Full Moon Little House à Bonjour Minuit , Saint-Brieuc, le 7 février 2026
michel
Pleine lune, on va aux coquillages?
Désolé, sommes attendus à Bonjour Minuit pour la release party de Full Moon Little House.
Après le hors-d'oeuvre très digeste ( Amel Amar), FMLH vient présenter son nouvel album, « Death in Paradise », qui n'est probablement pas inspiré par la série du même nom, diffusée en son temps sur une chaîne publique.
En avril 2023, le groupe, fondé par Kévin Navizet, se produisait dans la même salle, Pascal y était ( cf papier), en décembre, avant la sortie du disque, il accueillait Kévin pour une interview pour Space Monkey sur Radio Activ'.
Il t'a refilé son crayon pour analyser le concert de ce soir.
Depuis un moment le line-up de la formation s'est stabilisé. Pour accompagner la casquette Navizet ( chant, guitare, compos), il y a donc Baptiste Le Solliec ( drums, some backings), celui qui est bien caché, Stéphane Bilger ( keys, synthé), et Yan Rospabé ( basse, parfois guitare et secondes voix).
Tous ces gens s'agitent ailleurs, Baptiste chez Stade, Skopitone Sisko, ( e a), Stéphane chez The Light Side Band et Yan chez, e a, La Blanche, Usbix, Personyk, Akouztyx ou le projet Pleurs de Joie....., quand il ne joue pas au badminton.
Le public s'impatiente, à tes côtés Marie-Jeanne, qui carbure à la mousse, se plaint de la présence d'une dizaine de mouflets sagement assis aux pieds de la scène... c'est quoi, ce cirque, merde, c'est un concert, pas le jardin d'enfants.
T'as failli lui payer un verre, histoire de la calmer, tu t'es ravisé, faut pas créer de faux espoir!
C'est parti, une bande introductive, basée sur des sonorités ferroviaires, voit les musiciens descendre du wagon et prendre place, ' Kings in the haze' , le premier titre du nouvel album est attaqué.
La voix est trafiquée, le nappé de claviers imposant, la guitare plane, la basse et la batterie roulent tranquillement, on ne sait pas si la brume est en cause, mais à la fin du titre, Kévin nous confie s'être planté.
Marie-Jeanne, Miss Pompette, n'a rien remarqué, sa tête suivant les mouvements de la locomotive.
On connaissait l'univers de FMLH après avoir bien écouté l'album précédent, ' Funeral', on savait qu' on pouvait s'attendre à un prog rock raffiné, dans le style du Floyd ou d'Archive, avec quelques relents trip hop bien sentis, le groupe a encore peaufiné le style sur cette seconde plaque.
Des effets larsen amorcent ' Death in Paradise', après le trip Trans Europe Express, c'est un voyage cosmique qui nous est proposé. A la lisière du shoegaze, le groupe surfe entre les nuages et les étoiles, le son nous enveloppe, on doit se frotter les yeux, tellement c'est beau là-haut.
Coucou Major Tom , hello Syd, bonjour à toi, le joueur de flûte qui annonce l'aube.
Après un final tourbillonnant , précédé d'un gimmick 'Baba O' Riley' , l'orgue majestueux attaque ' Silver & Gold'.
Baptiste s'agite, d'un drumming soutenu, il maintient le cap, la voix, ténébreuse, pénètre tes cellules, mais c'est le travail immense de Stéphane aux keys qui impressionne le plus.
Marie-Jeanne, en extase, flotte dans un univers parallèle.
Du coup, le chef annonce ' Wolf' .
Un loup, où ça, réagit la mégère!
Panique pas, tu lui dis, c'est l'histoire du petit chaperon rouge.... sinon, cette ballade downtempo peut évoquer, par ses climats, le magnifique 'Epitaph' de King Crimson.
Oui, on ose des rapprochements audacieux, car désormais Full Moon Little House joue dans la cour des grands.
Après une sérieuse montée en puissance en vue du terminus, on passe à 'Stellar Call' , là-haut le ciel s'embrase, les galaxies se dévoilent.
Grâce à FMLH, tu peux te débarrasser de ton écorce corporelle pour devenir immatériel et côtoyer les astres.
Tiens, Yan, je te refile ma guitare, c'est toi qui as conçu 'The Reach' , un morceau lancinant reposant sur des arpèges délicats.
Euh, je reprends la basse et te rends la guitare pour un dernier mouvement flamboyant.
Il annonce: 'Rebirth' a été composé en écoutant ma fille de 6 ans, d'où un chant enfantin au démarrage.
Dans la voûte céleste les étoiles dansent, ce qui a ravi les vieux hippies qui auraient voulu arroser le public de fleurs multicolores.
Un orgue liturgique succède à la comptine initiale , la plage s'enfièvre pour se fondre dans' Eyes', extrait de l'album précédent.
Des bidouillages électroniques l'habillent et agressent ton cerveau.
Quand FMLH se prend pour Front 242, ça cogne sévère, attention les yeux!
Il en reste deux, affirme le chef!
Le requiem prog '77 Echoes' est suivi par le kilométrique ' Funeral', le titletrack mélancolique du premier LP.
Baptiste, concentré, frappe mécaniquement, le clavier brode, la voix éthérée accompagne la mise en terre du cercueil, quelques effets vocoder frémissent, basse et guitare se dispersent, une nouvelle fois, l'âme du Floyd rôde.
Pendant 10 minutes, tu t'es recueilli pour suivre ce convoi funéraire jusqu'au lieu d'inhumation.
Après les dernières notes et la répétition du mot d'ordre.. look out, look out .. le groupe salue le public, qui, hébété, met un temps avant de comprendre que le concert est terminé.
Un tonnerre d'applaudissements succède au salut final.
On s'est tous dit que ce groupe a pris de l'envergure et se classe désormais dans le peloton de tête du prog français.