lundi 14 janvier 2013

La blueswoman Precious Bryant ( 71 ans) perd son combat contre l'insuffisance cardiaque congestive et le diabète

Precious Bryant ( née Bussey) voit le jour le 4 janvier 1942 à Talbot County, Georgia.

Une histoire connue: avec ses soeurs, elle commence, dès sa prime jeunesse, à chanter à l'église et, à 9 ans, maîtrise la guitare, son père lui apprend les astuces du bottleneck et son oncle, George Henry Bussey, musicien de blues, lui servira de mentor, il lui fait écouter Muddy Waters ou Jimmy Reed.
Après avoir abandonné ses études, s'être mariée, elle se met à jouer et à chanter où on veut bien la laisser jouer et chanter, accepting tips in her guitar.
A son répertoire, des traditionnels country blues en provenance de sa Lower Chattahoochee River Valley region et des compositions  propres.
Precious sera remarquée par George Mitchell, une sorte d'Alan Lomax ( Ethnomusicologist) spécialisé dans le son en provenance d'Alabama/ Georgia... 'he discovered Georgia musical treasure', pour citer les biographes.
Le folkloriste enregistre Precious Bryant en 1969, malheureusement il n'y aura pas d'album, mais  la blueswoman est invitée à se produire au Chattahoochee Folk Festival.
Gros succès, suivi de  tournées aux States et en Europe.
Il faudra pourtant patienter jusqu'en 2002, plus de trente après les Field Recording Sessions,  pour voir son debut album chez les disquaires, ' Fool me Good', les vocaux doux et mélodieux, combinés à un jeu de guitare sec, frappent les esprits.
2005: 'The Truth' avec band, her son Tony Bryant on bass, drummer J.D. Mark, and even a second guitarist, Jake Fussell, on two tracks...
La même année, la  Music Maker Relief Foundation sort le disque 'My name is Precious', dernière oeuvre d'une artiste discrète.

Ce  12 janvier, à Columbus,  Precious Bryant devait succomber à la maladie!

dimanche 13 janvier 2013

Elvis accueille John Wilkinson au paradis des musiciens rock.

Un coup d'oeil au site de John Wilkinson nous apprend:.. back in 1968, John was handpicked by Elvis. The King immediately saw the musical talents of this 23 year old kid from Springfield Missouri.
Le King et le gamin deviennent amis et le  guitariste intègre le TCB- Band.
Taking Care of Business,  a personal motto Presley adopted in the early 1970s!
Le groupe a de la gueule:  James Burton (lead guitar), Jerry Scheff (bass), John Wilkinson (rhythm guitar), Larry Muhoberac (keyboards) and Ronnie Tutt (drums).
James Burton: rockabilly hall of fame, rock and roll hall of fame, a travaillé e.a. pour Ricky Nelson, Johnny Cash,  Jerry Lee Lewis, Elvis Costello, Roy Orbinson, Emmylou Harris et ma préférée, Suzy Quatro.
Jerry peut aligner quelques beaux noms: The Associations ( Along comes Mary) - Johnny Rivers, Nancy Sinatra, Neil Diamond, Sammy Davis jr. ...et, il est crédité sur L A Woman des Doors .
Pareil pour Larry, also known as Larry Owens ou  Larry Gordon: Tina Turner, Neil Diamond, Ray Charles, Barbra Streisand..
Et Tutt?
Spécialisé en country: Glen Campbell, Johnny Cash, Kenny Rogers, mais aussi Los Lobos, Jerry Garcia, Stevie Nicks...

John Wilkinson, avant le King: le folk band  The Kingston Trio , c'est pas rien - son propre groupe : The Coachmen qu' Elvis vint voir jouer au 'Whiskey A Go Go Bar' avant d'inviter le gars à rejoindre son TCB-Band.
John Wilkinson was Elvis Presley's rhythm guitarist from July 1969 until June 26th 1977!
Mais avant ça, il a le temps de sortir les singles' July,  You 're A Woman' - 'You 've Got Nothing To Be Ashamed Of'  et ' The Last Resort'.

Après le décès de Presley, John s'établit à L A et forme le band Justice qui, pendant 9/10 ans, jouera du Elvis dans les bars ou clubs.
Ensuite il abandonne la musique, travaille pour la société Radio Shack et plus tard an aircraft company.
En 1989, il est victime d'un infar , son bras gauche restera paralysé, finie la guitare, désormais il chantera.
Ainsi il participera à quelques tribute concerts.
 15 ans après le décès du King, une journaliste de 'Het Volk' se souvient d'un show mémorable à Kaiserlautern, en 1992, où des milliers de fans ont applaudi JD Sumner and the Stamps, les Jordanaires, John Wilkinson, Shaun Nielsen ( Elvis's back up tenor) et la soprano Kathy Westmoreland faisant partie des vocalistes de la star.
Pour la petite histoire, en 1999, la revue passe à Mol, avec Barbara Dex chantant Elvis en avant-programme.
Vendredi dernier, John Wilkinson devait s'éteindre chez lui dans le Missouri, il avait 67 ans!

samedi 12 janvier 2013

Cruz Control au Sounds Jazz Club, Ixelles, le 11 janvier 2013

Pour te rendre rue de la Tulipe ( à 35 mètres de la place Fernand Cocq) à Ixelles, pas besoin de programmer ton régulateur de vitesse à 60 km/h, tu ne dépasseras guère le 32 km/h, le problème consistera à caser ton tacot dans ce périmètre rouge.
Etonnement pour un vendredi soir , tu parviens à le larguer à 5 minutes du Sounds, un des plus anciens jazz club de la capitale.
Tous les adeptes de la blue note indigène sont passés chez Rosy Merlini et Sergio Duvalloni qui programment des artistes 6 soirées sur 7.

Menu du jour: Cruz Control.
Ce combo naît en 2004 sous forme de duo, piano/sax, avant de passer au quartet: Julie Dehaye ( Fender Rhodes): un background classique - François Lourtie ( tenor and soprano sax): The Wrong Object, Panopticon, La Cigarette sans Cravate... - le Grand-Ducal, Jérôme Klein ( drums): Canopée, Paragdim Junction... et Jérôme Heiderscheidt ( bass): Studio Ubik...
 De concerts en concerts ( Jazz Marathon,  l'Open Jazz Festival, l'An Vert à Liège, Comblain, Jazz à Huy..) l'envie leur vient de graver une rondelle,  "Le Comment du pOurqÙoi ?" sortira fin 2012.

22:00 c'est pas la cohue premier jour des soldes au Sounds, faudra encore patienter en compagnie de mademoiselle Stella..
22:30', extinction des feux, Cruz Control sur scène, sans Jérôme.
Lequel?
Le petit, pris ailleurs... derrière le kit, un autre batteur surdoué , Jens Bouttery, que tu as croisé avec le Winchovski de Lucien Fraipont.


' Bob et Cruz' , rien à voir avec Willy Vandersteen, comme toutes les autres plages du CD , un titre composé par Cruz Control .
Un démarrage en douceur, une petite rengaine fluette se colorant,  petit à petit, de teintes latino, brisure soudaine, quelques échappées free, un sax saccadé, une rythmique souple et un Fender grognon.
Si t'étais venu pour du mainstream, tu t'es trompé d'adresse, un nouveau break puis Bob et sa croix partent en funk contorsionniste.
Quoi, des points de repère?
Michel Sardou, Patrick Fiori, Mike Brant ... ça te va?
Tu veux une baffe?
Deux ou trois noms, alors: Weather Report, Trio (avec Jozef Dumoulin , Trevor Dunn et Eric Thielemans), Deodato, les Crusaders et autres chantres de la fusion...
' Wizz'  est indiqué sur le feuillet transmis par la gentille, mais pas rousse, Julie.
On a cherché et pas trouvé de trace de ce sorcier sur le disque.
Une ballade pain de sucre, un soprano enchanteur et un drumming ouaté.
Du lyrisme coloré.
Un assaut en règle amorce ' El Crabos' , une armée de tourteaux, de Kamtchatka, de grapsus grapsus ou grapsi grapsi, en latin, dirigée par un centurion belliqueux, ça va saigner.
Accalmie, le Rhodes grince, le volcan sax entre en éruption, basse et batterie grondent en sourdine, le climat est tendu...
 Mitraillage en rafales, sont vachement agités, ces enfants!
'Automastic' sera plus serein, la batterie entame un tic tac sinistre, un piano torturé se pointe, le sax se fait Stan Getz, la basse s'adonne à l'exercice solitaire, avant le retour du peloton qui annonce le terme de la ballade.
Que tu croyais, Jens, sournois, relance la machine qui cruise en pilotage automatique, ce qui te permet de constater que le coin s'est bien peuplé et apprécie la soupe.
Jérôme a composé ' Ten Tunnels' qui sent bon le  Herbie Hancock ou le Weather Report.
On achève le premier set par une adaptation de ' L'Amie d'Annie' de Steve Waring qui aime les sucettes.
Pas sûr que Delphine, six ans, de jolies tresses et des joues roses, eût raffolé de ce sax malade, caracolant abstraitement, tandis que Jérôme tabasse sa basse et que Jens cogne un faux gong acheté sur Ebay.
L'orgue s'éveille, comme les épinoches, têtards, amibes, araignées d'eau et autres peuplades du marais.
Le jour pointe, va faire chaud, pense à te désaltérer, Annie!
Tout bouge, ça fourmille ferme, c'est la récré.
Retour au calme avant de nouveaux remous aquatiques, d'abord un grouillement, puis une vibration, un tremblement, un tsunami, c'est sûr les assurances vont casquer!

Présentation des corsaires et pause!

'Tsar Moktary' de la fusion autocrate et bouillonnante, un groove fluctuant.
Encore une plage à la structure semblant complexe mais, finalement, d'une fluidité naturelle.
Les trois suivantes sont de la plume de François, ' Sunways' pour débuter.
Longue intro cérémonieuse aux drums/ claviers, le sax et la basse ronflante sortent de leur torpeur, direction le soleil, mais pas en ligne droite, des méandres et des bosses.
Tu te souviens de Sun Ra?
' Sélim'.
Sasson?
Vais me renseigner, peut-être un copain des janissaires.
Sélim hante la corde crossover/ smooth jazz à la David Sanborn ou Bob James.
Un mariage de raffinement et de funky vibes.
Pour les somnambules, ' Sleepless' .
Pendant tes insomnies, ton cortex visualise Gato Barbieri ou Grover Washington ( interprétant 'Just the two of us').
Un réveil en sursaut car la basse en slapping annonce un final secoué.
Le voyage approche de son terme, voici ' Melting-Pot' .
Son cathédrale, wah wah grésillante, le sax pompe, j'arrive, annonce Bouttery.
Tu te laisses porter par les vagues, tout baigne, soudain un break arabo-andalou imaginé par Heiderscheidt, le pot-pourri dégénère en délire sonore, tu vas boire la tasse, c'est sûr!
Bref retour au calme, puis de nouveaux mouvements de houle, au loin le chef de gare fait signe à Jacques Lantier de calmer sa fougue, on arrive au terminus.

Il est minuit cinquante, avec Cruz Control on a vu du pays: des plaines, des monts, des forêts vierges, des banlieues exotiques ... on s'est pas emmerdé, on rentrera chez soi avec des images plein la tête!

vendredi 11 janvier 2013

Phillip Henry and Hannah Martin à La Porte Noire, Bruxelles, le 10 janvier 2013

La Porte Noire, rue des Alexiens, 100 bières belges atypiques, 11 pompes, 80 whiskies de qualité, un univers Celte, rock et roots, des barmen qualifiés, le tout dans un cadre exceptionnel.... on ajoute: et un bruit de fond exaspérant pendant les concerts!

Première belge pour le duo originaire du Devon, Phillip Henry and Hannah Martin.
La presse folk de chez sa majesté ne tarit pas d'éloges pour décrire le son de ce projet relativement neuf :
 "Phillip Henry and Hannah Martin are bringing a fresh new sound to folk music...There is a chemistry to their playing which is both uplifting and captivating..." (Folk Radio UK).

Un album en commun  "Singing The Bones" sorti en 2011, mais Phillip a sorti plusieurs rondelles sous son nom, plus 'Love Songs and Trance Hymns' avec Tobias b Jacob, sous le patronyme de The School of Trobar.
Au UK, ils ont déjà foulé les plus grands festivals folk:  Cambridge Folk Festival, Sidmouth Folk Festival Ham Marquee, Oxford Folk Festival , Gate To Southwell Folk Festival e.a., sans oublier un passage à Glastonbury.
Un bel éventail d'instruments: deux dobros, une acoustique, une panoplie d'harmonicas, un timbre grave pour le barbu - deux violons, une acoustique, un banjo et une voix cristalline pour l'imberbe.
22h10', c'est parti!
An Irish traditional  ballad, que Phillip joue à la resonator, ouvre le bal ' Sheebeg and Shemore' .
Le gars fait montre d'une technique peu banale, il joue son dobro en lap slide et fingerstyle à la  Earl Scruggs ( small picks attached to the fingertips), après quelques trois minutes, la séduisante violoniste entre dans la danse et la Celtic tune, valorisant the  fairy hills of Sheebeg and Shemore, vire vive gigue ' When I get Home'.
Entrée en matière époustouflante, les buveurs d'atypiques se taisent. 
Brussels, it's our first gig of the year, on est heureux d'être chez vous, voici ' Death and the lady'  , une ballade mortuaire reprise par quelques grand(e)s: Shirley Collins, Norma Waterson ou
Bellowhead.
D'habitude ce titre est joué à l'accordéon, je le fais à l'harmonica.
Si la voix d'Hannah est  d'une pureté digne des plus grandes ( June Tabor, Sandy Denny, Maddy Prior..), le jeu audacieux et virevoltant de son compagnon aura secoué plus d'un intégriste: du folk à la sauce hip hop, quelques éléments raga et un étonnant beatboxing.
Une très grosse claque!
' Song for Caroline Herschel'
Qui, quoi?
 Caroline Lucretia Herschel, née en 1750, astronome germano-britannique connue pour avoir découvert de nouvelles comètes!
Du British folk classique, chanté à deux voix.
Phillip seul en piste pour ' I wanna boogie', a tribute to Sonny Terry, à l'harmonica.
Il a carrément mis le feu dans la cave, watch me now, sans les mains, seulement avec deux dents.
Une crise cardiaque dans la salle.
C'est qui, demande Fred?
John Mayall, répond Steven en vidant sa sombre trappiste.
Une dernière avant la pause,  ' Nail Makers Strike', un événement datant de 1862 qui reçoit un traitement reggae, les British ajoutant le refrain de  'Declaration of Rights' des Israelites dans leur pamphlet.
Très fort!

Pendant la pause, le stock de "Singing The Bones" diminue de moitié.

On repart par une composition personnelle au banjo/dobro et le filet superbe d'Hannah, ' Silbury Hill', suivi de ' Wichita' de Gillian Welch, une incursion dans l'univers country.
A propos d'une légende du Devon, ' Old Adam The Poacher', Shakespearean folk.
Lyrics, Bill Staines -  interprète, Nancy Griffith , direction Nashville:  ' Roseville Fair'... So long ago, but they still remember...When they fell in love, at the Roseville Fair... de la country sans faux pli.
Le gospel 'Keep your lamp trimmed and burning', de Rev. Gary Davis, annonce une seconde démonstration d'harmonica boxing, appréciée par la bruyante jeunesse locale.
La dernière:  'The Boy That Wouldn’t Hoe Corn',  un blues rural et traînant d'Alison Krauss, subrepticement le violon accélère la cadence pour imprimer un tempo chevauchée fantastique te rappelant ' Nine by Nine' du John Dummer 's Blues Band.
Ovation immense!

Un bis pour Phillip et son harmonica, ' Feeling Good', Steven was feeling so good que ta bière, pas atypique, faisait des bonds sur la table.
Great gig!
 




jeudi 10 janvier 2013

Blackie & The Oohoos au Beursschouwburg, Bruxelles, le 9 janvier 2013

Shit happens on Wednesday!
T'as croisé RickyBilly?
Shit Happens on Wednesday ( S.H.O.W.)= une série de shows organisés par le Beurs, ayant lieu dans le BeursKaffee.
Début 2013: Blackie & the Oohoos!

Pour répondre à ta question, l'Adonis de Molenbeek vaquait à d'autres occupations, mais la gent rock bruxelloise était bien présente: parmi les noctambules ou noceurs disparates, les inévitables  Ivan Nervous Shakes et sa redingote, Fred Cerise et son pépin, Yves et sa Hoegaerden, Vincent et sa Maes.... sobriété bannie sera le mot d'ordre.

Blackie & The Oohoos
Un bail que tu suis le parcours de cette pouliche de chez Bestov!, tu la vois au Trix, en février 2009 dans le cadre de We Are O'pen, d'autres gigs à Bruxelles ou à Anvers, un full CD ( titelloos) en 2010 et, fin 2012 , un second album “Song for two sisters” produit par Pascal Deweze.
Les femmes-poissons, Loesje et Martha Maieu, ils sont nombreux les chroniqueurs à comparer leurs harmonies vocales au chant des sirènes séduisant d'intrépides marins pour mieux les occire, sont toujours accompagnées par le fabuleux Milan Warmoeskerken à la guitare- aux drums, un revenant, Alfredo Bravo - à la basse ou aux claviers, désormais, Hannes D'Hoine ( DAAU, This Immortal Coil..).

21:20' du mouvement sur le podium, avanti, tous frontstage.
A spooky track to begin, ' Song for two sisters', une intro lente, ténébreuse pendant laquelle l'accordéon de Loesje se greffe sur la guitare Americana de Milan, puis les deux voix en harmonies, 'Twin Peaks' te souffle un voisin, il n'a pas fallu deux minutes pour baigner dans un étrange climat psychédélique et ensorcelant.
Quel art divinatoire, les soeurs Maieu utilisent-elles pour  subjuguer de la sorte?
' Black Hole' on va jamais sortir de ce trou noir, immensément profond, dans lequel  nous entraînent Aglaopé et Thelxiépie.
Le conte de fée risque vite de se transformer en film d'horreur.
 Sur leur premier CD, ' Nemo', les sisters manient une kyrielle d'instruments: accordéon, Korg, xylophone, shakers, Casio, orgue, tambour,  mais ce coup-ci, Loesje a déniché un aérophone à air ambiant primitif qu'elle secoue comme une aborigène de Papouasie
...One night I met this man from Reno
he held me so strong in his arms
his eyes much brighter than the rainbowlight
dancing on the rhythm of our heart...
La twangy guitar et le chant enchanteur ont vite fait de t'envoûter, mais, Nemo, ce visionnaire , ce  Myrddin Wyllt a beau posséder le pouvoir de tout t'offrir, il y a un prix à payer....  soon we're all gonna die... on ne nage pas dans l'optimisme béat.
Toujours la mélancolie aux accents psychédéliques, ' Sad & blue', suivi d'une scary waltz hypnotique,  'You' ( sur le premier album)... you're the finger on the trigger... murmurent -elles tandis que le guitariste dégaine.
Que faire?
S'aplatir sous les claviers en retenant son souffle.
Changement de cap, un titre dansant te rappelant Lykke Li, ' When light falls in', petit orgue Farfisa et scratchy guitar riffs.
 Some female crooning, 'Young running wild ones', le timbre de Loesje s'envolant haut dans des cieux pas forcément couleur azur.
Le péché originel ... I am born 'As a sinner'...faut faire gaffe, le malin rôde.
'Misty Boys' sur fond d'harmonium, un sermon à la David Eugene Edwards.
On nous promet un titre calme, plus ancien, ' Silly Game' , avant de clore le set par ' Joey' un bizarre mix te rappelant à la fois le 'Jolene' de Dolly Parton par la scansion  et le 'Wild Child' des Doors par le riff répétitif exécuté par Milan.
Un bref salut avant de rejoindre les coulisses.

En bis, une dernière perle, 'Alone Again'.

Le 22 février Blackie & The Oohoos seront au Cactus à Bruges!






mardi 8 janvier 2013

WinterJazz Festival Marni - Flagey 2013, du 15 au 26 janvier 2013

Sixième édition du Winterjazz aussi connu sous le nom de Jazz Festival Marni Flagey.
Il se déroulera du 15 au 26 janvier des deux côtés de la Place Flagey à Ixelles, au Théâtre Marni , 25 rue de Vergnies, et dans trois salles de  l'Espace Culturel ( les Studios 1, 4 et 5) dont l'entrée se trouve place  Ste-Croix.
Un menu varié et hétéroclite: des artistes internationaux  confirmés: le Matthew Herbert Big Band ou le Christian Escoudé Quartet - des talents locaux: Mâäk de Laurent Blondiau avec, en guest, la guitare avant-garde du français Marc Ducret, Jeff Neve ou Sal La Rocca, en leader pour l'occasion - des découvertes à faire: Too Noisy Fish, avec le copain de Jeff Neve, Teun Verbruggen aux drums, Labtrio avec cet autre franc-tireur, Lander Gyselinck - une incursion dans le classique avec le Brussels Philarmonic interprétant  Shostakovich, Gershwin ou Stravinsky s'essayant au jazz - une soirée consacrée au jazz européen avec le Kaja Draksler’s Acropolis Quintet de Slovénie, les Finlandais de Elifantree et l'experimental avant-jazz trio hexagonal MeTaL-O-PHoNe!
La Cinematek/Flagey en profite pour programmer une série de longs-métrages consacrés au jazz dont le merveilleux 'Round Midnight' de Bertrand Tavernier.

Un pass deux concerts vous coûtera 25 ou 30 Euros!

Le programme et les infos pratiques sur les sites du Marni ou de Flagey.

dimanche 6 janvier 2013

Finale Zennetoer 2012/2013 au CC 't Vondel, Halle, le 5 janvier 2013

Apothéose du sixième Zennetoer dans le magnifique Vondel à Halle.
Pour deux maigres euros, tu verras les cinq finalistes, rescapés d'une série de rudes présélections et, pendant que le jury, armé ( chaque membre) d'un six-pack de houblon d'une marque non citée, délibère après l'ultime épreuve, les spectateurs auront droit à un sixième groupe, non retenu pour la finale, mais récompensé comme meilleur perdant lors des qualifications.
Au palmarès de ce concours figurent quelques groupes pas idiots: Zonko, Aedo, Lapaz, Too Much and The White Nots et Let Lewis Live.

20:10 un barbu, de vert vêtu, vient présenter le jury, nous expliquer le mode d'emploi du vote des spectateurs et annoncer le début des hostilités, sur scène PolarJacket, les vainqueurs du critérium s'étant déroulé à Dilbeek.
Sont quatre: Reinhard Deman (Vocals) - Andy Maes (Guitar) - Steven de Prins (Bass) - Gerwin François (Drums), ils ont décidé d'enfiler le vêtement hivernal début 2011, ils se sont distingués au 'Comma Rocks' Rally, se sont retrouvés nominés ' talent van het jaar' chez Cutting Edge et, après leur prestation de 20 minutes d'hier, on peut affirmer, sans hésitation, que ce quatuor a un bel avenir devant lui.
Ils qualifient leur cocktail d'indie/post-rock atmosphérique, c'est pas  débile, mais ne va pas les comparer à Sigur Rós ou à Mono, leur magnifique premier titre, ' III-Fated', s'il sonne post-rock, est décoré de subtils éléments soul à la Jamie Woon.
Incroyable qu'un groupe n'ayant pas deux ans d'existence fasse preuve d'une telle maîtrise, à la fois scénique et au niveau composition.
 Le groovy ' PolarFunk' confirme la première impression.
A slower one, le radiophonique  ' Wanderland' qui sera suivi par ' Morning Stardust' , du romantisme indie devant plaire aux jeunes filles sans refiler une éruption cutanée acnéique à leurs petits copains.
Titre dansant et set concluant, apprécié à sa juste valeur.
Déjà un favori pour les médailles!

Fools And Dirty Lovers, uit Londerzeel, naissance: 2009!
Lauréats de la première compétition à Gooik.
Vocals: Charlotte-Lara De Cort - Guitar: Jotie Groenwals - Guitar: Tom Van Raemdonck-  Bass: Michiel Nuytkens -  Drums: Serge Van Eeckhout.
L'animateur promet du poprock psychédélique.
Charlotte-Lara, fringuée Woodstock: nous sommes cinq étudiants en pleine période de bloc mais sommes très contents d'être ici.
' High Hopes' un soft rock éthéré porté par la voix limpide de la blonde chanteuse.
Le groupe cite pas mal d'influences, on oublie Bloc Party ou Portishead pour retenir Florence and the Machines et, au vu de l'accoutrement de la donzelle, quelques références au flower power.
' Bathing in beauty',  tous à poil, make love not war, avec un final shoegaze.
Pas des manchots, les guitaristes.
' Don't shake me out', le planant côtoie le postrock et pour clore le set, leur plus ancienne composition, ' General Love', au refrain catchy, un morceau énergique et convaincant!
By the way, Halle, on cherche un autre nom de baptême, toutes vos suggestions seront étudiées.

Elle a 18 ans, elle vient de Dworp, elle a conquis Ternat avec un Freaky Age dans le jury, voici Roos.
Roos Denayer, le franc-tireur,  suis la première surprise de ma place en finale, je ne fais pas du rock, I am a singer/songwriter.
En 20 minutes et six titres, armée d'une paire de guitares, le joli minois a enflammé une bonne partie du public avec son acoustic folk/pop proche des Lucy Rose, Gabrielle Aplin, Lianne La Havas et autres teenage sensations.
Une première salve ensoleillée, chantée d'un filet clair, 'Cats'  , un arrière-plan reggae à la Jason Mraz.
Rengaine idéale pour oublier la grisaille.
Les deux suivantes ont été composées avec une amie et trempent dans le même liquide transparent.
Shit, ces  micros récalcitrants refusent de m'obéir, la petite rougit.
Le premier morceau qu'elle a composé te rappelle Selah Sue à ses débuts, ensuite vient le charmant 'Listening' , pondu en cinq minutes.
Je termine par une primeur, 'The Hunter' n'a jamais été interprété sur scène.
Le gibier n'a rien à craindre, il s'agit d'un chasseur de papillons.
Un jeu de guitare plus élaboré que celui des gamines citées ci-dessus, Roos a tous les atouts en main pour contredire François de Malherbe:
 Et rose, elle a vécu ce que vivent les roses
L’espace d’un matin....

To The Rescue
 Palme obtenue à Sint-Genesius Rode, les secouristes de Gent existent depuis 2008 et ont sorti trois rondelles : Commander (2009) et To The Rescue (2012) et le  EP We Are To The Rescue (2011).
 Mattias De Backer: guitar–voice, Ruben Masson: bass - bass synth , Stijn Claeysier: drums ne sont donc pas des néophytes, ça se sent!
Halle entendra un premier combo franchement rock.
Tu classes To The Rescue dans le tiroir power rock trio.
' The Commute', du carré, de l'âpre témoignant d'une saine dose d'agressivité.
Pas étonnant que les membres de l'équipe citent Waldorf, Horses on Fire ou  Wallace Vanborn comme groupes belges préférés.
De l'efficacité et du punch!
' Cold, Cold Night' , classic rock aux relents Golden Earring, la suivante, ' On the road' , nage dans les les mêmes eaux avec en prime un agréable parfum prog.
Et voici l'ode au nouveau bourgmestre d'Anvers, avec une pointe de second degré, ' The Slender Leader' , du hard d'avant le régime Rika Zaraï.
To The Rescue aura fait preuve de métier, de conviction et d'allant.
Leur rock sans fioritures a convaincu les plus sceptiques, Henri Dunant en tête.
 Un outsider pour le tiercé! 

Emperors of Decay
Néron, Tibère, Galba , Commode?
Non, Patrick Mues ( vocals, guitar) , Kenneth Matterne ( Guitar), Alain Mues (Bass) et Erik Thomas ( Drums) se sont proclamés empereurs pourris en 2010, ont atteint la demi-finale du Humo's Rock Rally  la même année et ont terrorisé quelques salles ou festivals de notre bel empire ( Maanrock, le Trix, l' Alcatraz Metal Festival...).
Les Louvanistes ont remporté haut la main la manche disputée à Alsemberg.
Le Ray Cokes local sort son feuillet pour lire "ils jouent du speed punk hard rock proche de Mireille Mathieu", quoi qu'il en soit, les affreux ont emmené une cohorte de fans, perfectos sentant la rose flétrie, T-shirt Guns' n Roses ou Hanoi Rocks, des mecs et leurs gonzesses musclées, carburant sec et gueulant fort.
Entrée en matière tonitruante... Halle, Wake the fuck up... une 'Intro' faisant passer les membres d'Iron Maiden pour des figurants de la Cage aux Folles.
Enfin, du rock, du vrai, joué par des mecs ayant la tronche de l'emploi et des couilles en béton.
'Shit for Brains' du AC/DC ayant sorti l'artillerie lourde.
Sur scène on a droit à une chorégraphie à rendre jaloux Rudolf Nureyev, Wacław Niżyński et JohnTravolta.
Estoc et taille, les duels sont sans merci, le drummer martelant comme un boucher d'abattoir, ça gicle de partout.
'Teenage Ass' tout aussi aristocratique, un sérieux kick in the ass des teenagers et des autres aussi!
L'éloquent 'Mad Demon' clôt la démonstration.
Un set sauvage et tonique, tu les pointes en tête des suffrages!

Le public rentre ses votes, le jury cogite, pour patienter, le Zennetoer a eu la bonne idée de repêcher un candidat des éliminatoires, promu groupe le plus prometteur n'ayant pu obtenir une place en finale: Low Detail!

Un jeune groupe de Teralfene sélectionné pour le Humo's Rock Rally 2012.
 Jarno Huygh : Bass + Vocals-Daan Marissens : Lead Guitar + Vocals-Jonas Duchi : Rhythm Guitar-Thomas Erseel : Drums + Vocals pratiquent un punkrock juvénile passablement passe-partout.
Tu peux penser à Blink 182 , Sum 41, Good Charlotte et autres groupes plaisant  aux collégiens boutonneux. C'est frais, plaisant, gentil et relativement anecdotique.
Bizarrement, la prestation ( neuf titres) des gamins fut la plus longue.
' One last time' - 'Distiller' - 'Mr Beer'  tous des hymnes adolescents pouvant servir de bande sonore à une potacherie du style 'Porky's' .
Jarno: approchez, approchez, braves gens, je ne vais pas vous cracher dessus, m'appelle pas  Johnny Rotten, la suivante sera calme, 'Late Night Girl'.
Nouvelle suite de bubblegum punk tracks: ' See you walking', ' Anything else' - ' Fading Away', puis un intermezzo comique, le Prince Carnaval anno 1967, bourré comme une armée de Polonais, monte sur scène en titubant pour encourager la jeunesse de plus près.
Un nouveau morceau ' To the end of the world', papy fait de la résistance tout en la jouant go go girl.
Il a fallu 5 bonnes minutes pour qu'un responsable l'invite à aller boire une pintje au comptoir ce qui, dans son cas, est moins dangereux qu'une séance d'aerobics sur le podium.
Folklore pas mort, vite une dernière ' Bloody Naïve' et bye bye!

Les résultats:
Facebook prize: Emperors of Decay!
Prix du public: PolarJacket précède Roos et To The Rescue.
Prix du Jury: 1 Emperors of Decay
                      2 PolarJacket
                      3 Roos

Champagne pour tout le monde!