lundi 26 janvier 2026

Heads Up - Au P’tit Bonheur - Guingamp - le 24 janvier 2026

 Heads Up - Au P’tit Bonheur - Guingamp - le 24 janvier 2026

michel  

La veille, la D9 de Lanvollon à Guingamp était inondée sur 200 mètres, le samedi, tu passes sans rames! 

Le P'tit Bonheur, c'est une ambiance relax, des bières, des planches et  des concerts.

Au bar, tu tombes sur  Jérôme, batteur, vidéaste , ex- Sunny Inside et  toujours  souriant, il est venu applaudir des potes, venus de Trégastel, pratiquant un blues, tendance swing, qui ne donne pas le cafard. 

Heads Up  ne fait pas référence à un titre de Jain, ce n'est pas un combo punk de Vendée, (Trégastel est dans le 22),   tu oublies aussi le poker, ce trio acoustique , constitué de jeunes gens poivre et sel, se compose de  Manu Guillou chant, guitare ,  dobro | Gaby Nogues, guitare, choeur et  Grégoire Dubruel contrebasse,  choeurs et parfois lead vocals.

Depuis deux ans,  ils sillonnent les routes de Bretagne pour distiller leur blues emprunté à des gens convenables et parsemé de compositions de Manu.

Ils ont un passé: The Late Bloomers, Tiger Rag, Mama's Biscuits , Tip on In, Benoit Blue Boy etc... pour Manu, Enchanted Swing, The Late Bloomers ( too) pour Gabriel et, Grégoire (1er prix de contrebasse au Conservatoire de Paris en 1997) a accompagné Philippe Berthe , il fait partie de l' Orchestre de Chambre Nouvelle-Aquitaine et de l'Orchestre des Contrebasses.

Placés dans un coin du bistrot, à deux pas du comptoir, le trio entame le concert par deux instrumentaux blues/swing juteux, dont ' Hold it' ( on ignore s'il s'agit d'une composition de Billy Butler , mais ce morceau sent bon le West Coast Swing).

Manu se charge du jeu en lead, Gaby de la rythmique, ce qui ne l'empêche pas de placer quelques lignes racées, accolé au mur, Grégoire fait vibrer les cordes de sa contrebasse avec adresse.

Dans la salle quatre ou cinq mélomanes, séduits, se sont avancés vers les musiciens.

Si ' Key to the highway' a été enregistré pour la première fois en 1940 par un certain  Charlie Segar, la version la plus connue s'entend probablement sur ' Layla and Other Assorted Love Songs' de Derek and the Dominos, un supergroupe monté par Eric Clapton.

Manu se colle au chant, la troupe fait aussi bien que  Clapton et Radle ( même si Grégoire a opté pour une contrebasse), pas de batterie, ni d'orgue, mais une seconde guitare, pour les fans d'AC/Dc on signale que cette autoroute ne mène pas aux enfers!

Eric Clapton a aussi inclus 'Nobody Knows You When You're Down and Out' de Jimmie Cox à son répertoire, les choeurs sur le MTV unplugged étaient assurés par Katie Kissoon et Tessa Niles, ce sont Grégoire et Gaby qui s'y collent ce soir.

Une triste histoire de bluesman abandonné par madame pour suivre, un Memphis blues typique, ' Mother-in-law blues' de  Little Junior Parker. 

Changement de registre avec ' Night Life' de Willie Nelson, un slow country blues, propice au crooning.

Une blues song sur deux débute par .... I woke up this morning...  ce qui suit n'est jamais très rigolo, évidemment c'est mieux que de ne pas s'éveiller du tout , mais bon, le 'Blues this bad' de Johnny Winter, joué au dobro, n'est pas du genre à attaquer la journée du bon pied.

Toujours à la resonator, voici  'The things that matter' un gospel entamé à trois voix, la plage, plaintive, est soulignée par un archet pieux.

Une ballade en open D pour suivre ( ? My good friend' ?) , elle précède  'Hesitation Blues' un traditionnel du début du siècle dernier que le trio nous joue à la manière de Jorma Kaukonen ( époque Hot Tuna plutôt que Jefferson Airplane). Après un finish en Western swing, vient ' Sitting by the river', un morceau nonchalant composé par Manu Guillou.

Place au standard ( pas de Liège), ' Route 66', une version US de  'Route Nationale 7' , elle est chantée  sans traîner par la contrebasse.

A une époque, pas si lointaine, il  te fallait une attestation pour aller faire tes courses dans le village voisin,  cette aberration a inspiré le chef qui a composé une chanson sur le sujet, Grégoire en profite pour nous faire un numéro de slapping bass remuant.

Muddy Waters, 'I can't be satisfied'  est suivi, après un faux départ,  par  la folksong ' San Francisco Bay Blues' décoré de quelques lignes d'harmonica fringantes.

' I see the light' évoque le jeu de Peter Green et pour rire, on est en Bretagne, merde,  on y introduit quelques formules made in Breizh, histoire de satisfaire les Celtes du coin.

Retour de l'harmonica pour ' I can't complain' un titre que Maggie Parker, devenue Maggie Mayall,  a composé pour celui qui a fondé les Bluesbreakers.

Le dobro revient pour  un blues démarrant par ...early in the morning, about the break of day... il existe tellement de variantes de cette rengaine que tu hésites à citer un auteur.

Le trio embraye sur un nouvel instrumental écrit par Manu, un  morceau aux senteurs Dire Straits  ( Private Investigations),, sans prévenir, un illuminé plus que légèrement imbibé se fraye un passage jusqu'à 50 cm du combo.

Le mec  pousse quelques vocalises plus ou moins  harmonieuses  en  imitant  le chant d'une hyène grippée, tout en  gesticulant dangereusement ( un repli s'impose, il a failli te crever un oeil).  A la fin de la tirade, aussi baroque qu'un instrumental de Leo Kottke ou d' Allan Taylor, le quidam propose au trio d'interpréter du Donovan, ce qui n'était pas  prévu au programme, bon prince, il fouille ses poches pour balancer de la menue monnaie aux pieds de Gaby, puis se tire vers d'autres cieux.   

Après l'interlude  bouffon vient ' Pony Boy' popularisé dans la version du Allman Brothers Band.

On approche du terme, il en reste deux:  un shuffle non répertorié, et un instrumental folky,  toujours imaginé par le leader.

 

Contrat rempli,  les amateurs de blues acoustique, de western swing  et d'authenticité étaient à la fête ce soir! 

C'est la tête haute que le trio a regagné Trégastel! 

 

 

 

 

 

 

vendredi 23 janvier 2026

Jobi Riccio - three track single "Buzzkill"

 Jobi Riccio - three track single  "Buzzkill" 

Yep Rock Records

alt country/ alternative rock

 michel 

Si Jobi Riccio  a élu domicile à Nashville, elle naît à Morrison ( Colorado) ,  au pied du Red Rocks Amphitheatre, un lieu touristique  célèbre, ayant accueilli des légendes rock: les Beatles, Grateful Dead, U2 ou Neil Young, e a.

Depuis son enfance Jobi vit pour la musique, comme influences, elle cite  Sheryl Crow, Joni Mitchell ou Alison Krauss, ses compositions suintent  la country, le bluegrass et la roots music. 

Elle se produit  sur scène depuis 2015 ( elle avait 18 ans), se fait un nom du côté de Boston et d'autres coins du Massachusetts, passe au Sundance Festival et  au Rocky Mountain Folks Festival après avoir remporté, en 2019, le  eighteenth annual New Song Music Performance and Songwriting Competition à Asheville.

Sa carrière est lancée, d'autres lauriers l'attendent!

Un premier EP, 'Strawberry Wine' paraît en 2019,  il est suivi en 2023 par un premier full album 'Whiplash' , which has earned widespread acclaim from The New York Times, NPR, Billboard, and so on ...

Quelques singles voient le jour en 2024/2025, elle prépare un second full album et en ce début 2026, en prélude, partage  un three track single sous l'étiquette  "Buzzkill" .

Tracks

 1 Buzzkill 03:24

2 The Ridge 03:51

3 Wildfire Season 03:52
 
La photo de pochette  expose une Jobi, l'air absent, se fixant dans un miroir de lavatory. 
 
Crédits:
Jobi Riccio: vocals, guitar
 Dominic Billett - Drums ( Andrew Combs and The Stray Birds ,  Caitlin Rose, Erin Rae...) 
 Isaiah Beard - Electric Guitar (BAERD) 
 Paul DeFiglia - Bass, Organ ( ex the Avett Brothers) 
 
On ne va pas jouer au  rabat-joie car ' Buzzkill', avec  ses accents grunge/post punk abrasifs, constitue une excellente entrée en matière.
On cite Miss Riccio:  "Buzzkill" is a punk-inspired story of extended adolescence and transitioning into your mid to late twenties. My adult life didn't start with the bang I had anticipated when my graduation coincided with a pandemic. It was easy to angst out about not living the movie version of what I thought my life should be at that point, while simultaneously not having much of the financial security my parents' generation had. I needed to process and accept that sometimes life sucks, but that it’s not because of anything I did or didn’t do.
Les guitares crissent, Dominic frappe sec sur tous les éléments de son kit, Paul maintient un rythme soutenu et vocalement le léger twang et  l'élasticité  de Jobi la classent dans la cour des grandes: Sheryl Crow  ( faut réécouter  If It Makes You Happy) ou Natalie Merchant de 10000 Maniacs.
 
'The Ridge'  nous invite à une balade en haut de la crête , un endroit où tu peux communiquer avec les corbeaux sans passer pour un hurluberlu.
La complainte repose sur un fond musical décontracté, le solo de guitare, limpide,  ne va pas effrayer les pies, Paul se charge des lignes de basse sobres, le co-producer, Jesse Timm,  ajoute   un coulis  crémeux à l'orgue et au clavecin, tandis que Dominic maintient un rythme régulier qui ne va pas le disqualifier au quinté.
Un bel exemple d'americana, empreint de sensibilité féminine  poétique. 
 
Le tempo s 'accentue sur 'Wildfire Season' , un morceau écrit après les incendies ayant ravagé le Colorado, ( des centaines de milliers d'hectares détruits).
Morrison a eu chaud, Jobi l'exprime dans les premières lignes du morceau...My hometown’s a few short years
From burning down to the ground
So I drive for up an ice cream cone  ( clin d'oeil) 
from the soft serve joint before it’s all gone..
 
Les crises climatiques ont tendance à se répéter, il n'y a que Donald Trump  à l'ignorer.
Ce roots rock déchirant  appuyé par un drumming soutenu,  des guitares  à la Tom Petty and The Heartbreakers,  est chanté à pleine voix par Jobi qui peut compter sur des backing vocaux superbes (  Molly Martin, Max Helgemo, Liv Greene, Emily Mann, Isaiah Beard, Jack Schneider, Brennan Wedl et  Manoa Bell).
Si tu aimes Fleetwood Mac, époque Lindsey Buckingham et Stevie Nicks, tu va craquer pour le titre clôturant  l'exercice.
 
Le prochain album de Jobi Riccio s'annonce remarquable, les trois plages  proposées sur ' Buzzkill' offrent un premier aperçu  éclatant.
 
Quelques dates sont annoncées aux States:
 
 February 11 - Ridgway, CO - Sherbino Theater

February 12 - Buena Vista, CO - The Ivy Ballroom

February 13 & 14 - Basalt, CO - TACAW - The Arts Campus At Willits

February 15 - Steamboat Springs, CO - Strings on the Mountain

March 7 - Hendersonville, NC - 1898 Waverly Inn

March 13 - Miami, FL - Cayamo Cruise 2026
 

 
 
 

 

lundi 19 janvier 2026

Split à Bonjour Minuit • musiques actuelles à Saint-Brieuc, le 16 janvier 2026

 Split à Bonjour Minuit • musiques actuelles à Saint-Brieuc, le 16 janvier 2026

Michel

Seconde mi-temps avec Split, des jeunes gens qui n'ont aucun rapport avec la Croatie mais que tu peux croiser du côté de Rouen.

Si ce soir ils n'étaient que quatre sur scène,  en principe, le combo se compose de cinq unités: Marvin Borges-Soares, le chanteur, instigateur du projet, a fait partie de Structures, ses compagnons se nomment Lucas Ramos, Romain Sensey, Raphaël Motte. et Jérémy Cortes ( drums) .

Le bassiste, Lucas ayant été obligé de déclarer forfait, est remplacé au pied levé par un des guitaristes. 

Le groupe, à peine âgé d'un an,  a  pondu un premier album au titre explicite, ' Violence breeds violence' en octobre, 

Brutal et concis sera le set!

Jérémy, T-shirt Sepultura, est le premier à se présenter, sur fond dissonant, les comparses surgissent, accompagnés par Monsieur Larsen ( ce n'est pas un joueur de foot danois).

Ils prennent la pose avant d'entendre une déflagration effroyable en guise d'intro.

Un amuse-bouche  éruptif qui se fond dans 'Coward' , Marvin,  fringué d'un sweat à capuche,  cachant son poupin visage, pousse deux ou trois growls colériques, à l'arrière, ça gronde méchant.

Tandis que le shouter crache ses tripes, Jérémy cogne comme un malade, guitare et basse maçonnent une enceinte en béton armé.  

Faut pas confondre hardcore et  lovecore!

Après ce souffle tempétueux, l'audience a droit à un salut sec suivi par  'Good cop' , un pamphlet vantant les mérites de la flicaille qui, parfois, tire sans sommation.

Si le Général Philip Sheridan a un jour prononcé la sentence   "The only good Indians I ever saw were dead.", Split avance: A good cop is a dead cop!

 Bruno Retailleau n'est pas fan, par contre dans la salle, qui accueille Marvin, un pogo débridé vient de débuter.

Comme tu avais oublié ton attirail de  hockey sur glace chez une de tes copines, tu t'es abstenu, déjà que Dry January pompe toute ton énergie!

' For fuck's sake'  décape à mort, la batterie fait le gros  du curetage, la basse gronde, la guitare  cisaille, tandis que Marvin crache des morceaux de poumon aux pieds d' Adèle,  qui venait d'entamer quelques étirements, dans le but de galber ses jambes.

La suivante ' Hole' n'est pas reprise sur l'album,  on te signale cependant que le truc n'a aucun rapport avec 'Le poinçonneur des Lilas'.

Bye bye la capuche, bonjour le T-shirt  Motörhead, et si la suivante a été baptisée ' Discipline' on peut t'assurer que les demoiselles à tes côtés étaient du genre indiscipliné, elles n'hésitent pas à se frotter à la gent masculine pendant la séance de  street fight.

Marvin, pour se protéger, fait tournoyer son micro qui a failli  fracasser le Nikon de Quentin.

'Slave' dit le papier, alors que la séquence striptease se poursuit, le chef arbore désormais  un T-shirt Extortion. 

On te signale qu'  Extortion n'est pas un boys band!

'Slave' adopte la durée d'un morceau punk, il est suivi par 'Something of my own'  introduit par une basse aux relents post punk avant de virer honteuse attaque sous la ceinture.

Thibault s'est trompé de stade, il lâche un 'Allez Guingamp' incongru, Split ne s'en offusque pas et attaque 'Stained Soul' qui sent bon les Sex Pistols,  les safety pins et l'exaspération.

Déjà la dernière, ' I feel nothing more' est  débuté en parlando avant d'éclater comme un obus supersonique,  calibre 155 mm.

Le moshing prend fin, au grand regret des sportifs,  Split, éreinté,  regagne les coulisses.

 Longue file au bar, la bière régénère les stocks de glycogène!

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 


samedi 17 janvier 2026

Lila Ehjä à Bonjour Minuit • musiques actuelles à Saint-Brieuc, le 16 janvier 2026

Lila Ehjä , à Bonjour Minuit • musiques actuelles à Saint-Brieuc, le 16 janvier 2026

michel 

Soirée noirceur à atmosphère glaciale/ hardcore punk à Bonjour Minuit.

Deux artistes/ groupes à l'univers distinct: crépuscule des ténèbres chez  Lila Ehjä et violence anxiogène  chez Split, un groupe qui ne connaît pas le blues rock des Groundhogs, qui a sorti le formidable album ' Split' en 1971.

Après avoir, en 2024, imprégné tes pavillons de froide wave urbaine à l'écoute de 'Clivota'  l'album qui suivait l'EP ' yö', tu t'étais promis d'aller voir ce que ça donnait sur scène si un jour Lila Ehjä  s'aventurait en terre bretonne.

Chose faite en ce vendredi de janvier où  Donald Trump s'est mis à trembler car la France  a envoyé une quinzaine de chasseurs alpins  au Groenland, ce qui a beaucoup amusé les phoques barbus,  les pingouins Torda et les renards arctiques.

 21h et  des poussières de lune, après une mise en condition indus/bruitiste  stridente, faisant passer la discographie complète de Throbbing Gristle pour de la pâtée pour toutous mélomanes, Lila apparaît, short, top et boots, noirs. La scène est plongée dans une obscurité totale,  idéale  pour un  sommeil réparateur, mais piètre pour capter en images les faits et gestes de l'artiste.

Instrumentarium: une guitare, un looper impressionnant, un micro.

Une bande est lancée, Lila a choisi de nous faire voyager dans un cosmos  truffé de stridences , cette intro drone music  se nomme logiquement  'Oudrone' .

On vient de quitter le monde matérialiste pour pénétrer dans l'imaginaire angoissant de Miss Ehjä.

Après avoir ramassé sa guitare et balancé quelques riffs rugissants, c'est ' Vague' qui déferle .

Le chant de la mer est lugubre, la marée reposant sur une basse profonde vient expirer sur une plage déserte.

C'est l'énigmatique Jarboe que ton esprit avance à l'écoute de ce début de set, le post metal oppressant de Neurosis ( groupe ayant composé un titre baptisé ' The Tide')  rôde également dans des coins retranchés de ton cortex.

Lila nous salue puis attaque la suivante 'The Book'.

L'éclairagiste pris d'une inspiration divine envoie un faisceau lumineux vers son visage, réaction immédiate: No lights, please! 

Pas sûr que Nitzer Ebb reconnaisse son enfant .

Pick up the pieces, qu'elle dit, c'est sûr, le recueil a souffert.

Comme sur l'album, elle enchaîne sur ' Clivota'. et ses sonorités indus à faire pâlir Alan Vega et Martin Rev.

Oto ( Farid Dahlab et Pascal Hubert, tous deux admirateurs  de chauves-souris  )  un groupe cold wave de Nancy , enregistre le titre  'Bats' en 1984, Lila se l'approprie, murmure le texte à genoux avant de faire pleurer sa guitare, ce qui n'a guère effrayé les  bestioles nocturnes  et   a ravi les fans de films d'horreur.

Le spectral et speedé  ' Ghost love' invite à la danse, Lila, en diva goth,  montre l'exemple, imitée par quelques   ex- clients de The Batcave, qui a vu défiler des légendes: Alien Sex Friend, The Lords of the New Church ou Danielle Dax.

Tout rouille, même la musique concrète, sur une rythmique binaire  obsédante, ' Rust'  s'attaque insidieusement aux quelques neurones encore intacts nichant dans ton cerveau.

Lila vient prendre le pouls du public avant de rejoindre sa machinerie et finir la longue plage sur un râle pas sympathique et un effet larsen  assourdissant.

Pour clôturer le set, la dame en noir propose  'Worship'  , la plage la plus hallucinée d'un show intense et sans concessions.

Vocalises macabres, stridences rugueuses infernales,  opacité insondable...  cette  noise music  aux senteurs new world order   vient laminer nos méninges pour nous laisser sérieusement ébranlés, tandis que Lila à genoux  laisse les machines agoniser.

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

dans l'imaginaire  

vendredi 16 janvier 2026

Album - The Blue Rock Session by Amy Speace

 Album - The Blue Rock Session by Amy Speace 

 Folk/Americana /singer-songwriter

 Wildflower Records

Amy naît en 1968 dans le Maryland ( Baltimore), très vite la gamine montre des dispositions artistiques, à 5 ans elle écrit des poèmes, dessine, peint et joue du piano.

Elle envisage de devenir chanteuse lyrique. 

  La famille bouge pas mal,   la Pennsylvanie, le Massachusetts, le New Jersey... elle suit des cours de dramaturgie, un diplôme en poche, elle enseigne,  continue à écrire, se retrouve dans une troupe  à Broadway.

A 28 ans, elle écrit ses premières chansons, elle les joue dans des folk clubs à Greenwich Village, où elle est appréciée.

La suite est logique, un premier enregistrement ' Fable' , suivi par 'Songs For Bright Street'.

Un chroniqueur note:  Speace has a classic contemporary country voice and she has obviously learned from the best (Lucinda Williams, Shelby Lynne, Neko Case etc) without consciously adopting their voices as so many have done, to their cost.

 Les disques se succèdent, Amy se relocalise à Nashville. En 2024,  sa discographie se chiffre à 11 albums et 2 EP's. 

Le titre   "Me and the Ghost of Charlemagne" sur l'album du même nom ( 2019)  lui vaut l'award "International Song of the Year".

2024: ' The American Dream' , la pub dit.. À mi-chemin entre la musique folk moderne, le rock-roots intemporel et la pop classique, The American Dream d'Amy Speace est un album sur l'équilibre et la transition.

En dehors de sa discographie personnelle Amy fait également partie du trio  Applewood Road, qu'elle a formé avec Emily Barker et Amber Rubarth, songwriters comme elle.

A noter que les écrits d'Amy Speace sont repris   dans pas mal de revues de renom: The New York Times, No Depression Magazine, American Songwriter Magazine ou The Blue Rock Review.

Fin 2025,  un nouvel album paraît: 'The Blue Rock Session' , il a été enregistré en moins de  quatre heures lors d'une retraite  au Blue Rock Artist Ranch  Studio à Wimberley.

Armé d'une 1956 Gibson J-45  acoustic guitar et d'un piano, Amy nous offre onze titres dépouillés dans la veine d'une Joan Baez, de Bob Dylan ou de l'oubliée Linda Perhacs.

Tracklist

On A Monday in London
God Came To Me
In This Home
The Sea and the Shore
The Dream of the Hawk
Out of the Blue
Weight of the World
I Found A Halo
Both Feet On The Ground
The Mother
Kindness 

La pochette classique  affiche l'artiste et sa guitare.

L'album s'ouvre sur ' On a Monday in London' une folk song typique, dans le moule des road songs traditionnelles, elle a été  composée lors d'un UK tour en 2024.

On y dépiste des senteurs Ralph McTell, lui aussi inspiré par Londres, ou des relents Arlo Guthrie, un autre voyageur qui a de qui tenir. 

Vocalement, les intonations frémissantes  d'Amy se rapprochent de la grande Judy Collins, de Rory Block  ou de Lucinda Williams .

'God came to me', joué en fingerpicking,  est un acte de foi  sincère, la plage précède  'In This Home' qui évoque le fiasco de son mariage et les ajustements que ça exige. Tout n'est pas sombre pourtant, un des avantages de la vie en solitaire est qu'elle peut dormir au milieu du lit.

Sur l'album  "How To Sleep In A Stormy Boat" ( 2013) , Amy avait interprété "The Sea and the Shore" en duo avec John Fullbright, ici, elle reprend la plage en version acoustique, sans les violons et arrangements soyeux.

Le titre ne perd rien de sa force poétique, la voix dessine le flux et reflux des marées qui correspond  aux hauts et aux  bas d'une relation amoureuse.

C'est d'un timbre  vibrant qu' Amy interprète la lovesong métaphorique  ' The dream of the hawk'  où elle se compare à un faucon,  fier de ses   plumes gracieuses, qui,perché sur la cime d'un pin,    n'ose pas déclarer sa flamme  à celui qui se balade dans la forêt.

Elle abandonne la guitare et propose la berceuse mélancolique  ' Out of the blue' au piano.

Certains diront qu'elle abuse des effets de voix  douloureux, d'autres insisteront sur le caractère vertigineux de l'interprétation.

L'  anti-war song, "The Weight Of The World" se trouvait sur son album de 2008, 'The Killer in Me', Judy Collins a repris le morceau deux ans plus tard, Amy revisite le heartbreaking lament sur son dernier né.

La voix est sous contrôle, l'émotion est intense:  le  Star-Spangled Banner flag se balance en haut du mât, le corps du  frère soldat a été rapatrié,  on le met sous terre aujourd'hui...

'I found a halo', co-écrit avec le songwriter  Robert Vitz Hecht,  trouve son origine en 2016, après la première élection de Donald Trump, le texte a été repris en 2025 car l'effet Trump est toujours présent et encore plus fâcheux que lors du premier mandat.

Le texte, posé sur un jeu de guitare finement fignolé, fait réfléchir, c'est de la  même veine que les  meilleures protest songs des sixties.  

Avec  ”Both Feet On The Ground” vient le troisième titre revisité, la version originale s'entend sur le primé  'Me And The Ghost of Charlemagne'.

Pour la seconde fois la Gibson est abandonnée  au  profit d'un piano, ce qui vaut, peut-être, les connexions avec Elton John. ( 'Tumbleweed Connection' ne contient que des perles !) 

Le titre le plus poignant de l'album est sans conteste '  The Mother' , qu'elle a composé après les inondations de juillet 2025 au Texas,  après la crue du fleuve Guadalupe, le bilan humain se chiffrait à 135 morts.

Amy a choisi de relater les sinistres événements au travers de  l'image d'une mère tentant de sauver son enfant   en s'accrochant à un arbre... A woman hanging on a tree with one arm, the other holding up a child. crying out in the dark to the other, no-  one could swim against that tide....  et la question demeure .... "Is there a God who decides who survives”.

L'album s'achève par 'Kindness' ,  une chanson empruntée à Ben Glover,  déjà  enregistrée sur  'Me And The Ghost of Charlemagne'.

Le message de Ben, à l'époque, était judicieux, il conclut l'analyse: "It seems pretty clear and simple to me that a lot of problems in this world could be solved if we were kinder to ourselves and kinder to others."

 

Naked songs can be great! 

 

 

 

 

 

 

mercredi 14 janvier 2026

Les Zef et Mer avec Fred Guichen et Jean Pierre Riou , au Cap à Plérin, le 10 janvier 2026

 Les Zef et Mer avec Fred Guichen et Jean Pierre Riou , au Cap à Plérin, le 10 janvier 2026 

michel

Le dernier chapitre, en piste deux jeunes baroudeurs ( en dessous de 70 ans, t'es un gamin)  exubérants:   Fred Guichen et Jean Pierre Riou!

Deux presque voisins ( Beg Léguer et Locquirec) qui font, ou ont fait , les beaux jours de  Ar Re Yaouank ou Red Cardell, pour ne citer que les plus évidents, car l'accordéoniste diatonique très tonique, s'il n'a pas accompagné Edith Piaf, forme un duo avec son frangin, Jean-Charles, ou s'amuse avec des grands noms de la scène Breizh ( Denez Prigent, Gwennyn, Pat O' May, Alan Stivell et son pote Dan Ar Braz, e a,) , le guitariste a roulé sa bosse et écorché voix et doigts chez Penfleps, The Celtic Social Club ou Les Joyeux Fusibles, e a..

Ils se produisent en duo depuis un bon moment. 

Démarrage sur les chapeaux de roue,  un swing breton nerveux en diable, chanté en français par la casquette, il est question de bohémiennes qui dansent, mieux que les comédiens de Charles Aznavour .

Mon Dieu, ça arrache, te souffle ton épouse, qui faut-il admirer le plus, le dégarni qui tire des notes étonnantes de son accordéon à une vitesse supérieure, ou les doigts de la casquette qui se déplacent plus vite que les battements de cils vibratiles  de ta cousine Cécile  quand elle assiste à un show des Chippendales?

Un tonnerre d'applaudissements ponctue la première salve, elle est  suivie par un  'an dro'  déchaîné, tu t'es mis à rêver, t'as aperçu deux bigoudènes gigoter à en perdre leur fameuse coiffe.

L'accordéon cabriole, 'chauffe,  Marcel', te murmure Jacques à l'oreille, l'acoustique pique à la manière d'un moustique ayant abusé de l'EPO, on  craint les résultats  du contrôle anti-dopage  ... zont la pêche, constate Prune assise juste devant nous!

C'est pas une pêche, c'est une poire, avoue  Michel Pollentier, alias cuisses de mouche.

JP dit: ' Polka' , Fred s'agite.

Il est physique, constate son compagnon. 

A deux, ils constituent une cavalerie  moins légère que celle que Franz von Suppé a mis en musique, hop, hop, hop, hop... gueule  Seigneur Riou.

Hop, hop, hop... répond la salle, ce n'est plus un concert, c'est une cavalcade de chevaux sauvages.

Il paraît que dans le temps sur les bords du lac de Guerlédan, il y avait un bar.... si je retrouve mon capo on vous balance un blues musette plus allumé que   toute la discographie de Jo Privat, d'André Verchuren, de Richard Galliano ou d'Yvette Horner. 

Maintenant le moteur est en surchauffe, après un solo enragé du guitariste, le maestro du diato rapplique pour entamer une joute  démoniaque, ... diip, da, diip, da, diip... lance le conducteur , Plérin enchaîne, où va s'arrêter cette locomotive folle?

On a évité de peu le déraillement, Jean Gabin s'essuie le front noirci, le duo embraye sur une gavotte  qui vire zydeco, ... back to the city... lance le chef de file de Red Cardell,, on le suit, on prend le pont qui  traverse le fleuve, on fonce vers la ville fantôme.

Tu les crois essoufflés après ce steeple-chase, erreur monumentale, ils ont encore des réserves et balancent une dernière gigue qui fait passer les 'Wild Cats of Kilkenny' des Pogues pour une berceuse pour gosses engourdis.    

 

Tu les as manqués,  dernière chance, le 17 janvier à Guer! 

 

 

 

  

 

 

  

mardi 13 janvier 2026

Les Zef et Mer avec Nozicaä , au Cap à Plérin, le 10 janvier 2026

 Les Zef et Mer avec Nozicaä , au Cap à Plérin, le 10 janvier 2026 

michel

Au suivant:  Nozicaä!

Tu as bien lu, pas de nausée, ni de Nausicaá, ( ça c'est à Boulogne, comme le salami, non pas Léa, ça c'est Salamé), mais bien Nozicaä!

D'accord chez Hayao Miyazaki, c'est bien  風の谷のナウシカ, Kaze no tani no Naushika, et c'est une inspiration, mais en cet-après-midi musicale, pas de manga, ni de mambo, mais de la musique bretonne à danser, ce qui est navrant quand le public est collé sur une chaise, on aura donc droit à un fest - deiz pour gens assis ( sans r).

L'aventure débute en 2025 quand  Dorian Creignou ( Gazag...) , guitariste et Baptiste Barbier ( Talskan, Zoñj...) , flûtiste traversière, décident d'enrôler une chanteuse pour donner plus de poids et de richesse à leur musique.

Le choix se porte sur  Sterenn Diridollou, que tu as peut-être vue sur le petit écran, si tu suis l'Eurovision, elle faisait partie de Alvan & Ahez qui a participé au concours en 2022.

Sterenn a d'autres projets, on en mentionne deux ou trois:  Mari-Louiz, Eben, Diridollou/Lavigne( à voir à Plémet le 31/01)......

Aucune trace discographique pour l'instant , pas de setlist non plus, le breton n'étant pas ta langue maternelle, on ne peut te proposer les titres des différentes danses interprétées.

Si tu es adepte de danses traditionnelles, tu peux t'imaginer que le public n'a pas entendu de salsa, de boogie woogie, de hip hop, de madison, de twist ou de lindy hop,  mais une dérobée, une gavotte,  une dañs plinn ou fisel, un rond de Loudéac, un an-dro font partie des possibilités.

Une première salve au chant saccadé, proche du  kan ha diskan nasillard, nous permet de constater que Sterenn ne manque pas de souffle, la flûte traversière virevolte, la guitare acoustique s'agite, le pied droit de Dorian passant d'une pédale à l'autre, car la loop station apporte un coloris innovant à la  composition.

Sterenn annonce une bergère (?) qui peut se danser en tour ( tu comprends en ronde), le texte a été écrit par Klariz Bailleul, une poétesse de Morlaix.   Pour accompagner son chant Miss Diridollou se balance  tout en rythmant la mélodie de mouvements de bras chaloupés, la flûte à plusieurs schtroumpfs gambade, la guitare  prend des intonations de bouzouki, la clientèle bat le plancher du talon.

 La danse pourrait aussi bien être irlandaise, celtique que bretonne.

Un Laridé 8 temps pour suivre:  la flûte dessine le leitmotiv, la guitare s'occupe des guirlandes et  la demoiselle de Coadout, de par son timbre clair et puissant, cadence le tout .

La 'Polka' importée d'Irlande fait aussi partie des danses traditionnelles, on avait mentionné le pied droit de Dorian, il vient d'ôter un sabot et le pied gauche, en chaussette, écrase une stompbox pour  accentuer le tempo.

Pendant les 3/4 de la danse il plaque les mêmes accords avant se lâcher en vue du terme.

Une dernière pièce de consonance hispanico-celtique clôture un set  énergique, fort  apprécié par les puristes.