mardi 7 avril 2026

Avery Anna - EP - forgive, forget.


 Avery Anna  - EP -  forgive, forget.

michel

 Warner Music Nashville

country/ acoustic pop 

Avery Anna, 22 ans à peine, mais déjà un tube viral ' Narcissist'  paru en 2021, suivi en 2024 par un second smash hit 'Indigo' qu'elle chante en duo avec Sam Barber  et qui s'entend sur 'Restless Mind' le debut album du prodige du Missouri.

Pour  Avery Anna Rhoton ( born in Arizona) tout commence à l'église où elle chante pour faire plaisir à sa mère,  elle apprend à jouer de la guitare, s'abime les doigts en reprenant du Johnny Cash, Merle Haggard, Patsy Cline  ou Willie Nelson  sous l'influence de son grandpa.

Tout naturellement elle décide d'écrire ses propres chansons et de les placer sur Tik Tok, un réseau sur lequel elle fait le buzz en reprenant 'Say Something ' de Christine Aguilera, qu'elle chante ( habillée) dans sa baignoire.

Amazing vocals, est le commentaire qui revient le plus souvent! 

Elle est repérée par un talent manager qui lui propose un contrat et lui écrit ( aidé par Andy Sheridan et  Ben Williams) le fameux ' Narcissist' basé sur des écrits du journal intime  de la jeune fille .

Bingo, disque de platine, pas mal pour une gamine de 17 ans.

La suite: ' Mood Swings' un EP en 2022, et deux albums ' Breakup over breakfast' et  'Let go letters '.

Les critiques sont élogieuses:  Avery Anna is  taking the country music scene by storm.

Mars 2026, déjà un nouveau disque, l'EP 'forgive, forget'. 

 forgive, forget. Track Listing:
1. “Fear In God (feat. Sam Barber)” (Avery Anna, Sam Barber)
2. “Man Downstairs” (Avery Anna, Michael Tyler, David Fanning and Andy Sheridan)
3. “lonestar alone” (Avery Anna, Ben Williams, Emily Falvey, Sam Bergeson)
4. “Life Ain’t Like The Radio” (Avery Anna, David Fanning, Andy Sheridan, Ashley Gorley)
5. “Blood Runs Thicker” (Avery Anna, David Fanning, Andy Sheridan)
6. “forgive, forget.” (Avery Anna)

Sont mentionnés selon les titres: - Vocals, Piano- Avery Anna /    Drums: Aksel Coe /  Keyboards: Alex Wright / Drums: Evan Hutchings / Steel Guitar: Johnny Fung /  Electric Guitar -  Kris Donegan / Bass: Mark Hill / Acoustic Guitar: Sam Hunter  / Nathan Keeterle: Electric  Guitar / Cello: Becca Bradley and Lauren Conklin

La photo de pochette nous montre Avery Anna, paraissant intimidée ou rêveuse ,  coiffée d'un bandana rouge, avec à l'arrière plan un paysage désertique où s'élèvent des saguaros géants. 

'Fear in God', ça avait marché du tonnerre avec 'Indigo', elle remet ça, un duo avec   Sam Barber.

La guitare de  Kris Donegan résonne comme dans une caverne, Sam Barber d'une voix nonchalante et introspective entame la partie chantée, orgue, drums, steel guitar rappliquent, Dieu écoute attentivement, puis vient le chant à la Stevie Nicks d'Anna, Sam la rejoint pour des vocaux  en harmonie , la tension monte d'un cran  afin de faire passer le message, Kris y va d'un solo insolent avant l'outro et le message biblique: the fear in God will be your saving grace!

A typical male- female country duet, dans la lignée  Waylon Jennings and Jessi Colter, Johnnie Cash and June Carter!

'Man Downstairs' a été écrit  en se basant sur une expérience personnelle, elle a connu des échecs amoureux, elle s'est laissée marcher dessus, elle a pardonné, elle est plus forte désormais et le fait savoir.

La voix est  fragile, l'instrumentation  country rock,  avec cette fois Nathan Keeterle à la  scratchy guitar, souligne la profondeur des lyrics , on la sent passer de la vulnérabilité à la colère. 

Elle est libérée. 

Elle enchaîne sur la ballade ' lonestar alone', qui débute par une intro fluide à la guitare électrique suivie d'un jeu en fingerpicking de  Sam Hunter. Quelques pincées  de steel guitar, un drumming, une basse et des claviers  sobres ornent  la plage sur laquelle  Anna se languit, comme d'autres female singers avant elle ( Taylor Swift,  Trisha Yearwood).

‘Life Ain’t Like the Radio,'  en mode midtempo country pop  larmoyant, dépeint la vie d'une jeune fille dans une petite ville de l'Arizona... You don't find love where they pour your whiskey, hometown teams don't always win,... quand il m'a embrassé je n'ai rien ressenti.

Le passage à l'âge adulte n'est pas toujours évident   

Un accompagnement sonore conventionnel et un chant quelque peu téléphoné  ne vont pas placer ce titre, catchy, on en convient,  dans la catégorie à écouter en priorité, 

Bien plus intéressant  sera le Southern rock   ‘Blood Runs Thicker' .

Les  riffs twangy et incisifs, une section rythmique explosive et  un chant agressif  révèlent une autre facette du talent de la demoiselle, qui peut donc se rapprocher d'une Beth Hart ou Bonnie Raitt.

Pour achever l'essai, Avery Anna propose ' “forgive, forget.” une piano ballad sensible et épurée, sur laquelle  seule une guitare  acoustique et un duo de violoncelles servent de toile de fond, mettant en valeur  le  chant de la blonde demoiselle.

 Les backing vocals éthérés ajoutent une touche contemplative à cette plage cinématographique.

Avery Anna est en tournée aux States, pour l'instant, aucune date n'est prévue en Europe pour ce    Girl Of Constant Sorrow Tour. 

  


 

 

 


 

lundi 6 avril 2026

Damazur à La Fabrique à Paroles à Paimpol , le 4 avril 2026

 Damazur à La Fabrique à Paroles à Paimpol , le 4 avril 2026

michel 

Il y avait, e a, Sunny Inside, Moundrag, SiiAn , Johnny Go, Personyk et autres avatars de Yan Rospabé, Elsa Carolan ( OK, elle est de Ploubaz...), et désormais Paimpol compte  un nouveau fleuron: Damazur.

La jeune formation a décidé de présenter son premier EP dans ses terres, c'est  La Fabrique à Paroles qui les accueille, comme en 2025 lors du Festival BAM.

Paimpolais et Paimpolaises ont répondu présents  en masse, pour assister au show de  Marion Moureau - Chant / Quentin Leven - Basse, boîte à rythmes, chant / Pierre-Emmanuel Denis - Guitare.

Marion , un petit air Cotillard, a plusieurs cordes à son arbalète:  comédienne, chanteuse, musicienne et danseuse, elle co-écrit les textes sur une musique peaufinée par Quentin, un beatmaker  aimant KLF, l'acid house , le glitch , le post industrial et Doll by Doll de son homonyme Jackie Leven, quant à  Pierre- Emmanuel, un des instigateurs de Paimpol in Rock, il compte les sous du festival mentionné  quand il ne gratte pas sa guitare.  

On case le public, et on attend le retour de Pierre-Emmanuel, petite vessie,  parti se soulager. La setlist annonce 'intro' , d'une voix fluide,  on a lu  "à la tessiture mezzo-soprano," ce qui n'a aucun rapport avec une nouvelle pizza sur la carte des Cocottines,  Marion  serine ... un vent d'ivresse nous soulève..., Quentin a actionné la machine, une bande dream/synth pop sert de bruit de fond sur lequel se greffe sa basse groovy et les riffs de guitare pertinents de Pierre-Emmanuel.

La suivante ' Felix Vitae' ( ? , bizarre ce titre en sachant que si tu ajoutes Ltd, tu as une agence qui se charge des transferts de joueurs de foot),  est construite sur un scénario identique. 

Les bandes libèrent une texture synthétique mélodieuse, basse et guitare s'impliquent, puis vient le chant au propos écologique  ...libérons les terres, protégeons les des prédations... du coup Sandrine a décidé de troquer le Finistère pour les Côtes-d'Armor pour son prochain barbecue vegan, si tu tiens à être invité, sois déconstruit!

Le tempo est soutenu, le message passe!

Toujours en formule propos engagé, ' Chiffonnières  ', interpelle , les vocalises éthérées édulcorent le propos sans le ternir.

Du bon boulot.

' Amor Humanitatis', tu n'as pas suivi des cours de cachoube, on traduit pour toi: 'L'amour de l'humanité'.

Si tu es fan de Chvrches, Austra, The XX, Hydrogen Sea, MS MR, tu risques de craquer!

Le texte est à la fois poétique  (une cohorte de libellules) et humain ( le vent caresse mes paupières),  musicalement trip hop et synth wave se marient à merveille , le rythme est indolent, ta voisine, paupières closes,  tangue, la basse ronde  et une guitare qui brode soutiennent le chant limpide et aguichant de la petite Marion.

Petit à petit le ton monte, la voix brûle alors que le computer distille des sonorités caoutchouteuses .

Un hit en puissance!

Après une amorce grésillante vient ' Le giron du son' , une nouvelle plage  enivrante, pleine de bulles et d'effets élastomériques.

Tu n'as qu'une envie, c'est de te trémousser sur ces groovy  synthetic dance vibes.

Un second tube potentiel qui peut renvoyer vers  Elli Medeiros, les Rita Mitsouko  ou Niagara, mais   avec une touche 21è siècle.

On ne relâche pas la pression, voici ' Allure rétro' posé sur des beats énervés, une basse  lourde et des riffs incisifs.

Tu dis, Julie? 

Bandit, Bandit, ah, oui, même mouvance! 

Avec ' La Meute' on a droit à un titre des débuts qui secoue salement.

Les chiens se déhanchent, le cerf n'a rien à craindre!

Après un démarrage en fuzz, Marion nous chante' Abat-Jour' qui au bout d'un moment vire slam... nos aïeux toute leur vie en quête d'amour... et nous, dans quel monde vivons-nous, on se débarrasse  des migrants, la police  les embarque pour un oui ou un non... ce texte abrasif frappe où ça fait mal!

Faut  apprendre à enlever  les œillères et à ouvrir les yeux!

Sur ' Hors Norme'  Marion hante à nouveau le slam , basse et guitare adoptant un mode funk et puis, on arrive au titre qui doit clore le set, le catchy et chaloupé ' Tekos sur Mer' nous emmène du côté de Mykonos pour profiter du soleil , du sable et des flots bleus.

Damazur vient de nous  proposer  son 'Marin' Bar' ou son 'Macumba' , dommage t'avais pas emporté ton bikini!

Le  public réactif   et séduit en redemande, il sera comblé car Damazur lui offre une seconde version de 'Giron du son' .

Damazur n'est pas une petite bicoque misérable et vétuste  mais un futur  palais resplendissant!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

samedi 4 avril 2026

Josh & the Dirty Rags au Barbe à Plouha, le 3 avril 2026

 Josh & the Dirty Rags au Barbe à Plouha, le 3 avril 2026

michel

 "Rag doll, little, rag doll", ça c'était Frankie Valli and the Four Seasons, la fille était jolie mais fringuée de chiffons,  pas forcément dirty, mais une cendrillon tout de même.

Les guenilles ont inspiré pas mal de groupes, The Band ( rag mama rag) , Elvis avait rêvé de devenir Crésus ( rags to riches),   my grandma used  worn out holey underwear as cleaning rags, ah oui, The Dillards ont  repris l'idée ( "Tearin' Up Your Old Clothes for Rags").

OK, mais Josh de Montréal  s'appelle vraiment Rags , aussi quand il décide de monter un groupe il le baptise tout naturellement  Josh & the Dirty Rags,  ce qui n'enlève rien à l' hygiène de ses comparses.

La tournée européenne des nomades  québécois a débuté  le 19 mars en Suisse, est passée par les Alpes françaises, le sud de l'hexagone, le Cessonnais,  la Belgique, Paris, pour revenir en Bretagne,  avant le pays basque espagnol.

On l'avait lu, la formation est flexible, selon l'agenda de chacun, ce soir, ils étaient trois, plus un homme à tout faire, ramassé sur la route.

Au banjo,  bass drum, qui sert de siège bancal , et vocaux puissants: Josh Rags, sa compagne, Sophie Rags, tatouée de la tête au pied ( on n'a pas vérifié à fond) à l'accordéon, au washboard bricolé ( sonnette de trottinette pas électrique et cymbalette) et backings, et Sébastien Fournier à la basse .

Le roadie, musicien occasionnel, marchand ambulant, approvisionneur de boissons alcoolisées, danseur presque sobre, se nomme Kove. 

20:30', deux barbus et lady rose tattoo se pointent, la lady ( pas la copine de Vivien Savage)  prend soin de ses compagnons, fait frisquet en Bretagne, m'en vais nouer un foulard rouge autour de votre cou fragile et je fais de même.

Un, deux, trois, quatre ( in French pour ne  pas confondre avec les Ramones),  le banjo et la basse à l'unisson entament ' Grow old' , Sophie ratisse large sur sa planche,  Josh ( qui a emprunté un galurin à Charlie Chaplin) d'un timbre rugueux et caverneux ( il ne doit pas boire que de la limonade, te souffle Jade) , nous narre l'histoire d'un gars qui a vieilli, sur un mix d' outlaw country/  bluegrass/ folk alternatif et un brin de gothic americana.

T'as senti comme des effluves de Tom Waits, des Pine Box Boys et aussi des relents de   Reverend Peyton's Big Damn Band ( 'Washboard' Breezy Peyton et Sophie Rags fréquentent le même salon de coiffure et la même blanchisserie).

Une fameuse galopade succède à une fausse fin, puis ils enchaînent sur 'The Vault' , la sinistre histoire d'un flambeur, quitté par femme et enfants, qui se trouve dans la merde.

'Rag & bone' sous forme de singalong jazzy  présente un fond klezmer, le banjo caracole à l'aise, la basse tient le cap, Sophie assure les backings tout en essorant le petit linge.

La Bretagne est une terre de corsaires, pirates et flibustiers, on a pensé à vous et on propose deux chansons de pirates:  ' Billy be bold'  ( non, Billy n'est pas chauve), un  morceau  qui peut évoquer certains titres de Simon Scardanelli, puis on quitte Billy  le trousseur de jupons, pour visiter 'The Smuggler' s cavern' , en profitant de l'absence d'Ali Baba.

Un swing sauvage pour foutre le bordel dans la grotte, ça remue ferme à tes côtés, Ginette ( 59 printemps) , notamment, a retrouvé ses guibolles  de gamine  et se démène comme une gitane sans filtre.

Le propos de 'Farewell Honey'  est moins drôle,  les violences conjugales existent de l'autre côté de l'Atlantique aussi  et même si des ricanements gras accompagnent le chant en harmonie, le titre interpelle.

Après ce remue-ménage, il nous faut du rhum.

Shot, shot, shot, trois shots arrivés par bateau aboutissent sur scène   ils sont vite engloutis, cul sec!

Le Barbe, êtes-vous ready pour une line-dance?

Faut jamais demander ça à un Breton, la danse il l'a dans les veines.

Voici ' Caroline', une frangine à MC Solaar, Kove, la meneuse de revue, donne le signal, Ginette embraye et entraîne Bénédicte dans son sillage, piquée au vif,  Régine, coincée sur un tabouret, en voyant Sophie se joindre aux ballerines, se dit, je peux danser la gigue même avec une béquille.

Lève-toi et danse, a dit Jésus!

En rejoignant ses copains, Sophie renverse le demi qui  dormait près du micro, marde ( = caca) a -t-elle proféré.

Yeehah, au galop, Messala, voici 'Rambling man', pas celui des Allman Brothers, car Josh compose tout lui-même.

Kove, rejoins-nous, je te refile la machine à laver, vais jouer de l'accordéon!

Si vous êtes sages il vous interprétera un rigodon, plus tard.

Là on vous joue ' Sing along' au refrain joyeux...Oh, no, I don't want to die alone... plus Tom Waits que nature!

Une suite magique succède à l'enterrement, ' Hell's gate 1 & 2', une valse tzigane,  chantée d'un timbre trafiqué.

La sonnette d'alarme est tirée par Sophie, car Kove n'a que deux mains.

Après un ultime virage kazatchok, la dernière tirade est annoncée ' Top of the world', un petit rhum avant de s'y atteler.

Du haut de l'Everest, le monde est beau.

Ambiance carnaval à Pâques au Barbe,  un bis s'impose!

'Old man' , ce n'est pas le vieillard de Neil Young, mais l'atmosphère est la même, une belle chanson!

Et comme point d'orgue , un mash-up improbable, '  Seven Nation Army' / Pump up the jam' ( Technotronic).

Make my day, il a dit, la formule est parfaite!

Quoi?

Le rigodon, ah, oui, attaque, Kove! 

...S ′il s'en revient d'l′étable c ′est pour manger d'la marde...

Quoi, tu ne connais pas  Ti-Jo Monfarlo, quelle lacune dans ta culture!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

vendredi 3 avril 2026

Jazz ô Château dévoile son programme 2026 lors d'une conférence de presse au Kasino de Saint-Quay-Portrieux

 Jazz ô Château dévoile son programme 2026 lors d'une conférence de presse au Kasino de Saint-Quay-Portrieux

L' édition 11  du plus petit des grands festivals se déroulera du 11 avril au 3 mai 2026.

Pour ne pas déroger aux bonnes habitudes,  l’association « Quand le jazz est là » a prévu des concerts gratuits et payants, des expositions, des films, des stages, des conférences et des ateliers, un master class chant et une scène ouverte.

Si officiellement le festival débute le 25 avril, en préambule, le samedi 11,  le DJ Julien Tiné passera des pépites jazz méconnues au Bazaar Hall  à Saint-Brieuc, son set sera suivi d'un concert du duo Léa Rico. ( c'est gratuit).

Le 25, du jazz celte avec  'Ndiaz à l'Escale à Tréveneuc et dans l'après-midi, à Saint-Quay, une conférence de Gildas Etevenard," Jazz et musiques afro-cubaines, histoire d’un profond métissage".

Le 26: à 15:00, Sofly à La Chapelle Ste-Anne de Saint-Quay ( gratuit)

à 18h, au Bistrot de La Marine:  JazÔroz ( gratuit).

Le 27 et 28 avril: au cinéma Arletty, un  documentaire mêlant jazz/politique et  un film d'animation.

Le 29 au Casino:  Dominique Carré ( free of charge).

Le 30 au Centre des Congrès, le bal swing avec  Kannibal Swing.

Le 1 mai au Château de Pommorio , en apéro au jardin: Swing de Ouf!

En soirée:   mohs et Robinson Khoury (trombone, synthé, voix) et son projet MŸA,

Le 2 mai toujours à Pommorio,  apéro au jardin avec Tino Swing.

Et puis la tête d'affiche:Shai Maestro et son trio.

Le 3 à 11 30 place du Bourg à Tréveneuc:   Mesket ( gratuit)

à 14 30 une scène ouverte à Pommorio. 

 

 

Infos réservations

Billetterie en ligne sur le site internet du festival : jazzochateau.fr
à l'Office de Tourisme de Saint-Quay-Portrieux : 02 96 70 40 64

 

 

mercredi 1 avril 2026

Bonjour Minuit - Présentation du deuxième trimestre de programmation

 Bonjour Minuit - Présentation du deuxième trimestre de programmation

Premier point, la date de l'Assemblée Générale: le 30 mai!

Le second point concerne Re-Bonjour  qui sera reformaté et parfois délocalisé, les détails suivront, mais on peut déjà annoncer un premier événement le 26 juin à la Piscine Aquabaie de Saint-Brieuc: Akutuk Origins pour une expérience inédite.

 

La programmation:

En avril

le 2 Session Live Radio Activ avec Gender Fuckers

le 4: du reggae/dub avec  Hollie Cook et Yoann Minkoff, en duo avec Bahia El Bacha

le 8 - une création jeune public !!!! à 10h,  Alf & Orel , un concert illustré

le 9 une production extérieure: proposée par l'association MON P'TIT LOUP 

le 11 de la danse, Ad Libitum dans le cadre du festival Splatch ( en collaboration avec La Passerelle)

le 18: on fête les 30 ans de Mass Prod, du punk à tous les étages!

le 22: glou, glou, l'apéro des musiciennes et techniciennes 

le 24 sortie de résidence du Grrrl Camp 

le 26 à 18h: Camilla Sparksss  et  Güner Künier 

le 30 production extérieure - Out of Control 2 

Mai

le 2 du rap -  TH et Azzou

le 7 Radio Activ' propose Emezi

le 13 du punk Mickle Muckle et Carnage Piknik 

Juin

le 4 Radio Activ accueille  Klara Ninn

le 5  La Maison Tellier et Louïse Papier

le 10 de l'electro avec  Rue Liddy

le 12 dans la cathédrale rénovée de Saint- Brieuc, Kali Malone. 

 

Résidences:

L'Attrapeur - Pommade- le Grrrl Camp - Yelle et Rue Liddy.

 

Et comme toujours des actions culturelles dans différents établissements scolaires ou à la maison d'arrêt. 

 

 

 

 


 

lundi 30 mars 2026

La Meute au Chaland Qui Passe à Binic, le 29 mars 2026

 La Meute au Chaland Qui Passe à Binic, le 29 mars 2026

michel

 La Meute?

 Enquête sur la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon?

Des danseurs wallons?

Des rappeurs parisiens?

 Une association de consommateurs désireux de  valoriser leur alimentation ?

On continue, non, ce n'est pas un groupe de pression d'extrême droite, ni le réseau  engagé contre la publicité sexiste, ni une brasserie,  d'accord tu pensais aux chiens de chasse de ton voisin Alphonse, un grand dadais au nez rouge, encore faux!

La Meute nous vient de Drôme  ( dromen = rêver en néerlandais) et est composé de cinq  filles  affables, qui n'ont pas froid aux yeux, quatre musiciennes et une plus réservée et lucide, Lucille qui se charge du son.

Pascal a eu l'occasion de les voir au Chaland en 2024 ( cf papier), le line-up  de 2026 a changé, si  Margaux Seon,  accordéon, mini -piano,  chœurs/Maëlle Bourry contrebasse,  shakers,  chœurs et Natacha Jomain, la franco-danoise surnommée Tachka, au chant, drumpad, piano, sont toujours de la partie, à la batterie depuis 2025, la meute a  offert l'hospitalité et des baguettes à Emilie Mathey  qui aime Jimi Hendrix puisqu'elle joue avec les Foxy Ladies.

Pascal avait signalé que Roxane Perrin était la chanteuse qui avait initié le projet, elle n'a pas dit adieu à ses copines mais son agenda est des plus chargés ( metteuse en scène,  chanteuse de jazz avec les Chats Badins, spectacles de rue...), en cette fin d'après-midi, heure d'été, c'est Natacha qui a reçu le micro.

Détail vestimentaire, elles ont toutes adopté une tenue pailletée.   

Détail affluence: un zinc bondé! 

Esthétique: spoken-word jazzy, poétique  et engagé !

Un accordéon agreste amorce 'Terre', Natacha alterne les passages récités et  les intonations jazz vocal à la Colette Magny, Maurane ou Juliette Gréco ( sans la gouaille) .

Le texte, juste, interpelle, ... j'ai mal à ma terre...., la contrebasse et la batterie maintiennent un tempo soutenu,  ...la houle est de plus en forte... Tachka slamme, l'accordéon  s'offre un mouvement free jazz, on s'accroche et au bout du  voyage, alors que tu penses au phrasé de Claude Nougaro, les filles partent en vocalises veloutées.

C'est clair, on ne va pas s'emmerder à Binic.

Emilie  a troqué les drumsticks contre des maillets à tête de feutre, d'une frappe précise, elle entame 'Narcisse' , celui qui est amoureux de son image, qu fait tourner la tête à toutes les filles et à certains éphèbes, l'accordéon et la contrebasse mènent la danse, Emilie se repose car Maëlle frappe les cordes de sa contrebasse d'un jonc séché.

Quand Emilie s'éveille,  la caisse claire souffre, l'accordéon, en embuscade, vient narguer le damoiseau, le chant de Natacha passe de la douceur à l'excitation, Ovide, caché dans un coin du zinc a applaudi.

Imagine une valse musette transformée en TGV et tu as 'Rien qui dure'  , une chanteuse habitée,  qui utilise un petit boîtier pour moduler son chant, et trois voix en backings,  tu tangues! 

Ce soir le terme piano bar prend tout son sens, on a déposé le mini-piano sur le comptoir  pour entamer la suivante. , ' Tape le poing'.

Si le dernier album de La Meute ' Hurlons ensemble' date de 2025, la formation a composé de nouveaux titres, ' Tape le poing' en fait partie.

Un archet vient caresser la contrebasse, le morceau, feutré, doit calmer les chiens de faïence qui tournent en rond. 

Une contrebasse élastique amorce ' Minima', l'accordéon répète la même note à l'infini, Emilie bat les mesures, Natacha fait le maximum pour placer son spoken-word musical d'un flow accidenté,...mini , mini,  tout est petit dans notre vie même la petite souris qui défie le chat, en vue du terme le chant se fait chat toyant, Henri a souri.

Quelle gymnastique!

Quatre voix a capella  sonnent le rappel  ' En  Meute' , c'est le grand retour  des Swingle Singers sur accompagnement percussif, drums, drumpad, cowbell, shakers, tambourin, pas de doute, il s'agit du morceau tribal du set.

Après un cours didactique sur les facultés de souvenance , la troupe attaque  'Mémoire'.

La contrebasse pleure, le ton est nostalgique, la mélopée sinueuse serpente dans ton cerveau. 

Un bourdon, suivi par un choeur à quatre voix, amorce ' Falaise'  , si Boris allait cracher sur les tombes, la meute se propose de cracher sur nos vagues à l'âme.

L'accordéon lancinant nous entraîne dans une danse, une danse encore plus lente que celle de César Franck , pour décorer cette longue plage, Tachka part en onomatopées et autre gymnastique buccale,  tandis que la chorale répète falaise.

Pas de fadaises, c'était balèze! 

Place au titre coup de poing, ' Il se pourrait'  , interprété sous forme de canon .

Osez le féminisme, car certains mâles obtus n'ont toujours pas compris que non c'est non, que le viol, elle ne l'a pas cherché, que, si elle se tait c'est qu"elle a honte   ou que personne ne l'écoute.

Encore une claque!

Natacha a saisi une baguette  dans l'intention de frapper le drumpad, mais la machine se montre récalcitrante, en grève, annonce-t-elle!

Après plusieurs tentatives,  elle réagit enfin, une voix off annonce... nous sommes dans le régime de la facilité..., le politicien  débite son propos réactionnaire, l'accordéon s'éveille et Natacha embraye avec un discours moins patriarcal.

Sur fond musical chaotique, le message hurlé et puis murmuré  passe mieux .

Etait -ce une fiction?

Une fiction réaliste car le politicien véreux refait surface et la foule grogne!

 Au lendemain des municipales et des événements qui ont suivi, le propos est avisé.

Il en reste une ( en principe), un dancetrack, ' Tout essayer'   .

Margaux au piano, Natacha en maillot, car elle compte rejoindre le Pôle Nord à la nage, et tout le zinc   entame un   twist à Binic, même Camille a abandonné ses béquilles.

Ovation géante, le bis est inévitable!

' Pas calme', je ne suis pas calme et je t'emmerde!

Beau programme électoral, acclamé par les futurs électeurs de La Meute qu'on espère retrouver à l'Elysée , c'est pas plus con  que celui qui y siège pour l'instant.

Les filles sont ravies de la réaction des locaux et proposent une dernière salve,  dans le public, Maëlle a déniché un ukulele, la horde , à laquelle s'est joint Lucille, forme un cercle pour entonner ' Nos histoires'  en s'accompagnant aux fingersnaps.

Ambiance feu de camp,  sans Hugues Aufray, qui a mis le cap sur  San Francisco!

 

Ce jeudi 2 avril, Arnaud accueille Arianna Monteverdi, une arrière petite-fille, non reconnue,  de Claudio à qui on doit  "Il Nerone, ossia L'incoronazione di Poppea".

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

dimanche 29 mars 2026

Taiga à Bonjour Minuit, Saint-Brieuc, le 27 mars 2026

  Taiga  à Bonjour Minuit, Saint-Brieuc, le 27 mars 2026

michel

Les lapins ont regagné le clapier, le renard a reniflé, là, on a un rendez-vous dans la forêt boréale mongole, pas pour y rencontrer les éleveurs de rennes, qui ne sont pas bretons d'ailleurs, mais bien pour dénicher, caché derrière des milliers d'épicéas ou de cèdres, le duo Taiga. 

On avait mentionné le matos peu banal de  Run! Rabbit Run! 脱兔, c'était de la rigolade, du pipi de chat castré, en comparaison de l'équipement monstrueux installé sur le podium par les forçats de Bonjour Minuit: electronic devices aussi variés qu'encombrants ( synths,  stomp boxes, loopers, hardware sequencers, samplers, vocoder, programming computers, etc...), un outillage dont Zaho de Sagazan ne peut que rêver et demander comme prochain cadeau au Père Noël.

En dehors de l'électronique, le duo utilise des instruments plus courants, voire traditionnels, une guitare électrique, un  morin khuur (  un instrument à cordes mongol, joué à l'archet) et  quelques flûtes mongoles ( tsuur) de longueurs variées.

Ici encore, aucune trace de setlist, va falloir élucubrer ( merci, Antoine) !

Les deux protagonistes ont pour nom  Husile ( Mongolie intérieure) et  Xi Leilei ( Xinjiang) .

Husile, un impressionnant moine barbu, portant capuche, manie les electronic devices, s'occupe du tsuur et chante dans des tonalités plus growls que musique sanctuaire, Xi Leilei, coiffé d'un bob chinois, manie keys, guitare, morin khuur et assure quelques vocaux discrets

Leur répertoire,  basé sur les traditions mongoles, est issu  de l'album 'Nomadelic' et des EP 's 'Taiga' et 'Multi-Dharma'.

Pas question de passer en revue chaque morceau interprété sans pouvoir mentionner un titre, mais sache que la première salve mixait éléments prog , kraut ( style Tangerine Dream,  Amon Düül II), de l' ambient, du hunnu rock comme proposé par The HU, des éléments ethniques quand intervient la flûte et  de  la psychedelic electronic music ( Future Sound of London), bref, le public baigne rapidement dans des climats à la fois mystérieux et mystiques.

La deuxième salve tout aussi planante est accompagnée par des vocaux déformés pré-enregistrés, musicalement des bribes d' 'Astronomy Domine' viennent effleurer ton esprit.

De vagues flottements amorcent le numéro 3 qui prend des teintes dub , tandis que le barbu marmonne un chant répétitif reprenant  les sons pot, pot, pot... que tu n'as pas l'intention d'associer aux Khmers rouges.

Le trip se poursuit en fondu enchaîné et prend des coloris techno/ ambient house, style The Orb, Orbital ou Leftfield.

De temps en temps , lors d'un mouvement apaisé, le duo relâche la pression avant de repartir de plus belle dans des sphères plus brutes.

 On recommande le morceau ' Sheepskin carpet'  afin que tu puisses te faire une idée du cocktail proposé et  on te signale que ce tapis volant n'a pas été utilisé par Aladin.

 Denise, à tes côtés,  qui depuis des heures carbure à la mousse, pas de l'isolante, est intriguée de te voir griffonner des notes sur un bout de papier, elle  s'enquiert du pourquoi de la chose, avant de replonger, paupières closes dans son rêve sidéral.

Les pulsations deviennent de plus en plus intenses, les grognements hallucinants de Husile ont sorti Denise de sa torpeur et de son état second, à son grand désarroi, elle constate que son verre est désespérément vide, elle décide  qu'un ravitaillement s'impose, du coup, tu hérites d' un autre voisin, moins exubérant.

clac, clac, clac, le tigre de la Caspienne claque des dents, des beats énormes doivent le calmer, aucune réaction, Xi Lilei propose des lignes surf sur sa guitare, la bête s'assagit, ce n'est que passager.

En souvenir de Pierre Henry, la tirade vire messe pour le temps présent, ce qui n'est pas très catholique pour   un moine bouddhiste ayant fait voeu de pauvreté.

 Rrrr, rrrr, le moteur a des ratés, il tousse, pas de panique, ça fait partie du scénario, et on reprend la route pour un trip à la texture lancinante, ornée d'un passage lyrique.

Après un cri de désespoir, la guitare se fraye un chemin vers un royaume céleste recherché par les  bodhisattvas, puis, progressivement,  la mélopée s'éteint .

Retour de la flûte mongole, Denise est revenue,  bougnat apporte nous du vin, elle t'a souri, tu l'as imitée.

Husile annonce la dernière, peut-être ' Khandagaity' , un chant ethnique sur beats jungle.

 La salle bat des mains à ce titre EBM , sauf Denise qui tient sa bière, grosse ambiance dans le club qui fait un triomphe à Taiga,.

 Le groupe  nous revient pour un bis bouillonnant qui met un terme à cette soirée peu commune.

 

 

 

 

 

samedi 28 mars 2026

Run! Rabbit Run! 脱兔 à Bonjour Minuit, Saint-Brieuc, le 27 mars 2026

 Run! Rabbit Run! 脱兔  à Bonjour Minuit, Saint-Brieuc, le 27 mars 2026

michel

Découverte de la scène alternative chinoise à Bonjour-Minuit, avec deux formations ayant mis le cap sur la France pour une tournée camembert et pinard:  Run Rabbit Run et Taiga.

On a lu la fiche: Run! Rabbit Run! 脱兔 , un groupe féminin, tendance rrriot girls,   originaire de Kunming, dans la province du Yunnan.

On est prêt à entrer en terrain inconnu, et on prévient que le compte-rendu se fera à l'aveuglette: pas de setlist, pas de points de repère et des lights peu appréciées par ton misérable auto-focus

21:00 et des poussières, deux filles se pointent:  Lulu ( Sakeyo) et  Starstar ( Starstar星之星.) , une  petite aux cheveux tressés  et une  séduisante asiatique rousse, elles prennent place derrière une table, sur laquelle repose une machinerie complexe: des synthés, des samplers, micromoogs, launchpads, processors,etc ... t'as noté des dizaines de manettes et de petits boutons, t'as aussi remarqué une barre verticale décentrée par rapport à l'outillage, Seb, qui passait par là, te souffle, "vais m'essayer à la pole dance", il ne croyait pas si bien dire.

Les filles viennent de sortir un nouvel enregistrement tout naturellement baptisé  'run rabbit run' qui ne fait pas allusion à un film d'horreur mais à un tableau de Yoichi Nishino( rabbit and crocodiles).

Pendant que le petit lapin tente d'échapper aux affreux crocodiles, Lulu et sa copine lancent les bandes, puis elles chantent en duo sur un fond synth pop/trip hop vaporeux avant de ahaner de concert.

Ça y est, nous sommes entrés de plein pied et les oreilles grandes ouvertes dans l'univers du lapin fuyant.

Elles enchaînent sur  'Drip' à l'amorce effrayante, une voix ( masculine) off répète un message inquiétant, heureusement, quand les filles embrayent le charme opère à nouveau. et quand elles proposent ... Take a sip Sink and sip baby... t'étais d'accord, mais elles ne t'ont pas tendu leur verre, par contre la plus petite a démarré un exercice de pole dance acrobatique.

Redescendue de la tige, elles se met à danser comme sa copine sur un mix electro/ drum and bass qui t'as fait penser à Moloko. 

En 2025,  Run! Rabbit Run! avait gravé un mini-album de reprises, on peut y entendre, notamment, une version  complètement décalée, pleines d'effets insolites, du classique des Ink Spots ' I don't want to set the world on fire'.

Pas de crooning, pas de jazz pour salon de thé, mais de la techno déviante.

Osé! 

D'un flow hachuré elles entament la suivante, et c'est reparti pour une séance de fitness sur la barre, avant  de passer à d' harmonieuses  vocalises greffées sur des  pulsing beats sur fond industriel ...it's part of the game... ajoutent-elles, d'une voix floutée, tu veux bien les croire.

La tension monte, on vire techno bouillant,  'Go rabbit !' , les lapins bondissent sur scène, leur énergie a déteint sur le public, tes voisines sont transformées en kangourous s'adonnant au bush boxing.

Roger Rabbit, Bugs Bunny, et quelques Playboy Bunnies antiques s'en donnent à coeur joie.

Sur la lancée techno  'Pay' ( to Sakeyo and Starstar) fait encore plus fort.

Fallait pas leur faire avaler du protoxyde d'azote.

Fondu sur le frénétique  'In this white wave I'm free'   puis vient  un passage symphonique virant trip hop,  se rapprochant de Portishead.

L'un des lapins disparaît un court instant pour revenir avec deux foulards qui serviront à leur bander les yeux, elles entament en une des  nombreuses langues chinoises, le mandarin, le buyang langjia ou le huizhou, un techno  martial  accompagné d'une gestuelle mystique.

Après avoir retrouvé la vue elles sont prêtes à  entamer  un combat  pour un monde meilleur , 'Fight'.

La salle, poing levé, est montée sur les barricades , revolution is on its way.

Et toujours en mode techno virulent, elles balancent deux nouvelles tirades  effervescentes avant de clôturer une prestation dense par un morceau plus dreamy et un dernier mouvement rotatif reptilien autour du mât.

Si tu fouines sur  Spotify ou Bandcamp tu  pourras, peut-être, retrouver  les titres  qui manquent   à cette ébauche de procès-verbal mal rédigée! 

 


 

 

 

 

 

 

 

mardi 24 mars 2026

Album - Em Beihold - Tales Of A Failed Shapeshifter

 Album - Em Beihold - Tales Of A Failed Shapeshifter 

michel

pop

 Republic Records & Moon Projects

Savais-tu que Don Van Vliet ( Captain Beefheart ) était né  à Glendale ( California), tout comme Elvin Bishop, que John Wayne y a vécu pendant son adolescence...  Glendale   peut désormais se targuer d'avoir vu naître une nouvelle starlette pop: Em Beihold ( Emily Mahin Beihold) 27 ans, révélée en 2022 avec le hit monstrueux et platiné "Numb Little Bug" .

Emily commence, sans tambour, ni trompette, en 2017 avec l'EP 'Infrared', elle ne casse pas la baraque , sort encore quelques singles, toujours confidentiels, avant de signer un contrat avec Republic Records, qui a eu le nez fin, en 2022, la firme publie  'Egg in the Backseat', un EP sur lequel on entend 'Numb little bug'.

La punaise engourdie cartonne, Em se mue  en  princesse de contes de fée , elle tourne aux côtés de Lewis Capaldi, puis en tête d'affiche, il est grand temps de sortir un full album.

Fin février 2026, il est là et se nomme   'Tales of a Failed Shapeshifter', tu remarques qu'après l'insecte mou, elle insiste et utilise le terme "failed", sommes -nous pas  tous des losers ?

Elle explique -  I named this body of work about shapeshifting because after “Numb Little Bug” and all the success it brought, I thought I had to fit a certain mold that seemed set by the music industry. That belief lead to depression, burnout and truly the worst couple years of my life. I thought my music career was over and not to be dramatic but I kind of thought my life was over. Cut to now and I’m the happiest and most fulfilled I’ve ever been. This album is about that journey. I’ve never been happier to be a failed shapeshifter because that’s what makes me me!!

Tracklist:

 1 Scared of the Dark 2 Brutus 3 Unicorn 4 Van Gogh 5 Hot Goblin 6 Exorcism 7 Lottery 8 Soup! 9 Shiny New Things 10 Strong Medicine 11 Won t Let Go

Em se charge des vocaux, sont cités pour l'accompagnement sonore: Jason Suwito, co-writer,  drums, bass, piano, guitar, keyboards,  programming, voice/   James Flannigan, programming, drums, keys, bass, guitar, string arrangements / Yi-Mei Templeman, cello / Kevin Farzad, percussion/Jonathan Dreyfus, strings/  Nate Van Fleet, drums/ Jason Evigan, background vocals, guitar, synthesiser, bass. 

 

Photo de pochette:  Kirt Barnett qui a réussi à transformer Em en déesse de la forêt, chaussée d'escarpins roses.

Les fées ont peur de la nuit, l'intro de ' Scared of the dark' fait référence  aux musiques de film de romances hollywoodiennes, style , 'Breakfast at Tiffany's' ou  'The Sound of Music', avant qu'elle ait commencer à gazouiller, ton cerveau t'envoie des images d'Audrey Hepburn,  Julie Andrews ou Lee Remick.

D'une voix proche de celles de Lily Allen , Sara Bareilles, Marina  ou  Addison Rae, Em nous confie ses craintes: la solitude et  la rupture!

L'accompagnement sentimental du début se mue au bout d'un instant  en dancetrack rythmé,  des backings  sucrés accompagnant le chant enthousiaste.

A catchy pop song qui reste ancrée dans ton crâne, tu peux la siffler sous la douche! 

Non 'Brutus'  n'est pas le nom de son caniche, Emily fait référence au fils de la maîtresse de César, avec lequel Jules n'a pas eu que des rapports amicaux.... Elle chante, ... I wish that I could say that I'm not the jealous type but you're Caesar and I'm Brutus,  minus that part with the knife..

Ce piano pop entraînant se rapproche des compostions de Regina Spektor. Le clip, astucieux, multiplie les clins d'oeil, et pas uniquement aux banquets de la Rome antique, on y voit aussi Mozart et Salieri , une autre histoire de crime non élucidé. 

Musicalement on passe du joyeux ba da da da da à  la symphonie électro, avec des violons joués en pizzicato, un clavecin qui nous renvoie vers le jeune Wolfgang, on y ajoute un choeur joyeux et un jeu de batterie vif.  

Wouh, wouah,  du calme, le chien, ...couché, Brutus !

Un second morceau  aisément mémorisable que tu peux fredonner en te brossant les dents.

On avait déjà tiré un trait d'union vers Regina Spektor, c'est encore plus évident avec le saccadé 'Unicorn' ,  un titre qui s'inscrit toujours dans le domaine contes et légendes, mais, si tu lis entre les lignes il est question d'obsession et d'amour non partagé.

Détail, le titre n'a aucun lien avec 'She was born to be my unicorn' de  Tyrannosaurus Rex.

Il faut oser se comparer à 'Van Gogh' , elle a osé, à espérer qu'elle ne  se dispute pas avec Gauguin , cela lui  évitera de se charcuter une oreille.

Après l'intro posée, qu'elle chante d'une voix habilement ponctuée, le titre démarre vraiment   pour fuser façon rollercoaster qui risque de faire monter le taux d'adrénaline chez l'auditeur.

La voix est fraîche, le piano primesautier, les percussions foudroyantes, Vincent a dû s'accrocher! 

T'as pas lu Tolkien, ' The Lord of the Rings'?  Pour toi  les gobelins sont une manufacture de tapisseries soutenue par Colbert,  t'es absolument pas dans le même monde que celui d' Em Beihold, qui souvent se sent comme a  ' Hot Goblin', 

Les vocaux enfantins, féériques  et gracieux cabriolent sur un rythme spasmodique. 

Avec toujours un humour sous-jacent, Em propose 'Exorcism'  car pour cicatriser  sa santé mentale détériorée  après le succès foudroyant de 'Numb little bug' elle décide de faire appel à un exorciste to turn down  the voices in her head.

La voix  et  le choeur  demeurent angéliques, le fond sonore, tout en pointillé,  s'avère légèrement  gazeux.

Toujours en mode comédie musicale aérée, voici ' Lottery'.....I've never bought a lottery ticket.. mais, parfois, la nuit je rêve d'une maison sur la plage, d'une voiture de sport rutilante, d'un perroquet qui me dit je t'aime ( extrapolation), et de deux ou trois autres trucs parfaitement inutiles, et puis quand je serai plus âgée, je pourrai me taper un gigolo! 

Une funny piano waltz song (Dmitri Chostakovitch  n'est pas loin) ,  à comparer à ' Roar' de Katy Perry.  

On passe au moment culinaire de l'album, ' Soup', pas besoin de mâcher ça passe tout seul.

Em s'amuse, mais  elle n'est pas la première à chanter le bouillon, 10 CC  l'avait précédée avec 'Life is a minestrone'.

Son flow sur ‘Shiny New Things’ est plus acrobatique, le propos est similaire à celui de ' Lottery', Em joue encore la carte de l'ironie.

Les pulsating beats, la cacophonie étudiée,  les   arrangements élastiques   et  les backings,  transforment la plage en catchy et danceable pop song  .

Tu dis:  "tout ce qui brille n'est pas or".

N'empêche, she glitters!

'Strong medicine' alterne mouvements impétueux et passages vulnérables, lorsque son timbre ,  devenu fluet, se greffe sur un motif naïf au piano, alors qu'un choeur vocalise en arrière-plan. 

La voix s'altère, les beats s'intensifient, boum, boum, boum, le surdosage de médicaments a déréglé le système nerveux.

 ‘Won’t Let Go’ démarre au piano et un message vocal en provenance de Mamie, qui la prie de lui laisser un mot.

La dernière plage, la plus mélancolique du recueil, va sûrement  arracher quelques larmes aux fans sensibles, ici pas de personnages fantastiques, pas d'introspection, ni d'analyse psychologique déguisée,  juste un message d'amour à sa grand-mère.

 

Si t'es fan de mainstream piano pop  qui sautille,   de voix légèrement enfumées,  d'arrangements soignés, de mélodies accrocheuses et  si tu viens de signer un traité de non- agression, et que tu n'as  pas peur de passer pour un demeuré à ton âge canonique,  tu peux écouter cet album sans avoir honte, mais ne le dit pas à ton fils qui ne jure que par Korn, Tool ou les Deftones.

 

 

 

 

 

 

 

 

lundi 23 mars 2026

Ange à La Grande Ourse, Saint-Agathon, le 21 mars 2026

  Ange à La Grande Ourse, Saint-Agathon, le 21 mars 2026

michel

Non, ce n'était pas la chute de l'ange, de Chagall, le type a dit: chut, c'est Ange! 

Il est 21:55', l'acte Saint-Agathonnais de  la tournée "Quitter la Meute" peut commencer.

Débuté en octobre 2025 ( sans Christian Décamps désormais) , le tour  trace 55 ans d'histoire du pilier ( avec Magma)  du  rock progressif français , on aurait voulu citer Triangle, mais le groupe auquel on doit le fabuleux 'Peut-être demain' a jeté l'éponge trop tôt.

Ange en 1969, c'était Christian Décamps (Chant, Guitare, Claviers), Francis Décamps (Claviers, Mellotron), Gérard Jelsch (Batterie, Percussions), Patrick Kachanian (Basse, Flûte) et Jean-Claude Rio ( guitare rythmique).

En 2026, la formation, qui a pondu  25 albums studio, se compose de Tristan Décamps qui a repris le rôle du paternel ( vocaux et claviers)/  Hassan Hajdi  ( guitare), un fan de Jimi/  Thierry Sidhoum ( basse), photographe à ses heures perdues/  Benoît Cazzulini ( drums) , il s'amuse à jouer du Hendrix avec Hassan/ Séraphin Palmeri ( claviers, theremine), un fan de Tangerine Dream , cité dans plus de douze groupes.

Disposition scénique: batterie à gauche ( pour nous), claviers à droite, sauf le Korg  Kronos du maître de cérémonie, fringué d'une redingote d'illusionniste,, sans le haut-de-forme et le lapin blanc , qui prend place à l'arrière, le bassiste se place près de Benoît et la guitare est cachée derrière le seul qui a un prénom séraphique, Monsieur Palmeri.

Effets sidérants et coups de baguettes feutrés sur une cymbale, retour vers 1980 pour ' Je travaille sans filet'.

Tristan, théâtral,  vit son personnage habité à fond, son chant plein d'emphase impressionne,  les acolytes construisent un fond musical à la Genesis, le second mouvement part en crescendo, le theremine vibre, pendant près de huit minutes on a les yeux fixés sur l'acrobate qui ose les figures les plus audacieuses.

A tes côtés,  les idolâtres, surannés et  exaltés, savourent.

Ange attaque le tournoyant ' Adrénaline' , Tristan se paye un pas de danse funambulesque, tout en secouant un tambourin.

 Les envolées celtiques ont séduit les locaux, du coup les applaudissements pleuvent.

La plage  'Un diamant dans le coeur' s'entend sur le dernier album  ' Cunégonde'  , un drumming obsédant, un synthé porcelaine et un chant, tantôt feutré, tantôt rauque,  habillent un texte poétique et fleuri.

Tristan retourne derrière le Korg pour 'Quitter la meute' où la basse donne le ton, tandis que les claviers distillent des sonorités proches d'un clavecin, à gauche  Benoît frappe lourd , à droite  la guitare hurle, les loups vont s'entretuer, on sonne l'hallali! 

Séraphin nous invite au calme, en prélude il introduit 'Pace Nobilis' , un moment de tendresse biblique qui précède  'Prisonnier de l'aube', à l'intro récitée sur fond de piano serein.

Le ton glisse vers le solennel et le symphonique, la guitare, lyrique, rivalise avec les claviers, aux  somptueuses sonorités Rick Wakeman.

'Le langage des fluides' introduit par un synthé liturgique, impressionne, le  chant à la diction,  que n'aurait pas renier Luc Plamondon, responsable de la version musicale ( avec Richard Cocciante) de Notre-Dame de Paris, donne des frissons dans le dos, et quand Thierry et Hassan ajoutent leurs voix à celle de Tristan,    Gotlib, glacé,  se met à trembler!

Avec ' Camelote' on plonge dans le Moyen-Age,  on ignore si le roi Arthur aimait les moules, mais tes voisins  occasionnels se délectent.

En 1974, Ange dansait le menuet, pour preuve écoute ' Godevin le Vilain' et après tu te retapes ' Les Visiteurs'. 

Après une longue amorce à la structure symphonique c'est Thierry Sidhoum qui entame le chant de 'Des yeux couleur d'enfants'   , la pièce maîtresse de l'album 'Par les fils de Mandrin' , Hassan manie la poignée vibrato pour faire pleurer sa guitare et quand Thierry s'essouffle, c'est le ténor qui prend le relais.

Une nouvelle fois l'ombre de Genesis, époque Peter Gabriel, plane sous la constellation stellaire. 

Après un numéro de mime du bassiste, (je pose pour toi, Josette, fais clic, clic),  qui permet au fils Décamps de s'éclipser pour revenir les yeux bandés, c'est le magistral   'A Colin-Maillard'  qui déboule.

Et pendant ce temps au Tibet , Tintin a vu ' Les Larmes du Dalaï Lama'., nous on a applaudi à la magistrale interprétation de cette plage épique.

Ensuite, le batteur, survolté, entame ce qui en principe est le dernier morceau du set, le diabolique  ' Quasimodo'. 

Une Esmaralda défraîchie en a les larmes aux yeux , rien que pour elle, Hassan Hajdi multiplie les riffs balèzes.

Rideau!

Avant les bis, inévitables, un roadie, devenu maître de revue,  vient faire un   numéro cabotin, revenu du paradis, sans Vanessa, Ange attaque   'Dignité' au jeu de claviers rappelant celui de Dave Greenslade.

Le roadie réapparaît  pour déposer un tabouret à  un mètre du public, Hassan y prend place, il a troqué sa guitare électrique pour une acoustique et le public assiste à un duo guitare/voix  sur le magnifique ' Le soir du diable'.

Tristan a sorti un feuillet de sa redingote  , il nous lit un poème  qui précède l' 'Hymne à la vie' qu'il décore de quelques lignes de mélodica. 

L'équipe au complet reprend place pour achever cette plage gracieuse et réconfortante.

 Le groupe nous quitte après cinq fausses fins déroutantes, et tandis que les anges regagnent le royaume céleste, tu te tapes des nappes de brouillard bien bretonnes sur le chemin du retour.

Il n'y a pas que l'enfer à être pavé de mauvaises intentions, les dieux aussi ont des lubies! 

 

 

 

 

 

 

dimanche 22 mars 2026

Brieg Guerveno à La Grande Ourse, Saint-Agathon, le 21 mars 2026

 Brieg Guerveno à La Grande Ourse, Saint-Agathon, le 21 mars 2026

michel

C'est devant une assemblée cheveux gris ou crânes dégarnis  que Brieg Guerveno doit assurer le support des Godfathers du prog rock made in Gallia ( pays de l'andouillette et du jambon d'Aoste fabriqué dans le Bugey):  Ange,  un groupe   né pendant le premier décan du signe des Scorpions en  l'an de grâce mâtiné, 1969. (  oui, ça fait un bail, Nathalie!).

Ils ne venaient pas tous du même Ehpad, mais ils ressemblaient presque tous à des premiers communiants,  venus célébrer une messe tridentine, ce qui ne signifie pas que le curé n'a plus que trois dents!

21:00 - Brieg paraît, on m'a accordé 30 minutes  pour stimuler le public avant le concert des messagers de dieu.

Ce soir, je la joue solo, vous ne verrez pas  Stéphane Kerihuel à la guitare, Faustine Audebert à la basse, ni Nicolas Hild  ou Camille Goellaen.

Pascal, qui manie mieux le breton que nous, a déjà eu l'occasion de croiser le gars de Saint-Brieuc plus d'une fois, sur une étagère de son frigo, il a rangé tous les albums du barde folk rock, qui chante en breton.

( cf tous les papiers sur C M) 

Après un salut ethnique, il plaque une série d'accords secs sur une guitare électrique et entame le downtempo, sentant bon l'americana made in Breizh,  ' Kalon Flamm' .

Le ton est à la mélancolie, la voix et les ambiances sombres se rapprochent  des compositions de Madrugada,   t'as toujours été fan de Sivert Høyem et même si le sens du propos t'échappe, tu frémis face à la profondeur du rendu.

Les vocalises hantées et la mise en boucles de certains accords donnent un caractère majestueux à la plage.

Il annonce la seconde, 'Hebiou din'  , un extrait de son cinquième album ' Un Noz A Vo'.

La mélopée,  brumeuse, d'une beauté surnaturelle invite les auditeurs à clore les paupières pour vibrer intérieurement. 

Comme il est question d'Islande avec le  lent ' Piv'Vin', une chanson  inspirée par les écrits du  poète  Jón Kalman Stefánsson,  c'est tout naturellement l'univers  de Sigur Rós qui s'impose à l'esprit.

Il est toujours question de poésie avec la suivante, ' Em Digenvez'  , le texte, mystique,  d'Anjela Duval a été publié en 1964, Brieg l'a mis en musique et le joue ce soir à la guitare semi-acoustique.

Des effets chambre d'écho   lui donnent un caractère gothique.

Les soeurs Brontë ont apprécié.

Toujours à l'acoustique il entame '  Ar Barr Avel' ( le coup de vent), les arpèges précieux joués en  fingerpicking ont ému les fans de Martin Carthy, Nic Jones ou Barry Dransfield.

Je termine par un titre plus rock,  'Pell War An Hent' , pendant lequel le public bat des mains.

Bizarrement ce morceau, moins intense, t'as fait penser à  quelques rockeurs mainstream, made in Italy, Jovanotti ou Adriano Celentano, évidemment les intonations rugueuses du breton n'ont rien de commun avec la musicalité de la langue italienne.

Contrat rempli, prestation convaincante, appréciée par  les groupies vétustes d'Ange, Brieg Guerveno peut compter sur de nouveaux fans!

 

 

 

 

jeudi 19 mars 2026

Sarah Kinsley EP 'Fleeting'

 Sarah Kinsley  EP 'Fleeting' 

michel

 Sarah Kinsley Music, LLC, under exclusive license to Verve Label Group

bedroom pop 

  Sarah Kinsley, d'origine sino-américaine, naît en 2000  à Mountain View en Californie, elle grandit dans le Connecticut avant de mettre le cap sur New-York, où elle s'inscrit à la Columbia University.

La musique a toujours été inséparable de ma vie, confie la jeune personne, qui se dit influencée par  Kate Bush et Joni Mitchell.

En 2020 paraît ' The Fall', un debut EP , ..  through an EP of six songs, Kinsley portrays idyllic images of young adults falling in love—and the thick air of melancholy surrounding them when they fall out of it... écrit Stephen Crespo pour Columbia Spectator.

Elle ne chôme pas et sort un nouvel EP tous les ans , sauf en 2024, année où surgit l'album 'Escaper' , ensuite elle fait l'impasse sur 2025, histoire de jouer l'album sur scène.

Février 2026, fidèle à ses habitudes, elle propose 'Fleeting' , un cinq titres  à propos duquel elle confie... “I’ve always been happy for my music to be described as cinematic pop. The first bridge between my classical background and becoming more of an alternative or pop artist was actually film score....!"

Tracks

 1. Lonely Touch · 3:21 ; 2. Truth Of Pursuit · 2:51 ; 3. Reverie · 4:17 ; 4. After All (with Paris Paloma) · 3:43 ; 5. Fleeting · 3:39.

Credits:

Sarah  Kinsley - composer, voice, synthetizer, piano, programming.

Jake Aron - guitar, bass + production

Zac Coe - drums 

Will Graefe - guitar

 Paris Paloma  - guest vocals on After All

 Justin Termotto - recording engineer.

Sont tagués pour l'artwork, pour lequel Sarah a choisi une pose pensive mettant en évidence le fard à paupières soulignant  le foncé de ses yeux  : Florence Sullivan et Clare Larsen! 

Pour écrire ' Lonely Touch' , je me suis inspirée d'une scène du film 'Queer' du réalisateur sicilien Luca Guadagnino, elle ajoute:   “This song is an homage to the vulnerability of longing, of yearning for a kind of touch that is undeniable and terrifying. It is a song about true intimacy: wanting to feel the edges of another’s soul, becoming one in the dark together.”  ;

La synth pop sculptée par la jeune artiste  repose sur un  chant éthéré d'une pureté limpide ( cf Lana del Rey, Marina & the Diamond, Lorde ou Bleachers).

Elle a à peine prononcé Lonely touch qu'un  doigt enfonce franchement une touche du piano,  pour affermir les accords secs, le batteur y va d'un beat appuyé, puis vient le synthé   qui élabore  des nappes célestes, le rythme s'accélère pour atteindre un climax,  car la voix s'élève de plus en plus haut et va effleurer les sphères spirituelles, là où vivent les anges.

Pour   “Truth of Pursuit.” Sarah s'est chargée de tout, les synthés, la drum machine,  le programming, les vocaux.

Les effets  élastiques, le drumming mécanique accentué ( qui peut évoquer ' In the air tonight'  de Phil Collins)  , la voix  haut -perchée et flexible,  proche  des intonations de Kate Bush, tout confère à donner  un cachet  magique à la composition.

Si tu baptises une piano ballad  ' Rêverie' , forcément tu peux t'attendre à un rapprochement avec Debussy.

Mélancolie, vocaux aériens, piano symboliste, te voilà presque transformé en  Jeanne Samary, la jeune actrice qui avait servi de modèle à Auguste Renoir  pour le tableau ' Rêverie'.

En fin de morceau la guitare de Will Graefe vient ajouter plus de relief  à la toile.

Sur ' After All', Sarah et la chanteuse   Paris Paloma se partagent les vocaux.

Cette dernière avait fait un carton avec le titre ' Labour' en 2023. 

La romance est soulignée par une section de cordes qui a arraché quelques larmes à l'amie, anglo-saxonne,  de ton épouse, venue prendre le thé chez toi.

I love this ballad, a-t-elle ajouté, who are the singers?

Adele et Taylor Swift .

You're kidding.

T 'avais fait un effort, t 'aurais pu annoncer   Aya Nakamura et Héléna! 

Pour terminer le catalogue, Sarah propose ' Fleeting' qui a donné son titre à l'EP.

L'uptempo sautillant présente,  selon les fans, de sérieux Robyn vibes, il est vrai qu'il s'agit de la plage la plus catchy et dansante du recueil.

La chart -topping pop  music  n'est pas forcément bonne à servir de pub pour vendre des parfums, des serviettes hygiéniques ou des véhicules électriques, le talent de Sarah Kinsley mérite plus de crédit!

  

 

 

lundi 16 mars 2026

Ally Venable band à La Grande Ourse, à Saint Agathon le 15 Mars 2026.

  Ally Venable band à La Grande Ourse, à Saint Agathon le 15 Mars 2026.

michel

T'es pas encore entièrement retapé après le fantastique concert de Bernard Allison et déjà La Grande Ourse  choie les fans de blues avec un nouveau concert fracassant: Ally Venable et son band entament leur tournée européenne en terre bretonne.

La Texane n'a pas encore 27 ans mais est déjà,  d'ores et déjà, considérée comme une de celles qui assurent , avec éclat, la relève du blues rock , on la place à la  hauteur de Susan Tedeschi, Ana Popović, Samantha Fish, Erja Lyytinen ou Ina Forsman.

Du coup il a fallu refuser du monde, les derniers arrivés sont restés sur les marches de l'estrade. 

27 ans en avril et  déjà  6 albums ( sans compter 2 EP's self-produced)  à son actif,  distribués par Ruf Records, à titre de comparaison,  The Sisters of Mercy a pondu trois albums studio  depuis sa naissance.

Son  dernier  forfait, 'Money & Power' date de 2025.

Avant l'entrée en piste du trio, une guitare se fait entendre, un blues qui dit ' All night long'.

EJ Bedford ( membre d'un tribute to d'Angelo, comme son copain Isaac)  - bass, synth  and vocals et  Isaac Pulido - drums (  Buddy Guy, Kenny Wayne Shepherd, Eric Gales,  Bernard Allison, e a),  .précèdent Ally - guitar, vocals.

Ils sont trois, d'emblée d'autres power blues trio viennent s'imposer à l'esprit: Cream, James Gang, Taste, Jimi Hendrix Experience ( avec Mitch Mitchell et Noel Redding) ou Beck, Bogert and Appice.

Une basse funky syncopée, reconnaissable entre toutes, amorce  le tube monumental des Temptations, ' Papa was a rolling stone', la guitare fait tchik tchik tchik, puis Ally hante la pédale wah wah , le feu d'artifices vient de débuter.

C'est juteux et rock  à souhait , un premier bridge permet à EJ et à Isaac de caracoler à l'aise, Ally les rejoint pour faire éclater des riffs aussi passionnés  qu'intenses.

Tu pensais que la  version des Temptations était inégalable, tu t'es trompé, Ally  se l'approprie en y ajoutant des ingrédients rock furieux.

'Texas honey' ( le titre de son 3ème album) débute par une attaque sèche,  d'une voix rageuse elle promet de lui piquer tout son pognon, son sucre et le reste aussi, elle assaisonne  tout ça  d'une avalanche de riffs, tous plus meurtriers les uns que les autres.

Le miel du Texas a une saveur piquante.

Elle dédie le premier slow de la soirée ' Unbreakable' à toutes les ladies dans la salle, une basse duveteuse ( toutes les plumes des poules de la basse-cour y sont passées) qui gronde , un drumming scrupuleux et  une wah wah dodue,  c'est du blues inébranlable!

Next one is a song about drinking too much, un constat qui ne concerne pas les Bretons, ' Brown Liquor' , orné de  soli robustes et insolents, risque pourtant de te laisser en bouche un goût de gueule de bois.

Si Lucky Luke tire plus vite que son ombre, Ally Venable est du calibre Calamity Jane, la Les Paul canarde sans relâche, et La Grande Ourse en redemande!

Saint-Agathon, are you  ready to hear me play the blues tonight?

Mais, Ally, c'est la raison de notre visite, ne te gêne pas, play your blues! 

' Steamroller blues' , emprunté à James Taylor,  chanté d'une voix cassée, remue les entrailles  et pique comme un cactus texan.

Le talent d' Ally  n'a pas échappé à quelques grand noms de la scène blues US, Joe Bonamassa ou Buddy Guy  sont fans et ont participé  à l'élaboration de certains titres, ainsi ' sur ' Texas Louisiana', Buddy Guy donne la réplique à la jeune virtuose, ce soir  E J reprend son rôle. 

Après ce duo vibrant vient  le formidable slow ' Broken and blue' , une des pièces maîtresses du show, qu'elle interprète avec  feeling.

Isaac n'attend pas nos applaudissements, il embraye  promptement sur ' Stopper back papa'., un funk blues suintant  et enragé  sur lequel EJ Bedford parvient à jouer de la basse et du synthé en parallèle. Saint-Agathon, ensorcelé, accompagne les musiciens en battant des mains.

Virage boogie sur le tonitruant  ' Feel that sting', elle s'agenouille pour  tirer quelques effets stridents de la pedal station tandis que le bassiste prend place sur l'estrade  aux côtés du batteur.

On l'a ressentie, la piqûre,  c'était violent!

  'Real gone'  décolle comme un missile destiné à anéantir  la flotte ennemie, ça canarde sans répit et à une vitesse folle.

I love France ( prononcé à l'américaine) , this track is called 'Road to nowhere'  et n'a aucun rapport avec Talking Heads.

Le titre s'éloigne du schéma  blues rock   furieux, Ally le décore d'un solo à faire frémir Gary Moore.

Avec ' Fire' de Jimi Hendrix on revient au blues rock incandescent, le bassiste n'a pas dû insister des masses pour inviter le public à battre des mains.

Où sont les pompiers, merde, l'incendie fait rage.

Stevie Ray Vaughan est une influence ( texane) majeure, normal qu'elle lui rende hommage,  en reprenant l'instrumental ' Lenny'.

10' de bonheur absolu.

On arrive aux salutations, suivies par le bis 'Ain't that a bitch' , emprunté à Johnny Guitar Watson, titre qui permet un duel tumultueux, basse/guitare que le duo termine à genoux face à Gilbert un des photographes maison qui shoote à l'aveugle.

Après deux heures de show , le trio vient signer les disques à la table de merch. ( On remercie l'incroyable bassiste pour son amabilité et  sa complaisance).

 

Ce 17 mars , c'est Wattrelos qui accueille Ally et son band! 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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samedi 14 mars 2026

EP - Anything For You par Grandmas House

 EP -  Anything For You par Grandmas House 

michel

 Duchess Box Records 

post-punk 

Si Bristol nous a délégué, e a,  Portishead, Roni Size, Tricky  ou  Massive Attack, de nos jours ce sont IDLES,  Katy J Pearson ou Grandmas House qui défrayent les chroniques.

Grandmas House voit le jour  fin 2018, lorsque Yasmin Berndt, Poppy Dodgson et Daisy from London ( membre du combo à l'origine)   remplacée depuis par   Zoë Zinsmeister  , toutes étudiantes à l'unif   décident de monter un queer band.

Elles hantent les clubs de la scène locale et font impression, en 2019, plusieurs de leurs shows affichent complet, un premier single, rageur, 'Devil's advocate' paraît en 2020, un cocktail molotov, d'après la presse du coin. 

'No place like home' est tout aussi bouillonnant, puis vient un premier EP éponyme, suivi en 2023 par un second EP ' Who Am I'.

2024, sortie du single ' Screw it up' qu'on retrouvera sur le dernier EP en date , ' Anything for you'  , sorti en 2025.

Et là, une surprise,   la maison de mémé se conjugue désormais à quatre,... we made the decision to add one of our best friends Polly on guitar... déclarent les filles lors d'une entrevue.

En attendant de nouvelles chansons, qu'il nous faudra mériter, on épluche l'EP  ' Anything for You' publié l'an dernier. 

Tracks

 1. Screw It Up · 02:15 ; 2. Slaughterhouse · 03:00 ; 3. From The Gods · 02:55 ; 4. Nothing Special · 02:12 ; 5. Haunt Me · 03:49 

line-up:  Yasmin Berndt (vocals, guitar), Poppy Dodgson (vocals, drums) and Zoë Zinsmeister (bass)+ Polly ( guitar)

 
Cover by Clump Collective., une photo de famille:  quatre girls vêtues de noir, dont deux installées sur une chaise à l'avant, les deux autres se tiennent debout à l'arrière.

Comme le photographe a omis de mentionner ' smile', elles n'ont pas souri. 

Le  premier titre est explicite, on va tout foutre en l'air ( Screw it up')! 

Dès l'entame, les filles te prennent à la gorge et serrent fort , déjà la voix graveleuse et féroce  de Yasmin  te fout les jetons, les guitares en distorsion crachent des riffs brûlants,  Zoé et Poppy ont construit une forteresse indestructible.

Un conseil pousse le volume dans le rouge pour apprécier l'hymne à sa juste valeur.

Mec, maintenant, je vois clair dans ton jeu, tu mens à tout le monde, tu tiens à nous noyer, l'eau n'arrête pas d'affluer, ça me rend folle...   I see it all, now the lights are bright... 

Depuis Britney Spears's ' Toxic' les  avis de relations toxiques ou de stashing  affluent, déballer n'est plus un péché! 

Et si on se payait un petit tour à l'abattoir?

' Slaughterhouse'  ou comment transformer  une lovesong   en comportement anthropophage?

Une guitare presque inoffensive  introduit  la plage, Yasmin a l'air moins enragée, évidemment tu sais que ça va tonitruer dans peu de temps, ça pouvait pas rater, les drums s'énervent, les guitares agressent tandis que la jeune fille poursuit son chemin de croix, comme le pèlerin qui se tape Saint-Jacques-de-Compostelle à genoux . 

S'il le faut je me transforme en Faust et je vends mon âme au diable,... I'll do anything for you...

C'est beau, l'abnégation! 

Tu me vois comment de là-haut?

' From the Gods' , c'est quand on te fait comprendre que t'es un être inférieur.

  Ici, la basse pulse à mort, Poppy frappe comme Chucky  la poupée tueuse, les guitares rugueuses vont dégraisser tes pavillons jusqu'à la trompe d'Eustache,  le chant  décapant  te prend à la gorge!

 Ces filles réussissent à  faire passer  Sleaford Mods pour un groupe pour midinettes boutonneuses.

Prêt pour un peu plus de deux minutes de punk joué à la vitesse de l'éclair, voici 'Nothing Special'. Recette: crunchy riffs,  batterie survoltée, chant  et chorus  speedé, ..round and around and around we go... jusqu'à la fin du show!

La collection s'achève sur ' Haunt me', une pièce plus flegmatique au propos gothique, avec Poppy aux lead vocals.

Un titre qui risque de bercer tes nuits  ou de les hanter!

Le groupe achève une tournée au Texas, il sera à Blois le 19 mars et au  festival Elfondurock ( Marcoussis) le 21.

 

 

jeudi 12 mars 2026

Bernard Allison - La Grande Ourse - Saint-Agathon, le 11 mars 2026

 Bernard Allison - La Grande Ourse - Saint-Agathon, le 11 mars 2026

michel

 

What's on in Saint-Brieuc, and in the neighbourhood, annonce le concert de Bernard Allison... 

"  His guitar playing blends precise slide, cutting riffs and more soulful phrasing, with a tone that flirts with rock while remaining rooted in the heart of the blues."

Cyril, à l'issue de la prestation:

 There are certain phrases we often hear about artists: ‘He shared with his audience.’ Last night, La Grande Ourse and Bernard Allison with his band showed what that really means!  Proof is in the pictures. Thank you for this great moment of blues but also of sharing!

 Sein Vater ist eine Legende des Blues aus Chicago.

Im Saint-Agathon bewies der Sohn, dass er mit dem Erbe würdig umgehen kann....

La salle affiche quasi complet, le public breton aime le Chicago blues!

En 1986, à l'affiche du Marktrock, à Leuven ( Louvain), il y avait  Rufus Thomas et   The Luther Allison Band, plus les vedettes locales: De Kreuners.

40 ans plus tard, tu assistes, enfin, à un concert du fils de Luther: Bernard Allison, un fils qui,  en 2024, lâche le double album 'Luther's blues', en hommage à son illustre paternel.

 La Grande Ourse aura l'occasion d'en entendre plusieurs extraits.

 Sam Butts Jr. , le drummer, George Moye , l'imposant et souriant bassiste, je veux les mêmes mocassins, murmure Bécassine,  et l'incroyable Eric Robert ( Walter Trout, Coco Montoya, Keb Mo' ,  Lucky Peterson etc...)  aux claviers, sont les premiers à se présenter pour entamer un instrumental funky en diable ( sans doute ' Send it in') , ils sont très vite rejoints par le flamboyant guitariste.

Eric, déjà, tricote  comme une tisseuse du Tennessee, la rythmique groove à mort, et la guitare place une série de riffs gluants.

Les artificiers sont présentés, puis il explique qu'on ne voit pas de papier sur le sol, ce n'est pas un choix écolo, non, il travaille à l'inspiration, en adaptant son set à l'attitude du public. 

Ils enchaînent sur ' So excited'  , le bluesrock qui ouvre l'album 'Highs and Lows' ,  paru peu après le sinistre épisode Covid.

Le titre est construit  sur une basse lourde et un drumming sec, le guitariste nous confie son plaisir d'avoir pu retâter de la scène après  un repos forcé.  Les riffs râblés font écho au jeu de clavier pétillant, pendant un solo, George et Eric invitent le public à battre des mains, ce qu'il fait sans rechigner.

La température a déjà sérieusement grimpé dans la salle, Georgette s'évente tout en gigotant sur place.

Sans pause, ils attaquent le funky  'Night Train'  ( sur ' Let it Go') la wah wah s'emballe, l'orgue prend des intonations Tamla Motown, c'est  drôlement juteux.

Pour un  premier  slow blues, Bernard a opté pour 'The way love was meant to be' .

La plage, kilométrique, est chantée d'un timbre soul fiévreux, les soli, tantôt méticuleux, tantôt voluptueux,    se multiplient pour cajoler nos pavillons , La Grande Ourse oscille en mesure avant d'applaudir pendant de longues minutes, à la grande satisfaction des musiciens.

J'avais 6 ans quand mon père a composé ' Change your way of living'  , a rolling piano ballad  qui permet à Eric Robert de nous régaler par un jeu où le boogie dégouline.

Avec ce band, tout semble simple et couler de source, pas besoin de cinéma, c'est juste du blues de haut  standing. 

Ils enchaînent sur 'Bad love' , une nouvelle composition de Luther Allison, une des nombreuses perles à retrouver sur 'Luther's Blues' .

People, sometimes I like it quiet, du coup on se retient  de respirer bruyamment, tandis qu'il enchaîne les notes minimalistes pour ensuite placer des riffs furieux.

On chante le refrain, il repart en roue libre, se paye une promenade dans la fosse pour se dégourdir les jambes, puis vient saluer les gens assis sur les gradins, j'escalade à gauche, puis à droite, pas de jaloux, bonjour, Béatrice, le siège à vos côtés est inoccupé, je peux, bien sûr, Monsieur, il lui joue une aubade, se relève, quitte la salle, se désaltère au comptoir tout en jouant,  puis la guitare,  invisible, réapparaît,  il  rejoint ses petits camarades pour terminer la tirade en flammes incandescentes .

Une ovation gigantesque ponctue ce récital phénoménal.

La wah wah tempête, les chiens sont de sortie, tout Saint-Agathon jubile, car on a reconnu les premières mesures de 'Voodoo Child' de Jimi Hendrix. 

Une accumulation de  trilles vibrantes secouent nos entrailles , c'est parti pour un marathon de près de 10 minutes, il improvise  en solitaire, ses acolytes ont le temps de se tricoter une écharpe en vue de l'hiver prochain.

Merde, j'ai laissé mon mobile en coulisse, j'aurais pu téléphoner à madame et prendre des nouvelles des gosses, se dit George.

Sans leur faire un signe, ils ont compris qu'il fallait reprendre le boulot pour achever la plage. 

Après ce fait d'armes, George, Eric et le chef prennent la tangente, c'est l'heure du solo de batterie didactique de Junior.

Parmi les tableaux proposés, ta voisine a reconnu ' We will rock you'  , du coup elle a hurlé ' Yeah'.

Georgie Fame a renchéri, I say yeh, yeh.

Quelle soirée!

George se pointe pour une digression moite, il en profite pour placer ' Another one bites the dust'  dans son exposé, puis c'est au tour d'Eric d'entrer dans la danse pour un numéro comedy capers versus la chevauchée fantastique.

Il a tellement massacré les touches que le matériel s'est déglingué.

Bernard qui a retrouvé le podium se demande comment ils vont interpréter 'Serious' sans les keyboards malades.

Heureusement, les mécaniciens retapent la bête. 

'Serious' est vraiment un titre particulier, il peut faire penser à Dire Straits, mais plus quand  le fils de  Luther ( pas confondre avec Calvin) entame un virage reggae.

Eh, les gars, on improvise?

C'était pas du grand n'importe quoi,  mais c'est parti en ratatouille épicée, on a reconnu des bribes de ' Sunshine of your love', une once de Freddie King, puis  un phrasé jazzy,  avant la reprise, sérieuse, du thème initial pour terminer par une cover, ' Going down' des Alabama State Troupers.

File immense au merchandising, un selfie avec ma femme, Bernard?

Elle s'appelle comment?

Bernadette! 

Dimanche, La Grande Ourse accueille  Ally Venable, rendez-vous est pris!

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

  

 

 

mercredi 11 mars 2026

Catchy par Catchy Peril

  Catchy par Catchy Peril 

michel

 Autoproduction / No Need Name

(nuclear) disco- punk/glam/synth wave /post-punk 

Moins de deux ans  après avoir  explosé le disco sur l'EP ' Disco Sucks' ( cf papier de Pascal) , les Marseillais de Damas, ayant enterré Bachir Al Acid  ( à la carte de visite cartésienne: Bachir Al Acid est un groupe issu de la rencontre entre Johnny Rotten et Claude François dans les toilettes secrètes de la zone 51) , le  groupe Catchy Peril revient avec une nouvelle bombe, baptisée  ' Catchy' .

 Benjamin Delair, Kévin Plasse, Paul Blanes et Louise Baudu ( une ex Frih Drah, toujours membre du projet 1003) sont donc de retour avec une rondelle qu'ils qualifient d'abrasive.

 Track List :

Lemon Eye

 Sugar Lane

 I Like it Hard

 Epilepsie

 Astro Orbiter 

Electricity

 Lovely

 Drugs

Crédits: Kévin Plasse (batterie),/Paul Blanes (basse, choeurs)/ Louise Baudu (synthé, choeurs)/ Benjamin Delair (guitare, chant) 

Les noms suivants sont mentionnés pour l'art work: Pat (photo), Krakovic (tattoo), Paul Tellier (design), Margaux Solia (Letters design / typo) .

Deux mains gantées black  s'évertuent à tatouer le muscle deltoïde ( probablement celui de Benjamin)  du mot catchy, qui surplombe un dessin obscur.

'Lemon Eye'  ( avec s sur bandcamp, sur spotify le citron est borgne) ouvre en forme de brûlot   glam/ proto punk, qui nous ramène vers de doux cinglés style Nina Hagen, sans les écarts opératiques, les Dogs d'Amour ou Hanoi Rocks.

Après un cri de hyène malade, basse/batterie et guitare attaquent en force, le synthé prend des coloris plastiques,  Benjamin  greffe son chant punky sur ce fond sonore forain, un choeur démoniaque s'invite à la fête pour s'époumoner ... you're on your way to die...

Sympa, plus besoin d'aller rendre visite à Madame Irma, la cartomancienne du bled. 

On n'a aucune idée de la ville où se situe la ' Sugar Lane' chantée par les Marseillais , on ne sait pas non plus si il s'agit de Brown Sugar, un peu acide, n'empêche qu'ils continuent sur la voie entamée par ' Lemon Eye'.

Pascal, à l'époque, citait B 52's, c'était pas idiot,  'Lucky Number' de Lene Lovich peut également servir de point de repère.

La batterie   gronde, le synthé vintage,  new wave première époque , et le chorus scandé, transpirent une époque où on s'amusait beaucoup, la guitare, un instant,  fait diversion, avant la réapparition du synthé et de ses effets theremin. 

On quitte la Sugar Lane,  pour ' I like it hard', crooné à la manière d'un Ringo Starr pour les morceaux les plus kitsch des Beatles.  

Le synthé valse en trois temps, le manège tourne au ralenti, les enfants s'amusent, tout baigne!

'Epilepsie' est, forcément, méchamment plus spasmodique, le titre débute  par un riff de guitare lancinant répété à l'infini pour qu'il s'imprime bien dans ton cerveau, puis vient la voix sonnant comme du Roger Waters, l'ombre du Floyd plane, tu sais que ça va exploser, puis la guitare réitère  la même rengaine, tandis que Kévin tapote méthodiquement  l'élément métallique de sa batterie, ...  I’m turning around and around and around... dit le texte, Louise attaque en force, ajoutant un élément synthétique à la plage qui continue à monter  en puissance jusqu'à la fin de la crise, qui aura tout de même durer près de 4', t'étais sur le point d'appeler le 15.

Si t'as pas le vertige, tu peux prendre place dans  l' ' Astro Orbiter'  , munis-toi de ta combinaison d'astronaute , du casque adéquat, car va falloir affronter des turbulences.

Riffs caustiques ou ondulants,  chorus  clignotant, estocades et dérapages  synthétiques, attention, ça glisse! 

C'est pas aussi pop que les Buggles, mais tu peux penser aux Missing Persons ou à The Waitresses! 

'Electricity' n'est pas une reprise d'Orchestral Manoeuvres in the Dark , mais le combo monté  par  Andy McCluskey et  Paul Humphreys  peut avoir influencé les Marseillais.

Gaffe au survoltage, les copains,  ça laboure vache, c'est pire qu'un  maelström intense qui risque de t'entraîner dans l'abysse.

Le synthé,  tel un manège  détraqué,  pirouette à une vitesse excessive, la batterie maintient un tempo de malade,  vérifie si ta ceinture est bien attachée, et souviens-toi,  à Antibes, un gosse a été éjecté du Grand-Huit, il souffre  d'un traumatisme crânien sérieux.

Un orgue   tout en puissance introduit le synth punk barbare ' Lovely' chanté ( glapi)  d'un timbre féminin.

Quel insecte vicieux a piqué le cheval qui multiplie les ruades et  coups de sabot dans le vide?

Soudain la course folle prend fin   et,  après un instant de silence,  la voix part en vocalises étouffées  je chante sous la douche.

Pour clore l'essai, Catchy Peril propose le punk désespéré  ' Drugs'. 

Dans un no future land affligeant où même Dieu est mort, il  reste une solution... I wanna get drugs....

Une batterie et une basse  martiales   donnent le ton, le chant scandé ( très Sex Pistols)  suit le rythme ,  le synthé sort ses griffes, la guitare, en embuscade, place une ligne acerbe puis   un choeur gothique s'invite à la non fête, jusqu'à l'overdose.

Alors  vient le final,  pour qui sonne le glas !

 Quoi, ' Love is the drug', non, ça c'est un autre film!

Catchy Peril a entamé en tournée qui verra le groupe écumer des scènes, e a,  à Marseille, Aix -en -  Provence,   Nice, Lodève ou Forcalquier!