mercredi 9 février 2011

1st European Blues Challenge 2011- promo compilation CD

L' EBU (European Blues Union) voit le jour en 2009 et prône la promotion du blues, non seulement en Europe mais aussi à une échelle mondiale.
A l'origine, l'alliance compte 15 pays membres , le nombre a grandi depuis.
C'est en Norvège, au mois d'août, que promoteurs, agents, firmes de disques, médias ( avec comme figure de proue Paul Pond, aka Paul Jones, qui depuis 1990 anime un show hebdomadaire consacré au rhythm 'n blues sur la BBC2, mais qui fut/est surtout un musicien de talent: remember Manfred Mann- The Blues Band+ des collaborations légendaires: Brian Jones, Long John Baldry, Dave Edmunds, Katie Melua, le regretté Gerry Rafferty etc., et on passe sous silence ses rôles sur grand écran dont 'Privilege' ), attachés à la défense du twelve-bar et de ses variantes, projettent une stratégie commune
Moins de deux ans plus tard, ils mettent sur pied le 1st European Blues Challenge qui doit se dérouler les 18 et 19 mars à Berlin.
Seize groupes de nationalités différentes entreront en compétition, à la clé pour le vainqueur une participation à 5 grands festivals européens: Blues sur Seine- Notodden Bluesfestival (Norvège) - Vienna Blues Spring - Roots & Blues à Parme et le Lucerne Blues Festival.

Chaque groupe, choisi par son pays, a donné l'autorisation au collectif européen d'utiliser un titre de leur répertoire pour la confection du Cd promotionnel.
Cette rondelle ( 16 titres - 71 minutes) risque de devenir un collector's item.

1 L'autrichienne Meena ( Meena Cryle) ouvre le disque avec 'I shoot you down', titre qu'elle a composé pour son album 'Try Me'. Une voix rugueuse à la Janis Joplin, un bluesrock qui déménage, la belle a déjà assuré l'avant-programme de Coco Montoya, un magazine allemand résume:..Ein weiterer Rohdiamant.. et à première vue, plus que sexy!

2 De chez nous, enregistré live à l'AB, 'Six feet five' par Howlin Bill.
Du blues qui swingue, un mouth harp qui tue, Berlin va trembler en mars.

3 Bluecerne (Suisse) ne vient pas de Zurich, tu l'as deviné, ils jouent le blues du côté du Lac des Quatre-Cantons et cherchent des sponsors pour enregistrer un premier CD. ' He was a friend of mine' de David Newman Jr., du Chicago blues alpin.

4 Richie Arndt & the Bluenatics ( Allemagne) 'Little Brother of Mine', sur leur CD 'Voodoo' de 2003 et leur best of ' The blue side of' de 2010.
Richie est un fervent admirateur de Rory Gallagher, on le sent. Son petit frère c'est du costaud, cette slide crasseuse sur une rythmique bûcherons de Westphalie t'attaque sous la ceinture.

5 Tim Lothar ' Petersen'(Danemark) 'In it for the ride' , album du même nom, de la slide râpeuse sentant les champs de coton d'avant la Guerre de Sécession.

6 The Suitcase Brothers (Espagne) 'Motherless Children', sur 'Walk On' Blind Willie Jonhson à la sauce catalane, épicée de lignes d' harmonica déchirantes.

7 Micke & Lefty feat. Chef (Finlande) ' I'm a guitar man' sur 'Up the Wall' du boogie gluant, les Z Z Top de Kauhava.

8 Awek (France) 'Hush your mouth' sur l'album 'It's rollin', pas des nouveaux nés, meilleur groupe de blues hexagonal en 2004 et 2005, un passage à Cognac en 2009.
Awek c'est du groove, du feeling, un harmonica fringant et une guitare qui dégouline.
Frotte-toi la bouche, baby!

9 Tomislav Goluban & LPFB (Croatie) ' T-Train Kick' sur ' Mr B' , faut sauter dans le wagon avant que le train ne s'emballe, on aime Sonny Terry en Croatie.

10 One Man 100% Bluez ( Italie) ' Different end boogie' , album 'Southern Jellyfish' , un goût vaudou prononcé, la musica è magnetica, écrit un journaliste transalpin pour une recensioni de l'album, on le croit.

11 Latvian Blues Band (Lettonie) ' Good Bye', album ' When the sun goes down' , soulful blues habillé de cuivres collants.
Robert Cray meets Buddy Guy...une merveille!

12 King Mo ( Pays- Bas) 'Ain't nobody's business if I do ' sur 'Sweet Devil', déjà invité au Blues Café sur Classic 21, le band nous livre une version feu d'artifice du standard de Porter Grainger.

13 Vidar Busk & His True Believers ( Norvège)' Stompin our feet with joy' sur l'album du même nom. Des vétérans écumant les scènes nordiques depuis des lustres.
Ready for a jive, kids?

14 Boogie Boys (Pologne) ' Hey you', titre du CD. Ne pas confondre avec notre Paul Ambach, du piano boogie tendance comedy capers. Leitmotiv: Let's have some fun!

15 Emil & the Ecstatics ( Suède) ' Bit by bit', même titre pour la rondelle.
Du blues funky aux essences Albert Collins. Pas de doutes, c'est pas un débile, le petit Emile!

16 24 Pesos ( United Kingdom) ' Live my life' (just to sing the blues) sur ' Busted Broken and Blues'. Julian Burdock n'est pas un inconnu au bataillon, il a déjà pas mal tourné dans nos plates contrées.
Son 'Live my life' commence comme un rap, avant de déraper vers un blues poisseux et entêtant. Original!


And the winner is... réponse le 19 mars!



mardi 8 février 2011

Azure Ray - Echo Beatty - James Husband @ 't Stuk, Leuven, le 7 février 2011

En plein centre de Louvain, le kunstencentrum 't Stuk propose une programmation éclectique: films, théâtre, expos, danse, performances en, uiteraard, des concerts.

Trois noms à l'affiche en ce lundi du mois le plus court et le plus matois, comme premier band le site proposait: James Higgins.
Après de vaines recherches chez Google: un prof de yoga, un chantre écossais dont le clebs se nomme Huck, un joueur de cricket, un parodontologue néo-zélandais et 1540 autres J H rien qu'en Ohio.... on coupe le moteur.
Vincent n'a rien déniché de plus, si ce n'est un streaker ayant sévi lors des huitièmes de finale au Queen's, en 1986.

20h40': il s'avère que James Higgins sur scène se fait appeler James Husband et de plus, cet époux est mixte: James Higgins ou Huggins III ( un ex Of Montreal) guitare/vocals et la celliste Heather McIntosh, qui n'a jamais tourné avec Gérard Oury.
Tu suis encore, Victor?
Heather et James font partie du backing band d'Azure Ray et chauffent les salles pendant le European tour.
Ce gentil duo nous bazardera huit gentilles et fraîches rengaines poppy, légèrement cheesy ou fleur bleue, teintées de sentimentalisme exacerbé ou de naïveté obsolète.
Le majordome aime Julie Mary Poppins Andrews, les Housemartins, Blanche-Neige, Dick Van Dyke , les Chupa Chups au coca, les marshmallows et les musicals des fifties.
Quelques titres proposés: 'Window' - 'While the boys went down under' - le formidale crooning 'I don't want to set the world on fire' des Ink Spots en version klein klein kleuterke- 'A grave in the gravel' ....
Inoffensif et distrayant!

Echo Beatty

C'est en novembre 2009 (Dolle Mol) que tu fais la connaissance d'Annelies van Dinter, qui à l'époque est secondée par Arne Van Petegem de Styrofoam.
Conquis d'emblée!
En 2011, Echo Beatty c'est Annelies ( vocals, guitar, organ, loopstation) et Jochem Baelus ( drums, guitar, percussions diverses, zither, vibraphone, bruitages...) qui sévit également chez Sailors Beware ou Tuning People ou encore Kuskessarma.
Un nouvel EP ( après une demo enregistrée en 2008) se vend pendant les concerts ' Tiny organs of trust'!
' Tin can telephone' entame le set, de l'indie atmosphérique et minimaliste, proche de l'univers de Tiny Vipers ou de Soap & Skin.
Le superbe et languissant 'Transistory' navigue sur une lame alt.country vulnérable, à la Vic Chesnutt.
'All that is not' naît dans un climat inquiétant de bruitages hermétiques, quelques accords de guitare et la plage évolue dans des eaux plus sereines, mélancoliques et intimistes.
'Montana' t'amène à une comparaison avec d'autres anversoises fragiles: Blackie and the Oohoos.
Même approche fluette, mystérieuse, poétique, filmique.
Aucune vulnérabilité avec le titre suivant, 'Guests', un martèlement martial, une atmosphère de tension glaciale: Mazzy Star ou PJ Harvey rôdent dans le coin.
' Shiftin' lines' une valse nostalgique et introspective sera talonnée par une dernière composition' Big black hole' dont le ton angoissant est quelque peu atténué par l'usage d'un orgue désuet et ingénu.
Performance appréciée.

Azure Ray
Une résurrection: Maria Taylor et Orenda Fink avaient mis fin au band en 2004.
Quatre albums solo pour Maria Taylor que tu eus l'occasion de voir en concert au Bota en 2007.
Deux efforts solo pour Orenda et une plaque avec With Art in Manila, une autre avec O+S ( Orenda and Scalpelist).
Puis en 2010, après un long silence, un nouvel Azure Ray ' Drawing down the moon' et, début 2011, une tournée européenne.
Les deux superbes citoyennes de Birmingham, Alabama, sont accompagnées d'un trio de multi-instrumentistes: les déjà nommés Heather( cello-bass) et James ( principalement aux drums) + un guitariste/mandoliniste doué (Paul?).
Pas de setlist et un son pas toujours optimal, mais un habile mix de nouveaux titres et d'oeuvres plus anciennes.
Les brunes siamoises n'eurent aucune difficulté à hypnotiser le public estudiantin peuplant le Stuk: douces ballades country, complaintes désespérées, romances sentimentales, dreampop chatoyant, harmonies sublimes.... devastatingly beautiful, pour citer l'anglaise Laura Hughes.

Un premier titre country, chanté à l'unisson et pour lequel les filles n'utilisent pas leur guitare donne le ton.
L'élégant 'Displaced', décoré d'une mandoline méditerranéenne, te traverse le cerveau pour venir s'ancrer au plus profond du muscle où siègent les émotions.
'Signs in the leaves' sur le nouveau CD, nostalgie d' un amour perdu:
And now the birds don't sing
And the trees don't speak
And I don't see signs in the leaves
Anymore...
Nouvelle perfide attaque visant à faire vaciller ton coeur.
'Don't leave my mind' sorry, en principe on utilise le delay , pas possible ici, ce sera nos voix en chambre d'écho.
Orenda entame la suivante, le dramatique et poignant 'Larraine', que le guitariste décore de somptueux effets d'ebow, tandis que le violoncelle se fait doucereux.
Une pure merveille de tendresse.
'These white lights will bend to make blue' une valse d'une lenteur aristocratique.
Des anges, ces demoiselles.
La somptueuse berceuse 'Sleep' fut utilisée dans la BO de 'The devil wears Prada' , pas un souffle dans l'assistance, juste un léger glou glou, le houblon se frayant un passage dans le gosier de Vincent, éternel assoiffé.
Une nouveau couplet sentimental ' Safe and sound': 'voix d'une pureté cristalline' est galvaudé, d'accord, mais si t'es pas content, lis du Louis-Ferdinand Céline.
Avez-vous remarqué qu'on joue peu de rock'n roll?
Tu charries, Maria.... Slipknot, ce sont des lavettes en comparaison du punch que vous dégagez.
'November' mois propice au spleen!
Miss Taylor derrière les claviers et Heather à la basse pour un trois temps entraînant 'If you fall'.
Retour à la douceur et aux murmures avec la romance 'Raining in Athens', que le brave James enjolive de quelques lignes de melodica hellénique.
'On and on again' une nouvelle caresse que tu retrouves sur 'Drawing down the moon'.
Leuven, our last track tonight: le titletrack d'un CD de 2003, 'Hold on love'.
On écoute Olaf, un fan d'Osnabrück: there is an anti-heroic quality of pastoral loneliness in their voices...
Rainer Maria Rilke n'est pas allemand, il est né à Prague, ville faisant partie de l'empire austro-hongrois, à l'époque.
Olaf aime Rilke et Azure Ray, il aime moins Rammstein!

Leuven ne veut pas s'éveiller, ni quitter Maria et Orenda, on a attendu sept interminables années, les filles, un bis, bitte!
T'étais là, Olaf?
Ok, on vous joue 'The drinks we drank last night'.
Une slide lyrique et les smooth vocals des fausses twin sisters: beau!

Une pintje, Vincent?
A last drink for tonight!

lundi 7 février 2011

Kiss The Anus Of A Black Cat, Ryan Francesconi, Wooden Wand au Club de l'Ancienne Belgique, Bruxelles, le 6 février 2011

Programme chargé en cette soirée dominicale, le club annonce 3 artistes catalogués néo-folk .

Kiss the Anus of a Black Cat
C'est en avril 2009, au VK, que tu croisas pour la dernière fois le chemin du chat noir.
Depuis la bête a enfanté d'un nouvel album chez Zealrecords: ' Hewers of wood and drawers of water'.
A 20h le quartette gantois est au poste (Stef Irritant (vocals, guitar, banjo)-Rik De Maré (guitar, organ, vocals)-Matthias Debusschere (bass, vocals)-Jonathan Callens (drums, percussion, vocals), fin prêt à sortir ses griffes et à nous agresser avec son psych folk sibyllin.
'Wander & waiver' un downtempo psalmodié par les copains/félidés du chef Stef barbe rousse, celui-ci grattouillant un banjo.
L'irritant prend le relais et, ça peut pas rater, le spectre de David Eugene Edwards plane au dessus de nos boîtes crâniennes.
'Feathers of the wings of the angel Gabriel'': ce chat a fouillé la pharmacie domestique et avalé tous les cachets multicolores, les plumes de l'archange ( il l'a bouffé) voltigent au rythme d'un acid folk lancinant dont les accents sombres viennent s'incruster dans ta boussole.
'All the heroes run in armor' médiéval, prophétique et mystique, décoré d'un xylophone léger et d'un son d'orgue Ray Manzarek.
Le pesant 'Harrow' voit Stef abandonner le banjo pour une guitare.
Ses mimiques effrayantes d 'ermite habité te rappelle au 'bon' souvenir d'un Charles Manson démoniaque.
Cinq minutes de répit, je présente le combo en esperanto et vous signale qu'on n'est pas les Monty Python mais bien Kiss the Anus of a Black Cat!
' Taking the auspices' une marche incantatoire devant amener les bestioles à l'état de transe sacrale: embrasser le cul du chat risque de te conduire en ligne directe au bûcher et tu finiras comme Jeanne d'Arc.
Le titletrack' Hewers of wood and drawers of water' une perverse mélopée moyenâgeuse, entamée solo par le poilu.
L'entêtant et vibrant 'Argonaut and Magneto', c'est pas Bob & Bobette et le fantôme espagnol!
Le récitatif 'Veneration' au final percutant met fin à la messe noire.
Kiss the Anus of a Black Cat est un band honteusement sous-estimé, ce concert brillant nous le prouve une nouvelle fois.

En moins de deux, on a débarrassé la scène des poils de chat et Ryan Francesconi, armé d'une acoustique, vient s'installer sur un siège aussi austère que sa physionomie de moine franciscain.
Francesconi n'a de transalpin que le patronyme, ce guitariste, amateur de petite reine, nous vient de Portland, Oregon.
L'AB l'a classé dans le tiroir néo-folk ( il a tourné et participé à des enregistrements avec/de Joanna Newsom), on veut bien, mais cet amoureux de Bela Bartok s'ébat plutôt dans le néo-classique, tendance ambient soundscapes.
Il nous a balancé six titres instrumentaux, probablement extraits de son CD ' Parables', en faisant preuve d'une magistrale dextérité.
D'inspiration hispanique, bulgare, macédonienne, grecque... ses élégantes suites se laissent écouter d'une oreille distraite.
Evidemment, dans un jardin verdoyant, un verre d'Albariño galicien à portée de main tout en discutant des mérites respectifs de Messi ou de Ronaldo, pendant que les dames s'affairent à la vaisselle , ce serait diantrement plus agréable.
Il nous répètera, maintes fois, aimer la pédale, Vincent lui proposant de finir la soirée chez Maman, rue des Grands Carmes, et nous jouera, en fin de set, un folk balkanique, au goût de goulash pas trop épicée.

Wooden Wand
Une baguette magique de Lexington, Kentucky, trempée dans une bouteille de Jack Daniels.
James Jackson Toth, aka Wooden Wand, est prolifique, plus de 25 albums: avec le backing band Vanishing Voice, sous le nom de WAND ou récemment: Wooden Wand.
La dernière plaque ' Death Seat' date d'octobre 2010 et sort sur le label de Michael Gira ( pas un hasard).
Tu ranges sur quelle étagère?
Au choix: dark folk, alt.country, americana, psychedelic folk...

On y va, les amis?
Hello, how are you doing, do you like my tuxedo, je viens de l'acheter chez les Petits Riens.
D'accord, après l'ecclésiastique rigide, le clochard rigolard...
'Servant to blues' beau travail de singer/songwriting aux accents Jagger/Richards chantant le blues désabusé.
Brut, sans fioritures et un timbre de mec ayant connu des vertes et des pas mûres.
'Arriving' sobre ballade americana, aussi poignante que le meilleur Townes Van Zandt.
A country song d'inspiration Bukowski, tu vis dans un bled pourri, a shithole, style Knoxville , tu loges dans un van et chaque matin tu te rases à froid en contemplant les araignées au plafond:
'Shaving cold'!
Un coup de gnôle pour oublier cet épisode sombre de ma joyeuse existence.
By the way, qui peut m'expliquer ce que ça signifie toutes ces mouches qu'on trouve dans vos pispots, je pensais être atteint de delirium tremens.
Un titre de 2006, ' Rolling one sun blues' proche du Loner ou d'un Robyn Hitchcock.
'The Arc': un pote me les cassait depuis une éternité, quand vas-tu écrire une chanson pour moi?
Pas sûr qu'il va aimer ce country larmoyant...the house you live in is falling apart... d'inspiration Dylan 1964.
'Bobby' que je voulais appeler 'No more friend requests, please' mais Myspace, tout le monde s'en fout désormais.
Sorry, faut que j'accorde mon jouet, je vous en raconte une?
Celle des deux aveugles se tapant dessus.
Tu sais comment mettre fin au pugilat?
Tu gueules: 5 dollars, sur le gars avec un poignard.
Je note, dit Pirette!
Et 'Bobby'?
Un pleurnicheur.
'Hotel Bar' un slow autobiographique, comme en quatorze.
Il est clair que le brave James est plus habitué à fréquenter les bars louches que les salons de thé élégants.
Le titletrack du dernier né, ' Death Seat' ne baignant pas dans l'optimisme béat.
La merde, les gueules de bois, les remords ... le gars connaît.
Another joke et puis 'The Mountain', lent, mélancolique et attachant downtempo sentant bon le soundtrack d'un long métrage featuring Henry Fonda.
Un petit futé lui suggère une autre plaisanterie et ce mec, spécialisé en folk noir, s'exécute avant de proposer 'Spitting at the camera' dans la tradition fireside folk.
C'est bientôt l'heure du couvre-feu, voilà ma dernière, le narratif 'Babylon the Great' , du Dylan pur jus.

See you, Brussels!
Bruxelles, qui aimerait un bis et l'obtiendra!
'Tiny Confessions' , en espérant que c'est pas Monseigneur Roger Vangheluwe qui a reçu ses aveux de péchés.


Wooden Wand: un gars cool, un songwriting ancré dans la tradition, un concert décontracté, mais pas question de hurler au génie!

dimanche 6 février 2011

Karim Baggili sextet à l'Orangerie du Botanique, Bruxelles, le 4 février 2011

Un second showcase EntreVues en ce venteux vendredi.
L'Orangerie accueille le Karim Baggili sextet à 14h!
Petite file et sièges au second rang, le jovial chauve, nourri au Dom Pérignon et au col orné d'un rouge papillon estampillé Elio, sur scène pour un numéro burlesque Houdini meets Benny Hill, savamment bricolé, puis il annonce le sextetto, emmené par le talentueux Karim Baggili.

Il y a un peu plus de 15 jours tu vis le virtuose de l'oud et de la flamenco guitar accompagner Karoline de la Serna à Halle, la jolie espagnole prendra les vocaux en charge tout en tapotant un bombo pré- colombien.
A la flûte: un membre du clan Laloy: le princier Philippe (Tricycle, Maurane, Tangram, Traces, Ialma enz...) - violoncelle: Kathy Adam (Pantha Rei- Duo Spices- Quatuor Thaïs...) -le plus mexicain des percussionnistes bruxellois, Osvaldo Hernandez au cajon, cuatro et autres gadgets frappés des mains et enfin, Patricia Hernandez-Van Cauwenberge également au cajon et aux bolas.
Le récent album 'Lea & Kash' (Homerecords) sera la pierre angulaire de l'édifice musical érigé en ce début d'après-midi.

' Consejo del tiempo' un instrumental arabo-andalou transformant les glaciales rafales de vent nordique en zéphyr embaumé des doux parfums du miel.
A qui t'as volé ces images romanesques, sukkeleir?
Lamartine ou Virgile, si t'ajoutes une pincée de thym.
Mais écoute, petit, arrête d'argumenter et laisse-toi envoûter.
'Tanto Poco' un subtil et onirique duo vocal K K .
Elegance, précision, finesse mélodique: un voyage précieux aux confins de l'Orient.
Une longue intro au luth arabe sur fond de violoncelle plaintif amorce 'Lea & Kash', comme les autres plages, un soundtrack pour un film jamais tourné, mais ancré dans l'esprit de Mr Baggili.
Sonorités oueds, paupières closes tu vois défiler sable rouge, lauriers-roses odorants ou palmiers-dattiers centenaires, l'eau frémit dans ton verre où reposent les feuilles de menthe fraîche.
Le rythmé 'Pay Cash', amorcé par les cajons, t'emmène du côté de Jemaa-El-Fna dans la Médina de Marrakech: musiciens berbères, rythmes tribaux et Laloy transformé en pungi, charmeur de cobras .
Imaginaire Mille et Une Nuits.
Un dernier titre époustouflant: ' Bolas', une valse/flamenco sensuelle avec la fabuleuse Patricia Hernandez sous les feux de la rampe pour une démonstration de boleadoras endiablée.
Les bolas frappant le sol au même rythme que les martèlement de pieds de la danseuse.
Une chorégraphie Carmen sensuelle, diablement impressionnante.

Un concert techniquement irréprochable et véhiculant une sérieuse charge d'émotions.

Marianne Aya Omac à La Rotonde du Botanique, Bruxelles, le 4 février 2011

Dans le cadre des journées EntreVues ( du 31 janvier au 4 février) , un événement organisé par le service de la diffusion de la communauté française, destiné aux programmateurs de tous poils, tu pointes au Bota la française Marianne Aya Omac , son showcase est prévu à la Rotonde à 11h30'.

Suite à un retard conséquent, les portes du demi-cercle s'ouvriront vers midi, une foule compacte prend d'assaut les sièges installés jusqu'aux pieds du podium.
Un animateur chauve qui peut et affable vient nous présenter l'artiste.
Marianne n'a rien à voir avec l'Organisation Mondiale des Amateurs de Cigares, elle ne sait pas qui est Jack Kirby, elle ignore l'existence de son super-héros, Buddy Blank.
L'Office Monétique d'Afrique Centrale? Tu oublies.
Une abeille sans ème? Une fille du Ghana née un jeudi?
Tu fatigues, l'ami, l'enfant est originaire d'un village de 140 âmes, proche de Montpellier, elle dégage des effluves sauvages de Camargue et manie la six cordes comme une manouche en route pour un pèlerinage en vue de vénérer Sara la Noire aux Saintes-Marie-de- la- Mer.

En 60 minutes, cette nana incroyable, une tempête de passions, un déchaînement impétueux de sentiments divers, allant de l'humanisme à la mélancolie en passant par la rage, l'animalité ou la tendresse aura fait l'unanimité: c'est de la bombe!
Elle sort de nulle part, cette merveille?
Pas vraiment, un parcours de busker provençale, deux albums et huit ans de service dans le groupe Ginkobiloba , des choeurs de Gospel ( le choeur de Buèges- le choeur des Garrigues ou le Gospelize it !Mass Choir) et un CD à son nom 'Be my Witness'.

'Homme Femme' une guitare acoustique aux intonations world, une callebasse qu'elle bat de ses pieds dénudés , le relationnel analysé lucidement et chanté d'une voix chaleureuse, éraillée.
Moins sucré et naïf que le 'Hall of Mirrors' de Grace, la Méditerranéenne drape ses propos humains d'une redingote humoristique imparable.
'Les yeux' inspiré par son patelin et ses habitants, un message universel... on a tous les mêmes problèmes, on a tous les mêmes dilemmes...
Justesse de ton, authenticité et un jeu de guitare impressionnant.
Clelia te gratifie d'un clin d'oeil approbateur, Gregory se sépare de ses compacts pour applaudir à tout rompre, c'est gagné Marianne!
'Ma réponse' grosse claque!
Imagine une Edith Piaf en folk singer du 21ème siècle, avec l'accent du Midi...
T'étais là, Alfred?
Tu dis?
'Les chants désespérés sont les chants les plus beaux Et j'en connais d'immortels qui sont de purs sanglots...
Merde, elle va nous faire chialer comme des gosses:...je me suis saoulée et noyée plusieurs fois...
Bouleversante simplicité!
' Closer' yes, in English.
No, c'est pas une cover de Nine Inch Nails.
Quelques claquements de langue amorce ce folk, mixant la profondeur d'une Tracy Chapman et la bonne humeur communicative d'un Jason Mraz , et pas cons ses lyrics...my body is my church...!
Un petit récital époustouflant de trompette buccale, audience en extase: c'est Louis Armstrong en plus sexy, cette fille.
Une présence scénique et un charisme pas communs.
Avant, on m'appelait la fille trompette, aujourd'hui je suis la femme trompette, je m'arrête avant de devenir la vieille trompette.
Et je vous interdis de publier les clichés que vous avez pris pendant ma séance cuivre sans piston, veux pas avoir l'air d'être la nana souffrant d'un abcès parodontal.
Pas encore revenus de notre surprise, elle attaque 'Duele' , introduit par une séance de vocalises liturgiques pénétrantes virant flamenco lyrique.
Elle s'attaque à nos entrailles en faisant passer les Gypsy Kings pour de joyeux musiciens ambulants amusant les touristes aux terrasses de restaurants servant une paella de pacotille.
Salle en ébullition!
'La Llorona' un traditionnel mexicain aussi tragique qu'une toile de Frida Kahlo.
Emotion à fleur de peau, ressentie par chaque auditeur au plus profond de ses viscères.
Et toujours le second degré et le côté nature, je sais ce que vous pensez: elle joue plutôt bien pour une gonzesse, non?
Elle nous remet une couche de trompette et son faciès se transforme en pauvre pugiliste knocked out, style Jean- Pierre Coopmans démoli par Cassius Clay.
La Rotonde métamorphosée en Plaza de Toros Monumental de Mexico s'époumone: olé..olé... le fier matador nous achève d'une estocade entre les deux yeux.
Le délire, les oreilles sont pour toi, Gregory!
Une dernière, Bruxelles, une chanson d'amour écrite il y a plus de 10 ans, j'ai un peu honte de certains passages d'une naïveté acnéique, mais bon, faut assumer, voici 'La Mouche'.
Tu oublies Polnareff et Les Négresses Vertes, tu peux sourire au début... j'aimerais être une mouche pour me poser sur ta bouche... un petit côté Dani Klein pour les inflexions vocales et toujours l'auto-dérision: vous avez remarqué les rimes en ouch?
Les cinq minutes interactives, bonnes gens, vous m'accompagnez lors du refrain de cette ritournelle.
Vous n'aimez pas ça, je le sais, nous lance Marianne devenue concierge/commère analysant son propre set.
Hilarité générale et un tonnerre d'applaudissements après les dernières notes.

Un rappel s'impose!
Une douceur semi-instrumentale, décorée de lé lé lé seyants.
La mélodie africaine est mise en boucle pendant que la belle attaque de ciselés arpèges avant de prendre définitivement congé.
Oui, Clelia?
Il y a des lustres que je ne m'étais plus amusée ainsi lors d'un concert!

Le 19 février, Marianne Aya Omac sera à Verviers pour le festival Voix d'Hommes!





vendredi 4 février 2011

Silver Junkie (CD release ) au Bozar, Bruxelles, le 3 février 2011

Il a fallu attendre quatre longues années pour que Silver Junkie accouche d'un premier full album, après le hors-d'oeuvre 'Midtown Walk', Tino Biddeloo et sa troupe ont décidé que le baptême de “Streets Boulevards” se ferait en grande pompe, un concert sur invitation au Palais des Beaux-Arts, devenu en cette ère d'analphabétisme généralisé: BOZAR!
Rendez-vous, rue Ravenstein au Studio 1!

T'avais plus vu le Tzigane argenté depuis un bail, pourtant le band avait assuré le support de Grant Lee Phillips l'an dernier, concerts sold-out in heel Belgenland.
Le line-up a subi quelques modifications: Tino ( chant, piano, acoustique) est toujours à la barre - le fidèle multi-instrumentiste( guitares ac. et él., flûte traversière, piano, bandoneon) Paul Pollmann demeure maître d'équipage- le matelot exotique reste le Gantois, ich bin aus Amerika, Nik Phelps ( trompettes, clarinette, sax), on veut bien te rappeler quelques collaborations illustres: Tom Waits, Eric Johnson, Steve Horowitz... - à la contrebasse, on a embrigadé un brigand de chez Berlusconi, le jazzman mercenaire( Eve Beuvens, Sienna Dahlen, M L Béraud, S Tassignon et des projets propres, enfin pas toujours...) : Nicola Lancerotti et pour la fine bouche: aux drums et percussions, l'habile Karen Willems (Zita Swoon, Sofa, Yuko etc...), il serait injuste d'ignorer les gracieuses et douées vocalistes: Elise Caluwaerts et Lilith et, pour une osmose sensorielle totale, les oeuvres graphiques intrigantes de l'artiste Kathleen Steegmans.

Cajolant son nouveau CD avant de nous le faire voir, Tino vient annoncer l'ouverture du récital.
Le CD est tout frais éclos, mais bon nombre de titres n'attendaient que le bon vouloir d'une maison de disques, ainsi la Shakespearienne 'Ophelia', chantée par les plus grand(e)s, de Tori Amos à Peter Hammil en passant par le Band ou Nathalie Merchant.
L'héroïne, mentalement instable, mise en scène par Silver Junkie a des teintes tout aussi symbolistes que les représentations picturales de John William Waterhouse ou de George Frederic Watts, le bandoneon triste de PP lui donnant une saveur Astor Piazzolla, sans anchois.
Apparition d'Elise, une Ophélie en chair et en os. Tu dois retenir, fermement, JP et Vincent, tes voisins, prêts à déclarer une flamme éternelle à la vaporeuse enfant: 'A thousand words' , du soft alt.country à la Lambchop avec des touches Sparklehorse.
'Maria' le single, un downtempo sentant le Nick Cave et décoré d'une slide subtile. La vidéo animée de Gitte Lebruyn a remporté l' international competition web animation HAFFTube 2010.
Une petite séance cabaret featuring Lilith et Elise pour la valse tendance Leonard Cohen ' Better Days' , une sourdine transforme les sonorités de la trompette en wah wah jazzy.
Tu l'as dit, JP: arty!
Pol P. au piano pour 'Herd of clouds' , toujours dans l'atmosphère cabaret ( cf Kurt Weill), aux essences orientales ce coup-ci.
Oui, Vincent?
Tom Waits.
Il attendra encore, petit!
Une ballade symphonique introduite par le piano et la flûte traversière: 'Aimelee'.
L'incroyable richesse des arrangements te ramène du côté de la Canterbury scene: Robert Wyatt, Caravan, Matching Mole...
'Berlin' voit Lilith transformée en récitante ange bleu pour un monologue Berlin Secession, Stimmung Otto Dix und Max Liebermann.
Superbe plongeon dans le Berlin d'avant-guerre.
Le somptueusement délicat 'Perfume' vaporisé par le timbre soprano d'Elise, gracile demoiselle nordique en flou David Hamilton.
Grâce et fraîcheur!
'My own' date du EP et nous ramène au bon souvenir de 16 Horsepower.
On termine par l'élégante jazzy waltz 'Sweet & Divine'.

Le public, subjugué, ne désire nullement quitter l'univers raffiné de Silver Junkie et réclame un rappel.
Tino nous annonce un tout nouveau titre ' Days without ending', permettant la mise en valeur du sobre Nicola, attaquant un solo de contrebasse langoureux , bien secondé par le mini- cornet voyageur de Mr Phelps... take me dancing on the rooftop... euh, sorry, Tino, je souffre de vertige!
... show me how the blind can see... j'ai le n° de Stevie Wonder, mon garçon!
'Lovebird' une ballade bucolique, annonçant le printemps, clôt le récital.

Le 26 février Silver Junkie se produit dans le cadre du belgo-belge AB/Bota: allemaal daarheen dit le message!

mercredi 2 février 2011

Fiona Boyes au GC Nekkersdal, Laeken, le 1 février 2011

Fiers qu'ils sont à la Brussels Blues Society: for the first time in Belgium, nous accueillons au G C Nekkersdal celle qui multiplie les nominations aux Blues Awards ( acoustic blues album of the year-
best live album - female blues artist of the year...), from Australia: Fiona Boyes.
Fiona est partie s'établir à Canberra, mais passe la moitié de son temps dans l'Oregon, Portland, depuis qu'en 2003 elle triompha à Memphis lors de l'International Blues Challenge.
La madame excelle aussi bien à l'acoustique qu'à la Maton 'Mastersound' custom electric, sa discographie débute en 1995 avec 'Sassy Mama', enregistré avec The Mojos, avec lesquels elle gravera deux autres plaques.
Depuis 'Blues in my heart' en 2001, elle immatricule les rondelles sous son nom, la dernière en 2009, 'Blues Woman'.
Un coup de génie du Witte, Michel Versées, de convaincre la souriante madame d'interrompre sa tournée française, de sauter dans le TGV et de jouer à Bruxelles.
Witte, l'ampli était impossible à transporter, mais j'aimerais jouer quelques titres en utilisant le courant du centre culturel.
No problem, lady, il y a un vieux brol qui traîne dans ma cave, on va arranger ça!

20:40, le speech habituel, et Miss Boyes sur un tabouret, à ses pieds une boîte plastifiée bleue, piquée chez Ikea, qu'elle martèlera, harmonieusement, de ses godasses bordeaux.
'Good Lord made you go' son mec, il est comme le vent, parfois il souffle ici, souvent il est en vadrouille.
Une étonnante ressemblance vocale avec Bonnie Raitt, un jeu en fingerpicking des plus subtils et un éternel sourire.
Fiona c'est pas un fion de pigeon!
En hommage à Memphis Minnie, la seule nana capable de concurrencer les Muddy Waters, Big Bill Broonzy ou Tampa Red: 'She could play that thing', expressive Miss Boyes!
'Two legged dogs': les effets Tchernobyl?
Non, les bipèdes sniffing around my door, quelques aboiements explicatifs pour ce barrelhouse- blues canin.
Charlie Musselwhite ' Run Here', lui ai expliqué à Charel que ce titre semblait avoir été composé pour la gent féminine.
Du blues suggestif...I like your hips, I like your thighs...
Fiona, we love your smile!
On descend sur le Mississippi 'High Cotton' .
Reverend Gary Davis 'Mean old world' , ..gling.. gling... un quidam laisse échapper sa Maes , le bruit du verre cassé occulte l'intro.
Eclat de rire de Fiona, qui gueule 'Taxi'.
Elle reprend la complainte du révérend: putain de monde pourri dans lequel on vit, la vie est chère, les femmes sont dures...
Le uptempo allègre 'Old time ways' a une histoire, l'ai joué avec Pinetop Perkins, un bluesy pianiste dont le compteur affiche 97 printemps, le mec est toujours fringant et coureur de jupons.
Superbe picking à nouveau.
Un coup d'électricité: ' Howlin ' at your door' du Howlin Wolf au féminin.
Elle pète le feu cette Aussie girl, le bottleneck, qui attendait son heure sur un siège voisin, prend la tangente pour venir mourir aux pieds d'Alfons Vandesteen pendant que la dame lui chante...I want you, baby...
A U B, mevrouw!
You're very kind, and goodlooking..
'Homegrown sin' est pour vous... you look like a double gin...
Rouge pivoine qu'il devient, le braaf Fonske!
Une dernière avant la pause boisson, dédiée à un ex- boyfriend s'étant tiré avec une poufiasse: I'm gonna 'Drink to your health'.
J'aime bien son programme électoral!

Break et set 2.

Un Delta gospel/blues noir de J B Lenoir: 'Mississippi Road' pour entamer la deuxième mi-temps.
Suivi d'un nouveau titre pas encore sur CD ' No friends' , toujours ces rough vocals et ce country/ragtime picking à la Sam McGee.
Un instrumental estampillé 1928: 'Harmonica rag' (sans mouth harp) de Chuck Darling, piquant comme un cakewalk d'avant la Grande Dépression.
Me suis mariée ( avec un copain de Bugs Bunny) et du coup j'ai hérité de cinq gosses et d'une grand-daughter, ma vie a légèrement changé depuis: ' Love changing blues', au ton Rory Block.
Un petit coup de slide fignolée :'Juke Joint on Moses Lane'.
Il a l'air sympa ce boui -boui: un coup de cafard, une petite soif ( when you need some moonshine...), rendez-vous Moses Lane.
En route pour la Louisiane, bonnes gens, prenez votre attirail de pêche: 'Fishing Hole'.
Scabreux ce track: viens pêcher dans mes eaux, mon gars...
Faut un hameçon, madame?
On m'a dit, Fiona, t'es pas faite pour chanter le blues, tu souris sans cesse. Bon, et bien, je vous balance a sad one: ' Stranger in your eyes' , superbe lovesong désenchantée.
A la recherche d'un fougueux étalon, 'Young rider blues' , un mix de Mr Bean et Stan Laurel, cette sauterelle énergique.
'Easy Rider' de Magic Sam, avec en guest l'harmoniciste drômois, Alain Michel, une cinglante tranche de Chicago blues.
Devais joué chez l'oncle Sam, saute dans un jet de la Walter Closed Airlines ou de la Colgate Airlines, me rappelle plus, sur le tarmac d'arrivée on me signale que ma guitare est introuvable, cette conne était partie chez Mao, ces avatars m'ont inspiré ' Precious Time' , tu m'accompagnes, Michel?
Yes, Ma'm!
Encore une nouvelle, le viril, nerveux et vindicatif 'Chain Gang' .
J'ai une envie de boogie...
Laisse-toi aller, fille!
' I want to go' de J B.
Le whiskar?
Non, Lenoir!
Une version TGV imparable.
Il est l'heure, mes mignons, la dernière, une bluette slow blues à inviter ta madame à faire un tour sur la piste, les yeux clos pour sentir ses cheveux ambres: 'Ember' .

Talent, sincérité et bonne humeur: le peuple réclame un bis!
Il en aura deux pour le même prix:
' Muddy's Sweat' , c'est une copine ayant assisté à une performance de Muddy Waters qui m'a inspiré ce blues... I was baptized in Muddy's sweat... c'est mieux que de subir les postillons de Bart.
Et vite 'Wouldn't be dead for nickles' un ragtime philosophique.

Fiona Boyes poursuit sa tournée chez Sarkozy jusqu'au 13 février!