lundi 29 décembre 2025

The Land, the Sea, the Air (Volume I) par The Emerald Dawn

  The Land, the Sea, the Air (Volume I) par The Emerald Dawn

 Record Label: World's End Records

prog rock

michel

Oui, tu peux grimper à bord du  Emerald Dawn pour une croisière sur le Danube, le Rhin, la Moselle ou le Main.

Non, le navire n'est pas équipé d'une salle de concert, donc si c'est le rock symphonique qui t'intéresse, tu te rabats sur  The Emerald Dawn, une formation d' Edinbourg ayant mis le cap sur les Cornouailles, pas les Bretonnes, mais bien Cornwall , le comté qui a vu naître Mick Fleetwood le batteur ayant donné son nom à Fleetwood Mac.

Le groupe a vu le jour en 2010, à l'origine ils étaient deux, Tree Stewart et Ally Carter, plus tard le batteur de jazz, Tom Jackson, les rejoint .

Un premier album, 'Searching for the lost key' paraît en 2014.

On a lu une review se terminant par ces mots:  the music of the Emerald Dawn is a hybrid original , nothing overtly polished or over-produced, just fine music played with obvious passion and creativity.!

En 2015, le bassiste  Jayjay Quick est ajouté au line-up, on l'entend sur l'album ' Visions' de 2017.

Il ne se nomme pas quick pour rien, by bye Jayjay,  sur 'Nocturne',  David Greenaway tient la basse, il persévère et sa basse décore les trois galettes suivantes: 'To touch the sky', 'In Time' et le dernier né ' The Land, the Sea, the Air (Volume I)', le volume 2 doit paraître en 2026.

 

Tracklist:

 1. Dancing with the Spirit (5:50)


2. Under Changing Skies (16:50)
i. Floating Clouds
ii. Industry
iii. Flight
iv. The Reckoning


3. While Oceans Die (13:57)
i. At the Coast in Early Morning Light
ii. On the High Seas
iii. An Evening Storm
iv. Night Approaches


4. And We're Left Wondering Why (9:17)

 Musicians/Composers:

Tree Stewart: keyboards, flute, 12-string acoustic guitar, HandSonic, vocals
Ally Carter: guitar, soprano, alto and tenor saxophones, keyboards
Dave Greenaway: 6 string fretless and fretted basses, electric upright bass
Tom Jackson: drums 

 

Comme pour les albums précédents la pochette est signée  Tree Stewart, elle reflète parfaitement le titre de l'album et se rapproche de certains  travaux du collectif Hipgnosis. ou de Roger Dean.

 

Quatre plages, en commençant par  la plus concise ( près de six minutes, tout de même), l'instrumental ' Dancing with the Spirit'.

Un roulement de tambour  ouvre la gigue, les esprits malins, ou débonnaires, entament leurs circonvolutions, Tree pianote, les touches aux sonorités marimba donnent un cachet exotique à la plage ,puis vient  la basse de Dave qui  arrondit les angles, le morceau s'enflamme lorsque la guitare lâche des riffs drus.

On passe du jazz en fusion, façon Nucleus, au rock symphonique quand  un second clavier se pointe, après un mouvement plus serein, Ally Carter  sort un sax soprano de sa caisse,  les feux follets virevoltent accompagnés par  quelques cobras arrivés on ne sait d'où.

Le voyage se poursuit en mode plus heavy, avec une approche Sunshine of your love à la gratte, alors que Tom Jackson  se prend pour Ginger Baker.

Une entrée en matière qui n' a rien du hors-d'oeuvre léger! 

Prêt pour '  Under Changing Skies' , une suite de près de 17 minutes, faite de quatre mouvements.

'Floating coats' s'engendre sur un tapis velouté de synthé avant d'entendre une flûte céleste, aux effluves  orientales, s'élever dans les airs .

Tu contemplais les nuages, quand le nocturne new age  change de cap avec l'amorce d'un  lament gothique  psalmodié par Tree  ( est- ce le début de l'acte  'Industry'?) , la basse annonce un passage nettement plus  musclé , émaillé de stridences venant déchirer l'assise rythmique dense.

A titre de comparaison on avance certains morceaux plus rock de King Crimson. 

Retour au calme et aux résonances marimba (? 'Flight') , le soundscape majestueux oblique vers un nouveau fragment chanté  ( ? The Reckoning') ,  suivi par un orgue liturgique accompagné de coups sur les cymbales , le ton monte, la voix se fait passionnée, la guitare s'enflamme en prenant des  intonations Steve Hackett, avant de se diriger vers le bout de l'épopée sur fond de   synthé  atmosphérique  et de frappes sèches.

Comme le prédisait le titre,  les cieux étaient capricieux.  

La suite suivante, très environnementale,  '  While Oceans Die' se limite à 14 minutes et quatre sections.

Le synthé en loops nautiques  ouvre 'At the Coast in Early Morning Light', la mer est étale, le soleil pointe le bout du nez, un ou deux oiseaux marins se baignent sans crainte d'être dérangés par une colonie de baigneurs bruyants, soudain le sax gémit, Tree entame un  chant de sirène désespérée, ce qui fait réagir le saxophone qui tousse grassement, ensuite Ally délaisse l'instrument cher à Adolphe, ramasse sa guitare pour entamer un mouvement moins fluide (On the High Seas ?), Tom s'agite, la copine d'Ulysse reprend sa morne complainte  puis vient un mouvement wagnérien, chaotique ( An evening storm?) .

L'embarcation chavire, on appréhende le naufrage, ce n'est plus du Wagner, c'est le 'Shipwreck' de Rimsky -Korsakov.

T'es trempé jusqu'à la moelle, à genoux tu implores   Poséidon, qui  a entendu ta prière, les éléments s'assagissent ( Night Approaches) , sur nappé de synthé fluctuant, Tree reprend son chant ondulé avant d'entendre le saxophone, transformé en marchand de sable, signifier qu'il est l'heure de se coucher, Tom ponctuant la plage de quelques coups de maillets étouffés sur ses cymbales. 

 'And We're Left Wondering Why' est amorcé par Tree à la twelve - string acoustic guitar,  après quelques accords, elle débite son constat dénonçant une société  capitaliste, la basse de Dave l'accompagne en sourdine.

Ally sort de sa torpeur pour frôler le synthé,  c'est quand Tom se décide à frapper les éléments de la batterie que la plage gagne en intensité et en ferveur.

En vue du terme, Ally place un solo de sax rayonnant, tandis que Tree tapote le pad de percussion pour accoler une touche tribale ( digne  de Rebop Kwaku Baah chez Traffic) à la composition qui agonise sans qu'on sache vraiment pourquoi l'être humain s'amuse à détruire la planète.

 

The Emerald Dawn entame une tournée anglaise en mars, un passage sur le continent à Saint-Palais- sur-Mer ( le free festival Crescendo)  est prévu en août. 

Avis aux amateurs de  rock progressif, metal prog, rock psychédélique, space ou  medieval rock....