lundi 23 mars 2026

Ange à La Grande Ourse, Saint-Agathon, le 21 mars 2026

  Ange à La Grande Ourse, Saint-Agathon, le 21 mars 2026

michel

Non, ce n'était pas la chute de l'ange, de Chagall, le type a dit: chut, c'est Ange! 

Il est 21:55', l'acte Saint-Agathonnais de  la tournée "Quitter la Meute" peut commencer.

Débuté en octobre 2025 ( sans Christian Décamps désormais) , le tour  trace 55 ans d'histoire du pilier ( avec Magma)  du  rock progressif français , on aurait voulu citer Triangle, mais le groupe auquel on doit le fabuleux 'Peut-être demain' a jeté l'éponge trop tôt.

Ange en 1969, c'était Christian Décamps (Chant, Guitare, Claviers), Francis Décamps (Claviers, Mellotron), Gérard Jelsch (Batterie, Percussions), Patrick Kachanian (Basse, Flûte) et Jean-Claude Rio ( guitare rythmique).

En 2026, la formation, qui a pondu  25 albums studio, se compose de Tristan Décamps qui a repris le rôle du paternel ( vocaux et claviers)/  Hassan Hajdi  ( guitare), un fan de Jimi/  Thierry Sidhoum ( basse), photographe à ses heures perdues/  Benoît Cazzulini ( drums) , il s'amuse à jouer du Hendrix avec Hassan/ Séraphin Palmeri ( claviers, theremine), un fan de Tangerine Dream , cité dans plus de douze groupes.

Disposition scénique: batterie à gauche ( pour nous), claviers à droite, sauf le Korg  Kronos du maître de cérémonie, fringué d'une redingote d'illusionniste,, sans le haut-de-forme et le lapin blanc , qui prend place à l'arrière, le bassiste se place près de Benoît et la guitare est cachée derrière le seul qui a un prénom séraphique, Monsieur Palmeri.

Effets sidérants et coups de baguettes feutrés sur une cymbale, retour vers 1980 pour ' Je travaille sans filet'.

Tristan, théâtral,  vit son personnage habité à fond, son chant plein d'emphase impressionne,  les acolytes construisent un fond musical à la Genesis, le second mouvement part en crescendo, le theremine vibre, pendant près de huit minutes on a les yeux fixés sur l'acrobate qui ose les figures les plus audacieuses.

A tes côtés,  les idolâtres, surannés et  exaltés, savourent.

Ange attaque le tournoyant ' Adrénaline' , Tristan se paye un pas de danse funambulesque, tout en secouant un tambourin.

 Les envolées celtiques ont séduit les locaux, du coup les applaudissements pleuvent.

La plage  'Un diamant dans le coeur' s'entend sur le dernier album  ' Cunégonde'  , un drumming obsédant, un synthé porcelaine et un chant, tantôt feutré, tantôt rauque,  habillent un texte poétique et fleuri.

Tristan retourne derrière le Korg pour 'Quitter la meute' où la basse donne le ton, tandis que les claviers distillent des sonorités proches d'un clavecin, à gauche  Benoît frappe lourd , à droite  la guitare hurle, les loups vont s'entretuer, on sonne l'hallali! 

Séraphin nous invite au calme, en prélude il introduit 'Pace Nobilis' , un moment de tendresse biblique qui précède  'Prisonnier de l'aube', à l'intro récitée sur fond de piano serein.

Le ton glisse vers le solennel et le symphonique, la guitare, lyrique, rivalise avec les claviers, aux  somptueuses sonorités Rick Wakeman.

'Le langage des fluides' introduit par un synthé liturgique, impressionne, le  chant à la diction,  que n'aurait pas renier Luc Plamondon, responsable de la version musicale ( avec Richard Cocciante) de Notre-Dame de Paris, donne des frissons dans le dos, et quand Thierry et Hassan ajoutent leurs voix à celle de Tristan,    Gotlib, glacé,  se met à trembler!

Avec ' Camelote' on plonge dans le Moyen-Age,  on ignore si le roi Arthur aimait les moules, mais tes voisins  occasionnels se délectent.

En 1974, Ange dansait le menuet, pour preuve écoute ' Godevin le Vilain' et après tu te retapes ' Les Visiteurs'. 

Après une longue amorce à la structure symphonique c'est Thierry Sidhoum qui entame le chant de 'Des yeux couleur d'enfants'   , la pièce maîtresse de l'album 'Par les fils de Mandrin' , Hassan manie la poignée vibrato pour faire pleurer sa guitare et quand Thierry s'essouffle, c'est le ténor qui prend le relais.

Une nouvelle fois l'ombre de Genesis, époque Peter Gabriel, plane sous la constellation stellaire. 

Après un numéro de mime du bassiste, (je pose pour toi, Josette, fais clic, clic),  qui permet au fils Décamps de s'éclipser pour revenir les yeux bandés, c'est le magistral   'A Colin-Maillard'  qui déboule.

Et pendant ce temps au Tibet , Tintin a vu ' Les Larmes du Dalaï Lama'., nous on a applaudi à la magistrale interprétation de cette plage épique.

Ensuite, le batteur, survolté, entame ce qui en principe est le dernier morceau du set, le diabolique  ' Quasimodo'. 

Une Esmaralda défraîchie en a les larmes aux yeux , rien que pour elle, Hassan Hajdi multiplie les riffs balèzes.

Rideau!

Avant les bis, inévitables, un roadie, devenu maître de revue,  vient faire un   numéro cabotin, revenu du paradis, sans Vanessa, Ange attaque   'Dignité' au jeu de claviers rappelant celui de Dave Greenslade.

Le roadie réapparaît  pour déposer un tabouret à  un mètre du public, Hassan y prend place, il a troqué sa guitare électrique pour une acoustique et le public assiste à un duo guitare/voix  sur le magnifique ' Le soir du diable'.

Tristan a sorti un feuillet de sa redingote  , il nous lit un poème  qui précède l' 'Hymne à la vie' qu'il décore de quelques lignes de mélodica. 

L'équipe au complet reprend place pour achever cette plage gracieuse et réconfortante.

 Le groupe nous quitte après cinq fausses fins déroutantes, et tandis que les anges regagnent le royaume céleste, tu te tapes des nappes de brouillard bien bretonnes sur le chemin du retour.

Il n'y a pas que l'enfer à être pavé de mauvaises intentions, les dieux aussi ont des lubies! 

 

 

 

 

 

 

dimanche 22 mars 2026

Brieg Guerveno à La Grande Ourse, Saint-Agathon, le 21 mars 2026

 Brieg Guerveno à La Grande Ourse, Saint-Agathon, le 21 mars 2026

michel

C'est devant une assemblée cheveux gris ou crânes dégarnis  que Brieg Guerveno doit assurer le support des Godfathers du prog rock made in Gallia ( pays de l'andouillette et du jambon d'Aoste fabriqué dans le Bugey):  Ange,  un groupe   né pendant le premier décan du signe des Scorpions en  l'an de grâce mâtiné, 1969. (  oui, ça fait un bail, Nathalie!).

Ils ne venaient pas tous du même Ehpad, mais ils ressemblaient presque tous à des premiers communiants,  venus célébrer une messe tridentine, ce qui ne signifie pas que le curé n'a plus que trois dents!

21:00 - Brieg paraît, on m'a accordé 30 minutes  pour stimuler le public avant le concert des messagers de dieu.

Ce soir, je la joue solo, vous ne verrez pas  Stéphane Kerihuel à la guitare, Faustine Audebert à la basse, ni Nicolas Hild  ou Camille Goellaen.

Pascal, qui manie mieux le breton que nous, a déjà eu l'occasion de croiser le gars de Saint-Brieuc plus d'une fois, sur une étagère de son frigo, il a rangé tous les albums du barde folk rock, qui chante en breton.

( cf tous les papiers sur C M) 

Après un salut ethnique, il plaque une série d'accords secs sur une guitare électrique et entame le downtempo, sentant bon l'americana made in Breizh,  ' Kalon Flamm' .

Le ton est à la mélancolie, la voix et les ambiances sombres se rapprochent  des compositions de Madrugada,   t'as toujours été fan de Sivert Høyem et même si le sens du propos t'échappe, tu frémis face à la profondeur du rendu.

Les vocalises hantées et la mise en boucles de certains accords donnent un caractère majestueux à la plage.

Il annonce la seconde, 'Hebiou din'  , un extrait de son cinquième album ' Un Noz A Vo'.

La mélopée,  brumeuse, d'une beauté surnaturelle invite les auditeurs à clore les paupières pour vibrer intérieurement. 

Comme il est question d'Islande avec le  lent ' Piv'Vin', une chanson  inspirée par les écrits du  poète  Jón Kalman Stefánsson,  c'est tout naturellement l'univers  de Sigur Rós qui s'impose à l'esprit.

Il est toujours question de poésie avec la suivante, ' Em Digenvez'  , le texte, mystique,  d'Anjela Duval a été publié en 1964, Brieg l'a mis en musique et le joue ce soir à la guitare semi-acoustique.

Des effets chambre d'écho   lui donnent un caractère gothique.

Les soeurs Brontë ont apprécié.

Toujours à l'acoustique il entame '  Ar Barr Avel' ( le coup de vent), les arpèges précieux joués en  fingerpicking ont ému les fans de Martin Carthy, Nic Jones ou Barry Dransfield.

Je termine par un titre plus rock,  'Pell War An Hent' , pendant lequel le public bat des mains.

Bizarrement ce morceau, moins intense, t'as fait penser à  quelques rockeurs mainstream, made in Italy, Jovanotti ou Adriano Celentano, évidemment les intonations rugueuses du breton n'ont rien de commun avec la musicalité de la langue italienne.

Contrat rempli, prestation convaincante, appréciée par  les groupies vétustes d'Ange, Brieg Guerveno peut compter sur de nouveaux fans!

 

 

 

 

jeudi 19 mars 2026

Sarah Kinsley EP 'Fleeting'

 Sarah Kinsley  EP 'Fleeting' 

michel

 Sarah Kinsley Music, LLC, under exclusive license to Verve Label Group

bedroom pop 

  Sarah Kinsley, d'origine sino-américaine, naît en 2000  à Mountain View en Californie, elle grandit dans le Connecticut avant de mettre le cap sur New-York, où elle s'inscrit à la Columbia University.

La musique a toujours été inséparable de ma vie, confie la jeune personne, qui se dit influencée par  Kate Bush et Joni Mitchell.

En 2020 paraît ' The Fall', un debut EP , ..  through an EP of six songs, Kinsley portrays idyllic images of young adults falling in love—and the thick air of melancholy surrounding them when they fall out of it... écrit Stephen Crespo pour Columbia Spectator.

Elle ne chôme pas et sort un nouvel EP tous les ans , sauf en 2024, année où surgit l'album 'Escaper' , ensuite elle fait l'impasse sur 2025, histoire de jouer l'album sur scène.

Février 2026, fidèle à ses habitudes, elle propose 'Fleeting' , un cinq titres  à propos duquel elle confie... “I’ve always been happy for my music to be described as cinematic pop. The first bridge between my classical background and becoming more of an alternative or pop artist was actually film score....!"

Tracks

 1. Lonely Touch · 3:21 ; 2. Truth Of Pursuit · 2:51 ; 3. Reverie · 4:17 ; 4. After All (with Paris Paloma) · 3:43 ; 5. Fleeting · 3:39.

Credits:

Sarah  Kinsley - composer, voice, synthetizer, piano, programming.

Jake Aron - guitar, bass + production

Zac Coe - drums 

Will Graefe - guitar

 Paris Paloma  - guest vocals on After All

 Justin Termotto - recording engineer.

Sont tagués pour l'artwork, pour lequel Sarah a choisi une pose pensive mettant en évidence le fard à paupières soulignant  le foncé de ses yeux  : Florence Sullivan et Clare Larsen! 

Pour écrire ' Lonely Touch' , je me suis inspirée d'une scène du film 'Queer' du réalisateur sicilien Luca Guadagnino, elle ajoute:   “This song is an homage to the vulnerability of longing, of yearning for a kind of touch that is undeniable and terrifying. It is a song about true intimacy: wanting to feel the edges of another’s soul, becoming one in the dark together.”  ;

La synth pop sculptée par la jeune artiste  repose sur un  chant éthéré d'une pureté limpide ( cf Lana del Rey, Marina & the Diamond, Lorde ou Bleachers).

Elle a à peine prononcé Lonely touch qu'un  doigt enfonce franchement une touche du piano,  pour affermir les accords secs, le batteur y va d'un beat appuyé, puis vient le synthé   qui élabore  des nappes célestes, le rythme s'accélère pour atteindre un climax,  car la voix s'élève de plus en plus haut et va effleurer les sphères spirituelles, là où vivent les anges.

Pour   “Truth of Pursuit.” Sarah s'est chargée de tout, les synthés, la drum machine,  le programming, les vocaux.

Les effets  élastiques, le drumming mécanique accentué ( qui peut évoquer ' In the air tonight'  de Phil Collins)  , la voix  haut -perchée et flexible,  proche  des intonations de Kate Bush, tout confère à donner  un cachet  magique à la composition.

Si tu baptises une piano ballad  ' Rêverie' , forcément tu peux t'attendre à un rapprochement avec Debussy.

Mélancolie, vocaux aériens, piano symboliste, te voilà presque transformé en  Jeanne Samary, la jeune actrice qui avait servi de modèle à Auguste Renoir  pour le tableau ' Rêverie'.

En fin de morceau la guitare de Will Graefe vient ajouter plus de relief  à la toile.

Sur ' After All', Sarah et la chanteuse   Paris Paloma se partagent les vocaux.

Cette dernière avait fait un carton avec le titre ' Labour' en 2023. 

La romance est soulignée par une section de cordes qui a arraché quelques larmes à l'amie, anglo-saxonne,  de ton épouse, venue prendre le thé chez toi.

I love this ballad, a-t-elle ajouté, who are the singers?

Adele et Taylor Swift .

You're kidding.

T 'avais fait un effort, t 'aurais pu annoncer   Aya Nakamura et Héléna! 

Pour terminer le catalogue, Sarah propose ' Fleeting' qui a donné son titre à l'EP.

L'uptempo sautillant présente,  selon les fans, de sérieux Robyn vibes, il est vrai qu'il s'agit de la plage la plus catchy et dansante du recueil.

La chart -topping pop  music  n'est pas forcément bonne à servir de pub pour vendre des parfums, des serviettes hygiéniques ou des véhicules électriques, le talent de Sarah Kinsley mérite plus de crédit!

  

 

 

lundi 16 mars 2026

Ally Venable band à La Grande Ourse, à Saint Agathon le 15 Mars 2026.

  Ally Venable band à La Grande Ourse, à Saint Agathon le 15 Mars 2026.

michel

T'es pas encore entièrement retapé après le fantastique concert de Bernard Allison et déjà La Grande Ourse  choie les fans de blues avec un nouveau concert fracassant: Ally Venable et son band entament leur tournée européenne en terre bretonne.

La Texane n'a pas encore 27 ans mais est déjà,  d'ores et déjà, considérée comme une de celles qui assurent , avec éclat, la relève du blues rock , on la place à la  hauteur de Susan Tedeschi, Ana Popović, Samantha Fish, Erja Lyytinen ou Ina Forsman.

Du coup il a fallu refuser du monde, les derniers arrivés sont restés sur les marches de l'estrade. 

27 ans en avril et  déjà  6 albums ( sans compter 2 EP's self-produced)  à son actif,  distribués par Ruf Records, à titre de comparaison,  The Sisters of Mercy a pondu trois albums studio  depuis sa naissance.

Son  dernier  forfait, 'Money & Power' date de 2025.

Avant l'entrée en piste du trio, une guitare se fait entendre, un blues qui dit ' All night long'.

EJ Bedford ( membre d'un tribute to d'Angelo, comme son copain Isaac)  - bass, synth  and vocals et  Isaac Pulido - drums (  Buddy Guy, Kenny Wayne Shepherd, Eric Gales,  Bernard Allison, e a),  .précèdent Ally - guitar, vocals.

Ils sont trois, d'emblée d'autres power blues trio viennent s'imposer à l'esprit: Cream, James Gang, Taste, Jimi Hendrix Experience ( avec Mitch Mitchell et Noel Redding) ou Beck, Bogert and Appice.

Une basse funky syncopée, reconnaissable entre toutes, amorce  le tube monumental des Temptations, ' Papa was a rolling stone', la guitare fait tchik tchik tchik, puis Ally hante la pédale wah wah , le feu d'artifices vient de débuter.

C'est juteux et rock  à souhait , un premier bridge permet à EJ et à Isaac de caracoler à l'aise, Ally les rejoint pour faire éclater des riffs aussi passionnés  qu'intenses.

Tu pensais que la  version des Temptations était inégalable, tu t'es trompé, Ally  se l'approprie en y ajoutant des ingrédients rock furieux.

'Texas honey' ( le titre de son 3ème album) débute par une attaque sèche,  d'une voix rageuse elle promet de lui piquer tout son pognon, son sucre et le reste aussi, elle assaisonne  tout ça  d'une avalanche de riffs, tous plus meurtriers les uns que les autres.

Le miel du Texas a une saveur piquante.

Elle dédie le premier slow de la soirée ' Unbreakable' à toutes les ladies dans la salle, une basse duveteuse ( toutes les plumes des poules de la basse-cour y sont passées) qui gronde , un drumming scrupuleux et  une wah wah dodue,  c'est du blues inébranlable!

Next one is a song about drinking too much, un constat qui ne concerne pas les Bretons, ' Brown Liquor' , orné de  soli robustes et insolents, risque pourtant de te laisser en bouche un goût de gueule de bois.

Si Lucky Luke tire plus vite que son ombre, Ally Venable est du calibre Calamity Jane, la Les Paul canarde sans relâche, et La Grande Ourse en redemande!

Saint-Agathon, are you  ready to hear me play the blues tonight?

Mais, Ally, c'est la raison de notre visite, ne te gêne pas, play your blues! 

' Steamroller blues' , emprunté à James Taylor,  chanté d'une voix cassée, remue les entrailles  et pique comme un cactus texan.

Le talent d' Ally  n'a pas échappé à quelques grand noms de la scène blues US, Joe Bonamassa ou Buddy Guy  sont fans et ont participé  à l'élaboration de certains titres, ainsi ' sur ' Texas Louisiana', Buddy Guy donne la réplique à la jeune virtuose, ce soir  E J reprend son rôle. 

Après ce duo vibrant vient  le formidable slow ' Broken and blue' , une des pièces maîtresses du show, qu'elle interprète avec  feeling.

Isaac n'attend pas nos applaudissements, il embraye  promptement sur ' Stopper back papa'., un funk blues suintant  et enragé  sur lequel EJ Bedford parvient à jouer de la basse et du synthé en parallèle. Saint-Agathon, ensorcelé, accompagne les musiciens en battant des mains.

Virage boogie sur le tonitruant  ' Feel that sting', elle s'agenouille pour  tirer quelques effets stridents de la pedal station tandis que le bassiste prend place sur l'estrade  aux côtés du batteur.

On l'a ressentie, la piqûre,  c'était violent!

  'Real gone'  décolle comme un missile destiné à anéantir  la flotte ennemie, ça canarde sans répit et à une vitesse folle.

I love France ( prononcé à l'américaine) , this track is called 'Road to nowhere'  et n'a aucun rapport avec Talking Heads.

Le titre s'éloigne du schéma  blues rock   furieux, Ally le décore d'un solo à faire frémir Gary Moore.

Avec ' Fire' de Jimi Hendrix on revient au blues rock incandescent, le bassiste n'a pas dû insister des masses pour inviter le public à battre des mains.

Où sont les pompiers, merde, l'incendie fait rage.

Stevie Ray Vaughan est une influence ( texane) majeure, normal qu'elle lui rende hommage,  en reprenant l'instrumental ' Lenny'.

10' de bonheur absolu.

On arrive aux salutations, suivies par le bis 'Ain't that a bitch' , emprunté à Johnny Guitar Watson, titre qui permet un duel tumultueux, basse/guitare que le duo termine à genoux face à Gilbert un des photographes maison qui shoote à l'aveugle.

Après deux heures de show , le trio vient signer les disques à la table de merch. ( On remercie l'incroyable bassiste pour son amabilité et  sa complaisance).

 

Ce 17 mars , c'est Wattrelos qui accueille Ally et son band! 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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samedi 14 mars 2026

EP - Anything For You par Grandmas House

 EP -  Anything For You par Grandmas House 

michel

 Duchess Box Records 

post-punk 

Si Bristol nous a délégué, e a,  Portishead, Roni Size, Tricky  ou  Massive Attack, de nos jours ce sont IDLES,  Katy J Pearson ou Grandmas House qui défrayent les chroniques.

Grandmas House voit le jour  fin 2018, lorsque Yasmin Berndt, Poppy Dodgson et Daisy from London ( membre du combo à l'origine)   remplacée depuis par   Zoë Zinsmeister  , toutes étudiantes à l'unif   décident de monter un queer band.

Elles hantent les clubs de la scène locale et font impression, en 2019, plusieurs de leurs shows affichent complet, un premier single, rageur, 'Devil's advocate' paraît en 2020, un cocktail molotov, d'après la presse du coin. 

'No place like home' est tout aussi bouillonnant, puis vient un premier EP éponyme, suivi en 2023 par un second EP ' Who Am I'.

2024, sortie du single ' Screw it up' qu'on retrouvera sur le dernier EP en date , ' Anything for you'  , sorti en 2025.

Et là, une surprise,   la maison de mémé se conjugue désormais à quatre,... we made the decision to add one of our best friends Polly on guitar... déclarent les filles lors d'une entrevue.

En attendant de nouvelles chansons, qu'il nous faudra mériter, on épluche l'EP  ' Anything for You' publié l'an dernier. 

Tracks

 1. Screw It Up · 02:15 ; 2. Slaughterhouse · 03:00 ; 3. From The Gods · 02:55 ; 4. Nothing Special · 02:12 ; 5. Haunt Me · 03:49 

line-up:  Yasmin Berndt (vocals, guitar), Poppy Dodgson (vocals, drums) and Zoë Zinsmeister (bass)+ Polly ( guitar)

 
Cover by Clump Collective., une photo de famille:  quatre girls vêtues de noir, dont deux installées sur une chaise à l'avant, les deux autres se tiennent debout à l'arrière.

Comme le photographe a omis de mentionner ' smile', elles n'ont pas souri. 

Le  premier titre est explicite, on va tout foutre en l'air ( Screw it up')! 

Dès l'entame, les filles te prennent à la gorge et serrent fort , déjà la voix graveleuse et féroce  de Yasmin  te fout les jetons, les guitares en distorsion crachent des riffs brûlants,  Zoé et Poppy ont construit une forteresse indestructible.

Un conseil pousse le volume dans le rouge pour apprécier l'hymne à sa juste valeur.

Mec, maintenant, je vois clair dans ton jeu, tu mens à tout le monde, tu tiens à nous noyer, l'eau n'arrête pas d'affluer, ça me rend folle...   I see it all, now the lights are bright... 

Depuis Britney Spears's ' Toxic' les  avis de relations toxiques ou de stashing  affluent, déballer n'est plus un péché! 

Et si on se payait un petit tour à l'abattoir?

' Slaughterhouse'  ou comment transformer  une lovesong   en comportement anthropophage?

Une guitare presque inoffensive  introduit  la plage, Yasmin a l'air moins enragée, évidemment tu sais que ça va tonitruer dans peu de temps, ça pouvait pas rater, les drums s'énervent, les guitares agressent tandis que la jeune fille poursuit son chemin de croix, comme le pèlerin qui se tape Saint-Jacques-de-Compostelle à genoux . 

S'il le faut je me transforme en Faust et je vends mon âme au diable,... I'll do anything for you...

C'est beau, l'abnégation! 

Tu me vois comment de là-haut?

' From the Gods' , c'est quand on te fait comprendre que t'es un être inférieur.

  Ici, la basse pulse à mort, Poppy frappe comme Chucky  la poupée tueuse, les guitares rugueuses vont dégraisser tes pavillons jusqu'à la trompe d'Eustache,  le chant  décapant  te prend à la gorge!

 Ces filles réussissent à  faire passer  Sleaford Mods pour un groupe pour midinettes boutonneuses.

Prêt pour un peu plus de deux minutes de punk joué à la vitesse de l'éclair, voici 'Nothing Special'. Recette: crunchy riffs,  batterie survoltée, chant  et chorus  speedé, ..round and around and around we go... jusqu'à la fin du show!

La collection s'achève sur ' Haunt me', une pièce plus flegmatique au propos gothique, avec Poppy aux lead vocals.

Un titre qui risque de bercer tes nuits  ou de les hanter!

Le groupe achève une tournée au Texas, il sera à Blois le 19 mars et au  festival Elfondurock ( Marcoussis) le 21.

 

 

jeudi 12 mars 2026

Bernard Allison - La Grande Ourse - Saint-Agathon, le 11 mars 2026

 Bernard Allison - La Grande Ourse - Saint-Agathon, le 11 mars 2026

michel

 

What's on in Saint-Brieuc, and in the neighbourhood, annonce le concert de Bernard Allison... 

"  His guitar playing blends precise slide, cutting riffs and more soulful phrasing, with a tone that flirts with rock while remaining rooted in the heart of the blues."

Cyril, à l'issue de la prestation:

 There are certain phrases we often hear about artists: ‘He shared with his audience.’ Last night, La Grande Ourse and Bernard Allison with his band showed what that really means!  Proof is in the pictures. Thank you for this great moment of blues but also of sharing!

 Sein Vater ist eine Legende des Blues aus Chicago.

Im Saint-Agathon bewies der Sohn, dass er mit dem Erbe würdig umgehen kann....

La salle affiche quasi complet, le public breton aime le Chicago blues!

En 1986, à l'affiche du Marktrock, à Leuven ( Louvain), il y avait  Rufus Thomas et   The Luther Allison Band, plus les vedettes locales: De Kreuners.

40 ans plus tard, tu assistes, enfin, à un concert du fils de Luther: Bernard Allison, un fils qui,  en 2024, lâche le double album 'Luther's blues', en hommage à son illustre paternel.

 La Grande Ourse aura l'occasion d'en entendre plusieurs extraits.

 Sam Butts Jr. , le drummer, George Moye , l'imposant et souriant bassiste, je veux les mêmes mocassins, murmure Bécassine,  et l'incroyable Eric Robert ( Walter Trout, Coco Montoya, Keb Mo' ,  Lucky Peterson etc...)  aux claviers, sont les premiers à se présenter pour entamer un instrumental funky en diable ( sans doute ' Send it in') , ils sont très vite rejoints par le flamboyant guitariste.

Eric, déjà, tricote  comme une tisseuse du Tennessee, la rythmique groove à mort, et la guitare place une série de riffs gluants.

Les artificiers sont présentés, puis il explique qu'on ne voit pas de papier sur le sol, ce n'est pas un choix écolo, non, il travaille à l'inspiration, en adaptant son set à l'attitude du public. 

Ils enchaînent sur ' So excited'  , le bluesrock qui ouvre l'album 'Highs and Lows' ,  paru peu après le sinistre épisode Covid.

Le titre est construit  sur une basse lourde et un drumming sec, le guitariste nous confie son plaisir d'avoir pu retâter de la scène après  un repos forcé.  Les riffs râblés font écho au jeu de clavier pétillant, pendant un solo, George et Eric invitent le public à battre des mains, ce qu'il fait sans rechigner.

La température a déjà sérieusement grimpé dans la salle, Georgette s'évente tout en gigotant sur place.

Sans pause, ils attaquent le funky  'Night Train'  ( sur ' Let it Go') la wah wah s'emballe, l'orgue prend des intonations Tamla Motown, c'est  drôlement juteux.

Pour un  premier  slow blues, Bernard a opté pour 'The way love was meant to be' .

La plage, kilométrique, est chantée d'un timbre soul fiévreux, les soli, tantôt méticuleux, tantôt voluptueux,    se multiplient pour cajoler nos pavillons , La Grande Ourse oscille en mesure avant d'applaudir pendant de longues minutes, à la grande satisfaction des musiciens.

J'avais 6 ans quand mon père a composé ' Change your way of living'  , a rolling piano ballad  qui permet à Eric Robert de nous régaler par un jeu où le boogie dégouline.

Avec ce band, tout semble simple et couler de source, pas besoin de cinéma, c'est juste du blues de haut  standing. 

Ils enchaînent sur 'Bad love' , une nouvelle composition de Luther Allison, une des nombreuses perles à retrouver sur 'Luther's Blues' .

People, sometimes I like it quiet, du coup on se retient  de respirer bruyamment, tandis qu'il enchaîne les notes minimalistes pour ensuite placer des riffs furieux.

On chante le refrain, il repart en roue libre, se paye une promenade dans la fosse pour se dégourdir les jambes, puis vient saluer les gens assis sur les gradins, j'escalade à gauche, puis à droite, pas de jaloux, bonjour, Béatrice, le siège à vos côtés est inoccupé, je peux, bien sûr, Monsieur, il lui joue une aubade, se relève, quitte la salle, se désaltère au comptoir tout en jouant,  puis la guitare,  invisible, réapparaît,  il  rejoint ses petits camarades pour terminer la tirade en flammes incandescentes .

Une ovation gigantesque ponctue ce récital phénoménal.

La wah wah tempête, les chiens sont de sortie, tout Saint-Agathon jubile, car on a reconnu les premières mesures de 'Voodoo Child' de Jimi Hendrix. 

Une accumulation de  trilles vibrantes secouent nos entrailles , c'est parti pour un marathon de près de 10 minutes, il improvise  en solitaire, ses acolytes ont le temps de se tricoter une écharpe en vue de l'hiver prochain.

Merde, j'ai laissé mon mobile en coulisse, j'aurais pu téléphoner à madame et prendre des nouvelles des gosses, se dit George.

Sans leur faire un signe, ils ont compris qu'il fallait reprendre le boulot pour achever la plage. 

Après ce fait d'armes, George, Eric et le chef prennent la tangente, c'est l'heure du solo de batterie didactique de Junior.

Parmi les tableaux proposés, ta voisine a reconnu ' We will rock you'  , du coup elle a hurlé ' Yeah'.

Georgie Fame a renchéri, I say yeh, yeh.

Quelle soirée!

George se pointe pour une digression moite, il en profite pour placer ' Another one bites the dust'  dans son exposé, puis c'est au tour d'Eric d'entrer dans la danse pour un numéro comedy capers versus la chevauchée fantastique.

Il a tellement massacré les touches que le matériel s'est déglingué.

Bernard qui a retrouvé le podium se demande comment ils vont interpréter 'Serious' sans les keyboards malades.

Heureusement, les mécaniciens retapent la bête. 

'Serious' est vraiment un titre particulier, il peut faire penser à Dire Straits, mais plus quand  le fils de  Luther ( pas confondre avec Calvin) entame un virage reggae.

Eh, les gars, on improvise?

C'était pas du grand n'importe quoi,  mais c'est parti en ratatouille épicée, on a reconnu des bribes de ' Sunshine of your love', une once de Freddie King, puis  un phrasé jazzy,  avant la reprise, sérieuse, du thème initial pour terminer par une cover, ' Going down' des Alabama State Troupers.

File immense au merchandising, un selfie avec ma femme, Bernard?

Elle s'appelle comment?

Bernadette! 

Dimanche, La Grande Ourse accueille  Ally Venable, rendez-vous est pris!

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

  

 

 

mercredi 11 mars 2026

Catchy par Catchy Peril

  Catchy par Catchy Peril 

michel

 Autoproduction / No Need Name

(nuclear) disco- punk/glam/synth wave /post-punk 

Moins de deux ans  après avoir  explosé le disco sur l'EP ' Disco Sucks' ( cf papier de Pascal) , les Marseillais de Damas, ayant enterré Bachir Al Acid  ( à la carte de visite cartésienne: Bachir Al Acid est un groupe issu de la rencontre entre Johnny Rotten et Claude François dans les toilettes secrètes de la zone 51) , le  groupe Catchy Peril revient avec une nouvelle bombe, baptisée  ' Catchy' .

 Benjamin Delair, Kévin Plasse, Paul Blanes et Louise Baudu ( une ex Frih Drah, toujours membre du projet 1003) sont donc de retour avec une rondelle qu'ils qualifient d'abrasive.

 Track List :

Lemon Eye

 Sugar Lane

 I Like it Hard

 Epilepsie

 Astro Orbiter 

Electricity

 Lovely

 Drugs

Crédits: Kévin Plasse (batterie),/Paul Blanes (basse, choeurs)/ Louise Baudu (synthé, choeurs)/ Benjamin Delair (guitare, chant) 

Les noms suivants sont mentionnés pour l'art work: Pat (photo), Krakovic (tattoo), Paul Tellier (design), Margaux Solia (Letters design / typo) .

Deux mains gantées black  s'évertuent à tatouer le muscle deltoïde ( probablement celui de Benjamin)  du mot catchy, qui surplombe un dessin obscur.

'Lemon Eye'  ( avec s sur bandcamp, sur spotify le citron est borgne) ouvre en forme de brûlot   glam/ proto punk, qui nous ramène vers de doux cinglés style Nina Hagen, sans les écarts opératiques, les Dogs d'Amour ou Hanoi Rocks.

Après un cri de hyène malade, basse/batterie et guitare attaquent en force, le synthé prend des coloris plastiques,  Benjamin  greffe son chant punky sur ce fond sonore forain, un choeur démoniaque s'invite à la fête pour s'époumoner ... you're on your way to die...

Sympa, plus besoin d'aller rendre visite à Madame Irma, la cartomancienne du bled. 

On n'a aucune idée de la ville où se situe la ' Sugar Lane' chantée par les Marseillais , on ne sait pas non plus si il s'agit de Brown Sugar, un peu acide, n'empêche qu'ils continuent sur la voie entamée par ' Lemon Eye'.

Pascal, à l'époque, citait B 52's, c'était pas idiot,  'Lucky Number' de Lene Lovich peut également servir de point de repère.

La batterie   gronde, le synthé vintage,  new wave première époque , et le chorus scandé, transpirent une époque où on s'amusait beaucoup, la guitare, un instant,  fait diversion, avant la réapparition du synthé et de ses effets theremin. 

On quitte la Sugar Lane,  pour ' I like it hard', crooné à la manière d'un Ringo Starr pour les morceaux les plus kitsch des Beatles.  

Le synthé valse en trois temps, le manège tourne au ralenti, les enfants s'amusent, tout baigne!

'Epilepsie' est, forcément, méchamment plus spasmodique, le titre débute  par un riff de guitare lancinant répété à l'infini pour qu'il s'imprime bien dans ton cerveau, puis vient la voix sonnant comme du Roger Waters, l'ombre du Floyd plane, tu sais que ça va exploser, puis la guitare réitère  la même rengaine, tandis que Kévin tapote méthodiquement  l'élément métallique de sa batterie, ...  I’m turning around and around and around... dit le texte, Louise attaque en force, ajoutant un élément synthétique à la plage qui continue à monter  en puissance jusqu'à la fin de la crise, qui aura tout de même durer près de 4', t'étais sur le point d'appeler le 15.

Si t'as pas le vertige, tu peux prendre place dans  l' ' Astro Orbiter'  , munis-toi de ta combinaison d'astronaute , du casque adéquat, car va falloir affronter des turbulences.

Riffs caustiques ou ondulants,  chorus  clignotant, estocades et dérapages  synthétiques, attention, ça glisse! 

C'est pas aussi pop que les Buggles, mais tu peux penser aux Missing Persons ou à The Waitresses! 

'Electricity' n'est pas une reprise d'Orchestral Manoeuvres in the Dark , mais le combo monté  par  Andy McCluskey et  Paul Humphreys  peut avoir influencé les Marseillais.

Gaffe au survoltage, les copains,  ça laboure vache, c'est pire qu'un  maelström intense qui risque de t'entraîner dans l'abysse.

Le synthé,  tel un manège  détraqué,  pirouette à une vitesse excessive, la batterie maintient un tempo de malade,  vérifie si ta ceinture est bien attachée, et souviens-toi,  à Antibes, un gosse a été éjecté du Grand-Huit, il souffre  d'un traumatisme crânien sérieux.

Un orgue   tout en puissance introduit le synth punk barbare ' Lovely' chanté ( glapi)  d'un timbre féminin.

Quel insecte vicieux a piqué le cheval qui multiplie les ruades et  coups de sabot dans le vide?

Soudain la course folle prend fin   et,  après un instant de silence,  la voix part en vocalises étouffées  je chante sous la douche.

Pour clore l'essai, Catchy Peril propose le punk désespéré  ' Drugs'. 

Dans un no future land affligeant où même Dieu est mort, il  reste une solution... I wanna get drugs....

Une batterie et une basse  martiales   donnent le ton, le chant scandé ( très Sex Pistols)  suit le rythme ,  le synthé sort ses griffes, la guitare, en embuscade, place une ligne acerbe puis   un choeur gothique s'invite à la non fête, jusqu'à l'overdose.

Alors  vient le final,  pour qui sonne le glas !

 Quoi, ' Love is the drug', non, ça c'est un autre film!

Catchy Peril a entamé en tournée qui verra le groupe écumer des scènes, e a,  à Marseille, Aix -en -  Provence,   Nice, Lodève ou Forcalquier!

 


 

 

 

 


mardi 10 mars 2026

Maddy Street à Bonjour Minuit • musiques actuelles à Saint-Brieuc, le 7 mars 2026

 Maddy Street à Bonjour Minuit • musiques actuelles à Saint-Brieuc, le 7 mars 2026

michel

Je suis né dans la rue .. oui, Johnny, mais Madeleine Street, la ( le)  franco-anglais(e), naît quelque part, pas en rue,  en Normandie, de parents anglais,.

Lors d'une interview, iel  confesse:  Mon père est fan de rock dont des classiques comme The Who et les Beatles. Du côté de ma mère, c'était des artistes plus dansants et soul, comme James Brown, Aretha Franklin… Durant mon adolescence, j'ai écouté beaucoup de pop, puis du rap.

And now ( what now my love, c'est Evis)?

Iel cartonne  en combinant joyeusement    Pop/Rap/Indie/Electro/Soul/Punk/Post punk/Hip Hop/ Drill/UK garage et en ignorant le Middle of the Road.

Ce soir, ils sont trois sur scène, Madeleine ( chant)  qui revendique son identité queer, le fantastique batteur Baptiste Wolff  ( Dévore) et une petite, plus d'un mètre 70 tout de même, nouvelle, Chloé ( T-shirt Lambrini Girls) à la basse et à la guitare, il faut ajouter un PC muni d'une bande son, comme les copains de Jean-Luc, insoumise! 

Une bande d'inspiration post punk annonce l'arrivée imminente du trio, Maddy se colle au micro, le loup frappe et Chloé agresse les cordes de sa guitare, c'est parti... they're not a boy or a girl, just a fucking problem,... ou le second single de sa mixtape qui doit sortir le 11 mars.

D'emblée son flow rapide et écorché  frappe les imaginations,  une espèce de Dizzee Rascal queer, t'avais oublié ta casquette snapback  dans ta caisse, pas de bol, pas moyen de frimer, tu te contentes de bouger le crâne, quand soudain, plus aucun  son ne sort de la machine.

La cassette  déconne, la bande-son dérape!

Première séquence bricolage et on redémarre, oui, mais, sur la deuxième chaîne il passait le même navet, seconde coupure!

Un obstétricien est appelé à la rescousse, troisième essai, Zorro n'est pas arrivé, faut meubler, on apprend que Maddy s'est détraqué un ménisque, pas au ski, ni au foot, non sur scène, Dorothée, avait effectivement noté la genouillère. 

On ne va pas s'énerver, on essaie sans les bandes, OK Chloé, OK Baptiste? 

Yes, ce sera MTV unplugged, répond le canis lupus.

Macklemore & Ryan Lewis  ' Thrift shop' en semi-acoustique, ça le fait.

Tous les motherfuckers du coin, à la fête, Prince aussi.

Affirmatif, this is fucking awesome!  

L'oreillette me dit que c'est bon, on active la machine pour emmancher ' Deep eyes'.

30 secondes plus tard... ce n'est plus drôle, ça foire toujours!

Caca ( shit, in English)!

On tente  'Shrek is a Lesbian' sans le PC, uniquement la basse, les drums et la voix, et ...ça marche!

Nouvelles tergiversations, l' homéopathe:  ça devrait fonctionner maintenant.

'Deep eyes' est à nouveau saboté, tous des charlatans, ces médecins! 

T'en connais beaucoup qui auraient plié bagage pour  se rendre sur une île déserte.

Maddy Street n'est pas Robinson Crusoé,  c'est décidé on abandonne définitivement le computer, basse et drums feront le boulot et Saint-Brieuc se charge du refrain.

It's going to be a big mess... pas du tout, c'était phénoménal.

J'espère que vous aimez le drill, voici ' Big Dreams'  et son flow caoutchouteux, l'anglais et le français se marient, ce titre  doit cartonner dans les boîtes!

'Switch bitch',   attention à la nitendinite qui peut frapper les accros aux jeux vidéos, sinon  switch bitch déménage à mort.

Baptiste pilonne sans relâche, Chloé brame pire qu'un cerf   amoureux, finalement on se passe fort bien de la machinerie.

 On essaye ' Villains'?

Un rock/rap   musclé  à la Primal Scream, suivi par  le dernier single en date ' Kicks in' qui sans les bandes prend des coloris funky.

Le public bat des mains et frappe le sol du talon. 

Quoi, il n'y a pas de femmes dans l'univers musical, tu rigoles , mec,  "il y en a partout, tu ne les as pas cherchées" !

Un coup d'oeil vers l'organisation, on peut?

Oui, encore un petit  1/4 h.

Voilà la version non tronquée de  ' Problem'  qui a été bousillé quatre fois, puis vient ' Loud' ,  une plage qu'on peut qualifier de  hard/rap.

Tout la salle hurle  le refrain 'happy as hell'.

Et après les remerciements d'usage et milles  excuses pour le côté chaotique de la prestation, le trio termine le concert par  'Violently Pretty' , le titre le plus touchant de l'EP 'Heart Choices'.

 

Maddy Street sera en tournée (  Everybody Rocks Tour) à partir du 13 mars, attention pas mal de dates affichent sold -out!

Si Dinah Washington chantait ' Mad about the boy', we're mad about Maddy! 

Comme il te fallait  rentrer chez toi et  replonger  dans l' ouate  humide,  impossible à taillader à la machette, tu juges plus prudent de faire l'impasse sur le concert de Nord//Noir.

 

  

 

 

 

 

 

 

 

lundi 9 mars 2026

Louisadonna à Bonjour Minuit • musiques actuelles à Saint-Brieuc, le 7 mars 2026

 Louisadonna à Bonjour Minuit • musiques actuelles à Saint-Brieuc, le 7 mars 2026

michel

C'était pas fog on the Tyne, ni Quai des Brumes, qu'un plaisantin, habitué du boulevard Barbès, a transformé en quai des brunes, ce n'était pas non plus la complainte du phoque en Alaska,  mais plutôt Path en brouillard  ( merci Claude Monet), version Vallée du Gouët, les Korrigans étaient de sortie,  toi, aussi, car on t'attendait à Bonjour Minuit qui, à la veille  de la journée internationale des luttes des droits des femmes, programmait une soirée où les dames tenaient le haut du pavé ( sans sous-entendu trivial) : Louisadonna, Maddy Street et Nord//Noir devaient se succéder sur la scène du club!

A l'origine  Camion Bip Bip était annoncé, mais le camion ne roule plus, le groupe queer a jeté l'éponge, dissolution, ça s'appelle!

 

Devant un public essentiellement féminin, ( tu t'es fait tout petit, merci Georges)  Louisadonna se pointe peu après 21h.

 Louise Donna Dupont affiche plusieurs profils: psychologue clinicienne ( auprès des femmes et enfants victimes de violence), chanteuse et militante féministe.

Si Louise débute en anglais, c'est en 2020 avec le sulfureux ' A deux' qu'elle commence à faire parler d'elle.

Dès le début du concert,  debout à tes côtés, une demoiselle qui a adopté le  look  Louisadonna mais pas son T-shirt 'Sales Connes',  reprend en playback le titre proposé ( ' Pas moi')  ,  elle fera pareil avec chaque morceau.

Seule sur scène, la jeune femme débute ' Pas moi'  a capella  avant l'apparition des bandes sonores, le texte, explicite, est cru, insolent et juste à la fois, c'est une évidence toutes les filles se retrouvent dans les propos de Louise,  dont le chant évoque Angèle.

Quelqu'un qui écrit .. On voudrait juste être un peu plus écoutéesOn est juste la moitié de l'humanitéTout ce qu'on demande, c'est de pouvoir coexisterMais dès qu'on parle, on a l'impression de gênerOn lutte, on lutte, mais y a rien à faireOn meurt parfois, juste parce qu'on l'a ouvertTu fais des blagues, t'appelles ça second degréMoi, j'ai juste envie de pleurer..

mérite tous les applaudissements, ceux  de Judith Godrèche,  Gisèle Halimi, des deux Simone ( Veil ou de Beauvoir) ou de Matt Damon.

Elle enchaîne sur ' Mal au dos' qui ouvre l'album ' Parasite' , pop friandise, chant  autotuné, le truc colle à tes oreilles et ne va pas les lâcher.

Après ' Vrai bonhomme' , un  discours féministe  sur fond de ritournelle, elle ramasse une guitare pour attaquer 'Serpent'  précédé d ' un texte off.

Guitare grinçante et propos venimeux  et pourtant tu danses!

Le saccadé 'Chenille' a été écrit avec Thérèse , elle a entamé un pas de danse robotique, imitée par une cohorte de fans.

Le percutant ' Petites filles' ( featuring Mathilde sur la vidéo) est interprété en guitare/voix  au départ,  avant  l'explosion sonore.

Puis vient 'Pourquoi' , sur fond electro dance irrésistible, elle livre son message ..   merde, pourquoi tu me dévalorises constamment!

Sa colère ne s'assagit pas, les images fortes s'accumulent,  ' Aliens' ...  J’ai encore rêvé d’aliens, mon utérus a fait toute la mise en scène . Ils venaient envahir, tout détruire..

 Gars, arrête d‘essayer de m’hystériciser...

 Un communiqué destiné aux masculinistes ( pères de famille) , voici ' Parasite', j'ai jamais voulu voir ta b... , masturbe-toi, mec!

On passe à une relique, ' A deux'  date de 2021, en amour il faut être deux, il faut arriver au match nul, tu jouis, je jouis!

Saint-Brieuc, on va niquer les extra-riches ensemble,  sur fond boum, boum, boum, voici ' Monopoly',  de la techno révolutionnaire.  

Les astres influencent  nos vies, 'Elle est taureau',  je suis sagicorne!

On approche du terme, elle ne compte pas  se reposer sur ses lauriers et balance deux dernières  salves, bien trash,  ' Vieille meuf' et le tube imparable ' Punchline' ( la vie est trop courte pour s'épiler la chatte).

On a assisté à un set hyper tonique, radical et provocant,   une belle  toile  Femen colorée   .

Choisis ton slogan féministe, nous on aime bien 'I can buy myself flowers' , c'est pas agressif!

 

 

 

 



 

 


 

 

 

 

 

samedi 7 mars 2026

La Mante au Chaland Qui Passe à Binic, le 6 mars 2026

La Mante au Chaland Qui Passe à Binic, le 6 mars 2026

michel

C'est où ce soir?

Au Chaland, à Binic!

Au menu?

La Mante. 

Tu bois du thé, t'es malade!

Non, et ce n'est pas du Eddy Mitchell, ni du Marguerite Duras, ni une série avec Carole Bouquet, et ne va pas le confondre avec un mantoptère qui fréquente l'église.

Il s'agit du nom choisi par  Etienne Froidure, un jeune homme de Caen, qui n'a pas froid aux yeux et qui vient de sortir un second ouvrage, baptisé 'La Maison des Voisins',  album qui succède à 'Musique pour les oreilles' ( ce qui est moins aberrant que  Music for Elevators ou Music for Airports)  sorti en 2023.

Etienne, qui le tient bien,  fait aussi partie de Beach Youth, dont le son est, pour certains, associé à de la musique de vacances à écouter toute l'année, pas forcément nu et bronzé.  

Ce soir, il est accompagné par:  le batteur  Gautier Caignaert ( Beach Youth, too), Harmony Suard alias Harmo Draüs, une artiste électro-pop féministe à laquelle on doit l'EP ' Misfits,  elle joue du mellotron, du clavier, tripote un laptop et assure des choeurs, et, enfin, par  le chef Mitchey ( Michaël Roth) qui a quitté les fourneaux pour tenir la basse et manier un synthé monodique.

Détail vestimentaire: deux casquettes à l'horizon! 

Rayon?

Chanson pop surréaliste, a -t-on lu,  mais aussi, fausses comptines pour les sourds,  le tout baignant dans un univers psychédélique, voire prog rock, quintessencié.

T'es arrivé pendant les balances, t'as vite compris que ces jeunes gens ne pratiquent pas ce que certains nomment la musique sans âme, la muzak, quoi!

A 20:25, ils décident d' ouvrir la cuisine, 'Fer chaud'  est entamé par Gautier qui par de molles frappes sur un tom  ouvre la voie à un synthé flottant.

Guitare et basse rejoignent les éclaireurs, Etienne entame son chant.

Au bar, une dame, respectable, avait signalé, il sonne comme William Sheller, cette remarque est perspicace.

Le downtempo, atmosphérique, berce complaisamment nos pavillons,  le mellotron de Harmo évoque la recherche harmonique de ' Nights in White Satin', il nous enveloppe en promettant une nuit paisible.

Ta voisine: c'est beau!

Pas question de la contredire.

Amorce incendiaire pour ' Le calendrier des pompiers',   une plage plus nerveuse, qui doit plaire à Roy Wood qui avait composé ' Fire Brigade' pour The Move.

La prochaine doit aider à accepter la calvitie, ' Le crâne est rond'  , une analyse morphologique précise  qu'on a envie de rapprocher de certains titres de Renaissance, le British progressive band des  seventies.

 Les arrangements sont subtils,  la guitare est discrète mais juste, la batterie plus soft qu'une machine, la basse souple et les synthés aussi stratosphériques que ceux de Tangerine Dream.

C'est chill, avance Achille,  ce qui  ne veut pas forcément  dire  mou.

'Que diable' date de 2023, les nappes de mellotron, les arpèges ciselés,  et le choeur harmonieux  à trois voix,  n'ont rien de machiavélique, même les anges ont chantonné!

'Coma' annonce le printemps et  la floraison,  en mode dream pop pastorale.

Allongé dans l'herbe tendre, un peu comme Serge Gainsbourg et Michel Simon,  tu contemples, en soupirant d'aise,  les bulles éphémères  conçues  par un mellotron radieux.

Petite pause pour permettre à un communiant, désireux d'aller se soulager à l'étage , de se faufiler entre les musiciens et les jeux de pédales gisant sur le sol.

Une scène  qui n'existe qu'au Chaland.

Une annonce: la suivante, ' De nouveau la guerre',  est triste.

Si on y entend à nouveau du William Sheller, la plage évoque aussi un Nino Ferrer désabusé ( cf ' Le Sud').

Le cuisinier s'amuse avec un oscillateur, créant des ondes de flux et reflux sinueux.

La plage se fond dans  ' La pire des graines' qui repose sur un synthé caoutchouteux, un drumming métronomique et une basse bulbeuse.

Cette fois-ci, Etienne se lâche pour décocher une envolée prog  digne de Steven Wilson de Porcupine Tree.

Bizarrement alors que le groupe entame ' Charmeur de serpent' c'est un des chiens d'Arnaud, subjugué, qui se vautre aux pieds du psylle.

La plage, somptueuse, est bourrée d'effets électro et de vocalises célestes, il y  du Christophe dans le raffinement des arrangements conçu par La Mante.

Après avoir présenté l'équipe,  place au nocturne éthéré  ' L'aiguille'  , à ses riffs de  guitare méticuleux, à son coulis de cordes produites par les synthés et à ses harmonies vocales plus veloutées que piquantes.

Un quizz avant la dernière plage, car comme toujours les Bretons taquinent les Normands, qui se sont  accaparés du Mont Saint-Michel.

Le 41?

Non, ce n'est pas un nouveau Pastis, c'est le Loir-et-Cher.

Et le 82?

Le Tarn-et-Garonne!

C'est aussi le titre de la dernière pièce!

Quel plaisantin,  quel affabulateur, la playlist mentionne ' Le sens de la fable',  ce qu'a confirmé Esope!

Cette ultime plage, onirique, est ponctuée par  une salve d'applaudissements, amplement méritée.

Une fois de plus  Arnaud a eu le nez fin!

La Mante se produit à Tours le 13 mars, va y faire  un tour, ça vaut le détour! 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

vendredi 6 mars 2026

Session live Radio Activ' - Kemp - Bonjour Minuit - Saint-Brieuc, le 5 mars 2026

Session live Radio Activ' - Kemp - Bonjour Minuit - Saint-Brieuc, le 5 mars 2026

michel

Tu t'en vas?

Ben, oui, le premier jeudi du mois, c'est la session live  de Radio Activ' à Bonjour Minuit, ce soir, la radio de Langueux a invité Kemp.

Kemp?

Tu t'en doutes, il ne s'agit pas du terrain de foot indoor de Quimper, lors de l'interview, John s'est enquis auprès de Gwendal Richard sur la signification du mot.

On a cru comprendre ( mais faut pas faire confiance au truc  intra-auriculaire qu'un charlatan t'a vendu sur le Bon Coin), K pour K-pop, E pour Ethno, M pour Musette et P pour Polka.

T'es pas d'accord, Louis?

T'es sûr pour le M, j'ai entendu Mambo!

Aucune importance, la page facebook de Kemp, indique post-grunge, mais de nos jours tout est post quelque chose !

Quand Pascal croise la formation en 2024, le line-up sonnait  Julie Vidal ( chant)  / Jérémy le Viavant ( violon, erhu, shamisen) / Jennifer Gouton ( guitare)  / Gwendal Richard ( basse, machines et facéties diverses).

Tu connaissais Jennifer, vue avec Toxic Frog, d'après Pascal, les autres s'amusaient dans diverses formations, quant à Gwen, le bricoleur du quartet, il officie comme ingé son en gilet jaune , notamment pour TekMao.

En 2026, on prend les mêmes sans  Jérémy, remplacé depuis peu par Kévin Cavalan ( Repons') au violon et à la mandoline.

Ce soir c'est une première scénique pour lui avec ses nouveaux copains( pines). 

Depuis fin  2025,  l'EP " # 6.9.2 " a un petit frère, baptisé " # 5.12.3" , le prochain logiciel est prévu pour l'automne  2026.

Disposition scénique, les filles ( chouette T-shirt The Ramones pour Jen)  au milieu, les garçons aux extrémités, derrière Gwen, une grosse machine qui fait office de drummer robot. 

Après une intro ronronnante sur laquelle se greffe  un violon geignant, puis un coup de gong ( invisible) , la basse , lourde, rapplique, le violon pleure de plus belle, la guitare est aux aguets avant de partir en disto, puis vient le chant traînant de Julie, le cyclopéen    'Abyss'  est sur les rails.

Lors d'un second mouvement, les riffs de  guitare et le son de  basse enflent, appuyés par  la drum machine, Kévin nous la joue Jerry Goodman, tu sais le violon chez The Flock, avant de passer chez le Mahavishnu Orchestra, à moins que cela soit du David  LaFlamme de chez It's a beautiful day.

Déjà le phrasé  de Julie impressionne, elle confiera plus tard avoir beaucoup écouté Rage Against The Machine, toi, c'est à Kate ( devenue Kae) Tempest que tu penses ou à Saskia van der Giessen, de l'art punk band d'Amsterdam, Labasheeda.

'Quiet's no more a deal' clôturait le premier EP, il a fallu, avant d'entamer le titre,  que Gwen vienne soigner la pédale de la mandoline qui produisait des grésillements pas catholiques.

Le chant en mode parlando fait toujours autant d'effets, Jen se chargeant des backings.  

Comme le laissait entendre le titre, le public, nombreux, n'est pas rester tiède, Jérémy, en tête, des cris enthousiastes ont ponctué les dernières notes.

En soirée, des fois, tu tombes sur de drôles d'individus qui te reluquent ou te proposent des choses  abjectes, ' What are you looking for?' est pour eux, ce n'est pas une ballade!

Une basse postpunk , une guitare incisive et un chant véhément caractérisent ce titre coup de poing.

'  I am king, I claim the throne' lâche Julie pour entamer ' King'.

Sa voix est transformée par  le low-fi microphone   que l'habile bricoleur a récupéré sur un vieux combiné Ericsson ayant appartenu à sa grand-mère.

Le batteur machine bastonne sec, le violon part en digression klezmer, sur fond electro, c'est pas banal.

Gwen, espiègle, vient taquiner la petite Jennifer qui répond par  une série de licks percutants.

T'obtiens jamais rien si tu glandes, voilà le message de ' No pain, no gain'.

Le refrain est scandé à deux voix, le violon édulcore le fond agressif,   tandis que Jane Fonda  nous explique comment perdre les kilos de graisse superflus en pratiquant des séances de fitness  dans une salle de musculation sponsorisée par McDonalds.

Sur le dernier EP, tu trouves l'incisif  'Up to us ' ,  le changement ne peut venir que par nous, faut rien attendre des politiques!

Si Kévin joue souvent en retrait, ici son violon est primordial.

Un blanc, bon, je vous attends, indique Gwen.

Ah, merde, je fus distrait, d'un doigt précis il appuie sur une touche, la machine amorce  'Come what may' , le morceau qui peut faire penser à RATM, même si le bassiste, ayant vécu à Bristol, ne jure que par la jungle , pas celle de Tarzan, non, celle de Roni Size.

A la fin du morceau, nous étions plusieurs  à scander, what doesn't kill you makes you stronger!

Un violon sirène anti -aérienne attaque ' Moths, ' , une nouvelle pièce rageuse qui précède le dernier titre mentionné sur leur playlist, ' Merry Christmerch' , que tu ne pourras pas déposer sous le sapin, car question merch on n'a pas vu grand chose.

Voilà, c'est fini , un coup téléphoné de Jean-Louis Aubert, mais dans la salle des protestions se font entendre, le contrat prévoit 60' de set, même si on n' as déboursé un yen,  faut rester sérieux, les gars!

Bon, vous y tenez , on vous joue ' Kick some ass' ( titre à vérifier) que Kévin n'a pas encore tout à fait intégré.

Il s'est bien débrouillé, personne ne lui a botté le cul , le groupe, après ce set convaincant,  est prêt pour l'interview.

On a retenu qu'ils passeront à Plouha cet été!

Il n'est pas 20h, vous nous proposez un dessert?

Très affables, les musiciens rejouent 'King', , ' What are you looking for', ' Up to us' et sur l' insistance de June ( djoun) ,  Jean ( djin)  Prune  et  Francine,  l' accrocheur ' Come what may'.

Sur facebook,  Nicole Kidman et Ewan McGregor ont appuyé sur le bouton Like!

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

lundi 2 mars 2026

EP - The Flowers I See You In par Ninush

 EP -  The Flowers I See You In par Ninush 

michel

The Bird Records

folk/chamber pop 

Enfant, Nina Lim a été gratifiée d'un surnom bien minouche: Ninush, maman étant polonaise, le choix s'explique!

Elle commence à étudier  le violon  à 7 ans,  on l'inscrit à la Guildhall School of Music and Drama, un établissement londonien renommé, qui a accueilli, e a, le jazzman Dave Holland ou la mezzo-soprano Anne Sofie von Otter.

Diplôme en poche, elle joue avec le   Paraorchestra, les London Mozart Players,  le London Contemporary Orchestra ou le  Chineke! Orchestra.

Oui mais, son hobby c'est le songwriting, elle bifurque vers la pop. 

On la voit au sein de   Black Country, New Road , son angoisse de jouer sur scène s'estompe, elle devient une session violoniste fort demandée: Michael Bublé,  JADE,  Sigur Rós, Paloma Faith, , Andrea Bocelli, Anne-Marie, Holly Humberstoner, Primal Scream, etc... font appel à son talent.

Fin 2025, elle lance un projet propre: Ninush !

Février 2026, un premier EP (  The Flowers I See You In) voit le jour.

Tracklisting:

 ‘Stardoll’
‘Tormentor’
‘Lady In Waiting’
‘I Don’t Mind’
‘The End’

Elle est aidée par le producteur  Sam Tsang pour la composition de deux titres, les musiciens ont pour nom:

 Violin and vocals: Nina Lim
Cello: Felix Stephens
Whistle, Flute and Saxophone: Lewis Evans
Synths, Mandolin, Piano, Harpsichord, Guitar, Tambourine: Sam Tsang 

 Piano: Will Fowler

Double Bass: Thea Sayer

Viola: Freya Hicks 

 Oboe: Catriona Lockhart
Harp: Ruby Aspinall
Tuba: Hanna Mbuya
Drums: Charlie Wayne 

 Additional orchestral arrangements: Sam Gale 

Elle signe l'artwork, agrémenté d'un  dessin enfantin montrant une  fleur stylisée, embellie de deux yeux mi- moqueurs, mi- ingénus, il illustre bien le titre de l'extented -play.

L'EP débute alors que le marchand de sable vient de passer, ' Stardoll' sonne comme une berceuse, la voix, douce, va permettre aux  petits de s'endormir en faisant de beaux rêves. Le synthé et le piano enfantins ouvrent la voie au violoncelle et au violon sereins, les vocalises, angéliques, qu'on croirait extraites de 'The Sound of Music'  complètent le tableau.

La charmante valse ' Tormentor' ,  avec son violon joué en pizzicato, ne va tourmenter personne et quand Lewis Evans  fait vibrer sa flûte, t'as l'impression d'être aussi léger qu'une plume duveteuse flottant dans un ciel azur.

Sam Tsang a choisi le clavecin pour donner un cachet raffiné à la plage 'Lady in waiting' qui prend fin  sur un piano proche de La Grande Polonaise de Frédéric Chopin.

Ravissant, est le qualificatif qui vient à l'esprit!

Sorti en single, l'upbeat  bondissant  ' I don't mind' joue la carte piano pop capricieux , à la Tori Amos, sans les effets de voix acrobatiques.

La voix souple est backée d'un choeur enjoué, le violon en pointillé joue à saute-mouton, puis vient le tin whistle de Lewis Evans pour peaufiner  la note enfantine de cette plage aux arrangements soignés.

Bizarrement le côté candide du rendu t'as évoqué l'oublié Tiny Tim, interprétant  la rengaine "Tiptoe Thru' the Tulips With Me".

'The end' clôture, logiquement,  l'EP sous forme de baroque pop  majestueux. 

Le chant saccadé, les vocalises en halètements,  la richesse de l'orchestration, mixant éléments électroniques  capricieux et instruments traditionnels utilisés en musique classique (  violoncelle hautbois, alto, violon, tuba, harpe..) procurent  une sensation de plénitude et de félicité intenses. 

 Rideau!

Ninush est à l'affiche de l'Outer Town Festival à Bristol, le 11 avril. 

 

 

 

 

 

dimanche 1 mars 2026

stade au Barbe à Plouha, le 27 février 2026

 

stade au Barbe à Plouha, le 27 février 2026
 
michel 
 
AS Plouha Pludual, saison 2025/2026 , 12 matches  joués, 4 points glanés, dernière place au classement de la poule B du district 2, ça sent la relégation!
Mais c'est pas au stade du club  de foot que t'avais rendez-vous , mais au Barbe pour le concert annuel des ( quasi) locaux, stade!
Comme Yann, le patron, fait partie de la formation, c'est le brave Alain qui s'est chargé de la table.
 
Fin 2024, le trio constitué d'   Elouan Jégat ( guitare, chant) - Baptiste Le Solliec ( batterie)   et  Yann Ollivier ( basse),  s'était échauffé à Plouha avant de sortir, enfin, un premier album, chez Uptown Park , judicieusement nommé ' Musiques de Stade'. 
 
Non, ils n'ont pas repris ' We are the Champions', ils n'ont pas fait appel au twirling club de Goudelin pour faire office de majorettes, le bagad local n'était pas libre , ils ont tout fait à trois.
Ce soir devant leurs fans et quelques touristes, ils vont interpréter les titres de l'album, plus deux ou trois reliques.
 
Après quelques vannes préliminaires, la team attaque ( sèchement)  'Millionaire' , un mix de math rock/ alternative metal,  aussi massif que riche.
Crésus a été estomaqué par le jeu fougueux de Baptiste pour lequel l'expression "il frappe comme une bête"  a été inventée , la basse fulmine et la guitare flingue sans sourciller.
Après ces premiers excès sonores en forme d'instrumental, on passe au post punk ravagé 'Nu song', titre  qui ouvre l'album.
Elouan s'époumone, la basse tonne,  Baptiste étonne, Simone  s'abandonne.
On avait déjà tendance à citer Mike Patton ( Fantomas, Mr Bungle, Tomahawk, etc..), on ajoute une pincée de Liars, une once de Clinic, un zeste de Foals et, pour le refrain, des bribes des Who.  
Un bridge plus calme nous a un instant perturbés, ont-ils entamé en fondu un nouveau titre, c'était une feinte.
 
'Keep it burning' annonce Elouan, Jeanne d'Arc n'a pas ri, ils ont sorti le marteau-piqueur, ça dézingue mauvais, la basse, ramassée, fait très mal, un nouveau mouvement apaisé est là pour nous tromper car la reprise est encore plus mordante. 
Un second instrumental, pharmaceutique, déferle ,  ' Mercurochrome' .
On signale que cet antiseptique ne soigne pas l'entérocolite mais peut déboucher les pavillons auditifs. 
Après une intro bruitiste, c'est un humanoïde qui rapplique, ' Human robot' , on te rassure, il n'est pas question d'I A, l'adrénaline coule à forte dose dans nos veines, on est fin prêt à affronter tous les dangers.
Face à nous, c'est Baptiste qui attire l'attention, de temps à temps il se frappe le crâne avec une de ses baguettes, Yann prend des poses de soldat à la baïonnette bayonnaise piquée au piment d'Espelette, tandis que Elouan canarde sauvage.
2006, Raymond Domenech dirige les Tricolores. 
A  l'Olympiastadion de Berlin, la France et l'Italie se disputent la finale, Zidane perd la boule et agresse  Materazzi.
Tirs au but,  Trezeguet manque le sien, pas de Marseillaise!
Stade nous fait revivre tout ça avec 'Raymond Gommenec'h' ( oh, le jeu de mot) .
Elouan appuie sur la pédale, les commentateurs de l'époque  reprennent vie, le groupe habille le compte-rendu d'un habit noise rock, tendance psychédélique ( si, si, c'est  concevable).
Après un lâcher  d'obus infernal, ce n'est plus en 2006 que ton cerveau se ballade, mais en 1972, à Bruxelles pour la finale du Championnat d'Europe, Gerd Müller, Der Bomber, a atomisé l'Union Soviétique ( les drones n'existaient pas encore). 
 A la mi-temps les joueurs avaient reçu un quartier d'orange, les Bretons proposent ' Pamplemousse' .
Le tempo est saccadé, les panzers sont de sortie.
Un roulement de batterie amorce l'épileptique et concis   ' Petit Pont' , la machine s'affole pour finir en conclusion abrupte.
Après avoir honteusement saboté une comptine enfantine, c'est ' Cat's tongue' qui déboule, une tirade féline mesquine aux saveurs  de métal hurlant. 
Détail, on déplore la qualité des baguettes de nos jours, elles se brisent comme  une touillette à café!
Après un faux départ, et une réaction chimique avortée, le trio reprend ' Physique- chimie'.
D'étranges émanations  malodorantes s'échappent des éprouvettes, les trois fumistes risquent    de faire sauter le laboratoire, ce qui n'a pas le don d'effrayer une villageoise qui a entamé une danse rituelle aussi barbare  que sportive.
On a composé la suivante à la Sirène, pouvez-vous deviner le titre?
 Copenhague?
Bien essayé, Paimpol!
La basse est omniprésente, les vagues déferlent,  les goélettes  tanguent, les goélands cancanent, les cannes à pêche se reposent, le port salue les touristes.
Une intro white funk qui décape ébauche ' Serious man'   suivi par ' Hidden man'  pendant lequel Baptiste jongle, tandis que Elouan surfe à la Link Wray.
Yann lève un doigt, temps mort, je dois faire pipi, du coup  les copains brodent en mode grunge ( pas brunch), avant de passer au morceau participatif du répertoire, ' These boots are made for walking', un titre féministe, né avant Me Too, et avant ' Sufragette City' de David Bowie.
Si tu pensais que 'Ramblin' Rose' de MC 5 était un sommet de rock destroy, écoute stade saccager le tube de Nancy Sinatra.
Séquence merch, un CD voltige dans les airs, il est  récupéré par Amandine en plein vol, et stade termine la messe avec le métronomique ' 176 BPM'  qui permet une dernière fois à Baptiste d'étaler toute sa classe et son ardeur.
 
Le premier mars stade s'exporte à Binic! 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

mardi 24 février 2026

Triple Trouble @ Cafe Bizon, Brussels, 23 février 2026

 Triple Trouble @ Cafe Bizon, Brussels, 23 février 2026

michel

Le lundi ( non pas au soleil), c'est la soirée jam au Café Bizon.

A chaque fois, le sombre bistro,  dernier repaire des bluesmen bruxellois, situé à la rue du Pont de la Carpe , près de Saint-Géry, fait le plein .

Avant le boeuf mariné à la Stella, un groupe se produit pendant 45' à 1h, histoire de laisser le temps aux nombreux musiciens désireux de participer à la session d'improvisation de se préparer en ingurgitant un liquide devant supprimer toute trace d'inhibition.

Ce soir le rôle est tenu par   Triple Trouble!

Le groupe est relativement jeune, pas les   intervenants.

Des débuts en formule trio avec à la barre  Tom Fjordd ( vocals , guitar) Eda Ozdek  ( drums)  et Pierre Haezaert, qui ne laisse rien au hasard, il a emporté  65 harmonicas.

Le line-up a évolué, ce soir ils sont quatre: Olivier Buckley, guitar & vocals, enrôlé il y a 6 mois,  Piotr Dizuzide , bass, Eda Ozdek , drums et  Pierre Haezaert , harmonica. 

Pierre qui monte également sur les planches pour jouer la comédie, s'ébat avec Spoonful of blues ou   Moon light sugar  et  Blou Ice Band , Eda ( set de batterie réduit au strict minimum) dont le bristol mentionne researcher by day, dancer/dance teacher, zumba/pilates trainer by night, tambourine chez Lava Gina, Piotr , un habitué du coin, a dans son temps joué avec des moines noirs, et le plus jeune, Olivier est cité chez le  General Bazaar's Underground River Band, il joue également du Wizz Jones en solitaire, et s'occupe de son chat. ( précision, pas de lien de parenté avec Jeff).

Tu avises Eda à la terrasse, à quelle heure le gig?

20:30!

Super, direction le bar, t'as à peine commandé une Stella, que RickyBilly, caché derrière une consommatrice, te tombe dessus!

Le fléau de Bruxelles, c'est couru, il ne va pas te lâcher, en huit ans, il a eu le temps de compléter son stock d'informations aussi inutiles que pourries, c'est décidément pas ton jour de chance.

Il a entamé son monologue absurde depuis 10 minutes quand Triple Trouble décide d'entamer son exposé.

Comme le combo se targue d'interpréter du Chicago blues, il n'est pas illogique de débuter par un titre de Jimmy Rogers, un copain de Muddy Waters.

' Walking by myself' coule de source, l' harmonica dégouline, la rythmique fixe un scellement robuste, la guitare se promène comme le suggère le titre, la voix d' Olivier  n'est peut-être pas  aussi noire que celle du bluesman du Mississippi mais elle capte l'attention d'un public conquis dès les premières mesures.

Ja, ja, Ricky, zeker .

Le groupe a enchaîné sur un rhythm & blues remuant, ' The seventh son' de Willie Dixon , l'harmonica voltige, basse et drums consolident le mur, et la guitare joue au picador.

Gad, le septième fils de Jacob,  recherche la terre promise.

Et maintenant du bluegrass!

T'es sûr, lui dit Pierre, les pelouses sont gorgées d'eau.

Changement de programme,  ils semblent avoir opté pour 'When you got a good friend'  de Robert Johnson qu'Eric Clapton  a repris sur son tribute au gars qui avait conclu un pacte avec le diable.

Avec ' Bluebird' on a droit à un premier slowblues dont n'a pas entièrement pu goûter au chant enivrant, la commère couvrant  le pépiement du merle bleu, too bad!

Puis vient  ' Sadie' de Hound Dog Taylor , là  on revient au shuffle suintant qui permet au guitariste de faire preuve de virtuosité.

Si la version originale de 'Te Ni Nee Ni Nu' est signée Slim Harpo, c'est l'interprétation de Stevie Ray Vaughan qui a frappé les imaginations.

Groove et blues au menu! 

Avec une intro d'harmonica digne de Charlie Musselwhite, ' Chocolate Jesus' de Tom Waits est engagé sur un tempo nonchalant, c'est là que Jésus a réussi un miracle, RickyBilly est parti en griller une en terrasse.

Quand t'iras à Lourdes, t'allumeras un cierge!

Quelques palabres précèdent le rockabilly sulfureux , 'Rocking daddy' qui annonce la fin du prélude.

Avant la jam on vous joue 'River boat song' de J J Cale.

Soudain un gars, pris d'une inspiration divine, saisit le micro pour hurler ' Fuck Donald Trump' .

Désormais fiché on lui  a retiré sa carte Visa, son visa et ses Marlboro, comme  pour Conner Rousseau, il est indésirable chez Donald.

Nous on s'en fout, on a pris place sur le steamboat Natchez qui descend le fleuve à la vitesse d'une tortue handicapée.

Relax, Max! 

Place à The Jam, sans Paul Weller et  sans les Frères Jacques. 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

lundi 16 février 2026

Parrots Tones at Le chaland qui passe, Binic, le 15 février 2026

 Parrots Tones at Le chaland qui passe, Binic, le 15 février 2026

michel

 Chris Cohen en concert au Chaland qui Passe, le 15 février 2026!

Tu notes dans l'agenda, c'était sans compter sur des aléas, peu avant la date fatidique, un mot du Chris.... Hey everyone, I ' m really sorry to say this but I' m canceling most of my tour dates..

Déjà tu méditais et étudiais d'autres plans, quand Arnaud, jamais  à court de ressources, annonce un concert de dernière minute:   Parrots Tones remplacent Chris Cohen au pied levé.

Faut expliquer tout ça à madame, qui te traite de girouette! 

Va pour les  cacatoès!

Quand trois vétérans, pas rouillés,  décident de sortir leurs instruments acoustiques pour reprendre des pépites punk, glam, British blues, pub rock ou simplement rock, tu peux t'attendre à de la lave en fusion,...leur mix dézingue grave.

D'où sortent des oiseaux pas encore tout à fait déplumés?

Du Havre, ils sont trois, on n'ose additionner leurs années d'existence,  12 bouliers sont insuffisants, ils ont traîné avec d'autres massacreurs de notes, le gars au petit chapeau, François Lebas, tu l'as croisé en mai au sein de François Premiers ( cf papier), Gilles Adam  a quitté l'Eden pour jouer avec Mob's et Travaux, Swing be Good ou Mr Speaker, Laurent Mortain, l'hirsute qui a ingurgité tout le bocal de cacahuètes du bistro ( normal pour un ara qui joue au singe) est cité chez Phonon.

Ce soir François  chante, tapote les touches du piano ou gratte une acoustique,  Gilles chante, agite un tambourin et joue de l'acoustique, et Laurent martyrise une contrebasse, assure les backings, de temps en temps s'amuse avec la guitare de Gilles, tout en vidant des bocks.

Enregistré chez Stiff, un gage de qualité, ' I'm a Police Car' de Larry Wallis ( une légende: Blodwyn Pig, U F O, Pink Fairies, Motörhead....) , ouvre les débats.

Le piano sautille, la contrebasse gronde, l'acoustique tique et la voix joue aux sirènes.   

Fabian des Hawkins est aux anges!

Si Fats Domino a chanté ' Ain't that a shame', c'est celui de Brian James ( The Damned) qui succède  à la Sedan pilotée par un flic nerveux.

Laurent, le pince sans rire, signale: c'est une honte, ça manque de bière dans les retours.

La tireuse en action,  puis deux acoustiques en embuscade pour ' Keys to your heart ' des 101'ers de Joe Strummer.

Direction l' Australie, 1978, The Saints grave ' The Prisoner', la voix pleine de morgue  de Chris Bailey  fait de l'effet, la version des Normands sent la boue charriée par la Seine.

C'est crasseux, comme il se doit, on a aimé le sifflement  de Gilles qui cherchait une Eve dans le troquet, il n'a vu que le chien du patron venir lécher  les pompes du pianiste. 

Après le très sec ' You better than that'   vient un doublé Slade en fondu normand, 'Coz I Love you' et 'Look at last nite'.

 Sortez les platform boots et les paillettes!

Une cover improbable pour suivre , ' The Beat', que l'on doit à un obscur combo mod, The Scene.

Choeurs doo wop , chant saccadé, tempo nerveux... à l'abordage, ça  déménage  sauvage!

Les Dead Boys, ' Not anymore' pour lequel le bouffeur de peanuts a sorti l'archet, précède la seule compo d'un membre de la volière, 'Ride my time' est de la plume de  Jacquot, sorry de François, qui le chante d'une voix rocailleuse.

Un petit gothic rock, tendance boogie vaudou de cimetière marin , voici ' Night Creatures'.

Alice Cooper, ' Long way to go' nous rappelle que la route est longue et poussiéreuse  et que  ça use les souliers.

Quoi, pas de pause le dimanche en matinée, tu rigoles, même pas  le temps de griller une Gitane en terrasse?

Break tabac et set 2!

Reprise en douceur avec ' If you only let me try' pour ceux qui n'ont pas invité madame à danser le slow à la Saint-Valentin,  puis retour au piano  rock avec 'The Change' . 

C'est fou le nombre de gens qui marchent en solitaire, de Green Day à Fats Domino en passant par Gary Moore, Marc Cohn ou Kiss, le trio a repris un titre baptisé ' Walking'     dont on n'a pas retrouvé l'interprète original.

Par contre ' Igloo' est attribué aux   Screaming Tribesmen, des gens de Melbourne partis à la rencontre des Esquimaux. 

Encore plus énigmatique, où ont-ils été cherché 'Gutter kids' des Dyaks, d'obscurs punk à l'existence éphémère.

Et, mais on a oublié 'My love for you',

Oubli réparé, on passe à 'Wait for the blackout' des Damned , en versant une larme à la mémoire de Brian James! 

On n'a pas besoin de s'accorder, c'était faux jusqu'ici...  les perroquets et le second degré ne font qu'un!  

Et en parlant d'oiseaux voici ' Big bird' d'Eddie  Floyd, un monument Stax.

Deux notes ont suffi, puis la phrase initiale . . I'll buy you a Chevrolet ... pour reconnaître le fabuleux ' Hey Gip' de Donovan.

Merci, messieurs! 

Deux fois, merci, car ' Keep on running' du Spencer Davis Group est tout aussi  grandiose.

Louise et Carmen ont entamé un pas de rock'n'roll pas vraiment académique, elles n'ont pas été retenue  pour le championnat régional de danse sportive de Bretagne.

L'Australie est une terre bénie des dieux rock , en 1985, les Hoodoo Gurus nous ont offert le doux amer ' Bittersweet' , et puis du côté de la Big Apple il y avait quelques poupées, pas gonflées, qui chantaient ' Trash' ,  c'est du  propre!

Joe Jackson a bien écouté Bo Diddley avant de lâcher le très sharp  ' Baby stick around'  

On termine en fanfare, comptez jusqu à quatre, s v p , voici les Ramones avec  'Beat on the brat'.

What can you do.... questionne Dee Dee?

  Commandez une bière et allez narguer les goélands en écoutant 'Papagayo' de Les Baxter and His Orchestra, par exemple