lundi 19 janvier 2026

Split à Bonjour Minuit • musiques actuelles à Saint-Brieuc, le 16 janvier 2026

 Split à Bonjour Minuit • musiques actuelles à Saint-Brieuc, le 16 janvier 2026

Michel

Seconde mi-temps avec Split, des jeunes gens qui n'ont aucun rapport avec la Croatie mais que tu peux croiser du côté de Rouen.

Si ce soir ils n'étaient que quatre sur scène,  en principe, le combo se compose de cinq unités: Marvin Borges-Soares, le chanteur, instigateur du projet, a fait partie de Structures, ses compagnons se nomment Lucas Ramos, Romain Sensey, Raphaël Motte. et Jérémy Cortes ( drums) .

Le bassiste, Lucas ayant été obligé de déclarer forfait, est remplacé au pied levé par un des guitaristes. 

Le groupe, à peine âgé d'un an,  a  pondu un premier album au titre explicite, ' Violence breeds violence' en octobre, 

Brutal et concis sera le set!

Jérémy, T-shirt Sepultura, est le premier à se présenter, sur fond dissonant, les comparses surgissent, accompagnés par Monsieur Larsen ( ce n'est pas un joueur de foot danois).

Ils prennent la pose avant d'entendre une déflagration effroyable en guise d'intro.

Un amuse-bouche  éruptif qui se fond dans 'Coward' , Marvin,  fringué d'un sweat à capuche,  cachant son poupin visage, pousse deux ou trois growls colériques, à l'arrière, ça gronde méchant.

Tandis que le shouter crache ses tripes, Jérémy cogne comme un malade, guitare et basse maçonnent une enceinte en béton armé.  

Faut pas confondre hardcore et  lovecore!

Après ce souffle tempétueux, l'audience a droit à un salut sec suivi par  'Good cop' , un pamphlet vantant les mérites de la flicaille qui, parfois, tire sans sommation.

Si le Général Philip Sheridan a un jour prononcé la sentence   "The only good Indians I ever saw were dead.", Split avance: A good cop is a dead cop!

 Bruno Retailleau n'est pas fan, par contre dans la salle, qui accueille Marvin, un pogo débridé vient de débuter.

Comme tu avais oublié ton attirail de  hockey sur glace chez une de tes copines, tu t'es abstenu, déjà que Dry January pompe toute ton énergie!

' For fuck's sake'  décape à mort, la batterie fait le gros  du curetage, la basse gronde, la guitare  cisaille, tandis que Marvin crache des morceaux de poumon aux pieds d' Adèle,  qui venait d'entamer quelques étirements, dans le but de galber ses jambes.

La suivante ' Hole' n'est pas reprise sur l'album,  on te signale cependant que le truc n'a aucun rapport avec 'Le poinçonneur des Lilas'.

Bye bye la capuche, bonjour le T-shirt  Motörhead, et si la suivante a été baptisée ' Discipline' on peut t'assurer que les demoiselles à tes côtés étaient du genre indiscipliné, elles n'hésitent pas à se frotter à la gent masculine pendant la séance de  street fight.

Marvin, pour se protéger, fait tournoyer son micro qui a failli  fracasser le Nikon de Quentin.

'Slave' dit le papier, alors que la séquence striptease se poursuit, le chef arbore désormais  un T-shirt Extortion. 

On te signale qu'  Extortion n'est pas un boys band!

'Slave' adopte la durée d'un morceau punk, il est suivi par 'Something of my own'  introduit par une basse aux relents post punk avant de virer honteuse attaque sous la ceinture.

Thibault s'est trompé de stade, il lâche un 'Allez Guingamp' incongru, Split ne s'en offusque pas et attaque 'Stained Soul' qui sent bon les Sex Pistols,  les safety pins et l'exaspération.

Déjà la dernière, ' I feel nothing more' est  débuté en parlando avant d'éclater comme un obus supersonique,  calibre 155 mm.

Le moshing prend fin, au grand regret des sportifs,  Split, éreinté,  regagne les coulisses.

 Longue file au bar, la bière régénère les stocks de glycogène!