dimanche 3 juillet 2011

Hee Tervuren 2011, Marktplein, Tervuren, le 2 juillet 2011

Edition dix pour ce free festival se déroulant en plein centre de la riante Tervuren, et, une nouvelle fois, 'Heter Vuren' a fait un tabac!
Le 30 juin: Milk Inc. , de la soupe VTM- le 1er juillet: Les Truttes, carnaval et beuverie- le 2 juillet: du rock- le 3: Will Tura...
Pour tous les goûts, quoi!

C'est à 16h30' que débuteront les festivités du samedi, la Belgique attend encore l'arrivée victorieuse de Philippe Gilbert, le nouveau prince de Monaco et, sur scène, Tintin annonce The Herfsts!
Ok, c'est pas les chaleurs tropicales, mais le soleil luit, et, excepté pour les marronniers malades, les feuillages n'ont jamais été aussi verts!
The Herfsts, un combo louvaniste, a gagné sa place sur le podium en remportant, tambours battants, le free podium dans la jeugdhuis Den Troemel.
Sont venus en force, à sept: Koen Saelemaekers, Michaël Cloet, Stijn De Mulder, Wim Raes, Jannes Jaspers, Sam Gyselen, Pieter T'Jampens!
Presque autant du monde sur le podium que dans le public.
Trois guitares, une basse, drums, un Korg + un gars se tournant les pouces et chantant de temps en temps.
Sont d'ailleurs quatre à fredonner des mélodies indie pop agréables à l'oreille: une pincée de Britpop, style Arctic Monkeys, ou les plus commerciaux Maximo Park, un poil de Editors, de la cold wave comme Customs, du choral, des envolées Wolf Parade, on s'ennuie pas!
Le poppy 'Japan Rats' (?) ouvre le bal, il sera suivi de 'Hands crossed over your heart' à l'intro Interpol, aux claviers electro et au tempo soutenu.
Petit à petit, Jannes Jaspers, le guitariste/chanteur s'octroie le rôle de frontman.
' Eyes like sunken ships', que tu retrouves sur le EP 'The Dead Beaver', croise à nouveau dans des flaques Interpol/Customs, insensiblement tes Adidas battent la mesure et ta tête se dandine: plutôt bon signe.
Une valse, annonce le Jannes.
OK, ket, une Celtic Waltz dans ce cas: 'Make Waves', tu surfes sur des vagues Arcade Fire ou Broken Records et te dis que ce 'Make Waves' pourrait devenir un hit.
Un petit harmonica pour 'The Rapture' pas le dance-punk band new-yorkais, mais un titre saccadé aux acrobaties vocales proches de School is Cool ou de Freelance Whales, tout en étant moins bordélique et naïf que les baleines du Queens.
Une dernière: ' Two Dancers' , un glockenspiel puéril pour cette plage sixties pop acidulé.
Frivole et entraînant!
Bonne entrée en matière, band prometteur!

A Tervuren, le timing est respecté: 17h30' Steak Number Eight!
C'est en 2009 que tu fais leur connaissance ( Bruksellive), une grosse claque!
Ces gamins gagnent le Humo's Rockrally alors que Juffrouw Haeldermans ( de belles jambes), leur institutrice de quatrième primaire, gemeenteschool Wevelgem, les croyait à la messe!
Zont arrêté le cirque optredens pendant un petit temps pour enregistrer une seconde plaque: 'All is Chaos', derrière les manettes: Mario Goossens (Triggerfinger), mix amerloque: Matt Bayles (Mastodon).
Résultat, cinq étoiles au Gault et Millau et reprise de la ronde infernale de concerts avec Graspop il y a une semaine!
Le steak a mûri mais n'est pas pourri, un concert d'une classe folle, même si Brent, le chef, le qualifie de snert optreden ( quelques pépins techniques)!
'Black Fall', début paisible avant de sérieuses envolées stoner, grunge ( Pearl Jam est proche), noisy postrock.
Tervuren estomaqué!
'Stargazing' il n'y a pas beaucoup d'étoiles à cette heure, les astres, ils les contemplent au volant d'un rouleau compresseur tournant à plein régime: impressionnant!
Du headbanging metal dans la foulée de Channel Zero pour suivre: ' Dickhead' !
Sais pas à qui s'adresse ce qualificatif amical, mais les riffs en béton de cette gentille comptine arrachent grave, le Brent ( Vanneste) est pas content il le fait entendre en hurlant comme un putois qui vient d'apprendre que sa femelle fait la pute, rue de Stassart, et n'allonge pas les billets sur la table de la cuisine.
Ses potes ( Joris Casier/Cis Deman/Jesse Surmont) ne sont pas en reste, ça cogne mauvais!
Lourd: l'adjectif est faible!
Sorry, Tervuren, faut changer de câble et cette sangle me fait chier, allez, on y va: ' Track into the sky', un chant molosse ayant vu un caniche, style Di Rupo, et voulant se le farcir, et une atmosphère fin du monde sur bande sonore post-metal/ sludge à la Neurosis, A Storm of Light.
Les cieux ne sont pas sereins!
'The sea is dying' une construction devant amener la plage vers un climax tempétueux, des vocaux, disons expressifs, pas question de servir de la viande attendrie, c'est du coriace!
Je pète une corde, m'en fous, m'en reste 5, d'ailleurs vais les arracher toutes pour n'en garder qu'une et lui faire subir les pires outrages.
Changement de jouet pour le sombre et inquiétant ' The Perpetual' !
En fondu: ' Pyromaniac' !
Vont foutre le feu au temple et ce sera épique!
Toute grande prestation!


Mintzkov
vient de fêter ses 10 d'existence avec un box 4 CD's, '10 years Mintzkov', et tient à célébrer l'événement à Tervuren.
Rien de neuf depuis le 'We are O'pen' au Trix, en 2009.
Toujours cet alternative pop bien ficelée, mélodieuse, propre, catchy, à mi-chemin entre Placebo et les dEUS les plus calmes ( la voix nasale de Philip Bosschaets...) , Zornik, sans la face grosse gueule ou les Manic Street Preachers, voire Ash!
'J'aime bien' te susurre celle qui partage tes nuits.
Tu peux comprendre cette approche féminine, mais pour les fans de soccer ou de Jupiler à forte dose, ça manque furieusement de couilles!
Philip Bosschaerts (guitar + vocals)/Lies Lorquet (bass + vocals)/Min Chul "The Cowbell" Van Steenkiste (drums)/Daan Scheltjens (guitar)/Pascal Oorts (synths) entament le set par 'Return and Smile' et poursuivent avec 'All at once' , gravé du temps où ils s'appelaient encore Mintzkov Luna.
Le sautillant 'One equals a lot' et puis un downtempo plus Molko que nature, avant un allègre virage disco beats pour le single ' Author of the play' qui pulse agréablement.
Même rythme de croisière pour le chouette titletrack de l'album de 2010 ' Rising sun, setting sun' .
Un essai de singalong bien timide pour le carton Studio Brussel: 'Opening Fire'.
Un TC Matic, on attend Arno, une version rose de 'Putain, Putain' suivie du funky 'The state we're in' , terrible basse!
Un downtempo? N'oubliez pas de les arroser: ' Mimosa'!
Passe-moi le poivre de Cayenne, Lisette, et la sauce piquante, svp!
'Ruby Red' de 2008 et dans la même casserole, la cabriolante et avenante 'Violetta' qui contribue à la bonne humeur générale.
Une dernière, entamée solo, le calme ' Gemini' qui explosera lorsque toute l'équipe se joindra à Mr. Bosschaerts.


Daan
Honneur aux dames, Isolde Lasoen est la première à se montrer pour prendre place derrière son kit, suivie de près par l'élément masculin: Steven Janssens: Guitar & backings ( un crack: the Whodads/the Revelaires...)/le jazzman, Otti Van Der Werf : Bass /Jeroen Swinnen : Synths & backings et Jo Hermans : Trumpet& backings (Savanna Station, Deux accords diront...), ce brave gars, armé d'un marteau tabasse, de temps en temps, des tubular bells, piquées à Mike Oldfield, et quand il fatigue, le dandy, Daan Stuyven, prend la relève!
Cette fine équipe aura livré un concert en tous points remarquable, Tervuren leur a réservé un triomphe!
Après une première popsong stylée, l'élégante formation attaque le hit 'Exes' , résumant bien sa philosophie de tombeur désabusé:
exes I've got no access to my exes
I'm sure by now they've moved to Texas...
Le Bryan Ferry du platteland, émigré à Manhay ( titre du CD dont est extrait 'Exes'), poursuit dans le synthétique distingué 'Crawling from the wreck' , plus Roxy Music que nature!
Le grandiloquent et agrémenté d'une trompette jazzy 'Brand New Truth' réinvente l'histoire des Beatles ou de John Travolta, Tervuren trépigne.
Genoeg gemoraliseerd, annonce le playboy, qui ne fera pourtant aucune allusion à son différent avec la NVA et son slimste mens, suite à la sortie de son pamphlet 'Landmijn'!
Daan goes Cash avec l'imparable country 'Icon': formidable!
Un doublé de cuivres ( Jo et la délicieuse Isolde, multi-instrumentiste qui frappe et souffle en même temps) pour le single kamikaze et machiste 'Wifebeater'!
Le métallique 'Smokesucker', enregistré sur 'Profools' en 1999, du nicotine surf fumant, sera suivi du gros hit de l'époque Dead Man Ray 'Chemical' , pas une ride, cette ritournelle!
Public ravi, sur scène aussi on s'amuse!
Le set gagne encore en intensité avec l'incroyable 'Jamais Neutral' , pendant lequel Isolde et Daan nous gratifient d'un duo vocal Vive la Fête.
Toujours dans la veine electro/disco, Daan se la joue diva avec 'The Player' , la folie gagne tes voisines: 50 balais, taux de sex-appeal frisant l'horizontale, aisselles non épilées et cure de Jupiler et ça va pas se calmer avec 'Victory', tout en chantant, ces braves dames postillonnent joyeusement sur tes péniches acquises soldées chez Bata en 1922.
Ambiance au zénith, surtout que le charmeur a entrepris l'escalade d'un haut-parleur!
Il nous présente ses acolytes avant de nous faire bondir avec le disco purulent '50%' et terminer le set par le sacral et protocolaire 'Protocol'.
Daan und Isolde go Queen... d'incroyables vocalises kitsch et haut-perchées de l'ange Lasoen!
Merci Tervuren!

Bis
Le bluesy et sexy 'Boots' suivi de l'infernal instrumental ' Housewife' transformant la place en discothèque géante!
Après quelques dates en France, Daan sera, notamment, à La Semo, aux Francofolies et aux Lokerse Feesten!

L'apothéose: Arno!
Un Hintjens en forme: rugueux, bourru, brutal, dégingandé et un band efficace, robuste, coriace avec en contrepoint les envoûtantes interventions de la choriste.
Peu de concessions, pas un best of, du méchant!
Aux keys, le pilier: Serge Feys- un autre habitué tient la basse: Mirko Banovic- aux drums, Sam Gysel - à la guitare, l'Allemand Philipp Weies et aux backings, la surprenante Sabrine El Koulali!
Le set commence par les vocalises arabisantes de Sabrine ouvrant 'Brussels':
Let's sing this song for Linda, Mustapha,
Jean-Pierre, Fatima, Michel and Paul
The brain of God, les flamands
Et les wallons
You and me and Mr Nobody...
Du Arno pur jus, traits d'esprit et vocaux éructés, ça cogne d'emblée.
Alleï, je vois que tout le monde a payé sa place, allons-y...
' God save the kiss' un crapuleux funk blanc, suivi de ' Meet the Freaks' tout aussi abrasif.
L'Ostendais de Bruxelles poursuit avec une version adaptée Hintjens, donc sexy, vicieuse, berbère de 'See-Line Woman' de Nina Simone avant de nous balancer le tango plébéien 'Chic et pas cher' .
En pensant à Naguy, le virulent 'Ratata' sur rythmique atomique et Feys se la jouant Einsturzende Neubauten.
Hintjens battant des pieds, hurlant tout en s'agrippant au micro tel un frénétique pantin désarticulé .
Ubuesque!
'Black dog day' :
Losing your pride
Is like losing your pants...
Si c'était vrai, t'aurais souvent circulé en calebar!
Un virage métallique haché menu avec 'Rock them out' datant de la période Subrovnicks , ta tête ballote comme un punching ball frappé par Mike Tyson!
Toujours sur le même album de 1994 ' Watch out boy': le vieux Feys sous les spotlights et Sabrine transformée en chanteuse soufi, ton corps est sillonné de frissons, tu planes!
Un TC Matic funk et puis, d'une voix éraillée, 'Je veux nager' suivi sans transition par ' Oh la, la', la ronde des hits immortels, l'énorme 'Putain, Putain' ne peut manquer à l'appel.
Sur fond Eurovision grotesque, le plus belge des Belges introduit les musiciens qui terminent l'hymne européen sous forme de gros rock.
Serge a sorti l'accordéon, Tervuren a pigé et se prépare pour le refrain: 'Les filles du bord de mer', suivi du tendre ' Les yeux de ma mère'!

Amen, l'Ultima Cena a vécu, le pain est mangé, le vin bu... arrivederci Tervuren!