dimanche 20 novembre 2011

Bernard Lavilliers au Théâtre National, Bruxelles, le 18 novembre 2011

Dans le cadre du Vrijheidsfestival/ Festival des Libertés, une organisation de l'ASBL Bruxelles Laïque, le Théâtre National accueille Bernard Lavilliers, après avoir reçu Marianne Faithfull la veille.
En dehors de différents concerts ( au National ou au KVS), le public peut assister à des séances cinématographiques, à des débats, à des pièces de théâtre ou aller jeter un coup d'oeil à l'espace expositions.
Programme copieux étalé sur 10 jours ( du 17 au 26 novembre).

Bernard Lavilliers

est prévu à 21h, et, à ce point horaire, la salle est loin d'afficher complet, le public présent, n'étant pas forcément un assidu de concerts, se met à battre des mains nerveusement à 21:01', faudrait, un de ces soirs, les inviter chez Madame Moustache où le retard peut avoisiner 89'!
21h05', le deejay a choisi un thème world, arrivée imminente du Stéphanois?
Détrompe-toi, Godefroid... sur un écran, invisible pour les dizaines d'auditeurs collés au podium, on projette un docu/fiction sensé se dérouler au Yemen, la bande défile pendant 10', quelques applaudissements et nouvelle musique d'ambiance.
Admiratif, tu contemples l'impressionnante batterie d'instruments occupant le podium en te demandant combien de musiciens accompagneront l'ancien boxeur de Firminy, lorsque deux loustics se pointent pour une présentation bilingue concise.

Lights off, trois minutes dans l'obscurité, Bruxelles s'impatiente, ma voisine donne une baffe au gars derrière elle, me demande pas pourquoi et, enfin, Nanar et ses musicos apparaissent!
La fine équipe multi-instrumentiste: Xavier Tribollet: claviers, guitares, batterie ( Yael Naim, Clarika..) - Olivier Bodson : guitare, trompette, bugle ( Laurent Doumont, Marc Lelangue...)- Marco Agoudetse : saxes, basse, flûte, violoncelle, percussions ( Bob Sinclar, Michel Delpech...)- Gilles Gimenez : batterie, guitare, cajon ( Tonton Falcone, Murray Head, Tina Arena, Alizée, Mylène Farmer..) + le gladiateur sexagénaire (voix, acoustique, pas de danse, gestuelle dramatique...)
Une entrée en scène théâtrale, un accordéon langoureux, du fond de la scène retentit la voix caractéristique de l'éternel révolté:
Dans la brasserie du nord de style 1900,
Les voyageurs payaient en or trébuchant,
Rongés par le cancer infernal de la fuite.
Vivre déraciné, vivre tard, vivre vite...
'Eldorado' sur 'Nuit d'Amour', déjà un pincement de coeur et, à tes côtés, Lucille et Gaëlle reprenant les lyrics de cette plage pas trop connue.
Un seul titre et toute la salle, le sourire aux lèvres, est prête à vibrer.
Elle vibrera pendant près de deux heures, Lavilliers en fera ce qu'il voudra!
Présentation des complices, tout le monde a son ticket pour la Big Apple?
Go: ' New York juillet', titre chaloupé, moite, sensuel, vaguement reggae!
Quelques flashbacks illuminent les lyrics: Patti Smith, les New York Dolls... et un premier duel sax/trompette à vous couper le souffle.
La version album a été arrangée par le Spanish Harlem Orchestra: ' Causes perdues', salsa time avec le poing levé, horn & trumpet vont nous rendre fou!
Changement de continent: l'Angola, 'L'éxilé' toute l'angoisse de l'immigration sur background d'accordéon virevoltant, laisse Mylène chanter 'Désenchantée' pour ses désarrois amoureux, le désenchantement chez Lavilliers a d'autres racines!
Nordeste du Brésil, la musique du Forro, le formidable ' Sertão' aux images fortes:
...Pour te donner un avant-goût de vacances intelligentes. Ceux qui vendent du soleil à tempérament. Les cocotiers, les palaces, et le sable blanc, ne viendront jamais par ici. Remarque il paraît que voir les plus pauvres que soi, ça rassure. Alors allez-y, ici, tout le monde peut venir, ici il n'y a rien...
Filmique, mélancolique, authentique, à 1000 lieues du Club Med.
Sorti en 1980 ( 'O Gringo') ce titre conserve toute sa force évocatrice.
Bruxelles bat des mains, sautille, trépigne!
Une chanson d'amour pour une inconnue des Caraïbes: ' Sourire en coin', un violoncelle sensuel souligne le caractère lascif du morceau.
'Les aventures extraordinaires d’un billet de banque': Dexia, BNP... dans la tourmente, écoute, petit, me disait mon vieux, ne dis jamais du mal des riches, on ne sait jamais ce qui peut t'arriver...
Une histoire de maffioso en col/cravate de mèche avec le gouvernement.
Swing time: ' Funambule', un Hammond juteux et Bernard se la jouant Nougaro.
Solo à l'acoustique pour la vulnérable et poignante ballade 'Betty'.
Engagement, générosité, tendresse: du grand Lavilliers!
Encore plus fort: 'Petit' décrivant l'univers de l'enfant soldat, l'enfant machine à tuer...Johnny Mad Dog en chanson, difficile de ne pas réprimer un sanglot, et ce bugle sinistre de s'attaquer à tes entrailles.
Retour aux rythmes enragés sur fond rock musclé ' Le clan mongol'.
Surprise avec la suivante qu'il ne jouait plus depuis des années: 'Idées noires' a une histoire, je devais l'enregistrer à Paris avec Rickie Lee Jones, elle était pétée et stoned tous les jours, c'est Nicoletta qui s'y est collée, c'est devenu un hit monstrueux, Bruxelles vous remplacerez Nicoletta!
Le délire!
Un impromptu trompette/sax pendant 'Identité Nationale, la plage préférée de Sarkozy et de sa brune oie blanche.
Ce pamphlet jazzy n'est jamais passé sur les chaînes nationales:
...La nuit sur internet partage tes insomnies et des flics des rois, tu deviens repérable sur ton adresse IP
t’es cerné en croyant que t’es libre.
Le blues..
Parano, Lavilliers?
Lucide!
Funk sur le tartan: 'Je cours' précédant 'Solitaire' ou Lavilliers goes Kingston, du ska bouillant!
G G au cajon pour ' Les mains d'or', de l'exotisme social, un superbe hommage aux prolétaires, aux manoeuvres, aux humbles s'échinant sur les machines mais refusant le chômage.
Chaleur humaine et émotions: sublime Lavilliers, malgré un début de grippe, Bruxelles à genoux!

Un salut, bye, bye... ils vont revenir, aucun doute!
Bis
Solo à l'acoustique: 'On the road again', l'ai chantée en dormant.
Si j'avais su je t'aurais accompagné, te signale Madame le lendemain, tu souriais en la fredonnant.
Avec band, une effervescente 'La Salsa' pour finir en beauté!

Pas question de le lâcher pense Bruxelles, une longue séance d'applaudissements et un second retour: en clair obscur, 'Attention fragile' .
Génial, soupire Fanfan.
J'ai failli l'embrasser!

vendredi 18 novembre 2011

Marcus Malone au GC Nekkersdal, Laeken, le 17 novembre 2011

Le concert mensuel de la Brussels Blues Society ( en collaboration avec le VK, comme le précédent) se déroule au Nekkersdal.
Constatation amère, une nouvelle fois, les organisateurs déplorent la désaffection massive des bluesfans bruxellois, que leur faut-il!
Un show exclusif de Marcus Malone, c'est pas une affiche alléchante ça, bordel de ce que tu veux?
Les absents eurent tort, mais c'est pas une consolation, fiston!

20h50'
Le temps d' avaler quelques mousses et une ou deux eaux plates pour Foto Luk Waters, un cousin éloigné de Roger, et un responsable local saisit le micro pour une présentation bilingue plus que fantaisiste, on cite: Marcus Malone, un type avec une voix comme une cloche... heureusement, l'empereur de Detroit ne semble pas comprendre le grec!

Marcus Malone
is a hard rocker turned soulful blues man...dixit Pete Feenstra qui chronique son dernier CD 'Let the sunshine in'.
Bien vu, peï!
Une voix chaude, un mix Paul Rodgers, Robert Plant, Robert Cray et des compos qui suintent ou rockent méchant, on s'est pas emmerdé à Laeken, surtout que la lead guitar de Stuart Dixon valait à elle seule le prix d'entrée, un crack ce mec!
A l'aube du 21è siècle M M quitte le Michigan pour s'établir à Londres, il avait déjà sorti un LP, ' Marcus', rangé sur l'étagère heavy metal.
'Let the sunshine in' est le n°5 de la série et navigue dans les eaux blues/soul/bluesrock/boogie.
Il viendra défendre cette plaque accompagné par le déjà nommé Stuart Dixon ( Never the Bride, Geno Washington, Eddie Floyd, Pauline Black...) à la lead guitar- le discret Norvégien Sjur Opsal à la basse et Chris Nugent aux drums (The Royal Cartel, Ellie Lawson, Imma...).

From the 'Blue Radio' album, le très rock et juteux 'Hear my train' , le flamboyant Stuart sous les spotlights, façon de parler les lights sont fades, c'est pour l'ambiance, zei de gast aan de tafel, Luk, le pacifiste, a voulu l'étrangler: deep toned solos and speedy licks et tu ajoutes le timbre noir de Marcus , le récital ne pouvait commencer sous de meilleurs auspices.
' If I had another chance' , si le shuffle à la Stevie Ray Vaughan c'est ton dada, tu vas aimer cette galopade.
C'est du blues?
Ouais, écoute ça: baby, c'est pas moi que t'as vu avec une autre nana, c'est Stuart, il me ressemble un peu, non?
Tu parles, Charles: comme James Brown ressemble à James White!
Une petite séquence de sexy soul sur fond 'John Lee Hooker' façon Johnny Rivers.
Bien joué, les gars!
Funk time: 'Back to paradise', gluant et poisseux l'Eden!
Même veine: ' All that love'.
Surprise de dimension, they wrote it for Otis Redding qui n'a jamais eu l'occasion de la chanter : 'To love somebody' des Bee Gees en superbe version r'n'b.
Le slow purulent te donnant des frissons dans le bas du dos.
A tes côtés, Daniel mime tous les soli du guitariste, il a pas fait une seule fausse note!
Ready for a singalong, Brussels?
Jamais entre les repas, Marcus, mais pour te faire plaisir... la locomotive 'Got my mojo working'.
Semblerait que le mojo de Laeken ne soit pas en panne.
Un showman ce MM, il doit connaître tous les trucs utilisés par Patrick Sébastien pour animer une fête villageoise quelque part en Lozère... I wanna see you wave your hands... bien essayé, pour que Luk pique ma pintje!
Un petit slowblues?
Ok, envoie, papa!
'Whiskey talkin', des problèmes avec madame ... don't send me no more letters..I'm leaving you right now..
Ok, baby, ferme la porte en sortant!
Excellente voix ( le Jack Daniels?), un jeu de guitare pas con ( celui de Marcus), un partenaire (Stuart) étincelant et une combinaison basse/drums classique et infaillible... le peuple ne veut rien de plus, Elio!
Une ou deux plaisanteries et c'est reparti sur la piste funk, sexy comme du James Brown.
Tchik, tchik, tchik ... Dixon mouline tel un Philippe Gilbert décidé à fausser compagnie au peloton tout en souplesse et, comme il fallait franchir trois fois la ligne d'arrivée, on a droit à un final à rallonges.
Un boogie cognant sec avant la pause 'Blue Radio'.
55' bien enlevées!

Set 2
'One more time' du soulful blues aux nuances latino, puis ' 99 tears' trois de plus que Question Mark & the Mysterians, un titre bondissant voyant Klaas et Ginette quitter leur tabouret pour s'essayer à un rock décadent pendant que les guitares giclent.
Sur l'album 'Hurricane' : ' Going back to Detroit' , du Jimi Hendrix époque Band of Gypsies, nouveau morceau de bravoure du tueur à la guitare.
A little fun song, braves gens: ' Double D' ...I gotta woman, elle a été fabriquée pour faire l'amour...
Watte, Luk?
Tu crois, vraiment, que c'est une poupée gonflable.
Méchant bluesrock décoré de quelques facéties du chef, apte à remplacer un politicien de la Cité Ardente dont le nez est toujours rouge vif et l'oeil lubrique.
Le Beaujolais nouveau est arrivé, santé!
Le slowblues du second set: ' Redline blues', très longue plage visqueuse à souhait, Daniel en est encore tout remué.
Du swamp rock pour varier le menu : ' Blue jeans', qu'est ce que t'as foutu with them blue jeans + un juron que la rédaction a refusé de publier.
Well, that was some good Detroit shuffle..
Indeed, Marcus, ça cognait vache, comment va ton froc?
On vous a promis quelques covers, voici ' Messin with the kid', le chef-d'oeuvre de Junior Wells.
Vous semblez apprécier l'adhésif, slowblues n°3: 'Would it matter', un son proche du Led Zep bluesy ou des Animals d'Eric Burdon, en 1964.
Grand!
Le titletrack de mon dernier enfant:' Let the sunshine in' .
Tu pensais à Aquarius, tu oublies, ce morceau sent le boogie à plein nez et termine le show.


Faudra pas nous encourager des masses pour exiger un bis, Marcus Malone & band nous balancent un ' Find me somebody' qui pistonne gaiement et permet au drummer de se mettre en évidence pendant un exercice solitaire réprouvé par la morale chrétienne.
Concentré il était, le Nugent!

Excellent concert, le prochain aura lieu le 22 décembre: Ian Siegal, toujours au Nekkersdal!

jeudi 17 novembre 2011

Jonathan Wilson- Omar Velasco au Club de l'Ancienne Belgique- Bruxelles, le 16 novembre 2011

'Laurel Canyon The Inside Story of Rock and Roll's Legendary Neighborhood' Michael Walker!
Joni Mitchell and Graham Nash lived there, in the cottage that inspired Nash to write “Our House” and in which Nash, David Crosby and Stephen Stills sang together for the first time.

La liste des résidents de Laurel Canyon est longue: Frank Zappa, Mama Cass, Chris Hillman, Roger McGuinn, Jackson Browne, Don Henley and Glen Frey, Mark Volman, Robby Krieger and John Densmore.....
Jonathan Wilson s'est inspiré de son séjour dans ce quartier de L A pour la confection de l'album 'Gentle Spirit'.

C'est ce neo-hippie, nourri au seventies West Coast sound, que l'AB club accueille en ce mercredi 16 novembre.

Omar Velasco

a charge d'ouvrir les hostilités.
20h05, un gars longiligne, fringué grunge, sort de coulisses.
I'm waiting for the sound guy, nous sort-il gauchement. On lui fait signe, c'est trop tôt, fieu, retourne d'où tu viens, bois un coup de gnôle et fume un joint.
Sorry, Brussels, not yet...il disparaît.
20h15', même scénario, l'ingénieur et l'éclairagiste sont au poste.
Omar Velasco, qui vient de sortir le EP ' See Lion Run', a 30' pour convaincre Bruxelles de ses capacités.
Verdict: diplôme obtenu avec distinction, du folk/roots/americana attachant et intimiste te rappelant au bon souvenir de l'écorché vif, Ray Lamontagne.
Pour la petite histoire, Omar a collaboré avec A Fine Frenzy, vue il y a plus d'un an dans la même salle.
Le mélancolique 'Wait for me' ouvre les débats: lyrics abordables, jeu de guitare sobre, voix posée.... le photographe de Cutting Edge me fait un signe: 't is goed!
Approuvé!
Intro en arpèges pour le soft acoustic folk 'Great big house'.
Une leçon récitée en High School French pour se présenter et introduire 'It's not over', suivi d'un premier uptempo entraînant ' So Far' , beau comme un western en noir et blanc.
I'm quite excited to play here, c'est la première fois que je joue hors de Californie, retour aux tempi plus lents avec 'Boarded up', a moody ballad.
Un petit signe du manager: only one left to play!
Référendum: a loud one, a soft one?
Bruxelles opte pour l'énergie, Omar nous interprète le nerveux 'You're mine' aux senteurs Ennio Morricone meeting America ( le groupe: 'A Horse with no Name').
Entrée en matière bien sympa!

21:05, Jonathan Wilson

Un album Frankie Ray in 2007 ( never officially released) et puis en 2011 l'explosion médiatique avec 'Gentle Spirit'.
Le gars faisait partie du groupe Muscadine, a collaboré avec quelques noms pas idiots: Jackson Browne, Graham Nash, Erykah Badu... et a produit e.a.: Mia Doi Todd, Jason Boesel, Dawes...

A cinq sur scène, tous de super musiciens: Omar Velasco à la 12-strings, electric guitar, keys et backings, il fut tout bonnement époustouflant - drums, probablement Richard Gowen, un mec qui joue avec Robert Francis- Gabe Noel ( Mia Doi Todd..) à la basse - le fantastique Jason Borger (Chuck Prophet, American Music Club, Eleni Mandell, Matt Nathanson...) aux claviers et J W aux lead vocals et guitares.
Prêt pour le grand plongeon dans les glorieuses années septante ( soixante-dix, Nicolas), une sérieuse dose de California Dreaming baignant dans un halo psychédélique favorisé par la consommation de substances, illicites par ici, mais achetées à A'dam?
Question ' Can we really party today'?
Démarrage en douceur: une douze cordes sobre, un chant aérien McGuinn/Gene Clark, changement de cap après quelques quatre minutes, un orgue majestueux, une basse qui pompe, un drumming plus sec mais toujours ce chant euphorique.
Déjà une première plage de 7 minutes qui s'attaque à tes entrailles, elle sera suivie d'un country rock pour lequel Omar a troqué sa douze cordes contre une électrique qu'il caresse à la slide: ' White Turquoise'.
Un élégant menuet introduit par un piano désuet 'Your ears are burning', à trouver comme la précédente sur son premier CD.
Superbe!
' Dear Friend' pour un ami qui ne comprend rien à rien, une valse lacérée par de déchirants riffs de guitare, le morceau vire trip psychédélique avec duo de guitares à la Allman Brothers Band pour tourner à la jam pétaradante comme à la bonne époque de Grateful Dead.
' Mission in the rain' annonce la playlist, un titre lent, aérien, planant avec doublé de claviers.
Place à la plage la plus longue, la plus épique du set: ' Natural Rhapsody' , à l'amorce acide lente et sinueuse, tu peux imaginer aussi bien Jerry Garcia que George Harrison en action.
Un douillet lit de claviers, des guitares lyriques qui, bien évidemment, vont se déchaîner en fin de morceau pour atteindre un degré de sauvagerie barbare.
Jason s'allume un pétard aussi imposant qu'un Havane fumé par Fidel Castro en 1966, on attaque ' Gentle Spirit', le titletrack.
Le cigare s'avère être un bâton d'encens âcre destiné à nous plonger dans une ambiance mystique, j'enfile mon bikini et j'arrive les gars... beau comme les Moody Blues ou les titres calmes de King Crimson, sans oublier les Ricains de Spirit ou ceux de Crazy Horse et bien sûr, la crème, Crosby, Stills & Nash.
L'ensorcelante ballade 'Rolling Universe' sera suivie de ' Canyon in the rain' à la majesté Pink Floyd époque soundtrack de 'More'.
Une cover pas vraiment surprenante, Quicksilver Messenger Service: ' Just for love', avant une escapade dans le désert ' Desert Raven', sonnant plus C S N & Y que nature, avec quelques pointes Buffalo Springfield.
Un duel de guitares dantesque, public en transe!
Présentation des artistes, coup d'oeil à la tocante, va falloir achever, l'AB est stricte question timing, que joue-t-on?
Une dernière tranche psychédélique, 'The way I feel', aux crunchy guitars et au son d' orgue à la Iron Butterfly ou Vanilla Fudge, mettra fin au set de 90'.

Bruxelles, aux anges, veut plus, Jonathan Wilson reviendra, solo, interpréter une ballade acoustique gracieuse ' Lovestrong'.

Performance éclatante d'un futur grand nom de la scène rock!

mercredi 16 novembre 2011

Twin Sister - Holiday Shores au Witloof Bar du Botanique, Bruxelles, le 15 novembre 2011

T'as sorti les serviettes de bain reçues en échange de 3225 points Plus chez Delhaize, piscine?
La Floride, Holiday Shores, où sont mes raybans et mon bermuda rose ?
Le jet de la Gulfstream International Airlines se pose sur le tarmac, le temps d'un contrôle des bagages, confiscation de tous mes Charlie Hebdo, direction le Witloof!

Holiday Shores
terminent leur European tour à Bruxelles, métropole visitée pour la première fois depuis leurs débuts.
Un album en 2009, 'Columbus'd the Whim', précédé d'un EP en 2008 et, tout frais pondu: 'New masses for squaw peak' qui servira de colonne vertébrale au show de ce soir.
Nathan Pemberton ( lead vocals, keys, guitar) , Josh Martin ( multi-instrumentalist), John Frank ( drums) + Keegan Nugent, annonce leur FB, il est catalogué guitariste, nous vîmes une basse!
Pendant 45', ces gars de Tallahassee nous ont proposé un set pas banal d'indie difficile à cataloguer: des touches de surf pop, jazz-chords, funky basslines, du prog, des guitares Southern rock, des harmonies vocales dignes des Beach Boys, des mouvements dissonants, du tribal... imagine Talking Heads mixé par Brian Eno !
Pas question de s'emmerder avec ce quartet!

20:15' quatre college boys pas trop bronzés amorcent 'Airglow', first song of the latest CD, un Roland noisy sur drumming binaire, on vire rengaine ensoleillée, faussement surf pop, au chant sucré, malheureusement quasi incompréhensible. Le son est confus, Nathan nous confiera avoir eu la même impression après le gig.
Dommage!
Remède: reculer de plusieurs mètres!
Le titre, complexe, se choisit une nouvelle voie, emmené par une basse bien ronde, une guitare volage et des claviers omniprésents.
Début prometteur!
Une nouvelle compo: ' Purse', titre majestueux, lent et élégant avec final chaotique pour brouiller les pistes.
L'influence de Talking Heads est tangible dans le morceau intitulé ' Spells' , des lignes de basse entraînantes sur nappé de clavier serein, un chant saute-moutons... le truc est hyper bien torché.
'We couldn't be together' is about our hometown: orgue délicat, background jazzy, une nouvelle réussite!
Nathan oublie ses claviers et ramasse une guitare pour nous balancer un rock tropicalia, groovy et nerveux ( 'Threepeat got old' ?).
Slowtime avec 'Cord-du-Roi', reverb sur la voix et sophistication raffinée, pour terminer with another new one: ' Pleasure', un midtempo décoré de lignes de guitare dignes des Allman Bros.
Performance étonnante, un band à suivre!

Petite pause avant : Twin Sister!

Dreampop from Long Island annonce la pub!
Deux EP's et un premier CD en 2011: ' In Heaven'.
Voted n°3 as Best Hope for the new year chez Pitchfork.
Andrea Estella ( vocals) , Bryan Ujueta ( drums) , Eric Cardona ( guitar- vocals) , Gabel D'Amico ( bass) and Udbhav Gupta ( keys) ont enchanté le Witloof pendant 50' avec leur indie-pop minimaliste aux vagues relents r'n'b de qualité brassé au typical synth-pop from the eighties sound.
Le funky ' Stop' ouvre le bal, un doublé vocal presque soul, une wah wah discrète et des claviers Hall & Oates.
Tous les regards se fixent sur Andrea, la petite blonde aux lèvres pulpeuses.
Les rangs se resserrent frontstage.
Un uptempo disco, dansant en diable, 'Bad Street' se colle à 'Stop', Prince n'est pas loin!
Un titre plus ancien, mélancolie et haute dose de saccharine ' Meet the Frownies' .
' Lady Daydream' sweetness à la Sugarcubes ou Broadcast, suivi du dramatique 'Spain' aux guitares surf pouvant servir de soundtrack à Sergio Leone.
'Gene Ciampi' suit la même piste désertique, le timbre d'Andrea prenant des accents asiatiques délurés sur fond de guitares Tarantino.
Une mélodie irrésistible.
On n'est pas loin des meilleurs titres de Little Joy, le band formé par Rodrigo Amarante et Fabrizio Moretti (The Strokes) avec l'ingénue Binki Shapiro.
'Milk and honey' et ' Ginger' , deux recettes de milk shake crémeux.
Encore un morceau plus ancien, 'I want a house', qui mérite le qualificatif de dreampop séduisante.
Exit keys, drums & bass, un duo Andrea/Eric: ' Nelt' , superbe folky ballad proche d'America, prouvant que Twin Sister a plus d'une corde à son arc.
' Dry Hump' toujours à deux.
Tu oublies les connotations sexuelles, et tu te laisses bercer par la douce voix de Miss Estella susurrant... If you’re all alone/Bring over your bones/and pay me/Anyway you want to/Pay me.... les potes rejoignent le couple pour donner de l'ampleur à la légère et sensuelle ballade qui se fond dans le titre ' Daniel' délicieusement chaloupé.
Double drumming pour la dernière: ' All around away we go' , un groovy dance track coloré.

Agréable soirée dans les caves du Bota!

dimanche 13 novembre 2011

Stage Guides Agency inauguration- Boesdaelhoeve- Sint-Genesius Rode, le 12 novembre 2011

Stage Guides, une nouvelle booking agency dont les bureaux sont situés à Beersel, organisait un showcase avec cinq de ses pouliches en ce radieux samedi automnal.
Adresse du jour: la magnifique Boesdaelhoeve à Rode, 18h30', please!
En tant que pique-assiettes professionnels, François vive la France, Nico Garner Rambo et quelques autres éternels assoiffés se sont donnés rendez-vous à proximité immédiate du bar afin de faciliter la tâche des serveurs!

The Narcotic Daffodils

étaient sensés ouvrir le feu à 18h30', en cette heure virginale les nightbirds n'ont pas encore englouti leur petit-déjeuner, le cheptel peuplant la grange ne compte qu'une vingtaine de bêtes.
19h00, le programme étant copieux, Irène : vocals& keys-Simon : sitar-Hammond organ, el.piano-Flupke : bass&backing-Hakim : guitar-Merlin : drums&percussions sont en piste et auront l'excellente idée d'agrémenter leur set de nouvelles compositions augurant d'un prochain album de haut niveau.
Miss Csordas a refermé le bouquin d'Aldous Huxley que Simon lui avait prêté, s'est déchaussée à l'instar d'une Sandie Shaw blonde, agrippe le micro pour déclarer ouvert le bal des jonquilles: 'Surfer Boy'!
En route pour un trip cosmique d'une quarantaine de minutes pendant lequel tu croiseras quelques fantômes ayant connu Amougies, the Isle of Wight et dont un recoin du grenier regorge de 'Rock & Folk' ou de 'Best' poussiéreux.
Si Flupke arbore sa tenue Sgt Pepper moins colorée que celle des Fab Four, Simon son galurin, Irène son 36 fillette, Hakim et Merlin travaillent dans la sobriété.
La valse progrock 'Weathered' est moins inspirée par André Rieu ou Strauss que par Procol Harum, les Moody Blues, ou les Dutch psychedelic bands des early seventies: Earth & Fire, en tête, mais aussi le Brainbox dans lequel tu retrouvais quelques fameuses pointures: Jan Akkerman, Kazimir Lux ou Pierre van der Linden ( qui comme Jan, accompagna Thijs van Leer dans Focus). Elle sera suivie du désormais connu 'Happens all the time', un hit au pays du soleil levant.
Ce titre, aux riffs percutants et au phrasé haché, a le don de transformer ta boîte crânienne en punching ball rythmé par un mouvement de va-et-vient maladif.
La séance Joe Frazier sur le ring, ta caboche en sparring-partner, va se poursuivre avec 'Go fuck yourself with your cat on the roof'. Souffrant de vertiges tu n'as pas jugé sain d'escalader le toit de la ferme, ce qui a eu le don d'énerver Simon Rigot martyrisant brutalement son Hammond.
Hakim le relayant par un jeu Floydien.
Pour éviter le courroux du reste de la clique, tu te dis qu'il est l'heure d'aller s'abreuver d'une Primus sympathique.
A peine revenu face à la scène, les jaunes narcisses entament un tout nouveau titre dédié au Figaro: ' Barber': méchant doublé de claviers, un virage mesquin exige de décélérer pour repartir de plus belle.
Irène moins Papas que Laurie Anderson, au chant narratif ensorcelant, Hakim en poème oriental cher à Victor Hugo....C'est l'essaim des Djinns qui passe, Et tourbillonne en sifflant.... et Flupke en fier Croisé, sus aux Cathares!
Impressionnant!
' Shout' si tu pensais à Tears For Fears tu te goures, Timour!
Vocalises frénétiques, claviers tortueux, riffs hystériques, assise rythmique sombre, un break, un envol liturgique de l'organiste, dérapant en final fusion.
Where Nucleus meets Soft Machine avec Julie Tippetts/Driscoll aux vocals.
La dernière, on ne pourra pas vous jouer 'Riding the drag, timing oblige, ce sera' Back from Calcutta with Mister Jacky', voyant Simon transformé en George Harrison embrassant l'Hindouisme et pinçant les cordes du sitar pour laisser son Hammond à la frêle Irène.
Après la longue intro Bangladesh, les poussées progrock émergent du néant, le truc s'agite un max, il te faudra trois Primus pour effacer la vision d'Irène, ébranlée par d'affreuses secousses, comme victime d'une crise d'épilepsie.
Epoustouflant!

Tax Clan
François émet quelques craintes au vu de la dégaine fonctionnaires du ministère des finances de trois membres du Tax Clan!
A juste titre: Guy Brisaert: zang et Ritch Leroy /Rob Hagerbaum: guitares, ne sont pas dans le catalogue jeunes premiers mais plutôt dans le stock vieux chevaux sur le retour.
Leur CI indique naissance en 1960!
Sur scène, ce soir, ils seront soutenus par deux My Lai et deux charmantes choristes, dont Veerle, la chanteuse des Skangoeroes.
Menu: muzak bal van de burgemeester aux relents De Kreuners, Clouseau, Willy Sommers, Jimmy Frey, Sandra Kim et pire encore...
Une dizaine de schlagers tien om te zien. J'aurais dû emmener ma belle-mère, elle serait tombée en pâmoison!
Notons deux adaptations osées du répertoire Jagger/Richards ' Under my thumb', devenu 'Ik weet nu waarom' et 'Paint it black' version produit blanc!
Un doublé The Scene : 'Iedereen is van de wereld' et, pour le fils De Croo, 'Blauw'!
Un nederreggae, un slow qui colle, une ou deux compos originales, dont une rengaine pour une certaine Nelly, qui tient un frietkot à Maldegem, leur single, que je vais offrir à ma conjugale à Noël, ' Liefde die begint'.
Pour finir nous eûmes droit à une chanson à texte profonde... wat doe ik hier vannacht...
François, perspicace, avait la réponse: drinken!

My Lai
Tu fis la connaissance du trio de Roosdaal dans une autre étable du Pajottenland, à Halle, le festival La Vache.
Grosse impression qui se bissa en ce samedi houblonné.
Koen Devits: Drums & Vocals/Matthijs Verstegen: Guitar & Vocals/Brent Van Lierde: Bass ont fait fort, très fort!
Pas étonnant qu'ils se retrouvent en finale du Rockvonk, avec My Lai c'est pas deux ou trois étincelles vite éteintes que tu verras, c'est un magnificent firework made in Indochine.
Une 'Intro' musclée et rageuse précède le rugueux 'Princip', si tu peux imaginer un croisement Black Box Revelation/ Foo Fighters/ Red Hot Chili Peppers ,tu peux te faire une idée du son My Lai.
La suivante est claire: 'Rough Music' , quant à leur version vicieuse du ' Come together' des Beatles, elle a convaincu les plus réticents.
De la bombe!
Dédié à Baudouin, feu roi des Belges: ' Boudewijn' un nectar royal, carré et dansant.
Plus félin, ' Catwoman' et une première pour le Rand, un morceau terminé cette nuit, 'Untitled' yet, mais qui risque de cartonner dans les chaumières du Brabant flamand avec ce refrain accrocheur...you're OK, you're OK...
Le comic strip rock 'Batman' achève le set.
Flupke, ayant à peine avalé 26 Cava, se sent pousser des ailes de mammifère volant et vient faire la cour au frontman de My Lai.
On dira rien à sa femme car on aime bien Hergé!

Hell & Dash
Il est 22h30', en principe heure à laquelle était prévu le dernier groupe, un trio se pointe.
Un mec va se cacher derrière un set de machines ( Julian Hell), un frisé ( Mr. Thongcore?) ramasse une guitare ( d'après Nico, le gars aurait joué dans un groupe se faisant appeler Quintessence: pas le Raga/progrock band de Notting Hill, des autres!) et à la basse futuriste et au chant, la star: dAVE dA$H!
Ces joyeux vont nous balancer une soupe electro/techno/rock à la limite du grotesque (François) et du pathétique (Simon).
Boum, boum, boum...
C'est du Dash avec du Persil dans les oreilles et du Omo dans l'anus!
Ecoute François, on va être censuré, gamin!
T'as pas fini, ah bon, du Prodigy nourri au Mika.
Pas d'accord Simon?
Mylène Farmer + Mireille Mathieu à la moulinette drum'n bass avec un zeste de Pavarotti.
Qui dit mieux?
Une chose est évidente, la guitare a des bases hard mélodique et pourrait remplacer Brian May au sein de Queen.
Quoi encore, François!
La reine est morte!
Oui, j'ai lu de Montherlant, je sais!
Que bois-tu à sa santé?
La même chose, et toi Simon?
Un mazout.
Bonne idée de carburer au diesel.
On demande pas à Flupke, il est arrivé au Cava 86 pendant que Hell & Dash achève la parodie Daft Punk.

Le signal des adieux est donné, on manquera Beats don't kill!
Pas Flupke, qui avait vu qu'il restait 19 bouteilles de mousseux, sa review du set:

Een Tecno DJ set om U tegen te zeggen...
PS: Fini soirée au POTEMKINE , j'avais encore une petite soif!

Excellent compte-rendu, Flupke!




jeudi 10 novembre 2011

One Night Only -The Waow à La Rotonde du Botanique, Bruxelles, le 9 novembre 2011

19h50', t'as mis un pied dans la Rotonde, au lieu du Witloof, tu te trouves face à une colonie d'adolescents, 15 à 17 ans à tout casser, lycéennes en fleur largement majoritaires.
Où t'es-tu fourré?
Le Bota n'annonçait pourtant pas un show de Justin G Labibber, coup d'oeil à mon ticket: One Night Only!

19h55' une déflagration atomique émanant de l'ampli de la basse, un traitement homéopathique s'impose!

20:00, lights off: The Waow!
Que dit le urban dictionary made in London?
Waow: Used by a Wanker, who has no 'real' friends or life...
Les nombreux lycéens anglophones ayant une tendance au monosyllabisme et à l'exagération utilisent l'interjection "wow" comme syntagme nominal.
Point un: suis pas anglais- Point deux: suis pas dans la catégorie lycéen, plutôt dans la section vieux baba cool, ayant l'âge de se retrouver en maison de repos!
Probablement la raison majeure pour laquelle la muzak de The Waow , gentil groupe liégeois, qualifiée de power pop, t'a autant marqué qu'une apparition de Hans Van Zeebroek jr., membre de de la NVA, secteur Gierle, sur le petit écran, après une pub pour un tampon hygiénique.
Julian : Chant/clavier-Gianni : Chant/Guitare-Gil : Batterie-Anthony : Guitare-Laurent : Basse peuvent pourtant étaler une carte de visite scintillante: Les Ardentes, les Francofolies, Brussels Summer Festival, l'avant-programme de Mass Hysteria, un EP 7 titres, deux singles, some airplay sur Pure FM... mais encore une fois, ça sent le subventionné, le Malibu Stacy, Atomique DeLuxe ou Vegas, entendu il y a peu!
35', neuf titres, des poses rock'n roll, de l'énergie, des ' ça va toujours, Bruxelles', des mercis à la pelle et des gamines amourachées: olé!
' Guide of love' un manuel pour pucelles, radiophonique à souhait- 'Orange Supergreen' mieux que les Jaffa - ' Who's she' question sartrienne - ' Landscape' bal(l)ade à Ougrée -
Tiens voilà, Thot!
Tu t'es perdu comme moi?
Gil est mon batteur!
Le seul qui tire son épingle du jeu.
'Pretty Princess', no comment - 'Heartbreaker' le mythe Don Juan- 'Answer yes or no', question suivante- 'Rosewood' j'escalade les monitors, se dit Gianni, la faculté m'a recommandé de l'exercice physique- 'Sound Victim' du Das Pop wallon - et la dernière: ' The bear & the bees' un Walt Disney mosan!
Conclusion: t'es vachement vieux, pépère!
Quoi, Sylvain ( même catégorie d'âge)?
Du rock lotissement social, du préfabriqué, clés sur porte, piscine hors sol, diamètre: 3 mètres- profondeur: 86 cm, en option!

One Night Only

Extinction des feux , une fébrilité juvénile s'empare de tes petites voisines, voilà One Night Only, emmené par le mannequin George Craig, qui défraya les chroniques people pour sa liaison avec Emma Watson.
L'indie rock band du Yorkshire existe depuis 2003 mais n' a sorti que deux full CD's, le dernier 'One Night Only' en 2010.
George Craig, lead vocals, guitar-James Craig, drums-Mark Hayton, guitar, backing vocals-Dan Parkin, bass-Jack Sails, keys, backing vocals: handsome young men, elegantly dressed.
Normal que les ados pensent à échanger leur teddybear pour une seule nuit sous la couette avec cute George ou, à la rigueur, un de ses acolytes!
Musicalement, le projet tient bien la route, de l'indie avec une solide assise de guitares rock, bien soutenues par un clavier pointu, un drumming nerveux et efficace, bref, un son imposant et brut....strictement rien à voir avec les balbutiements poppy de The Waow.
Pas que le produit soit d'une originalité spectaculaire, plusieurs morceaux sont construits sur le même canevas, la méthode a ses limites, mais on a à faire à some tight musicianship et à de la poprock efficiente avec de solides mélodies et des guitares tranchantes.
Le Britpop 'You and me' ouvre le set, tu peux classer sur la même étagère que les Kooks, The View, les Vaccines...
'Forget my name' est encore plus percutant, frais et sautillant, idem pour 'Chemistry', la formule accroche.
Le midtempo aux riffs attachants 'It's alright à peine éteint, James, le frangin du model, après un 1 2 3 4 carnassier, amorce 'Games', un jouet, a priori, non enregistré mais qui pistonne violent.
Une intro agressive pour 'Bring me back down' qui vire pop juteux.
'It's about time', effectivement, depuis 20' tu te demandais à qui George Craig te faisait penser. Tilt, avec ses petites lunettes et ses boucles, à John Lennon anno 1966, époque 'Revolver'.
Une ballade romantique légèrement pompier, 'Never be the same', avant de revenir au rock cyclone tropical 'Hurricane'.
' Nothing left' amours adolescentes et la la la la...I'll never let you go!
Un roadie refile une acoustique au bellâtre, le downtempo 'Long time coming', un nouveau titre.
La nuit s'achève avec 'Just for tonight' un rondo rock ouvrant leur premier CD ' Started a Fire'!
50' agréables!

Les gamines chialent, le band rapplique!
'Can you feel it tonight'
Tu oublies les Jacksons, ce titre a été utilisé pour un Coca Cola commercial.
Le hit scandé et pugnace 'Say you don't want it' met fin à la prestation.

George, marry me... hurle Deborah, charmante petite rousse au visage pigmenté d'éphélides!





mercredi 9 novembre 2011

Tommy Emmanuel - Jimmy Wahlsteen au Bozar, Bruxelles, le 8 novembre 2011

A 18h30' chez toi, Michel?
Ja, Luk, je t'offre un coca light une fois sur place!
On passe sous silence notre longue attente à l'info du Palais.
Un drink vite fait, direction la salle Henry Le Boeuf pas bourguignon, étrangement désertée.
On troque nos places Q quelque chose contre des C 75€ le siège tout en s' étonnant du manque d'intérêt du public, vraiment clairsemé ( euphémisme), pour la seule date belge du Best Acoustic Guitar Player on this planet and beyond: Tommy Emmanuel!
Une sonnette signifiant qu'il faut vider son godet en wij binnen!

20h05'
Un gugusse rapplique, c'est pas le Tommy, ou bien il s'est tapé une cure de jouvence à base de ginseng, thalasso et fangothérapie recommandée par Test-Achats.
Un avant-programme pas annoncé qui après le second instrumental se présente en français teinté d'un accent viking, hello, je suis Jimmy Wahlsteen, from Sweden et j'assure la première partie de Tommy Emmanuel pour ce European tour!
Huit titres, 35' plaisantes, un gars doué ce Jimmy!
Deux CD's sortis chez Candyrat records, le dernier tout frais: 'All time high'.
Avant de nous expliquer qu'il continuera en anglais, because French is too difficult to play guitar, il a interprété deux titres non nommés, probablement ' 181st song' et ' A lily in May'!
Le premier filmique et d'inspiration John Martyn, la seconde salve débutant en travail percussif, la paume gauche battant le corps de sa guitare.
Un jeu limpide et aéré.
'Tranquillity' se trouve sur le second CD, le titre clair se meut dans la mouvance Leo Kottke avec des loops habillant la mélodie.
En G-minor, 69 % des spectateurs sont des guitaristes pro, semi-pro ou débutants, 'Tickle down FX', raffiné et mélodieux.
Pour suivre, l'agité 'Halifaxation' composé à Halifax, ' Rapid Eye Moment' pour la bande à Michaël Stipe, le truc sonne Steve Hackett.
Lasse Hallström 'Le Chocolat', Juliette Binoche, sa fameuse réplique 'It's your favorite' donne son titre à la suivante, légère comme une mousse onctueuse.
'12 rooms' en D minor clôture le set sur background rock!
Well done, chap!

Courte pause et à 20h50': Tommy Emmanuel!
Un bonsoir théâtral et souriant pour son first show in Brussels ever.
Interview accordée à un journaliste de son pays d'origine:
Without a setlist?
Tommy Emmanuel: I never work to a setlist! Except of course when I work with an orchestra. But even then I get off the road, because I like to be absolutely in the moment...
Va falloir se creuser la tête, 80% des titres interprétés seront des instrumentaux... et quand tu sais que l'as du fingerpicking a pondu +/- 25 albums, ça risque d'encore compliquer ta tâche!
Pendant 1h45' en excluant le rappel, l'Aussie va éblouir la capitale, bon nombre de gratteux amateurs risquent de planquer leur instrument au grenier après le show fracassant de ce gars qui fait corps avec son instrument: maîtrise, virtuosité, showmanship, enthousiasme, énergie... ces mots sont trop faibles pour décrire le jeu du type que Clapton qualifie de meilleur guitariste que j'ai jamais entendu!
Une entrée en matière bolide lancé à du 1019,25 km/h en plein désert du Nevada, un jazzy tune virant rock sur lequel tu ne parviens pas à mettre un titre: super frustrant!
Quelques fantaisies pour amuser la galerie, puis une ballade allègre suivie d'un uptempo en voltige. La vitesse d'exécution frise l'insolence, la dactylo de Monsieur Vandenklet, se targuant d'être la plus rapide de Bruxelles, aurait dû assister aux mouvements des doigts du prodige , elle se serait fait porter malade pour trois semaines, minimum!
Et tout ça avec une pointe d'humour: entre deux accords ou shreds supersoniques, il jette un coup d'oeil à sa Rolex et accélère la cadence.
Après trois morceaux seulement la salle est en extase!
Un titre chanté, le formidable ' 16 tons' de Merle Travis, décoré d' un numéro de palm spinning éblouissant.
T'as pas vu, Frida, o k je recommence, regarde bien ce coup-ci!
Plus fort qu'Houdini et David Copperfield,T E devrait jouer au poker, fortune assurée!
A travel song 'Roll on, Buddy', a bluesy ragtime, nouvelle démonstration scintillante.
D'une main les accords, l'autre gratte le corps de la Maton guitar déjà creusé jusqu'à la moelle.
Mon idole depuis que je suis âgé de 7 ans c'est Chet Atkins, I heard him play on the radio, it changed my life, I owe him everything, petite leçon de technique et un Chet Atkins ( 'Smokey Mountain Lullaby' ???).
Un 'Classical gas' bouillant et puis un titre de son dernier CD 'Little by little', composé dans le hall d'un aéroport, où une gamine le regardait faire et fredonnait la mélodie, I titled it with her first name ' Ruby's eyes' , tout en caresses.
Une berceuse en arpèges et une nouvelle tranche d'esprit: 'I'd like you to meet my band... my bass player, le pouce gauche- the drummer: la paume de la même pogne, the rhythm guitar player, quelques doigts grattant les cordes and me playing 'Blue Moon'!
Superbe!
Sur 'Little by little': 'The Trails' written to raise money for the Native Americans pour que leurs kids puissent être scolarisés, le chef Navajo jouant de la flûte a inspiré cette composition expérimentale et envoûtante, véhiculant un souffle chaud et des images de canyon et de cactées.
Encore plus fort, le tribal 'Mombasa', guitare, micro, cordes, chaise frappés d'un balai de batterie, pour finir par un riff meurtrier, public en ébullition!
Changement de jouet: 'Half way home' précédé d'une page philosophico-biographique!
'Angelina' my universal song, I play it everywhere, pour sa fille cadette!
Beau comme le 'Tears in heaven' d'Eric Clapton.
Le country speedé 'Tall Fiddler' est dédié à Byron Berline et 'The Claw' est de Jerry Reed, je la joue sur un instrument tout neuf, c'est sa première apparition en public, elle a un trac fou!
Une ballade romantique et l'histoire de sa rencontre avec Chet Atkins, un conte de fée se terminant par l'interprétation de ' I still can't say goodbye' que Chet écrivit en l'honneur de son père décédé.
Emotions intenses!
Dernière ligne droite, l'attendu 'Beatles medley' avec notamment 'Here comes the sun', 'When I'm 64' ,' A taste of honey' , 'Day Tripper' et 'Lady Madonna', un véritable Beatles quizz joué en rafales cinglantes.

Toute la salle est debout!

Retour du phénomène, les requests fusent, finalement ce sera l'autre cheval de bataille du chef' Guitar Boogie', un mix de blues/blues rock saupoudré de Stevie Ray Vaughan ou Jimi Hendrix à la sauce Emmanuel, pas celle de Just Jaeckin, obsédé... Tommy Emmanuel, un wizard pas adepte du pinball!

Niet slecht, te confie Luk en quittant la salle!