mercredi 18 septembre 2019

Adam BOMB au bar le Comptoir à HENON , le 14 septembre 2019

14/09/2019 Adam BOMB au bar le Comptoir à HENON 


Soirée très spéciale à Hénon, ce samedi, avec la réception de Adam BOMB (Brenner) … quoique pas si spéciale finalement car le hard rocker, haut en couleur, s’y était déjà produit en décembre 2018, ça devient une (bonne) habitude !
 Adam Bomb, le retour ! 
Mais comment font-ils à Hénon ? 
L’Américain de 56 ans, figure du glam depuis les années 80, a conservé le look ad hoc : maquillage, longue coiffure, boots pointues et collants flashy près du corps. C’est un sacré client (ou plutôt invité ce soir) qui a débuté sa carrière avec Geoff Tate (chanteur mythique de Queensryche 1ère version). Grand fan de Kiss, il a auditionné pour eux en 82 puis lancé sa carrière solo avec Cliff Williams, bassiste d’ACDC. Très proche des Guns and Roses (surtout Axl Rose et Izzy Stradlin), il a joué sur scène avec plusieurs de ses membres ainsi qu’avec Johnny Thunders et Steve Stevens (guitariste de Billy Idol). Il a déjà 12 cd's à son compteur dont une partie posée sur la table qui lui sert de comptoir. Ses musiciens, sur la même longueur d’ondes colorées, se restaurent à notre arrivée dans un coin de salle mais impossible de les louper, ils ne sont pas habillés comme l’indigène !
 Le lieu est extrêmement agréable, vaste et aéré, d’autant qu’une grande ouverture vers la terrasse laisse entrer un air doux. 
Le van noir du groupe est garé en face de l’ouverture, un peu comme une extension du bar, il a l’air de s’y plaire.
 L’ atmosphère vraiment bon enfant encourage les sourires très nombreux sur les visages des patrons et serveurs, des clients … et des musiciens et leurs accompagnateurs (la fille d’Adam et la responsable du merchandising).
 Adam (en chaussettes et gilet à longs poils noirs !?) nous aborde pour sa traditionnelle tombola avec une simplicité et une bonne humeur déconcertantes : ‘only one euro !’ ‘Yeah, give me five’ shit, ce sont des tickets de loser, je m’en apercevrai plus tard. 
Des fans font une razzia sur les produits dérivés: cd's et t-shirts (à gagner) ainsi que 2 livres en anglais. Tout ce petit monde prend son temps sans se prendre la tête et on se sent bien, comme entre potes pris dans l’ambiance.
 C’est pas le tout quand même, on n’est pas là pour rigoler ! La musique reprend ses droits et c’est parti pour le grand cirque du rock and roll ! La guitare d’Adam se pare de ses plus beaux effets, illuminée par une quantité de diodes roses et bleues, allumées pile sur toute sa surface. Des étoiles de lumière rose sont dessinées sur les amplis. Le kit du batteur est éclairé par l’intérieur des toms. Le pied de micro est enveloppé par un boa en plumes (son truc en plumes quoi) roses et noires (on pense à Aerosmith et consorts). Le groupe est prêt, la balle est dans leur camp : entrée de jeu avec ‘Deuce’ (Kiss), ça monte au filet direct et ça ne s’arrêtera pas de tout le set … et match.
 Le musicien joue peu de ses compositions mais enchaîne, à la volée, des reprises qui font mouche, avec, dans le désordre : ‘Whole lotta Rosie’ (ACDC), ‘Pretty woman’ (Roy Orbinson), LA woman (Doors), ‘Hey Joe’, ‘Voodoo chile’ (Jimi Hendrix), ‘You really got me’ (Kinks) à la sauce Van Halen précédé de leur mise en bouche ‘Eruption’, qu’Adam maîtrise du bout des doigts sur ses cordes, léger comme un funambule. Il place même un surprenant ‘New York New York’ (Liza Minnelli, Frank Sinatra) repris en chœur par le public. 
On admire ce guitariste doué et hors pair qui gratte comme il respire et il en rajoute, le bougre, jouant d’une main et jusqu’à prolonger ses solos, instrument calé derrière la nuque !
Show man incroyable, les effets spéciaux en mode pyrotechnie ne lui font pas peur : feux d’artifice explosant au bout du manche de guitare, cymbales enflammées et il finira par allumer le feu au dos de sa guitare (et dans le public, surexcité, par la même occasion). 
Leo, le plus jeune, nous crédite d’un solo de batterie complètement déchainé et dopé par les ‘hey’ toniques des spectateurs.
 Plus tard, Adam, jaloux, s’empare d’une baguette pour participer au point de renverser la crash récupérée au vol par Kozzy, le bassiste. Ce dernier, outre le fait d’être un bon musicien, est un poseur, très sympathique, essayant de nombreuses positions de scène, toutes plus sexy les unes que les autres. You got the look, Kozzy ! 
Après un tirage au sort, indescriptible et peu orthodoxe, de la tombola, Adam bise la gagnante … et le gagnant, encouragé par l’assistance (public). Par décence, il n’ira pas plus loin, on a eu (un peu) peur car un de ces morceaux, repris par le public (l’assistance), dit quand même ‘Je t’aime baby, suce ma b.’ !! 
Adam c’est écrit, c’est de la bombe baby ! 
Le concert se termine par un dernier titre de ses chouchous de Kiss ‘Rock' n’ roll all nite’ qui convient parfaitement à son image. Alors armés de leurs smartphones, bassiste et batteur ne se privent pas de photos souvenirs.
 Les spectateurs, conquis, se lancent ensuite dans des selfies, acceptés avec gentillesse par tout le groupe, Adam en tête, peu avare de sa personne, y compris pendant le rangement du matériel. Sacrée soirée avec cet inoubliable artiste tellement r'n'r et qu’on remercie pour son énergie et encore plus, pour sa sincérité et son humilité désarmantes.

lundi 16 septembre 2019

Mary-Lou à la Salle Star ' Mor, Trémuson, le 15 septembre 2019

Mary-Lou à la Salle Star ' Mor, Trémuson, le 15 septembre 2019

Après une brève présentation de la nouvelle saison, un membre de l'association QuébeCeltie introduit le trio Mary-Lou pour un premier apéro-concert dans la salle Star'Mor à Trémuson.
Mary-Lou, tu dis?
Une copine à Ricky Nelson, aux Chaussettes Noires ou à Polnareff?
Lâche-nous, mec, et ne viens pas avec Danyel Gérard, ni avec Marilou qui danse reggae.
Mary-Lou est  né ( pas de e)  dans le Finistère en 1996, les instigateurs du projet se nomment Félicie Garric ( Mary) et Jean-Luc Brosse, quoi?, les cours... tu vas te taper une retenue, gamin!
Ce duo sévit également sous l'étiquette Jack et les Anémones.
A ces deux musiciens/chanteurs ( maniant guitares, violon, harmonica, kazoo, washboard, tambourin ) il faut ajouter l'excellent pianiste Stéphane Dhondt ( depuis 2007) et Benoît Perset aux drums ( absent aujourd'hui).
La discographie du groupe se chiffre à +/- 10 unités, certains albums sont désormais introuvables, mais pas le plus récent, baptisé 'Le goût de la liberté'.
Si t'avais pensé à Ricky Nelson, on n'ira pas te blâmer, l'univers de Mary-Lou sent bon les bayous, la swamp music, la country, le folk, le blues, le bluegrass,  avec une pointe de rockabilly , de Domino stomp, de honky tonk boogie,  de cajun ou de créole.
Le dernier méfait est chanté dans le vocable roman, excepté 'A hole in my pocket', sur scène, les chansons françaises ( des compos signées Brosse et/ou Garric) alternent avec  des reprises anglo-saxonnes ou des inédits, écrits en nouvel anglais, pas de panique, plusieurs séjours chez Tonton Sam leur ont permis de maîtriser le lexique local à la perfection.
' Comme un courant d'air', un extrait du dernier enfant, ouvre le premier set.
Du country folk à la française,  tonique et léger,  évoquant La Maison Tellier ou le vétéran Hugues Auffray , celui qui a fait connaître Bob Dylan aux Français.
Jean-Luc troque son acoustique pour un instrument électrifié avant de proposer ' The night they drove Old Dixie Down' composé par Robbie Robertson du Band.
Ce titre, ayant la Civil War en toile de fond, avait été repris, en son temps, par Joan Baez, la voix, limpide, de Mary s'apparente à celle de la chanteuse qui, en 2019, a fait ses adieux à l'Europe.
Seconde cover de la soirée, 'An American Dream' de Rodney Crowell , un hit pour The Nitty Gritty Dirt Band.
Place au seul titre écrit en anglais sur ' Le goût de la Liberté', Monsieur Brosse a les poches percées, ' A hole in my pocket' est du même acabit que les meilleures pièces de feu Dr.John, tu peux aussi penser à ' You never can tell' de Chuck Berry, même piano ravageur.
Mary a ramassé un violon pour attaquer ' La fièvre dans la Louisiane'.
C'est pas une maladie, non, tous les Cadiens vont au bal, ça va chauffer sur le bayou.
'Un grand vent s'est levé'  te pousse à réfléchir..
 Ton cerveau, embué, déterre la soeur de Joe Dassin,   la petite Julie qui avait adapté ' Bottle of wine' de Tom Paxton.
Les Harlem Hamfats, ça te dit quelque chose?
Non, les Harlem Globe Trotters, à la rigueur...
Il s'agissait d'un jazz/swing/jugband qui en 1933 ( dixit JL, d'autres sources avancent 1936) a enregistré 'Live And Die For You', on n'a pas de cruche, mais Mary s'est procuré un authentique washboard et un kazoo tout aussi archaïque, on vous emballe le jambon de Chicago.
Steve Goodman a composé la chanson  'City of New Orleans' ( un train  de nuit) en 1971, il l'a proposée à Arlo Guthrie qui devait la présenter à Johnny Cash, l'homme en noir en avait marre des train songs, Arlo l'a enregistrée , le gars qui fréquentait le restaurant d'Alice en a fait un tube, Joe Dassin s'en est emparé , c'est devenu ' Salut les Amoureux', on garde le texte original, avec une traduction fidèle d'un couplet.
Superbe version!
Après de plaisantes sonorités de clavecin sur ' A chercher', l'organisation leur signale que l'heure de la pause est imminente, faut que la buvette tourne.
On vous présente 'Joséphine', une coquine des bayous pour terminer la première mi-temps par 'Les hamsters'  , un ragtime jovial.

Pause, bière(s) et canapés!

Second set.
Il débute par un medley Bob Dylan, composé de Mr Tambourine man/ I'll be your baby tonight/ You ain't going nowhere/Just like a woman, suivi par un blues douloureux datant de l'album 'Courrier transatlantique', ' Assise sur la terrasse' .
'Take me back to the cotton fields' s'inspire du 'Cotton fields' de Lead Belly et nous plonge dans une Amérique si bien décrite par John Steinbeck.
Jean-Luc nous place un solo de guitare pas idiot puis ramasse le dobro pour 'Rivière noire' qui nous promène sur les rives de la Suwanee River, the blackwater river.
Cette formidable carte postale, exempte de moustiques et d'alligators, aurait pu se retrouver sur un album de Francis Cabrel.
Jean-Luc se confesse, ' Besoin du désert' , car  ...in the desert you can remember your name... et si je laisse un morceau de désert dans ton coeur, pardonne-moi!
En contrepoint voici la touche féminine ' Si le printemps revient' , beau comme du Gillian Welch ou du Lucinda Williams.
La setlist prévue est sérieusement secouée, le terminus est proche, c'est une première, les lead vocals de la drinking song, 'Drinking all my troubles away' sont pour le pianiste.
 Martha Jane Cannary est plus connue sous  le surnom de Calamity Jane, c'est après avoir lu 'Calamity Jane's letters to her daughter' que Félicie a pondu 'Calamity', proposant une autre image, plus tendre,  de l'aventurière s'étant illustrée lors de la Conquête de l'Ouest.
'Une fleur pour toi' aux lignes de guitare Dire Straits, termine un concert apprécié à sa juste valeur.

Trémuson, en l'absence de backstage vous ne nous verrez pas disparaître avant les rappels, ils sont prévus, don't panic!
On vous emmène à San Francisco, pas avec les Flower Potmen mais avec Jesse Fuller pour son ' San Francisco Bay Blues ' repris par un peu tout le monde, de Jim Croce à Eric Clapton en passant par Mungo Jerry.
Sur la lancée, on reste de l'autre côté de l'Atlantique, sur les rives du Mississippi, là où j'ai pris une gamelle, avoue le cowboy breton, pour  le nostalgique ' Way down home' , soit 'La Sirène du Mississippi' sans Deneuve et Belmondo.
En souriant, le trio a dédicacé ses CD's, tandis que le chapeau se remplissait de l'obole laissée par les auditeurs. 

Le 9 novembre à Saint-Germain des Angles.












mercredi 11 septembre 2019

Pat O'May lors de la Fête de l'Huître à Paimpol, Quai Neuf, le 8 septembre 2019




PAT O' May Paimpol le 8 Septembre 2019
 Quelle belle surprise de découvrir le ‘GRAND’ Pat O ' May à l’affiche de la fête de l’huître à Paimpol en fin d'après-midi le dimanche 8 Septembre 2019 ! A cette heure, l'écrin du port nous captive avec la présence des chalus multicolores, renforcée grâce aux reflets étincelants, attisés par un soleil généreux. Après les potaches Glochos, le public, ravi et bigarré, n'est pas forcément connaisseur de la musique du normand breton. Le sound check parait un peu long car l’ingé son reste pointilleux mais Pat le rassure : « ça va aller ! » et, en effet, le son s’avère à la hauteur : guitares tranchantes, voix claires et distinctes, batterie qui claque, basse détonante et clavier subtil. Le groupe, pointu et en forme, met tout de suite la gomme avec des titres rapides, soutenus par la basse qui décoiffe de Christophe Babin, et extraits parmi leurs influences métal dont le puissant ‘No religion’ chanté par James Wood. Ce choix aura pour effet de faire un premier tri dans une partie du public peu ouvert à ces sonorités et de réjouir l'autre partie qui, comme nous, apprécient pleinement. Pat, bien en voix, fait, ensuite monter l’ascenseur émotionnel par des solis de guitare juteux, plein de vigueur et de maîtrise. Les classiques des derniers albums studio (‘Behind the pics’ de 2014 déjà et son prédécesseur ‘Celtic wings’) sont délivrés avec envie : The Quest, Mickael’s calling (dont l’intro est , semble-t-il, dédiée au 1er rang un peu éméché sans doute à cause d'un bon accompagnement des huîtres), le vibrant Homeland, et l’hommage énergique à Alan (Stivell) the brave scandé par des ‘Hey, hey, hey !’ (… ainsi que d’autres titres que je vais détailler plus loin). L’artiste est toujours aussi attachant, généreux, abordable et jouant de grande simplicité et sincérité. Pour lui, l’échange chaleureux avec le public demeure une priorité et il ne s’en prive pas, toujours souriant, et peu avare de ses remerciements. C’est la même partition pour sa complicité avec les autres musiciens et pourtant James s’évertue à jouer les Buster Keaton mais c'est peu connaître la volonté de Pat qui finit par lui arracher un sourire ! Quelques variantes dans la set list la plus courante : ‘Black mountains’ tout en ambiance lourde comme la couleur du titre et l’orient (pas Lorient dixit Pat)alisante Eliz Iza. Grand moment du concert : le ‘Oh wild one’ (écrit mais jamais enregistrée par le regretté Gary Moore), marqué par l’appui enthousiaste du public qui a assimilé sans trop d’efforts le refrain ‘Oh wild one’. La fin du set nous embarque pour un voyage dans une suite de morceaux classiques mais tellement réjouissants : ‘Overlord’ habituellement transcendé par un bagad mais John Helfy, le batteur, n’est pas en reste, roulant parfois comme les tambours (avec prise de baguettes à l’allemande), ‘Whiskey in the jar’ traditionnel irlandais popularisé par les exceptionnels Thin Lizzy permet aux gorges déployées d’accompagner le groupe par des ‘dum a doo, dum a da’, Au final, la superbe reprise du non moins superbe ‘Soldier of fortune’ de Deep Purple qui ,par ‘the sound of a windmill going round’ (moulins peu présents au port de Paimpol j’en conviens), envoie des free sons nous hérisser le poil ! Arrivé à aimpol un peu fatigué, oh mais je suis reparti avec la banane et une pêche d’enfer prêt pour un nouveau WE avec ou sans hui¨ïtre ! PAT, merci pour ça et tout le reste mais ça fait 5 ans sans nouveaux morceaux, c’est pas possip gast !!
NO PO

lundi 9 septembre 2019

Outside Duo et Les Glochos lors de la Fête de l'Huître à Paimpol, Quai Neuf, le 8 septembre 2019

Outside Duo  et Les Glochos lors de la Fête de l'Huître à Paimpol, Quai Neuf, le 8 septembre 2019

Dixième fête de l'huître sur le port de Paimpol.
Les ostréiculteurs comptaient écouler plusieurs centaines de kilos du mollusque que les Paimpolais espèrent un jour voir labellisé à l'instar de la fierté de Cancale.
Et comme un soleil éblouissant illuminait les quais,  les écailleurs ont sué tandis qu'une foule dense faisait la file devant les échoppes pour gober les produits issus des parcs de  Port-Lazo, Plouézec, Lanmodez, Ploubazlanec, Loguivy, Pors Even ou de la Pointe de Kerarzic...
En Bretagne il n'y a jamais de festivités sans musique, les organisateurs ont décidé de proposer une après-midi musicale mêlant humour, tradition et folk ou rock celtique. Doivent défiler:Les Glochos ,  les Frères Morvan  qui ont été obligés d'annuler en dernière minute, suite à un malaise d'une des casquettes , Outside Duo , Pat O’May et le  Sonerien an Trev pour les interludes.

Tu débarques sur le quai Neuf vers 14:15', le bagad donne son aubade le long de l'eau en dépassant le temps imparti,  Outside Duo commencera sa séance à 14:40'.
 Antoine Solmiac (violon/chant/tambourin, manié du pied) et Julien Grignon (guitares/chant/ pédale de percussion et caisse de batterie ) s'ébrouent depuis 21 ans sous l'appellation Outside Duo, la page facebook du groupe de Pont-l'Abbé annonce que l'aventure commune devrait prendre fin en octobre, Antoine compte poursuivre le voyage sous une autre formule.
La paire  a enregistré deux albums studio et un CD/DVD live, 'Just Playing' de 2013 leur a valu le grand prix du disque du Télégramme.
C'est  derrière le podium que démarre le show, un violon frivole et une acoustique expressive ont entamé une invitation au voyage  mouvementée, si le fond est celtique, le texte évoque J J Goldman.
Ils emboîtent sur l'instrumental ' Kergaviny's' sentant bon les embruns et les vents du Finistère, le tout saupoudré d' une pointe de verdure irlandaise.
Paupières closes, tu imagines assister à un show de Riverdance.
Un cri rauque, suivi d'une entrée en matière rock, la gigue échevelée qui suit, avec le violon joué derrière le crâne,  secoue ferme.
Le duo alterne adroitement instrumentaux énervés et chansons poétiques, ces dernières devraient se retrouver sur un album qui tarde à sortir .
Après un nouveau texte romanesque, Antoine et Julien proposent 'Penn ar bed' ( le bout du monde),  un titre composé en contemplant les flots du haut d'un rocher tout  en essayant d'apercevoir au loin la Statue de la Liberté.
Derrière toi cela s'agite, la houle, des déferlantes?
Une clique de pas lavés, imbibés jusqu'au trognon, bouscule les badauds, effraie les gosses,  pour venir s'agglutiner face à la scène  et toi tu fredonnes en souriant ... Y a des marins qui boivent
Et qui boivent et re-boivent
Et qui re-boivent encore
Ils boivent à la santé
Des putains d'Amsterdam...
Sur le podium, le duo ne se démonte pas et donne les consignes, vous, à gauche, les vagues, au centre, le vent et à droite, les mouettes crieuses, le décor est planté, les éléments se déchaînent, c'est parti pour un reel d'enfer.
Les éponges deviennent ingérables, elles font le spectacle, faut se ressaisir , Paimpol, tu fais le bourdon,  on te prévient cette plage tout en onomatopées et vocalises ( Intro-spection?)  fait 7'40".
Les joyeux sont partis au ravitaillement en nous laissant le plus atteint.
Antoine en solitaire, le copain rapplique armé d'un archet, à deux, c'est plus facile, voici ' 2 en 1' , un exercice de  jonglerie époustouflant.
Retour des guignols pendant 'Le vent d'ouest', ils ébauchent un menuet, non repris dans le catalogue, pas moyen de les ignorer, mais il faut poursuivre vaille que vaille. Après une belle ballade mélancolique ( 'D'eau et d'air'?), les gars du Finistère proposent un dernier folk pop énervé.
70 minutes de générosité et de virtuosité, un groupe vivement applaudi , repoussé  sur scène pour un double encore, un Cali celtique ....c'est comment le bonheur... et le judicieux ' L'instinct nomade'.

Interlude bagad!

16:20, Les Glochos trépignent, ils veulent en découdre pour leur second set.
Les sonneurs du Trieux sont priés d'abréger leur sermon.
Paimpol, assez glandé, va falloir nous seconder, annonce le chef des inventeurs de la musique pechno ( marque déposée).
Sont trois, il y a l'ainé, qui a un gros nez, l'instigateur/parolier/prix mais d'ici, Franck Jegoux ( guitare et chant), et puis les autres, Hervé Bertho, celui qui a un melon sur le crâne ( violon, chant), il sévit au sein de Loened Fall ou The boys in the gap et Philippe Guyard, celui qui a un accordéon, il chantonne aussi, et joue de son instrument à bretelles pour l'Amanite chanteuse ou l'Ouf du Dyjau et les Tad  coz, e.a..
Zont gravé quelques plaques , dont certaines sont désormais introuvables, leur dernier méfait 'Tranche de rire: le répertoire des Glochos en 15 chansons' , tu peux te procurer l'objet sous la forme, soit d'une tranche de saucisson " juste un bruit doux" ou une tranche d'andouille "l'art de faire l'andouille" ( de Guémené) .
Les Pieds Nickelés ouvrent par un chant de marin aussi fin qu'une baleine, 'De Tréboul au Pouldu' , certains ont surtout retenu ..des CRS on fera de la bouillabaisse... ce qui n'a pas vraiment plu à Christophe Castaner.
Du coup, les rois de la biture rapplique sans leur gilet jaune mais avec leur rosé.
Allez tous ensemble, ' Rien à fout'.
Putain, les madames, vous n'êtes pas faites pour le chant, retournez à la cuisine, montrez leur, les gars!
Une petite voix: balance ton ...!
Nous on rigole, hop, hop, hop , tous dans le purin!
La cousine bretonne de Nina Hagen vient inviter  un chauve, qui  draguait ta jolie voisine, à entrer dans la sarabande, en le tirant vers elle, la créature renverse le Muscadet de l'athlète sur son T-shirt mettant en évidence sa musculature de rugbyman, tu te marres en douce, Musclor un peu moins!
Ambiance chez Bouglione!
On se déguise en députés, ministres ou sénateurs pour une valse/pamphlet baptisée ' La politique', qui rime avec Dominique, nique, nique...
Voilà, le morceau était sponsorisé par Sofitel.
Question: de quoi l'homme est-il le plus fier?
Florence: de son zizi!
Raté, de sa voiture, madame!
Je ramasse un banjo et après l'intro grandes orgues on attaque l'ode à la voiture avec laquelle certains ont un rapport particulier.
Tu es féru d'humour raffiné et littéraire , tu condamnes le rire grossier, le comique troupier, tu préfères Pierre Dac, Alphonse Allais ou Pierre Doris à Jean-Marie Bigard ou à Cathy Gauthier, le dixième degré et le gras, tu vomis, oublie les Glochos, ces bouffeurs de saucisson, d'andouillette, de camembert ou de rillettes...
On a écrit une lettre, pas à Elise, non, à Manu, 'Manutentions', une valse sociale criante de vérité.
Triste nouvelle, le comité organisateur nous signale qu'il nous reste peu de temps, deux chansons au maximum.
On a pensé aux ancêtres, ' Papi-Mami' est pour eux et avant la dernière, on vous passe la pub, nos CD's ne sont pas à vendre, on les donne mais vous devez payer l'emballage.
Après une leçon d'hygiène on se quitte avec ' Kenavo' , une adaptation breizh de 'Whiskey in the jar'.
Ne partez pas, mesdames, vous ne pouvez pas vous payer les Chippendales, on les remplace, vous y gagnez au change, admirez nos corps d'athlètes, Manou d'Elmer Food Beat peut se rhabiller!

Rideau!
T'es attendu pour l'apéro, bye bye Paimpol!
   




samedi 7 septembre 2019

Ladybug N'co lors de la Ballade avec Brassens, Kasino de Saint-Quay-Portrieux, le 6 septembre 2019

Ladybug N'co lors de la Ballade avec Brassens, Kasino de Saint-Quay-Portrieux, le 6 septembre 2019.

Au début des années 70, Georges Brassens  acquiert un bien à Lézardrieux, il y vient régulièrement pour se ressourcer loin des affres de la célébrité.
Depuis 2004, la  Bretagne rend hommage au plus illustre natif de Sète en organisant les Ballades avec Brassens , à l'origine, l'événement est  organisé ( à Rennes)  pendant  une journée où chanteurs et musiciens amateurs  interprètent le poète  dans une ambiance conviviale.
Très vite, après le succès de la première édition, le projet devient un festival orchestré en alternance à  Rennes et à  Saint-Brieuc.
En 2017, Saint-Brieuc déclare forfait, Rennes assure la ballade en 2018 et en 2019, Saint-Quay -Portrieux reprend le flambeau abandonné par la préfecture des Côtes-d'Armor.
Trois journées festives sont programmées: le vendredi 6 un concert gratuit de Ladybug N’Co à l'heure de l'apéro, au Casino, précédé  d'une   session enfants au Centre de Congrès.
Le samedi, toujours au Centre de Congrès,  Rodolphe Raffali et  Renée Garlène et enfin, le dimanche, on attend près de 200 artistes amateurs qui se produiront sur quatre scènes dressées devant la plage.

Le concert apéro de  Ladybug N'co est annoncé à 18:30', pour être certain de pouvoir t'installer à une table proche du podium, tu t'amènes, accompagné par celle qui supporte tes ronflements, vers 17:40.
Excellente décision, très vite, la foule afflue et les tables non réservées trouvent acquéreurs.
A 18:00, il te reste comme seules solutions, la station debout, collé contre un mur, ou les marches de l'escalier.
Le barman/ chef du service d'ordre admoneste quiconque s'installe à une table dressée et le rustaud qui s'avise de déplacer le mobilier, les malentendus s'accumulent, la confusion règne, il faudra attendre 18:45' pour que les musiciens, ayant enfilé la tenue de scène coccinelle, prennent place.
Tu t'attendais à un trio, ils ne sont que deux, Ladybug ( Sylvaine Henri, qui chante également du gospel) et un guitariste, sans doute le talentueux Eric Desfriches Doria.
Notre contrebassiste est coincé sur la route... tu parles, Sylvaine, faut pas confondre l'agglomération parisienne et le Goëlo!
Le préambule se jouera en duo, avant cela je vous lis un message de Georges, apporté par un pigeon centenaire.
Sonnez, hérauts, sonnez la marche triomphale, voici ' Les trompettes de la renommée'  .
Elle arrive aux vers très verts ... Dois-je, pour défrayer la chroniqu' des scandales,
Battre l' tambour avec mes parties génitales,... , s'arrête, nous regarde à la manière de l'institutrice contrariée, je veux vous entendre chanter, allez, on reprend!
La chorale paroissiale, docile, se charge du refrain tandis que deux ou trois ex-boyscouts, ayant appris le psaume lors de la retraite précédant la communion solennelle, accompagnent Sylvaine du premier au dernier verset.
Second chapitre du message du moustachu, au fond de la salle, une mamie courroucée se plaint, on n'entend rien... t'étais disposé à lancer  un crowdfunding pour lui offrir une audipuce invisible quand la prévenante chanteuse prend la décision de monter le volume avant d'attaquer 'Quand est con' qui n'était pas forcément destiné à la plaignante.
Tout cela est bien gentil, mais déjà le côté scolaire de l'exercice contrarie.
Tout sourire, la lady enchaîne sur ' Le pornographe' après avoir donné ses consignes aux mioches ayant repris le chemin de la classe depuis cinq jours.
Elle me dit, calme-toi, tu risques une retenue.
T'as arrêté de rire.
'Mourir pour des idées' achève l'exercice à deux.
Premier bulletin, nous ne parlerons pas de trahison, mais d'un manque de profondeur, accompagné d'effets de voix pas toujours indispensables, o k, on nous serine, c'est du swing, elle est généreuse et souriante, mais tu regrettes la pudeur et la retenue du poète.
Cinq minutes de pause, la contrebasse a atterri, elle s'installe et s'accorde, avec la guitare, elle fait ses gammes sur ' J'ai rendez-vous avec vous'.
Revoilà la diva sous les applaudissements nourris de l'assistance qui apprécie  son cours.
Une balade sur le  pont des Arts pour 'Le vent' , décoré d'une belle envolée jazzy de la guitare, puis, avec ton parapluie,  tu te retrouves sur la grand -route  pour chanter ' Un petit coin de paradis'.
T'as vu, là-bas?
Tu te retournes, le demi-frère de Jean-Paul Gaultier nous la joue Dalida, tu te marres, le carnaval, pourtant,  ne plaît pas à tout le monde.
Sur scène, Cupidon décoche ses flèches en mode cha cha cha, puis vient ' La première fille' , celle qu'on n'oublie pas.
Le malicieux Georges aimait les femmes: ' Marinette', la 'Jolie fleur'  malheureusement, dans une peau de vache, ' Marquise' , ' La princesse et le croque-notes', se succèdent.
L'hospice s'amuse et s'égosille et ne semble pas déplorer le côté music-hall de l'interprétation.
Près du bar, Dalida connaît quelques désagréments et se fait proprement éjecter de l'établissement.
La suivante, ' Si le bon Dieu l'avait voulu',  est interprétée en duo, guitare/voix, puis vient l'heure du quizz.
Saint-Quay, c'est qui la fille sympa?
Jeanne, Aline, Colombine, la femme d'Hector, Pénélope, Bécassine, Mère Teresa, Aïcha, Angie, Ségolène...
Vous n'y êtes pas: Hélène!
Souvenez-vous des 'Sabots d'Hélène'.
Tu dis, chère enfant: les musiciens sauvent le plan du naufrage!
T'exagères, c'est distrayant, même si le côté Annie Cordy peut lasser, surtout après 60 minutes, mais bon, je te comprends.
La lecture du  chapelet  prévoit ' La route aux quatre chansons', 'Brave Margot', le morceau  préféré du brave monsieur planqué derrière toi qui bat des mains à contretemps.
Brassens en mode burlesque!
En route vers la Corrèze, ' Hécatombe au marché de Brive-la-Gaillarde', puis vers la cité des papes... J'ai passé le pont d'Avignon, Pour voir un peu les belles dames...
Vont encore défiler, dans le désordre, 'Le mauvais sujet repenti' , 'La mauvaise réputation,' une agréable surprise cette version groovy,  la magnifique ' Chanson pour l'Auvergnat' , 'Jeanne',  façon pathos à la Edith Piaf  et enfin,   le texte de Paul Fort, ' Le petit cheval' .
Tu laisses le canasson regagner l'écurie au petit trot pour quitter la maison de jeu et retrouver ton chez toi en étant  légèrement déçu par ce début de soirée relativement anodin.
 

  

mercredi 4 septembre 2019

The Chapas by The Chapas

The Chapas by The Chapas


The Chapas, c'est Swann Yde, batteur et chanteur, et l(i pour t'éviter de songer à Julie Delpy ) olo Gurrey à la guitare et aux chœurs.
Quoi? Si Yde est né en mars.... t'es farce aujourd'hui, est-ce qu'on te demande si tu te nourris aux saucisses cocktail?
Et Iolo, rien à dire?
C'est le gars qui se produit sous la griffe Fingers and Cream?
Le même, indeed!
Il y a un peu plus de deux mois, le duo a fignolé un premier CD, baptisé The Chapas, Swann s'est chargé du graphisme, Albrecht Dürer n'était pas libre.
Tu ouvres le digipack et sur le volet de gauche tu lis: we are a self-produced D I Y blues rock duo from Brittany ( ils ajoutent France, pour t'éviter de songer à Brittany Underwood) and we LOVE rock'n'roll.
Ayant assisté à un concert des lascars à Plouha, tu confirmes cette assertion.
Dans le boîtier, à droite, une plaque contenant huit plages.


1 Call Me Up

2 I Will Leave You Man

3 Conclusion

4 99 Lives

5 Coming After You

6 Jungle Road

7 Follow Me Again

8 Tupelo


La diode laser hésite, un vrombissement jaillit, l'engin va décoller, il faut près de 60 secondes à la gratte et à la batterie pour entrer en action, 'Call me up' hurle Swann derrière ses fûts, call me on another day, ça sent le produit inflammable, prêt à s'embraser à la moindre étincelle, ce blues rock incandescent sent bon les blues power trios de la fin des sixties, à l'instar du Mountain de Leslie West, petite différence, les Chapas ne sont que deux!

'I will leave you man' , on aperçoit déjà tes yeux pétiller si on te dit Led Zeppelin, Taste, Blue Cheer ou Johnny Winter, guitar-driven blues rock, drumming furieux et raucous vocals, tu vas en baver, kid!

A fond la caisse pour 'Conclusion' rimant avec 'Revolution' , c'est où que t'as déjà entendu I'm gonna rock you all night long?

Moins drôle, le voisin du dessous s'est ramené, en pyjama crado, a cogné à ta porte, il ne semblait pas ravi et a marmonné... tu diminues le son, et sérieusement, de plus, tu arrêtes de battre le sol du talon où je te flingue!

Un sanguin, ce mec!

Donc, t'as troqué tes sabots pour des espadrilles et diminué le volume d'un cran.

Les Chapas, eux, s'en branlent et sur un tempo infernal, ils nous bazardent ' 99 lives' , t'as vite été chercher la carpette du palier avant de battre la mesure.

Ugly, ton chat, t'as regardé d'un air supérieur, l'air de dire, ça y est, le vieux pique une crise!

3'30"" plus tard, le slow blues classique 'Coming after you' réussit à calmer les ardeurs, une nouvelle fois c'est au Zep que tu penses, même sans John Paul Jones!

'Jungle Road': avant l'avènement de Jair Bolsonaro, l'Amazonie était une forêt tropicale, une jungle où la vie fourmillait, les Chapas nous guident sur une des seules voies traversant l'ex-poumon de la planète pour un second downtempo, méchamment groovy, évoquant Tony Joe White, Hamilton Loomis ou Otis Rush.

Décidément, les Bretons ont plus d'une corde à leur arc.

Lors du concert plouhatin, 'Follow me again' avait ouvert le set, cette épopée homérique nous balade pendant une douzaine de minutes en terres désertiques, massifs dunaires, rares pommiers de sodome, armoise, euphorbe, un fennec paumé, perfides scorpions des sables, toutes ces images mentales défilent sur la toile cérébrale.

Ugly, toujours ce damné chat,: "t'as pris quoi comme capsule, t'as les yeux hagards".

T'as rien répondu, tu t'es ouvert une canette de houblon pour écouter 'Tupelo' qui clôt l'album.

C'est dans cette ville du Mississippi qu'un certain Elvis a vu le jour, Iolo et Swann nous livrent un dernier blues, lancinant et hallucinant, pendant lequel ton esprit vagabonde et avance Uncle Tupelo, l'alt country band qui deviendra Wilco, puis il revoit le lyrisme d'un Peter Green, post- Fleetwood Mac , tandis que les dernières notes expirent.

On repasse 'Tupelo' en décapsulant une dernière bière.



Pas dégueulasses, ces Chapas qui se produiront au Truc Café ( Lannion), le 21 septembre.










dimanche 1 septembre 2019

Les Mouches qui Miaulent à La Fabrique à Paroles, Paimpol, le 31 août 2019

Les Mouches qui Miaulent à La Fabrique à Paroles, Paimpol, le 31 août 2019

On y va?
Le programme?
Les Mouches qui Miaulent!
Tu te fous de moi? Je veux bien qu'un chat qui avale des croquettes à base de mouches noires et de spiruline se mette à produire des vibrations alaires pouvant ressembler au chant d'amour d'une drosophila melanogaster, en rut, si c'est un mâle, mais une mouche n'a jamais produit de miaou miaou...
Il y a quelques années,  Eulalie Le Menn, Lola Cohen et  Zora Puech ont décidé de se transformer en soeurettes de Zobi pour chanter des chants traditionnels, issus des quatre coins du globe.
Elles se produisent a capella, sans amplification, et sans babouches, du moins pour l'une d'entre elles.
L'Image qui Parle a invité les inconditionnelles de David Cronenberg et de Michel Polnareff à se produire dans la coquette salle paimpolaise que tu déniches rue de Run Baëlan.
Il sera 19:45, les éternels retardataires  ont déposé leur séant sur un siège face à la scène improvisée, les mouches peuvent entamer leur bruissement.
T'avais repéré un papelard traînant sur sur le tapis, le destin t'es défavorable, il s'agit des lyrics de 'Bella Ciao' et non de la playlist.

Zora: bonsoir, nous sommes un jeune groupe, encore frais.
Effectivement, elles ne semblent pas nées au siècle précédent ou alors lors de la dernière décennie.
Pour débuter, le trio a opté pour un chant arabe que les filles interprètent en harmonie puis en polyphonie en canon prenant une forme d'ostinato, forcément obsédante.
Pour rythmer la mélodie, Zora fait usage de percussions corporelles en se frappant le thorax ou en battant des mains.
La maîtrise vocale, l'intrépidité et la fraîcheur des demoiselles ont d'emblée conquis l'audience.
Changement de cap, direction les States pour 'Down in the river to pray' , un  gospel/ African-American spiritual, repris, e a, par  Alison Krauss, Arlo Guthrie ou Lead Belly, les filles ont l'excellente idée d'y insérer ' A la claire fontaine', chanté d'un timbre aussi pur que l'eau de la source naturelle.
Selon les mouches ' Bella Mama ' est un traditionnel espagnol, le groupe Keruna affirme qu'il s'agit de ' Mbele mama' en Swahili.
Sur la BO des Choristes on retrouve le chant choral 'Caresse sur l'Océan', la version des Mouches est moins doucereuse, moins les Poppys , que celle du film, heureusement!
Elles enchaînent sur une compo originale, 'Rock this party', un gospel acrobatique qui peut plaire aux fans des Beastie Boys.
Puis vient une cumbia rythmée par les battements de mains avant d'entendre deux chants en hébreu d'une mélancolie  proche des laments.
Pour éveiller quelques assoupis, les jeunes filles proposent un morceau plus nerveux pendant lequel, travaillant sans filet, elles prennent tous les risques en évitant adroitement de nombreuses embûches.
Le tour du monde en chansons les voit revenir dans nos contrées avec la comptine ' Une bulle vole'  que ton petit-fils chante en maternelle.
Attachez vos ceintures, la suivante est chorégraphiée, nous avons, d'ailleurs, été pressenties pour la prochaine 'Danse avec les Stars', voici 'Tonight you belong to me', chanson  popularisée par The Lennon Sisters en 1956.
Paimpol, c'est la Bretagne, non, nous avons prévu un titre breton.
Zora assure le bourdon fond de teint.
Un des grands moments du récital aura été l'interprétation, tout en douleur  et en retenue, du chant de révolte des mondine chargées de désherber les rizières  de la plaine du Pô, l'immortel ' Bella Ciao'.
Après l'Italie du Nord, les miauleuses nous proposent une escale en pays slave avec une berceuse tchèque  émouvante, pour finir leur périple par 'Ayazin' un air kabyle envoûtant.

Voilà, le stock est épuisé, sourient-elles.
Le cousin de Landru: pouvez-nous refaire le ballet?
Et vlan, seconde mouture de 'Tonight you belong to me'  suivi par la gwerz en kan ha diskan et le premier morceau de la soirée aux couleurs du Maghreb .

Paimpol, faut pas exagérer, j'ai un train à prendre, cette fois-ci, c'est bien fini, venez nous voir du côté de Plestin la semaine prochaine...