jeudi 30 avril 2026

Jazz ô Château - Dominique Carré Trio - Kasino de Saint-Quay-Portrieux, le 29 avril 2026

 Jazz ô Château - Dominique Carré Trio - Kasino de Saint-Quay-Portrieux, le 29 avril 2026

michel

Les 27 et 28 avril étaient consacrés au cinéma, le 29, les concerts reprennent.

Rendez-vous au Kasino de Saint-Quay pour du jazz manouche avec le  Dominique Carré Trio.

Le Casino affiche complet, les retardataires se transformant en souris pour s'installer dans un trou. 

 

Après une courte introduction de la présidente de l'association,  Sylvie Guillemy, la triade prend place: Dédé Julien Pinel , qui reste debout, à la contrebasse, Morgan Bonnot, un vague descendant de Jules, à la  guitare ( rythmique) et le chef, Dominique Carré à la lead.

Ce soir c'est la fête à  Jean Reinhardt, plus connu sous le nom de Django Reinhardt.

Dominique Carré a créé son swing trio en 1996, la formule a évolué en quintette, mais ce guitariste autodidacte hors-pair a aussi accompagné quelques noms illustres:  Tchavolo Schmitt, Rocky Gresset, Bertrand Pierre ( Pow Wow, Enzo Enzo), ou Marie Kiss La Joue.

 Le nom de Dédé Julien Pinel est cité aux côtés de Louis Boudot, Gwenn Cahue,  chez Bretelle et Garance, et Marion Thomas etc..

 Morgan Bonnot, de Saint-Brieuc, brille chez Château Lapompe, chez le Hot Bidule Club,  aux côtés de Sébastien Kauffmann pour n'en citer que trois.

On connaît la formule: la lead qui file, la pompe qui suit et la contrebasse qui se décarcasse!

Feu, ' I'm confessin that I love you' , un classique issu du Great American Songbook, au répertoire de Django,  ouvre le bal .

Dominique Carré joue finement rond, les acolytes font le boulot irréprochablement, et quand le quadrilatère passe à la rythmique, c'est Morgan qui pilonne. 

Les clients savourent, Honoré, pris d'une soudaine inspiration, vient d'empoigner une air guitar , un cadeau du Père Noël, et mime les accords du virtuose .

Marguerite ( 63 piges) , sa compagne, au rouge à lèvres fluo sensuel, sourit.

'Honeysuckle rose' de Fats Waller est devenu un pilier du jazz manouche.

La rose, sans épines, soulève l'enthousiasme dans la salle, car ça mitraille pas mou, d'ailleurs Dominique tout à son jeu acrobatique en perd ses lunettes. 

Palabres portant sur le choix de la suivante, entamée dans les tonalités graves .

Dominique se paye une intervention lyrique tout en finesse, le moteur tourne bien rond, on nous informe qu'il s'agissait d'une composition be bop  de Charlie Parker. 

Dominique attribue 'Poinciana' à Ahmad Jamal  , mais la musique trouve son origine dans le folklore cubain.

Et si tu veux une version chantée, tu as le choix, Nat King Cole, Johnny Mathis ou Diane  Schuur.

La ballade 'Anouman est un des derniers titres enregistrés par Django Reinhardt , le trio enchaîne sur un titre non mentionné, ni reconnu, nettement plus fébrile.

Les doigts de la main gauche frétillent et pincent les cordes à une vitesse de pointe frôlant le retrait de permis, le talon gauche bat la mesure, bizarrement la pompe a opté pour le talon droit,  quant à Julien, il reste stoïque tout en  faisant vibrer les cordes de la contrebasse.

Dominique nous signale que le swing manouche n'est pas mort avec Django ou Grappelli, il cite Biréli Lagrène  et reprend l'odorant  ' Mimosa' .

Tu demandes à un novice de citer un titre du gars de Liberchies, il dira ' Nuages' , ce classique convient parfaitement à la météo du pays.

Le foxtrot  'Puttin' On the Ritz' est désormais repris par tous les gitans, par contre, la romance/valse  hongroise ' La route des acacias' est moins connue.

Un archet magyar a fait pleurer la contrebasse et aussi Marguerite qui en soupirant a murmuré: c'est beau! 

Elle n'a pas remarqué que le guitar pick du maestro s'est barré dans les airs.

Normal, indique le croupier, on est au casino,  impair, rouge, passe ou manque, rien ne va plus!

Voilà, les jeux sont faits, merci de votre présence!

Salutations, applaudissements et le bis obligatoire.

Quand tu joues du Django, ' Minor Swing ' ne peut manquer à la playlist.

 Dédé Julien Pinel en a profité pour étaler tout son talent à la contrebasse, ensuite, le trio a quitté l'estrade.

 

On a soupiré et repris une bière avant de rejoindre madame! 

 

 

 

 

 

 

 

mardi 28 avril 2026

Jazz ô Château - JazÔroz, Bistrot de la Marine, Saint-Quay-Portrieux, le 26 avril 2026

 Jazz ô Château - JazÔroz, Bistrot de la Marine, Saint-Quay-Portrieux, le 26 avril 2026

michel

Les portes de la  Chapelle Sainte-Anne se referment, les paroissiens se rendent vers le port en quête d'autres notes bleues,   JazÔroz, est attendu vers 18h face à la terrasse du Bistrot de la Marine, récemment repris par Charlotte et Khalid.

 JazÔroz aime les fleurs, le soleil, les rires, et les standards de jazz, dit la pub!

A la lecture du line-up, tu sourcilles, t'as au moins vu la moitié des protagonistes dans d'autres formations du coin.

Sont annoncés:   Contrebasse: Jacqueline Maes/  Piano: Karine Le Breton /Batterie: Erwan Ribouchon/ Trompette incurvée : Marc Rosenfeld / Sax alto: Hélène  Goaziou et en invité: Thierry Lambert au sax baryton ou clarinette.

Il arrive à  Jacqueline Maes  de jouer du piano, tu l'as vue accompagner la Maîtrise de Saint-Brieuc en 2016, Erwan Ribouchon, le mathématicien des fûts,  joue de manière géométrique, t'as croisé  Marc Rosenfeld, l'abonné des concerts répertoriés jazz ô château , chez Lalilou Quartet ou au sein du Hurluberlu Quartet  et  de Couleur Jazz, tout comme Hélène Goaziou, et Thierry Lambert s'ébat dans  la Fanfar'ô Pruneaux.

Pas d'andouillette au menu  mais des standards incontournables, permettant aux protagonistes de  laisser libre court à leur talent d'improvisateurs.

Il est 18:10, les trois dames et les trois éléments masculins optent pour  'Night and Day' pour ouvrir les débats, Ginger Rogers et  Fred Astaire n'étaient pas libres pour inaugurer la piste de danse, deux goélands les ont remplacés.

Amorce veloutée, avant d'entendre le baryton batifoler, bien soutenu par une rythmique aussi éloquente de jour que de nuit, , la trompette prend le relais puis vient l'alto, tout aussi fleuri.

Tous les toutous, sagement assis aux pieds de leurs maîtres, écoutent d'une oreille distraite sans tressaillir.

'Blue  Bossa' de Kenny Dorham  convient parfaitement à une météo invitant au farniente.

Puis vient la ballade ' On green dolphin street'   pour tous ceux qui aiment les fonds marins, Claude Dauphin et Miles Davis.

Une légère brise marine irise les flots, les cuivres, espiègles,  s'agenouillent puis viennent faire  l'aubade près des clients attablés, avant d'essayer de séduire un mioche apeuré.

Comme Marc  Rosenfeld utilise le même instrument que Dizzy Gillespie, le sextet propose le plus vif '  Birks' Works' 

Be bop sans lula et énorme labeur d'Erwan Ribouchon, pas originaire de Champagne.

Thierry troque le baryton contre une clarinette et ' Summertime' nous rappelle que même Lana Del Rey s'est attaquée avec bonheur au classique de Gershwin.

La suivante est dédiée à Christian Alexandre décédé en 2025, était- ce ' You don't know what love is', la question est ouverte!

''I'll close my eyes' a connu de nombreux interprètes, on conseille Blue Mitchell, le sextet a décidé de le jouer en mode marching band, histoire de flatter la galerie.

Rien à dire, ces gens connaissent le job, s'amusent et amusent.

La pianiste: on fait ' Cantaloupe Island'?

Pas de réaction négative. 

 Herbie Hancock ne s'est pas hérissé, c'était groovy à souhait.

On vous balance ' Stolen Moments' ( Oliver Nelson) avant la pause et on revient dans cinq, euh quinze minutes, on vous promet des surprises!

Le GSM vibre, eh, on est attendu chez les voisins, rapplique ou je divorce!

T'as hésité deux secondes, t'as répondu, j'arrive, décommande l'avocat! 

   

 

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lundi 27 avril 2026

Jazz ô Château - Sofly à la Chapelle Sainte-Anne, Saint-Quay-Portrieux, le 26 avril 2026

 Jazz ô Château - Sofly à la Chapelle Sainte-Anne, Saint-Quay-Portrieux, le 26 avril 2026

michel

Il est de retour le  Festival Jazz Ô Château , en route pour l' édition onze ( douze si on retient l'événement tronqué pendant l'épisode Covid , baptisé Jazz ô Châtaignes).

Après un hors-d'oeuvre à Saint-Brieuc et le concert inaugural de 'Ndiaz à la salle de l'Escale à Tréveneuc, c'est vers Saint-Quay-Portrieux qu'il fallait  s'acheminer pour deux shows gratuits: à 15h,  Sofly à la Chapelle Sainte-Anne et à 18h, sur le port,  JazÔroz au Bistrot de la Marine.

L'édifice baroque voit le jour en 1770 et fait la fierté des habitants du Portrieux, car la chapelle a été en partie financée par les dons de pêcheurs de morue de la station.

S'il accueille des concerts tout au long de l'année , les habitués y entendent plutôt du Bach, du  Rameau, du Vivaldi ou des chants grégoriens  et un peu moins de jazz, le rap et la techno  étant proscrits.

Météo estivale en ce dimanche du Bon Pasteur, un nombreux  public a afflué pour le concert de Sofly.

Précision, ne pas confondre Sofly, alias Sophie Viéron, artiste lyrique, chanteuse de jazz, professeur de musique, violoniste , licenciée en musicologie et Soulfly, de la bande à Max Cavalera,  qui s'ébat dans un autre univers, un peu  moins volatile.

Si en principe Sofly  se conjugue à deux: Sophie Viéron, voix et Véronique Rohr -Agostino, piano, aujourd'hui Véronique a invité son mari, Didier Agostino à les rejoindre à la contrebasse.

A la carte: des standards jazz, de la bossa nova, des titres pop passés à la moulinette easy listening et une pincée de lyrique, le tout servi sans sauce grasse, et sans gluten.

Sophie travaille sans micro, sa voix est profonde et convient à l'austérité du lieu, par contre le taux de fantaisie est plus faible que la teneur en cacao du chocolat de fabrication industrielle,.

Didier caresse ses cordes d'un archet, un piano minimaliste le seconde et Sophie entame  'Black Is The Color Of My True Love's Hair', popularisé par Nina Simone et repris par Camélia Jordana.

La  traditional folk   song prend des allures de chant sacré, quoi de plus naturel dans un édifice religieux habitué aux choeurs gospels.

' Summertime' reçoit le même traitement liturgique, la voix est grave et juste, l'accompagnement sobre.

De Frank Sinatra à  Billie Holiday  en passant par Tom Jones, Sammy Davis Jr ou Dionne Warwick, ils sont nombreux à avoir repris la romance ' I'm a fool to want you'.   

Virage swing avec Nina Simone et ' Feeling good' , le piano sautille,  les oiseaux pépient... jusque là tout va bien, mais soudain ta voisine bat l'air des mains pour chasser une mouche mélomane qui voltige près de son visage fardé.

Zobi en s'approchant d'un cierge  s'est brulé les ailes, le calme est revenu.

 ' My Funny Valentine' est moins drôle quand ce n'est pas Chet Baker qui roucoule, Sofly se défend pas mal, mais  l'excès d'emphase dessert le rendu.

Le public, admiratif, apprécie et applaudit sans retenue, sauf Gaspard qui sur la rangée derrière toi émet des rrrrh rrrrrh déconcertants.

Le brave homme ronfle, Marguerite, sa conjugale, le secoue, lui refile un coup de coude, rien à faire, la sieste c'est sacré.

Les applaudissements l'ont  tiré de son hébétude.

Pour le maintenir éveillé, la troupe décide de changer de  cap et passe à la soul avec 'You make me feel like a natural woman' d'Aretha Franklin..

Ce virage rhythm'n'blues a beacoup plu à la Sainte Vierge qui a bercé l'enfant Jésus en mesure.

Passer d'Aretha à Amy n'est pas illogique, on a droit à une suite , ' Wake up alone' et ' Back to black', pas de bol les ronflements ont repris, dommage le rendu est irréprochable.

Un soupir, une gorgé d'eau, on revient au jazz avec  Duke Ellington et ' It don't mean a thing', le tempo enlevé doit beaucoup à la vivacité de la pianiste., tandis que la voix cabriole.

'  Killing me softly with his song' de la merveilleuse Roberta Flack démarre par un murmure, t'as failli brutaliser Gaspard, l'usine à ronflements, qui a repris son activité  funeste, finalement t'as offert le manuel comment se débarrasser d'un ronfleur à sa compagne, qu'elle fasse le boulot!

Sting devient a  jazz icon avec ' An Englishman in New-York' , jusqu'ici personne n'a essayé avec  'La chenille' de La Bande à Basile.

Exit la veste, c'est épaules dénudées  que Sofly attaque un tango, forcément sensuel et dramatique , d'Astor Piazzolla  avant d'asséner le  boléro libidineux  '  Quizás, Quizás, Quizás'.

Qui se souvient de  Caterina Valente?

Un petit tour à Rio de Janeiro pour ' The girl from Ipanema' en Portugues ( 'Garota de Ipanema'). Antônio Carlos Jobim interprété par Astrud Gilberto, la classe!

Caca, Gaspard, toujours au plumard, rejoue à la scie!

Une seconde bossa nova ( Chega de Saudade)  berce les doux rêves du dormeur!

Oui, on peut chanter en français, ' Jardin d'hiver' est devenu un must pour toutes les chanteuses de jazz.

Jusqu'ici on a été assez frivoles, avec ' Strange Fruit'  ( Billie Holiday), sans la contrebasse, on aborde un sujet plus grave. 

Ensuite pour mettre en évidence le bagage lyrique, on propose  'La chanson de l'alouette' qui n'a pas été composée par Gilles Dreu  mais par Emmanuel Chabrier, avant de terminer le récital par la ballade ' Misty' d' Erroll Garner et magnifiée par Nat King Cole.

Ite missa est! 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

samedi 25 avril 2026

Cheval Jospin, sortie de résidence du Grrrl + Camp, Bonjour Minuit, Saint- Brieuc, le 24 avril 2026

 Cheval Jospin, sortie de résidence du Grrrl + Camp, Bonjour Minuit, Saint- Brieuc, le 24 avril 2026

michel

En 2022, Bonjour Minuit lance  le Supergroupe : Grrrl Camp,  un dispositif visant à accompagner des musiciennes des Côtes d’Armor pour contrecarrer un constat implacable, la scène musicale  manque cruellement de femmes.

On oublie....  Macho, macho man I gotta be a macho man Macho macho man I gotta be a macho...

En 2026, le projet est toujours d'actualité, quatre musiciennes ont donc squatté les studios de Bonjour Minuit pendant  quelques semaines pour créer un groupe éphémère.

Le fruit de ce travail se concrétise ce vendredi 24 avril  par un concert, gratuit, dans la grande salle du complexe briochin.

 

Le public a répondu présent et les quatre filles sélectionnées: Justine Morvan, Elisa Grenet, Elsa Carolan  et Cléo Noa ont donné leur tout premier concert sous l'appellation Cheval Jospin, devant une assemblée attentive et au final  enthousiaste.

Oui?

Cheval Jospin, bizarre, non?

Pas plus que le Facteur Cheval  qui a fabriqué le Palais Idéal.

Oui, mais lui se nommait vraiment Cheval et Lionel n'était ni  jockey, ni turfiste, sur l'île de Ré, il s'adonnait, comme Yves Montand,, à la bicyclette. 

Merci, Paulette! 

A gauche pour nous , Elsa Carolan (voix,  guitare, bouzouki, harmonium indien), pas une inconnue , les places centrales sont occupées par  Justine Morvan ( guitare, basse, trombone, voix), une jeune personne qui  a plusieurs cordes à son arc :  actrice, réalisatrice et musicienne ( Dérives, Silène....) et Cléo Noa/Hénonin ( voix, guitare, basse)  , technicienne son et chanteuse  ( plusieurs titres sont audibles sur bandcamp), à droite, Elisa Grenet ( batterie, backings ) , technicienne son , podcasteuse.

En 10 jours, ces demoiselles ont composé cinq titres et vont nous étonner par leur savoir-faire.

Qui ignore la genèse du projet,  ne va pas te croire si tu lui dis qu'il y a cinq semaines elles ne se connaissaient pas, tant l'alchimie était parfaite!

Tout commence par un battements de huit mains, puis Elsa entame des vocalises  rayonnantes, la basse se met en mouvement, Elisa frôle le drumpad, puis c'est Justine qui se colle au chant avant de soupirer dans son trombone, ' Vacarme'  est ébauché sans que l'on puisse parler de tapage inconsidéré.

Une basse galopante, un trombone qui gronde, une guitare à fleur de peau et un jeu de batterie précis et trois voix en alternance, avant un final, similaire à l'amorce, en battements de mains.

Un seul titre et déjà la salle adhère, cet equus caballus alezan, au port de tête altier,  est de la race   des  cracks, déjà un assidu des hippodromes le compare à Ourasi. 

Justine a saisi une guitare, Elsa a ramassé le bouzouki, trois voix entament ' Feu' , un titre embrasé au refrain vite mémorisé... ça va passe, ça va passer..., après un bridge étincelant et le retour du thème, le public applaudit à tout rompre.

Oui, Laurence, ces filles  assurent, même plus que ça , elles impressionnent.

Une guitare limpide entreprend ' Et nos voix,' Elsa a pris place derrière l'harmonium, du coup des flashes de Sandy Denny traversent ton cerveau.

Cléo relaye Justine aux lead vocals et cet alt folk lumineux poursuit son chemin sous un ciel menaçant , sans que l'orage n'éclate.

Jospin poursuit son aubade et entame la mélopée  ' A leurs côtés' , vocalises et effets de voix gothiques précèdent l'arrivée d'une basse qui cabriole à la manière d'un bronco sauvage, un virage groovy doit nous aider à évacuer, à brûler,  les idées noires.

Jacques, batteur à ses heures, n'a d'yeux que pour Elisa, ... elle se défend drôlement, cette fille... Pas une âme pour le contredire, on est tous d'accord, Cheval Jospin dégage un potentiel énorme.

Il est des groupes, qui après des années d'existence, n'arrivent pas aux mollets de ces  jeunes dames.

Switch, Justine reçoit la basse et Cléo Noa manie la guitare en mode saturé , Elsa a retrouvé le bouzouki,  pour ' Fauve' le dernier titre de ce showcase étonnant .

Ce morceau animiste éveille en toi des  souvenirs de Jean-Louis Murat.

La guitare s'avance, puis la basse et le bouzouki,  Saint-Brieuc retient son souffle car le final s'annonce nerveux.

Au terme du titre, toute la salle manifeste son enthousiasme en sachant que ce groupe est à l'aube d'une carrière prometteuse.

Les prochains concerts sont prévus à   La Carène, l’Echonova et à  La Nouvelle Vague, en espérant que  des programmateurs avisés  les signent pour les festivals d'été.

 

 

 

  

vendredi 24 avril 2026

Iris Copperman EP 'Middle School Dropout'

 Iris Copperman EP  'Middle School Dropout'

michel

 Interscope Records.

 singer-songwriter

Que fais-tu lorsque ton dad se nomme  Ross Copperman,   chanteur, auteur-compositeur, Grammy nominated record producer , multipliant les number 1 hits pour différents artistes country, ben c'est simple tu te lances dans la chanson, c'est ce qu'a fait la petite Iris, qui a composé ses premières comptines à l'âge de 5 ans, elle fréquentait encore le jardin d'enfants.

En 2024, aidée par papa, elle enregistre  l'innocent ' Just Kids' , aujourd'hui, à 14 ans, la gamine  a déjà enregistré plusieurs singles et deux EP's, le dernier 'Middle School Drop Out' est tout frais, il tourne en boucle sur les stations de radio autour de Nashville.

Les organisateurs de concert du Tennessee, écrivent, pour annoncer ses performances:  At just 14, Nashville’s Iris Copperman turns the pain of middle school into poetry. Her new EP Middle School Dropout is a six-song journey of resilience, empathy, and self-discovery — raw, honest, and unforgettable. 

On compte glisser la rondelle dans le lecteur et analyser.

Tu dis?

 Vanessa Paradis avait 14 ans  lors de la sortie de Joe le Taxi, d'accord , mais ce sont Étienne Roda-Gil et Franck Langolff qui ont composé le titre, Iris, toujours supervisée par papa Ross  compose et écrit les paroles.

 Track Listing – Middle School Dropout
1. Struggle Bus
2. Bully
3. Awkward
4. Middle School Dropout
5. Roses
6. Kinder

Credits:

 Iris Copperman, voice, backings

 Ross Copperman: guitar, piano, synth, bass, programming, drums,  voice

Darren King: drums

 Jenavieve Varga: strings

Compositions -  Iris Copperman/ Ross Copperman/ Annie Schindel

La photo de pochette nous montre la jeune fille à la fenêtre d'un établissement scolaire, par laquelle  elle semble avoir  balancé ses cours, les feuillets voltigent dans les airs, ils  iront tapisser le gazon au grand dam des écolos du coin, le décrochage scolaire n'autorise pas tout!

' Struggle bus'  , elle explique... Struggle Bus is about all of the different versions of yourself that you may encounter throughout life... 

Elle se souvient qu'à l'école les autres élèves n'étaient pas toujours tendres avec elle.

Elle rentrait souvent en pleurs à la maison, avec le recul elle a fini par accepter tout ça.

Iris nous chante ses ennuis dans le bus scolaire  d'un timbre clair et touchant, sur fond de piano velouté avant l'entrée en piste de la guitare, de la basse, du synthé  et des drums. 

C'est mignon  tout plein et même si ton univers c'est davantage le hardcore ou le thrash metal tu vas craquer devant tant de   fraîcheur.

Si certains tiennent à la comparer aux débuts d'Avril Lavigne, il faut remarquer que la Canadienne  était âgée de 17 ans à l'époque de ' Complicated' , Iris n'a que 14 ans.

'Bully'  a été co-écrit avec  Shane McAnally .

 Iris  n'est pas  la première à évoquer le  bullying à l'école ou en ligne , Cat Power  a traité le sujet dans 'Nothing but time' , Billy Talent dans 'Nothing to Lose' relate la triste histoire d'une jeune fille poussée au suicide après avoir été harcelée à l'école, 'Jeremy' de Pearl Jam aborde aussi la violence à l'école.

Un piano torrentueux ouvre la plage, Iris suit le rythme, puis  un bridge plus calme ouvre la voie à un nouveau mouvement nerveux,   les cordes de  Jenavieve Varga amplifient la tension pour dispenser  un effet cinématographique à ce morceau vibrant.

Iris n'a pas besoin d'un passage chez le psy, elle parvient avec humour à pratiquer l'auto-analyse dans ' Awkward'  ( co-écrit avec Lydia Sutherland).

L'accompagnement folk pop soigné ( papa s'y connait)   colle parfaitement  au storytelling introspectif  nuancé et au chant plaisant  d'une  demoiselle qui possède l'art de transformer une expérience personnelle  fâcheuse en sentiment universel.

'  Middle School Dropout'  histoire vraie, elle a décroché de l'école pour se lancer dans la musique, tout en poursuivant des études à domicile .

Sincérité et une étonnante maturité caractérisent le parcours de la jeune fille, musicalement,  une nouvelle fois, ce quatrième titre, donnant son nom au disque, navigue dans un bain  folk pop  évaporé et catchy ( à noter  les backings aériens ), la rapprochant de Taylor Swift ou de Gracie Abrams.

'Roses', en mode piano pop élégant , aborde le sujet d'  une relation toxique.

 Iris utilise des métaphores poétiques  ..I cried so much and made a garden ...  I'll be growing roses for life ... pour  se délivrer du   traumatisme amoureux ( oui, c'est imaginable à 14 ans).  

Avant de plier bagages on écoute ' Kinder'  et on te propose de suivre son conseil bienveillant :  remember to always be kind to others & especially yourself!

Donc, si le chien de ton voisin  vient saloper ton jardin en étalant des étrons à droite et à gauche, tu ne t'énerves pas et tu lui offres une praline ( un chocolat en France), pas au chien,  périmée depuis trois ans.

Iris, c'est de la douceur tout plein, affabilité et courtoisie caractérisent son caractère.

Elle tend une main obligeante à tous ceux qui lui ont fait du mal,  ...Si quelqu'un te frappe sur la joue droite, tends-lui aussi l'autre !... (Evangile selon  Saint-Matthieu).

 

Blague à part, Iris Copperman est sur la bonne voie   pour devenir une étoile!

 

 

 


 

  

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

mardi 21 avril 2026

EP - Is This All There Is? par Anna Calvi

 EP -  Is This All There Is? par Anna Calvi 

michel

 Domino Recording 

 Alternative Rock, Indie Rock

Anna Calvi, le nom ne sonne pas vraiment londonien, mais la dame n'est pas d'origine corse, son papa est italien, ce qui explique peut-être son éclectisme musical, elle dit aimer aussi bien Maria Callas, que  les Stones, Jimi Hendrix, Debussy  ou Captain Beefheart.

Sa vocation artistique prend naissance dès son plus jeune âge, des séjours prolongés en milieu hospitalier dès l'âge de trois ans pour  une malformation des hanches, l'amène à se jeter sur des activités telles que le dessin, la peinture ( elle dit apprécier Chagall, Matisse  ou  Peter Doig).

Elle a appris à jouer de la guitare et du violon, par contre le chant n'était pas une priorité.

2006, c'est au sein du groupe Cheap Hotel, qu' Anna tâte de la scène, à la même époque elle enregistre des chansons dans le grenier de ses parents, plus tard ces 'Attic Sessions' font fureur sur YouTube.

Elle est repérée par Brian Eno   et tourne sous son nom en support, e a, de Interpol ou des Arctic Monkeys.

Nick Cave à l'époque de Grinderman l'invite pour sa tournée européenne, il est vrai que sa reprise de  'Jezebel' frappe les imaginations.

Tu rates son concert au Botanique en  2011, tu la verras en 2014 à l'Ancienne Belgique, un concert mémorable.

Du point de vue discographique on ne peut pas dire qu'  Anna Margaret Michelle Calvi soit prolifique, à peine quatre  albums studio depuis 2011 ( tous hautement recommandables), elle a également enregistré quatre EP's ('Is This All There Is?' sorti en mars étant le plus récent),  à cela il faut ajouter le fabuleux  soundtrack pour les saisons 5 et 6 de Peaky Blinders.

 

 Is This All There Is? est annoncé comme étant  le premier volet d’une trilogie explorant l’identité comme une métamorphose, façonnée et remodelée par l’expérience amoureuse.

Elle précise:  This was inspired by Anna Calvi’s own perspective shift after becoming a parent. In this first record, Calvi dives into existential questions of modern existence: How do we reclaim intimacy? Is there something more elemental we can connect with? What does it mean to feel truly awake? 

Tu suis encore?

On ajoute que sur chaque titre Anna a invité des gens compétents: Iggy Pop/ Perfume Genius/ Matt Berninger ( The National) et Laurie Anderson.

Tracks

 1. God’s Lonely Man (feat. Iggy Pop)
2. I See a Darkness (feat. Perfume Genius)
3. Computer Love (feat. Laurie Anderson)
4. Is This All There Is? (feat. Matt Berninger)

La photo de pochette  est signée Scarlett Carlos Clarke, une photographe londonienne très prisée.

Anna?

 I wanted the artwork for ‘Is This All There Is?’ to express journeying into an unknown part of myself.

I split the photo of myself into 4 and zoomed in as close as possible to convey an idea of getting closer to some kind of truth. The darkness in the imagery reflects an embrace of mystery, and the act of asking existential questions you may never find answers to.

I wanted to mirror the cinematic quality of the music.

On écoute... 

'God's lonely man' 

Anna Calvi: vocals, guitar, bass, Iggy Pop: vocals/ Alex Thomas: drums/ Ming Vauz: synths/ Nick Launay: drum machine/ Mally Harpaz: glockenspiel.

Le titre est inspiré par  une réplique de Robert De Niro dans Taxi Driver, il démarre sur un fond 'Tokoloshe Man' de John Kongos pour s'imprégner hargneusement dans ton cerveau.

La voix rocailleuse, légèrement fatiguée,  d'Iggy entre en piste après 20 secondes, Anna le rejoint peu après pour amadouer l'iguane, peine perdue, ça rocke méchant jusqu'au bout, car la Telecaster de Miss Calvi a décidé de cracher des flammes incendiaires sur un  fond tribal  incandescent.

Une entrée en matière tonitruante. 

'I see a darkness'  

Une reprise de  Bonnie « Prince » Billy.

 Anna Calvi: vocals, guitar, /bass/ Perfume Genius: vocals/ Ming Vauz: piano, sound effects/ Alex Thomas: drums/ Thomas Bartlett: keys .

Will Oldham n'a pas la réputation d'être un comique , son univers est sombre, le mec broie du noir à longueur de journée.

 Anna et Mike Hadreas n'ont pas trahi le gars du Kentucky, leur version, hantée,  lynchéenne, reposant sur les claviers liturgiques de Thomas Bartlett, sur lesquels glissent   les rugissements   de la guitare,  nous embarque dans une région  désertique, où tu risques de croiser crotales,  vipères des sables   ou autres bestioles tout aussi sympathiques. 

Le chant profond  d'Anna épouse le timbre plus vulnérable de Perfume Genius pour transformer la ballade morose en dialogue intime.

'Computer Love' 

Une reprise, quasi méconnaissable,  de Kraftwerk

  Anna Calvi: vocals, guitar/ Laurie Anderson: vocals/ Alex Thomas: drums, synth.

L'empreinte de Laurie Anderson , qualifiée de visionnaire, est omniprésente. 

D'une voix blanche, mécanique, la compagne de feu Lou Reed, récite son texte, tandis qu'en toile de fond le Trans Europe Express chemine lentement, quelques voix  spectrales surgissent de nulle part pour créer un climat gothique inquiétant.

Assurément le titre le plus expérimental de l'EP! 

 “Is This All There Is?,”

 Anna Calvi: vocals, guitar/ Matt Berninger: vocals/ Ming Vauz: guitar, sound effects, synth/ Alex Thomas: drums/ Adrian Utley: guitar, synth.

Le disque s'achève sous forme de ballade cinématographique, en mode torch song,  dans laquelle le baryton de Matt donne la réplique  à la voix dramatique d'Anna qui se permet un exercice de falsetto  exalté  en vue du terme.

Le trio de guitares s'emballe et transforme la plage en galopade échevelée  avant l'outro apaisée.

 

Is this all there is?

Yes, c'est fini, tout juste  15 minutes  de plaisir auditif!

 

 

 

 

 

 

mardi 7 avril 2026

Avery Anna - EP - forgive, forget.


 Avery Anna  - EP -  forgive, forget.

michel

 Warner Music Nashville

country/ acoustic pop 

Avery Anna, 22 ans à peine, mais déjà un tube viral ' Narcissist'  paru en 2021, suivi en 2024 par un second smash hit 'Indigo' qu'elle chante en duo avec Sam Barber  et qui s'entend sur 'Restless Mind' le debut album du prodige du Missouri.

Pour  Avery Anna Rhoton ( born in Arizona) tout commence à l'église où elle chante pour faire plaisir à sa mère,  elle apprend à jouer de la guitare, s'abime les doigts en reprenant du Johnny Cash, Merle Haggard, Patsy Cline  ou Willie Nelson  sous l'influence de son grandpa.

Tout naturellement elle décide d'écrire ses propres chansons et de les placer sur Tik Tok, un réseau sur lequel elle fait le buzz en reprenant 'Say Something ' de Christine Aguilera, qu'elle chante ( habillée) dans sa baignoire.

Amazing vocals, est le commentaire qui revient le plus souvent! 

Elle est repérée par un talent manager qui lui propose un contrat et lui écrit ( aidé par Andy Sheridan et  Ben Williams) le fameux ' Narcissist' basé sur des écrits du journal intime  de la jeune fille .

Bingo, disque de platine, pas mal pour une gamine de 17 ans.

La suite: ' Mood Swings' un EP en 2022, et deux albums ' Breakup over breakfast' et  'Let go letters '.

Les critiques sont élogieuses:  Avery Anna is  taking the country music scene by storm.

Mars 2026, déjà un nouveau disque, l'EP 'forgive, forget'. 

 forgive, forget. Track Listing:
1. “Fear In God (feat. Sam Barber)” (Avery Anna, Sam Barber)
2. “Man Downstairs” (Avery Anna, Michael Tyler, David Fanning and Andy Sheridan)
3. “lonestar alone” (Avery Anna, Ben Williams, Emily Falvey, Sam Bergeson)
4. “Life Ain’t Like The Radio” (Avery Anna, David Fanning, Andy Sheridan, Ashley Gorley)
5. “Blood Runs Thicker” (Avery Anna, David Fanning, Andy Sheridan)
6. “forgive, forget.” (Avery Anna)

Sont mentionnés selon les titres: - Vocals, Piano- Avery Anna /    Drums: Aksel Coe /  Keyboards: Alex Wright / Drums: Evan Hutchings / Steel Guitar: Johnny Fung /  Electric Guitar -  Kris Donegan / Bass: Mark Hill / Acoustic Guitar: Sam Hunter  / Nathan Keeterle: Electric  Guitar / Cello: Becca Bradley and Lauren Conklin

La photo de pochette nous montre Avery Anna, paraissant intimidée ou rêveuse ,  coiffée d'un bandana rouge, avec à l'arrière plan un paysage désertique où s'élèvent des saguaros géants. 

'Fear in God', ça avait marché du tonnerre avec 'Indigo', elle remet ça, un duo avec   Sam Barber.

La guitare de  Kris Donegan résonne comme dans une caverne, Sam Barber d'une voix nonchalante et introspective entame la partie chantée, orgue, drums, steel guitar rappliquent, Dieu écoute attentivement, puis vient le chant à la Stevie Nicks d'Anna, Sam la rejoint pour des vocaux  en harmonie , la tension monte d'un cran  afin de faire passer le message, Kris y va d'un solo insolent avant l'outro et le message biblique: the fear in God will be your saving grace!

A typical male- female country duet, dans la lignée  Waylon Jennings and Jessi Colter, Johnnie Cash and June Carter!

'Man Downstairs' a été écrit  en se basant sur une expérience personnelle, elle a connu des échecs amoureux, elle s'est laissée marcher dessus, elle a pardonné, elle est plus forte désormais et le fait savoir.

La voix est  fragile, l'instrumentation  country rock,  avec cette fois Nathan Keeterle à la  scratchy guitar, souligne la profondeur des lyrics , on la sent passer de la vulnérabilité à la colère. 

Elle est libérée. 

Elle enchaîne sur la ballade ' lonestar alone', qui débute par une intro fluide à la guitare électrique suivie d'un jeu en fingerpicking de  Sam Hunter. Quelques pincées  de steel guitar, un drumming, une basse et des claviers  sobres ornent  la plage sur laquelle  Anna se languit, comme d'autres female singers avant elle ( Taylor Swift,  Trisha Yearwood).

‘Life Ain’t Like the Radio,'  en mode midtempo country pop  larmoyant, dépeint la vie d'une jeune fille dans une petite ville de l'Arizona... You don't find love where they pour your whiskey, hometown teams don't always win,... quand il m'a embrassé je n'ai rien ressenti.

Le passage à l'âge adulte n'est pas toujours évident   

Un accompagnement sonore conventionnel et un chant quelque peu téléphoné  ne vont pas placer ce titre, catchy, on en convient,  dans la catégorie à écouter en priorité, 

Bien plus intéressant  sera le Southern rock   ‘Blood Runs Thicker' .

Les  riffs twangy et incisifs, une section rythmique explosive et  un chant agressif  révèlent une autre facette du talent de la demoiselle, qui peut donc se rapprocher d'une Beth Hart ou Bonnie Raitt.

Pour achever l'essai, Avery Anna propose ' “forgive, forget.” une piano ballad sensible et épurée, sur laquelle  seule une guitare  acoustique et un duo de violoncelles servent de toile de fond, mettant en valeur  le  chant de la blonde demoiselle.

 Les backing vocals éthérés ajoutent une touche contemplative à cette plage cinématographique.

Avery Anna est en tournée aux States, pour l'instant, aucune date n'est prévue en Europe pour ce    Girl Of Constant Sorrow Tour.