dimanche 1 mars 2026

stade au Barbe à Plouha, le 27 février 2026

 

stade au Barbe à Plouha, le 27 février 2026
 
michel 
 
AS Plouha Pludual, saison 2025/2026 , 12 matches  joués, 4 points glanés, dernière place au classement de la poule B du district 2, ça sent la relégation!
Mais c'est pas au stade du club  de foot que t'avais rendez-vous , mais au Barbe pour le concert annuel des ( quasi) locaux, stade!
Comme Yann, le patron, fait partie de la formation, c'est le brave Alain qui s'est chargé de la table.
 
Fin 2024, le trio constitué d'   Elouan Jégat ( guitare, chant) - Baptiste Le Solliec ( batterie)   et  Yann Ollivier ( basse),  s'était échauffé à Plouha avant de sortir, enfin, un premier album, chez Uptown Park , judicieusement nommé ' Musiques de Stade'. 
 
Non, ils n'ont pas repris ' We are the Champions', ils n'ont pas fait appel au twirling club de Goudelin pour faire office de majorettes, le bagad local n'était pas libre , ils ont tout fait à trois.
Ce soir devant leurs fans et quelques touristes, ils vont interpréter les titres de l'album, plus deux ou trois reliques.
 
Après quelques vannes préliminaires, la team attaque ( sèchement)  'Millionaire' , un mix de math rock/ alternative metal,  aussi massif que riche.
Crésus a été estomaqué par le jeu fougueux de Baptiste pour lequel l'expression "il frappe comme une bête"  a été inventée , la basse fulmine et la guitare flingue sans sourciller.
Après ces premiers excès sonores en forme d'instrumental, on passe au post punk ravagé 'Nu song', titre  qui ouvre l'album.
Elouan s'époumone, la basse tonne,  Baptiste étonne, Simone  s'abandonne.
On avait déjà tendance à citer Mike Patton ( Fantomas, Mr Bungle, Tomahawk, etc..), on ajoute une pincée de Liars, une once de Clinic, un zeste de Foals et, pour le refrain, des bribes des Who.  
Un bridge plus calme nous a un instant perturbés, ont-ils entamé en fondu un nouveau titre, c'était une feinte.
 
'Keep it burning' annonce Elouan, Jeanne d'Arc n'a pas ri, ils ont sorti le marteau-piqueur, ça dézingue mauvais, la basse, ramassée, fait très mal, un nouveau mouvement apaisé est là pour nous tromper car la reprise est encore plus mordante. 
Un second instrumental, pharmaceutique, déferle ,  ' Mercurochrome' .
On signale que cet antiseptique ne soigne pas l'entérocolite mais peut déboucher les pavillons auditifs. 
Après une intro bruitiste, c'est un humanoïde qui rapplique, ' Human robot' , on te rassure, il n'est pas question d'I A, l'adrénaline coule à forte dose dans nos veines, on est fin prêt à affronter tous les dangers.
Face à nous, c'est Baptiste qui attire l'attention, de temps à temps il se frappe le crâne avec une de ses baguettes, Yann prend des poses de soldat à la baïonnette bayonnaise piquée au piment d'Espelette, tandis que Elouan canarde sauvage.
2006, Raymond Domenech dirige les Tricolores. 
A  l'Olympiastadion de Berlin, la France et l'Italie se disputent la finale, Zidane perd la boule et agresse  Materazzi.
Tirs au but,  Trezeguet manque le sien, pas de Marseillaise!
Stade nous fait revivre tout ça avec 'Raymond Gommenec'h' ( oh, le jeu de mot) .
Elouan appuie sur la pédale, les commentateurs de l'époque  reprennent vie, le groupe habille le compte-rendu d'un habit noise rock, tendance psychédélique ( si, si, c'est  concevable).
Après un lâcher  d'obus infernal, ce n'est plus en 2006 que ton cerveau se ballade, mais en 1972, à Bruxelles pour la finale du Championnat d'Europe, Gerd Müller, Der Bomber, a atomisé l'Union Soviétique ( les drones n'existaient pas encore). 
 A la mi-temps les joueurs avaient reçu un quartier d'orange, les Bretons proposent ' Pamplemousse' .
Le tempo est saccadé, les panzers sont de sortie.
Un roulement de batterie amorce l'épileptique et concis   ' Petit Pont' , la machine s'affole pour finir en conclusion abrupte.
Après avoir honteusement saboté une comptine enfantine, c'est ' Cat's tongue' qui déboule, une tirade féline mesquine aux saveurs  de métal hurlant. 
Détail, on déplore la qualité des baguettes de nos jours, elles se brisent comme  une touillette à café!
Après un faux départ, et une réaction chimique avortée, le trio reprend ' Physique- chimie'.
D'étranges émanations  malodorantes s'échappent des éprouvettes, les trois fumistes risquent    de faire sauter le laboratoire, ce qui n'a pas le don d'effrayer une villageoise qui a entamé une danse rituelle aussi barbare  que sportive.
On a composé la suivante à la Sirène, pouvez-vous deviner le titre?
 Copenhague?
Bien essayé, Paimpol!
La basse est omniprésente, les vagues déferlent,  les goélettes  tanguent, les goélands cancanent, les cannes à pêche se reposent, le port salue les touristes.
Une intro white funk qui décape ébauche ' Serious man'   suivi par ' Hidden man'  pendant lequel Baptiste jongle, tandis que Elouan surfe à la Link Wray.
Yann lève un doigt, temps mort, je dois faire pipi, du coup  les copains brodent en mode grunge ( pas brunch), avant de passer au morceau participatif du répertoire, ' These boots are made for walking', un titre féministe, né avant Me Too, et avant ' Sufragette City' de David Bowie.
Si tu pensais que 'Ramblin' Rose' de MC 5 était un sommet de rock destroy, écoute stade saccager le tube de Nancy Sinatra.
Séquence merch, un CD voltige dans les airs, il est  récupéré par Amandine en plein vol, et stade termine la messe avec le métronomique ' 176 BPM'  qui permet une dernière fois à Baptiste d'étaler toute sa classe et son ardeur.
 
Le premier mars stade s'exporte à Binic!