dimanche 29 mars 2026

Taiga à Bonjour Minuit, Saint-Brieuc, le 27 mars 2026

  Taiga  à Bonjour Minuit, Saint-Brieuc, le 27 mars 2026

michel

Les lapins ont regagné le clapier, le renard a reniflé, là, on a un rendez-vous dans la forêt boréale mongole, pas pour y rencontrer les éleveurs de rennes, qui ne sont pas bretons d'ailleurs, mais bien pour dénicher, caché derrière des milliers d'épicéas ou de cèdres, le duo Taiga. 

On avait mentionné le matos peu banal de  Run! Rabbit Run! 脱兔, c'était de la rigolade, du pipi de chat castré, en comparaison de l'équipement monstrueux installé sur le podium par les forçats de bonjour Minuit: electronic devices aussi variés qu'encombrants ( syntths,  stomp boxes, loopers, hardware sequencers, samplers, vocoder, programming computers, etc...), un outillage dont Zaho de Sagazan ne peut que rêver et demander comme prochain cadeau au Père Noël.

En dehors de l'électronique le duo utilise des instruments plus courants, voire traditionnels, une guitare électrique, un  morin khuur (  un instrument à cordes mongol, joué à l'archet) et  quelques flûtes mongoles ( tsuur) de longueurs variées.

Ici encore, aucune trace de setlist, va falloir élucubrer ( merci, Antoine) !

Les deux protagonistes ont pour nom  Husile ( Mongolie intérieure) et  Xi Leilei ( Xinjiang) .

Husile, un impressionnant moine barbu à capuche, manie les electronic devices, s'occupe du tsuur et chante dans des tonalités plus growls que musique sanctuaire, Xi Leilei, coiffé d'un bob chinois, manie keys, guitare, motin khuur et assure quelques vocaux discrets

Leur répertoire,  basé sur les traditions mongoles, est issu  de l'album 'Nomadelic' et des EP 's 'Taiga' et 'Multi-Dharma'.

Pas question de passer en revue chaque morceau interprété sans pouvoir mentionner un titre, mais sache que la première salve mixait éléments prog , kraut ( style Tangerine Dream,  Amon Düül II), de l' ambient, du hunnu rock comme proposé par The HU, des éléments ethniques quand intervient la flûte, de  la psychedelic electronic music ( Future Sound of London), bref, le public baigne rapidement dans des climats à la fois mystérieux et mystiques.

La deuxième salve tout aussi planante est accompagnée par des vocaux déformés pré-enregistrés, musicalement des bribes d' 'Astronomy Domine' viennent effleurer ton esprit.

De vagues flottements amorcent le numéro 3 qui prend des teintes dub , tandis que le barbu marmonne un chant répétitif reprend les sons pot, pot, pot, que tu n'as pas l'intention d'associer aux Khmers rouges.

Le trip se poursuit en fondu enchaîné et prend des coloris techno/ ambient house, style The Orb,Orbital ou Leftfield.

De temps, lors d'un mouvement apaisé, le duo relâche la pression avant de repartir de plus belle dans des sphères plus brutes.

 On recommande le morceau ' Sheepskin carpet'  afin que tu puisses te faire une idée du cocktail proposé, on te signale que ce tapis volant n'a pas été utilisé par Aladin.

Le trip se poursuit, Denise, à tes côtés,  qui depuis des heures carbure à la mousse, pas de l'isolante, est intriguée de te voir griffonner des notes sur un bout de papier, s'enquiert du pourquoi de la chose, avant de replonger, paupières closes dans son rêve sidéral.

Les pulsations deviennent de plus en plus intenses, les grognements hallucinants de Husile ont sorti Denise de sa torpeur et de son état second, à son grand désarroi, elle constate que son verre est désespérément vide, elle décide  qu'un ravitaillement s'impose, du coup t'as un autre voisin moins exubérant.

clac, clac, clac, le tigre de la Caspienne claque des dents, des beats énormes doivent le calmer, aucune réaction, Xi Lilei propose des lignes surf sur sa guitare, la bête s'assagit, ce n'estque passager.

En souvenir de Pierre Henry, la tirade vire messe pour le temps présent, ce qui n'est pas très catholique pour   un moine bouddhiste ayant fait voeu de pauvreté.

 Rrrr, rrrr, le moteur a des ratés, il tousse, pas de panique, ça fait partie du scénario, et on reprend la route pour un trip à la texture lancinante ornée d'un passage lyrique.

Après un cri de désespoir, la guitare se fraye un chemin vers un royaume céleste recherché par les  boddhisattvas, progressivement  la mélopée s'éteint .

Retour de la flûte mongole, Denise est revenue,  bougnat apporte nous du vin, elle t'a souri, tu l'as imitée.

Husile annonce la dernière