jeudi 15 juillet 2010

Soldier Six - Boston Tea Party @ JH Splinter à Roosdaal, le 14 juillet 2010

Strijtem, commune bucolique de l'entité de Roosdaal, la jeugdhuis Splinter y organise, cet été, quelques concerts gratuits durant les Roosdaalse Zomeravonden.
Faut le trouver sans GPS, ce trou!
Sur place, t'es récompensé: pintje à 1€!
Sage décision, après l'orage et les pluies diluviennes de cet fin d'après-midi, les gigs se dérouleront à l'intérieur.

Soldier Six
devait débuter à 20:30', il sera 20:55', lorsque le trio de jeunes troufions investira la scène.
En route pour 40' de jong geweld qui nettoie les esgourdes.

Vitja Pauwels: vocals, guitare- Rudy Pelicaen: basse et Tim Welkenhuysen: drums, sévissent depuis un peu plus d'un an dans l'armée rock, les officiers n'ont pas à se plaindre: leur rock/blues/garage alternatif n'est pas pour les tire- au- flanc.
C'est du solide, du bien trempé, du machin qui secoue.
'What are you looking for' nous demande Vitja.
On veut du rock, menneke!
T'as sonné à la bonne porte.
'Undoubled drum & bass' ça sent bon les Black Keys. Des vocaux catchy, un rythme soutenu... boum, boum, boum... on passe à la vitesse supérieure, ça te rappelle un peu les Van Jets et leur rock bien carré.
'Everything you want' , un petit sample sortant d'une effect box, une frappe de bûcheron canadien ( pas étonnant que Tim ait été élu beste drummer au dernier Rockvonk), une basse qui ronfle, la guitare embraye: juteux comme du Triggerfinger.
' Local Fool' toujours cette basse qui pulse un max et quelques arrangements noisy, pour illustrer la folie du local.
'Hommage à Teun', il s'agit de Teun Verbruggen, le meilleur batteur du royaume et prof de Tim.
Une méchante slide pour ce titre proche des Black Box Revelation, même si plouc 6 est moins excité que le duo de Dilbeek.
'Blunt Axe' pour le boucher du bled, ça va saigner, Chabrol!
...wasn't it easier to kill yourself...
Avec une hache?
'Dance' high speed garage.
En nog eentje: ' Biscuit and Friends' un slow pace rock, bluesy, jouissif et bien gras, style Bad Company.

Soldier Six has (six) balls, for sure!

Un long et méticuleux soundcheck avant le set de Boston Tea Party.

Duo mixte de Torhout, ayant choisi la révolte des Bostonians contre le Parlement britannique ( 1773) comme patronyme.
Eline Adam: vocals, percussions et battements de bottillon droit..this is a stamp act (sic!)...) et Thomas Werbrouck, au look studieux, gamin premier de sa classe (faut pas se fier aux apparences): guitares et vocals. Sont bien secondés par un troisième larron à la table de mix et samples.
Le son sera énorme( Thomas se tape deux amplis pour sa gratte) et t'invite à la danse/transe.
Tim Vanhamel a produit leur ' Little Trouble Kids', c'est pas un hasard!
Leur lo-fi noise/punk/pop décoiffe un max.
Imagine un croisement entre les White Stripes et Sonic Youth, épicé aux Kills et servi avec une sauce punk/new wave concoctée par un cuistot ayant suivi des cours chez Malcolm McLaren.
C'est tout bonnement irrésistible:le petit Thomas se déchaîne comme un bonono nourri aux amphétamines et le chant saccadé ou scandé de sa compagne te rappelle une Annabella Lwin, anno 1980.

22h25', feu!
'Cool Kids' pas si cool que ça, une guitare agressive et un talon martyrisant la stomp planche, volée chez Belsack.
De l'enthousiasme communicatif, ton pied gauche suit la cadence imprimée par la botte flamenco d'Eline.
'This is High Art' en duo vocal ...don't you know you're gonna be a rock star...
Sont bien partis pour!
'90's Dream', bref, scandé et méchant.
' Nova Express' pas le temps de musarder, droit au but. De l'énergie brute.
Une cover, une version minimaliste, envoûtante, quasi une prière hantée du 'Mercy Seat' de Nick Cave ...I'm not afraid to die...s'imprègne dans tes méninges, c'est quand l'heure du jugement dernier?
Finalement, on a les boules à zéro, on veut pas clamser à Strijtem!
Maman, reviens...
'Freemason' Thomas s'est saisi d'une électrique et se tortille comme une effigie de Gaston Lagaffe en latex.
Le prochain single, le catchy 'Lately'.
'Zero One' résultat de la finale de la World Cup, c'est moche de rappeler ce truc aux sujets de Beatrix van Oranje...oh, my God ...
'I don't care if you wanna dance' un dancetrack fulgurant, plein de ooh ooh oohs.. racoleurs.
Le duo clôt le gig par le sexy 'She Made Me'... move and dance, c'est exactement ce que BTP a réussi à faire avec le public.
Un set concis, nerveux et bandant!

Rappel

Le duo quitte la scène, débranche l'électricité et interprète ' Gloomy Face' à nos côtés.
Un charmant singalong folky, légèrement boyscout.
Un bis surprenant.

Boston Tea Party tourne chez nous et aux Pays- Bas jusqu'en novembre, ils seront à l'AB le 12 nov.!

lundi 12 juillet 2010

Brosella 2010, day two (jazz), Parc de Verdure, Bruxelles, le 11 juillet 2010

Finale de la Coupe du Monde, Tour de France dans les Alpes, Fête de la Communauté flamande...niks daarvan, wij gaan naar Brosella.
Peu de traces laissées par l'orage de la veille, des organisateurs souriants et confiants, on attend du monde, le programme est canon!

Pour débuter, encore un special project à l'occasion du 100è anniversaire de la naissance de Django Reinhardt:

Djangrosella!!!
Un concert en deux parties: 1) De Cauter Family & guests.

Koen( guitare, sax soprano, chant), ça fait 100 ans qu'il joue du Django.
Avec Waso Quartet, il a sillonné toutes les scènes d'Europe, il a eu le temps de fabriquer quelques gosses, et que font ces drôles? De la musique pardi et, de temps en temps, Dajo( contrebasse) Waso (guitare) et Myrddin (clarinette) accompagnent papa, comme aujourd'hui. Au piano, une copine des kets: Vigdis.
'Indifférence' une valse manouche pour s'imprégner du monde du citoyen de Liberchies.
L'allegretto de la 7è symphonie, d'un certain Ludwig von, en B mol ...Oups, il a forcé sur le pinard, le Koen! Ludique et archi-connu!
Wannes Van de Velde nous a quittés il y a 2 ans: 'Voor de deur van de taverne' , chant populaire anversois.
Le guest: Stochelo Rosenberg, le crack du Rosenberg trio.
'Dinette' du gadjo swing pur jus. 'Clair de Lune' pour un pierrot rêveur.
'Swing 39' de Stéphane Grappelli et un 'China Boy' vivace, dernière bouchée de ce hors-d'oeuvre raffiné.
2) Paris Swing Orchestra
Ce big band gratiné va faire swinguer l'amphithéâtre en interprétant quelques standards inspirés: 'Shorty George' et 'Blue and Sentimental' au répertoire de Count Basie. Trompette ou sax en vedette.
Gershwin, 'Liza' (all the clouds roll away), un favori de Benny Goodman.
Stochelo en piste pour le classique 'Nuages' , Reinhardt bis: 'Djangology' !
C'est la fête à Django: 'Tears' les larmes coulent lentement, et 'Minor Blues' .
Et un bis nerveux 'I Got Rhythm'.
Mission accomplie!

Une pintje, Michel, me souffle JPRock?
Vamos au bar.
Le temps de saluer tous les vieux de la vieille, d'accepter ou de refuser leur pot , t'as, évidemment, raté Hijaz sur le second podium.On reste au bar, en attendant..

Avishai Cohen Quintet
La star du jazz en Israël.
Le jeune prodige de la contrebasse, après avoir joué avec Chick Corea, Herbie Hancock, Paquito d'Rivera , Roy Hargrove ou Alicia Keys, a monté son propre quintet.
Déjà une dizaine de rondelles à son actif, la dernière 'Aurora' en 2009.
Il était pas de bonne humeur, nous signale l'organisation.
Le public n'a rien remarqué , Avishai et son band ont délivré un set, en tous points, remarquable.
Pour le plaisir des yeux et des feuilles de choux, Karen Malka: vocals et shakers- le raffiné Amos Hoffman à l'oud ou à la guitare- le sobre et magistral Shai Maestro au piano et deux percussionnistes qui tuent: Itamar Doari et le tout jeune Amir Bresler( 20 ans, first gig with the band).
'Morenika' sera entamé par un solo de contrebasse, caressée à l'archet, histoire de situer le thème dans un décor sacré.
Avishaï se lance dans un chant/prière juif superbe et envoûtant. C'est bien parti pour une séquence de jazz métissé, agrémenté de chants lancinants et de prouesses techniques.
'Leolam' démarre sur un rythme de danse orientale, avant de voir le thème être brisé pour faire place à un piano classique, insidieusement, la composition prend un nouveau virage et tourne au groove noir et moite.
Superbe!
'Two Roses' un chant haleté, des rythmes tribaux, une contrebasse jouée en arpège, la mélodie se fait hypnotique et le piano Ruben Gonzales.
Audacieux et brillant!
'In One' même insolence novatrice et complexe. Un trip te menant du désert austère et aride vers de chaudes plages, où de belles créatures se déhanchent sur des rythmes chaloupés et suaves, pour revenir au profond et sacré, la voix rauque de Karen agressant tes entrailles. Le voyage prend fin par un récital de percussions détonant.
Le piano amorce un thème ludique ( ' Shir Preda'?), avant de voir le leader martyriser sa contrebasse d'un archet agressif, la guitare embraye sur un rythme funk rock, la bande entre en transe.
En un clin d'oeil, rupture totale on reprend le rythme initial, et Avishaï y va de quelques acrobaties sur son vénérable instrument tout en accompagnant Karen pour un duo vocal arabo-andalou mélodieux.
Titre final:'Alon Basela', du funk hébreu irrésistible.
Le théâtre de Verdure transformé en boîte de nuit.

Un triomphe et avec le bis, ça tourne à la démence:' Noches Noches/la Luz', une vieille chanson (un lament vibrant) que j'ai écrite pour ma mère.
On n'allait pas finir sur une note mélancolique.
Par un tour de magie, la magnifique mélopée juive se métamorphose en flamenco ardent, avant d'exploser en salsa torride: ' Valmonos Pal Monte', Eddie Palmieri.
Un feu d'artifice pétillant!


Pierre Anckaert Quintet & Odysseia Ensemble & guests
A peine 30 ans et déjà les honneurs de la Main Stage à Brosella, Pierre Anckaert brûle les étapes.
First Prize lors du prisé Jazz Hoeilaart Contest ( 2007) , deux albums et des concerts aux quatre coins du vieux continent (en trio, Chamber Ensemble (à 4 ) ou accompagné, comme ce soir, par un orchestre de chambre)
Le pianiste est aussi à l'aise dans l'univers classique que dans le jazz contemporain, tendance latin jazz.
Il n'est pas le seul compositeur sur scène ce soir: Hendrik Vanattenhoven (contrebasse) et Stefan Bracaval ( flûte ou flûte basse) sont également auteurs de quelques titres proposés.
A la batterie: Mimi Verderame, à la guitare: Guy Nikkels, auxquels on ajoute 8 cordes de l'Odysseia Ensemble.
' For the record' écrit par Hendrik: du jazz d'inspiration sud- américaine, ensoleillé et séduisant.
Flûte à l'avant-plan et cordes ajoutant une note d' impressionnisme classique à la sonate.
' Romeo & July' de larges mouvements, soit somptueux et lyriques, soit légers, sur rythmique cubaine.
Un premier invité: Michael Zisman et son bandoneon: 'Mist Call' un tango symphonique, aussi proche de Ravel que d' Astor Piazzolla.
Second convive, la trompette de Bert Joris: 'Musette de Chambre' , toujours aussi élégant, Bert ajoutant une touche noire et chaude à cette danse de salon mondain.
'Slow Snow' composé par Stefan.
Buenos- Aires rencontrant Chet Baker, en pensant à la valse des flocons de neige de Tchaikovski.
Retour au dernier album 'Strings Attached':'Passepied', l'ambitieuse plage ouvrant le CD.
Un piano majestueux sur background de violons courtois, la guitare place quelques banderilles et le piano met le cap sur La Havane. Nouveau mariage réussi entre les éléments classiques et les envolées jazzy.
'August Blues' Profitons du mois de juillet pour écouter ce mellow tone, dominé par la trompette langoureuse de Bert Joris.
Un dernier latin jazz rythmé mettra fin à ce concert agréable.
Un petit reproche: un certain manque de punch et un côté mainstream, pas l'idéal pour une écoute attentive dans un parc.

Le clou du festival: Roy Hargrove Quintet!

"...flamboyant trumpet player Roy Hargrove knows how to start a party…” De Standaard!
Non seulement il sait comment la commencer, mais elle dure de la 1ère à la dernière seconde, près de 90' de jazz du plus haut niveau, un public subjugué par le talent et la générosité du quintet.
Tous, sans exception, des génies: Roy et sa suprême trompette ( et ne crois pas qu'il se la pète, ses potes ont eu droit à plus de soli que lui)- Justin Robinson au sax alto -l'élégant Jonathan Batiste au piano- Ameen Salem à la double bass et Montez Coleman aux drums!
'I'm not so sure' de Cedar Walton, pour ouvrir les débats et, en moins de deux, un duel sax/ trompette juteux. Le son de Roy est d'une pureté inaltérée, du Miles Davis de la plus grande époque.
Un old- school tune épicé, imparable.
Donald Byrd 'Low Life', du hard-bop à l'assise rythmique époustouflante.
La tension monte d'un cran dans le parc, les sièges sont délaissés, Bruxelles se masse aux pieds de la scène et gigote en mesure.
'Starmaker' a mellow one, une ballade souveraine. Le sax pleurnicheur de Mr Robinson arrache des larmes à ma jolie voisine. Milou , prévenant, lui refile un des mouchoirs, reçus lors de sa communion solennelle.
'After the Morning' accumulation de soli divers et brillants,... there is plenty to admire in this quintet... (on cite allaboutjazz.com).
'In a sentimental mood' la ballade nocturne de Duke Ellington, un jeu aristocratique de Mr Batiste, raide comme un piquet face à ses touches, mais quel doigté charnel.
Le jazz around midnight type:'Rouge', une nouvelle romance .
'You're my everything' annonce la setlist.
Du méchant latino groove: une rythmique d'enfer, un numéro géant au piano et a joint blowing session pour mettre le feu. Bruxelles, en folie, bat la mesure et hurle de joie.
Pas le temps d'éterniser nos applaudissements, le quintet attaque 'Strasbourg/St Denis' , une mélodie saccadée aux accents samba/funk.
Un petit Monk ' Nothing Serious' et présentation de l'équipe.
Ecoute, écoute, gueule Milou, bien sûr qu'il a reconnu ' Bring it on home' de Sam Cooke.
Un soul/funk brûlant.
C'est plus un parc bruxellois à minuit, c'est El Morocco à Harlem: everybody on the dancefloor!

Ovation immense et en bis , le sobre 'Soulful Melody'. La complainte semble mourir à petit feu, lorsque les blacks amorcent un changement de tempo, le King de la trompette quitte le podium pour donner une sérénade dans l'arène, à la grande joie de l'assistance ébahie.
Il rejoint ses potes , one by one, ils quittent la scène en nous laissant Jonathan Batiste, qui nous balancera, en solo, un dernier swing ravageur.

Dans les cieux brillent les étoiles, d'autres stars attendent la limousine devant les ramener à l'hôtel. En passant, Justin Robinson me refile une setlist illisible.
Here you are, man!

dimanche 11 juillet 2010

Brosella 2010, day one (folk), Bruxelles, le 10 juillet 2010

Le théâtre de Verdure, à deux pas de l'Atomium, accueille la 34è édition du festival Brosella, sous un soleil de plomb.
A 15h pile, Henri Vandenberghe vient annoncer le premier groupe qui jouera sur la Main Stage:

Derroll's Dream

Un projet en hommage à Derroll Adams, décédé il y a une dizaine d'années.
Son ami, Wiet Van de Leest (Rum, Madou, les Enfants de l'Yser...), a réuni +/- 20 artistes pour interpréter les oeuvres du plus belge des natifs d'Oregon.
Trois concerts sont prévus: Brosella, les Gentse Feesten et Dranouter...Un événement à ne pas manquer, donc!
Dany, l'épouse du regretté Derroll, prenant place au premier rang, dans l'assistance déjà nombreuse en ce début d'après-midi.
14 cordes (violons, violoncelles, contrebasse) prennent place au fond du podium. L'inévitable Roland, son chapeau et sa guitare à droite, à ses côtés le dirigeant, Wiet et son violon, ensuite la British folk legend, Maggie Holland, et son banjo (Hot Vultures, English Country Blues Band, Tiger Moth + 5 solo albums) et pas moins de six chanteuses formidables: Vera Coomans (Madou, Rum...) - Kaat Arnaert, soeur de Geike/ Hooverphonic ( Tommigun, Sutrastore...)- Lady Angelina sans sa boîte à chagrins-la radieuse Soetkin Baptist ( Ishtar) - Anu Junnonen (aNoo, the Screaming Bitches...) et Anja Kowalski, qui jouera également de la guitare ( Wolke, Flat Earth Society...).
Grâce et talent sont au rendez-vous.

Un traditionnel Alice in Wonderland: 'Mr Rabbit' une chorale sublime et des arrangements baroques. Audacieux et magique.
' Columbus Stockade' encore un traditional, au répertoire de Derroll ( qui a modifié les lyrics originaux), mais aussi de Doc Watson, Willie Nelson ou Woody Guthrie.
'The valley' le chef- d'oeuvre du banjoman. Wiet a concocté une version symphonique mélodramatique et majestueuse.
Prémonitoire également....dripping rain they'll start a-falling...
Une première train song: '900 miles'. Sobre et profond : 2 guitares, un banjo et un duo vocal signé Van Campenhout/Kowalski.
Le poétique 'The Mountain' , un fingerpicking tout en finesse du barbu.
Vera annonce 'Moonshine Moon', un titre écrit par son fils Thomas Devos (Tommigun). Un gospel poignant.
Une ballade folk ancestrale, originaire des Appalaches: 'Pretty Saro' : un chant choral, un banjo et des frissons dans le dos.
'The Sky' voit Wiet nous rappeler les années 60: la rue des Bouchers( pas encore attrape-touristes), le café 'Welkom' et Derroll jouant pour les clients du bruine kroeg. Nostalgie, quand tu nous tiens.
Une romance pudique au final amplifié par les cordes.
'Muleskinner Blues' un country blues allègre, yoddlin cowgirls en folie.
La berceuse nostalgique 'Memories', suivie de la classique railroad song: 'Freight Train Blues'.
Du bluegrass à chanter sous la lune argentée' My Dixie Darling' .
Une 'Lovesong' tendre, signée Donovan et un titre écrit par un pote, Tucker Zimmerman: 'Oregon', une road song t'amenant à traverser les States, baluchon sur le dos.
Les six madames te donnant à nouveau la chair de poule.
Wiet nous annonce la dernière, on savait tous que 'Portland Town' allait suivre. L' élégante version Vivaldi valait le déplacement à elle seule.
Les chanteuses se taisent, une bande passe la chanson nue, interprétée par Derroll Adams, impossible de retenir tes larmes, l'émotion est à son comble.

Il reste quelques minutes pour un bis: 'The Valley', rebelote, zegt Van de Leest.

Au pas de course vers la Royal Palm Stage pour: Renato Borghetti Quartet

En route pour le Rio Grande do Sul au Brésil, à la rencontre de gauchos pas gauchers:
Renato Borghetti: gaita ponto(= accordéon diatonique) - Daniel Sa: guitare - Vitor Peixoto: piano - Pedro Figueiredo: flûte et sax soprano.
Folk? Pas vraiment: de la world, à forte connotation latin jazz, jouée par des virtuoses.
Ils ont mis Bruxelles à genoux et quand ils reviendront, probablement en mars à Muziekpublique, selon la délicieuse Sabina Schebrak, leur agent en Europe, il y aura foule.
'Barra do Ribeiro' sur le Cd ' Gaita Ponto' (2004), c'est là, à la confluence de l'arroio Ribeiro avec le fleuve Guaiba, qu'est situé le ranch de Renato.
L'accordéon gambade au rythme du cours d'eau, la guitare est sèche et fière, le piano sobre et le sax coulant. C'est vachement sensuel et entraînant.
'Passo Fundo' sur le dernier né 'Fandango' , démarre en musette lusophone, vire flamenco vivace pour s'enflammer et exploser en gaucho jazz syncopé.
'Ferrao de Marimbodo' petit tango pas Chinois et flûte virevoltante. Les quatre caballeros de l'apocalypse se payant, chacun, un petit solo crapuleux.
JPRock, à mes côtés, trépigne de plaisir, il est pas le seul.
Y a pas que le rock dans la vie, philosophe-t-il.
T'as raison, Uylenspiegel!
Un duel tragico-comique et passionné, accordéon/ guitare: 'O sem vergonha' .
Des gladiateurs sud-américains!
Vitor et Pedro, rappliquent pour se joindre à la fiesta colorée.
Le mélancolique 'Cumplicidade' , une milonga chaloupée.
'Redomona' nouvelle musette de la Pampa, endiablée, ça tire dans tous les sens.
Un dangereux pistolero, Señor de Sa Leite.
Une dernière: 'Sao Jorge', pièce lyrique, enregistrée en 1991. Soudain, le piano sautille, flûte et guitare s'envolent, c'est parti pour un mouvement vivace et primesautier. Nouveau break: gros solo de Pedro, style Herbie Mann, incroyable maîtrise!
Je passe le témoin au piano.
Un doigté d'une pureté Fryderyck Chopin.
Bien, petit, lui dit Renato, à nous maintenant: la guitare et l'accordéon rappliquent et Brosella vibre.
Prestation lumineuse!

Comme bis: 'Laçador' écrit par Alegre Correa, ultime chevauchée aux frontières de l'Argentine et de l'Uruguay.
Le Rio Grande compte deux célébrités: Gisele Bündchen et sa plastique, Renato Borghetti et son gaita ponton!

Impasse sur The Shin, faut boire par ces t° caniculaires recommande la faculté...


Julie Fowlis
A peine la trentaine, héritière et chantre de la culture gaélique.
La ravissante et réservée écossaise (île de North Uist dans les Hébrides extérieures) aura charmé tous les amateurs de musique celtique traditionnelle.
Une voix d'une pureté inaltérée, une grâce sans apprêts et un band maîtrisant, à fond: reels, jigs, ballads ou autres variantes du Ceol Mor.
Bouzouki:Eamon Doorley, conjoint de la madame - fiddle: Duncan Chrisholm- Tony Byrne: guitare and, of course, Julie Fowlis: gazouillis et thin whistles ( shepherd's pipes, si tu préfères).
'M' fhearann saidhbhir'(sur l'album 'Uam'), dur à prononcer, non... = my land is rich, nous explique la plaisante demoiselle. Captivée, Bruxelles, plonge dans ce bain gaélique, apaisant et bienfaiteur.
'Ceolas' même fraîcheur et limpidité.
Next one is a tragical tale, une chanson d'amour triste ancestrale, originaire des Hébrides : 'A Chatrion' Òg' (Young Catriona). Même si tu piges que dalle, l'émotion te gagne. Un voisin me glisse, cette jeune dame pourrait te chanter la recette du waterzooi en gaélique et tu serais encore ému par cette pristine voice (dixit Elly Roberts).
'Brògan ùr agam a-nochd' (= j'ai de nouvelles chaussures ce soir), et ces godasses neuves vont l'emmener au bal, car la mélodie est rythmée et invite à la danse.
Bruxelles bat la mesure.
'Blackbird', des Beatles, devient 'Lon Dudh' , ce merle noir siffle pareil dans tous les idiomes.
'Turas san Lochmor' violon en goguette pour cette composition nerveuse.
'Four Irish Tunes' :une suite énergique.
Dancing time sous l'Atomium.
Pas des manchots, nos gaillards.
A working song, 'The Spinning song'. Une Jenny Hargreaves, face au rouet, chantant tout en filant le lin.
Une suite de Scottish tunes, le thin whistle sonnant cornemuse des Highlands.
Les pieds nickelés, qui, il y a une 1/2h, imploraient ' assis là-devant', se sont redressés pour entamer un Scottish Lilt sans kilt.
Ambiance à Osseghem, manquait que la Stout!
La suivante est originaire de Bretagne ('Je suis né au milieu de la mer' ou 'Me zo ganet é kreiz ar mor', au répertoire d'Alan Stivell).
Quelle voix, mes aïeux!
Le rythmé ' Bonaid' sera suivi d'une dernière série de Scottish tunes ('Tunes into Puirt') : reels, jigs et marches gaillardes.
Le ciel fuit, un nuage gris laisse échapper de fines gouttes sur les crânes, garnis ou glabres, des festivaliers communiant avec les bardes gaéliques.
Dernières notes et immense ovation.

Ces cris ont fait éclater les cieux et, l'orage vicieux s'abat sur le Théâtre de Verdure.
Des trombes d'eau, Brosella est noyé, en courant tu regagnes ton arche, amarrée à 300 mètres, et tu oublies: Ialma, les Tisserands et Orion pour rejoindre ton accueillant logis et sa gente maîtresse.

vendredi 9 juillet 2010

Les Amis de Louis au Parc Reine- Verte à Schaarbeek, le 8 juillet 2010

Apero en zo, un concert-apéritif organisé par le Dienst Nederlandse Cultuur de Schaarbeek et le G C De Kriekelaar, en l'honneur de la fête de la Communauté flamande (11 juillet).
Le coquet parc de la Reine-Verte est caché au 42 rue des Palais et jouxte les bureaux de la Cocof.
Apéro et amuse- gueule offerts en attendant le concert, prévu à 17h30'.
Dank u, Vlaanderen!
Horaire non respecté, puisqu'il sera 18h lorsque quelques édiles rougeauds (le vino blanco?) viendront défiler derrière le micro pour monologuer sans passion.
Exercice obligatoire et fastidieux...nog een witte wijn a.u.b!
Dix minutes de bla bla, puis place à la musique!

Les Amis De Louis!
Un orchestre anversois pratiquant un swing jazz délicieusement retro!
Trois chanteuses, robes vintage plissées et fleuries, hauts talons , lipstick et des voix sublimes: Kaat & Eva Jacobs et Jessie Willemse, une quatrième madame pianote ou accordéonne: Els Nicasy .
Les boys: Bob Van Brandt, sax tenor- Raf Geudens: trompette, piano et vocals - Rik Lenaerts: contrebasse et aux drums et vocals: Steven Michielsen, ce dernier sévit également (avec Rik et Jessie au chant) dans le combo Groove Juice Special.
Le ton est donné dès les premières mesures: du swing et des close harmonies à la Andrew Sisters ou Fontane Sisters
... since I met you on the dancefloor... c'est là qu'on devrait se trouver en avalant un cocktail épicé et en reluquant quelques Jayne Mansfield et autres blondes platines, au sourire carnassier et poitrines opulentes.
Ok, on enfile nos little dancing shoes.
1935 'Porgy & Bess' : un 'It ain't necessary so' façon Manhattan Transfer.
Mate-moi la robe rouge, une high-pitched voice fabuleuse.
Ella Fitzgerald: 'When I get low, I get high' , le troisième âge de Schaarbeek est dans le registre high, pas qu'il tombe en pâmoison devant le jazz de Louitje, mais le vin englouti commence à faire de l'effet.
Tous les groupes retro jouent 'Bei Mir Bist Du Shein' mais pas avec un accordéon musette. Wunderbar...
Glenn Miller 'In the Mood'.
Mamie et Papie rappliquent, les cubi de pinard sont désespérément vides, ils n'aiment pas le jus d'orange et puis, ils ont guinché là-dessus à la libération.
Luister, Hans, dat kennen we ook: 'Boogie Woogie Bugle Boy' .
De l'énergie, des prouesses vocales et des musiciens connaissant la musique et en prime le soleil, le peuple ne demande rien de plus!
Un petit tour au 'Cotton Club' pour une séance de scattin'? ..you got to sing, swing...
Avec plaisir, ladies!
Steven mag ook eens zingen: 'Hit that jive, Jack' .
Peut-être pas aussi suave que du Nat King Cole, mais ça déménage.
'Shadrack' un gospel façon Louis Armstrong, trompette en évidence.
'Music to watch girls go by', (Raf aux vocals), elles sont mignonnes les nanas. Le crooner, Andy Williams, les chantait déjà dans les sixties.
Un marshmallow hit irrésistible!
Dans la même veine latino: 'Mas que Nada' de Jorge Ben, version Sergio Mendes & Brasil 66.
Une reprise étonnante de Stealers Wheel : 'Stuck in the Middle with You' , Gerry Rafferty en mode swing.
Boris Vian, le génial et masochiste: 'Fais- moi mal, Johnny', popularisé par la vamp, Magali Noël.
Bien joué, Louis!
'Puttin on the Ritz' , manquait que Fred Astaire!
Monsieur 100.000 volts, Gilbert Bécaud, une version canon de 'L'Orange' (pour l'équipe des Pays-Bas)!
On termine ce bain sépia de soixante-dix minutes par 'Les Triplettes de Belleville': une pointeuse, un milieu et une tireuse, pastis à volonté et du cartoon crooning imparable!
Rose, Violette et Blanche se tirent en douce, suivies par l'accordéon, les cuivres et la contrebasse, reste à l'écran le batteur qui termine le jazz en solo.
Générique de fin, applaudissements nourris!

jeudi 8 juillet 2010

Douglas Firs +Steven De bruyn, Tony Gyselinck & Roland au Maurits Duchépark, Vilvoorde, le 7 juillet 2010

Vilvoorde: welkom!
Pendant les vacances, tous les mercredis (20:30'), Maurits Duchéhof, les concitoyens du roi des con(s)promis, le malin (pas gre) Zean-Luc, peuvent assister à des concerts gratuits de qualité.
Pour ouvrir la série, Roland et sa clique, et en support:

Douglas Firs
Pas la première fois que tu assistes à un gig des broers Van Hellemont (Gertjan: compositions, lead vocals, guitares et Sem: backings et piano électrique). Ils ne t'ont jamais déçu.
En principe lorsqu'ils se produisent en band, ils sont quatre. Mais, pas de Christophe Claeys aux drums, ce soir. Simon Casier, le bassiste de Balthazar ou de Bell est, lui, de la fête.

20:30': speech d'une star lippue locale, schepen van cultuur probablement et le trio peut lancer: ' Shimmer and Glow' une de leurs pièces maîtresses, de l'americana, accent mis sur les harmonies vocales.
'Apple' une pomme électrique, variété Nashville, décorée de lignes d' harmonica Bob Dylan.
Du soft folkpop fragile, comparable à celui de Bony King of Nowhere: 'Misunderstood'...there are things that should be left unsaid... Bien vu, Gertjan, faut pas tout raconter aux madames!
Au Farwest on joue de la country, non? 'Love you now'.
Plus proche des Flying Burrito Brothers que de Willie Nelson.
'Isn't it weird !' du Louis Jouvet bluesy.
'That's what I want', pas surprenant les comparaisons avec Elliott Smith, Nick Drake ou les Beatles. Trois voix magiques et une guitare lyrique: du bon boulot.
'Never cared enough' les difficultés de la vie de couple.
'Dirty dog' leur titre le plus rock... un clebs vicieux.
Douglas Firs clôture avec 'Pretty legs & things to do' , une ballade soignée.

Le 24 juillet, ils seront aux Gentse Feesten!

Steven De bruyn, Tony Gyselinck & Roland

Depuis l'hiver, le légendaire barbu du Delta de l'Escaut, Roland Van Campenhout, a retrouvé son compère Steven de Bruyn (El Fish, the Rhythm Junks etc...), l'harmoniciste le plus célèbre de nos plates contrées, après le vénérable Toots, natuurlijk. Ils ont embrigadé Tony Gyselinck, un batteur ayant encore eu l'occasion d'accompagner Sadi, mais aussi Boudewijn de Groot (non, mon ange, c'est pas l'époux de Fabiola!)... Tony s'occupe, d'ailleurs, du slagwerk chez les Rhythm Junks.
Le trio multiplie les concerts: Roots & Roses festival, support pour le mignon Poppa Chubby à Leffinge, une tournée en Irlande.. partout leur blues expérimental fait mouche.
Pour ouvrir, le vieux requin et les pas tout jeunes loups t'assènent un instrumental exotique, plein de loops, de lignes d'harmonica sortant d'un film de Werner Herzog et de riffs de guitare sonnant comme un piano cubain, la setlist de Tony mentionne 'Beyen'.
Roland présenta le soundtrack sous le titre 'Allumeuse Beyen'.
Steven au chant et au dobro pour un film d'épouvante, style 'Tarantula': 'Spider on my face'.
Des arachnides aimant le blues/country/rock. Le vieux gratte comme du temps de Roland & his bluesworkshop, Steven et Tony essaient, en vain, de liquider les bêtes velues s'échappant de la guitare du crocodile.
Nouvelle pièce instrumentale aux touches swamp/jazz/funk. Van Campenhout poussant quelques cris d'indigènes pour créer l'ambiance bayou.('Grinder' mentionne le carnet).
Steven fouille dans sa sacoche pour en sortir un clavier-guitare étonnant et le trio attaque une longue plage bluesy au ton mélancolique et blasé, que Roland a enregistrée avec l'Admiral Freebee 'Never too Soon'.
Un grand moment.
On poursuit dans la veine jazz blues...round, round up and down... susurre le vieux.
Ce truc ('Reinvent' ???) balance sec, les étincelles jaillissent de la six cordes, Meneer Gijselinck se démène sur ses caisses et toms, le sorcier brun te sortant des vibrations, tantôt baroques, tantôt Ennio Morricone, de sa collection de Hohners.
Une intro free blues annonce un message blues traditionnel: ' The going down slow', un titre que Roland a enregistré en 2003... you don't know, baby, how I miss your sweet caress... godv., le malin y introduit du Rory Gallagher.
Un jongleur, ce peï!
Une ballade sensible écrite et chantée par Steven: 'Tiny Tiny', décorée de percussions électroniques et de quelques effets geignants de la barbe mitée.
Après cette sucrerie, le trio attaque un nouvel instrumental blue note aventureux. L'ineffable patriarche a décidé qu'une pointe d'humour s'imposait et orne le machin de rode rozen voor Sandra, le chef-d'oeuvre de Jimmy Frey.
Ons laatste nummer: ' King Kong' un blues avant-garde, simiesque et chaotique, en cinémascope.
King Kong au dodo dans sa cage New-Yorkaise, couvre-feu!
Une heure 25' d'extravagances, de blues, de jazz et de fun!
Good job, heren!

Un petit bis avant la fermeture de la buvette?
Un surf rock( 'She Knows (?)), chanté d'une voix de fausset par monsieur poisson...she knows how to move it right...
Fresh news: l'Espagne en finale... le surf vire flamenco sangria ... malaguena...olé!
Laid, toi-même!

lundi 5 juillet 2010

Guy Forsyth Trio au Café le Montmartre à Ixelles, le 4 juillet 2010

Initialement Didier et Loli avaient prévu Jason Ricci, mais toute la tournée de l'harmoniciste a été annulée.
En apprenant que Guy Forsyth était dans le coin, ils signent illico presto le Texan, décoré, en 2005, d'un Austin Music Award for best male vocalist.
Personne n'a eu à le regretter, un concert cinq étoiles, un public ( dont Steven en jolie compagnie, le duo comique Milou/Guy et des anciens du Nekkersdal...) et des patrons aux anges, un trio de musiciens heureux: c'est pas beau la vie!

Guy Forsyth & Band
C'est le Guy aux guitares, mouth harp, ukulele et vocaux suprêmes - le subtil Will Landin à la basse ou au tuba et le brillant Jeff Batto aux drums.
C'est du blues, non?
Pas uniquement, petit... T'auras du twelve bar, du dixieland, du cabaret, du gospel, du folk, de la rumba etc... Guy est clair:there's really only three types of music:"There's the stuff you like, the stuff you don't like and stuff you haven't heard." et comme il est éclectique, t'auras un peu de tout sauf du rap!
Une entrée en matière époustouflante, le trio a capella pour le negro spiritual 'Sink 'em Low'.
Simplement beau!
Nouveau gospel, mais Mr Forsyth a sorti son harmonica: '105' , le Montmartre s'occupera des handclappings.
On fait appel à Thomas Edison pour un blues tragique 'Hometown Boy'.
Next one is a song I wrote when I found I was pregnant... Pardon monsieur, 'pregnant'?
Eh Didier, keske tu leur as donné à manger? ' Red Dirt', une petite slide canaille pour ce laidback blues juteux.
Du cabaret blues à la Tom Waits :' Death gonna hunt you down', très jazzy avec ce low pitched tuba sound.
En pensant à sa fille 'Mary Mae' , un dixieland joué à l'ukulele.
Pour un gars aimant appuyer sur le champignon,a guy who was hooked on gasoline: 'Leadfoot Larry', un truc retro qu'aurait pu chanter Marylin Monroe.
Superbe.
Le titre d'un de ses CD's: 'Needle Gun', tu comprends needles for a tattoo machine.
T'as vu mes biceps, mate le tatouage. Il a pas vu le mien, me souffle Milou...
Il est où, mon chou?
Vais pas enlever mon slip en public, mec!
'Don't turn me in' du Chicago Blues, pur jus, sera suivi du slow blues ' Play to Lose'.
Il nous sort un numéro incroyable, il quitte la scène et vient chanter, sans micro, parmi les attablés estomaqués. Godv., quelle voix, une cavité buccale plus large que la caverne d'Ali Baba, cachant 40 Albert Spaggiari. S'approche de la table de Steven, qui s'empresse de sauver sa Blanche, mais le Guy lui fauche une cibiche et se l'allume tout en continuant son couplet, pour finir la tyrolienne à l'harmonica.
Phénoménal, le Montmartre explose.
On termine le set par le jazzy 'Thank you for my suit', mettant en évidence les talents de Will, qui nous la joue Jaco Pastorius.

Break /ravitaillement et set 2!
On repart avec un blues 'If I was Sick' pour se diriger vers la Nouvelle -Orléans, le 'Kingfish' de Randy Newman.
Listen Guy, faut changer le jack de ma basse, écoute ce bruit, fieu!
OK, on en profitera pour jouer 'Children of Jack', un folk tune en l'honneur de Jack Kerouak.
Un petit tour au Music Hall, à Harlem? 'Adam's Rib': joyeuse séance de scatting, plus Louis Armstrong que nature.
'Eureka Street Drag' décoré d'un fingerpicking fascinant.
Une cover de Ry Cooder 'The Girls From Texas', du Chicano rock rigolo.
Assez ri, Bruxelles, il est temps de vous réveiller: un bluesrock saignant, sentant bon le Stevie Ray Vaughan: ' Don't turn me in'.
'Tattle Tale' du tango/blues subtil et agité à la fois, sera suivi d'un folk social 'Old time man' .
Guy reste un as à la slide, il nous le prouvera avec le blues nerveux ' Don't Stand Still' (Snakeboy's Lament) .
La section rythmique amorce une intro à la Bo Diddley (pas étonnant, c'est 'Mona' d' Ellas Otha Bates McDaniel aka Bo Diddley) , l'harmonica accroche le wagon, c'est parti: des fourmis te chatouillent partout, tout l'établissement à la bougeotte, une crise d'épilepsie collective. De sages madames s'agitent comme des siphonnées en pleine crise de delirium tremens, Steven suit le mouvement (pour lui, c'est normal). Faut faire quelque chose sinon les voisins risquent d'appeler Veeweyde et on est tous bons pour une piquouze fatale...
Fin, ouf, on a survécu!

Un bis?
Yes!
Ukulele/tuba et le batteur aux sifflements: 'True Friends' d'une voix de crooner sortie d'une comédie musicale anno 1946.
Nouvel instant de magie.
Sous les acclamations, Jeff, Will & Guy nous assènent un dernier negro spiritual, a capella: ' God danced the day you were born', et il danse encore!

Plus de deux heures de concert!
Guy Forsyth revient en Belgique fin août/début septembre: au Spirit of 66 (Verviers) et au Crossroads (Antwerpen).

dimanche 4 juillet 2010

Hee Tervuren 2010, Marktplein Tervuren, le 3 juillet 2010

Quatre jours de festivités gratuites, sauf pour la messe Clouseau (le jeudi), Tervuren vibre aux sons du rock made in Vlaanderen.
Samedi, après les orages, le coup d'envoi sera donné à 16:45' par un coverband local:

Sylle
= L'enfant de Sylle vin Buyle , un Kuifje d'Auderghem, qui a embrigadé 3 aminches pour faire du rock, afin de se taper plus facilement les gamines du coin.
Sylle ratisse large avec leur répertoire bal du village.
Tu te demandes qui est intéressé par cette soupe? Papa, maman, la petite soeur, les vriendinnetjes, meneer de pastoor et les enfants de choeur +Claire, la femme du prince.
Qu'ont-ils martyrisé?
' Blue Suede Shoes' , suivi d' un medley immonde, on a reconnu e.a. '9 Crimes' (Damien Rice) ou 'I'm Yours' pour fondre sur le 'Passenger' d'Iggy.
Les Troggs, 'Wild Thing, n'échappent pas au massacre. Zont la foi 'I'm a believer' !
Jamais de cauchemars:'Sweet Dreams'
Et sur scène, ça déménage? Non, ça remue pas un Sylle!
T'es vraiment un nain B Sylle, mec!
Zont joué 'Smoke on the Water' au moins?
Ja!
Tintin s'en est tapé une en solo 'Idon't wanna dance', le truc de Eddie Grant, remis au goût du jour par Lady Linn et puis le jukebox a joué 'Les filles du bord de mer' et le bal était terminé.
Ai refusé de danser avec un chimpanzé, suis parti avaler une Primus!

Team William

T'avaient pas laissé une grande impression au Bruksellive en 2008, pourtant les critiques sont élogieuses.
Verdict: si quelques titres pataugent toujours dans l'indiepop grand-guignol, la majorité des morceaux joués hier accrochent par leur côté pretpop/rock, sans prétention mais vachement bien foutu.
Floris est un guitariste/chanteur qui a de la gueule, Bert (basse) et Douwe ( drums) assurent un max et Arne, le rigolo aux claviers, amuse la galerie avec ses pitreries tarte à la crême.
Pendant 45' ils nous balanceront une douzaine de titres de leur premier CD, produit par Mario Goossens (Triggerfinger). La jeunesse locale s'est extasiée à l'écoute de leur radiovriendelijke titels.
Des titres: '70% ( a réussi avec satisfaction) - 'You have my heart, okay' - là, Bert fait de grands signes: les petits gars, ma basse est mourante, faut bricoler quelque chose... deux ou trois mécanos en piste et Floris meuble en jouant, brillamment, 'Judo Kids' en solo - le très chouette 'Lord of the Dogs' - 'First Snow' à la fois mélancolique et énergique mais pas frileux-
une pincée de Placebo, un soupçon de Pavement, une once de Sebadoh : bref du poprock pas compliqué engendrant la bonne humeur - 'Wonderyear III' - 'Londen Lofi' - Arne Hardy fait de grands signes vers le public, deux puceaux escaladent le podium pour se trémousser à côté du chanteur, pourront raconter ça à leurs petits-enfants en 2090 - le easy listening hit 'You look familiar' et 'Pep Talk'.
Amusant, mais pour apprécier à sa juste valeur, 20 ans est la limite d'âge à ne pas dépasser !

Place aux choses sérieuses: Customs!

28 juin: pop-rock.com : le sous-Interpol/Editors du jour: Customs...
Ok, braves gens, le seul problème est que vous n'ayez jamais vu le groupe live et, que de plus Interpol et Editors sont déjà des sous...
Né en 2008, les louvanistes se targuent d'un palmarès éloquent:
Un Cd encensé par une presse sans oeillères: ' 'Enter The Characters’, best Belgian album of the year 2009, titre De Morgen - des concerts à la pelle, dont Werchter 2010!
Kristof Marie August Albert Uittebroek (vocals, guitar)-Joan Willy August Govaerts (bass)-Jelle Florentius Mark Janse (guitar)-Ace Mirko Zec (drums) vont devenir énorme, sur scène leur new- wave/postpunk en impose , influences Joy Division ou pas.
Les kets et les lycéennes de 16 ans ne connaissent pas Ian Curtis et, pourtant, vibrent au son de Customs.
Tervuren leur a fait un triomphe.
'Justine' : guitares acérées et répétitives, chant scandé , un bridge invitant le public à battre des mains...on connaît, mais c'est irrésistible, surtout si les lignes de basse de l'impassible August ( réincarnation de John Entwistle) sonnent plus Peter Hook que nature.
Super efficace!
'Talk more nonsense' , certains citent 'The Architect' de dEUS , nous, on entend une cold wave irrésistible.
'Where the moon spends my days' -'Tonight, we all stand out' , titres secs, tendus, addictifs, froids, malgré des t° avoisinant les 26°.
'Violence' pas besoin de dessin... agressivité urbaine glacée et noire mais habillée d'un trois pièces, cravate!
Notre nouveau single ' Shut up, Narcissus', titre psychanalytique, coup de poing !
'We are ghosts', les fantômes se consument à petit feu et fondent sur 'Rex' , avec ses allusions à Hamlet et à sa folie.
Une cover grandiose du 'Transmission' de Joy Division, des frissons dans le dos... dance, dance, dance, dance, dance to the radio... sur fond de guitares métalliques. Superbe!
'The Matador' sera le dernier jet.
Rien à voir avec Garland Jeffreys, ce torero sombre, inquiétant et distant!
Customs, une grosse claque et qu'on nous parle plus d'une pâle imitation des Editors!

Das Pop
Combien de fois as-tu vu les Gantois?
7/8... des hauts, des bas , mais le concert de Tervuren est à classer dans les annales, de la pop de haut niveau, une énergie communicative, un public subjugué, me suis même mis à chanter avec les gamines de 15 ans...
Un decorum kitsch: palmiers gonflables, ballons... c'est Palavas les Flots?
Bent Van Looy et ses copains reviennent de Werchter, main stage, pour enflammer Tervuren.
Il est en forme, le costaud Reinhard (guitares, mandoline) idem, Niek Meul, à la basse est prêt à suer pour la seconde fois aujourd'hui et Matt Eccles, le drummer néo-zélandais, tient une forme olympique.
Le sautillant 'Underground' amorce la fête, c'est déjà l'hystérie, un palmier atterrit à nos pieds.
Onze nieuwe single: 'Saturday Night', catchy, à la limite cheesy, mais imparable surtout quand Bent se permet quelques acrobaties pour amuser le village.
' Tired' zont pas l'air crevés.
Un vieux titre, qu'il nous dit, et dès que Tervuren reconnaît 'You' c'est la névrose totale.
'Feelgood Factors' à la mandoline.
Une romance? 'Girl be a Man' et un nouveau titre eau de rose: ' A Kiss is not a Crime' .
Sont hyper pro, leur show est rôdé et Bent joue avec son public.
Un rock pour changer: 'Fool for love' .
Vais faire un numéro au piano, sortez vos Canon et Kodak: écoute, baby ..I don't want to try again with somebody else...I'm your man... il est convaincant, le marin de Gent.
L'enjoué 'Wings', au background reggae avec un énergique doublé de percussions, ça gueule de partout à tes côtés.
Et Das Pop envoie la pièce maîtresse ' Never get enough', un singalong monstrueux, les lions en pierre du Musée d'Afrique Centrale, à 250 mètres de là, en tremblent encore.
Dank u Tervuren, jullie waren fantastisch!

Un bis surprenant et tribal: le génial 'It was a very good year' popularisé par Mister Ol Blue Eyes himself:Frank Sinatra!
Apothéose d'un concert gigantesque.

Tête d'affiche: Zornik.

Koen Buyse revient après une pause de deux ans, le concert annoncé à l'AB , le 28 octobre, fut uitverkocht en 7' et, ce soir, il joue gratos à Tervuren.
En 2004, tu le vis au Marktrock, tu te rappelles Andy Caims de Therapy! annonçant, publiquement, I'm gonna fuck that Zornik guy, excédé qu'il était par la prétention de K B.
A Tervuren, Zornik et son rock carnassier ont cassé la baraque.
Pas que son truc soit novateur ou hyper-bandant, mais c'est bien foutu, énergique, avec une bonne dose de clichés à la fois hard, glam ou power punkpop à la Blink 182.
Le cinquième album doit sortir dans quelques semaines et le band( Koen + Bas Remans, Davy Deckmijn et Tom Barbier) nous a offert de nouveaux titres en primeur.
Une grosse mise en scène et arrivée du drummer (Davy), qui tabasse ses fûts, les potes rappliquent et c'est parti pour une séance rock pathologique, avec un chanteur ayant toujours des intonations Bryan Molko dans son phrasé: 'You move me'.
Deuxième hymne, et tes voisins, des louveteaux attardés, ayant ingurgité 26 litres de Jupiler, se mettent à sauter comme des buffles piqués par un insecte exotique, la bière gicle sur ton crâne, tes orteils subissent les pires outrages, t'es prêt à baffer à droite et à gauche, mais après un rapide calcul...neuf, dix, onze... tu te dis, vais m'installer à côté de la gamine, collée à la balustrade.
Bordel, le monde est bourré d'ivrognes!
Zornik a enfilé un disco rock purulent... don't wanna stay here... moi non plus, veux pas stagner à côté de ces pénibles bâtards.
La gamine me sourit, OK, je reste.
Une petite intro à la Pete Townsend pour 'Pinball Wizard' Zornik nous sort son nouveau single 'Walk'.
Il a décidé de virer heavy mais avec des pointes AOR, style Bon Jovi. Les guitares crachent, le Koen fait son Jean Gabin, le bassiste va tripoter un clavier, c'est bien ficelé, tout le monde est ravi.
Ik ook, quand ils entament une longue plage rock à la Vanilla Fudge, il pleure ...I'm not crying..., une chance, n'avons plus de Kleenex.
De plus en plus hard, si ça continue, on le signe au Graspop. Un doigt d'honneur à l'adresse de la basse, un saut de kangourou, une crampe d'estomac, je me roule sur le sol...cet instrumental est canon.
Attention hit: 'It's so unreal'.
Nouvelles effluves disco, il implore... give me some love... sur choeur angélique samplé: 'The Backseat'.
Une solide ballade rock 'Scared of Yourself' mettra fin au set, pour bien montrer que it's over, je fais exploser un énorme pétard et je coupe le courant.
Tervuren hurle dans le noir, pas de peur, ils veulent le retour de Mad Max et tu te dis que si tu veux éviter un embouteillage monstre, il serait judicieux de retrouver ta trottinette et de prendre la tangente.

Tervuren 2010: grand cru!