Brian Lòpez au Chaland qui Passe, Binic, le 16 août 2026
michel
Au Chaland, les concerts se suivent et ne se ressemblent pas, une seule constante: la qualité!
Dimanche 16 août, Binic grouille de monde, arrivé face au zinc, un air de cumbia vient chatouiller tes pavillons, Brian Lòpez n'est pas venu seul, Laurent Allinger, le French Tourist qui se décrit comme un designer sonore et qui connaît Tucson comme sa poche, a emmené deux valises bourrées de 45 tours grésillants , faut pas lui parler de clé USB. Si le Little Rabbit propose El Condor Pasa, ne t'attends pas à la soupe James Last, tu entendras Los Incas, éventuellement Keisha Rivera, tu passes du rockabilly, au Tex Mex, à la Música de Mariachis, d' Al Martino à la cumbia colombienne, t'entendras quelques vieilleries country ou du Perez Prado.
Que du bon son!
Après l'échauffement place à Brian Lòpez qui ne t'invitera pas à danser La Bamba.
Arnaud nous avait prévenus: Brian Lòpez, c'est un auteur-compositeur-interprète, membre de Mostly Bears, guitariste de Calexico, du groupe Xixa, collaborateur avec Nouvelle Vague, Melanie Pain ( il a fait le Bota avec elle) , Giant Sand, Robin Foster, K T Tunstall, Gaby Moreno, Marianne Dissard ou Sergio Mendoza Y La Orkesta.
Une pointure qui ne chausse pas petit.
Le gars, vague ressemblance avec Lou Reed, s'accompagne à la nylon acoustic guitar , il dispose d'un assortiment de pédales à effets lui permettant d'ajouter différentes textures à ses compositions, des couches de synthé, des claviers discrets, des chants d'oiseaux et pas mal de reverb..
Il n'a pas joué deux notes, qu'une coupure de courant nous plonge dans l'obscurité, Arnaud, mué en électricien, tripote fusibles, interrupteur différentiel et disjoncteurs.
Eurêka, crie Archimède... Oui, mais, le PC de Brian est déréglé, nouveaux bidouillages, le lapin reprend du service.
Huit minutes se sont écoulées, ouf, tout fonctionne!
Le concert démarre par ' 3000 stories' qui ouvre son dernier album 'Tidal'.
Un jeu de guitare d'une délicatesse rare accompagne son chant d'une fluidité similaire au registre d'un Jeff Buckley.
Natif d'Arizona, les spécialistes ont décrit son style comme étant un exemple parfait du desert noir sound, un mix de western spaghetti et de rock psychédélique.
Le second mouvement de ce downtempo sera plus sec, en background, de fines couches de synthé décorent la mélodie.
Next one is a song about Tucson, qu'il dit, ' Black Mountain' est truffé d'éléments biographiques.
La mélancolie dégouline, comme la confiture des Frères Jacques , sous forme de valse du sud.
'Mercury in retrograde' ( album ' Static Noise' ') s'ouvre sur des effets flottants, la guitare prend des intonations hispaniques, puis vient la voix indolente et pleine de trémolos du crooner du Désert de Sonora, une couche d' ambient drones flotte dans les airs, on est dans le domaine du space rock, un genre sublimé par The Church. ( Under the milky way).
Un plaisantin lâche inopinément, tu connais Leon Redbone?
Never heard of him..
Le morceau post covid ' Like a virus', aux coloris Tex Mex, précède la romance sans épines ' Red blooded rose'.
Une nouvelle fois le jeu de guitare affiné et la voix mélodieuse font mouche.
Sur l'album ' Tidal' , la voix de KT Tunstall accompagne celle de Brian Lopez pour 'Road to Avalon' , KT n'était pas à Binic , mais c'est avec plaisir qu'on a pris la direction d'Avalon, d'autant plus que les pointes psychédéliques ont aiguisé nos sens.
Puis vient une reprise, et pas n'importe laquelle, ' Pink Moon' de Nick Drake, qui a émoustillé Arnaud, un grand fan du sombre et torturé anglais, féru de John Keats ou Lord Byron, ensuite, c'est ' Margot Kidder', un psyché folk, aux senteurs Tyrannosaurus Rex ou Incredible String Band,. qui déboule.
Le bilingue ' El Pájaro Y El Ciervo' s'entend sur l'album ' Ultra' , Marianne Dissard a repris ce titre où les gazouillis d'oiseaux exotiques accompagnent le doux ramage de l' artiste.
Si c'est délicieux, tu dois le concéder, d' ailleurs Leonard Cohen a apprécié ... I'm a bird on a wire... les effets de voix onctueux, et le sifflement gracieux.
Sans setlist, souvent tu rames, la suivante amorcée sans effets, sans faire appel à la machine restera anonyme, ... t'as perçu quelques bribes des lyrics... I saw you again last night... e a, sans parvenir à retrouver le titre.
Honte à toi.
Tout en demi-teintes, 'Will you be down' , farci de reverb et d'arabesques fignolées, a ému le public et c'est avec le fragile 'El Vagabundo', in Spanish, que prend fin ce set précieux.
Evidemment, le rappel est légitime.
Arnaud, tu m'accompagnes avec Alice?
Arnaud a déniché une guitare acoustique, Alice a chopé son accordéon et à trois ils nous ont servi un ' Busca la muerte', chanté par Arnaud, à émouvoir les habitants du cimetière.
Reste, Alice, tu m'accompagnes pour 'The Killing Moon' d'Echo and the Bunnymen.
Sans avoir jamais joué ce titre, Alice a magistralement soutenu Brian Lopez.
Au Chaland , la magie c'est en permanence!