jeudi 18 avril 2013

Geppetto & The Whales au G C De Kriekelaar, Schaerbeek, le 17 avril 2013

Ah qu'il vienne au moins le temps des cerises
Avant de claquer sur mon tambourin
Avant que j'aie dû boucler mes valises
Et qu'on m'ait poussé dans le dernier train...
Jean Ferrat!
Avec l'hiver qui n'en finissait pas, aurons-nous des cerises?
Du côté du Kriekelaar ( Schaerbeek), ils ne se posent pas la question , d'ailleurs ce n'est ni Jean Ferrat, ni Bobbejaan Schoepen et Geike Arnaert  qui sont prévus à l'affiche, il faut aller du côté de Carlo Collodi et de ses aventures de Pinocchio pour trouver ce qui a inspiré le sextet Geppetto & The Whales!

Leur facebook mentionne un line-up limité à cinq éléments: Sander Sterkens: vocals, guitar/Kobe Dupont; vocals, guitar, banjo/Nikas Goossens: vocals, guitar/Jan Fransen: bass/Carlo van Nispen: drums. Ni Fabienne ( un spa bulles), ni toi ( une pils) n'aviez la berlue, vous avez vu et entendu un claviériste/violoniste sur la scène bruxelloise où les finalistes du dernier Humo's Rock Rally terminent leur theatertour.
Ils vont nous jouer leur EP 'People of Galicove' et une flopée de nouvelles compositions.
20:20', obscurité totale, ça va rigoler pour les photos, dixit  Fabienne, Geppetto et les baleines en piste.
Un coulis de guitare, le bassiste en position yogi, une intro  psychédélique amorce l'atmosphérique 'Dogs of War' , Carlo, de quelques coups de baguettes énergiques, annonce un changement d'atmosphère mais c'est bien du Pink Floyd que tu entends comme influence majeure, les journalistes ont le droit de citer My Morning Jacket .
'Heed the river' un indierock  à la Fleet Foxes porté par trois voix harmonieuses.
Brillant!
Un banjo apparaît pour 'Heads of woe', de  l'americana mettant l'accent, une nouvelle fois, sur le travail vocal.
Les Campinois font preuve d'une belle maîtrise et d'une maturité étonnante vu leur relative jeunesse.
'Come and go', fraîchement pondu et au titre non définitif, a dream americana ballad au son ample.
Un premier titre du EP,  ' Hannah', le banjo change de mains, une country ballad sombre qui s'imprègne insidieusement dans ton cerveau.
Tandis que le banjo caracole allègrement, trois voix susurrent une mélodie  chorale, avant une échappée lyrique à la guitare, suivie d' un final abrupt.
'Duquesne's horse' (Abraham Duquesne , marquis d'Indret, lieutenant-général des armées navales sous Louis XIII et Louis XIV),   un des titres les plus agités du récital, guitares épiques, vocaux scandés, du  Kaiser Chiefs folk rock.
'Black hand at dawn' hante, une nouvelle fois,  la corde psychedelic rock, avec d'étonnants relents Tyrannosaurus Rex, avant que Marc Bolan ne vire glam.
Sur le drap derrière le podium, en noir et blanc,  des visuals champêtres, un bricolage sonore brumeux entame l'instrumental postrock/shoegaze ' Maxburg'.
Les cieux s'éclaircissent, le jour pointe, le tempo s'alourdit, la machine t'écrase avant le retour aux frémissements à la Sigur Ros que brisent la batterie, un souffle violent réanime les braises d'un feu de camp quasi éteint, des flammes surgissent augurant d'un incendie dévastateur.
'Saigo' a été écrit en pensant au film  'Letters from Iwo Jima' de Clint Eastwood.
Saigo était un  Private First Class!
Du prog altier.
' Jonathan/ Matterhorn', ces gamins ont des lettres, ça change des habituelles fadaises... I love you, I want you... .
Sublimes harmonies et final effréné.
Un des Afrekening-hits, ' Juno', reconnu et chantonné par la gent féminine, majoritaire dans la salle.
Retour du banjo pour ' Indian Child', une ambitieuse ballade folk rock qui précède la dernière du set ' Icarus', a handclapping one.
 Dure sera la chute?

Non, un double rappel.
Unplugged, une acoustique, Crosby, Stills and Nash sur une ligne pour le formidable 'Armour Down' à l' outro électrique explosive.
'Rufus' termine ce concert de plus d'une heure.

Geppetto & the Whales, un groupe promis à un bel avenir!