jeudi 12 mars 2026

Bernard Allison - La Grande Ourse - Saint-Agathon, le 11 mars 2026

 Bernard Allison - La Grande Ourse - Saint-Agathon, le 11 mars 2026

michel

 

What's on in Saint-Brieuc, and in the neighbourhood, annonce le concert de Bernard Allison... 

"  His guitar playing blends precise slide, cutting riffs and more soulful phrasing, with a tone that flirts with rock while remaining rooted in the heart of the blues."

Cyril, à l'issue de la prestation:

 There are certain phrases we often hear about artists: ‘He shared with his audience.’ Last night, La Grande Ourse and Bernard Allison with his band showed what that really means!  Proof is in the pictures. Thank you for this great moment of blues but also of sharing!

 Sein Vater ist eine Legende des Blues aus Chicago.

Im Saint-Agathon bewies der Sohn, dass er mit dem Erbe würdig umgehen kann....

La salle affiche quasi complet, le public breton aime le Chicago blues!

En 1986, à l'affiche du Marktrock, à Leuven ( Louvain), il y avait  Rufus Thomas et   The Luther Allison Band, plus les vedettes locales: De Kreuners.

40 ans plus tard, tu assistes, enfin, à un concert du fils de Luther: Bernard Allison, un fils qui,  en 2024, lâche le double album 'Luther's blues', en hommage à son illustre paternel.

 La Grande Ourse aura l'occasion d'en entendre plusieurs extraits.

 Sam Butts Jr. , le drummer, George Moye , l'imposant et souriant bassiste, je veux les mêmes mocassins, murmure Bécassine,  et l'incroyable Eric Robert ( Walter Trout, Coco Montoya, Keb Mo' ,  Lucky Peterson etc...)  aux claviers, sont les premiers à se présenter pour entamer un instrumental funky en diable ( sans doute ' Send it in') , ils sont très vite rejoints par le flamboyant guitariste.

Eric, déjà, tricote  comme une tisseuse du Tennessee, la rythmique groove à mort, et la guitare place une série de riffs gluants.

Les artificiers sont présentés, puis il explique qu'on ne voit pas de papier sur le sol, ce n'est pas un choix écolo, non, il travaille à l'inspiration, en adaptant son set à l'attitude du public. 

Ils enchaînent sur ' So excited'  , le bluesrock qui ouvre l'album 'Highs and Lows' ,  paru peu après le sinistre épisode Covid.

Le titre est construit  sur une basse lourde et un drumming sec, le guitariste nous confie son plaisir d'avoir pu retâter de la scène après  un repos forcé.  Les riffs râblés font écho au jeu de clavier pétillant, pendant un solo, George et Eric invitent le public à battre des mains, ce qu'il fait sans rechigner.

La température a déjà sérieusement grimpé dans la salle, Georgette s'évente tout en gigotant sur place.

Sans pause, ils attaquent le funky  'Night Train'  ( sur ' Let it Go') la wah wah s'emballe, l'orgue prend des intonations Tamla Motown, c'est  drôlement juteux.

Pour un  premier  slow blues, Bernard a opté pour 'The way love was meant to be' .

La plage, kilométrique, est chantée d'un timbre soul fiévreux, les soli, tantôt méticuleux, tantôt voluptueux,    se multiplient pour cajoler nos pavillons , La Grande Ourse oscille en mesure avant d'applaudir pendant de longues minutes, à la grande satisfaction des musiciens.

J'avais 6 ans quand mon père a composé ' Change your way of living'  , a rolling piano ballad  qui permet à Eric Robert de nous régaler par un jeu où le boogie dégouline.

Avec ce band, tout semble simple et couler de source, pas besoin de cinéma, c'est juste du blues de haut  standing. 

Ils enchaînent sur 'Bad love' , une nouvelle composition de Luther Allison, une des nombreuses perles à retrouver sur 'Luther's Blues' .

People, sometimes I like it quiet, du coup on se retient  de respirer bruyamment, tandis qu'il enchaîne les notes minimalistes pour ensuite placer des riffs furieux.

On chante le refrain, il repart en roue libre, se paye une promenade dans la fosse pour se dégourdir les jambes, puis vient saluer les gens assis sur les gradins, j'escalade à gauche, puis à droite, pas de jaloux, bonjour, Béatrice, le siège à vos côtés est inoccupé, je peux, bien sûr, Monsieur, il lui joue une aubade, se relève, quitte la salle, se désaltère au comptoir tout en jouant,  puis la guitare,  invisible, réapparaît,  il  rejoint ses petits camarades pour terminer la tirade en flammes incandescentes .

Une ovation gigantesque ponctue ce récital phénoménal.

La wah wah tempête, les chiens sont de sortie, tout Saint-Agathon jubile, car on a reconnu les premières mesures de 'Voodoo Child' de Jimi Hendrix. 

Une accumulation de  trilles vibrantes secouent nos entrailles , c'est parti pour un marathon de près de 10 minutes, il improvise  en solitaire, ses acolytes ont le temps de se tricoter une écharpe en vue de l'hiver prochain.

Merde, j'ai laissé mon mobile en coulisse, j'aurais pu téléphoner à madame et prendre des nouvelles des gosses, se dit George.

Sans leur faire un signe, ils ont compris qu'il fallait reprendre le boulot pour achever la plage. 

Après ce fait d'armes, George, Eric et le chef prennent la tangente, c'est l'heure du solo de batterie didactique de Junior.

Parmi les tableaux proposés, ta voisine a reconnu ' We will rock you'  , du coup elle a hurlé ' Yeah'.

Georgie Fame a renchéri, I say yeh, yeh.

Quelle soirée!

George se pointe pour une digression moite, il en profite pour placer ' Another one bites the dust'  dans son exposé, puis c'est au tour d'Eric d'entrer dans la danse pour un numéro comedy capers versus la chevauchée fantastique.

Il a tellement massacré les touches que le matériel s'est déglingué.

Bernard qui a retrouvé le podium se demande comment ils vont interpréter 'Serious' sans les keyboards malades.

Heureusement, les mécaniciens retapent la bête. 

'Serious' est vraiment un titre particulier, il peut faire penser à Dire Straits, mais plus quand  le fils de  Luther ( pas confondre avec Calvin) entame un virage reggae.

Eh, les gars, on improvise?

C'était pas du grand n'importe quoi,  mais c'est parti en ratatouille épicée, on a reconnu des bribes de ' Sunshine of your love', une once de Freddie King, puis  un phrasé jazzy,  avant la reprise, sérieuse, du thème initial pour terminer par une cover, ' Going down' des Alabama State Troupers.

File immense au merchandising, un selfie avec ma femme, Bernard?

Elle s'appelle comment?

Bernadette! 

Dimanche, La Grande Ourse accueille  Ally Venable, rendez-vous est pris!