dimanche 11 janvier 2026

Les Zef et Mer avec Tangi Le Gall-Carré et Typhaine Corre en trio, au Cap à Plérin, le 10 janvier 2026

 Les Zef et Mer avec Tangi Le Gall-Carré et Typhaine Corre en trio,  au Cap à Plérin, le 10 janvier 2026

michel

Edition 13 pour les Zef et Mer,  le tremplin de la musique bretonne.

Première escale, Le Cap à Plérin!

La matinée est consacrée aux enfants, à partir de 14:30,  on attend:

 Achille Grimaud ( le monsieur loyal, conteur, présentateur, et enfant de choeur à ses heures), Mouk, Emezi, Corre-Le Gall Carré trio, Nozicaä et Fred.Guichen + Jean - Pierre .Riou​.

Malheureusement, une défection de dernière minute est annoncée, Kaolila   prévu au programme, doit déclarer forfait pour blessure d'un élément.

Du coup, chaque groupe aura droit à une performance allongée. 

Pascal et Noëlle se chargent  du procès- verbal en mots et en images des prestations de Mouk et d'Emezi, tu t'attaques donc à Tangi Le Gall -Carre/ Typhaine Corre en trio, qui prendront place après une pause, pipi, café ou boissons moins chaudes et une brillante intervention du conteur  Achille Grimaud, un vague cousin breton d'Achille Talon, qui n'a jamais vu Port -Grimaud, ni Cogolin.

 Typhaine Corre et Tangi Le Gall-Carré ont sorti il y a peu l'album 'Gouloù mil steredenn', l'accordéoniste ( six albums avec Startijenn, deux avec le guitariste Erwan Moal) et sa compagne, comédienne et chanteuse, ont fait appel à des musicien(ne)s ami(e)s pour ce disque: Julien Stévenin à la basse, Jérôme Kerihuel à la batterie et aux percussions, Jack Titley à la mandoline et au banjo, Simon Latouche au trombone,, et  les chanteuses, Gwenn An Dreo, Justine Morvan et Perynn Bleunven au chant.

Cet après-midi,  Julien Stévenin les accompagne à la contrebasse.

En 2020, déjà, au même endroit, tu avais eu l'occasion d'assister à un concert de  Tangi Le Gall-Carré et Typhaine Corre, accompagné par Erwan Moal à la guitare.

Le public avait admiré la technique des protagonistes et le chant limpide de Typhaine.

Six ans plus tard, la même sensation du travail bien accompli aura ponctué leur set. 

Les trois premiers titres proposés sont extraits de leur album, le duo a mis en musique des poèmes de  Naïg Rozmor ( nom de plume d’Anne Corre) publiés en 1977 dans le recueil Karantez ha Karantez.

La poétesse y traitait des sujets considérés comme tabou à l'époque ( surtout venant d'une femme) : l'amour, l'acte charnel, l'érotisme,  le plaisir....

'Nec ' hamant', marie trad breton et impromptu jazzy, le chant est frétillant, l'instrumentation à la fois profonde et revigorante.

' Promesaoù', introduit par un accordéon enjoué, joue la carte musette à la mode tzigane, dommage d'être sagement assis , le morceau invite à la fantaisie et à la gambade.


 

vendredi 9 janvier 2026

Bonjour Minuit - Point Presse de janvier 2026

 Bonjour Minuit - Point Presse de janvier 2026

L'équipe  dirigeante  ( tronquée) de Bonjour Minuit  a réuni les échotiers locaux  afin de dévoiler la programmation du premier trimestre 2026.

Après s'être félicité du bilan positif de 2025,  le programme des concerts, résidences et actions culturelles est abordé.

Janvier débute par une production extérieure: les 9 et 10 janvier,  l’association Nower Fest organise un tremplin rap baptisé Nower School, la finale se déroule Place Nina Simone.

Le 16/01.Lila Ehjä et Split,, de la cold wave et du hardcore punk. ( tsunami en perspective)

Le 21/01 ( ! à 17h)  « Allo Cosmos », Marc de Blanchard et Fanny Paris, un spectacle pour jeune public.

Le 23/01 production extérieure:  BRETONS + JEAN-CHARLES GUICHEN!

et enfin, comme tous les ans,  une soirée,  Les Studios partent en live, elle aura lieu le 31 , au menu: Easy Living/GROÑJ( tu prononces grunge)/ Lukto.

 

Février 

Le premier jeudi du mois, Radio Activ’ se délocalise à Bonjour Minuit pour sa session live, le 05/02 il y aura Madelyn Ann.

Le 07/02 release party pour  Full Moon Little House, en support act: Amel Amar!

Le 14/02: Angine de Poitrine et Slobber ( pour fans de psychédélisme)

Le 19/02:  L'apéro musiciennes & techniciennes revient comme chaque trimestre.

Le 20/02,  en partenariat avec Seanapse, une electro night à partir de  20h30 .

Sont annoncés:Yasmin Regisford -  Kichta _ LENA b2b

Et pour finir en beauté: le 25/02 - Melody Echo’s Chamber 

Mars

 le 05/03: Radio Activ’ avec KEMP.

le 07:03:  Camion Bip Bip, Maddy Street et Nord//Noir ( pop tous azimuts) 

le 14/03 la légende du Rap: La Rumeur +  2L 

le 21/03:  techno Récif est de retour, en collaboration avec le collectif Symbiose avec Estella Boersma, le duo rennais Valise signé chez Astropolis et  encore les DJ PTASS et Just MC

le 27/03: bonjour la Chine:  Taiga et Run ! Rabbit Run ! 脱兔

 

En résidence: Alf & Orel

Actions culturelles

Lesneu/ SBRBS/   Alf et Orel  dans le cadre de sa mise en musique par Yurie Hu, Isabelle Nguyen et Hugo Le Fur/ Ben Le Chapus/ River of Bees... se produisent dans différentes écoles du canton.

 

 

 


mercredi 7 janvier 2026

Animal EP par Elly Hopkins

  Animal EP par Elly Hopkins

 alternative country - folk 

 Horus Music Limited

michel 

 Elly ( Eleanor)  Hopkins donne des cours de chant à Bristol.

 Irish-born, elle apprend le violon , chante des country et folk songs ,  voyage aux States pour ensuite s'installer à Bristol, où elle s'adonne au jazz ( on pointe des passages à Glastonbury, Boomtown et au  Royal Albert Hall).

Elle est appréciée comme  teacher.

Wayne?

 If you're looking for a singing instructor that makes you feel completely comfortable, look no further. Elly is a lovely, kind, gentle person who will selflessly guide you towards your musical goals.

En cette fin 2025, Elly  enregistre, enfin, son debut EP, qu'elle baptise 'Animal'. 

Tracklist

 1. Cecile. . 03:49 · 2. Animal.  02:45 · 3. Kintsugi. 03:51 · 4. Bets. 02:50 · 5. 'One man band'  . 03.01.

Credits:

 Elly Hopkins - vocals and guitar
Stuart Oliver - bass ( avec lequel elle jouait déjà en 2019)
Scott Hammond - drums ( connu pour se produire avec Jethro Tull) 
Produced by Connor Jones at Humm Studios 

 Picture. Photo: Hannah Lisa photography/  Design: Veronica Humphris

Démarrage  sur riffs de guitare hargneux avant l'apparition d'une batterie accentuée, puis vient la voix, bluesy à souhait, avec un grain proche de celui de Chrissie Hynde,  le midtempo poursuit sa route et captive l'auditeur. Une chorale féminine, aux accents soul,  ajoute un côté vintage à la ballade qu'un David Lynch aurait pu utiliser comme soundtrack.

Un début intense! 

Le titletrack ' Animal' confirme l'impression initiale, l'âpreté de la guitare, on imagine le glissando des doigts  à l'écoute,  les percussions sèches et la voix  éraillée, se hasardant à quelques acrobaties  périlleuses, vont effrayer les toutous..

Elly est imprévisible et indomptable,  comme un animal.

 Ne l'est-on pas tous?

...  Must I be reminded I am an animal? And I am fallible, like us all!

 Le kintsugi est une méthode japonaise de réparation des porcelaines ou céramiques brisées, au moyen de laque saupoudrée de poudre d'or.

Elly ?

... You picked it up, a broken pot, all cracks and edges... 

Tu tenais à utiliser tes petites mains pour  réparer.. 

Les métaphores pertinentes  de ' Kintsugi'  interpellent, le côté instrumental  grungy et  le vibrato dans la voix  vont te secouer davantage qu'une rafale de vent majeure  sur le littoral du Finistère! 

Euh,  les coeurs brisés sont-ils raccommodables?

Le dreamy 'Bets' et ses  jangly americana guitars, aux consonances REM ou The Byrds,   est chanté d'un timbre où les trémolos s'approchent du country twang  d'une Miranda Lambert ou de Kelly Clarkson.

Quelques nappes de  violons ajoutent une touche symphonique  à cette tendre ballade.  

L'exercice  se dénoue avec l'uptempo rythmé  'One man band' qui n'est pas une reprise de Miles Kane.

Une basse  qui rappelle vaguement ' Another one bites the dust' introduit la description de l'homme orchestre, Elly colle sa voix sur la ligne de basse puis vient un choeur féminin joyeux, la guitare rapplique, l'allégresse te gagne et tu te mets à chantonnes  sans inhibition  avec Elly et ses copines.

 

En résumé, Elly Hopkins dégage un sentiment de chaleur et de sincérité, que l'on ne retrouve pas forcément chez les petites starlettes, fades, mises en avant par la filière musicale d'aujourd'hui,  se fiant aux algorithmes  et à  l'intelligence artificielle.

 

 

 

 

 

 

lundi 5 janvier 2026

Swingin’ Easy aux Ptits Bouchons, Lanvollon, le 3 janvier 2026

 Swingin’ Easy aux Ptits Bouchons, Lanvollon, le 3 janvier 2026

michel

Avant la fermeture pour congés,  Les Ptits bouchons proposent un dernier concert, histoire de vider le stock de bouteilles de 2025 et d'accueillir dignement la très nombreuse ( et très bruyante) clientèle du bar qui cartonne à Lanvollon.

Ce soir  Swingin’Easy se produit en formule duo,  on a largué Louis Alléaume ( guitare semi-acoustique)  & Doris Bula ( voix) dans un coin, à eux de se débrouiller pour faire entendre leurs pop songs aux arrangements jazzy.

Le nom a-t-il été choisi pour rendre hommage à  Sarah Vaughan qui, en 1957, a enregistré un album baptisé  Swingin’ Easy, ce n'est ps impossible!

Doris et Louis viennent de s' installer  à Plouha,  ils voyagent ensemble depuis plus de cinq ans, leurs bagages  alourdis par un matériau jazzy.

Si ce soir Louis joue de la guitare, il est aussi trompettiste ( influence citée, Chet Baker, un peu moins le clairon militaire utilisé pour le réveil).  

Son bristol mentionne Claude Égéa, Stéphane Guillaume, Raphaël Imbert, André Charlier, Pierre Perchaud comme artistes qu'il a accompagnés.

Doris, make my day, se meut dans le milieu jazz depuis 2015, d'abord à Vannes, avant d'intégrer le département jazz du conservatoire de Saint - Brieuc ( un passage à la Passerelle), puis après un crochet par Tours, on  la voit suivre des cours au    Centre des Musiques Didier Lockwood.

Depuis, diplôme en poche,  elle s'ébat au sein de   Swingin’ Easy ( plusieurs combinaisons possibles, selon budget du programmateur) et de Memories ( voix, piano, trompette).

19h et des poussières, Swingin' Easy cherche à attirer l'attention d'une clientèle dissipée et entame son set par le gospel  'Hallelujah I Love Her So' de Ray Charles.

Pas de cuivres à l'horizon mais un traitement smooth jazz, marqué par un jeu de guitare tout en finesse  et une voix  mélodieuse.

Madame apprécie, c'est déjà ça, te souffle Souchon!

Première claque, une reprise heureuse, in a mellow tone,  de ' Jailer' de ASA, ornée d'un coulis de guitare sensible et chantée d'un filet de voix séduisant.

Après une version soft et en pointillé du classique d' Otis Redding '( Sittin'on )  the dock of the bay'  vient un autre standard soul  ' Just the two of us' ( Grover Washington et Bill Withers) que Louis décore d'une envolée lyrique.

Quand Mathieu Chedid ne se prend pas pour Jimi Hendrix et qu'il fait appel à son côté tendre, ça donne  'Ma bonne étoile'  et si la voix de Doris se rapproche de celle de Barbara Pravi, ce n'est pas un reproche! Comme elle laisse pas mal d'espace  à Louis, celui-ci en profite pour placer une digression stellaire..

Ils avouent un  faible pour Stevie Wonder et attaquent 'Master Blaster' , tout le Zimbabwe a applaudi.

Les Ricains boivent du café, Sting préfère le thé, il se sent comme E T à  New-York,  ' An Englishman in New-York' a droit à un scat jazzy sur fond de guitare scratchy, malheureusement, pas de bol, Branford Marsalis n'était pas disponible.

En 1954, le bluesman  Willie Dixon  écrit ' I just wanna make love to you' , en 1961 une sassy  Etta James,  en adaptant les lyrics, en fait un hit monumental.

Swingin' Easy peut se montrer punchy et lascif.

Doris s'éclipse ( ravitaillement liquide), Louis meuble en mode Wes Montgomery.

Au retour de l'Océanide le duo ébauche 'Dream a little dream of me'   , un smash hit pour les Mamas and Papas.

La voix modulable de Doris se prête à merveille à la ballade, le marchand de sable pointe le bout du nez, il est à peine 20h, it's too early, Mister Sandman!

Un grand moment d'émotion pour suivre avec le groovy  ' Valerie' d'Amy Winehouse   suivi par l'uptempo jazzy  au fond doo wop/ western swing   "I Wish I Could Shimmy Like My Sister Kate".

Madeleine Peyroux n'est pas la seule  à avoir inclus le titre à son répertoire.

Un Martini?

Yes!

Rouge, blanc,..

No,  pink et une Marlboro, please, pour interpréter 'Sympathique'.

Stevie Wonder, number two ' Part-time lover', attaqué sèchement par la guitare .

Aucune récrimination dans l'assistance, le répertoire est varié et omet les fautes de goût, un hic, les palabres tapageurs du voisinage.

Après Bruno Mars qui  converse avec la lune ( ' Talking to the moon') vient la troisième salve de celui qui a été Little Stevie Wonder  du temps ( béni) de ' I was made to love her' , ' Isn't she lovely' clôture le premier set.

Reprise avec ' Billy Jean' de Michael Jackson, version soft et jeu millimétré du guitariste, pour enchaîner sur  le fantastique ' Don't know why' de Norah Jones.

La boisson aidant, le vacarme s'accentue, à moins d'un mètre du duo, capter les lyrics devient une mission impossible.

Après coup, Louis t'indique qu'ils ont interprété  ' Don't Get Around Much Anymore' de Duke Ellington dont on recommande la version du crooner Nat King Cole, à écouter au coin du feu de bois.

Dusty Springfield, ' Son of a preacher man'  t'a toujours ému .

Plus étonnante sera la reprise de U2 ' Ordinary Love'  qui précède ' Why don't you do right' ( Peggy Lee), que Madame, féline,  confond avec 'Everybody wants to be a cat'.

Le savais-tu, en 1962 les Beatles ont gravé une version de ' Besame Mucho', le boléro de Consuelo Velazquez revêt , ce soir,  une confection soyeuse  douce aux oreilles et au coeur.

On avait promis deux heures de set, elles sont déjà écoulées, Swingin' Easy, pas avare, propose un dernier bijou ' Ain't no mountain high enough'.

 On a choisi une approche Jennifer Hudson, tout en sachant que l'original est signé Ashford and Simpson et que d'autres grands noms de la soul l'ont interprété : Diana Ross ou Marvin Gaye plus Tammi Terrell.

En combinant le ' Easy' des Commodores et  le swing d'une Lady Day, Doris et Louis  ont proposé un cocktail élégant et harmonieux  convenant aux oreilles les plus sourcilleuses!

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

vendredi 2 janvier 2026

Vicious Mind par The Birch

  Vicious Mind par The Birch

psych blues rock

label:  Tonzonen Records

 michel 

On ignore si  Gilles Bouleau est fan du groupe de  Quedlinburg ( dans le massif du Harz) The Birch, mais le nombre de followers de l'up-and-coming psychedelic power trio augmente à vue d'oeil chaque jour. 

The Birch naît dans les twenties, pas les roaring twenties de Louise Brooks, Man Ray, Scott Fitzgerald  ou  Helen Kane,  mais celles du 21è siècle.

 Les influences de Lucas Habenreich (Guitar+Vocals), Santiago Garcia (Bass) et  Volker Blath (Drums) ne sont pas à chercher chez Roland Kaiser, Peter Maffay, Nicole ou Matthias Reim, leur credo ce sont les  Doors, Taste, Blue Cheer, plus quelques stoner combos,  ou    Colour Haze et  Mindcrawler pour rester chez Frank-Walter Steinmeier.

Ils sortent un premier album ' Dazed Dreams' en 2023, le successeur   'Vicious Mind' n'a pas encore  deux mois.

 Tracklist:
1. 'Vicious Mind'
2. 'Till You're Gone'
3. 'Little Treat'
4. 'Trinity'
5. 'Downpour'
6. 'Roll'n'Rock'
7. 'Free Your Head'

 Lucas Habenreich - Guitar, Vocals
Santiago Garcia Echeverri - Bass
Volker Blath - Drums 

 key recordings and playing by Pablo Manresa

La pochette  est signée Florencia Prats, a visual artist from Berlin ( peut-être inspirée par 'Are you Experienced de Jimi Hendrix ou par 'Astral Weeks' de Van Morrison),  le cliché porte la griffe d' Enrico Kreim.

Si Elvis chantait les ' Suspicious minds', The Birch entame son récit par ' Vicious mind', 

Guitare qui griffe, rythmique balèze, style Tim Bogert/Carmine Appice époque Cactus, et chant éraillé, pour la dentelle de Dresde, tu  changes de magasin, ici ça secoue vache! 

Le truc t'évoque Doctor Downtrip, un psychedelic hard rock band belge   qui  a fait fureur dans les seventies.

C'est vicieux, constate un voisin qui a entendu le morceau au travers du mur en carton qui sépare nos habitations, non qualifiées de passives. 

Dans la même veine le midtempo bluesy 'Till you're gone'  se fonde sur un coulis de guitares corrompues, basse et batterie concoctent un fond lancinant, tandis que  Lucas d'une voix meurtrie chante ses peines de coeur.

Le solo de guitare perçant en plein milieu de morceau  est suivi par un grondement hypnotique révélant un orgue pudibond en arrière-plan.

L'orgue Hammond se pose en avant-plan sur ' Little Treat', un blues lent  et sombre sur lequel le solo de guitare va arracher quelques larmes aux âmes sensibles.

Le groupe se dit inspiré par le Krautrock/prog rock de Frumpy  , un band de Hambourg qui sévissait  dans les seventies ( prête une oreille au titre ' Duty' de 1971), ce n'est  pas une tare.

 Le Père, le Fils et le Saint-Esprit = 'Trinity' , la trinité chez The Birch est cosmique, hypnotique  et heavy, les riffs saccadés se succèdent, la reverb sur la voix et le solo reposant sur une rythmique infernale vaut son pesant de métal   aurifère, méfie-toi  des oiseaux de proie survolant le gisement!

Une grosse claque, suivie par le plus posé ' Downpour' introduit par une guitare sereine et   un bruissement ressemblant à une pluie matinale, d'ailleurs d'un timbre à la Jim Morrison, Lucas. répète ...when the rain comes... , précèdent une mosaïque  de cordes conférant un côté cinématographique à cette  plage. qu'on a envie de qualifier de psychédélisme baroque.

Tant qu'on y est on te propose de réécouter d'autres allemands pas idiots, mixant krautrock/psych rock et prog, les fabuleux  Amon Düül II!

Comme le titre le laisse supposer l'explosif  ' Roll'n Rock'  est là pour secouer salement la baraque, à la matière d'un Canned Heat quand ils abandonnent le boogie pour le rock pur jus.  

Un déferlement de guitares qui peut compter sur une basse pas molle et un jeu de batterie sauvage.

C'est d'ailleurs Volker qui amorce la dernière pièce ( la cowbell souffre) , l'électrique  'Free your head', un conseil qu'on compte suivre à la lettre en libérant nos pieds du même coup....boum, boum, boum sur le sol, au risque de se fêler un talon.

Faut pas croire que The Birch fait du recyclage, leur approche contemporaine  de l'héritage des sixties/seventies fait du bien aux oreilles et, comme on a décidé d'être sympa aujourd'hui, on te conseille les Bretons Moundrag, leur cocktail est tout aussi revigorant.

 

Merci qui? 

 


 

 

 

 

   

 

 

 

lundi 29 décembre 2025

The Land, the Sea, the Air (Volume I) par The Emerald Dawn

  The Land, the Sea, the Air (Volume I) par The Emerald Dawn

 Record Label: World's End Records

prog rock

michel

Oui, tu peux grimper à bord du  Emerald Dawn pour une croisière sur le Danube, le Rhin, la Moselle ou le Main.

Non, le navire n'est pas équipé d'une salle de concert, donc si c'est le rock symphonique qui t'intéresse, tu te rabats sur  The Emerald Dawn, une formation d' Edinbourg ayant mis le cap sur les Cornouailles, pas les Bretonnes, mais bien Cornwall , le comté qui a vu naître Mick Fleetwood le batteur ayant donné son nom à Fleetwood Mac.

Le groupe a vu le jour en 2010, à l'origine ils étaient deux, Tree Stewart et Ally Carter, plus tard le batteur de jazz, Tom Jackson, les rejoint .

Un premier album, 'Searching for the lost key' paraît en 2014.

On a lu une review se terminant par ces mots:  the music of the Emerald Dawn is a hybrid original , nothing overtly polished or over-produced, just fine music played with obvious passion and creativity.!

En 2015, le bassiste  Jayjay Quick est ajouté au line-up, on l'entend sur l'album ' Visions' de 2017.

Il ne se nomme pas quick pour rien, by bye Jayjay,  sur 'Nocturne',  David Greenaway tient la basse, il persévère et sa basse décore les trois galettes suivantes: 'To touch the sky', 'In Time' et le dernier né ' The Land, the Sea, the Air (Volume I)', le volume 2 doit paraître en 2026.

 

Tracklist:

 1. Dancing with the Spirit (5:50)


2. Under Changing Skies (16:50)
i. Floating Clouds
ii. Industry
iii. Flight
iv. The Reckoning


3. While Oceans Die (13:57)
i. At the Coast in Early Morning Light
ii. On the High Seas
iii. An Evening Storm
iv. Night Approaches


4. And We're Left Wondering Why (9:17)

 Musicians/Composers:

Tree Stewart: keyboards, flute, 12-string acoustic guitar, HandSonic, vocals
Ally Carter: guitar, soprano, alto and tenor saxophones, keyboards
Dave Greenaway: 6 string fretless and fretted basses, electric upright bass
Tom Jackson: drums 

 

Comme pour les albums précédents la pochette est signée  Tree Stewart, elle reflète parfaitement le titre de l'album et se rapproche de certains  travaux du collectif Hipgnosis. ou de Roger Dean.

 

Quatre plages, en commençant par  la plus concise ( près de six minutes, tout de même), l'instrumental ' Dancing with the Spirit'.

Un roulement de tambour  ouvre la gigue, les esprits malins, ou débonnaires, entament leurs circonvolutions, Tree pianote, les touches aux sonorités marimba donnent un cachet exotique à la plage ,puis vient  la basse de Dave qui  arrondit les angles, le morceau s'enflamme lorsque la guitare lâche des riffs drus.

On passe du jazz en fusion, façon Nucleus, au rock symphonique quand  un second clavier se pointe, après un mouvement plus serein, Ally Carter  sort un sax soprano de sa caisse,  les feux follets virevoltent accompagnés par  quelques cobras arrivés on ne sait d'où.

Le voyage se poursuit en mode plus heavy, avec une approche Sunshine of your love à la gratte, alors que Tom Jackson  se prend pour Ginger Baker.

Une entrée en matière qui n' a rien du hors-d'oeuvre léger! 

Prêt pour '  Under Changing Skies' , une suite de près de 17 minutes, faite de quatre mouvements.

'Floating coats' s'engendre sur un tapis velouté de synthé avant d'entendre une flûte céleste, aux effluves  orientales, s'élever dans les airs .

Tu contemplais les nuages, quand le nocturne new age  change de cap avec l'amorce d'un  lament gothique  psalmodié par Tree  ( est- ce le début de l'acte  'Industry'?) , la basse annonce un passage nettement plus  musclé , émaillé de stridences venant déchirer l'assise rythmique dense.

A titre de comparaison on avance certains morceaux plus rock de King Crimson. 

Retour au calme et aux résonances marimba (? 'Flight') , le soundscape majestueux oblique vers un nouveau fragment chanté  ( ? The Reckoning') ,  suivi par un orgue liturgique accompagné de coups sur les cymbales , le ton monte, la voix se fait passionnée, la guitare s'enflamme en prenant des  intonations Steve Hackett, avant de se diriger vers le bout de l'épopée sur fond de   synthé  atmosphérique  et de frappes sèches.

Comme le prédisait le titre,  les cieux étaient capricieux.  

La suite suivante, très environnementale,  '  While Oceans Die' se limite à 14 minutes et quatre sections.

Le synthé en loops nautiques  ouvre 'At the Coast in Early Morning Light', la mer est étale, le soleil pointe le bout du nez, un ou deux oiseaux marins se baignent sans crainte d'être dérangés par une colonie de baigneurs bruyants, soudain le sax gémit, Tree entame un  chant de sirène désespérée, ce qui fait réagir le saxophone qui tousse grassement, ensuite Ally délaisse l'instrument cher à Adolphe, ramasse sa guitare pour entamer un mouvement moins fluide (On the High Seas ?), Tom s'agite, la copine d'Ulysse reprend sa morne complainte  puis vient un mouvement wagnérien, chaotique ( An evening storm?) .

L'embarcation chavire, on appréhende le naufrage, ce n'est plus du Wagner, c'est le 'Shipwreck' de Rimsky -Korsakov.

T'es trempé jusqu'à la moelle, à genoux tu implores   Poséidon, qui  a entendu ta prière, les éléments s'assagissent ( Night Approaches) , sur nappé de synthé fluctuant, Tree reprend son chant ondulé avant d'entendre le saxophone, transformé en marchand de sable, signifier qu'il est l'heure de se coucher, Tom ponctuant la plage de quelques coups de maillets étouffés sur ses cymbales. 

 'And We're Left Wondering Why' est amorcé par Tree à la twelve - string acoustic guitar,  après quelques accords, elle débite son constat dénonçant une société  capitaliste, la basse de Dave l'accompagne en sourdine.

Ally sort de sa torpeur pour frôler le synthé,  c'est quand Tom se décide à frapper les éléments de la batterie que la plage gagne en intensité et en ferveur.

En vue du terme, Ally place un solo de sax rayonnant, tandis que Tree tapote le pad de percussion pour accoler une touche tribale ( digne  de Rebop Kwaku Baah chez Traffic) à la composition qui agonise sans qu'on sache vraiment pourquoi l'être humain s'amuse à détruire la planète.

 

The Emerald Dawn entame une tournée anglaise en mars, un passage sur le continent à Saint-Palais- sur-Mer ( le free festival Crescendo)  est prévu en août. 

Avis aux amateurs de  rock progressif, metal prog, rock psychédélique, space ou  medieval rock....

 

 

dimanche 28 décembre 2025

Armel Dupas Trio et Claire Nouet au Centre de Congrès de Saint-Quay-Portrieux le samedi 26 décembre 2025

 Armel Dupas Trio et Claire Nouet au Centre de Congrès de Saint-Quay-Portrieux le samedi 26 décembre 2025

michel

Comme toujours, le programme des animations de fin d’année à Saint-Quay-Portrieux est chargé et varié: des concerts, un marché, le traditionnel bain sur la plage du Casino, des films pour enfants de 3 à 99 ans, un spectacle pyrotechnique, la venue du Père Noël, du vin chaud, des pâtisseries  et un feu d'artifices.

Le 26 décembre, c'est  au Centre de congrès qu'il fallait être pour assister au «Christmas Jazz gig » avec le groupe Armel Dupas Trio et la chanteuse Claire Nouet, un show proposé par l’association Quand le jazz est là ( Jazz Ô château) et la mairie quinocéenne.

Après avoir goûté au vin chaud , c'est le rush vers la salle de concert, de courtes allocutions du Maire de Saint-Quay et de la dynamique  présidente  de Jazz Ô château ( un coin du voile de l'édition 2026 est levé, l'immense Shai Maestro sera à l'affiche du festival)  précèdent le concert de Noël.

Le pianiste et compositeur nantais   Armel Dupas peut afficher un beau bristol: des collaborations avec Henri Texier, Arnaud Desplechin, Sandra Nkaké, Catherine Ringer, des concerts et enregistrements avec Chloé Cailleton, des soundtracks, et une kyrielle de créations en tant que leader ou co-leader.

Depuis 2021 il se produit au sein du  Armel Dupas Trio qui a gravé cinq albums, deux recueils ont vu le jour en 2025: 'Standards Vol. 1' et 'Everyday Superheroes', ce soir le répertoire est surtout basé sur 'Let it snow, let it swing'.

Si en 2017, un Armel Dupas Trio existait déjà et se composait d'  Armel Dupas, Mathieu Penot et Kenny Ruby, en 2021, ce sont Jules Billé ( contrebasse) et Christophe Piot ( batterie)  qui accompagnent le pianiste.

Ce soir Armel  a invité la chanteuse  Claire Nouet ( Da Carmine)  à se joindre au trio, pour se faire il a été obligé de réarranger les morceaux afin de laisser de l'espace à l'excellente  chanteuse compositrice du pays de la Loire ( Tennie). 

En prélude au concert, l'éloquent Armel Dupas nous prévient que ce soir il ne faut pas s'attendre à du free jazz, le programme est catalogué 'Easy Listening' ( ce qui ne signifie pas que tu subiras de la muzak de grande surface).

En 1957, le chanteur country Bobby Helms enregistre ' Jingle Bell Rock', en guise d'échauffement le trio nous propose une version instrumentale frivole.

Il n'aura pas fallu plus de quatre minutes pour se rendre compte que la soirée sera fascinante, ces gens sont loin d'être empotés.

Une porte s'ouvre,  Claire Nouet, vêtue d'une élégante robe noire s'avance et agrippe le micro, Armel toujours aussi loquace nous révèle la genèse du standard , extrait du Great American Songbook'  'Have Yourself a Merry Little Christmas' de  Hugh Martin et  Ralph Blane, un immense succès pour Judy Garland, Frank Sinatra ou tout récemment Azealia Banks.

La voix claire et limpide de Mademoiselle Nouet a ravi ton épouse et la salle entière,  la séquence scat était du meilleur effet.

1934,  il y avait encore de la neige en Pennsylvanie  à l'époque, peu de gens se souviennent de  ' Winter Wonderland'  par Richard Himber and his Orchestra, mais les mamies s'extasient  devant les versions de Bing Crosby, Perry Como, Elvis Presley  ou Tony  Bennett.

Le phrasé impeccable de Claire rend justice à cet immortel hivernal. 

Toujours en 1934,  "Santa Claus Is Comin' to Town" became a smash  hit.

Le trio a décidé de donner une couleur New-Orleans au foxtrot original, ce qui a permis à Christophe Piot, qui n'a jamais gardé les filets du Standard de Liège, de montrer toute l'étendue de son talent.

Après son introduction ébouriffante, Claire saute dans le wagon, bientôt suivie par la contrebasse et le piano,  la luge du Père Noël glisse à une vitesse TGV, les rennes sont dopés, les cadeaux tombent de la cheminée.

En 1818, à Oberndorf, près de  Salzbourg  , l'orgue de la chapelle déconne, tant pis on s'en passera, et l'organiste  Conrad Franz Xaver Gruber met en musique un poème écrit par  le prêtre Josef  Mohr,  le duo ignorait que 'Stille Nacht, heilige Nacht' allait faire le tour du monde et être traduit en 968 langues.

Du coup on a droit à un titre trilingue ' Stille Nacht/ Silent Night,/Douce Nuit' et on a eu des étoiles plein les yeux et le coeur. 

Tu dis, Céline?

Oui, c'était mieux que la soupe de Richard Clayderman ou que celle d'André Rieu. 

Toujours du côté germanique où les  fröhliche Weihnachten s'entendent partout, voici ' O Tannenbaum' devenu ' Mon beau sapin' chez Tino Rossi.

En mode swing syncopé , c'est moins ringard, et quand les baguettes et balais de Christophe s'animent, ça frise le Lindy Hop.

Non on ne jouera pas du Mariah Carey , mais vous aurez néanmoins droit à un titre moins poussiéreux, ' Last Christmas' de Wham a failli te faire pleurer,  d'abord en pensant à George Michael et puis par l'interprétation brillante de Claire Nouet, magnifiquement soutenue par le trio.

Une infidélité aux Christmas carols pour suivre , Claire au repos, le trio propose deux de ses compositions, d'abord ' Chocolate cake' , une mignardise qu'on doit à Christophe Piot.

Ce superbe rondo en forme de cumbia colombienne est suivi  par ' The West Coasters' qui mixe cool jazz,  be bop et  swing.

Dave Brubeck, Shelly Manne et   Red Mitchell ont ouvert de grands yeux.

On replonge dans la piscine de Santa Claus  et on assiste au retour de la chanteuse avec ' The Christmas song' de Mel Torme, qui reçoit un traitement cha cha cha/calypso.

Tous les marrons, grillés au feu de bois ont été engloutis, on passe au ' White Christmas' d'Irving Berlin, précédé d'un savoureux historique consacré au compositeur d'origine russe, devenu américain en 1918.

Si Irving Berlin a composé le titre en Californie, dans ses souvenirs, le Noël blanc le renvoie vers sa Russie natale.

La version bilingue proposée ce soir a ému toute l'assistance.

Le standard de 1946 'Sleigh ride '   reçoit une approche George Shearing, décorée d'un scat Diana Krall sur piano expressif et petit coup d'archet rusé.

Jule Styne est connu à Broadway, il a composé la musique de 'Let It Snow! Let It Snow! Let It Snow!' que tu connais forcément par le séducteur Dean Martin.

Non, le titre n'a pas inspiré Adamo pour ' Tombe la neige'.

Pour clôturer le set, le groupe a choisi 'Jingle bells' , le titre original étant  "The One Horse Open Sleigh".

Si le morceau est associé à Noël, à l'origine c'était une chanson à boire .

Un jour on ira demander à Dalida comment la rengaine est devenue ' Vive le vent' en français.

Public debout après les dernières notes, un triomphe mille fois mérité  et un bis réclamé par de nombreuses voix.

 Raymond Vincy et Henri Martinet composent 'Petit Papa Noël' en 1944, la chanson est censurée par les Nazis  et remodelée en 1946 pour devenir le single le plus vendu en France ( c'était avant Aya Nakamura).

Le trio et Claire ont eu l'excellente idée d'assaisonner la comptine d'une sauce relevée qui a enflammé la salle.

Après s'être plié à l'exercice des autographes, les musiciens ont repris la route pour aller chanter Noël sous d'autres cieux. 

Un regret?

Oui, il manquait ' Rocking around the Christmas tree' de Brenda Lee!