vendredi 9 août 2013

The Perfect Host au Bar du Matin, Forest, le 8 août 2013

Une soirée cinéma/ black comedy au Bar du  Matin?
Pas du tout, Michou, The Perfect Host se révèle être un projet occasionnel monté par Monsieur P-Funk Express, alias Frank De Ruytter, le sax le plus brûlant sévissant dans notre terne royaume.
Pour citer Jazz in Belgium... his tight and soulful playing (sometimes reminiscent of Michael Brecker) works marvels.., il s'est promené aux côtés de Marc Moulin, Toots Thielemans, David Linx..on l'a connu Wizards of Ooze, Soul and Soul Band, Sunzoo Manley ( avec Piet Goddaer), plus récemment R.A.Z, et en 2012 il a monté un quartet with Eric Legnini (p), Philippe Aerts (bass) and US drummer Peter Erskine, un album a vu le jour en mai 2013. Frank défendra le projet sur scène en octobre/ novembre en commençant par Sint-Niklaas.
L'accompagnent ce soir, quelques notoires truands, son frangin Didier De Ruytter ( Ozark Henry) aux keys - Eric Bosteels ( Hooverphonic) aux drums- Renoar Hadri ( 1060 , Marc Moulin...) à la basse - Carlo Martens ( Natalia, Clouseau) au trombone et Tom Vanstiphout ( Clouseau, Milow, Jan Leyers, De Laatste Show Band, Neeka, sans oublier ses performances et albums sous son nom) à la guitare.
C'est d'ailleurs au petit Tom que revient l'honneur d'ouvrir la rumba, une méchante  wah wah donnant le ton, la soirée sera  lu-fuki, les corps vont tortiller, les pores vont suer,on prévoit des auréoles sous les aisselles épilées ou non..âmes et odorats sensibles s'abstenir, car quelques voisins n'ont pas penser à masquer les mauvaises odeurs corporelles!
'Tonight we dedicate the gig to George Duke' décide Frank, basse, batterie et claviers avaient déjà rattrapé la poisseuse guitare pour concocter un bouillon assaisonné de groove bien gras.
Tu dis, James.. Get Up and Drive Your Funky Soul...une échappée fulgurante du trombone applique l'ordre à la lettre, avant que le cavalier commence un hip hop jumping intrépide..I'd like to party.. give it on up..we're gonna take it to the maximum..sais pas si l'énervé pense aux cousines de Prima J, mais sa sucette branle  farouche.
Josiane, Thanh Nhàn et Jamella ont compris le message...let them booty roll, ladies..please your mind and let the funk fall.. Isidore en profite pour venir se coller à la plus mignonne, un copain de RickyBilly lui pique son gin tonic!
T'avais  remarqué qu'aucun billet ne traînait près des musiciens, ça fait bien 25 minutes qu'ils tricotent sans pause pipi.
Tout à coup, une cassure, Frankie le hussard s'envole en arabesques free jazz avant de se lancer dans un Vlaamse hip hop à faire rougir Flip Kowlier, il est question du peetvader.
Mireille te demande qui c'est, t'as répondu Vader Abraham, elle t'a pas cru!
Pendant le voyage le Godfather fait escale à Benicassim pour lever une señorita délaissée par Justin Timberlake pour ensuite inciter le peuple à se bouger les fesses de manière plus énergique en répétant sa prière.
Comme le psaume ressemblait à schild en vriend, les Wallons eurent quelque peine à le prononcer correctement, tu te mis à craindre des coups de goedendag op de kop!
Keskon vafèr, il demande!
Euh..
Keskon vafèr, bis!
Danser, propose Stromae!
Bingo!
La jam te rappelle les meilleurs moments de Bootsy Collins, Parliament ou Funkadelic, t'aurais voulu ajouter la bouillante Betty Davis, elle était en vacances, les go go dancers court-jupées aussi.. too bad!
Brussels, on accueille des invités, la sulfureuse Nina Babet et Watanga.
C'est parti pour une impro sentant bon l'acid jazz/ hip hop,  style Guru's Jazzmatazz.
60' sans interruption, c'est pas fini, le malin insère quelques lignes de 'You send me' de Sam Cooke dans son minestrone avant de remercier les guests.
Son frangin avait raté l'arrêt et le véhicule fou poursuit le pèlerinage au pays du funk.
Un boogaloo chaloupé suivi d'une séquence everybody, jump up and down, ce set est des plus débridés.
La bête rue, hennit, gratte le sol, se cabre, galope, une caresse pour calmer cette jument excitée, un mouvement plus lent, un sax lyrique, beau comme du Rahsaan Roland Kirk, on la ramène dans son box.
Retour au funk fébrile, un dérapage incontrôlé pour  faire peur au copilote, un délire rap, puis une séance de sax licking sortez le  carré blanc, c'est reparti comme en quatorze.
Déjà 80' sans césure, d'après le timing attribué aux musiciens on devrait approcher du terme, deux ou trois fausses sorties, nouvelle course.
L'arbitre refuse de siffler la fin de la partie, qui ressemble d'ailleurs plus à un entraînement qu'à un match officiel, les artistes, prenant quelque liberté avec l'esprit d'équipe, se permettent des efforts individuels pour amuser la galerie, l'entraîneur va leur passer un savon avant la douche.
Présentation des fantassins, c'est fini?
No, let's bounce..
L'organisation leur fait signe de ranger les jouets, réaction: fuck you, encore 5 minutes de délire avant de regagner les coulisses.

Le public chauffé à blanc exige le retour de l'armada, les patrons craignant l'émeute autorise un bis.
Retour au front, mais qui sont ces jeunes gens de bleu vêtu, képi enfoncé sur le front, des représentants de la force publique mandés par quelque voisin chagrin.
La fête est bel et bien  finie!