vendredi 4 avril 2025

Album - Aisling par Sun Gazol

  album - Aisling par Sun Gazol

 

michel 

(Label : Petite Pilule)

folk pop psychédélique.

Du soleil pour produire du carburant,  pas con!

Sun Gazol naît à Tours, la ville la plus ensoleillée d'  Indre-et-Loire, en 2017.

A l'origine, il fallait tremper sa plume dans l'encrier pour analyser les productions des Tourangeaux, ils sévissaient  sous l'appellation Ink ( un EP ' Leviathan) ) .  

Un hic, des métalleux kangourous  utilisaient  déjà cette identité, à Columbus ( USA) un autre Ink, punky, amuse les kids et enfin, l'affiche de Pukkelpop en 1999, mentionne un Ink mené par Stephan Barbery (   Digital Dance, Snowy Red, Marine, Kid Montana ...)

L'encre est  abandonnée au profit de l'énergie solaire.

On voit le groupe sur scène, notamment au festival Terres du Son,  ils enregistrent un premier album, ' Nick Alvani' en 2020, ce Nick, tout comme Nick Carter, mène des enquêtes.

On a lu  sources d’inspiration du groupe:Radiohead, SonnicYouth Half Moon Run, Tame Impala ou  Slint.

C'est mieux que  Rika Zaraï ou David & Jonathan!

Mars 2025, parution d'un nouveau recueil:  Aisling!

Signification,  au choix: un prénom féminin irlandais ou, plus érudit, Aisling, in Irish literature, a poetic or dramatic description or representation of a vision.  

Tracks:

 1.Halo 04:29
2.Thalassophobia 04:03
3.Magic Jellyfish 05:13
4.The Sun 04:09
5.The Shore 05:57
6.Bonfire 05:13
7.The Line 05:40


Line- up: Luc Jarrion (chant, guitare folk, synthétiseur), Arthur Pouchoux (guitare électrique, synthétiseur, choeurs), Edwige Thirion (basse, synthétiseur, choeurs) et Rémi Courtin (batterie, choeurs).

Artwork:  une linogravure raffinée  signée Léa Denis,  une illustratrice, graphiste, et professeur de dessin dynamique. 

' Halo' est amorcé tout en douceur par un synthé éthéré, sur lequel se greffe des arpèges subtils, basse et peeercussions restent en retrait pour ne pas déséquilibrer la mélodie. La voix de Luc Jarrion,  d'une légèreté de plume de colombe,  vient  gentiment caresser tes pavillons et le titre, introspectif, poursuit son bonhomme de chemin en mode dreampop  à la Beach House.

Un morceau idéal pour profiter des températures printanières tout  en rêvassant et en écoutant le chant des tariers pâtres en pleine parade nuptiale. 

'Thalassophobia', une névrose ignorée des skippers participant au Vendée Globe mais aussi de Louison Bobet, un cycliste reconverti en hôtelier/thérapeute marin.


mercredi 2 avril 2025

Şatellites à Bonjour Minuit • musiques actuelles à Saint-Brieuc, le 1 avril 2025

 Şatellites à Bonjour Minuit • musiques actuelles à Saint-Brieuc, le 1 avril 2025

michel

 

Un premier avril  sans poissons, ni Lavigne,  mais avec des satellites  à Saint-Brieuc, c'est à Bonjour Minuit qu'il fallait être.

Pas de panique, il ne s'agit pas d'un satellite  espion,  manoeuvré depuis Moscou, mais d'un combo  psyché israélien ( de Jaffa, comme les oranges) produisant une musique hybride, fusionnant folk anatolien, psychédélisme oriental, électro cosmique et rock transcontinental.

On les compare volontiers à Altin Gün, des Amstellodamois ayant intégré des éléments ottomans dans leur recette, on ajoutera les fantasques Baba Zula, ou Lalalar, des stambouliotes, vus dans la même salle en 2023.

Un concert, un mardi à Bonjour Minuit, ça signifie pas d'avant-programme, afin que les ouailles puissent regagner leur lit à une heure acceptable, est-ce la raison pour laquelle le groupe a décidé d'entamer son angélus dix minutes avant les 21h annoncées, אולי ?

Les satellites ( of love, merci Lou), sont six à toupiller autour de la planète, sans casques:  Itamar Kluger - au saz bağlama, et bouzouki /  Ariel Harrosh - à la basse/   Yuli Shafriri,  à la gestuelle sinusoïdale,  aux vocaux, tambourin  et circonvolutions  sensuelles/  Tal Eyal aux percussions/ Tsuf Mishali au synthé et keys/ et l'excellent  Lotan Yaish à la batterie.

Tsuf est le premier à quitter les coulisses,  il goupille  une intro electro-dabkeh à faire danser tous les  daboia palaestinae de la planète.

Après 120 secondes, Itamar et Ariel se pointent, ils sont  suivis  par Tal et Lotan, ' Olurmu Dersim' en mode raï turc est sur les rails, quand la gracile Yuli émerge de l'ombre pour entamer son chant envoûtant, les premiers rangs l'imitent et se déhanchent  à la manière des meilleures adeptes du Raqs sharqi .

Très vite, les contorsions de Yuli  se muent en sauts de kangourous, échappés du parc de Gan Guru.

Le public impressionné par ce premier titre enivrant se rapproche de la scène.

Fondu enchaîné sur 'Deli Deli'  au groove tout aussi contagieux, le titre qui suit, 'Esmerim', incite à la trance , le baglama et la basse donnent le ton sur fond de percussions obsédantes.

Lotan poursuit sur la lancée  , 'Tisladi Mehmet Emmi' fond sur nous, comme un baklava capiteux, Yuli attire tous les regards grâce à sa gestuelle,  aussi gracieuse, qu'ensorcelante.

Le grand retour des  Nahed Sabry, Hülya Babuş ou  Taheya Carioca!

In English, Saint- Brieuc can you sing with us , it's easy you say ' Yar Oi'.

Va bene, Signora!

Ce titre tournoyant, aux sonorités caoutchouteuses, vire tribal avec chant zagharit!

L'instrumental anatolien 'Şaşkın' voit Yuli faire virevolter son foulard, elle poursuit ses exercices dans la salle, grimpe sur le comptoir, reprend un bain de foule pour terminer son périple en se hissant sur la batterie.

Apparition d'une flûte traversière pour décorer le nerveux, jazzy et funky ' Gizli Ajan' qu'elle termine à genoux.

Place au sinueux, 'Yok Yok' d'Erkin Koray, qui avec ses volutes stellaires, ses percussions hallucinantes et son saz électrifié , transforme Bonjour Minuit en boîte de nuit du côté des rives du Bosphore.

'Ikmiz Bir Fidaniz' est une chanson pour les coeurs blessés ( c'est celle que Petula Clark a préféré).

Entamé par un soupir, elle termine ce slow lancinant à genoux.

Une séquence de bruitages  desert sounds amorce 'Hudayda'  au chant enivrant,  bourré d'effets ondoyants, le saz  électrifié et les percussions  font  des merveilles, la basse affermit  le tout.

Après une ébauche théâtrale ' ' Zühtü' et son chant profond déboule,   mais c'est surtout le jeu de Lotan Yaish qui attire l'attention, un savoir-faire souverain.

    'Z​ü​l​ü​f D​ö​k​ü​lm​ü​s Y​ü​ze' termine le set sur une note d'  Eastern pychedelism irrésistible.

Après une petite heure de set, la troupe disparaît avant de revenir pour les rappels.

On nous promet du disco et effectivement on peut classer ' Disko  Arabesque'  dans cette rubrique.

Yuli vient allumer quelques éléments mâles dans la salle, deux filles délurées, se collent à toi avant de se dandiner à 5 cm de la scène.

La température  vient de sérieusement franchir le cap des 30°, le sensuel  ' Midnight sweat' ne va pas  faire descendre le thermomètre  et c'est par ' Seni Sen Olduğun İçin Sevdim' , son saz qui cisaille, son synthé jazzy et un effort solitaire musclé du batteur, que s'achève un concert haut en couleurs.

 

Si Tasmin Archer chantait ' Sleeping Satellite' , les Satellites  vus ce soir étaient loin d'être apathiques!

 

 

 

 

 

mardi 1 avril 2025

Ben Poole à la Grande Ourse, Saint-Agathon, le 30 mars 2025

 Ben Poole à la Grande Ourse, Saint-Agathon, le 30 mars 2025

michel

C'est la reprise des concerts blues du dimanche après-midi à La Grande Ourse. 

Avec le passage à l'heure d'été, certains clients potentiels, toujours à table, ne sont pas encore sur place.

Heureusement, comme Ben Poole  est lui même arrivé tardivement, à l'heure du kick off, la salle est bien garnie.

Après quelques dates en compagnie de  Guy Smeets, Ben Poole  a repris le European tour en trio, la caravane a prévu trois  dates dans ce beau pays, où certaines personnes sont inéligibles, la dernière à Saint- Agathon.

 Pour accompagner  Ben ( ex - guitariste de Dani Wilde) , catalogué à juste titre de one of the most impressive blues rock artists  actuels, La Grande Ourse verra deux  autres pointures, Wayne Proctor (drums) et Steve Amadeo (bass).

Tu as vu le premier comme membre de King King , Steve est très demandé, Walter l'a vu aux côtés de Ash Wilson et de Ainsley Lister.

Les enregistrements studio  de Ben peuvent se compter sur les doigts d'une main  ( sans compter son duo avec Guy Smeets), il a également pondu un 'Live in Montreux', il y a deux ans.

La setlist a probablement glissé dans la piscine, rien ne traînait sur scène. 

Pendant près de deux heures, le trio a étalé tout son talent et a mis le public, pourtant assis, à genoux.

Deux heures, tu dis, 30 à 40 titres, donc ?

Tu oublies, chaque plage interprétée, avoisinait les 10 minutes!

Dès l'entame, nous sommes secoués par un gros, très gros même, son, une intro, plus metal hulant que blues rural, précède ' Start the car', un titre emprunté à Jude Cole.

Ben combine funk et blues rock  et nous assène d'emblée une avalanche de riffs tantôt heavy, tantôt fluide, il s'autorise un duel avec Steve, tandis qu'à l'arrière Wayne maintient un tempo soutenu.

Une première séquence de handclappings secoue les fondements de l'édifice, le moteur de cette caisse tourne à plein régime et après un dernier solo tonitruant, Ben la fourgue au garage et nous permet d'applaudir à la performance.  

Wayne introduit la suivante, plus lente, 'Win you over' , chanté d'un timbre proche de celui de Lenny Kravitz.

La plage dépasse à nouveau fièrement les 7 minutes, avec un schéma classique, démarrage juteux en trio, bridge instrumental groovy, reprise du chant aux intonations ' In the midnight hour', présentation de l'équipe, message à la foule, 'ready to have some fun', réaction  ' yeah' et explosion finale.  

Effets fuzz pour attaquer ' Take it no more' , Wayne agresse ses cymbales avant de frapper les trois coups, ça pique comme le cactus, pas celui de Dutronc, non, le cactus de gens très fréquentables: Tim Bogert, Carmine Appice,  Jim McCarty et  Rusty Day.

Après une nouvelle envolée héroïque reposant sur une rythmique balèze, Ben emmène la machine jusqu'à l'entrepôt.

Saint-Agathon, this was the warm-up, plaisante-t-il, passons aux choses sérieuses!

Voici ' Longing for a woman', un morceau que je ne jouais plus depuis un petit temps 

La Stratocaster s'engage mollo avant l'arrivée de l'artillerie lourde.

Ben nous régale d'une digression qui explique l'admiration que lui portaient Jeff Beck ou Gary Moore, ce gars étale une adresse hors du commun, fretwork admirable, juicy licks et envolées cinglantes  se succèdent et nous laissent pantois.

Le drummer attaque la suivante en force, les copains ne se font prier, les noix tombent du cocotier, tous aux abris, ça mitraille sévère, ' No second chances'  est explicite, tire-toi, ne t'avise plus de  croiser  ma route!  

Ben s'éclipse pendant 15 secondes, Wayne et Steve, en tempo largo, introduisent la suivante, Ben réapparaît, ramasse un nouvel instrument, attend que l'audience acclame ses coéquipiers, avant d'entamer un slow blues en broderie anglaise, ' Don't cry for me' est le style de chanson qui réussit à faire pleurer toute l'Argentine.

Il nous régale d'un solo mystique, suivi par une éruption volcanique, nous démontrant que la guitare peut  s'avérer être une arme redoutable.

Next one is a cover, indique le tatoué, avant d'amorcer  "Dirty Laundry" ,  a song written by Don Henley and Danny Kortchmar!

Si tu veux savoir comment transformer un Southern rock en blues rock vicieux, va assister à un concert de Ben Poole. 

Sur 'The question why' , le trio  fusionne blues rock et  soul  en pimentant le tout de touches latino.

You, French people are respectful, thank you for coming on a Sunday afternoon, we really appreciate.

Nous aussi, Ben, on affectionne ton jeu, merci!

The last song is called  'Anytime you need  me', ce funk blues sera victime d'un léger accroc au niveau lyrics, uniquement remarqué par Steve,  qui lui fait un clin d'oeil.

Saint-Agathon n'y a vu que du feu .

C'est l'heure des gimmicks, ma guitare a des chatouilles, m'en vais la frotter contre le pied du micro, ziip, ziip, je te cède le relais Steve, montre leur comment tu manies la basse.

Après ce formidable solo en clair-obscur , Ben nous place une dernière intervention stupéfiante  et c'est debout que la salle implore les musiciens de revenir pour une dernière salve.

Une intro hispanisante évoquant le ' Spanish Caravan' des Doors amorce  'Time might never come' illuminé d'un solo pointilliste à faire pleurer Seurat et Pissarro.

Après dix minutes de délicatesse, le morceau prend une physionomie moins douce pour finir par un climax diluvien précédant l'outro dramatique.

Ce concert a fait l'unanimité,   quelques qualificatifs entendus à la sortie: extraordinaire, incroyable, topissime, wunderbar ( danke, Helga!), la poule aux oeufs d'or ( merci, Bigard) .