samedi 20 août 2016

Les frères Morvan et Soasica à la Fête de l'été sur la place de la mairie à Pléguien ( FR - 22) - le 19 août 2016

Les frères Morvan et Soasica  à la Fête de l'été sur la place de la mairie à Pléguien ( FR - 22) - le 19 août 2016

Pléguien:  commune rurale du canton de Lanvollon,  1 233 habitants, à 5 km des plages de Saint-Quay-Portrieux.
Le patron du Bar des Sports, situé à 75 mètres de l'église, perpétue la tradition en organisant, après le 15 août, la fête de l'été.
Tout le village et les habitants des localités voisines s'y donnent rendez-vous pour ingurgiter des litres de bière, de cidre ou de vin( couleur au choix) face à un moules-frites ( saucisses pour celui qui ne digère pas les mollusques) et relater  entre amis qui se rencontrent 3 ou 4 fois par ans tous les derniers événements.
En 2016, l'animation musicale précédant le bal est confiée aux frères Morvan,  Soasica et The Kov.
19:30' disait le tract, à cette heure, la file au comptoir moules mesurait 98 mètres, à 22:30' , le métreur indiquait encore 43!
Les Frères Morvan ( Henri et Yvon) graviront les marches, bricolées, devant les mener à la scène dressée dans une remorque peu avant 20h., t'as eu le temps de faire la connaissance des barmen.
Les Frères Morvan: ils étaient quatre, agriculteurs, ils ont décidé de former un groupe de chants traditionnels en 1958,  Yves s'éteint en 1984 et François en 2012.
 Henri et Yvon, 167 ans à eux deux, tiennent le coup, ils ont toujours bon pied, bon oeil et ne dédaignent pas un Lambig vieille réserve à l'occasion.
Pour leur huitième passage à Pléguien, ces mémoires vivantes d'un passé glorieux vont abreuver les jeunes et moins jeunes de chants a capella en kan ha diskan, incompréhensibles pour les non-initiés.
Ils ont déniché leurs nippes chez le même tailleur, malheureusement enterré au cimetière de  Saint-Nicodème depuis 1999: une casquette foncée, une chemise à carreaux bleus et blancs, un pantalon noir, des godasses du même ton, il n'y a que la boucle du ceinturon et leur taille qui peut les différencier.
Les pas morveux occuperont le podium par deux fois, deux sets de +/- 25' chacun, un premier chant à danser anachronique et chevrotant, pendant lequel les deux voix se répondent, est suivi par une lamentation interprétée avec simplicité, entrain et conviction.
Si Henri et Yvon, internationalement,  sont moins célèbres que les  Frères Karamazov, ce n'est pas le cas en Bretagne où tout le monde désire poser à leurs côtés durant l'entracte ou à la fin du show, après une troisième tirade, probablement déjà chantée par leur arrière-grand-mère, un premier danseur, Loïc, deux bouteilles de cidre de Paimpol dans le citron, se met en mouvement sur la place.
Pas résistant, le Travolta local abandonne ses exercices après 2' pour regagner la buvette.
Les frangins ont entamé une quatrième complainte, revoilà Loïc requinqué, il se cherche une partenaire, après 12 invitations poliment refusées, Marie-Rose se laisse débaucher.
La madame te tend la main, lâchement tu te replies vers le bar.
Les ancêtres ont entamé une dernière incantation bretonne voisine d'un chant Cheyenne avant d'aller se restaurer et de boire un coup.
Trente minutes plus tard: "Nous voilà de retour!"
Le scénario n'a pas subi de modifications, toujours  des airs a capella  sur lesquels les indigènes dansent, un plinn ton doublé, puis vient un rock breton médiéval, un galop favorisant la production laitière des ruminants de l'Argoat et  une polka cuculus canorus réclamée depuis 40' par Yvan et Nolwenn.
Le coucou s'est couché, les papies ne comptent pas faire de même, ils saluent l'assistance, se font prendre en photo et retrouvent leurs verres de cidre!

Respect de l'horaire est une notion inconnue dans le coin, après de très longs préparatifs le duo acoustique Soasica prend place sur le podium improvisé.
Les charmantes  Soazig Daniel ( chant, guitares) et Jessica Delot ( chant, violon) ont décidé de faire de la route sous l'appellation Soasica en 2014.
Mariages, fêtes, vins d'honneur, concerts dans les bars, les deux jeunes demoiselles de Lannion ont déjà étalé leur talent à plusieurs occasions.
Leur répertoire et constitué de covers anglo-saxonnes ou françaises, de jigs et reels sentant bon la verte Irlande et de quelques compositions signées Soazig.
Elles démarrent par un instrumental fougueux d'inspiration celtique avant de reprendre joliment 'Prayer in C' de Lilly Wood And The Prick, le violon fait merveille, les voix se complètent esthétiquement.
'Hippy Hippy Shake' annonce Miss Delot, tu penses aux Swinging Blue Jeans, erreur il s'agit d'un petit folk gentil tout plein, il est suivi par une première mélodie de leur plume, l'aérien 'Ton absence'.
Major Lazer, 'Lean on' plaît à la jeunesse, la rengaine précède ' Haste to the wedding' dont on recommande la version des Corrs.
Cette gigue endiablée déclenche l'enthousiasme, elle est suivie par une adaptation plaintive de 'Sweet Dreams' de Eurythmics.
Les filles ont la bonne idée de ne pas singer les groupes couverts, mais d'apporter une note personnelle aux thèmes empruntés.
Après le léger 'Serre-moi' de Tryo vient une seconde compo signée Soazig Daniel tenant bien la route , 'Cold Water'.
Dès les premiers accords, Fabrice a reconnu 'Dust in the wind' la ballade de Kansas, après cette incursion chez Trump on revient en Irlande avec une version instrumentale de 'Drunken sailor'.
Pour les fans de Meghan Trainor., 'All about that bass' en mode minimaliste, puis elles enchaînent sur une ballade, 'So long ago' écrite not so long ago par la demoiselle à la guitare.
S'attaquer à ' Talking about a revolution 'de Tracy Chapman, ce n'était peut-être pas une si bonne idée, la version Soasica était bien plus lisse que l'original. 
Tu t'étais dit que oser ' Smells like teen spirit' était encore plus audacieux, les filles s'en tirent bien et l'audience répond avec enthousiasme.
Toute la Bretagne adore 'Santiano' que Hugues Aufray a enregistré en 1961 en adaptant un sea shanty antique.
Elles terminent par une dernière gigue fougueuse, accueillie avec ferveur,  avant de céder la place aux suivants.
Pléguien réclame un bis, il aura les couleurs d'un reel emmené par un violon fébrile.
Sympa ce concert, les filles sont énergiques, souriantes, le potentiel est bien présent même si  tout n'était pas parfait, notre monde l'est-il?

Pas le courage d'attendre le concert de The Kov, direction la couche conjugale!






vendredi 19 août 2016

Colline Hill et Miossec au Festival de la Saint-Loup - Guingamp ( FR- 22) - le 18 août 2016

Colline Hill et Miossec  au Festival de la Saint-Loup - Guingamp  ( FR- 22) - le 18 août 2016

Le festival de la Saint-Loup, à  Guingamp, se déroule  du mardi 16 au vendredi 19 août 2016, il fait partie du patrimoine des Côtes-d'Armor. Créé en 1853, il disparaît, momentanément, un siècle plus tard pour renaître en 1957,  initialement les festivités sont d'un ordre religieux ( un pardon suivi d'un bal populaire), au fil des ans c'est la danse bretonne qui se taille la grosse part du gâteau, la musique ( essentiellement celtique) n'est pas oubliée.
Au menu musical  2016: Marina Kaye,  Kabardino-Balkarie, Treizour (cercle celtique de Douarnenez, Annie Ebrel, Marthe Vassalo),  Miossec, Colline Hill,  Denez Prigent et  Nolwenn Korbell.

Pour se mettre dans l'ambiance, on décide de s'arrêter à la Place du Centre où se déroule un fest-deiz animé par les cercles celtiques de Saint-Alban et Saint-Brieuc avant de se diriger vers la Place du Vally pour les concerts.


Colline Hill a beau résider à Liège, son coeur et son âme exhalent un parfum breton, en effet, Blandine Coulet est née dans le Morbihan, elle tient à le rappeler à quelques journalistes mal informés.
'Skimmed' son second album a reçu un accueil fantastique de Saint-Malo à Lorient en passant par Lannion et Roscoff, il a obtenu le grand prix du disque du Télégramme 2015.
Colline, tu l'as croisée maintes fois, mais toujours en solitaire, ce soir, elle est accompagnée par un band solide qui va donner un éclat neuf aux compositions cataloguées folk/pop de la demoiselle de Plumelec.
Jérôme Mardaga, alias Jeronimo ( 5 albums), guitares/claviers, Anthony Marcon ( Man On Fire and The Soul Soldiers), basse, Midas Wouters ( Milo Meskens, Laura Tesoro...) batterie, Martin Saccardy  (Ibrahim Maalouf e.a.), trompette, sont les complices de Colline, qui décide ( sans trompette) d'entamer la soirée par ' Oh hey was' , la plage ouvrant 'Skimmed'.
Oui, Clelia?
Belle voix et un petit fond Suzanne Vega!
Un brin Tracy Chapman, aussi, ajoute-t-elle!
' But in my days' opte pour des teintes plus groovy et permet d'admirer le travail tout en finesse des musiciens.
Un changement de cap pour suivre, la ballade/ valse ' To die like a king' joue la carte de la délicatesse, accentuée par une trompette lumineuse comme pouvait en utiliser Sigur Rós sur scène.
Toujours en mode douceur, 'The Greatest', sans basse et, comme seul élément percussif, un tambourin agité discrètement.
En picking, 'Old friend' ne peut dissimuler l'amour de Colline pour la folk music des sixties ou seventies.
Ce titre est aussi fluide que les meilleurs C S et N avec ou sans Neil Young.
Solo et sans pluie, qui ne se manifestera pas avant la seconde moitié de la nuit, ' Where you are', titre plus ancien, d'inspiration bretonne, fait toujours autant d'effet, puis une seconde salve sans la brigade, 'Banks of the Ohio' de Joan Baez qui aura refilé la chair de poule à plus d'un auditeur.
Confidence: ma première expérience avec la Saint - Loup  date de 2001, j'y étais venue pour assister au concert de Mary Black, l'équivalent irlandais de Joan Baez.
Une slide pour Jéronimo, 'Wish you were here' prend quelques accents roots/country  rehaussés par une trompette mélancolique.
Elle poursuit par ' Random skies' ( I'm afraid of dying) , une confession solennelle, avant de ramasser une guitare électrique pour attaquer le morceau le plus musclé du set, ' For the last time' qui mixe americana et shoegaze.
Avec en mémoire les vagues venant se fracasser sur  la presqu'île de Rhuys, le majestueux et profond 'And the sirens' offre des éléments postrock agités et un final grandiose.
Ce superbe concert prend fin avec 'Back again' ponctué par les battements mains d'une assistance conquise.
Il faudra près de 30' à Colline Hill pour signer tous les albums vendus.

Miossec.

Christophe Miossec pour Guingamp est un voisin et pourtant le gars de Brest ne s'était jamais produit à la Saint-Loup.
Muni d'un dixième disque dans son escarcelle ( 'Mammifères'), celui qui ne boit plus achève une tournée de festivals accompagné par trois musiciens d'exception: Mirabelle Gilis ( mandoline, violon, backings), le Londonien Leander Lyons ( guitare, claviers) et Johann Riche ( accordéon, claviers).
En route pour le rendez-vous avec les mammifères vus au travers des yeux, parfois cyniques, du cinquantenaire au petit chapeau.
A quatre assis sur un siège au devant de la scène,ils amorcent 'On y va', dominé par le violon et l'accordéon sur lesquels se greffent le timbre traîne-savates du gars du Finistère.
'Après le bonheur' et 'Le roi' déambulent dans une ambiance tango/musette,  Astor Piazzolla n'aurait peut-être pas apprécié les envolées agressives de la guitare de Leander, Guingamp, si!
Constat: Guingamp: 7000 habitants et un stade prévu pour 17000 fans de foot, un sourire moqueur avant d'amorcer 'L'innocence' pour lequel la juteuse Mirabelle a troqué son violon pour une mandoline.
Les amateurs de rock risquent d'être déçus par le virage folk métissé emprunté par Miossec, les partisans de chanson française de qualité ne s'en plaindront pas.
Arno ne fait pas que du trash, non plus!
Avec 'Le défroqué' on aborde un titre plus ancien il sera habillé d'apprêts gypsy.
L'English passe derrière l'Hammond pour 'La nuit est bleue', un jazz musette, lent et poétique, adapté de 'The thrill is gone' de Chet Baker, assurément un des points forts du nouvel album.
'Cascadeur' sera plus sautillant et après les cabrioles, Guingamp a droit à une chanson estivale,  'Les écailles', où cigale riment avec littoral, vertical, horizontal, signal, transversal, pédale, sandale, mistral et rafale ... et nudité!
Violon joué en arpèges pour le faussement  frivole  'La vie vole' et ses images jardin d'éden frelaté .
Ce soir, vous l'aurez remarqué une majorité des titres interprétés sont neufs, sorry, braves gens, pas de best of au programme, voici 'Des touristes'.
Une plaisanterie gratuite et un dicton malmené précèdent 'Le mouches'.
A l'arrière quelques voix s'élèvent réclamant 'Brest' ou d'autres plages plus connues, elles seront plus ou moins entendues puisque Miossec achève le set 'normal' avec le succès ' Je m'en vais' que Madame Boëdec connaît au bout des doigts et fredonne à contretemps.

Tous backstage pendant 5'.
Leander et Miossec reviennent en duo  et lâchent le rock de 1995 'Que devient ton poing quand tu tends les doigts', suivi par la chanson tendre de la soirée, la valse d'amour filial 'Papa' .
Un souvenir d'une époque révolue 'Les bières aujourd'hui s'ouvrent manuellement' et l'extrait de l'album précédent 'Nos morts' ont fait monter l'ambiance d'un cran et c'est la Bretagne entière qui pousse un cri de joie en entendant 'Brest'.
On reprend tout depuis le début annonce le pince-sans-rire avant d'achever la soirée avec 'Après le Bonheur'.

Le Miossec nouveau n'a rien à voir avec le Beaujolais de l'année, tel un vin ample il dégage  une large palette aromatique et se déguste en connaissance de cause!








mercredi 17 août 2016

Rubrique décès: Ruby Wilson, Glenn Yarbrough, Pádraig Duggan, B. E. Taylor!

B. E. Taylor, lead singer du B. E. Taylor Group, qui a eu un mini-hit en 1983 avec "Vitamin L", est décédé la semaine dernière à l'âge de 65 ans.
Le groupe aura sorti quatre albums avant de voir B. E. Taylor se lancer pour une carrière solo pendant laquelle il a surtout enregistré des Christmas songs.


Pádraig Duggan et son jumeau Noel ont acquis un début de notoriété internationale en faisant partie de Clannad, mais les frérots avaient déjà écumé les pubs de leur Irlande natale en tant que duo, 'The Duggans'.
Pádraig laisse son frère bien seul, il est décédé le 9 août.
A noter que toute la famille a la musique dans le sang puisque  Moya Brennan et Enya étaient les nièces du disparu.


Glenn Yarbrough, du Wisconsin, était le lead singer du groupe folk The Limeliters de 1959 à 1963, après avoir entamé une carrière solo, il se retrouve en tête des charts avec "Baby the Rain Must Fall" (the theme tune from the film of the same name, 'Le sillage de la violence' en français).
Il classera quelques autres singles dans les hitparades et laisse une discographie imposante.
Glenn est parti pour d'autres cieux le 11 août, le compteur indiquait 86!

The Queen of Beale Street, Ruby Wilson est morte le 12 août à 68 ans.
Cette chanteuse de blues et de gospel était considérée comme la petite protégée de BB King qui l'a fait chanter comme artiste en résidence dans son blues club.
Ruby a eu l'honneur de pouvoir monter sur scène devant quelques grands de ce monde, la reine Elizabeth, Bill Clinton, Rainier de Monaco, c'était également une figure appréciée lors des grands festivals internationaux  de blues et de jazz.
On lui doit neuf albums.
A noter également une carrière cinématographique pas débile: Larry Flynt, The Chamber ou Cookie's Fortune.

samedi 13 août 2016

Brussels Summer Festival ( day 8) - Pony Pony Run Run- Caravan Palace à La Place des Palais ( Bruxelles) le 12 août 2016

Brussels Summer Festival ( day 8) - Pony Pony Run Run- Caravan Palace à La Place des Palais ( Bruxelles) le 12 août 2016

17:00, 23°, du soleil et des nanas, darladirladada, youpie, on va voir Pony Pony Run Run, on va danser sans se prendre la tête!
Gaëtan et Amaël Réchin Lê Ky-Huong, d'Angers, France, sont les deux bidets galopant joyeusement, sur scène ils sont épaulés par un batteur et un guitariste/claviériste remuant.
Enorme hit, 'Hey you' en 2009, troisième album 'Voyage Voyage'  , comme Desireless, en 2016.
Genre?
Inoffensif, de l'electro /Eurodance/French touch comestible à petites doses.
Les funambules sont de sortie, 'Walking on a line' suivi par un second synth pop pour minets, lisse et futile.
C'est l'été, tout est permis, du coup t'as une envie de milk-shake aux framboises.
La summer party se poursuit avec un premier singalong cérébral ' Oh no', pa pa pa pa.... fait le jardin d'enfants!
Le nombre de groupes s'inquiétant de notre de santé est inouï... tout va bien, Bruxelles...
Les ritournelles faciles se succèdent: 'Alright', 'Stop', 'Show me, show me', , les poneys s'ébattent sans furie, pas de ruades mesquines, parfois ils s'ébrouent davantage et  bondissent , sur les pavés la jeunesse fait de même.
Une boîte de nuit, plus de 25 ans refusés, en plein jour!
T'as un peu perdu le fil en contemplant les gamines gesticuler, sur scène ils sont à trois à tapoter chacun leur synthé et amorcent un dream pop timoré avant d'accélérer et de virer electro/glam.
Des danseuses volontaires pour nous rejoindre sur scène, des motivées, please!
Elles se bousculent, accès à gauche, 16 Clodettes ont répondu à l'appel et se trémoussent avec plus ou moins de bonheur sur 'Hey You'.
Après 126 secondes, Samia se désiste et quitte les copines, mais non, la revoilà munie d'un Kleenex, je peux remonter, Monsieur?
Un brave type, le gars de la Sécu!
Au revoir les filles, tu veux un bisou, Josiane, smack, un selfie, Laurence, clic clic, c'est quoi ce papelard Béatrice, O473 259709, je t'appelle demain!
Let's dance, Brussels, 'First date mullet' et pour se quitter une cover minute soup et tabasco de 'Tainted Love'.
Au revoir, les poneys, take care!

Caravan Palace
Seconde fois que tu croises la route de Caravan Palace qui perpétue l'esprit zazou au 21è siècle, leur electro swing a,  à nouveau, fait mouche, même les gardes du palais royal dansaient.
Les Parisiens ont sorti un troisième album depuis leur passage à Couleur Café, au nom parfois refusé par les sites pour raisons techniques, pour faciliter la tâche des moteurs de recherche on mentionnera 'The Icon', peak position in the US, n°3 in the category dance/electronic albums.
Un instrumental scratchy, au son pourri, histoire de nous montrer de quoi il retourne, pour entamer le gig.
Tout l'élément masculin était au rendez-vous, Arnaud Vial: guitare, programmation - Charles Delaporte: contrebasse, programmation - Hugues Payen: violon, programmation, scat - Mighty Mezz : machines, trombone, programmation  - Chapi: clarinette, sax baryton - Paul-Marie Barbier: vibraphone, piano, brushes, il manquait la folle de Chaillot, le papillon égaré, la pétulante Zoé Colotis.
Elle rapplique et attaque un second remue popotin pervers, ' Lone digger', une clarinette facétieuse, un rap comedy capers, tes voisines ont des fourmis dans les guibolles.
Hey, salut, vous, vous êtes rayonnants si j'enlève mes lunettes de soleil...c'est moins con que tout va bien, Bruxelles!
On a une revanche à prendre, la dernière fois que nous sommes passés ici, il pleuvait, comme toujours chez vous, d'ailleurs, aujourd'hui  le soleil luit, on va s'amuser!
Hugues, le païen, entame un baloo swing pour répondre à Zoé qui nous chante les mésaventures de 'Suzy'.
  Du manouche surréaliste.
Voix off ...it's midnight... piano classique, un sax inquiétant, ' Midnight' est le genre de truc à ne pas passer aux habitants du cloître, ils risquent de louer  d'autres idoles.
'Wonderland' , bonjour Alice, tout va bien, bébé... tire-toi, clochard!
 Zoé entame une danse démente, s'affale aux pieds de Mighty Mezz, se redresse, reprend son trip, nous fait Mowgli se trémoussant avec les chimpanzés, le zoo en folie!
Des cris enthousiastes fusent de partout.
Nouvelles acrobaties vocales pendant 'Clash', un mouvement French Cancan , ça remue sur toute la largeur de la scène, et maintenant on va danser, dit-elle, tu parles, on sue pire qu'Eugène, voici ' Je m'amuse' .
Nous aussi, elle termine à genoux, secoue sa bouteille de Spa, faut penser à vous déshydrater, la dingue nous arrose en riant.
' Wonda', voit  Zoé muée  en poupée mécanique mais c'est la reprise de 'Black Betty' qui déclenche l'hystérie collective.
Ces jeunes gens sont non seulement doués mais en Zoé, ils ont trouvé la chanteuse idéale, un boute-en-train qui dériderait la brute la plus sombre.
Attachez vos lacets et sautez, un trampoline géant pendant 'Jolie Coquine', puis une légère accalmie illustre la comédie musicale 'Aftermath', pour reprendre les cabrioles  pendant 'Tattoos' qu'elle ne nous a pas dévoilés.
'Star scat', le scatteur malade, c'est Hugues. Zoé se dit que c'est l'heure de la leçon de Lindy Hop, Jane Fonda étant chez l'esthéticienne, la petite nous explique.
 En bas, nous ne sommes pas tous doués mais on a tous ri.
Voilà, au revoir, Bruxelles.
La place hurle, une bande laisse présager le retour de la caravane, ce qu'il advint.
Un interlude instrumental suivi par un ' Brother swing' infernal.
Si Bruxelles n'obtient pas une médaille aux jeux  c'est que les autres sauteurs étaient dopés!
Ils s'en vont en souriant et en dégoulinant de sueur.

T'es attendu pour dîner à la campagne, tu quittes le BSF!


vendredi 12 août 2016

Brussels Summer Festival ( day 7) - Hyphen Hyphen- Tindersticks- Balthazar à La Place des Palais ( Bruxelles) le 11 août 2016

Brussels Summer Festival ( day 7) - Hyphen Hyphen- Tindersticks- Balthazar à La Place des Palais ( Bruxelles) le 11 août 2016

Cela devait arriver, il pleut et pas un peu, à l'entrée on te refile un K-way orange, pas made in Utrecht mais avec le logo d'un sponsor, utile, mais pas pratique.
Sur le podium D J Billy Jones s'amuse dans l'indifférence générale, pas sûr que ces conditions climatiques pourries attirent la grande foule face au palais royal.
Sur le podium, les roadies ont reculé le matos au maximum, les groupes devront se produire en retrait, tout le devant de la scène est arrosé par les averses.

Démarrage tardif pour Hyphen Hyphen.
 Zac, le batteur, est le premier à apparaître, suivi par Adam (guitare et clavier) et Line (basse et chœurs), la blonde Santa arrive au pas de courses.
OK, on peut vraiment commencer , oui les peintures de guerre sont là, la pluie risque de les effacer!
Les Niçois ont fait un sacré chemin depuis leur passage à Bruxelles les Bains en 2012 ils sont devenus une figure incontournable de la scène rock hexagonale.
'Times' leur premier album sortait l'an dernier, addiction assurée, chroniquait un mec qui a sorti son stylo!
Deux mesures de ' I cry all day', un blanc,  le titre ouvrant le set est explicite, il y a de quoi pleurnicher, après deux minutes les laptops défaillent à nouveau, longue coupure, ça s'annonce mal.
Santa se voit transformée en stand-up comedian et improvise, se déchausse, rigole avec un barbu chagrin, on résout le problème et la machine à tubes est en route.
Elle a déniché une guitare, le band amorce ' I see myself' , la technologie tient le coup, ce midtempo léché accroche, tout va bien.
C'est pas vrai, plus de jus, quel happening constate le chef de la tribu, tu parles, ça craint.
Rafistolage et ' Cause I got a chance' chanté avec Adam, de l'electro pop saccadé, irrésistible.
'We light the sunshine' , toute la confusion du début de set est oubliée, Hyphen Hyphen redouble de vigueur, Bruxelles vibre.
Santa se mue en véritable bête de scène, courant à droite, à gauche, invectivant la masse, une  bombe désamorcée, cette nana.
Grosse claque avec la cover improbable de Chris Isaak, 'Wicked Game', radieuse, musclée et audacieuse.
La suite sera furieuse, une séquence maniement de foule, des rythmes tribaux, une débauche d'énergie, je me prends pour Beyoncé mais sans godasses, le BSF, êtes-vous prêts à danser, je vous rejoint, un bain de foule, les GSM's crépitent, elle revient aidée par la sécurité, Line, relativement calme jusqu'ici, se lâche, le titre se meurt en outro, ils se tirent.
Ben, merde, il n'est que 19:20'.
Retour de Zac qui place un solo carré, il est rejoint par le reste de la clique qui envoie une version fiévreuse de 'Just need your love' que la Wichita Woman aux cheveux dorés termine sur la place, les cameramen ont toutes les peines du monde à la débusquer parmi les canards oranges.
Cette dernière salve termine une performance athlétique, estimée à sa juste valeur.

 20:15' Tindersticks.
Tu ne te rends pas à un concert de Stuart Staples pour  te tordre de rire, va plutôt visionner un navet avec Jim Carrey ou Les Charlots, si tel était ton dessein.
Communication avec le public réduite au strict minimum, cinq ou six thank you lâchés à l'aveuglette et quelques mots en fin de concert.
Les fans s'en tapent, ils sont venus écouter  les chantres de la mélancolie  et du vague à l'âme,  ça fait près de 25 ans que ça dure.
Leur dernier album 'The Waiting Room' est sorti en 2016, il respecte l'univers forgé par Stuart et ses acolytes.
Mr. Staples, qui a choisi un seyant veston bleu se mariant avec sa guitare rouge vif, David Boulter au piano, Neil Fraser aux guitares,  Dan McKinna  à la basse et backings, et enfin, caché à l'arrière-plan, le sombre Earl Harvin aux drums, entament le set par 'Like only lovers can' , une plage d'une langueur infinie contrastant avec les débordements du groupe précédent.
Tindersticks et Hyphen Hyphen n'attirent pas la même clientèle.
Le brumeux 'Second chance man' précède ' Were we once lovers'  qui s'énerve furieusement lorsque Stuart pose la question "how can I care if it’s the caring that’s killing me?".
Torturé, le monsieur!
Après ' Say goodbye to the city' , tout aussi incisif, Neil se choisit une acoustique , Tindersticks propose le nacré  'If You're Looking for a Way Out'.
Tout empreint de majesté, la valse  ' The other side of the world'  chante la solitude et les regrets.
Pas étonnant qu'il passe par la pharmacie pour se procurer some 'Medicine'.
Chez Tindersticks, pas d'éclats de voix ni de mouvements héroïques, tout baigne dans des climats feutrés, subtils, pas de couleurs vives mais des tons pastel, des demi-teintes, de la retenue!
Stuart de sa voix douce, parfois voilée, poursuit la lecture de son chapelet nostalgique, une prière murmurée,  'Boobar come back to me' , puis 'Hey Lucinda' et son xylophone discret et enfin  ' How he entered', récité!
Bruxelles écoute attentivement et pourtant on ne peut affirmer que Tindersticks soit un groupe de festival.
Dan passe derrière les claviers, David et Neil disparaissent, d'une voix chevrotante sur fond de sonorités d'harmonium, le duo attaque 'The Waiting Room', en fin de voyage le drummer ajoute quelques coups discrets sur ses cymbales, histoire d'habiller cette morne mélodie.
A nouveau en quintette, ' We are dreamers' , un morceau entêtant, presque rock, suivi par l'électrique 'Show me everyhing' et l'élégant 'This fire of autumn'.
Stuart, en verve, nous soumet  une phrase entière, it has been an extremely nice experience playing here avant d'exposer sa dernière tirade, 'A night so still' aux ambiances nébuleuses.
Un concert racé!

Balthazar
 Voor velen dé Belgische band van het moment.
Ils font tous les festivals, même ceux où ils n'étaient pas prévus, ils ont remplacé The Kooks à Ronquières.
Les Lokerse Feesten les ont déjà mis par trois fois sur leur affiche, c'est là que tu les croisés en 2013.
Depuis ils ont sorti un troisième album 'Thin Walls'.
Maarten Devoldere, gt. and vocals ( un album sous le nom de Warhaus sortira en septembre), Jinte Deprez ( barbe, vocals, gt) , Patricia Vanneste ( grâce, violon, claviers, backings) , Simon Casier ( bass, backings, copain de Noémie) et Michiel Balcaen uit Kaster ( drums) jouent un thuismatch ( et ça s'entend, acclamation monstre dès leur apparition), même si ils proviennent de Gand et Courtrai.
Ils ouvrent le feu par 'Nightclub', et c'est exactement ce que l'espace face au domicile de nos souverains est devenu, une boîte de nuit.
Une basse galopante illustre 'The oldest of sisters' puis viennent les wouh ouh ouh de 'Then What' , tes voisines, pas moches, se déhanchent, leurs copains picolent tandis que  le chant nonchalant rappelle certaines intonations de papy Jagger.
Un peu de 'Decency' mesdames et messieurs, chouette violon, puis an older one ' The boatman'.
Sur scène, c'est un véritable manège, ça bouge sans relâche, les poses guitar heroes se succèdent , une grimpette sur les enceintes succède à un voyage pour aller saluer le drummer, Balthazar n'est pas un roi sage!
'Last Call' sonne Britpop et 'The Man Who Owns The Place' est dédié aux VIP's qui dégustent leurs coupes derrière les grilles.
Jinte seul en piste pour aborder ' Wait any longer' nous rappelant Johnny Thunders, Patricia vient lui prêter main forte, ils seront cinq en piste pour faire exploser la ballade qui prend des touches 'Sympathy for the devil'.
En nu 'Bunker' , een hit!
Après ce fait d'armes apprécié, ils enchaînent sur ' Blood like wine', les gobelets se lèvent, de vin pas question, de sang encore moins, de mousse, oui!
Quatre voix attaquent 'Fifteen floors', un electro rock à ne pas écouter dans le cellier.
' I looked for you', où vas-tu Maarten?
J'ai vu une nana bien roulée, là en bas, je vais la saluer, il me faut 45 mètres de câblage!
Le Velvet est dans les parages, voici 'Sinking Ship' qui pourrait leur plaire.
C'est au tour de Simon de grimper, non pas sur un casier de Jupiler, mais sur un haut-parleur pour faire entendre ses lignes de basse illustrant 'Do not claim them anymore'.
BSF, merci d'être venus, c'était notre dernière chanson, see you!
Tout doucement, tu te diriges vers la sortie située à 846 mètres et sur un écran tu vois un doublé de violons introduisant le bis, en passant, tu te dis que même à l'arrière le son est très bon.

jeudi 11 août 2016

Adieu Roberto!

Roberto c'était le rocker bruxellois qui représentait toutes les galères qu'ont pu connaître les musiciens de chez nous.
Roberto Epis, rejeton d'un immigré italien, c'était la veste de cuir, les cheveux gominés, un anglais yaourt, le rock à la Vince Taylor, et quand tu le voyais sur scène, ou, plus souvent, dans un minable bistro qui lui refilait 250 francs, un spaghetti; ou deux sandwiches au haché, et cinq pils, le mec se donnait à fond et toutes les filles en étaient folles.
Oui, il y en a eu d'autres comme lui, Burt Blanca par exemple, mais Roberto and The Rockers, c'était la classe, Roberto il avait la gueule de l'emploi
' Cadillac', 'Be bop a lula' , 'It's allright mama' , 'Tutti Frutti' , 'Tellahassie Lassie', mais aussi 'Una Lacrima sul Viso' de Bobby Solo, que de souvenirs!
Roberto est parti, il avait 68 ans, avec son décès  on a perdu l'insouciance de notre jeunesse.
Si dans une brocante, tu déniches le vinyle  Roberto And The Rockers ‎– Recorded Live In Brussels On A Hot Summernight Of '76, tu achètes les yeux fermés

mercredi 10 août 2016

Brussels Summer Festival ( day 5) - Fishbach- Sage - Jay-Jay Johanson à La Madeleine ( Bruxelles) le 9 août 2016

Brussels Summer Festival ( day 5) - Fishbach- Sage - Jay-Jay Johanson à La Madeleine ( Bruxelles) le 9 août 2016

Tu l'as jouée à pile ou face.
La pièce est tombée sur l'effigie du  Baudouin 1er ( c'était 20 francs belges de 1981), direction la rue Duquesnoy!
Les autres t'ont dit, Thiéfaine il ne fallait pas le manquer, t'as rien répondu et souri, H F tu l'avais vu l'an dernier à Namur, concert grandiose, mais Jay-Jay J., lui, t'as fait pleurer comme une Madeleine, je sais c'est con, mais tu y étais chez Madeleine et puis t'aimes Proust.
Quoi, Grégoire, non, pas Alain, on te cause du copain de Dave!

La soirée débute avec Fishbach!
 Flora Fischbach est Carolomacérienne, si comme moi t'es du genre analphabète, on t'explique: une habitante de Charleville-Mézières, elle est séduisante, un brin canaille et affiche une morgue farouche et effronterie littéraire.
Elle affirme passer à Bruxelles pour la première fois de sa courte existence ( 1/4 de siècle), certains l'ont connue punk avant son aventure solo.
A se mettre sous la dent jusqu'ici: un EP quatre titres!
Au bout d'un set de 40' ( bis non inclus), on peut avancer que la demoiselle a laissé une excellente impression aux indigènes.
19:00, tapante, une frêle jeune fille se dirige vers le micro, un orteil écrase le footswitch d'une loopstation, elle salue, c'est parti.
La voix est profonde, caverneuse même, dramatique, elle vient d'entamer ' Tu vas vibrer', nous, on ne vibre pas,  on frémit et on l'aime déjà cette lolita au regard intense.
Changement d'univers après ce titre gothique, de gros beats remplacent les climats byroniens...ce soir je dors à l'hôtel... ' Béton mouillé' joue la carte  cold wave rencontrant Mylène Farmer, et ça marche.
Attitude glacée, gestuelle théâtrale, je me la joue diva, je prends des poses affectées et Bruxelles aime ça.
Question, Flora, quel hôtel?
'Le château', où comment faire danser en relatant en second plan l'histoire d'un suicide.
T'entends murmurer Christine and the Queens, Yelle, Brigitte...tu dis, sorry, Fishbach est moins bidon!
Elle ramasse une guitare et amorce 'Feu',... un pauvre corps qui se consume qui tient à toi jusqu'à la mort...les Ardennes, la Moselle, Rimbaud, Verlaine, une idée de la décadence, des excès en tous genres, sensibilité exacerbée et anti-conformisme, tout y est!
Le programming a déjà envoyé la suivante, ' Ma voie lactée'.
Morceau emballé, elle décide de nous expliquer la genèse des chansons qu'elle a bricolées seule dans sa petite chambre alors que, vraisemblablement, papa et maman s'imaginaient qu'elle étudiait ses leçons.
Après un nouveau titre quasi post punk elle décide d'en jouer une sans l'apport de la beatbox, à la guitare, une ballade morbide..la passion dévorante ressemble à la mort lente... tiens, elle a lu Pierre Alexis de Ponson du Terrail, le papa de Rocambole.
Le pied écrase l'accélérateur, les beats réapparaissent, allons visiter un château magique.
Elle entame un pas de danse mécanique avant de balancer un dancetrack tropical rappelant JP Mader, dont elle reprenait  d'ailleurs ' Disparue'.
Grosse claque avec la reprise rugueuse et tremblante  de Lavilliers, ' Night Bird',  et pour achever ce trip magnétique,  'Mortel'.
C'était Fishbach, merci, à la prochaine!
Bruxelles, vous avez été sympa, je reviens et vous interprète ' La Babouche'.
Non, ce n'est pas Kate Bush mais bien une reprise de l'irrésistible oriental disco hit  de Salim Halali , elle la joue Edith Piaf rencontrant Patricia Kaas et te fixe droit dans les yeux!
Elle est bien, cette fille!

 Sage
Si t'es sage, St Nicolas t'apporte un revolver à pétard!
Donc, le Revolver s'est enraillé, Ambroise Willaume  est devenu encore plus Sage, a sorti un EP pour se mettre en jambes, puis l'album intitulé 'SAGE'.
A 20:30', il rapplique, seul, à la guitare, il entame la ballade 'Time never lies' '.
Tout le monde va te bassiner avec James Blake, c'est évidemment plus judicieux que d'avancer Shamir ou Jake Owen.
Belle voix, maîtrisée, ta voisine défaille déjà!
Arrivée des complices, deux batteurs travaillant  dans l'électronique, Antoine Boistelle et Victor Le Masne, Ambroise passe derrière les touches et amorce 'Don't tell me', de l'electro pop symphonique et satiné.
'Fall in love' lui permet de crooner sur une tapisserie duveteuse et raffinée.
Encore une ballade' Only Children' avant de revenir   au EP ' In Between' et proposer ' Last call couples' , un  midtempo aux climats vaporeux.
C'est le style de truc à passer dans le lounge bar du Marriott, on te recommande un Wheated Bourbon Flight!
Et pour se dégourdir, après avoir ingurgité  quelques cocktails, on te propose une promenade sur les berges de la rivière, tiens ta compagne par la main, laisse-la sautiller, 'To the river' introduit au xylophone électronique ne va pas effrayer les truites.
Romantisme désuet et délicieux, les nanas adorent!
Exit le duo de batteurs, Ambroise attaque  ' Summer rain', elle est annoncée pour la seconde moitié de la nuit.
Torpeur, éclairage tamisé, délicatesse extrême, voici  le lyrique  'In between' suivi par le plus turbulent 'August in Paris'.
'One last star', son piano sautillant et ses effets de voix acrobatiques, voit quelques téméraires battre des mains puis Sage tire sa dernière flèche, le tribal  ' Drifted', un morceau des Shoes pour lequel il avait été invité à participer au chant.
Bruxelles a apprécié, le fait entendre, Ambroise revient sans ses copains, un bis, pourquoi pas, mais le stock est épuisé, ne riez pas je vous chante un Phil Collins, ce n'est pas une punition.
Au contraire, c'était courageux et sympa de reprendre 'Against all odds', nous étions nombreux à psalmodier la mélodie en background.

Jay-Jay Johanson
Le cliché le plus entendu pour décrire  le long et blond Jäje Johansson, 46 ans - né à  Trollhättan, 46,457 âmes, est: le crooner venu du froid;
Oui, Jay- Jay est un dandy, androgyne, à la voix de miel, sensuelle à mourir, il paraît fragile, délicat, ce qui éveille l'instinct maternel chez toutes les personnes du sexe dit faible, elles veulent le protéger ce grand garçon, tendre, qui a souffert 196 peines de coeur et nous, les rustres, les balourds, les campagnards, nous n'osons guère l'affirmer, mais nous l'adorons aussi, en cachette, comme on aimait Bronski Beat, Dean Martin, Frank Sinatra ou Gene Pitney!
Son dixième album, 'Opium', est sorti l'an dernier, il le défend sur scène accompagné par deux musiciens talentueux, Erik Janson aux claviers et programming et  Magnus Frykberg aux drums.
Sur l'écran, en noir et blanc, une jeune fille au look Françoise Hardy 1967, Jay- Jay sur la pointe des pieds s'avance, saisit le micro, place un good evening de bienvenue et entame 'I love him so'.
Pourquoi tu trembles, Sandrine?
Sandrine n'est pas la seule à avoir été touchée en plein coeur par ce premier trip hop mélancolique et caressant.
Pendant près de 85', toute la salle sera pendue aux lèvres du chanteur suédois, tu lui donnes la déclaration des droits de l'homme à chanter il en fait un poème amoureux.
Que dire de la suivante, 'It hurts me so', la température de la salle indique 28° et pourtant le public a la chair de poule.
Profondeur, élégance, grâce... tu le vois sortir son mouchoir immaculé pour sécher les larmes de la séduisante personne qu'il a blessée.
Sur fond 'Fever', voici 'Dilemna' suivi par ' Escape' aux grésillements Portishead.
Tu dis, Julie?
Non, ce n'est pas du jus de pomme qu'il sirote, après avoir déposé ce long drink, il amorce 'NDE' et quand il arrive au refrain ... Oh it's frightening (it's frightening)
 But yet so delightful (delightful)....tu te sens pousser des élans lyriques, toi le terre à terre, le sans âme.
Oh douce douleur, oh agonie sublime!
Jay-Jay nous balade dans son oeuvre, Bruxelles se laisse dériver sur 'She doesn't live here anymore' ( Bonjour Tristesse), 'I don't know much about loving' ( confession,  I've never been a seducer..), puis piano/voce 'She's mine but I'm not hers' ( elle était difficile, on était malhabiles...) , l'electro 'I miss you most of all' et le dansant ' On the radio'.
Soudain, c'est Yoko Ono qui apparaît sur l'écran et l'esthète  revient au crooning, ' Milan, oh! Madrid, Chicago, Paris' suivi par 'Tomorrow' qui une nouvelle fois nous permet d'admirer le travail extraordinaire de ses accompagnateurs.
'Far away' , Jay-Jay aime les climats jazzy, nous aussi, pas le jazz aventureux issu du free mais le smooth jazz celui des grandes voix suaves, Andy Williams, Nat King Cole, Johnny Matthis ou pour s'approcher de notre siècle, Sade.
Après une plage issue de  'Spellbound' de 2011, 'Driftwood', il s'adresse à nous se souvenant que sa dernière apparition à Bruxelles date d'il y a 18 ans, I hope I can come back earlier, sinon je viendrai avec une canne.
A capella, il amorce  'Skeletal'  qui devient 'I'm older now' lorsque Magnus et Erik le rejoignent, il les laisse s'amuser avant d'entamer son aveu.
Une dernière perle, 'On the other side' met fin au set normal.
Bruxelles le supplie de revenir, les rappels débutent par la rêverie érotique ' I fantazise of you' qui permet au pianiste de s'évader pour une escapade groovy éclatante, et se terminent par le nerveux 'Rocks in pockets'.
Pousse-toi, dit-il à Erik, il vient tapoter le Rhodes, son copain passant derrière le Roland, Bruxelles bat le plancher du talon.
L'aventure se termine ici, tandis que les musiciens s'éclipsent, Jay-Jay, visiblement heureux, vient serrer 79 mains tendues et embrasser deux gosses du premier rang.
Un dernier signe de la main, see you again, soon!