Album - ORP - Le Village
michel
reggae
Label /Irfan
Non, il ne s'agit pas d'Orp-le-Grand, joli village du Brabant-Wallon qui ne fabrique pas le boudin vert, spécialité culinaire d'Orp-le-Petit , mais qui a vu naître Ilona Masson, une triple-sauteuse qui a franchi plus de 14 mètres sans user d'éphédrine.
ORP = Oai Reggae Party, un collectif marseillais qui, quand il ne joue pas aux boules en ingurgitant du pastis, fait vivre l'esprit sound system made in Les Calanques.
Si le projet est lancé en 2025, les intervenants ont fait leur première communion il y a des lustres (en cristal de Bohème), Gari Greu, Toko Blaze, Lionel Achenza et Rastyron traînent leurs dreadlocks dans toutes les boîtes les plus chaudes de la cité phocéenne depuis avant que le PSG ne passe aux mains du Qatar.
Massilia Sound System, Oai Star, Collectif 13. pour Gari , Toko le griot de Vitrolles est un drôle d'oiseau ayant sorti plus de cinq albums, Lionel Achenza a sévi au sein de Raspigaous et de Bassmaker , Rastyron bidouille dans les studios K et a été aperçu chez IAM ou Pablo Moses, bref, ces vétérans ont de la bouteille, le reggae, le rocksteady, le mento, le ska, le rub-a-dub, le dub, ils pataugent là-dedans depuis que Serge Gainsbourg a enregistré "Aux armes et cetera", on ne leur dira pas que Lou Deprijck avait déjà cartonné en Belgique avec Kingston, Kingston.
En mai, ORP a sorti une première plaque, baptisée ' Le Village'
Tracklist
1. ORP SIFFLE 3 FOIS 3:26
2. LE LALALA 4:02
3. LA BONNE PAROLE 4:09
4. AU VILLAGE 3:12
5. D’AILLEURS 3:56
6.LE PRIX DU SOLEIL 3:12
7. TÊTUE 3:54
8. CITRONS 3:15
9. OH MINOT 2:48
10. ON REVIENDRA 3:50
11. OAI REGGAE PARTY 3:39
Line up :
Beatmaker : Rastyron
MC : Gari Grèu
MC : Toko Blaze
MC : Léo ( Lionel Achenza)
+ Al à la basse, Max Drummy à la batterie, Stéph K aux percus, Blu et Loïs aux guitares
La pochette, un village idyllique aux allures de ghetto jamaïcain, a été imaginée par les graphistes de DesignMaker’s.
Le groupe précise: « Ce Village n’a pas d’adresse, c’est un esprit, un esprit qui refuse l’obscurité, le seul endroit au monde où le mot étranger n’existe pas. »
Comme le train ' ORP Siffle 3 fois' , si Gary Cooper dans High Noon ( devenu bizarrement Le train sifflera trois fois) répugne à utiliser son colt pour descendre les méchants, ORP tire en rafales dès que sonne la cloche, pas des rafales sauvages, non, c'est réfléchi et efficace.
Les voix entremêlées des MC's t'invitent à chalouper nonchalamment sans prêter attention aux dealers vendant leur camelote sur l'Estaque.
On passe au rocksteady/ska faussement naïf avec 'Le lalala' qui 'dénonce la voracité de ceux qui pillent la planète et écrasent les plus fragiles,' dixit Gari.
On peut manifester avec le sourire!
Certains se nourrissent des bonnes paroles de Jésus le Sauveur, d'autres se contentent de célébrer la force cosmique de la musique basée sur un mélodica engageant. ( La bonne parole).
Le mélodica est toujours présent sur ' Au village' , qui, sur fond de riddims festifs, t'invite à la désinvolture et à l'indolence.
C'est bien beau tout ça, mais il s'agit de ne pas s'encroûter au bled, si on se payait un voyage plus loin.
' D'ailleurs' te propose un trip de l'autre côté de l'océan, là où il fait toujours chaud.
C'est pas beau de rêver?
Tu crois que tout s'achète, même le soleil?
Le friqués osent tout: détourner les nuages, s'offrir une équipe de foot, transformer Gaza en Riviera pour milliardaires, installer un data center dans ton jardin, construire un terrain de golf sur Vénus, qu'importe 'Le prix du soleil', ils vont se le payer en cryptomonnaie.
Avec 'Têtue' , ORP propose une carte postale moins édulcorée de Massalia, pas de criques enchanteresses, pas de Bonne Mère trônant au sommet de la Colline Notre-Dame, pas de baie des Singes, pas d'Honoré de Marseille, pas de Stade Vélodrome enflammé, pas de Marseillaise chantée à tue-tête, ni de Ginette Garcin célébrant la 'Cane cane canebière', non, mais une ville en partie défigurée, bourrée d' Airbnb's, d'adolescents tueurs sur fond de trafic de drogue et de corrompus de tous bords...
Mais le soleil brille toujours sur le bleu de la mer.
Ras le zeste, on n'est pas des 'Citrons'....
Ras le c... (au choix, jaune ou dodu) d'être exploité, ce constat est scandé sur une ossature reggae, brûlante et revendicative.
A Marseille comme ailleurs les gosses passent leur temps sur leur portable, ' Oh, Minot' en mode ska décrit/décrie ce triste constat.
Allez, gamin, écoute '54 46 Was My Number'. de Toots and The Maytals et oublie Jul, le parasite!
Le reggae peut également fédérer , n'est-ce-pas, Roger, 'On reviendra' est une promesse , un appel à faire la fiesta sans se monter le bourrichon.
Guitares aux effluves skank et rythmique syncopée, c'est la base, chef!
La onzième est la bonne, ce soir c'est 'Oai Reggae Party ' , une adaptation libre de 'Joy in the morning' ( 1968) de B B Seaton, membre fondateur du groupe The Gaylads.
Le Village Tour déambule dans toute la France, pour les Bretons on a pointé le No Logo BZH à Saint-Malo, tout amateur de roots music se doit d'y être, il y aura, e a, Inner Circle, les Skatalites, Shaggy , les Congos et Lia Moon, si tu veux croiser la fusée d'Elon.
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