser la pression du quotidien. 

Ambiance dernière cène, Suzane et ses disciples sont attablées et vont ingurgiter des coupes de Taittinger.

 'Champagne'  pétille,  invite à la danse et à la fête.

Tchin, tchin, pour Richard Anthony! 

Suzane est forte, il n'y a pas un gars qui va lui dicter sa conduite, écoute ' Virile' , tu peux penser à Sylvie Vartan,' Comme un garçon', mais Sylvie ne levait pas le poing, c'était une autre époque.

Dorénavant je t'embrasse ' Au grand jour', plus besoin d'aller se cacher, Suzane revendique ses choix amoureux. 

Militantisme et pop au programme, ce soir!

Tableau suivant sur flow rap ' SLT' ( = salut)  , un morceau coup de poing pour dénoncer le harcèlement.

Fort! 

Si Youssoupha n'est pas physiquement présent, il donne la réplique à Suzane  en hologramme sur le subtil   'Plus que moi' .

'Tas raté'   joue la carte techno, sur scène, Suzane et les danseuses ont entamé un numéro acrobatique,  le public s'époumone et  reprend les lyrics.

T'as foiré le test,, c'est pas grave, il paraît qu'aux States , ils marquent leurs échecs sur leur CV !

Suzane joue à Emile Zola, ' Je t'accuse' est assurément le titre le plus puissant de son répertoire,  des millions de streams, il faudrait passer le clip dans les écoles.

Il est grand temps de  mettre un terme aux violences sexistes, aux féminicides et toi,  qui fermes les yeux, tu es tout aussi coupable. 

Elle termine son plaidoyer poing levé, deux minutes de silence ont suivi , il faut digérer ce message percutant!

Avertissement: le prochain titre peut heurter les robots sensibles, voici ' Humanoïdes' , l'humain déshumanisé, formaté, abreuvé de fake news diffusées par les réseaux sociaux, encore un titre choc. 

Art Rock, maintenant, tu mets le feu, c'est la dernière, 'Lendemain de fête'  a été entendu de l'autre côté de la Manche, car  toute la place chantait et dansait.

Ce show phénoménal  demandait un extra, Suzane émue ,  ne peut le refuser et c'est avec un titre  dès début, l'autobiographique  ' Suzane' qu'elle choisit  de prendre congé après un bain ( merci Le Tintoret) de foule revigorant ( sans les vieillards lubriques) 

 

Non, Suzane, t'es pas une loseuse,  t'es l'unique, la star!

 

 

 

 

  

mardi 26 mai 2026

Jeanne Cherhal au Festival Art Rock, Grande Scène, Saint-Brieuc, le 23 mai 2026

 Jeanne Cherhal au Festival Art Rock, Grande Scène, Saint-Brieuc, le 23 mai 2026

michel

Donc, pas de Véronique Sanson, mais Jeanne Cherhal qui a accepté de remplacer une des  vedettes incontournables de la chanson francophone, au pied levé.

Après l'exubérance ( Miki) place au classicisme!

Un rutilant  Steinway & Sons trône sur le podium, Jeanne, très élégante avec sa coupe garçonne et follement applaudie prend place. 

Déjà en 2020 pendant le sinistre épisode Covid, la Nantaise avait ébloui le public lors d'un Art Rock  tronqué, cela se passait à l'Hermione, tu en as gardé un souvenir vif.

Ce soir la donne est différente et le répertoire adapté.

C'est par une attaque à la Tori Amos qu'elle amorce 'J'ai faim' , on se rend compte immédiatement qu'il n'y a pas mieux pour remédier à la défection de Véronique Sanson.

Souriante et émue, Jeanne dédie le show  à son idole et pour la plus grande joie d'un public, plus tout jeune, reprend ' Vancouver'.

L'émotion a gagné ton voisin, sa compagne comme d'autres spectateurs reprend le refrain.

Bravo, hurle Fernand.

Ce même cri ponctuera chaque plage.

Non, Jacques, Fernand n'est pas mort , il s'égosille.

' Sous les toits' est extrait   du dernier album et évoque les violences conjugales, le texte, écrit 20 ans après  l'agression de Marie Trintignant,  bouleverse et fait réfléchir.

2004, sur  'Douze fois par an', elle a enregistré l'ironique ragtime  ' Ça sent le sapin'.

Il y a Noël mais aussi, et c'est moins drôle,   le cercueil!

' La maman et la putain', Jan Eustache, tu dis, non, un des derniers titres de Jeanne Cherhal qui nous explique qu'il y a deux facettes dans sa personnalité.

Mère soucieuse et allumeuse compulsive, pas besoin de choisir, il suffit de changer de masque.

Josette, estomaquée, t'as vu, Jean, elle a craché!

Oui, Josette, tu craches bien ton venin à longueur de journée!

Une attaque violente au piano, dans un moule Regina Spektor, introduit le rondo 'Le feu aux joues'.

Après ce tourbillon vient le second clin d'oeil à l'absente, le magnifique ' Amoureuse' de l'époque Michel Berger.

Des frissons te parcourent, l'émotion est à couper à l'opinel, ce coup-ci Fernand a proféré trois fois ' Bravo'.

'Puis vient tle fragile 'Cinq ou six années' ou quand Jeanne chante l'adolescence.

C'est frais et volatile.

J'ai fait une fixette sur un mec, il s'appelle ' Jean'.

Jean, j'entends d'ici votre rire d'argent, et j'enrage de vous savoir aimé par une autre, j'enregistre vos soupirs, Jean, j'en ai marre...

Il y a du Juliette Gréco chez Jeanne Cherhal. 

'Le cri des loups', rien à voir les loups sont entrés dans Paris de Serge Reggiani, les loups de Jeanne sont des mâlesn  parfois possessifs, souvent maladroits ou admirateurs de Depardieu.

Les loups bretons se chargent des ouh,ouh,ouh 's, le petit chaperon rouge est resté chez Mamie.

Voilà, merci, après un salut distingué, elle se lève fait mine de nous quitter, mais Saint-Brieuc réclame un bis. 

Ce sera 'Bahia' de Véronique Sanson en formule bossa nova au ralenti  .

Jeanne Cherhal, c'est le talent à l'état pur, le chic à la française et la distinction. 

 

 

 

  

 

 

 

 

  

MIKI au Festival Art Rock, Grande Scène, Saint-Brieuc, le 23 mai 2026

 MIKI au Festival Art Rock, Grande Scène, Saint-Brieuc, le 23 mai 2026

michel

La seconde journée du festival urbain débute par une nouvelle amère:  Véronique Sanson a été admise à l'hôpital en urgence ce samedi 23 mai en raison d'une infection respiratoire aiguë, le concert sur la grande scène est évidemment annulé.

Peu avant l'ouverture des portes, le nom de la remplaçante est dévoilé: Jeanne Cherhal.

Un fameux coup de force de l'organisation.

C'est Miki, une nouvelle étoile  de la scène pop made in France ( non, Dutronc, c'était merde in France) qui ouvre la sauterie.

Miki,  Mikaela  Duplay, is a nice Niçoise, franco-coréenne, elle va à l'école, passe par le conservatoire ( on la remballe) ,  joue du piano et du violon, fait des études de cinéma sur les bords de la Tamise, découvre la scène électro et se dit, j'adore ( merci Sam Sauvage), donc  je chante!

Après quelques balbutiements, le label Structure lui dit, pose ta signature en bas du contrat,  on te produit.

 

2025, grande année pour Mikaela, un EP et l'album  'Industry Plant', un titre ironique se référant  à un interprète  dont le parcours est perçu comme ayant été artificiellement façonné par des acteurs de l'industrie.

Ce n'est donc pas un compliment mais  une insulte, à peine déguisée, comme la jeune femme a de l'humour à revendre , elle assume,  comme   avant elle: Doechii, Sabrina Carpenter , Bebe Rexha , Lizzo et d'autres Tik Tok stars.

Nominée aux récentes Victoires de la Musique, Miki va se taper une cinquantaine de festivals cet été, n'oubliez pas d'arroser la plante!

Et à Saint-Brieuc?

De l'énergie, de la fraîcheur, de l'enthousiasme, les gamines ont adoré, les vétérans ont craqué et apprécié.

Avant de la voir investir le podium, des roadies s'affairent  et installent un scorpion géant gonflable au fond de la scène.

Tu  débarques avec ce truc sur la plage, les poulets t'embarquent.

Les deux musiciens de Miki sont les premiers à se présenter:  Hugo Dupuis à la batterie et programming, Dee Huang aux guitares, le synthé, le Korg et le séquenceur serviront plus tard.

Miki en  tenue  sportive aux couleurs de Chelsea, surgit au pas de course et entame ' Yes' un titre pop, juste assez sucré pour affoler tes papilles.

Oui, la voix, enfantine,  s'apparente à celle d'Angèle , aucun problème, Justine et sa petite soeur en raffolent.

... rendez-vous dans deux ans et tu chanteras par coeur... on ne citera pas le nom d'un gars qui connaît quelques problèmes avec la justice, d'ailleurs son rendez-vous c'est dans 10 ans.

Elle se paie un premier  bain de foule pendant ' ça pik un peu quand même', elle te dévisage, t'as failli lui faire un clin d'oeil,conscient du danger, tu t'es retenu.

Dans la foule, elle  remarqué une jeune fille coiffée d'un chapeau de cowboy, tu me le prêtes, tu t'appelles comment?

Emma.

Je te dédie  'Miki Cowboy', qu'elle entame couchée sur scène avant d'aller tapoter le synthé.

Elle quitte le ranch, s'amuse avec le séquenceur et entame la romance synthétique  '   jtm encore'.

Miss Dee Huang, sous le scorpion,  balance un solo venimeux, puis Miki  attaque ' Cartoon sex'  avec la punchline qui tue... j'ai les cuisses qui se touchent parfois...

Grosse explosion sur la place, certaines se reconnaissent dans le message. 

'bnf' joue la carte dance pop  sur texte sombre,  sonorités frelatées et solo de guitare lourd.

Fondu enchaîné sur ' Switch, switch' avant l 'instant panique pour  la sécu, car elle clame Saint-Brieuc t'es prêt pour un moshpit géant?

 Elle traverse la foule se hisse sur un truc invisible et entame le morceau qui a changé sa vie: 'Particule'.

Une centaine de moutons de Panurge tourne autour d'elle  de droite à gauche, puis de gauche à droite. 

Elle slamme , joue au chef de cérémonie,   dirige la manoeuvre.... si elle se présente en 2027, Jean-Luc, Bardella et les autres peuvent aller se rhabiller

 Le manège a fermé ses portes, Miki a regagné le podium, s'asperge d'eau, inonde le synthé, c'est con , s'éponge avant de proposer une chanson douce amère , ' Héroïne' .

Le délire percussif  sur 'Roger Rabbit'  a enflammé le parking, elle termine sa tirade allongée sur le sol, rebondit et attaque 'Echec et mat' , le titre préféré d'Anatoli Karpov, sur  flow rap évoquant Chagrin d'Amour.

C'est le délire à tes côtés.

Et toi, oui, toi, je m'appelle comment?

MIKI, tout Saint-Brieuc hurle , elle saisit une guitare , entame un duel homérique avec sa copine sur fond ' Rockafeller Skank' de Fatboy Slim , elle s'en va taquiner l'arthropode gonflé à bloc pour ensuite balancer 'Scorpion ascendance scorpion'  qu'elle termine par un plongeon risqué dans la foule.

Les maîtres-nageurs l'ont récupérée saine et sauve,  quelques algues vertes collaient à sa peau. 

Miki, ça  mousse et ça  fait du bien! 

 

 

  

 

 

 

 

 

lundi 25 mai 2026

Flora Fishbach - Art Rock Festival - Scène B, Saint-Brieuc, le 22 mai 2026

 Flora Fishbach - Art Rock Festival - Scène B, Saint-Brieuc, le 22 mai 2026

michel

 Elle l'annonce sur Instagram - A fusion between German expressionism and 80s video synthesizers for the great and obscure Flora Fishbach.

D'accord, ce soir c'est donc du  Friedrich Wilhelm Murnau, du Erich Heckel ou du Mary Wigman.

Il y avait de quoi être décontenancé par le nouveau projet de Fishbach, désormais Flora Fishbach, une artiste croisée deux fois au Brussels Summer Festival.

La première fois en solitaire maniant une loopstation,  lors de la seconde rencontre, elle était  entourée de musiciens.

A l'époque l'influence des corbeaux  d' Edgar Allan Poe était patente, avec le nouvel album "Val Synth" , elle  négocie un virage en épingle, dorénavant son credo c'est la synth / dance pop,  à la fois  futuriste  et retro ( oui , oui,  alles ist möglich...).

Retro, car Italo disco,  Pet Shop Boys, Propaganda ou Visage.

Ce soir, pas de musiciens , pas d'instruments, pas  de loopstation, mais trois danseurs, comédiens, backing vocalistes stylés.

Et la musique?

Pré-enregistrée,   instruments joués et programmés par Flora Fishbach, Michael Declerck  et  Gary Agletiner. 

Aucune place pour l'improvisation, il n'y aura pas de fausses notes, tout est calibré,  discipliné, net et propre.

Et l'émotion?

Question suivante!

Les bandes libèrent un synth pop /new wave track aux senteurs New Order, sur lequel  se colle la voix grave et hantée de Flora, ' On me dit tu' de 2017,  revisité en 2026, impressionne toujours.

Le jeu de lumières et la chorégraphie BCBG accentuent le côté glacé du rendu.

Une fois passée la stupéfaction  engendrée par l'absence de musicos, tu adhères au plan, OK, ce n'est pas un concert mais un ballet avant- gardiste ( bête terme, Béjart ,  déjà, était considéré comme  futuriste).

Une voix off ( celle de Jean Reno) amorce la suivante ' Comme Jean Reno'.

Esthétisme exacerbé  et techno lyrique, un brin de I feel love, c'est ingénieux.

Il y a du Daho dans la suivante, un twist synthétique (  'Mon copain'?)  .

Les tableaux vivants se succèdent, deux des ballerines tendent un écran en cercle sur le podium, Flora interprète la suivante en ombre chinoise , cette espagnolade synthétique concise ( 'Meryl Streep libre') étonne.

C'est à Mylène Farmer que tu penses à l'écoute de 'Rends-moi ma vie'  construit sur des nappes brumeuses  et des beats torrentueux.

Puis t'as vu le  mime Marceau  sur scène, 'Invisible désintégration de l'univers' et ses woop woop woop, aurait pu se retrouver au soundtrack de  'Star Wars', le monde cinématographique a toujours fait partie de l'univers de l'Ardennaise qui enchaîne sur un titre opératique voyant un des danseurs transformé en derviche tourneur.

La voix rauque fait merveille sur  'Un autre que moi'  , un titre de 2017, qui la voit muée  en félin mystérieux.

Initialement sans les danseurs, elle propose le majestueux ' Mortel'  bâti sur des beats lancinants, le morceau   monte en puissance pour venir asticoter tes neurones.

Vachement toxique.

Quand Flora Fishbach joue à Queen versus Boney M, cela donne 'La Machiavela', de la synth pop  aussi burlesque  que tordue.

On approche du terminus, ' Des bêtises' achève le set en mode Madonna goes techno/new wave. 

Puis elle se ravise et propose un nouveau   titre   qui, pour l'instant, n'existe qu'en version solo, un dernier disco techno purulent et virevoltant qui clôture un show singulier et  baroque. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

dimanche 24 mai 2026

Sam Sauvage au Festival Art Rock, Scène B, Saint-Brieuc, le 22 mai 2026

 Sam Sauvage au Festival Art Rock, Scène B, Saint-Brieuc, le 22 mai 2026

michel  

Jay Alanski, 1979, ' Dandy' t'es pas de là, t'es pas d'ici....

Et toi, Sam Sauvage, t'es d'où?

De  Saint-Martin-Boulogne, je suis né Hugo Henri Brebion, pas terrible comme nom de scène, d'où Sam Sauvage.

Donc, on ne confond pas avec Vivien Savage et sa p'tite lady.

Et sinon?

 Révélation masculine aux Victoires de la Musique, des salles pleines un peu partout, et après quelques singles et EP's, un album ( Mesdames, Messieurs !) qui fait le buzz.

Henriette : merde, que fait-il sur la scène B?

Ben, il y avait Sébastien Tellier et puis Disiz sur la grande scène? 

La belle affaire, on s'en bat les c. 

Henriette, pas d'insanités, fillette!

Donc voilà Sam Sauvage, flanqué d'une équipe pas idiote: deux chemises blanches, un T-shirt noir:  Doriane Gamba à la batterie, David Enfrein aux claviers et à la basse et Corentin Gogolewski à la guitare et synthé.

Ze dandy a opté pour un costume/cravate d'une époque  où les artistes ne connaissaient pas le grunge.

Entrée hollywoodienne et d'emblée un hit qui tue 'Les gens qui dansent' ( j'adore). 

Sam bondit, le public l'imite, c'est rock, c'est clair, ça danse plus sauvage que sur du Stromae... j'adore!

En moins de quatre minutes, le public s'est rendu compte qu'il va assisté à un concert démentiel.

'Le chant des sirènes', cette fois-ci, Ulysse a craqué!

Un mix Daho, Dutronc, Bashung,  Téléphone puissance 2026, bordel, ça fait du bien!

Il a le truc pour jouer avec nos coeurs ( merci Les Gam's) , il sait comment caresser la Bretagne dans le sens du poil et ça marche.

Adieu le veston, j 'attaque ' J'suis pas bo'  .

En tout cas il est plus beau qu'un lavabo. 

Toute la place trépigne: les laids, les affreux, les moches, les balafrés et les autres aussi. 

'Ne t'en fais pas pour elle' , une pépite électro pop intellectuelle.

Un coup d'oeil au thermomètre,  49°, et pas l'ombre d'une goutte froide.

Un sifflement enregistré amorce  'Pas bourré'.

Nougaro a ri.... Je suis sous sous sous sous ton balcon comme Roméo ho! ho!, Marie Christine ..

Il déambule à la manière d'un ivrogne ayant siroté 6 litres de mauvais pinard  puis propose un hymne à son pays ' Boulogne'.

Mélancolie et symphonie  Zaho de Sagazan, il y a du Brel chez ce jeune homme.

Il peut se faire théâtral comme sur ' Hypocrise',  pendant lequel il vient serrer une ou deux mains tendues.

'Je ne t'aime plus'  , que fais-tu après une rupture amoureuse?

Tu danses! 

Après le désamour vient le titre le plus fort du set, 'Un cri dans le métro'  .

Amorce lancinante,  avant le cri de rage du crève-la-faim  sur beats brutaux.

Papa, tu l'as vu,  le mendiant?

Ne regarde pas, Justine, viens, on traverse la rue.

Victor Hugo, Léo Ferré,  Sam Sauvage, ils sont là pour nous bousculer!

C'est quoi cette boule qui coince dans ta gorge?

Le point météo annonce un pic de chaleur.

' Avis de tempête' le confirme sur fond disco punk impérieux, quelques métaphores illustrent les prévisions de la speakerine,.

Où sont les climatosceptiques? 

La place piaffe, les moineaux cherchent désespérément une flaque, ils doivent se contenter de la bière renversée par Antoine, bourré comme  le mari de ta voisine qui vient de toucher son salaire et le dissipe au café de la gare.

Après avoir présenté l 'équipe, c'est l'heure de la dernière,  'La fin du monde'  , qui sonne comme un  'Ça plane pour moi'   remodelé .

  J'irai danser sur vos tombes ou we can be heroes , comme le chantait David.

 

Quelle claque! 

Saint-Brieuc lui a fait un triomphe . 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gildaa au Festival Art Rock, Scène B, Saint-Brieuc, le 22 mai 2026

 Gildaa au Festival Art Rock, Scène B, Saint-Brieuc, le 22 mai 2026

michel

 

Direction la scène B, en jouant à l'anguille.

  Gildaa vient de démarrer son set.

Le Monde à l'issue du concert:  La chanteuse Gildaa brille avec ses strass et sa kora au Festival Art Rock, à Saint-Brieuc

Un avis qui n'est pas partagé par tous.

On a vu un show décousu , légèrement confus, d'une madame au look improbable, mi - Björk, mi drag-queen peinturlurée , portant robe de chambre colorée et bigoudis.

La pub disait:  Poétesse satirique, Gildaa habite dans l’œil de celui qui la regarde, quelque part entre la France et le Brésil. Elle chante bilingue, pense à l’envers et trimbale les mots entre absurde et mystique. À la croisée de la chanson, du latin jazz et du RnB, Gildaa façonne un univers totalement libre et singulier, qui ne ressemble qu’à elle seule.

Elle vient de publier l'album 'Gildaa' , considéré comme inventif , selon un auditeur bienveillant. 

Difficile de relater son numéro en l'absence de setlist et de repères.

 Camille Constantin Da Silva, alias Gildaa, manie une loop station, et un instrument à lamelles, à sa gauche on a noté un transat, sur lequel repose un kora malien.

Elle explique: C'est l'histoire  d'une petite fille entre la France et le Brésil qui revient, puis en portugais elle fredonne le titre 'Mainha' , le chant est perçant ( avec ç) , elle vocalise, la surprise se lit sur le visage de Josiane qui sirote une mousse.

Elle passe au français avec 'L'équilibre' où elle mentionne son mal au ventre sur fond techno ethnique. 

Elle avise un brave gars dans l'assemblée, oui, toi, j'adore ton bob, comment tu t'appelles?

C'était pas   Geldof, celui qui déteste les lundis, son prénom sonne Jean- Luc, mais il n'est pas insoumis.

Revenons à nos ovins,  c'est ' Utopiste'  qui déboule, suivi par 'Perséphone'.

De loin en mâchonnant un sandwich , tu l'entends narrer la triste vie de Perséphone, vendue par son père.

La voix joue à l'élastique, passant des notes aiguës au souffle court, si ton truc c'est l'ésotérique, l'excentrique, le différent, tu vas accrocher, si t'es du style mainstream, tu connaîtras  une digestion  compliquée..

Elle entame un début d'effeuillage et montre un genou. avant d'attaquer in English, 'Like a child', du trip hop jazzy aux accents  indigènes.

Va écouter sur bandcamp, c'est bien foutu, mais ici, une partie du public,  décontenancée, a complètement décroché pour prendre la direction des buvettes.

Elle passe à un lament mélodieux en portugais,  'Alma Gemea', et entreprend la suite de son déshabillage, là voilà en short et chemisier blancs.

Pendant  'Pensées diluviennes' , elle gueule soudain, elle est où ma bière?

Fabienne glisse à son compagnon: elle est givrée, la nana.

Un clown triste, sans doute, mais il faut reconnaître que ses chansons tiennent la route, le rendu lui est instable.

Adieu les bigoudis,  aïe, le chemisier va y passer, un soutien-gorge bleu se laisse voir, l'exhibitionniste  se ravise, et amorce ' Pas assez' un dancetrack  de 2024.

Saint-Brieuc est entré dans le jeu et se trémousse, puis changement de cap, elle s'allonge dans le transat, saisit le kora  et entame  une délicate mélopée, onctueusement chuchotée,  baptisée 'A vous'.

Le public l'accompagne en vocalises pour finalement applaudir une prestation étonnante. 

Clown ou diva, on joue à pile ou face! 

 

 

 

 


 

samedi 23 mai 2026

Marguerite au Festival Art Rock, Grande Scène, Saint-Brieuc, le 22 mai 2026

 Marguerite au Festival Art Rock, Grande Scène, Saint-Brieuc, le 22 mai 2026

michel

Edition 43  du Festival Art Rock à Saint-Brieuc  sous un soleil de plomb!

Marguerite doit lancer  les festivités.

 Marguerite Dedeyan, révélée par la Star Ac en 2024, confiera à la foule qu'il s'agit de son tout premier festival.

Ce n'était pas perceptible vu l'aplomb avec lequel elle a mené sa barque,  le public, déjà nombreux à 18:30 a  apprécié une  prestation  tonique,  non dépourvue d'humour et de spontanéité.

T'as eu le temps de contempler le podium avant  l'entrée en matière, pas moyen de se tromper, on verra et entendra marguerite, c'est mentionné sur la batterie et trois marguerites géantes, que tu ne dois pas arroser, ont poussé sur la gauche de la scène.

Sur une bande introductive, les trois musiciens de la femme fleur se pointent: Simon à la batterie, la fantastique Praa, vue ici l'an dernier aux côtés  d' Aliocha Schneider, aux guitares et Louise Dissous, elle-même auteure-compositrice-interprète ( cf  l'EP Le bruit des songes)  aux claviers.

Une  voix off, puis une vive acclamation  se fait entendre à l'arrivée de Marguerite, jean ornée de belles des champs, débardeur blanc et raybans. 

Démarrage voix/piano avec la ballade ' La fée' , un extrait de l'EP ' Grandir',  drums et guitare acoustique s'invitent dans le conte , c'est mélodieux, un brin naïf, on l'aime déjà.

Mêmes climats  romanesques sur la suivante 'Les avions'  , orné d'une guitare liquide, d'un drumming discret et de claviers aériens, la voix, douce, comme celle d'une hôtesse de l'air attentionnée, fait le reste.

On lui trouve une ressemblance avec  Frida Kahlo, ce qui explique le titre ironique et dansant  ' Frida' .

Adieu les lunettes de soleil,  le mono-sourcil est visible, elle assume et chaloupe délicieusement avant d'entamer un jogging en vue du marathon de New-York.

Toujours en mode dance unlimited elle propose son dernier single ' La Boss' un titre, irrésistible,  repris par les gentilles gamines  postées à tes côtés.

Cette fille dégage une aura de sympathie naturelle,  tout Saint-Brieuc l'a adoptée .

Tu sais, Mamie est originaire de Douarnenez, je suis donc un peu Bretonne. 

Comme le Breton est chauvin sur les bords  ça marche à tous les coups.

'Snipeuse' est amorcé au piano, un boum, boum, boum fait vibrer la grosse caisse, le titre, élaboré, plus lent, permet la mise en valeur des musiciens. 

Assise sur le devant de la scène, elle laisse le synthé gronder avant d'amorcer  'Crash test' sur fond de piano classique.

 Praa embellit la romance d'effets slide éthérés tandis que la voix murmure son texte sensible.

Retour à l'acoustique pour une reprise surprenante, 'Blade Bird' d' Oklou, ornée d'un choeur à trois voix.

Sur la lancée, une seconde cover in English, ' As it was' de Harry Styles, pour  laquelle elle adopte un flow hip hop.

Retour à son répertoire avec le gros hit ' La Maison'   qui évoque son départ du domicile familial.

Il est question de sororité dans la ballade '  Première dauphine' ,  interprétée en mode piano/voix.

Simon et Praa viennent s'asseoir côtes à côtes face aux premiers rangs, tout en fredonnant la plaisante mélodie .

Elle a gardé le tube immense 'Les filles, les meufs' pour la fin, Saint-Brieuc explose et a compris que Marguerite,  n'est qu'au début d'une carrière qui s'annonce radieuse, elle ne compte pas se laisser effeuiller  par le premier mec venu.

 

 

 

 

 

 

 

 

jeudi 21 mai 2026

EP Dread, This Could Save You par Midscale

  EP  Dread, This Could Save You par Midscale 

shoegaze 

 Phonomagic Records .

Ne pas confondre un segment  milieu de gamme, midscale, qui baigne dans un univers shoegaze et Midlake, qui marine dans des eaux lo-fi.

Les premiers,  qui nous occupent, sont parisiens et  ont vu  le jour en 2021 , les seconds, des Texans, s'agitent, mollement, dans l'univers musical depuis   1999.

 Gabrielle de Saint Leger  (basse), Sébastien Laboucher  (batterie),  Valentin Goubert ( guitare) et Yohann Bardoc (chant/guitare) forment l'ossature du segment, aux origines.

Sur leur premier EP , baptisé Midscale, sorti en 2022, un cinquième  nom est cité , Thibault Parcheminer , aucune précision n'est fournie quant à son rôle.

Il faut attendre 2024 pour voir arriver un premier album, ' Movements'  enregistré par  le line-up initial.

Poésie noire, mélancolie explosive, distorted melodies,  soaring arpeggios, massive walls of sound shoegaze, post rock, Slowdive, Explosions in the Sky... les critiques sont élogieuses.

Mai 2026, un nouvel EP paraît:   Dread, This Could Save You!

 Valentin Goubert a cédé la place à Eliott Barbot , qui n'est ni un poisson, ni un parent de Brigitte.

Tracks

 

  • Braincrash
  • Screengaze
  • Blurry
  • 0-1
  • Artwork, en noir et blanc,  created by Sarah Hottiaux 

    Une entrée en matière  angoissante avec ' Braincrash', un titre qui porte bien son nom, un accident vasculaire cérébral n'est pas à prendre à la légère.

    Le chant grave, mélancolique, traînant , quasi atone, flotte sur des guitares saturées et brumeuses, l'ombre de Slowdive ou de My Bloody Valentine est perceptible, les éléments non atteints de ton cerveau te le suggèrent , basse et drumming ajoutant un élément aérien et brumeux à l'ensemble.

    Toutes ces composantes  transforment  'Braincrash'  en  plage hypnotique, propice au recueillement.

    Au lieu de fixer leurs pompes bien cirées, les membres de Midscale  ont les yeux fixés sur l'écran, pas con de nommer la plage ' Screengaze' .

    Quoique distinguer les images sur le poste de télévision n'est pas une mince affaire au travers  du brouillard sonore créé par ces guitares nébuleuses , sérieusement distordues. Yohann traîne son spleen sous un ciel bas et lourd ( merci, Charles), heureusement la basse et le jeu de batterie donnent de l'âme à cette seconde plage  tout aussi teintée de coloris délavés.

    Le flou ( merci , Angèle) ' Blurry'  combine shoegaze et dream pop et, de ce fait, apporte une fraîcheur opportune.

    Du coup, d'autres noms s'imposent à ton esprit, les filles de  Warpaint ou Beach House.

    Ethereal, constate  Claudia, une architecture immatérielle à la Cocteau Twins, ajoutes-tu!

    ' 0-1' n'est pas le pronostic proposé pour la rencontre PSG - Arsenal,  mais la dernière composition de l'EP.

    Pendant huit minutes , le groupe nous promène dans une sphère où règne l'onirisme. L'orchestration est variée, on y entend même des bribes de psychédélisme, première époque de Pink Floyd, ou des cloches Tubular Bells,    et pour une fois le chant, angoissé, gothique même,  se fait plus intense,  les guitares passent du minimalisme au noise maîtrisé , tandis qu'un piano ( Clément Libes) s'immisce dans ce mur sonore compact.

     

    Avec Midscale le shoegaze made in France n'a pas dit son dernier mot,  le groupe est toujours en tournée, il est notamment annoncé au Havre ce 30 mai!

     

     

      

    lundi 18 mai 2026

    Festival Trieux Tonic Blues - Mylène Chamblain - salle Georges Brassens, Lézardrieux, le 16 mai 2026

     Festival Trieux Tonic Blues - Mylène Chamblain - salle Georges Brassens, Lézardrieux, le 16 mai 2026

    michel

    Après une pause pour permettre le changement de plateau, c'est le Mylène Chamblain Quintet qui investit le podium.

    Quelle idée de quitter la douceur du midi toulousain pour s'installer dans le crachin belge, c'est pourtant ce choix qui a été fait par  Mylène Chamblain.

    Elle débute  dans les cafés-concerts de la ville qui a vu naître Nougaro,  avant de sillonner les States , où  elle passe du temps à Albuquerque, revenue  au bercail , elle  enregistre l'album 'Hold Fast' avec l'aide du groupe AWEK,  puis disparaît des radars.

    Elle met le cap vers la Belgique où elle côtoie d'autres blues ladies  de renom: Beverly Jo Scott, Ghalia Volt, Geneviève Dartevelle ( elles ont pendant un temps tourné sous l'étiquette Two Women Blues)  ou Julie Compagnon ( on la retrouve dans la formation Plain Jane)....  

    C'est en 2021,  que paraît l'EP 'Body and Soul', plébiscité par Classic 21,  Nicolas Sand ( Fred and The Healers, le Zik Zak, Rock Nation Agency...) lui trouve des contrats,  la Belgique l'a adoptée,  un premier full CD ' Drive me mad' paraît en 2025.

    Ce soir c'est en formule quintet qu'elle compte enflammer Lézardrieux.

    Line-up: Mylène ( voice, guitare acoustique, Telecaster)/  Fabrice Manzini ( guitare), un gars dont la carte de visite en a fait pâlir plus d'un: B J  Scott, Jo Lemaire, Adamo, Bart Peeters, Clouseau, Sttellla, French Kiss, Bernard Degavre, ..../ Marc Descamps , un sosie belge de Phil Collins ( drums),  autrefois actif chez Country Cooking / Stephan Mossiat ( basse) , membre de Painkiller et de Krakin' Kellys / et le petit nouveau, Vincent Pères, vise mon beau chapeau,   ( claviers), actif chez Killer Queen.  

    Mylène, au look cowgirl, entame le set à l'acoustique, mais c'est bien  Vincent ( que tu ne confonds pas avec l'acteur / bretteur ) qui lance les premières notes sur son Nord Stage, ' Ocean Drive' présente de beaux coloris Americana et te donne envie de plonger dans le Pacifique, car la température du Trieux  n'attire pas les baigneurs en ce mois de mai automnal.

    Le timbre de Mylène ( oui tu peux penser à Sheryl Crow)  séduit, l'équipe assure.

    Le nonchalant et cool  'Small town train' succède à la plage inaugurale,   et même si vocalement il n'y a aucun rapport,  les climats de ce morceau peuvent évoquer  l'énorme Tony Joe White.

    'Human scale' permet la mise en évidence du talent de Fabrice, un mec qui n'en fait jamais trop, mais dont les riffs sont d'une justesse et précision diaboliques.

    Avec 'Wise and Fool'  on revient en 2021, la slide répond à l'acoustique , l'orgue, la basse et les drums  habillent élégamment ce midtempo harmonieux .

    On n'a pas retrouvé la plage ' Same old fight' sur l'album ou sur l'EP,  et on n'a pas vu la moindre bagarre sur le podium, mais  on a beaucoup aimé le travail de Vincent derrière les touches.

    Fondu enchaîné sur ' Lost in Delusion'.

    Au fond Fabrice Manzini qui a a joué avec   Miss Alabama, B J Scott, ne doit pas être perdu chez Mylène Chamblain, l'univers des deux artistes est similaire.

    Après avoir salué Annick, une connaissance perdue de vue depuis avant la guerre d'Indochine, c'est  'Stay alone' qui est attaqué, un downtempo alt country  sensuel!

    On a déjà cité le nom de Sheryl Crow, on tient à ajouter ceux de Lucinda Williams, Kacey Musgraves  et pour rester en Belgique, Gaëlle Mievis , a Banging Soul. 

    Amy Winehouse l'avait déjà affirmé, ' Love is a losing game', Mylène le confirme dans sa compo mélancolique  ' Losing game' .

    Lézardrieux, attachez vos ceintures, je passe à l'électrique pour le mordant  'Blues is gone'  suivi par 'Belly song' un blues rock  amorcé de manière agressive.

     Un morceau permettant  à la guitare de placer des riffs étincelants.

    La reprise de ' My favorite mistake' de Sheryl n'était pas illogique, personne ne s'attendait à une cover des Village People.

    Tandis que tu pensais à  Amy Macdonald, le quintet a attaqué  un titre sur lequel elle chante ... you got something to prove... ça ne t'était pas destiné, à ton âge avancé tu n'as plus rien à prouver.

    ' Til I found you' de Susan Tedeschi  voit Fabrice piétiner la pédale wah wah, le groove suintait de partout et une partie de la clientèle, malgré la fatigue  a commencé à chalouper en mesure.

    Avec le jazzy ' Honeymoon' on revient vers le dernier album et on s'est mis à penser à l'immense Boz Scaggs.

     C'est par une attaque virulente à la guitare qu'elle implore .... I just need communication....  ( ' Another world') , un blues rock cinglant suivi par le plus ancien ' Something instead', un titre plébiscité par Classic 21.

    On vous joue un blues en mi,   'Everytime', si vous pouviez reprendre le refrain en choeur  ce serait sympa.

    On était dix à fredonner everytime, les autres, trop las,  n'aimaient pas le mi .

    Une ballade pour suivre.

      'New dawn' est sorti en novembre et nous emmène vers la fin de la prestation.

    Après un retour au schéma  blues, c'est un furieux   'It drives me mad' , avec une wah wah en folie qui achève  un set de plus de 100'.

     

    Malgré l'heure tardive, les rescapés auront droit à un rappel, la romance  calme,  ' Naked'  , s'avère idéale pour prendre congé.

     

     

    Rien à ajouter?

    Si,  Mylène est vraiment devenue belge,  car chez Macron, personne ne dit septante ni en stoemelings, une fois!

    Et sinon?

    Un grand show  qui a ravi les Bretons et les néo - Bretons!

     

     

     

     

     

     

     


     

    dimanche 17 mai 2026

    Festival Trieux Tonic Blues - Lena & The Slide Brothers - salle Georges Brassens, Lézardrieux, le 16 mai 2026

     Festival Trieux Tonic Blues - Lena & The Slide Brothers - salle Georges Brassens, Lézardrieux, le 16 mai 2026

    michel

    Dernière journée chargée  lors du  Festival Trieux Tonic Blue, trois concerts à l'extérieur et une soirée finale dans la salle Georges Brassens  avec Lena & The Slide Brothers et Mylène Chamblain.

     

    Public clairsemé peu avant 21h, les festivaliers se pointeront plus tard.

    La veille, le groupe finlandais,  Lena & The Slide Brothers se produisait en band complet, ce soir c'est une formule duo qui ouvre la séance.

     On April 2016,  Lena & The Slide Brothers represented Finland at EBU (European Blues Challenge) in Tuscany

    Cette année - là,  la palme revenait à  Eric “Slim” Zahl & The South West Swingers, des Norvégiens qui étaient arrivés en demi-finale  à l' International Blues Challenge à Memphis.

    Lena et ses joyeux frangins, habiles à la slide,  se manifestent sur les  scènes blues depuis 2009, le groupe a pondu quatre albums, un cinquième ( Lighthouse Blues)  doit sortir le 22 mai.

     Lena Lindroos ( chant et basse) et son légitime, Matti Kettunen ( guitare et backings),  prennent place sur leur chaise respective.

    Lena se débrouille en français et quand ça coince, elle passe dans le jargon de Ian Dury, sans l'accent cockney. 

    Si ' You gotta move' est de la plume de  Mississippi Fred McDowell, c'est la version des Stones qui a mis le feu au UK.

    Lena  tire parti d'une voix faite pour chanter le blues, Matti, d' 'emblée,  fait impression en maniant la slide.

    Madame et Monsieur se complètent à merveille. 

    'Turn it on' est le morceau qui donne son titre à leur premier album,  ce midtempo remue sans faire chavirer l'embarcation, la slide glisse et frémit et la voix claire et puissante de la rousse Lena a réussi à éveiller Arsène qui sommeillait depuis 20 minutes.

    Excellente idée que cette reprise de 'Me and my chauffeur blues' de Memphis Minnie , une des grandes voix féminines du Pre War blues.

    Sous l'étiquette   Grit'n' Grace Combo , le duo vient d'enregistrer  ' House of the blues', un titre sentant bon l'americana et pour lequel Lena a amadoué son timbre profond.

    'Elevator man' a été composé par   Matti Kettunen, le groom étale toute sa virtuosité à la guitare, l'ascenseur grimpe tous les étages et vient narguer les nuages.

    Les enfants grandissent trop vite,  affirme Lena dans 'Children, children'  , un country blues esthétique, suivi par ' Papa come quick' ( Jody and Chico)  une composition allègre  de Billy Vera, Chip Taylor et Richard Hirsch que Bonnie Raitt  a ajoutée à son album 'Luck of the day' .

    En l'absence de drums, Lena rythme le titre  en frappant sa basse,  Matti, impassible depuis le début du set, brode en finesse.

    Un autre grand singer-songwriter est au programme car, dès que Matti aura retrouvé le steel slide, caché dans sa poche poitrine,    ils reprennent ' Crossing mudy waters' de John Hiatt.

    Une train song présente  forcément des relents country, il n'en va pas autrement pour '  Train to catch', aux jolies harmonies vocales.

    Un blanc de  deux secondes, please, on doit se mettre d'accord. 

    C'est ça la vie de couple!

    We'll play a new song, 'Right now', donc je change de gratte .

    Ruth Brown est une tombeuse, la preuve, elle le chante dans  le r'n'b ' Too many men'  qui même sans le piano et le sax  a enflammé tous les mâles de l'assistance.

    'Eyes on the prize' est une vieillerie gospel/blues  que Mavis Staples, Bruce Sprinsteen ou Joss Stone, e. a., ont un jour chanté.

    Après l'office on passe  au bar, ' Half day drinking, half day thinking', tout un programme qui peut déboucher sur une gueule de bois.

    La suivante est prévue pour leur nouvel album en duo,  il est question d'une Chevrolet ( pas celle de Janis) et d 'une possible séparation ... I will take the Chevrolet, I know you don't need it... et si tu me vois enfiler mes boots c'est que je compte mettre les bouts.

    Du coup la slide pleurniche.

    Lena se lève et descend du podium pour interpréter sans micro  le standard ' Nobody's fault but mine' , la salle l'accompagne aux fingersnaps, la guitare joue en sourdine.

    La voix monte en puissance lorsque Lena rejoint son compagnon pour terminer le gospel.

    Un tonnerre d'applaudissements ponctue le morceau.

    D'après madame, ' I'd rather drink muddy water' is a dance song, j'en connais qui préfère avaler un truc moins poisseux   et plus alcoolisé,  avant de tenter un jerk.

    Deux ex -go go girls ont réagi et  se dépensent en mesure  face à la scène.

    ' 2;19' de Tom Waits sent bon les swamps  et nous prouve que Lena et Matti ont, non seulement bon goût , mais aussi qu'ils peuvent tout jouer.

    Nouvelles négociations avant la suivante, le choix se porte sur  'Old dogs' un extrait canin du premier album  et pour terminer ce set de 90', ils optent pour 'Walkin' blues' de Robert Johnson, le type qui a inventé... I woke up this morning... sans réveil - matin.

    L'organisation ne doit pas insister des masses pour nous inciter à réclamer un bis, ce sera du Muddy Waters,  ' Long distance call',  les portables n'avaient pas encore été inventés.

     

    Erja Lyytinen n'est donc plus  la seule ambassadrice du blues in Finland,   Lena & The Slide Brothers grimpent à ses côtés sur le podium!

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

      

     

     

     

     

    samedi 16 mai 2026

    Festival Trieux Tonic Blues - Moodshapers - bar-restaurant Le Palm - Lézardrieux, le 15 mai 2026

     Festival Trieux Tonic Blues - Moodshapers - bar-restaurant Le Palm - Lézardrieux, le 15 mai 2026

    michel 

    Edition 18  du Trieux Tonic Blues, formule inchangée: deux soirées payantes et une série de concerts gratuits du côté de Lézardrieux.

    Si hier une météo exécrable avait malmené tes velléités de te rendre du côté de Binic pour la Morue en Fête, en ce vendredi de mai frileux, du point de vue température on notait à peine huit degrés, du moins le ciel ne déversait pas des hectolitres de pluie.

    Donc tu te diriges vers  le  bar-restaurant Le Palm, tout récemment ouvert au port de plaisance de Lézardrieux  , le Bar du Yacht avait fermé en janvier, l'établissement a été repris par une nouvelle équipe, dynamique, au vu de la soirée,  l'avenir s'annonce rose.

    D'ailleurs c'était la grande foule pour le premier concert organisé conjointement avec le  Festival Trieux Tonic Blues, au menu: Moodshapers!

    En principe le groupe de blues du centre Bretagne se compose de  Jean-Pierre Reichert : chant et guitares/ Fred Le Merdy :  basse et  Eddy Cousin : batterie.

    Ce dernier étant indisponible,  Alex Mirey ( guitare/voix) a été invité à les rejoindre ( un  fait qui a connu des précédents).

    Tu avais déjà croisé la route de brillant guitariste en 2024, il se produisait aux côtés de  Little Chris à La Cambuse de Kermouster.

    JP a fait partie de Maze Projekt et de  Men of Stone,  Fred a accompagné Karl Halby ou Karine Lacassagne et avec Alex, on le retrouvait au sein des Dusty Dogs.

    Leur credo: le blues, qu'il vienne de Chicago, des bayous, d'Irlande , ou du Texas, ce qui compte ce sont les twelve bars. 

    Jean-Pierre Reichert démarre à l'acoustique, on appréciera une très longue intro  qui amorce le Chicago blues, ' Wang dang doodle' , une compo de Willie Dixon , enregistrée par Howlin' Wolf en 1960.

    Howlin est un terme qui convient pour décrire le chant puissant d'Alex, J P fait glisser la slide sur son acoustique, l'électrique pique, la basse arrondit les angles, mais pas trop, le truc reste rugueux.

    Le trio soigne ses intros, ' My Babe' , toujours de Willie Dixon, a fait un tabac dans la version de Little Walter, pas d'harmonica en ce début de soirée mais un JP qui nous chante sa petite amie qui n'aime ni les tromperies, ni les escapades extra-conjugales.

    Deux gouttes de pluie mouillent les spectateurs, pas de panique, une fausse alerte.

    L'acoustique est rangée au profit d'une seconde guitare électrique et c'est  ' 'The Thrill is Gone', un cheval de bataille de B B King,  qui saille des guitares.

    Le frisson a disparu mais pas le rainbow qui transperce les nuages, pour le plus grand plaisir de la paire Jagger/Richards.

    Les solis tranchants  ont ravi les ferrés en blues, dont Léo et sa madame.

    'Going down slow' est vraiment slow,  Howlin' Wolf en a fait un standard de Chicago blues.

    Alors que les clients ingurgitent frites et brochettes de poulet, le trio nous avise que c'est l'heure du petit déjeuner, ' Breakfast time'  de Lightnin' Hopkins nous rappelle que le jeûne  n'est pas de mise  à 19h.

    Plus agitée sera la suivante,le boogie ' Two- fisted mama '  de Katie Webster.

    crac, crac, crac, d'étranges  craquements se font entendre, ce ne sont pas les intestins de Katie, ni les brochettes qui crament.

    Alex a décelé l'anomalie, un bricoleur vient soigner l'équipement, tout revient à la normale,   et c'est  le classique ' Every day I have the blues' qui déboule.

    JP et Alex alternent les soli pour le plus grand plaisir des puristes.

    'Worry, worry' de Buddy Guy  est le style de blues collant   qui arrache des larmes à l'alligator le plus insensible , on le répète, ce sont de fines gâchettes  sur le podium.

    ' No place to go' de Chester Burnett  s'entend sur le premier album  de Fleetwood Mac .

    Le British blues  boom s'annonce, aucun doute, les Moodshapers ont des lettres. 

    Après une intro agressive, on est nombreux à avoir  a reconnu ' Spoonful'  un hit monstrueux pour Cream. 

    Et toujours chez les anglais, il y avait un certain John Mayall, qui sur ' Blues from Laurel Canon'  a enregistré ' Medicine Man'.

    Tu jettes un oeil du côté d'Alex qui  d'une façon inhabituelle manie la manette vibrato,  il la coince entre le petit doigt et  l'annulaire.

    Bon, c'est l'heure, on termine par un morceau funky, histoire de faire monter la température, ' Big legged woman'  de Freddie King achève un  concert  qui a tenu toutes ses promesses.

     

     

     

     

     

     

     

     

    dimanche 10 mai 2026

    Velours Velours au Barbe à Plouha, le 8 mai 2026

     Velours Velours au Barbe à Plouha, le 8 mai 2026

    michel

    Fait lourd ce soir à Plouha, ça sent l'orage...

    Euh, nous sommes venus pour Velours Velours qui se produit au Barbe.

    Venu presque en droite ligne du Québec, Raphaël Pépin-Tanguay a peut- être entendu 'Petit Velours' d'Anne Sylvestre,  avant d'adopter un  nom de scène.

    T'étais tranquille, t'étais peinard. accoudé au comptoir, t'attendais l'heure, sans jambon -  beurre,  quand une jeune demoiselle se faufile parmi la foule nombreuse et gagne la scène, sur laquelle est installée une table d'écolier.

    Un avant-programme local,  non annoncé, en la personne d 'Agathe , qui sous l'oeil attentif et tendre de papa, maman, tonton, tata, les cousin(e)s et les copines va se lancer dans la difficile épreuve du premier concert.

     Petite montée d’adrénaline,  direction la chaise placée derrière le banc, j'agrippe le micro et je me lance sur fond de musique, formatée Chérie FM,  pré-fabriquée à l'aide de l'IA.

     'Ne me quitte pas des yeux'  est chanté d'un timbre saccadé ,  pas tout à fait assuré, mais déjà la future starlette adopte les réflexes adéquats, elle grimpe sur le siège, se déhanche, comme elle a vu faire les candidates de Star Academy et achève une tirade, follement applaudie par la clientèle.

    Test réussi, elle enfile d'autres titres :  'Des chiffres' , ' Honey' , 'Particule', ' A l'extérieur'  et  une dernière composition qui dit ..pas de place pour les regrets..  j'ai perdu la tête... qu'elle susurre allongée sur la table.

    C'était bien sympa,  mais t'as eu l'impression d'être entré par effraction dans la chambre d'une jeune fille, d' avoir assisté à un moment intime  sans y  avoir été invité.

    Donc, ce soir au Barbe, c'était l'école des fans, il est où ton papa, derrière le comptoir, et ta maman, elle le surveille et toi, Agathe, c'est quoi ton rêve: chanter au Stade de France avec Angèle comme avant -programme. 

    Merci et bonne chance!  

     Velours Velours
    Eléments de présentation: depuis 2020, Velours Velours, projet de Raphaël Pépin-Tanguay, s’impose comme un coup de cœur de la scène musicale québécoise grâce à sa pop décomplexée, oscillant entre accents rétro et fougue juvénile.

    Après un premier single velouté ( un sax suave) , ' Jeux d'enfants' en 2020, Raphaël pond un EP ' Fauve'  en 2022, suivi par un full album 'Quand je pleure, je suis content' en 2025.

    Désormais, il collectionne prix et louanges et depuis le 7 mai, avec sa bande,  il sillonne la France pour y  distiller sa pop décoincée.

    Ils sont quatre sur scène, mixité respectée,  c'est mieux pour ta liste électorale:  Raphaël Pépin-Tanguay : chant ,  guitares/  Erika Fogagnolo ( Bianca Rocha, Stéphanie Acquette...)  : basse, backings/  Davy Duquénoy ( Sympa César, Jack Layne, Matt Lazenby...)  : batterie, backings/  Florence Labelle ( membre de Fiction)  : violon, guitare acoustique, shakers, cowbell,  chant.

    L'acoustique de Florence, aux sonorités de grelots, amorce ' L'intro'  , un morceau   indie pop concis, ( il s'agit du préambule) , il est  chanté à quatre voix et  sert de mise en bouche.

    Les arrangements méticuleux ( quelle basse!) et la voix d'ange du nounours transforment la ballade au titre surréaliste,   ' Corde à linge',   en confiserie doucereuse qui fond dans la bouche.

     T'y as goûté, tu  vides tout le sachet et tant pis pour l'excès de glycémie.

    C'est notre second show en pays breton nous informe  Raf,  qui par la même occasion  signale que tout leur répertoire  passera la revue.

    L'uptempo lunatique ' Tête en l'air'  est chanté avec nonchalance, après cette bouffée ventilée vient 'Je sais' , démarré en solitaire à la guitare électrique, les cymbales sont frôlées, un violon surgit et la plage , délicate, passe, sans heurts,  à une vitesse, autorisée, de 45 km/heure.

    'Quand je pleure, je suis content', toujours en midtempo, dégage un agréable sentiment de mélancolie.

    T'as envie de suggérer certains noms,   Robert Charlebois pour la lueur québecoise ou M pour les accents rétro.

    Les harmonies vocales subtiles ont ravi Cécile, sagement assise sur un tabouret près du comptoir.

    Davy actionne une boîte à rythmes pour amorcer 'La fin', Raphaël a piqué l'acoustique de Flo,  la plage  contemplative, en clair-obscur, chemine indolemment sur un tempo de valse latino.

    Une guitare sèche, aux accents hispaniques, emmanche ' Parc des compagnons' , le titre le plus lent et émouvant du set , chanté d'un timbre caressant.

    Des vocalises éthérées et un violon plaintif  ornementent la  fin de ce superbe  morceau.

    Avec ' Les fauves',  introduit à la basse , on revient en 2022, pas question de carnassiers sanguinaires, le ton est à la douceur  , aux formes simplifiées et aux teintes  pastel, chères à Ludovic-Rodo Pissarro.

    Un violon somptueux conduit la plage vers un final pudique.

    Virage country rock pour suivre,  ' Tournesol' n'évoque pas Vincent Van Gogh,  mais plutôt des gens tels que Poco, Dan Fogelberg  ou  Jessica Pruneau,  qui n'est pas originaire d'Agen 

    Raphaël enjolive le titre d'un sifflement harmonieux tandis que le violon de la petite Florence  évoque Scarlet Rivera,  qui avait fait merveille  sur ' Hurricane' de Bob Dylan.

    Après l'interlude country and western vient l'  ode à la paresse ' Resté coucher'. 

    Un roulement de tambour annonce ' Jeux d'enfants' , pas de... je te casse la gueule à la récré... mais  un morceau jovial,  fredonné à quatre.

    Les voix féminines  entament  la ballade 'Je t'aime'  , délicieusement canadienne quand Raphaël, qui a embrayé, murmure... dis moi pas que que tu m'aimes.

    Le titre vire dancetrack lors d'un second mouvement catchy et radieusement  allègre .  

    On ne s'ennuie pas avec Velours Velours qui hante le groove sur l'haletant  'Toujours',  avant de terminer le set en tourbillon grâce à ' Yeah'.

    Le Barbe est  chaud et nullement lassé, un bis s'impose.

    Ce sera ' L'énorme chien très gentil'  , un blues canin qui peut évoquer Paul Personne ou Daran.

    Voilà, c'est l'heure de la promenade nocturne du  Terre-Neuve!

      Mercredi, Le Barbe prévoit une soirée chants de marins avec Bord'All.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


     

    vendredi 8 mai 2026

    Graceland Way by Mikaela Davis

      Graceland Way by Mikaela Davis 

    Kill Rock Stars 

    singer-songwriter/country

    michel 

    Mikaela Davis  naît en 1992 à Rochester dans l'Etat de New-York. 

    Elle entame une formation classique à l'âge de huit ans en jetant son dévolu sur la harpe ( comme Joanna Newsom) . 

    En 2011/2012, elle se fait les dents en reprenant des gens tels que Ray Davies, Cass McCombs, Sufjan Stevens ou Elliott Smith, sur un enregistrement ( From the archives) que tu peux ouïr sur bandcamp.

    Un premier album auto-produit sort en 2012,   'Fortunate Teller suit en 2014,  elle signe un contrat avec la firme de disque  Rounder  Records  qui sort l'album ' Delivery' sur lequel on entend The Staves, la pub dit: A joyride that pulls from folk rock, 70s and 80s pop experimentation, and muscly funk, Delivery manages to be both daring and comfortable. 

    Le nouvel effort discographique en 2023, ' And Southern Star'  sur le label Kill Rock Stars,  confirme le talent de la demoiselle,  qui a tourné , e a,  aux côtés  de Bon Iver, Lake Street Dive ou Bob Weir.

    Avril 2026, le numéro 5 ,    Graceland Way, est dans les bacs.

    tracks

     1. (Looking Through) Rose Colored Glasses
    2. Nothin’s On The Radio
    3. 11:11
    4. Wild Flower
    5. Mizmoon

    6. Starlite Tonite
    7. Junk Love
    8. The Wrong Way
    9. Spring Petals In The Snow
    10. (That’s Not) Who I Wanna Be

    Selon les titres, Mikaela (  vocals, keyboards , harp , synthesizer , percussion , omnichord , piano) est entourée d'une fameuse équipe  : Austin Beede ou Josh Adams ( drums) / Kurt G. Johnson ( guitar, pedal steel)/ Andres Renteria ( percussions) / Neal Francis ( organ)/ Shane McCarthy ( bass)/ Hannah Read ( violin) / Frank LoCrasto( keys/synths)/ James Felice  ( accordion)/ Clay Finch, Tim Heidecker, Madison Cunningham,  Karly Hartzman, ( vocals).

    Production: Mikaela,  Dan Horne ( qui joue de la basse, ajoute des percus et des backing vocals) , John Lee Shannon qui joue de la guitare et assure des backings..

    Photo de pochette: Bobbi Rich ( known as mamahotdog), photographer and  creative director   qui a transformé Mikaela en cowgirl, coiffée d'un Stetson blanc et fringuée d'une veste de la même couleur immaculée, décorée de coeurs rouge vif, elle tient un bouquet de roses rouges dans la main droite, la gauche maintenant son couvre-chef..

    A propose de l'intitulé de l'album, oui, il fait référence à Elvis et à Paul Simon. 

     '(Looking Through) Rose Colored Glasses', le country rock démarre à la manière d'un morceau de Tom Petty ,  les teintes country sont apportées par la pedal steel de Kurt G. Johnson et les harmonies vocales de Clay Finch, de  Madison Cunningham ( qui a enregistré un album avec Andrew Bird) et de Tim Heidecker.

    La harpe et les vocaux nacrés  de Mikaela , les guitares, proches des sonorités de groupes tels que les Byrds ou les Flying Burrito Brothers  accommodent  la plage en rootsy rock/americana de haute tenue. 

    On nage dans les mêmes eaux avec la suivante  “Nothin’s on the Radio,”, un titre que certains verraient bien au répertoire de Sheryl Crow.

    Ici un rôle prépondérant est confié à l'orgue bluesy de Neal Francis,  les guitares de John Lee Shannon , bravaches,  ne sont pas en reste.

     Elle affirme que on n'entend plus que de la merde sur les stations de radio, son ' Nothin's on the radio'   est là pour nous remonter le moral. 

    Si '11:11'  est entamé par les guitares acid folk  de Kurt G. Johnson et John Lee Shannon, très vite la harpe déverse  une cascade de notes cristallines, puis vient la voix rayonnante  de Mikaela qui se charge également des nappes de synthé  et de clavier.

    Le propos, mystique, sonne comme  un rêve éveillé, l'univers du Grateful Dead n'est pas éloigné.

    L'aérien ' Wild Flower' est à écouter allongé sur le gazon, en mâchonnant un brin d'herbe, tout en contemplant les fleurs des champs caressées par une gentille brise  d'été.

    ' Mizmoon', un morceau inédit de Cass McCombs, inspiré par Patricia Soltysik, alias « Mizmoon », membre du groupe révolutionnaire  l'armée de libération symbionaise, responsable, e a, de l'enlèvement de Patricia Hearst,   joue la carte dark folk .

    Amorcée par des cordes  austères et des percussions en forme de rattlesnake,  la plage, hantée,  se traîne tandis que d'un timbre dramatique Miss Davis susurre son histoire.

    La harpe, puis le violon augmentent le côté sombre de la ballade, que Mikaela termine en vocalises sur une instrumentation plus imposante pour exploser  en  final chaotique.

     “Starlite Tonite,” expose une facette à la fois  plus poppy et psychédélique  de Mikaela Davis, la plage s'achève sur de déroutantes  turbulences 'Space Oddity' qui expliquent  le choix du titre stellaire. 

    On avait déjà pointé les similitudes vocales et orchestrales entre Mikaela et Sheryl Crow, c'est limpide  sur 'Junk Love', titre sur lequel elle a invité Karly Hartzman   du groupe Wednesday  a poussé la chansonnette avec elle.

    Harpe et omnichord s'ébattent sur fond classic roots  rock sémillant qui ne souillera pas les oreilles accoutumées aux productions d' Aimée Mann, Stevie Nicks, Heather Nova ou Martha Wainwright.

    L'intro de 'The Wrong Way' évoque 'One of Us' de Joan Osborne avant de partir en country/Southern rock, ce  titre  aurait pu se retrouver au répertoire d' Alabama Shakes.

    Enorme boulot de  Frank LoCrasto aux claviers et des guitaristes John Lee Shannon et Kurt G.Johnson.

    Un piano (  parfois dissonant) , un accordéon (  James Felice,  des Felice Brothers) et une voix,  that's it, la ballade  minimaliste 'Spring Petals In The Snow'  présente un caractère désuet  et romantique, pas fort éloigné des romances d'un Gilbert O'Sullivan.

    On termine par la valse  “(That’s Not) Who I Wanna Be”,  portée par le violon de Hannah Read .

    Mikaela nous livre  ses  impressions sur le monde moderne, les politiciens et ses craintes pour le futur!

     

    Sur sa page facebook, Mikaela annonce:  Looking forward to taking these songs on the road... fort bien, mais si tu tiens à la voir sur scène, faudra te taper les States, l'Europe n'est pas au programme! 

     



     

     

    mercredi 6 mai 2026

    Jazz ô Château - Shai Maestro - Château de de Pommorio,Tréveneuc, le 2 mai 2026

     Jazz ô Château - Shai Maestro - Château de de Pommorio,Tréveneuc, le 2 mai 2026

    michel

     

    Comme la veille, un écriteau COMPLET orne la porte d'entrée du chapiteau.

    Tout à fait normal car   le festival accueille une étoile, the icing on the cake a pour nom Shai Maestro, une figure saillante du jazz contemporain.

    Repéré à 18 ans  par Avishai Cohen , il suit le contrebassiste pour s'établir à New-York et participer à quatre albums de la star israélienne.

    En 2010,  Shai forme  son propre trio et enregistre sous son nom, huit  albums voient le jour,  le dernier ' The Guesthouse ' est tout récent.

    Depuis le 17 avril, le pianiste est en tournée européenne pour présenter son dernier ouvrage,  l’association « Quand le jazz est là » a réussi l'impossible, faire venir le trio à Tréveneuc.

    Pour seconder le pianiste phare de la nouvelle génération, deux autres virtuoses prennent place sous les acclamations d'un public, déjà chaud: l'Italien  Matteo Bortone à la contrebasse ( 5 albums en tant que leader ) et Amir Bresler, de Tel-Aviv mais basé à Berlin, à la batterie ( Avishai Cohen, Mark Turner, Kirk Lightsay, Olivia Trummer,, Omer Klein ....).

    Shai introduit son groupe in English and  in French, une langue  dont il maîtrise quelques bribes, comme lorsque tu l'as croisé à la Passerelle en 2018. 

    We'll begin with 'Lifeline' , un extrait de l'album 'The Dream Thief' de 2018. 

    Shai débute en solitaire, Matteo et Amir l'écoutent paupières closes , le jeu épuré, aéré  et fluide  témoigne de son bagage classique.

    Au bout d'une moment, une cymbale est délicatement effleurée, puis une seconde,  Amir se ravise et remise ses baguettes, Shai poursuit son travail, en ostinato  à la Debussy, en solitaire .

    La contrebasse réagit enfin, le batteur la suit, c'est parti, la plage, introspective,  prend de l'ampleur, elle  permet à    l'auditeur d'enfanter ses propres images sur l'écran cérébral.

    'The time bender' qui ouvre le nouvel album ' The Guesthouse'  démarre comme une comédie musicale frivole, les mains nues d'  Amir frottent ses cymbales , d'un signe Shai indique à Matteo qu'il peut intervenir, la plage passe du serein à un tempo plus torrentueux.

    Tout à son jeu, le pianiste ponctue ses arabesques de petits cris, assagi, il laisse le batteur s'ébattre avec brio et lorsque le trio reprend le thème initial, afin d'achever la mélodie, le public, subjugué, applaudit à tout rompre.

    'Refuge', aux structures harmoniques complexes, s'entend sur le même disque.

    C'est la contrebasse, d'un jeu millimétré, qui amorce la plage, les cordes sont ensuite frappées sans hargne, un sifflement est perçu, Shai vient chatouiller les entrailles du piano, les cymbales frémissent, le pianiste,  en embuscade, frôle à peine ses touches, avant d'aborder un virage énergique pendant lequel une cascade de notes déferle.

    En vue du terme, le  ton lyrique est abandonné pour faire place à un caractère plus dansant, les mimiques expressives du pianiste nous prouvent qu'il vit pleinement son jeu.

    Tandis que le public bat des mains, Amir attaque déjà ' The Dream Thief'  , une plage qui dépasse allègrement les douze minutes et qui passe par différents  climats, la complicité entre les trois musiciens est exemplaire, ils se complètent, s'écoutent en  éclatant  de rires, .

    Shai se tortille sur son tabouret, distille des notes semblables aux pointes d'une danseuse  de ballet,  tel un chef d'orchestre, sans baguette,  il indique à Amir et Matteo ce qu'il attend d'eux,   ces derniers impriment une cadence folle, la marmite bout , on risque l'explosion et puis , comme par  magie,  le calme revient et  tu t'éveilles, le rêve est terminé.

    Sur l'album 'The Guesthouse', le titre ' Gloria' est chanté par Maro , elle n'est malheureusement pas présente à Tréveneuc, ce qui n'a pas nuit à la qualité intrinsèque de  cette  sonate majestueuse, permettant la mise en évidence du doigté exceptionnel de Matteo Bortone.

    Personne ne s'en était rendu compte, tout avait défilé à une vitesse incroyable, mais nous étions arrivés au terme du concert.

    Les musiciens se lèvent, saluent un  public debout , applaudissements et cris enthousiastes  fusent de partout.

    En guise de rappel,  le magicien propose ' Mystery and illusions'  , une sarabande mêlant improvisations étourdissantes à la Keith Jarrett,   rythmes fiévreux, impromptus flexibles   et, enfin , une furia finale, avant laquelle tu vois Shai, peut-être victime de crampes, secouer une de ses mains.

     

    "Maestro"   désigne une personne qui est arrivée au niveau le plus élevé de son art ...

    Cette  définition  colle  parfaitement à Shai Maestro!