jeudi 6 juin 2019

Décès, la liste est longue: Céline Lechanteur, Leon Redbone, Roky Erickson, Lawrence Lo Leathers, Jake Black, Willie Ford, Tony Glover, Jeff Walls, Annick Guyomard

Le 28 mai , la Belgique apprenait le décès de Céline Lechanteur, qui avait participé à la première mouture de The Voice Belgique. La mort de la jeune femme fait l'objet d'une polémique, la famille réfute la version du suicide.
Les funérailles ont été interrompues, l'incinération n'a pu avoir lieu, les proches demandant une autopsie.


Décès le 30 mai 2019 du guitariste et chanteur Leon Redbone, annonçait France Musique, il y a une semaine.
Leon Redbone s'était spécialisé dans l' old school vaudeville et le Tin Pan Alley Style, ce qui lui donnait une image atypique dans un monde musical où l'électronique domine.
Panama hat et petites lunettes noires, l'homme ne passait pas inaperçu, il nous laisse une petite quinzaine de pépites.
Après l'album 'Flying By' il avait décidé de se retirer du manège, performing was too challenging, avait-il décidé.

Avec le décès de Roky Erickson, ( 71 ans)  le mouvement psychédélique perd une légende.
C'est en 1965 qu'il fonde, avec  Tommy Hall et Stacy Sutherland, le fameux The 13th Floor Elevators, un groupe qui durant sa courte carrière sortira trois albums studio et un Live.
Roky multipliait les ennuis avec les autorités échappant à la tôle pour cause de folie, il se tape des séjours dans des hôpitaux psychiatriques, d'où il ressort complètement parano.
A la fin des seventies , il monte  Roky Erickson and the Aliens qui sort deux LP's, la folie le reprend, il doit son salut à un tribute album dans lequel ses titres sont interprétés par des pointures dont  The Jesus and Mary Chain, R.E.M., ZZ Top, P Julian Cope, Butthole Surfers,  John Wesley Harding, Doug Sahm ou Primal Scream.
Roky  revient à la musique, sa schizophrénie est sous contrôle, plusieurs albums voient le jour et le bonhomme retâte de la scène.
Une réunion  des 13th Floor Elevators a lieu en 2015, le groupe se produit lors de l'  Austin’s Levitation Festival.
Son aventure a pris fin le 31 mai. 

Le batteur  Lawrence Lo Leathers est décédé à l’âge de 37 ans dans des circonstances troubles.
Son corps a été retrouvé sans vie dans la cage d'escalier de son immeuble d'appartements, Lawrence aurait une altercation avec sa petite amie et un de ses copains.
Ces deux personnes ont été arrêtées.
Le Grammy Award-winning jazz drummer était connu en Europe pour avoir accompagné Cecile McLorin Salvant, il faisait également partie de l'Aaron Diehl Trio.

Le 21 mai: Alabama 3 co-founder and singer Jake Black a.k.a The Very Reverend D. Wayne Love has died.
L'electronic band de Brixton, fondé en 1995, a eu la chance de voir  le titre "Woke Up This Morning" être utilisé pour la série The Sopranos.
Le mix de country et d'acid house était assez original et leur a permis de compter sur de nombreux fans.
Le groupe affiche une discographie comptant une douzaine d'albums studio, 'Blues' le dernier date de 2016.

His full name was Willie Lee Ford, Jr. Willie sang with the Capitols prior to joining the Dramatics. He became a Dramatic in 1968.
Willie Ford nous a quittés le 28 mai.
Si les Dramatics n'ont jamais été considérés comme un groupe de première division,  le gang de Detroit affiche néanmoins une belle carte de visite dans l'univers r'n'b.
Avec une vingtaine d'albums à leur actif et quelques hit singles dont "Whatcha See Is Whatcha Get" ou "In the Rain", ils ont souvent squatté les soul charts au pays de l'Oncle Sam.
Willie Ford rejoint Ron Banks ( le falsetto) , William "Wee Gee" Howard, Elbert Wilkins et James Mack Brown au cimetière.

 Tony Glover, the influential blues harmonica player who was a longtime peer of Bob Dylan and helped teach Mick Jagger how to play, died Wednesday May 29, the Star Tribune reports.
En 1963 il faisait partie du blues trio Koerner, Ray and Glover ayant pondu cinq albums.
Ensuite il devient disc-jockey et rock critic.
Mick Jagger n'est pas le seul à avoir appris l'ABC de l'harmonica auprès de Tony Glover, David Johansen des New York Dolls a suivi son exemple.

 Jeff Walls, co-founder, guitarist and songwriter for the Guadalcanal Diary, died on Wednesday, May 29.
Le groupe d'alternative rock d'Atlanta a connu une carrière en dents de scie, actif de 1981 à 1989, il réapparaît en 1997 jusqu'en 2000 et se reforme, brièvement,  pour fêter leur trente ans en 2011.
On leur connaît une demi-douzaine d'EP's ou LP's.
'Always Saturday' doit être leur titre le plus connu.

 L’accordéon d’Annick Guyomard a cessé de sonner, titrait Ouest France il y a trois jours.
La dame de Plérin formait avec Jean-Yves Guyomard un duo de musiciens de rue bien connu dans les Côtes-d'Armor.
Le duo jouait aussi bien des chansons populaires que des oeuvres classiques à l'accordéon et à l'orgue de barbarie.




mercredi 5 juin 2019

Album- Mathieu Pesqué - I'm not here

Album- Mathieu Pesqué - I'm not here

Eléments de biographie: Mathieu Pesqué est né à Pau. Il commence la guitare à l'âge de 17 ans et évolue au contact de groupes aquitains qui lui permettront de faire ses débuts...
Ouais, c'était quand, gamin, en 2017?
Tu rigoles, le gars que t'as vu en concert à La Grande Ourse ( St-Agathon) en décembre vient de sortir un huitième ouvrage, 'I'm not here', me demande pas où il se cache, car il a quitté le Béarn.
Son premier album, 'A secret garden' a vu le jour en  en 2009, Mathieu venait  de célébrer sa communion solennelle .
Depuis le garçon s'est fait pas mal d'amis dans le milieu (non, pas la mafia) et peut se targuer d'avoir accompagné des gens aussi illustres que Bob Brozman, Nico Wayne Toussaint,  Willy DeVille , Phil Palmer, Marko Balland ( croisé aux côtés de Sanseverino, il y a peu), Hansel Gonzales ou  Roll Pignault..
Et en ce joli mois de mai, il nous livre  'I'm not here', le huitième volume d'une oeuvre toujours  inachevée.


Tracklist
1 Shine Down On Us
2 Home
3 Ordinary People
4 Walk That Line
5 Drops Of Rain
6 Play Dead
7 Lost In The Dark
8 Black Crowes
9 You Will Always Be Mine
10 On The Road At Night
11 Saying Your Name

Acoustic Guitar, Electric Guitar, Lead Vocals – Mathieu Pesqué
Bass – Ludovic Timotéo
Drums – Olivier Pelfigues
Electric Guitar – Hansel Gonzalez
Plus quelques guests pas débiles: Neal Casal ( 7)/ Phil Palmer (  ( 3/5) / Marko Balland ( 6)/ Bala Diabaté ( 2/6) et Abdoulaye Sambé ( 2).
Une longue intro, finement ciselée, amorce le folk/blues ' Shine down on us' , le travail soigné évoque des gens aussi fréquentables que le regretté Jim Croce ou Dan Fogelberg, deux apôtres du soft rock  de qualité.
'Home' prend des accents noirs grâce à la voix profonde  d' Abdoulaye Sambé et aux sonorités particulières des 21 cordes de la kora, cette chanson mélancolique, traitant de la séparation, construit un pont entre l'Occident et l'Ouest africain.
Le tout aussi mélodieux, évoquant des adeptes d'un rock mélodique défendu par des groupes tels que Firefall ou Little River Band , 'Ordinary People' nous transporte de l'autre côté de l'Atlantique ou aux pays des kangourous. C' était dans les seventies, pas sûr qu'à l'époque les critiques avaient déjà collé l'étiquette Americana sur ce style musical  'cool'  et rootsy.
Le côté native Americans du gospel  ' Walk that line', bourré de vocaux superposés, devrait plaire aux admirateurs de culture amérindienne.
La guitare de Phil Palmer réapparaît sur ' Drops of rain', un folk soyeux qui n'est pas sans rappeler John Martyn ou Bob Dylan, pas tant pour la voix mais à cause du titre, do you remember ' Buckets of rain'.  
Difficile d'imaginer que la carte d'identité de Mathieu Pesqué indique France, tout dans son univers respire l'Amérique, les arrangements des morceaux sont aussi soignés que s'il s'agissait d'un album de Crosby, Stills, Nash and Young.
Le garçon possède  un sens inné de la mélodie sans qu'il soit question d'effets tape-à-l'oeil, tout est dans la mesure, la sobriété, la justesse de ton.
Du travail d'orfèvre. 
'Play dead' soutenu par un coulis d' harmonica, digne de Little Walter,  conçu par  Marko Balland, nous balade en terroir bluesy sur fond désabusé.
Il confesse ...bitter taste of blues, sometimes it gets me really mad,  I feel like punching you..., c'est le moment de décapsuler une Budweiser pour ne pas commettre l'irréparable.
'Lost in the dark' , featuring Neal Casal, s'avère plus éthéré et serein, et si dehors l'orage gronde, pense aux bons moments que tu as connu in those green days.
Ce n'est pas le canari qui symbolise les ténèbres mais bien le corbeau, le sombre 'Black Crowes'  et sa slide inquiétante,  risque de hanter tes nuits si tu n'as pas la conscience tranquille.
C'est en murmurant que Mathieu avance, sous forme de ballade satinée,  à  celle qu'il chérit ' You will always be mine'.
Le nombre d'artistes, pour la plupart oubliés, mais dont les albums garnissent les étagères de ton salon, auxquels le Palois te fait penser, englobe des gens tels que Lee Clayton, Steve Forbert,   Jesse Colin Young ou John David Souther, tous de  respectables singer-songwriters, fidèles à la tradition et refusant les effets faciles ou les vulgaires gimmicks utilisés par bon nombre de baudruches synthpop.
Deux dernières pépites, 'On the road at night'  et 'Saying your name' confortent  les impressions  sus-mentionnées pour couronner un  album intimiste, pudique et  d'une fluidité éloquente qui mérite une écoute attentive et répétée.

Mathieu Pesqué se produit le 7 juin à la FNAC de Saint-Brieuc !




lundi 3 juin 2019

THE BANGING SOULS – Royal Fraiture Sports – Tinlot - le 1 juin 2019

THE BANGING SOULS – Royal Fraiture Sports – Tinlot  – 2019.06.01
Line Up :
Pierre ABRAS : drums, percussions - backing vocals.
Gaëlle MIEVIS : lead vocals, keyboards - percussions.
Ludwig PINCHARD : guitar -backing vocals.
On ne peut jamais prévoir ce qu’un concert est susceptible d’apporter comme émotions, tout comme on ne peut jamais déterminer à quel point on va s’investir émotionnellement en entendant la musique pour laquelle on s’est déplacés.
C’est contrainte et forcée que l’ASBL « Les Deux Ours » a déménagé de Nandrin, l’espace d’un weekend, vers des structures temporaires dans la verte campagne du Condroz liégeois, jadis un bastion des princes-évêques de Liège. Fred Maquet a donc décoré et amélioré le cadre ambient pour en faire un lieu cosy. A l’origine, ce concert, programmé le 23 mars dernier avait été annulé pour raisons de santé. Gaëlle, notre chanteuse de charme (si, je rencontre celui qui a osé lui dire qu’elle était dix ans trop vieille, je lui pète les dents et les jambes aussi, tant qu’à faire, un con assis va moins loin qu’ un con debout), Gaëlle donc avait été victime d’une vilaine bourrasque qui avait eu raison de son système immunitaire. C’est donc dans un état fébrile proche de la transe (Europ Express) comme on dit chez Kraftwerk, que nous nous présentons au lieu de rendez-vous, Marc, Jean-Claude et moi.
Cette fois, pas de crevaison comme la veille au même endroit, en rentrant du concert de Gallows Pole, les pièges tendus par les ferrailleurs locaux aux velléités expansionnistes n’ont pas eu raison de notre vaillante chariote. L’avantage quand tu arrives le premier c’est que tu peux t’installer où tu veux. Donc, après les « hugs » et autres bisouilles avec notre trio chéri, on s’installe on déguste, qui une bière spéciale, qui une eau pétillante pour tuer le temps. Il fait chaud, très chaud, à tel point qu’un homme s’écroule, victime d’un malaise. Ca jette un froid, sans faire pour autant baisser la température ambiante. Comme le dit le vieil adage : « The Show Must Go On » et c’est devant un parterre de fans conquis que The Banging Souls prend les planches. Ils sont relax, le bouton d’humeur est en mode « High ». Et ça déroule, cool et bien, les visages affichent le bonheur d’être là, sur scène, à jouer leur musique, profitant de chaque seconde qui passe comme si c’était la dernière. Le son et le rendu sont très bons, les morceaux s’enchaînent, sans heurts, le train est sur les rails, pour le plus grand bonheur des spectateurs qui manifestent bruyamment leur approbation.
Et puis arrive le moment crucial, l’apogée qui va bouleverser le concert pour le porter au pinacle des intemporels. Tout le monde, le ressent, un grand frisson s’empare de nous. Avec «Be », on sait d’emblée que ceux qui sont là ce soir, présents au concert, vont faire partie d’un moment d’histoire. Les musiciens sont transcendés, ils viennent d’ouvrir les portes cachées d’un nouvel espace-temps et d’un coup, nous y sommes tous aspirés, pris dans un vortex dans lequel la guitare hyper saturée de Lud-Riff rugit comme un monstre tricéphale, cerbère de l’espace qui tend les cordes à l’extrême vers des « bends » de folie, tandis que la batterie évoque le pas d’un Godzilla moderne défiant le monde. La voix n’est plus une simple support qui véhicule les textes, c’est une nouvelle arme, un cri qui rallie et nous emmène toujours plus haut. Nous avons tous sentis que quelque chose de magique se passait et que nous étions devenus les passagers privilégiés d’un moment qui n’appartient qu’à nous. Un peu à la manière de George C. Scott sans le film « Patton » nous resterons à jamais, et quoiqu’il arrive, les acteurs privilégiés de cette magie collective et c’est les yeux embués qu’on pourra dire : « J’y étais ».
Le reste du concert se déroulera sur le même mode, une succession de titres magiques qui ne nous laisserons aucun répit dans notre orgasme auditif. Il manquait juste une chose pour que la perfection soit totale, le fabuleux « Whispers » qui est, de l’avis de beaucoup de fans, « The Beast » le morceau qui tue. Pensez-y mes chéris, avec cet hymne digne des plus grands groupes de Rock dans la setlist, vous passerez un cap supplémentaire.
L’après concert verra un stand de merchandising qui ne désemplira pas pendant plus d’une heure et trois musiciens disponibles à souhaits qui auront un mot, un sourire, pour chacun. Hier soir, c’était un triomphe, sans contestation possible. Alors, on se revoit vendredi ? On vous aime.

dimanche 2 juin 2019

Do The Dirt et Sanseverino au Trieux Tonic Blues, salle polyvalente, Lézardrieux, le 31 mai 2019

Do The Dirt et Sanseverino au Trieux Tonic Blues, salle polyvalente, Lézardrieux, le 31 mai 2019

Treizième édition du Trieux Tonic Blues, un festival étalé sur trois jours, proposant 14 concerts dont neuf sont free of charge.
Les concerts payants se déroulent à la Salle Polyvalente de Lézardrieux ( le jeudi est gratuit), les autres dans différents établissements de la presqu'île.
Le festival coïncidant avec La Morue en Fête de Binic, tu choisis de t'y rendre le vendredi, l'affiche, alléchante, proposait Do The Dirt et Sanseverino.


Configuration des lieux idéale, restauration à l'extérieur, merchandising dans le hall et buvette dans le complexe sportif, plus grand qu'une salle de concert moyenne.
Les bénévoles se montrent souriants et performants, l'équipe organisatrice n'est pas en reste, tout est clair et ponctuel, ce qui n'est pas toujours le cas ( certains festivals n'affichent aucun horaire et laissent le public dans l'incertitude), à 20:53', un responsable annonce Do The Dirt, ravi de commencer quelques minutes avant l'heure prévue, ils pourront aligner un ou deux titres supplémentaires.

Do the Dirt.
Non, il ne s'agit pas de gamins jouant dans les poubelles, mais d'un duo parisien pratiquant un blues minimaliste, sentant bon le Mississippi, le hill country blues rural et poussiéreux d'où sont absents les artifices et la forfanterie.
Guillaume Arbonville (batterie)  et Nicolas Moulin (guitares et voix)  ont pondu deux plaques,  "Black Snake" (2015) et "Useful Junk" ( 2017), elles serviront de toile de fond au set donné face à un public, relativement nombreux, attentif et expert.
'Black snake' ouvre, le reptile, sournois, se faufile  nonchalamment dans la végétation, dense,  t'étais tellement occupé à écouter ce blues lancinant que t'avais pas aperçu l'incarnation de Satan, tu ne dois ton salut qu'à un voisin, attentif, qui d'un coup de talon lui a ôté l'envie de te mordre.
On passe à la vitesse supérieure, déclare le duc d'Arbonville, et c'est l'histoire du 'Poor boy' qui nous est narrée en noir et blanc, la TV couleur n'est pas dans ses moyens.
Le   récitatif  'Going down south', rythmé à la cadence Pow-Wow, précède 'Gypsy Woman', une obsession pour pas mal de bluesmen, dont Muddy Waters, Watermelon Slim ou l'immense Rory Gallagher .
Un autre  classique, ' Cherry ball blues' de Skip James éblouit les puristes amateurs de Delta blues un brin cafardeux, mais le blues n'est pas forcément triste, 'Poor Black Mattie' de RL Burnside est carrément dansant.
Normal, c'est un boogie!
Un plongeon en 1936 pour 'Kind hearted woman blues' de Robert Johnson, le leitmotiv du blues y est... I love my baby, my baby don't love me..., trop affligeant, m'en vais boire un coup!
Du fric, on veut du fric, Macron... 'Money (that's what I want)', non, Lennon et McCartney n'ont pas composé ce standard, il est signé Berry Gordy et Janie Bradford.
La version Do the Dirt est rugueuse à souhait, elle est suivie par le slow blues 'Come back, baby' avant de revisiter McKinley Morganfield à la mode africaine, 'Can't be satisfied', ce qui est loin d'être le cas de l'assistance qui savoure.
Après les remerciements d'usage, les gars de Paname nous balancent un 'Catfish blues' bien assaisonné.
Pas dégueulasse les  Do the Dirt, qui rappliquent pour un bis alerte et loufoque,  'Give me back my wig' qui n'est pas de la plume de Donald Trump.

 Sanseverino
A l'inverse de  Saint Séverin de Paris, Stéphane Sansévérino n'était pas attiré par une vie contemplative, ce qui l'intéresse c'est la scène ( la musique, l'improvisation théâtrale, le cirque), accessoirement la politique et le vélo.
Ses détracteurs estiment qu'il a une grande gueule, c'est ce qui plaît à ses fans.
Il vient de sortir 'The Beber Project Vol. 1', un album de reprises en hommage à François Béranger,  il  succède à 'Montreuil-Memphis' de 2017.
Il a tâté au manouche, au swing, au bluegrass, à la country, à la valse musette mais pas encore à la house French touch.
A Lézardrieux, le cowboy de Lutèce est accompagné par de fines lames: le jazzman, roi du groove, Didier Mouret aux claviers ( Dany Brillant, Carol Fredericks, Jazz Mood Trio...), Stéphane Huchard aux drums ( Tania Maria, David Linx, Gino Vannelli, Romane, Jacky Terrasson...) et Marko Balland,  l'homme aux 36 harmonicas , quatre albums à son actif et de multiples collaborations ( Mathieu Pesqué , Ronan "One Man Band"...).
Sanseverino vise l'assemblée: ne croyez pas que je vais donner un concert devant des gens assis, ce n'est pas la salle d'attente de la Sécu, tous debout et frontstage, exécution...
Nous sommes nombreux à avoir obtempéré, les autres subiront les sarcasmes du gaillard pendant tout le concert.
On y va?
Oui, mais 'Pas à Lafayette' , du blues cajun bien juteux permettant à Didier Mouret de placer un impromptu à la Fats Domino.
Une entrée en matière tonitruante truffée d' un texte plein de gouaille.
Les gens assis, ils ont le bénéfice de l'âge, mais, merde, ils me dépriment, bon, en pensant aux chasseurs, voici ' Touche pas au grizzly'.
Tu dis, Gaspard, Gabin, mais non, c'était  touchez pas au grisbi!
Après avoir rangé sa Winchester, celui qui est plus Village que People attaque 'Maigrir' , un blues manouche dédié à Mike Brant,  dont on extrait  la phrase qui tue ..j'étais mince comme un pied de micro...  spécial anorexie!
Tu sais que les astronautes souffrent d'escarres à force de rester assis ,  'Astronaute', et ses relents John Lee Hooke,r nous narre les mésaventures d'un cosmonaute en fin de carrière.
L'harmonica gambade, les autres turbinent, la fusée tourne rond, tout baigne.
Et pour les dix British pas encore brexités voici, ' Tigerman', à la manière d'Elvis.
Rock'n'roll is good for the soul, même si tu vis dans la jungle.
Sanseverino a consacré un album à Papillon ( Henri Charrière), il nous narre la triste histoire de l'homme à 'La jambe de bois', une joyeuse tranche de cannibalisme ou un barbecue organisé par des bagnards homosexuels, dixit Marius de La Ciotat.
On devait assurer le refrain, ça a été dur sans éclater de rire.
Corde pétée, Stéphane et Didier, improvisez s v p, après la jazz jam dégoulinante, le quartet embraye sur ' J'ai toujours cru que j'avais la classe', un titre narcissique à prendre au degré deux.
A fond la caisse, les amis, ' Montreuil/Memphis' avec quelques flash back audacieux, Elvis qui joue aux boules avec Johnny Cash, une pincée de Smoke on the Water, envoyée en douce, un Mannish Boy passait également dans le coin , bref, la totale!
Assez ri, it's time to rock, qu'il dit avant de balancer ' Nénette' en mode boogie.
Marko nous distille une intro John Mayall ( à l'époque où Papy avait encore du souffle) pour ébaucher la biographie de 'Freddy' , un playboy normand au cerveau léger qui bouffe des bigorneaux  truffés de manganèse et roule en Méhari.
Voilà, c'était le dernier chapitre, je vous présente les copains et on se tire.
 Pardon, un bis?
Je suis bon prince, vous avez droit à un double rappel: ' A mon enterrement' sans la fanfare de la New-Orleans mais il y aura à boire, et enfin, 'Magouille blues' de François Béranger , un titre composé en 1974, toujours criant d'actualité.

Tu veux un remède contre la morosité ambiante, tu te tapes un concert de Sanseverino!



 

 



samedi 1 juin 2019

Thomas Howard Memorial lors de La Morue en Fête à Binic, le 31 mai 2019.

 No Po

BINIC – La morue en fête le 31 Mai 2019 – Concert de Thomas Howard Memorial 

Nous avons la chance dans les Côtes-d'Armor d'avoir de très bons groupes de rock (des falaises … ou des vallées) qui nous gâtent et THM est sur le haut (de la falaise) avec une originalité toute particulière. Sa musique est lancinante et parfois mélancolique, tout en étant puissante et surtout remplie d'émotions. On la sent rampante et insidieuse comme un serpent capable de jaillir à tous moments surtout lorsqu'on s'y attend le moins. Elle prend aux tripes et à contre-pied laissant de côté les mélodies trop faciles et nous entraîne dans un dédale très personnel. Les musiciens en font une nouvelle démonstration ce vendredi soir à Binic lors d'une belle soirée baignée de douceur et de lumière. Les conditions sont idéales pour s'immerger dans le son de THM car oui, il faut savoir plonger et surfer sur la vague (même à marée basse) pour savourer pleinement ce voyage mélodique. 3 titres seulement du superbe 'In lake' sorti en 2016 (déjà! Sachant qu'il a été composé en 2014 …) : l'hypnotique et rythmé 'Rupture' aux claviers angoissants, le profond 'Alive' si sombre au démarrage avec ses touches de piano qui fouraillent l'abdomen avant les envolées de guitare bien portées par une rythmique grondante basse/ batterie, 'Six feet under' à la triste et envoûtante ritournelle au son du piano. Les nouveaux morceaux aussi valent le détour ! 'Tunnel' 'New told lies' 'River of sands' 'The call' et 'Let it glow' s'enchaînent magnifiquement nous entraînant dans un monde plein de nuages décrit par des claviers atmosphériques, le tout avant une écriture in french 'Le moment', sans renier le style. Le côté obscur de leur force est toujours présent mais au milieu des nuages, jaillissent les étoiles et la lumière! Les montées crescendo invitent à planer bien haut (au dessus des nuages) comme la voix fragile de Yann. Encore une fois, les THM nous invitent dans leurs rêves incitant le public (et les mangeurs de morue) à s'approcher pour palper cette profondeur enveloppante. Les compositions sont fines et subtiles et interprétées avec beaucoup de conviction, de vigueur et d'intensité. THM a de la consistance et une vraie présence sur scène. On aurait aimé continuer avec eux encore un peu plus tard dans la nuit ... Le nouvel EP 'At the end of the yard', très beau, vient de sortir juste pour nous faire patienter jusqu'en Septembre et le nouvel album.Nul doute que les titres vont s'accrocher au fond de mon lecteur et de mes oreilles! Rappel du pedigree, le groupe est composé au chant, à la guitare et parfois aux synthés de Yann OLIVIER (ex batteur des géniaux feux Craftmen Club et membre du nouveau projet ‘Stade’), de Elouan JEGAT aux chœurs, à la guitare et aussi aux synthés (ancien des oniriques Elk Escape et de Fingers and Cream, initiateur du très beau Skopitone Sisko finaliste du tremplin l’ampli de Ouest France et qui se produira à Art Rock 2019 et aussi partenaire de Yann dans ‘Stade’), Vincent ROUDAUT à la basse et aussi aux synthés (ancien Elk Escape) et Thomas KERBRAT, à la batterie (ex. JMK et qui prend la place de Camille Courtes) .

50 Years of Led Zeppelin avec Gallows Pole au Reflektor, Liège, le 31 mai 2019

50 Years of Led Zeppelin avec Gallows Pole au Reflektor, Liège, le 31 mai 2019

par Mitch ZoSo Duterck

Ma distraction légendaire me prive de mon appareil photo pour cette soirée qui va faire date dans la carrière de Gallows Pole, alors, pour le coup, faisons confiance à notre mobile frappé de l’emblème à la pomme. Vous savez, ce truc qui sert aussi à téléphoner. C’est le Reflektor, Place Xavier Neujean à Liège, qui ouvre ses portes pour la première fois à nos Hennuyers et, pour un coup d’essai, c’est un coup de maître. Près de 400 personnes, beaucoup en tant que curieux, ont fait le déplacement pour se rendre compte qui pouvaient bien être ces gens venus de la cité du Doudou pour investir celle du Taureau, Li Torê, comme on dit en wallon. Ils sont venus, ils ont vu, entendu et... ils ont été vaincus!
La soirée s’articule en deux parties introduites de fort belle manière par l’excellent Laurent Rieppi qui présente les deux premiers albums de Led Zeppelin, sortis il y a 50 ans, sous forme de mini-conférences s’appuyant sur des documents audio-visuels d’époque. Et puis c’est au tour de Gallows Pole d’illustrer tout cela. Le groupe dont je suis passionnément les aventures musicales depuis 25 ans déjà a relevé le défi de jouer les deux premiers albums en intégralité et en séquence, ce qui constitue selon mes sources une première mondiale. La tâche est titanesque et un peu folle, il faut bien l’avouer. Si la musique du dirigeable ne leur est pas inconnue puisqu’ils la restituent avec brio depuis un quart de siècle sous forme de best of », il y a encore un gouffre à franchir quand il s’agit d’interpréter des albums en intégralité. Le challenge était immense et le résultat... une réussite totale. Et ce n’est pas le public « chaud boulette » et réceptif à souhaits qui me contredira. Quelle ambiance mes amis! Tout au long de la soirée, les hymnes que sont « Dazed and Confused », « Babe, I’m Gonna Leave You », « Whole Lotta Love » ou encore « Heartbreaker », les valeurs sûres, vont flirter avec des morceaux moins « connus » si c’est possible avec le répertoire de Led Zeppelin. Nous pourrons donc découvrir avec bonheur, des morceaux inhabituels en public et pourtant magiques tels que « Your Time Is Gonna Come », « Bring It On Home » ou encore l’instrumental « Black Mountain Side”. C’est Jack Estievenart qui anime la scène et tient le public au creux de sa main, non Jack n’est pas manchot, sa deuxième main tient le micro, idiot va! Tandis que le groupe tourne à plein régime (fires on all six) dans leur cas et en anglais dans le texte, sous le regard, dans lequel flotte toujours un léger sourire, de Franco, pas le général, mais le chef d’orchestre. Gallows Pole a gagné la partie, c’est incontestable. Au risque de me répéter, c’est le seul groupe du genre que j’ai vu et entendu, qui a compris et assimilé intégralement l’esprit de Led Zeppelin, et ça c’est bien plus important que de porter leurs costumes de scène ou de ressembler physiquement à un ou l‘autre des musiciens originaux. Quand ils passeront dans votre région, foncez les voir. Il fallait être fou pour faire ce qu’ils ont fait et pourtant... Merci à tous ceux d’entre vous qui ont acheté et fait dédicacer à cette occasion mon livre Led Zeppelin :" In The Evening And In The Light" de bien belles rencontres en tout cas. Alors...à bientôt j’espère.

Jamiroquai à Forest National, le 30 mai 2019

 Jamiroquai à Forest National, le 30 mai 2019

Annonce:  Le 30 mai, le Space Cowboy et son groupe feront escale à Forest National !
 Avant-programme : Afrika Bambaataa

Willow Bea s'est rendue dans le bunker...


Hier, Jamiroquai à Forest
Première partie : Afrika Bambaataa, bon je m'attendais tout à fait à autre chose, en fait 2 dj's, 1 chanteur qui te passent juste des morceaux des années 90 tels quels et quelques "hoo, haaa", de la part du chanteur, Forest aurait pu laisser sa musique d'ambiance c'était pareil.
Jamiroquai, plus venu depuis 2011, la salle n'était pas comble mais le public était motivé.
Quelle fut ma surprise en découvrant Jay Kay avec presque 20 kg supplémentaires à mon souvenir ... Résultat un peu moins dynamique qu'avant,  mais 2 heures de show professionnel et excellent, car exploit le son était super à Forest ,chose rare.
Le seul reproche, des moments blancs entre les morceaux mais je pense que c'était pour qu'il se "retape".
Chanteur et "Chef d'orchestre", car c'était lui qui donnait les instructions en live à ses musiciens, plus de percussions, solo guitare etc.... suivant son envie et c'était bon ( mais je plains quand même ses musiciens). Pas de chapeaux mirobolants, tout le concert avec celui de son dernier album, dont-il réglait lui-même les lumières de sa main.
Artiste sympathique, près de son public, il a signé un vinyle  pendant son show et 2 drapeaux .
Un bon concert, une très bonne ambiance, du bon son, juste la bière à 5€ et le coca à 3,5€ et....quand tu es dans la fosse, pas évident de sortir car il n'y a qu'une sortie, donc s'armer de patience et ne pas être sujet aux crises d'angoisse!