dimanche 19 juillet 2026

Malaka sur l'esplanade du casino à Saint-Quay-Portrieux,le 17 juillet 2026

 Malaka sur l'esplanade du casino à Saint-Quay-Portrieux, le 17 juillet 2026

michel 

Les concerts de l’été, gratuits,  proposés par la municipalité de Saint-Quay réservent souvent de bonnes surprises aux autochtones et estivants, ce soir, Malaka a enflammé la cité balnéaire!

Tu fais la connaissance  des soeurs, Laurina et Sacha  Moïsa, en 2024 , en épluchant leur EP 'Maï ', t'as pas hésité une seconde lorsque tu vois le nom Malaka apparaître à l'affiche  des concerts proposés à Saint-Quay.

La discographie des filles s'est enrichie, un second EP 'Mang' a vu le jour, fin 2025.

L'air est doux, la plage tentante , une douzaine de baigneurs trempent dans la Manche, le concert est annoncé à 21:15'

21:25', un trio escalade les deux ou trois marches devant les mener sur le podium , Laurina,  longue chevelure frisée, à la basse, guitare électrique ou  acoustique et au chant et,  à sa gauche, la soeur, Sacha, à la coiffure Angela Davis , au chant, shakers, guitare acoustique, à l'arrière, un fabuleux batteur/ percussionniste, Timothée   Faure (Nova Bossa,).

De Roanne à Saint-Quay, il y a de la route,  cela n'a pas dérouté les demoiselles originaires de la Guadeloupe, ce qui les inquiétait davantage, c'était la distance entre elles et un public sagement assis sur des gradins, à plus de 40 mètres de la scène.

Sacha caresse la guitare acoustique, deux voix partent en murmures  mélodieux, Timothée réagit en sourdine, elles viennent d'entamer le formidable "Malaka maï".

D'emblée, le mariage entre la nu soul  épurée, au groove velouté, et les  harmonies vocales précieuses te donnent des frissons.

L'acoustique change de mains, c'est en anglais que débute la suivante, ' Swaï', let it go... dit le refrain, Sacha chaloupe ( she's the queen of the dancefloor...,) Laurina égrène des notes fluides, une accélération subite annonce un second mouvement avant le retour au calme.

Le public s'ébroue et se rapproche, les filles amorcent  'Blacky Blood', Timothée, de ses paumes, frappe une calebasse,  Laurine est passée à l'électricité, Sacha a récupéré la guitare sèche.

Ne t'avise pas de critiquer la coupe afro de Sacha, elle assume et en est fière, tu peux toucher pour voir, ne panique pas , la fille  ne mord pas, mais ne te transforme pas en Dalila, ses cheveux, elle y  tient!

De superbes vocalises noires habillent la mélodie et ravissent nos oreilles.

Après un interlude volière marine pour écouter le chant des goélands,  c'est le bilingue et métissé   ' Mercy'  qui est proposé .

Le mélange d'afrobeat,  de pulsations fébriles  et de voix solaires fait mouche une nouvelle fois.

Le groove contagieux de 'Tino'  évoque le raggamuffin de Selah Sue mais encore  leurs racines guadeloupéennes.  Quelques cris fusent et pas mal de gens se déhanchent, Malaka séduit.

Laurina à la recherche d'un mediator, un brave gars fouille dans sa petite sacoche, en déniche un et le tend à la guitariste.

Sacha attaque... viens et emmène ton soleil...  un reggae track  décoré d'une couche de Bob Marley... stir it up, little darling...

Sur la mer, le  soleil s'endort,  face à la scène, il brille toujours.

Sur le dernier enregistrement, Flavia Coelho prête sa voix sur le titre 'Ulo'. Même sans la présence de la  flamboyante Brésilienne, le morceau éblouit.

Il paraît que Saint-Quay n'est pas la capitale du Zouk, chez nous dans les Caraïbes on zouke ferme, regarde nous et bouge -toi,  ' Aou'   transforme l'esplanade en dancehall, où la soca dance  a remplacé la gavotte fisel.

Après une digression philosophique, c'est  la ballade 'Cry boy' qui a  fait sortir les petits mouchoirs.

Des relents Charlie Winston, India.Arie ou Ayo flottent dans les airs.

Exit Timothée,  les soeurs entament une ballade solaire, une guitare et deux voix en alternance ...oh, je te vois, je te vois, tout ce que tu crois n'est jamais vraiment là...   elles chantent à l'unisson pour terminer cette plage qui prend aux tripes.

Face à face,  elles entament la  mélopée  'Woulé'  qui vire danse tribale lorsque le tam tam entre en action.

Telles des sauvageonnes, les filles  virevoltent tandis que Timothée se lâche et que la plage se fond dans ' Mangrove'.

On approche du terme, elles ont choisi un extrait du premier EP, ' Puissante' pour nous inviter à la trance,   Saint-Quay, chaud,chaud,  ne tient plus en place et se déchaîne.

Un bis s'impose,  ce sera une reprise, ' Ave Cesaria', l'hommage à Cesaria Evora, chanté par  Stromae,  qui met fin à un concert magique!