Aude Henneville en showcase au Cultura de Langueux le 1 février 2019
Olivia Ruiz est originaire de l'Aude, Aude Henneville annonce Les Yvelines comme département où une cigogne est venue la déposer il y a ...pas si longtemps.
La fiche dit, finaliste de The Voice en 2012, pouponnée par Louis Bertignac.
Pas de bol, Stéphan Rizon remporte les palmes, Aude participe à la tournée.
Et, après?
Deux albums, le dernier 'Passer l'hiver' en 2017.
Voilà pour le bref aperçu, mais tu sais que tu as déjà croisé cette séduisante grande fille, c'était en Belgique, sa copine Gaëlle Mievis ( Galou à l'époque) l'avait invitée à son show donné au Bouche à Oreille, les deux amies avaient fait forte impression.
Aude nous rappelle aujourd'hui que pour elle tout avait commencé à Astaffort, dans le fief de Francis Cabrel, c'est là qu'elle fait ses premières armes en 2005.
Cabrel, Gaëlle Mievis, BJ Scott.... ces noms ne sont pas apparentés au rap ou au hip hop, tu as donc conçu que l'univers cher à Aude prendra des couleurs folk, americana, Southern rock, même si elle s'exprime dans la langue de Mireille Mathieu.
Il est 16:59'
Je débute le mini-concert dès que le public atteint les 10 unités!
17:04, Léonard se pointe, nous sommes dix, ça va démarrer.
Une pointe d'humour....Merci d'être venus si nombreux, Langueux!
'Faut que tu sois là', un titre bilingue aux senteurs plaines du Sud, date de l'album précédent. Aude s'accompagne à l'acoustique tout en maniant un séquenceur, ce qui nous permet d'entendre une slide bluesy esthétique, un peu à la manière de Denys Lable décorant Cabrel quand il reprend Dylan , mais c'est avant tout la voix grave et assurée qui retient l'attention.
Elle enchaîne sur une ballade: la lovesong aux accents country ' On m'avait dit'.
Quand il est parti, l'amour s'est effacé.
Mélancolie quand tu nous tiens, c'est l'hiver tout le temps!
Faut pouvoir absoudre,' Je te pardonne'.
Une nouvelle plage intimiste évoquant des artistes de la trempe de Sheryl Crow ou Carly Simon.
C'est plaisant, confie une madame à son compagnon.
Elle est pas mal, cette fille, laisse échapper le barbu.
Je parlais de ses chansons, rustre!
Epicure est un copain, ok, parfois je dis des conneries, même en carburant au Vittel, mais 'Vivre vite' est ma devise.
Ah, tu m'as vue à la télé, Jean - Louis, non, ce n'était pas Les Anges de la téléréalité, ni les Marseillais au Gabon, ni L'amour est dans le pré, c'était bien The Voice, mais j'avais déjà foulé des planches bien avant.
T'as commencé à 10 ans, glisse le mec!
Langueux, je chante, tu fais les choeurs du titre optimiste ' Si c'était ça la vie'.
Oui, François, tu peux siffloter.
Retour au blues avec 'Passer du bon temps', la patte Cabrel est évidente.
Aude Henneville à l'instar de Sirius Plan ( ex- groupe de Gaëlle Mievis), excelle lorsqu'elle fonctionne en midtempo bluesy.
Certains sujets sont plus durs à aborder en chanson, le sort des migrants, par exemple, ' Oh Lord' effleure ce thème.
Tu refiles ce gospel décoré d'un harmonica ( samplé) à Patricia Kaas et tu passes à la tirelire.
Superbe morceau!
La dernière, ' Passer l'hiver', est aussi le titre de l'album, cette belle ballade en clair-obscur achève un showcase apprécié.
samedi 2 février 2019
vendredi 1 février 2019
Yazz Ahmed au Théâtre du Champ au Roy, Scène de territoire, à Guingamp, le 31 janvier 2019
Yazz Ahmed au Théâtre du Champ au Roy, Scène de territoire, à Guingamp, le 31 janvier 2019
J’ai grandi au Bahreïn, en fait mon vrai nom est Yasmeen, qui est le nom en arabe pour le jasmin.
Ma famille est partie s'installer à Londres, je suis devenue Yazz, car les Anglais ne parvenaient pas à prononcer mon prénom convenablement...
Et la trompette?
Terry Brown was born in Islington in north London in 1928. He was playing the trumpet at the age of thirteen and was playing local gigs at the age fourteen. In 1945 he joined Johnny Claes when he was only sixteen years old...et bien, c'est mon grand-père, il était féru de be-bob.
La prometteuse trumpet and flugelhorn player a sorti deux albums, 'Finding My Way Home", en 2011, et en 2017, 'La Saboteuse', que Jazzaround décrit en ces termes "Les treize titres qui garnissent la « Saboteuse » oscillent entre le jazz et le psychédélisme, avec une forte résonance orientale."
Début janvier Yazz était à Bruxelles ( Flagey) pour le Brussels Jazz Festival, après un bref détour par le UK, c'est la France qui l'accueille. Pour son étape bretonne, elle a choisi l'imposant Théâtre du Champ au Roy, à Guingamp.
Le concert est prévu à 20:30', afin de caser les moins ponctuels, il débutera avec un léger retard.
Un signal lumineux vers la table de mixage indique que l'heure du kick off est imminente, Yazz Ahmed ( trompette, bugle, looping and sampling) , Martin France ( drums), Ralph Wyld ( vibraphone), George Crowley ( clarinette basse) et Dave Manington ( bass) prennent place et, sans un mot, amorcent une première compostion à l'allumage flegmatique.
La plage initiale fait partie d'une suite qu'elle a composée pour le Southbank’s Women of the World festival.
Après les premières effluves voyant la clarinette basse en pole position, Ralph entre en action, il manie des arcs ( de loin on pouvait imaginer voir des scies) à la manière du Steve Reich's sextet pour jouer de l'idiophone, la mélodie se teinte de coloris arabiques mystérieux, invitant à la rêverie ou à la méditation.
Après un premier solo de vibraphone, la trompette se paye une escapade aux accents Sketches of Spain, les samples futuristes apportant une touche electro psychédélique à la phase finale du morceau.
Pas un mot, pas de réaction du public, ils ont abordé la ballade filandreuse 'La Saboteuse' pour lequel Yazz a ramassé le bugle.
Le dosage des éléments électroniques et de l'instrumentation classique s'avère subtil, une nouvelle fois, tu clos les paupières et laisse ton esprit vagabonder en terre exotique.
Les partitions de la seconde plage font place à celles de 'Jamil Jamal' entamé par un solo de batterie, au terme duquel la frontlady fait un signe au public l'incitant à applaudir l'efficient Martin France. Le vibraphone et la clarinette basse entament un dialogue mélodieux, la basse et la batterie assurent l'assise rythmique.
Une trompette ample, majestueuse, solennelle prend le relais, avec l'apport de l'électronique la plage se colore de nuances trip hop.
Pause, trente minutes viennent de s'écouler, la jeune dame présente ses équipiers et lève un voile sur les titres joués puis annonce une nouvelle suite dont le premier titre, lyrique, est inspiré par le Bahreïn, il débute d'ailleurs par un chant samplé.
Dans la salle quelques auditeurs, plus ouverts au jazz mainstream ou au swing se sont assoupis, les férus d'aventure et de sonorités inhabituelles savourent, il est vrai que l'univers de la jolie dame favorise l'introspection et l'onirisme.
Le sort des migrants est le thème du second volet, grave, de la suite (The Shoal of Souls) , puis ' Her light' s'engage sur un tempo accéléré avant un break plaintif et une nouvelle activation du rythme. Des effets stridents et un jeu de batterie furieux conduisent le morceau vers une explosion finale sidérante.
Yazz vient présenter les derniers morceaux, 'Whispering gallery' une commande du London Jazz Festival, la compositrice s'est laissée imprégner par l'atmosphère régnant dans la St Paul's Cathedral pour composer une pièce baignant dans un univers ambient que n'aurait pas dénigrer Brian Eno.
Une dernière plage fluide, malgré la complexité des arrangements, nous conduit au terme d'un concert pendant lequel les musiciens ont fait preuve d'une cohésion et maîtrise exemplaires.
Ils reviendront pour un bis à nouveau inspiré par le pays d'origine de la jeune trompettiste, 'The Lost Pearl' ( ?), un rondo noir survolté.
Après la France, Yazz Ahmed and band seront en Suisse pour une date avant de regagner le UK
J’ai grandi au Bahreïn, en fait mon vrai nom est Yasmeen, qui est le nom en arabe pour le jasmin.
Ma famille est partie s'installer à Londres, je suis devenue Yazz, car les Anglais ne parvenaient pas à prononcer mon prénom convenablement...
Et la trompette?
Terry Brown was born in Islington in north London in 1928. He was playing the trumpet at the age of thirteen and was playing local gigs at the age fourteen. In 1945 he joined Johnny Claes when he was only sixteen years old...et bien, c'est mon grand-père, il était féru de be-bob.
La prometteuse trumpet and flugelhorn player a sorti deux albums, 'Finding My Way Home", en 2011, et en 2017, 'La Saboteuse', que Jazzaround décrit en ces termes "Les treize titres qui garnissent la « Saboteuse » oscillent entre le jazz et le psychédélisme, avec une forte résonance orientale."
Début janvier Yazz était à Bruxelles ( Flagey) pour le Brussels Jazz Festival, après un bref détour par le UK, c'est la France qui l'accueille. Pour son étape bretonne, elle a choisi l'imposant Théâtre du Champ au Roy, à Guingamp.
Le concert est prévu à 20:30', afin de caser les moins ponctuels, il débutera avec un léger retard.
Un signal lumineux vers la table de mixage indique que l'heure du kick off est imminente, Yazz Ahmed ( trompette, bugle, looping and sampling) , Martin France ( drums), Ralph Wyld ( vibraphone), George Crowley ( clarinette basse) et Dave Manington ( bass) prennent place et, sans un mot, amorcent une première compostion à l'allumage flegmatique.
La plage initiale fait partie d'une suite qu'elle a composée pour le Southbank’s Women of the World festival.
Après les premières effluves voyant la clarinette basse en pole position, Ralph entre en action, il manie des arcs ( de loin on pouvait imaginer voir des scies) à la manière du Steve Reich's sextet pour jouer de l'idiophone, la mélodie se teinte de coloris arabiques mystérieux, invitant à la rêverie ou à la méditation.
Après un premier solo de vibraphone, la trompette se paye une escapade aux accents Sketches of Spain, les samples futuristes apportant une touche electro psychédélique à la phase finale du morceau.
Pas un mot, pas de réaction du public, ils ont abordé la ballade filandreuse 'La Saboteuse' pour lequel Yazz a ramassé le bugle.
Le dosage des éléments électroniques et de l'instrumentation classique s'avère subtil, une nouvelle fois, tu clos les paupières et laisse ton esprit vagabonder en terre exotique.
Les partitions de la seconde plage font place à celles de 'Jamil Jamal' entamé par un solo de batterie, au terme duquel la frontlady fait un signe au public l'incitant à applaudir l'efficient Martin France. Le vibraphone et la clarinette basse entament un dialogue mélodieux, la basse et la batterie assurent l'assise rythmique.
Une trompette ample, majestueuse, solennelle prend le relais, avec l'apport de l'électronique la plage se colore de nuances trip hop.
Pause, trente minutes viennent de s'écouler, la jeune dame présente ses équipiers et lève un voile sur les titres joués puis annonce une nouvelle suite dont le premier titre, lyrique, est inspiré par le Bahreïn, il débute d'ailleurs par un chant samplé.
Dans la salle quelques auditeurs, plus ouverts au jazz mainstream ou au swing se sont assoupis, les férus d'aventure et de sonorités inhabituelles savourent, il est vrai que l'univers de la jolie dame favorise l'introspection et l'onirisme.
Le sort des migrants est le thème du second volet, grave, de la suite (The Shoal of Souls) , puis ' Her light' s'engage sur un tempo accéléré avant un break plaintif et une nouvelle activation du rythme. Des effets stridents et un jeu de batterie furieux conduisent le morceau vers une explosion finale sidérante.
Yazz vient présenter les derniers morceaux, 'Whispering gallery' une commande du London Jazz Festival, la compositrice s'est laissée imprégner par l'atmosphère régnant dans la St Paul's Cathedral pour composer une pièce baignant dans un univers ambient que n'aurait pas dénigrer Brian Eno.
Une dernière plage fluide, malgré la complexité des arrangements, nous conduit au terme d'un concert pendant lequel les musiciens ont fait preuve d'une cohésion et maîtrise exemplaires.
Ils reviendront pour un bis à nouveau inspiré par le pays d'origine de la jeune trompettiste, 'The Lost Pearl' ( ?), un rondo noir survolté.
Après la France, Yazz Ahmed and band seront en Suisse pour une date avant de regagner le UK
mardi 29 janvier 2019
The Johnnie Glaz String Band à la Grande Ourse, Saint-Agathon, le 27 janvier 2019
The Johnnie Glaz String Band à la
Grande Ourse, Saint-Agathon, le 27 janvier 2019
Le bluegrass et la France!
Il y avait The Bluegrass Connection, (Bluegrass) Long Distance, dans les seventies, Eurograss ou Blue Railroad Train, plus tard, avec toujours un nom qui revient: celui du banjoïste Jean-Marie Redon.
Rien d'autre?
Mais, si, Jésus... Les Cactus Pickers, Moonshine Bluegrass Band, The Red Barn String Band, Howlin' Fox...etc, n'oublions pas le Laroche Bluegrass festival, dans les Alpes, qui d'ailleurs programme
Rachel Baiman ce 30 janvier.
Du côté breton on cite The Johnnie Glaz String Band, né en 2017.
Melrose les avait invités à Callac on the Rock en 2018, en ce début de soirée, ils inaugurent l'année 2019 à La Grande Ourse.
T'es certain qu'ils sont du Breizh?
Presque tous, Sam Hutchings, le luthier barbu, qui aurait pu jouer avec ZZ Top, ne parle pas le patois de Loudéac, il doit avoir quitté le UK avant le Brexit/Daniel Ross, le plus bavard , s'il fabrique des violons du côté de Plounéour-Ménez, est doté d'un léger accent dû à l'absorption de Guinness ou de Newcastle Brown Ale, les autres sont du coin :Jean-Michel Mesmin, un ancien bagnard,/ Jean-Mathurin Remi, un briseur de cordes et Olivier Steunou, un habitué des fest-noz.
La foule ne se pressait pas aux guichets de l'accueillante salle de la commune, dont le nom fait référence à Saint Gwéganton, une météo tempétueuse, Ouessant était balayé par des rafales montant à 140, Saint-Agathon devant se contenter de 101, avait incité les indigènes à demeurer au coin du feu.
Sur scène, un seul micro, comme au bon vieux temps des Foggy Mountain Boys, et comme il est question de strings, non, pas de fesses rebondies, Jeannot, on visualise des guitares ( acoustiques), violons, banjos, une mandoline, une contrebasse et dissimulé au fond du lavoir, un washboard.
17:30, voilà la bande à Johnny, l'un d'entre eux a probablement travaillé chez Bouglione, il a failli se prendre une pelle avant d'envoyer les premières notes.
Daniel, d'un timbre shakespearien: on va commencer par une histoire d'amour, about a teenage wedding et vlan, ils attaquent ' You never can tell' dans un style plus proche de celui des New Riders of the Purple Sage que de celui de Chuck.
Bien, le solo de mandoline!
Ces mecs sont du genre je joue de tout, donc les instruments passent de main en main, avant d' emmancher un Hank Williams ironique ' I'll Never Get Out of This World Alive'.
Dis, Daniel, où les as-tu dénichées tes pompes, Al Capone portait les mêmes...
Après une tranche d'humour anglais, périmé, ils nous abreuvent d'un second Hank Williams, 'Rambling Man', chanté d'une voix chevrotante par Tonton Sam.
'The Cuckoo' est le plus gros succès YouTube du 17è siècle, Cromwell le sifflait pendant ses ablutions.
On te dit ...Oh, I got a woman., mean as she can be..., tu réponds ' Mean Woman Blues', Elvis ou Roy Orbison, les Johnnies ont adapté le classique à la sauce boy-scout, les fiddles s'amusent, Jean-Michel en rajoute une couche, ça rigole sur scène, en bas, le public prend du bon temps.
Voilà le washboard et un kazoo, mais nous ne sommes pas un jug band, folks, voici l 'histoire de la nana lavant son linge sur le boardwalk à Coney Island, “Coney Island Washboard Roundelay” des Mills Brothers doit dater de 1926.
C'est John Sheahan ( The Dubliners) qui m'a fait connaître la gigue ' Four Poster Bed' sur lequel on plaque un instrumental né dans l'Arkansas.
James, un cambrioleur, a une copine, Red Molly, elle fond pour sa belle moto, a '1952 Vincent Black Lightning', le pauvre James se ramasse un gros trou dans la poitrine, il laissera son magnifique engin à la rouquine. C'est Richard Thompson qui a composé ce chef-d'oeuvre, digne de l'épopée de Bonnie and Clyde , en bluegrass, la ballade fait également de l'effet.
Ils proposent une suite: 'Indian War Whoop'/ 'Barlow Knife' et 'Fire in the mountain', du coup on se retrouve dans les Appalaches.
On a bien transpiré, let's calm things down, Sam au banjo et Jean-Mathurin à la contrebasse vont vous interpréter une vieille ballade écossaise, 'Katy Cruel' que Nick Cave a repris sous le titre 'When I first came to town'.
Pour les fans de Joe Dassin, il a enregistré ce traditionnel en 1966.
On revient à Hank, le cowboy, avec le blues "You're Gonna Change (Or I'm Gonna Leave)", un dobro fait son apparition, ça slide à gogo.
Johnny Cash pleure, 'Big river' , puis une séquence de striptease, dis, Mathurin, tu comptes piquer un plongeon dans le fleuve, avec des raybans,c'est classe, et puis, non, t'es une brute, t'as pété une corde de ta gratte...
Ouais, je me prépare pour l'instant rock and roll, ' Johnny B Good' suivi par 'Great balls of fire' pour terminer le concert en fanfare.
Bye, bye, les minets!
Bref passage derrière les rideaux et retour sur le podium, on vous joue une suite des montagnes ( dont 'Flop eared mule') sans Averell, il raccommode son jouet.
Puis, au complet, un mix ' Orange Blossom Special' /'Mystery Train'.
Yeehaa...jusqu'ici c'était dry January, folks, on vous laisse pour aller boire un coup!
Le bluegrass et la France!
Il y avait The Bluegrass Connection, (Bluegrass) Long Distance, dans les seventies, Eurograss ou Blue Railroad Train, plus tard, avec toujours un nom qui revient: celui du banjoïste Jean-Marie Redon.
Rien d'autre?
Mais, si, Jésus... Les Cactus Pickers, Moonshine Bluegrass Band, The Red Barn String Band, Howlin' Fox...etc, n'oublions pas le Laroche Bluegrass festival, dans les Alpes, qui d'ailleurs programme
Rachel Baiman ce 30 janvier.
Du côté breton on cite The Johnnie Glaz String Band, né en 2017.
Melrose les avait invités à Callac on the Rock en 2018, en ce début de soirée, ils inaugurent l'année 2019 à La Grande Ourse.
T'es certain qu'ils sont du Breizh?
Presque tous, Sam Hutchings, le luthier barbu, qui aurait pu jouer avec ZZ Top, ne parle pas le patois de Loudéac, il doit avoir quitté le UK avant le Brexit/Daniel Ross, le plus bavard , s'il fabrique des violons du côté de Plounéour-Ménez, est doté d'un léger accent dû à l'absorption de Guinness ou de Newcastle Brown Ale, les autres sont du coin :Jean-Michel Mesmin, un ancien bagnard,/ Jean-Mathurin Remi, un briseur de cordes et Olivier Steunou, un habitué des fest-noz.
La foule ne se pressait pas aux guichets de l'accueillante salle de la commune, dont le nom fait référence à Saint Gwéganton, une météo tempétueuse, Ouessant était balayé par des rafales montant à 140, Saint-Agathon devant se contenter de 101, avait incité les indigènes à demeurer au coin du feu.
Sur scène, un seul micro, comme au bon vieux temps des Foggy Mountain Boys, et comme il est question de strings, non, pas de fesses rebondies, Jeannot, on visualise des guitares ( acoustiques), violons, banjos, une mandoline, une contrebasse et dissimulé au fond du lavoir, un washboard.
17:30, voilà la bande à Johnny, l'un d'entre eux a probablement travaillé chez Bouglione, il a failli se prendre une pelle avant d'envoyer les premières notes.
Daniel, d'un timbre shakespearien: on va commencer par une histoire d'amour, about a teenage wedding et vlan, ils attaquent ' You never can tell' dans un style plus proche de celui des New Riders of the Purple Sage que de celui de Chuck.
Bien, le solo de mandoline!
Ces mecs sont du genre je joue de tout, donc les instruments passent de main en main, avant d' emmancher un Hank Williams ironique ' I'll Never Get Out of This World Alive'.
Dis, Daniel, où les as-tu dénichées tes pompes, Al Capone portait les mêmes...
Après une tranche d'humour anglais, périmé, ils nous abreuvent d'un second Hank Williams, 'Rambling Man', chanté d'une voix chevrotante par Tonton Sam.
'The Cuckoo' est le plus gros succès YouTube du 17è siècle, Cromwell le sifflait pendant ses ablutions.
On te dit ...Oh, I got a woman., mean as she can be..., tu réponds ' Mean Woman Blues', Elvis ou Roy Orbison, les Johnnies ont adapté le classique à la sauce boy-scout, les fiddles s'amusent, Jean-Michel en rajoute une couche, ça rigole sur scène, en bas, le public prend du bon temps.
Voilà le washboard et un kazoo, mais nous ne sommes pas un jug band, folks, voici l 'histoire de la nana lavant son linge sur le boardwalk à Coney Island, “Coney Island Washboard Roundelay” des Mills Brothers doit dater de 1926.
C'est John Sheahan ( The Dubliners) qui m'a fait connaître la gigue ' Four Poster Bed' sur lequel on plaque un instrumental né dans l'Arkansas.
James, un cambrioleur, a une copine, Red Molly, elle fond pour sa belle moto, a '1952 Vincent Black Lightning', le pauvre James se ramasse un gros trou dans la poitrine, il laissera son magnifique engin à la rouquine. C'est Richard Thompson qui a composé ce chef-d'oeuvre, digne de l'épopée de Bonnie and Clyde , en bluegrass, la ballade fait également de l'effet.
Ils proposent une suite: 'Indian War Whoop'/ 'Barlow Knife' et 'Fire in the mountain', du coup on se retrouve dans les Appalaches.
On a bien transpiré, let's calm things down, Sam au banjo et Jean-Mathurin à la contrebasse vont vous interpréter une vieille ballade écossaise, 'Katy Cruel' que Nick Cave a repris sous le titre 'When I first came to town'.
Pour les fans de Joe Dassin, il a enregistré ce traditionnel en 1966.
On revient à Hank, le cowboy, avec le blues "You're Gonna Change (Or I'm Gonna Leave)", un dobro fait son apparition, ça slide à gogo.
Johnny Cash pleure, 'Big river' , puis une séquence de striptease, dis, Mathurin, tu comptes piquer un plongeon dans le fleuve, avec des raybans,c'est classe, et puis, non, t'es une brute, t'as pété une corde de ta gratte...
Ouais, je me prépare pour l'instant rock and roll, ' Johnny B Good' suivi par 'Great balls of fire' pour terminer le concert en fanfare.
Bye, bye, les minets!
Bref passage derrière les rideaux et retour sur le podium, on vous joue une suite des montagnes ( dont 'Flop eared mule') sans Averell, il raccommode son jouet.
Puis, au complet, un mix ' Orange Blossom Special' /'Mystery Train'.
Yeehaa...jusqu'ici c'était dry January, folks, on vous laisse pour aller boire un coup!
lundi 28 janvier 2019
Latin' break à la Bibliothèque Albert Camus à Saint-Brieuc, le 26 janvier 2019
Latin' break à la Bibliothèque Albert Camus à Saint-Brieuc, le 26 janvier 2019
Je fais les magasins, tu m'accompagnes?
Je fais la bibliothèque.
Riche idée de ranger tes bouquins.
Précision: je me rends à la Bibliothèque Albert Camus à Saint-Brieuc pour un concert de Latin' break.
Direction le quartier de la Croix Lambert où niche la bibliothèque portant le nom d'un romancier dont le nez n'est ni plat, ni court, et dont 176 écoles, collèges et lycées portent le nom, Albert Camus.
Le public afflue en masse, il faut dare-dare ajouter des dizaines de sièges face aux deux chaises dévolues aux musiciens.
Les mioches sont priés de s'asseoir à même le sol.
Devant une rangée de microsillons, tu vises deux pose -fesses, deux acoustiques et bientôt deux barbes, celles du duo Latin' break.
Romain Salmon et Paul Manoeuvrier sont passés par le Conservatoire, jouent tous deux de la guitare, font partie de diverses formations, Leïla and The Koalas, Cabeceo ou Valmitte ( Paul), Natah Big Band, Stellis Groseil duo et le tribute que Stellis consacre à Aretha Franklin, Blue Vibe Sextet, Mahsala ( Romain)...
En principe ces jeunes gens ne chôment jamais, quand les contrats font défaut, ils se produisent sous l'étiquette Latin'break pour interpréter des airs traversés de rayons lumineux.
No mike, no plugs, c'est parti avec ' Dos Gardenias', un boléro written by Cuban composer and pianist Isolina Carrillo, et un gros succès pour le Buena Vista Social Club.
Paul chantonne et assure le rythmique, Romain, au jeu ciselé, enchante.
Après avoir quitté Cuba, on part avec Manu Chao saluer Diego Maradona, ' La Vida Tombola', Romain a électrifié la six cordes.
Giuseppe, nostalgique, murmure 'Forza Napoli'.
Changement de style et de cap, avec l'élégant Brazilian jazz 'Wave' d' Antônio Carlos Jobim.
Luigi Mozzani d'Ancona, était luthier, guitariste et compositeur, Romain a réarrangé son morceau ' Feste Lariane' sur lequel un bon nombre d'adeptes de la guitare classique se sont échinés.
Il a décidé d'ajouter des accents gypsy à la pièce originale.
Dis, Romain, t'as voulu me piéger, j'ai failli me planter.
Le roi Salomon sourit, le duo retourne dans les Caraïbes pour entamer le chaloupé 'Chan Chan' .
Facétieux, Paul ajoute, puisque nous sommes face à une assemblée hispanique, je vous propose de la fredonner avec nous.
Charles réagit: vive le Cuba libre!
Nous, on aime bien Anis.
Le pastis?
Non, le mec qui chantait 'Avec le vent'.
Je kiffe aussi, ajoute Johnny.
Le petit côté Thomas Dutronc, en plus goguenard, séduit.
Romain s'est payé une Ibanez, il va l'étrenner aujourd'hui en jouant une chanson d'un gars aux nattes tressées, il était de Kingston, voici son ' I shot the sheriff' '.
Ils ne sont pas les premiers à avoir transformé ' Isn't she lovely' de Stevie Wonder en arpèges jazzy, Bireli Lagrène s'y était déjà collé.
La version des garçons touchait au sublime.
"Quizás, Quizás, Quizás" , spécialement joué pour Mercedes Le Goff , reçoit un traitement espiègle, le boléro précède 'Clandestino' de celui qui s'est bien remis de la fin de La Mano Negra.
Chauffe, Romain, chauffe, souffle un cousin de Jacques!
Mano a la cote, voici 'Desaparecido' avant de terminer le set d'une heure par la seule compo personnelle, non titrée, ça fait cinq ans qu'on cherche un curé pour le baptiser ce flamenco ébouriffant qui évoque à la fois Rodrigo Y Gabriela et Paco De Lucia.
Françoise, une dame de l'organisation: un petit bis, peut-être?
Muy bien, un morceau facile à chanter, alors: 'Mi gustas tu'.
Olé!
Euh, nous n'avons ni CD's, ni T-shirts à vendre...
Je fais les magasins, tu m'accompagnes?
Je fais la bibliothèque.
Riche idée de ranger tes bouquins.
Précision: je me rends à la Bibliothèque Albert Camus à Saint-Brieuc pour un concert de Latin' break.
Direction le quartier de la Croix Lambert où niche la bibliothèque portant le nom d'un romancier dont le nez n'est ni plat, ni court, et dont 176 écoles, collèges et lycées portent le nom, Albert Camus.
Le public afflue en masse, il faut dare-dare ajouter des dizaines de sièges face aux deux chaises dévolues aux musiciens.
Les mioches sont priés de s'asseoir à même le sol.
Devant une rangée de microsillons, tu vises deux pose -fesses, deux acoustiques et bientôt deux barbes, celles du duo Latin' break.
Romain Salmon et Paul Manoeuvrier sont passés par le Conservatoire, jouent tous deux de la guitare, font partie de diverses formations, Leïla and The Koalas, Cabeceo ou Valmitte ( Paul), Natah Big Band, Stellis Groseil duo et le tribute que Stellis consacre à Aretha Franklin, Blue Vibe Sextet, Mahsala ( Romain)...
En principe ces jeunes gens ne chôment jamais, quand les contrats font défaut, ils se produisent sous l'étiquette Latin'break pour interpréter des airs traversés de rayons lumineux.
No mike, no plugs, c'est parti avec ' Dos Gardenias', un boléro written by Cuban composer and pianist Isolina Carrillo, et un gros succès pour le Buena Vista Social Club.
Paul chantonne et assure le rythmique, Romain, au jeu ciselé, enchante.
Après avoir quitté Cuba, on part avec Manu Chao saluer Diego Maradona, ' La Vida Tombola', Romain a électrifié la six cordes.
Giuseppe, nostalgique, murmure 'Forza Napoli'.
Changement de style et de cap, avec l'élégant Brazilian jazz 'Wave' d' Antônio Carlos Jobim.
Luigi Mozzani d'Ancona, était luthier, guitariste et compositeur, Romain a réarrangé son morceau ' Feste Lariane' sur lequel un bon nombre d'adeptes de la guitare classique se sont échinés.
Il a décidé d'ajouter des accents gypsy à la pièce originale.
Dis, Romain, t'as voulu me piéger, j'ai failli me planter.
Le roi Salomon sourit, le duo retourne dans les Caraïbes pour entamer le chaloupé 'Chan Chan' .
Facétieux, Paul ajoute, puisque nous sommes face à une assemblée hispanique, je vous propose de la fredonner avec nous.
Charles réagit: vive le Cuba libre!
Nous, on aime bien Anis.
Le pastis?
Non, le mec qui chantait 'Avec le vent'.
Je kiffe aussi, ajoute Johnny.
Le petit côté Thomas Dutronc, en plus goguenard, séduit.
Romain s'est payé une Ibanez, il va l'étrenner aujourd'hui en jouant une chanson d'un gars aux nattes tressées, il était de Kingston, voici son ' I shot the sheriff' '.
Ils ne sont pas les premiers à avoir transformé ' Isn't she lovely' de Stevie Wonder en arpèges jazzy, Bireli Lagrène s'y était déjà collé.
La version des garçons touchait au sublime.
"Quizás, Quizás, Quizás" , spécialement joué pour Mercedes Le Goff , reçoit un traitement espiègle, le boléro précède 'Clandestino' de celui qui s'est bien remis de la fin de La Mano Negra.
Chauffe, Romain, chauffe, souffle un cousin de Jacques!
Mano a la cote, voici 'Desaparecido' avant de terminer le set d'une heure par la seule compo personnelle, non titrée, ça fait cinq ans qu'on cherche un curé pour le baptiser ce flamenco ébouriffant qui évoque à la fois Rodrigo Y Gabriela et Paco De Lucia.
Françoise, une dame de l'organisation: un petit bis, peut-être?
Muy bien, un morceau facile à chanter, alors: 'Mi gustas tu'.
Olé!
Euh, nous n'avons ni CD's, ni T-shirts à vendre...
dimanche 27 janvier 2019
"Bach et l'Italie", Damien Guillon, Le Banquet Céleste, à La Passerelle Scène Nationale de Saint-Brieuc, le 25 janvier 2019
"Bach et l'Italie", Damien Guillon, Le Banquet Céleste, à
La Passerelle Scène Nationale de Saint-Brieuc, le 25 janvier 2019
En 1736, Giovanni Battista Draghi, plus connu sous l'identité de Pergolesi, malade s'était déjà retiré au monastère des Capucins de Puzzuoli . C'est probablement le duc dei Carafa Maddaloni qui lui commande une dernière oeuvre, un nouveau 'Stabat Mater', pour remplacer celui de Scarlatti, jugé démodé.
Le natif de Jesi y jette ses dernières forces et l'hymne catholique devient, à titre posthume, son travail le plus glorieux.
Dans cette période pénible, Pergolesi composa également 4 cantates et son célèbre 'Salve Regina'.
Le Stabat Mater du jeune homme atteint de phtisie a suscité de nombreuses adaptations ( des parodies, sans le sens humoristique que l'on donne au terme ces jours-ci) , celle de Johann Sebastian Bach est assurément la plus célèbre, il a repris les thèmes dans la cantate Tilge, Höchster, meine Sünden, BWV 1083 .
L' ensemble de musique ancienne, Le Banquet Céleste, créé par le contre-ténor de Rennes, Damien Guillon, tourne depuis plusieurs années avec le projet 'Bach et l'Italie', ce soir l'ensemble, au répertoire baroque, jouant sur des instruments anciens, s'arrête à La Passerelle de Saint-Brieuc, dont les sièges sont quasi tous occupés à 20:30'.
Un éclairage vermillon illumine la scène, les musiciens ( Marie Rouquié et Simon Pierre, violons/ Patricia Gagnon, alto/ Hager Hanana, violoncelle/ Christian Staude, contrebasse/ André Henrich, luth et Kevin Manent-Navratil, clavecin et orgue), tous de noir vêtus, ce qui a beaucoup plu à Henri Beyle, prennent place et s'accordent, Damien Guillon ( le directeur musical) leur fait face, quelques instants plus tard, la longiligne soprano d'origine belge, Céline Scheen se profile.
La concentration est extrême, Damien Guillon donne le signal, l'allumage est confié aux violons qui , en mode velouté, attaquent le 'Salve Regina' de Giovanni Battista Pergolesi.
Le soprano impressionnant de Céline Scheen se greffe sur l'orchestration subtile de l'ensemble, Marie, là-haut, écoute, ravie, l'hommage en cinq mouvements que lui rend l'orchestre baroque.
L'éloquence, l'aisance et la passion dont font preuve la cantatrice, que ce soit dans le largo , Ad te Clamamus , dans le profond Eja ergo ou le courtois Et Jesum benedictum, captivent.
Le morceau achevé, le dirigeant et la soprano s'éclipsent, les musiciens entament une nouvelle séquence d'accordages, le concepteur lumière décide de changer de palette et opte pour le bleu azur,
Damien Guillon, réapparaît, il a laissé sa compagne dans les loges, le contre-ténor entame, en falsetto, la cantate sacrée 'Nisi Dominus' que Vivaldi composa pour l’Ospedale Santa Maria della Pieta . Antonio admirait le chant pur des jeunes filles séjournant à l'hospice .
La fraîcheur, la spontanéité et l'audace du Vénitien se retrouve dans l'allegro vivace ouvrant la pièce, les violons et la contrebasse sont au repos pour le largo qui suit ce premier mouvement, quand, d'un preste mouvement de main, le chanteur lyrique indique qu'il s'agit d'accélérer le tempo, bien vite un andante méandreux, fragile et aérien comble ta voisine de bonheur, par contre, un inattentif applaudit à mauvais escient alors que la cantate doit entamer un sixième mouvement.
Ce sacrilège n'émeut guère les exécutants qui avec brio achèvent le chant par le somptueux larghetto ' Gloria Patri', l'enthousiaste 'Sicut erat in principio' et l'Amen final.
Brillant !
Le contre-ténor fugue, les musiciens reprennent l'exercice d'ajustage avant le retour des solistes.
Le dirigeant rassure l'assistance car André Henrich, le luth de la Musikhochschule de Cologne, s'était dérobé.
Un malaise? Une pause pipi?
Mais non, une corde cassée!
Il reprendra sa place lors du second mouvement du « Psaume 51 «Tilge Höchster» que J S Bach a écrit en s'inspirant de Pergolesi.
.. Céline Scheen singt mit klarer, sauber intonierter Sopranstimme ohne unnötige Dramatisierung, Damien Guillons Alt strömt Wärme und Charakter aus. In virtuosen Passagen bewahren beide große Präzision und Genauigkeit. Einziges Manko ist bei beiden die Textverständlichkeit... se lisait en 2016 lors de la critique de l'album ( rbb Kulturradio ).
Qu'ajouter de plus?
Rien du tout, il suffit de fermer les yeux ( quoique tu risques d'ignorer toute l'intensité que met l'incomparable chanteuse dans ses mouvements de mains, ou dans les traits de son visage, lorsqu'elle exprime la douleur), et d'écouter religieusement.
Aucune fanfaronnade, mais des voix et des instruments mis au service d'une oeuvre précieuse et esthétique.
La salle, debout, fait un triomphe à l'ensemble qui reviendra plusieurs fois la saluer et proposera en rappel un verset lent du Psaume 51.
Oui, Maria?
"Bach et Vivaldi...Damien et Céline....merveilleux!"
Et les autres, et Pergolesi?
En 1736, Giovanni Battista Draghi, plus connu sous l'identité de Pergolesi, malade s'était déjà retiré au monastère des Capucins de Puzzuoli . C'est probablement le duc dei Carafa Maddaloni qui lui commande une dernière oeuvre, un nouveau 'Stabat Mater', pour remplacer celui de Scarlatti, jugé démodé.
Le natif de Jesi y jette ses dernières forces et l'hymne catholique devient, à titre posthume, son travail le plus glorieux.
Dans cette période pénible, Pergolesi composa également 4 cantates et son célèbre 'Salve Regina'.
Le Stabat Mater du jeune homme atteint de phtisie a suscité de nombreuses adaptations ( des parodies, sans le sens humoristique que l'on donne au terme ces jours-ci) , celle de Johann Sebastian Bach est assurément la plus célèbre, il a repris les thèmes dans la cantate Tilge, Höchster, meine Sünden, BWV 1083 .
L' ensemble de musique ancienne, Le Banquet Céleste, créé par le contre-ténor de Rennes, Damien Guillon, tourne depuis plusieurs années avec le projet 'Bach et l'Italie', ce soir l'ensemble, au répertoire baroque, jouant sur des instruments anciens, s'arrête à La Passerelle de Saint-Brieuc, dont les sièges sont quasi tous occupés à 20:30'.
Un éclairage vermillon illumine la scène, les musiciens ( Marie Rouquié et Simon Pierre, violons/ Patricia Gagnon, alto/ Hager Hanana, violoncelle/ Christian Staude, contrebasse/ André Henrich, luth et Kevin Manent-Navratil, clavecin et orgue), tous de noir vêtus, ce qui a beaucoup plu à Henri Beyle, prennent place et s'accordent, Damien Guillon ( le directeur musical) leur fait face, quelques instants plus tard, la longiligne soprano d'origine belge, Céline Scheen se profile.
La concentration est extrême, Damien Guillon donne le signal, l'allumage est confié aux violons qui , en mode velouté, attaquent le 'Salve Regina' de Giovanni Battista Pergolesi.
Le soprano impressionnant de Céline Scheen se greffe sur l'orchestration subtile de l'ensemble, Marie, là-haut, écoute, ravie, l'hommage en cinq mouvements que lui rend l'orchestre baroque.
L'éloquence, l'aisance et la passion dont font preuve la cantatrice, que ce soit dans le largo , Ad te Clamamus , dans le profond Eja ergo ou le courtois Et Jesum benedictum, captivent.
Le morceau achevé, le dirigeant et la soprano s'éclipsent, les musiciens entament une nouvelle séquence d'accordages, le concepteur lumière décide de changer de palette et opte pour le bleu azur,
Damien Guillon, réapparaît, il a laissé sa compagne dans les loges, le contre-ténor entame, en falsetto, la cantate sacrée 'Nisi Dominus' que Vivaldi composa pour l’Ospedale Santa Maria della Pieta . Antonio admirait le chant pur des jeunes filles séjournant à l'hospice .
La fraîcheur, la spontanéité et l'audace du Vénitien se retrouve dans l'allegro vivace ouvrant la pièce, les violons et la contrebasse sont au repos pour le largo qui suit ce premier mouvement, quand, d'un preste mouvement de main, le chanteur lyrique indique qu'il s'agit d'accélérer le tempo, bien vite un andante méandreux, fragile et aérien comble ta voisine de bonheur, par contre, un inattentif applaudit à mauvais escient alors que la cantate doit entamer un sixième mouvement.
Ce sacrilège n'émeut guère les exécutants qui avec brio achèvent le chant par le somptueux larghetto ' Gloria Patri', l'enthousiaste 'Sicut erat in principio' et l'Amen final.
Brillant !
Le contre-ténor fugue, les musiciens reprennent l'exercice d'ajustage avant le retour des solistes.
Le dirigeant rassure l'assistance car André Henrich, le luth de la Musikhochschule de Cologne, s'était dérobé.
Un malaise? Une pause pipi?
Mais non, une corde cassée!
Il reprendra sa place lors du second mouvement du « Psaume 51 «Tilge Höchster» que J S Bach a écrit en s'inspirant de Pergolesi.
.. Céline Scheen singt mit klarer, sauber intonierter Sopranstimme ohne unnötige Dramatisierung, Damien Guillons Alt strömt Wärme und Charakter aus. In virtuosen Passagen bewahren beide große Präzision und Genauigkeit. Einziges Manko ist bei beiden die Textverständlichkeit... se lisait en 2016 lors de la critique de l'album ( rbb Kulturradio ).
Qu'ajouter de plus?
Rien du tout, il suffit de fermer les yeux ( quoique tu risques d'ignorer toute l'intensité que met l'incomparable chanteuse dans ses mouvements de mains, ou dans les traits de son visage, lorsqu'elle exprime la douleur), et d'écouter religieusement.
Aucune fanfaronnade, mais des voix et des instruments mis au service d'une oeuvre précieuse et esthétique.
La salle, debout, fait un triomphe à l'ensemble qui reviendra plusieurs fois la saluer et proposera en rappel un verset lent du Psaume 51.
Oui, Maria?
"Bach et Vivaldi...Damien et Céline....merveilleux!"
Et les autres, et Pergolesi?
vendredi 25 janvier 2019
Une série de décès endeuille le monde musical: Mike Ledbetter, Marcel Azzola, Clydie King, Joseph Jarman, Larry Cunningham,Willie Murphy, Chris Wilson, Rita Vidaurri, Lorna Doom, Reggie Young, Tara Simmons, Debi Martini, Ted McKenna, Maxine Brown, Edwin Birdsong.
Gros émoi dans le monde blues en apprenant le décès, à l'âge de 33 ans, de Mike Ledbetter.
Le musicien aurait succombé à une succession de crises d'épilepsie.
En novembre dernier Mike se produisait encore en Europe, il était passé par le Muziekodroom à Hasselt.
Peu avant il tournait avec Monster Mike Welch, 'hij heeft een stem van goud' ainsi le décrivait un reporter ayant assisté à leur prestation du Moulin Blues.
Les hommages ont afflué sur sa page facebook, fans, collègues musiciens, tous sont sont le choc.
"Chauffe Marcel" n'est plus, l’accordéoniste Marcel Azzola est mort le 21 janvier, il avait 91 ans.
Ils sont nombreux les chanteurs à avoir fait appel à ses services: Yves Montand, Gilbert Bécaud, Barbara, Boris Vian , Piaf, Juliette Gréco et, évidemment Jacques Brel.
Il n'a pas accompagné que des chanteurs, on l'a vu sur scène aux côtés de Didier Lockwood, Stéphane Grappelli, ou Christian Escoudé.
Ces dernières années, il se produisait avec sa compagne Lina Bossatti.
On lui doit une quinzaine d'albums sous son nom.
Clydie King s’est éteinte le 7 janvier à l’âge de 75 ans.
Celle qui fut backing vocaliste ( e a) pour les Stones, Dylan, Lynyrd Skynyrd, Elton John, Linda Ronstadt ou Joe Cocker , avait débuté sa carrière au sein des Raelettes de Ray Charles, elle s'est lancée dans un carrière solo qui ne lui permit pas d'assurer un train de vie princier, elle fut notamment la voix du groupe Brown Sugar et a sorti trois albums sous son nom.
Le musicien Joseph Jarman, membre de l'Art Ensemble of Chicago est mort le 9 janvier, il avait 81 ans.
Cet adepte du free jazz, prêtre boudhiste à ses heures perdues, débute comme batteur avant d'opter pour le saxophone et la clarinette.
Il sera un des premiers membres de l'Association for the Advancement of Creative Musicians avant de rejoindre Lester Bowie, Roscoe Mitchell et Malachi Favors pour former l'Art Ensemble of Chicago avec lesquels il enregistre un nombre considérable d'albums, dont les fameux : Bap-Tizum et Fanfare for the Warrior.
C'est en 1993 qu'il se distancie du groupe pour pratiquer l'aikido et se concentrer sur le Zen.
Le 11 janvier: The Floaters Singer Larry Cunningham Dies, se lit dans les gazettes de Tucson.
Le groupe de r'n'b avait placé ' Float on' en tête des charts en 1977.
Le groupe nous laisse quatre albums.
Willie Murphy était le chanteur de Willie and the Bees, un groupe qui a fonctionné comme backing band de Bonnie Raitt et qui avait sorti deux albums.
Leur single 'Supermarket' leur avait valu une certaine notoriété au début des eighties.
Le songwriter est décédé le 13 janvier.
Chris Wilson – the “Gentleman of Australian Blues” est mort d'un cancer du pancréas le 16 janvier.
Chris a fait partie des groupes Sole Twisters, Harem Scarem, Paul Kelly and the Coloured Girls et avait formé son propre Crown of Thorns avec lequel il a enregistré deux LP's avant de démarrer une aventure solo riche de 6 albums.
Rita Vidaurri became famous across Latin America as a ranchera singer in the 1940s and '50s.
Celle qui était surnommée La Calendria est décédée le 16 janvier .
Durant sa carrière elle a tourné aux côtés de Nat King Cole ou Celia Cruz.
Le Los Angeles punk band Germs, actif de 1976 à 1980, avant quelques reformations, signale le décès de la bassiste Lorna Doom ( real name Teresa Marie Ryan).
Un cancer l'a emportée le 16 janvier.
The prolific studio guitarist Reggie Young has died.
Il faisait partie des Memphis Boys, le houseband de l'American Sound Studio.
Sa guitare s'entend sur un nombre inimaginable d'enregistrements, d'Elvis Presley en passant par George Strait, Merle Haggard, Kenny Rogers, Guy Clark, Waylon Jennings, Bob Dylan, Johnny Cash, Willie Nelson, on ne compte plus les artistes ayant fait appel à ses services.
'Angel of the morning' dans la version de Merrilee Rush, est une de ses collaborations préférées!
Tara Simmons, electronic-folk singer-songwriter de Brisbane, est partie le 17 janvier.
Un cancer du sein l'a emportée à 34 ans.
On lui connaît deux albums Spilt Milk et It’s Not Like We’re Trying To Move Mountains.
“Tara approached her music the same way she approached her life, with an uncompromising attitude and a spirit of unadulterated curiosity.” disait d'elle son ami.
Debi Martini, bassiste et backing vocaliste du garage punk combo Red Aunts est décédée subitement il y a une semaine.
Le groupe a été actif de 1992 à 1998 et a sorti cinq albums.
Debi a quitté le monde musical en 1998, les autres, Terri Wahl, Kerry Davis et Lesley Ishino se sont retrouvées dans des formations telles que The Screws, Beehive and the Barracudas ou Two Tears.
Ils ne sont pas nombreux les batteurs à pouvoir présenter une carte de visite mentionnant The Sensational Alex Harvey Band, Rory Gallagher, The Michael Schenker Group, Ian Gillan ou récemment Band of Friends, Ted McKenna le pouvait.
Il nous a quittés à l'âge de 68 ans ce 19 janvier, une opération s'étant mal déroulée.
Tu as eu la chance de le croiser au sein de plusieurs des groupes précités, t'as comme l'impression qu'avec son décès c'est un pan de vie qui disparaît.
Il y avait deux Maxine Brown, l'une chante le rhythm and blues et place 'All in my mind' dans les charts au début des années 60, l'autre faisait partie du trio The Browns et chantait la country.
Cette dernière nous a quittés le 21 janvier.
Les Browns avaient connu un succès monumental avec 'The three bells' , qu'Edith Piaf ou Les Compagnons de la Chanson ont placé au sommet des listes en France.
Edwin Birdsong, le claviériste samplé par Daft Punk, Gang Starr, Kanye West ou De La Soul, est mort lundi à 77 ans.
Son single "Rapper Dapper Snapper” s'était placé 65è au Billboard , il lui a rapporté bien plus grâce aux emprunts des hip -hoppers.
Edwin Birdsong a sorti cinq albums.
Le musicien aurait succombé à une succession de crises d'épilepsie.
En novembre dernier Mike se produisait encore en Europe, il était passé par le Muziekodroom à Hasselt.
Peu avant il tournait avec Monster Mike Welch, 'hij heeft een stem van goud' ainsi le décrivait un reporter ayant assisté à leur prestation du Moulin Blues.
Les hommages ont afflué sur sa page facebook, fans, collègues musiciens, tous sont sont le choc.
"Chauffe Marcel" n'est plus, l’accordéoniste Marcel Azzola est mort le 21 janvier, il avait 91 ans.
Ils sont nombreux les chanteurs à avoir fait appel à ses services: Yves Montand, Gilbert Bécaud, Barbara, Boris Vian , Piaf, Juliette Gréco et, évidemment Jacques Brel.
Il n'a pas accompagné que des chanteurs, on l'a vu sur scène aux côtés de Didier Lockwood, Stéphane Grappelli, ou Christian Escoudé.
Ces dernières années, il se produisait avec sa compagne Lina Bossatti.
On lui doit une quinzaine d'albums sous son nom.
Clydie King s’est éteinte le 7 janvier à l’âge de 75 ans.
Celle qui fut backing vocaliste ( e a) pour les Stones, Dylan, Lynyrd Skynyrd, Elton John, Linda Ronstadt ou Joe Cocker , avait débuté sa carrière au sein des Raelettes de Ray Charles, elle s'est lancée dans un carrière solo qui ne lui permit pas d'assurer un train de vie princier, elle fut notamment la voix du groupe Brown Sugar et a sorti trois albums sous son nom.
Le musicien Joseph Jarman, membre de l'Art Ensemble of Chicago est mort le 9 janvier, il avait 81 ans.
Cet adepte du free jazz, prêtre boudhiste à ses heures perdues, débute comme batteur avant d'opter pour le saxophone et la clarinette.
Il sera un des premiers membres de l'Association for the Advancement of Creative Musicians avant de rejoindre Lester Bowie, Roscoe Mitchell et Malachi Favors pour former l'Art Ensemble of Chicago avec lesquels il enregistre un nombre considérable d'albums, dont les fameux : Bap-Tizum et Fanfare for the Warrior.
C'est en 1993 qu'il se distancie du groupe pour pratiquer l'aikido et se concentrer sur le Zen.
Le 11 janvier: The Floaters Singer Larry Cunningham Dies, se lit dans les gazettes de Tucson.
Le groupe de r'n'b avait placé ' Float on' en tête des charts en 1977.
Le groupe nous laisse quatre albums.
Willie Murphy était le chanteur de Willie and the Bees, un groupe qui a fonctionné comme backing band de Bonnie Raitt et qui avait sorti deux albums.
Leur single 'Supermarket' leur avait valu une certaine notoriété au début des eighties.
Le songwriter est décédé le 13 janvier.
Chris Wilson – the “Gentleman of Australian Blues” est mort d'un cancer du pancréas le 16 janvier.
Chris a fait partie des groupes Sole Twisters, Harem Scarem, Paul Kelly and the Coloured Girls et avait formé son propre Crown of Thorns avec lequel il a enregistré deux LP's avant de démarrer une aventure solo riche de 6 albums.
Rita Vidaurri became famous across Latin America as a ranchera singer in the 1940s and '50s.
Celle qui était surnommée La Calendria est décédée le 16 janvier .
Durant sa carrière elle a tourné aux côtés de Nat King Cole ou Celia Cruz.
Le Los Angeles punk band Germs, actif de 1976 à 1980, avant quelques reformations, signale le décès de la bassiste Lorna Doom ( real name Teresa Marie Ryan).
Un cancer l'a emportée le 16 janvier.
The prolific studio guitarist Reggie Young has died.
Il faisait partie des Memphis Boys, le houseband de l'American Sound Studio.
Sa guitare s'entend sur un nombre inimaginable d'enregistrements, d'Elvis Presley en passant par George Strait, Merle Haggard, Kenny Rogers, Guy Clark, Waylon Jennings, Bob Dylan, Johnny Cash, Willie Nelson, on ne compte plus les artistes ayant fait appel à ses services.
'Angel of the morning' dans la version de Merrilee Rush, est une de ses collaborations préférées!
Tara Simmons, electronic-folk singer-songwriter de Brisbane, est partie le 17 janvier.
Un cancer du sein l'a emportée à 34 ans.
On lui connaît deux albums Spilt Milk et It’s Not Like We’re Trying To Move Mountains.
“Tara approached her music the same way she approached her life, with an uncompromising attitude and a spirit of unadulterated curiosity.” disait d'elle son ami.
Debi Martini, bassiste et backing vocaliste du garage punk combo Red Aunts est décédée subitement il y a une semaine.
Le groupe a été actif de 1992 à 1998 et a sorti cinq albums.
Debi a quitté le monde musical en 1998, les autres, Terri Wahl, Kerry Davis et Lesley Ishino se sont retrouvées dans des formations telles que The Screws, Beehive and the Barracudas ou Two Tears.
Ils ne sont pas nombreux les batteurs à pouvoir présenter une carte de visite mentionnant The Sensational Alex Harvey Band, Rory Gallagher, The Michael Schenker Group, Ian Gillan ou récemment Band of Friends, Ted McKenna le pouvait.
Il nous a quittés à l'âge de 68 ans ce 19 janvier, une opération s'étant mal déroulée.
Tu as eu la chance de le croiser au sein de plusieurs des groupes précités, t'as comme l'impression qu'avec son décès c'est un pan de vie qui disparaît.
Il y avait deux Maxine Brown, l'une chante le rhythm and blues et place 'All in my mind' dans les charts au début des années 60, l'autre faisait partie du trio The Browns et chantait la country.
Cette dernière nous a quittés le 21 janvier.
Les Browns avaient connu un succès monumental avec 'The three bells' , qu'Edith Piaf ou Les Compagnons de la Chanson ont placé au sommet des listes en France.
Edwin Birdsong, le claviériste samplé par Daft Punk, Gang Starr, Kanye West ou De La Soul, est mort lundi à 77 ans.
Son single "Rapper Dapper Snapper” s'était placé 65è au Billboard , il lui a rapporté bien plus grâce aux emprunts des hip -hoppers.
Edwin Birdsong a sorti cinq albums.
jeudi 24 janvier 2019
Les Zef et Mer au Complexe Culturel Le Cap - Plérin ( FR) - le 19 janvier 2019 - part 3
Les Zef et Mer au Complexe Culturel Le Cap - Plérin ( FR) - le 19 janvier 2019 - part 3
17:15', troisième passage des filles de Douarnenez, le Duo du Bas.
Elles entament le 3è épisode par le chant 'Ahak A Bila Amali' aux déconcertantes tonalités rauques et gutturales.
Pour la troisième fois, Hélène et Elsa ressortent leur opuscule, page 90, indique la plus petite, c'est le récit d'une couturière venant d'Ukraine, puis on passe au Chili, avant de mettre le cap vers la botte.
Glou, glou, glou, l'eau gazouille dans les glottes des deux demoiselles, Elsa tapote une valise ayant appartenu à son arrière-grand-mère, elles entament 'Alfonsina y el mar'.
L'écoulement du liquide dans la gorge illustrant la fin tragique, par noyade, d' Alfonsina Storni à la playa de la Perla.
Quel superbe duo!
Lune Bleue.
Le trio est composé de Clotilde Trouillaud : harpe / composition, Erwan Berenguer : guitare et Jean-Marie Stephant : batterie.
Clotilde, l'instigatrice du projet, a passé 10 ans avec Les Fileuses de Nuit, trois harpes vagabondes, parallèlement elle mène une carrière solo.
Avec Lune Bleue elle a enregistré l'album 'Indigo' en 2017.
Erwan fait partie de plusieurs formations: Imosima, Jolie Vilaine ou Spontus, e a, il accompagne également Bèrtran Obree vu ici même en 2016.
Certains disent avoir vu Jean-Marie Stephant au sein du Grand Macabout.
Le projet lunaire propose une musique céleste aux confins du jazz, de l'ambient et du folk celtique.
Les quatre compositions, instrumentales, jouées en fin d'après-midi ont dû plaire aux esprits contemplatifs et aux amateurs d'Erik Satie, de Steve Reich ou d'Aphex Twin.
Le titre 'Indigo' baigne dans un univers cinématique où délicatesse et sons ouatés règnent en maître absolu, le son évoque les productions et l'esthétisme du label ECM , la guitare effleurant le style de Terje Rypdal et, en entendant Clotilde, c'est à Joanna Newsom que tu penses.
Le batteur frôle les cymbales du doigt pour entamer une troisième plage tout aussi rayonnante et c'est par le tango spatial 'Reflets épices' à l'intro proche de 'Johnny Guitar' que s'achève le gracieux voyage.
Nolwenn Korbell’s Band
Nolwenn Korbell, l'enfant terrible de la scène bretonne, a sorti un sixième album, 'Avel Azul', en 2018.
Pas mal de gens avaient fait le déplacement à Plérin pour assister au show de la madame, qui non seulement chante comme une sauvageonne furieuse, mais est également actrice ( elle tenait le rôle féminin principal dans la série Fin Ar Bed,) et présentatrice télé.
En ce début de soirée, elle se présente en formule trio, flanquée de deux guitaristes intransigeants, Hélène Brunet ( ex- Les Guernettes, Faustine, Elephant Tôk, Nicola Hayes/Hélène Brunet...) et Stéphane, barbe grise, Kérihuel ( Republik, Vixen Blues...).
Préambule: le temps qui nous est imparti n'est pas propice aux bavardages, place à la musique!
'L'arc de Cupidon' , après une intro en midtempo, voix et guitare féminine sobre, la plage gagne en intensité avec l'entrée en piste de Stéphane Kérihuel, les grattes se font métalliques et saturées et la voix véhémente, on vient de quitter le monde folk pour pénétrer dans un enfer rock.
Le trio emboîte sur un rock vicié, scandé en breton, les guitares acérées déchirent la mélodie tandis que Nolwenn éperdue lance ... Billy, Billy....
Virage roots rock/americana avec la suivante 'One more day' qui démarre mollo, la voix se fait écorchée, la slide rugueuse du barbu martyrise sa gratte, la fille implore, le ton monte encore, on court vers l'explosion.
Le titre qui aura secoué toute la salle est le suivant, un noise/garage breton qui a fait passer Nina Hagen pour Soeur Sourire .
Ce mini-set farouche prend fin avec 'Tired' , une ballade à la Johnny Thunders, aux tendances maso... take my blood ... psalmodie la fille tandis que les guitares grincent.
Elle est rousse, mais ne va pas la comparer à Mylène Farmer, le sang qui coule dans les veines de Nolwenn Korbell est le même que celui qui circulait dans les vaisseaux de Janis Joplin ou dans ceux de Bonnie Raitt.
Une grande dame!
17:15', troisième passage des filles de Douarnenez, le Duo du Bas.
Elles entament le 3è épisode par le chant 'Ahak A Bila Amali' aux déconcertantes tonalités rauques et gutturales.
Pour la troisième fois, Hélène et Elsa ressortent leur opuscule, page 90, indique la plus petite, c'est le récit d'une couturière venant d'Ukraine, puis on passe au Chili, avant de mettre le cap vers la botte.
Glou, glou, glou, l'eau gazouille dans les glottes des deux demoiselles, Elsa tapote une valise ayant appartenu à son arrière-grand-mère, elles entament 'Alfonsina y el mar'.
L'écoulement du liquide dans la gorge illustrant la fin tragique, par noyade, d' Alfonsina Storni à la playa de la Perla.
Quel superbe duo!
Lune Bleue.
Le trio est composé de Clotilde Trouillaud : harpe / composition, Erwan Berenguer : guitare et Jean-Marie Stephant : batterie.
Clotilde, l'instigatrice du projet, a passé 10 ans avec Les Fileuses de Nuit, trois harpes vagabondes, parallèlement elle mène une carrière solo.
Avec Lune Bleue elle a enregistré l'album 'Indigo' en 2017.
Erwan fait partie de plusieurs formations: Imosima, Jolie Vilaine ou Spontus, e a, il accompagne également Bèrtran Obree vu ici même en 2016.
Certains disent avoir vu Jean-Marie Stephant au sein du Grand Macabout.
Le projet lunaire propose une musique céleste aux confins du jazz, de l'ambient et du folk celtique.
Les quatre compositions, instrumentales, jouées en fin d'après-midi ont dû plaire aux esprits contemplatifs et aux amateurs d'Erik Satie, de Steve Reich ou d'Aphex Twin.
Le titre 'Indigo' baigne dans un univers cinématique où délicatesse et sons ouatés règnent en maître absolu, le son évoque les productions et l'esthétisme du label ECM , la guitare effleurant le style de Terje Rypdal et, en entendant Clotilde, c'est à Joanna Newsom que tu penses.
Le batteur frôle les cymbales du doigt pour entamer une troisième plage tout aussi rayonnante et c'est par le tango spatial 'Reflets épices' à l'intro proche de 'Johnny Guitar' que s'achève le gracieux voyage.
Nolwenn Korbell’s Band
Nolwenn Korbell, l'enfant terrible de la scène bretonne, a sorti un sixième album, 'Avel Azul', en 2018.
Pas mal de gens avaient fait le déplacement à Plérin pour assister au show de la madame, qui non seulement chante comme une sauvageonne furieuse, mais est également actrice ( elle tenait le rôle féminin principal dans la série Fin Ar Bed,) et présentatrice télé.
En ce début de soirée, elle se présente en formule trio, flanquée de deux guitaristes intransigeants, Hélène Brunet ( ex- Les Guernettes, Faustine, Elephant Tôk, Nicola Hayes/Hélène Brunet...) et Stéphane, barbe grise, Kérihuel ( Republik, Vixen Blues...).
Préambule: le temps qui nous est imparti n'est pas propice aux bavardages, place à la musique!
'L'arc de Cupidon' , après une intro en midtempo, voix et guitare féminine sobre, la plage gagne en intensité avec l'entrée en piste de Stéphane Kérihuel, les grattes se font métalliques et saturées et la voix véhémente, on vient de quitter le monde folk pour pénétrer dans un enfer rock.
Le trio emboîte sur un rock vicié, scandé en breton, les guitares acérées déchirent la mélodie tandis que Nolwenn éperdue lance ... Billy, Billy....
Virage roots rock/americana avec la suivante 'One more day' qui démarre mollo, la voix se fait écorchée, la slide rugueuse du barbu martyrise sa gratte, la fille implore, le ton monte encore, on court vers l'explosion.
Le titre qui aura secoué toute la salle est le suivant, un noise/garage breton qui a fait passer Nina Hagen pour Soeur Sourire .
Ce mini-set farouche prend fin avec 'Tired' , une ballade à la Johnny Thunders, aux tendances maso... take my blood ... psalmodie la fille tandis que les guitares grincent.
Elle est rousse, mais ne va pas la comparer à Mylène Farmer, le sang qui coule dans les veines de Nolwenn Korbell est le même que celui qui circulait dans les vaisseaux de Janis Joplin ou dans ceux de Bonnie Raitt.
Une grande dame!
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