lundi 5 janvier 2026

Swingin’ Easy aux Ptits Bouchons, Lanvollon, le 3 janvier 2026

 Swingin’ Easy aux Ptits Bouchons, Lanvollon, le 3 janvier 2026

michel

Avant la fermeture pour congés,  Les Ptits bouchons proposent un dernier concert, histoire de vider le stock de bouteilles de 2025 et d'accueillir dignement la très nombreuse ( et très bruyante) clientèle du bar qui cartonne à Lanvollon.

Ce soir  Swingin’Easy se produit en formule duo,  on a largué Louis Alléaume ( guitare semi-acoustique)  & Doris Bula ( voix) dans un coin, à eux de se débrouiller pour faire entendre leurs pop songs aux arrangements jazzy.

Le nom a-t-il été choisi pour rendre hommage à  Sarah Vaughan qui, en 1957, a enregistré un album baptisé  Swingin’ Easy, ce n'est ps impossible!

Doris et Louis viennent de s' installer  à Plouha,  ils voyagent ensemble depuis plus de cinq ans, leurs bagages  alourdis par un matériau jazzy.

Si ce soir Louis joue de la guitare, il est aussi trompettiste ( influence citée, Chet Baker, un peu moins le clairon militaire utilisé pour le réveil).  

Son bristol mentionne Claude Égéa, Stéphane Guillaume, Raphaël Imbert, André Charlier, Pierre Perchaud comme artistes qu'il a accompagnés.

Doris, make my day, se meut dans le milieu jazz depuis 2015, d'abord à Vannes, avant d'intégrer le département jazz du conservatoire de Saint - Brieuc ( un passage à la Passerelle), puis après un crochet par Tours, on  la voit suivre des cours au    Centre des Musiques Didier Lockwood.

Depuis, diplôme en poche,  elle s'ébat au sein de   Swingin’ Easy ( plusieurs combinaisons possibles, selon budget du programmateur) et de Memories ( voix, piano, trompette).

19h et des poussières, Swingin' Easy cherche à attirer l'attention d'une clientèle dissipée et entame son set par le gospel  'Hallelujah I Love Her So' de Ray Charles.

Pas de cuivres à l'horizon mais un traitement smooth jazz, marqué par un jeu de guitare tout en finesse  et une voix  mélodieuse.

Madame apprécie, c'est déjà ça, te souffle Souchon!

Première claque, une reprise heureuse, in a mellow tone,  de ' Jailer' de ASA, ornée d'un coulis de guitare sensible et chantée d'un filet de voix séduisant.

Après une version soft et en pointillé du classique d' Otis Redding '( Sittin'on )  the dock of the bay'  vient un autre standard soul  ' Just the two of us' ( Grover Washington et Bill Withers) que Louis décore d'une envolée lyrique.

Quand Mathieu Chedid ne se prend pas pour Jimi Hendrix et qu'il fait appel à son côté tendre, ça donne  'Ma bonne étoile'  et si la voix de Doris se rapproche de celle de Barbara Pravi, ce n'est pas un reproche! Comme elle laisse pas mal d'espace  à Louis, celui-ci en profite pour placer une digression stellaire..

Ils avouent un  faible pour Stevie Wonder et attaquent 'Master Blaster' , tout le Zimbabwe a applaudi.

Les Ricains boivent du café, Sting préfère le thé, il se sent comme E T à  New-York,  ' An Englishman in New-York' a droit à un scat jazzy sur fond de guitare scratchy, malheureusement, pas de bol, Branford Marsalis n'était pas disponible.

En 1954, le bluesman  Willie Dixon  écrit ' I just wanna make love to you' , en 1961 une sassy  Etta James,  en adaptant les lyrics, en fait un hit monumental.

Swingin' Easy peut se montrer punchy et lascif.

Doris s'éclipse ( ravitaillement liquide), Louis meuble en mode Wes Montgomery.

Au retour de l'Océanide le duo ébauche 'Dream a little dream of me'   , un smash hit pour les Mamas and Papas.

La voix modulable de Doris se prête à merveille à la ballade, le marchand de sable pointe le bout du nez, il est à peine 20h, it's too early, Mister Sandman!

Un grand moment d'émotion pour suivre avec le groovy  ' Valerie' d'Amy Winehouse   suivi par l'uptempo jazzy  au fond doo wop/ western swing   "I Wish I Could Shimmy Like My Sister Kate".

Madeleine Peyroux n'est pas la seule  à avoir inclus le titre à son répertoire.

Un Martini?

Yes!

Rouge, blanc,..

No,  pink et une Marlboro, please, pour interpréter 'Sympathique'.

Stevie Wonder, number two ' Part-time lover', attaqué sèchement par la guitare .

Aucune récrimination dans l'assistance, le répertoire est varié et omet les fautes de goût, un hic, les palabres tapageurs du voisinage.

Après Bruno Mars qui  converse avec la lune ( ' Talking to the moon') vient la troisième salve de celui qui a été Little Stevie Wonder  du temps ( béni) de ' I was made to love her' , ' Isn't she lovely' clôture le premier set.

Reprise avec ' Billy Jean' de Michael Jackson, version soft et jeu millimétré du guitariste, pour enchaîner sur  le fantastique ' Don't know why' de Norah Jones.

La boisson aidant, le vacarme s'accentue, à moins d'un mètre du duo, capter les lyrics devient une mission impossible.

Après coup, Louis t'indique qu'ils ont interprété  ' Don't Get Around Much Anymore' de Duke Ellington dont on recommande la version du crooner Nat King Cole, à écouter au coin du feu de bois.

Dusty Springfield, ' Son of a preacher man'  t'a toujours ému .

Plus étonnante sera la reprise de U2 ' Ordinary Love'  qui précède ' Why don't you do right' ( Peggy Lee), que Madame, féline,  confond avec 'Everybody wants to be a cat'.

Le savais-tu, en 1962 les Beatles ont gravé une version de ' Besame Mucho', le boléro de Consuelo Velazquez revêt , ce soir,  une confection soyeuse  douce aux oreilles et au coeur.

On avait promis deux heures de set, elles sont déjà écoulées, Swingin' Easy, pas avare, propose un dernier bijou ' Ain't no mountain high enough'.

 On a choisi une approche Jennifer Hudson, tout en sachant que l'original est signé Ashford and Simpson et que d'autres grands noms de la soul l'ont interprété : Diana Ross ou Marvin Gaye plus Tammi Terrell.

En combinant le ' Easy' des Commodores et  le swing d'une Lady Day, Doris et Louis  ont proposé un cocktail élégant et harmonieux  convenant aux oreilles les plus sourcilleuses!