Album - The Blue Rock Session by Amy Speace
Folk/Americana /singer-songwriter
Wildflower Records
Amy naît en 1968 dans le Maryland ( Baltimore), très vite la gamine montre des dispositions artistiques, à 5 ans elle écrit des poèmes, dessine, peint et joue du piano.
Elle envisage de devenir chanteuse lyrique.
La famille bouge pas mal, la Pennsylvanie, le Massachusetts, le New Jersey... elle suit des cours de dramaturgie, un diplôme en poche, elle enseigne, continue à écrire, se retrouve dans une troupe à Broadway.
A 28 ans, elle écrit ses premières chansons, elle les joue dans des folk clubs à Greenwich Village, où elle est appréciée.
La suite est logique, un premier enregistrement ' Fable' , suivi par 'Songs For Bright Street'.
Un chroniqueur note: Speace has a classic contemporary country voice and she has obviously learned from the best (Lucinda Williams, Shelby Lynne, Neko Case etc) without consciously adopting their voices as so many have done, to their cost.
Les disques se succèdent, Amy se relocalise à Nashville. En 2024, sa discographie se chiffre à 11 albums et 2 EP's.
Le titre "Me and the Ghost of Charlemagne" sur l'album du même nom ( 2019) lui vaut l'award "International Song of the Year".
2024: ' The American Dream' , la pub dit.. À mi-chemin entre la musique folk moderne, le rock-roots intemporel et la pop classique, The American Dream d'Amy Speace est un album sur l'équilibre et la transition.
En dehors de sa discographie personnelle Amy fait également partie du trio Applewood Road, qu'elle a formé avec Emily Barker et Amber Rubarth, songwriters comme elle.
A noter que les écrits d'Amy Speace sont repris dans pas mal de revues de renom: The New York Times, No Depression Magazine, American Songwriter Magazine ou The Blue Rock Review.
Fin 2025, un nouvel album paraît: 'The Blue Rock Session' , il a été enregistré en moins de quatre heures lors d'une retraite au Blue Rock Artist Ranch Studio à Wimberley.
Armé d'une 1956 Gibson J-45 acoustic guitar et d'un piano, Amy nous offre onze titres dépouillés dans la veine d'une Joan Baez, de Bob Dylan ou de l'oubliée Linda Perhacs.
Tracklist
On A Monday in London
God Came To Me
In This Home
The Sea and the Shore
The Dream of the Hawk
Out of the Blue
Weight of the World
I Found A Halo
Both Feet On The Ground
The Mother
Kindness
La pochette classique affiche l'artiste et sa guitare.
L'album s'ouvre sur ' On a Monday in London' une folk song typique, dans le moule des road songs traditionnelles, elle a été composée lors d'un UK tour en 2024.
On y dépiste des senteurs Ralph McTell, lui aussi inspiré par Londres, ou des relents Arlo Guthrie, un autre voyageur qui a de qui tenir.
Vocalement, les intonations frémissantes d'Amy se rapprochent de la grande Judy Collins, de Rory Block ou de Lucinda Williams .
'God came to me', joué en fingerpicking, est un acte de foi sincère, la plage précède 'In This Home' qui évoque le fiasco de son mariage et les ajustements que ça exige. Tout n'est pas sombre pourtant, un des avantages de la vie en solitaire est qu'elle peut dormir au milieu du lit.
Sur l'album "How To Sleep In A Stormy Boat" ( 2013) , Amy avait interprété "The Sea and the Shore" en duo avec John Fullbright, ici, elle reprend la plage en version acoustique, sans les violons et arrangements soyeux.
Le titre ne perd rien de sa force poétique, la voix dessine le flux et reflux des marées qui correspond aux hauts et aux bas d'une relation amoureuse.
C'est d'un timbre vibrant qu' Amy interprète la lovesong métaphorique ' The dream of the hawk' où elle se compare à un faucon, fier de ses plumes gracieuses, qui,perché sur la cime d'un pin, n'ose pas déclarer sa flamme à celui qui se balade dans la forêt.
Elle abandonne la guitare et propose la berceuse mélancolique ' Out of the blue' au piano.
Certains diront qu'elle abuse des effets de voix douloureux, d'autres insisteront sur le caractère vertigineux de l'interprétation.
L' anti-war song, "The Weight Of The World" se trouvait sur son album de 2008, 'The Killer in Me', Judy Collins a repris le morceau deux ans plus tard, Amy revisite le heartbreaking lament sur son dernier né.
La voix est sous contrôle, l'émotion est intense: le Star-Spangled Banner flag se balance en haut du mât, le corps du frère soldat a été rapatrié, on le met sous terre aujourd'hui...
'I found a halo', co-écrit avec le songwriter Robert Vitz Hecht, trouve son origine en 2016, après la première élection de Donald Trump, le texte a été repris en 2025 car l'effet Trump est toujours présent et encore plus fâcheux que lors du premier mandat.
Le texte, posé sur un jeu de guitare finement fignolé, fait réfléchir, c'est de la même veine que les meilleures protest songs des sixties.
Avec ”Both Feet On The Ground” vient le troisième titre revisité, la version originale s'entend sur le primé 'Me And The Ghost of Charlemagne'.
Pour la seconde fois la Gibson est abandonnée au profit d'un piano, ce qui vaut, peut-être, les connexions avec Elton John. ( 'Tumbleweed Connection' ne contient que des perles !)
Le titre le plus poignant de l'album est sans conteste ' The Mother' , qu'elle a composé après les inondations de juillet 2025 au Texas, après la crue du fleuve Guadalupe, le bilan humain se chiffrait à 135 morts.
Amy a choisi de relater les sinistres événements au travers de l'image d'une mère tentant de sauver son enfant en s'accrochant à un arbre... A woman hanging on a tree with one arm, the other holding up a child. crying out in the dark to the other, no- one could swim against that tide.... et la question demeure .... "Is there a God who decides who survives”.
L'album s'achève par 'Kindness' , une chanson empruntée à Ben Glover, déjà enregistrée sur 'Me And The Ghost of Charlemagne'.
Le message de Ben, à l'époque, était judicieux, il conclut l'analyse: "It seems pretty clear and simple to me that a lot of problems in this world could be solved if we were kinder to ourselves and kinder to others."
Naked songs can be great!