Les Zef et Mer avec Fred Guichen et Jean Pierre Riou , au Cap à Plérin, le 10 janvier 2026
michel
Le dernier chapitre, en piste deux jeunes baroudeurs ( en dessous de 70 ans, t'es un gamin) exubérants: Fred Guichen et Jean Pierre Riou!
Deux presque voisins ( Beg Léguer et Locquirec) qui font, ou ont fait , les beaux jours de Ar Re Yaouank ou Red Cardell, pour ne citer que les plus évidents, car l'accordéoniste diatonique très tonique, s'il n'a pas accompagné Edith Piaf, forme un duo avec son frangin, Jean-Charles, ou s'amuse avec des grands noms de la scène Breizh ( Denez Prigent, Gwennyn, Pat O' May, Alan Stivell et son pote Dan Ar Braz, e a,) , le guitariste a roulé sa bosse et écorché voix et doigts chez Penfleps, The Celtic Social Club ou Les Joyeux Fusibles, e a..
Ils se produisent en duo depuis un bon moment.
Démarrage sur les chapeaux de roue, un swing breton nerveux en diable, chanté en français par la casquette, il est question de bohémiennes qui dansent, mieux que les comédiens de Charles Aznavour .
Mon Dieu, ça arrache, te souffle ton épouse, qui faut-il admirer le plus, le dégarni qui tire des notes étonnantes de son accordéon à une vitesse supérieure, ou les doigts de la casquette qui se déplacent plus vite que les battements de cils vibratiles de ta cousine Cécile quand elle assiste à un show des Chippendales?
Un tonnerre d'applaudissements ponctue la première salve, elle est suivie par un 'an dro' déchaîné, tu t'es mis à rêver, t'as aperçu deux bigoudènes gigoter à en perdre leur fameuse coiffe.
L'accordéon cabriole, 'chauffe, Marcel', te murmure Jacques à l'oreille, l'acoustique pique à la manière d'un moustique ayant abusé de l'EPO, on craint les résultats du contrôle anti-dopage ... zont la pêche, constate Prune assise juste devant nous!
C'est pas une pêche, c'est une poire, avoue Michel Pollentier, alias cuisses de mouche.
JP dit: ' Polka' , Fred s'agite.
Il est physique, constate son compagnon.
A deux, ils constituent une cavalerie moins légère que celle que Franz von Suppé a mis en musique, hop, hop, hop, hop... gueule Seigneur Riou.
Hop, hop, hop... répond la salle, ce n'est plus un concert, c'est une cavalcade de chevaux sauvages.
Il paraît que dans le temps sur les bords du lac de Guerlédan, il y avait un bar.... si je retrouve mon capo on vous balance un blues musette plus allumé que toute la discographie de Jo Privat, d'André Verchuren, de Richard Galliano ou d'Yvette Horner.
Maintenant le moteur est en surchauffe, après un solo enragé du guitariste, le maestro du diato rapplique pour entamer une joute démoniaque, ... diip, da, diip, da, diip... lance le conducteur , Plérin enchaîne, où va s'arrêter cette locomotive folle?
On a évité de peu le déraillement, Jean Gabin s'essuie le front noirci, le duo embraye sur une gavotte qui vire zydeco, ... back to the city... lance le chef de file de Red Cardell,, on le suit, on prend le pont qui traverse le fleuve, on fonce vers la ville fantôme.
Tu les crois essoufflés après ce steeple-chase, erreur monumentale, ils ont encore des réserves et balancent une dernière gigue qui fait passer les 'Wild Cats of Kilkenny' des Pogues pour une berceuse pour gosses engourdis.
Tu les as manqués, dernière chance, le 17 janvier à Guer!