EP I see red par Daniela Andrade
neo soul
Crooked Lid Records
michel
Si Daniela Andrade naît à Montréal, du sang hondurien coule dans ses veines.
YouTube la découvre grâce à ses reprises acoustiques de succès pop, les streams se chiffrent par millions: ' Creep' , 'Crazy' , 'Dancing in the Dark' , ' La vie en rose', 'Smells like teen spirit', ' The Scientist' ( Coldplay) 'Bang Bang' , ' Crazy in love' de Beyonce, etc... lui attirent des centaines de milliers de followers.
La voix veloutée, à la Norah Jones, Katie Melua ou Sara K, charme les publicistes et les agents musicaux, tout naturellement, grâce aux sous amassés avec ses covers, on lui propose d'enregistrer ses propres compositions, ' Bright Blue' est une des premières, le morceau se retrouve sur l'album 'Things we've said' de 2012. Les disques se succèdent : un Christmas EP, l'album 'Covers volume 1', l'EP 'Shore' en 2016, une série de singles, puis le LP ' Tamale' paying homage to her roots, il est suivi par un nouvel EP 'Nothing Much Has Changed, I Don't Feel The Same' qui la place dans la cour des chanteuses à tenir sérieusement à l'oeil.
On était en 2020, en 2025 Daniela compose, en prévision d'un nouvel album ' Oda' prévu pour mars 2026.
Cela devient une habitude, en préambule, la firme de disques sort un EP avec quelques titres qui figureront sur le long playing.
Trois en l'occurrence!
I see red
Fantasmagoria
Cohete.
La pochette de L'EP, qui sera également celle de l'album, est signée Shelby Fenlon, a multidisciplinary artist and film photographer in Toronto, la chanteuse arbore une coiffure originale imaginée par Carole Méthot, elle porte une robe aussi sophistiquée que les tenues de Marie-Antoinette, le fond rouge accentuant le côté aristocratique de la pose.
Piano - voice: Daniela Andrade
Bass, Keys: Gray Rowan
Guitar, Synths: Nathan Burley
Drums: Duncan Hood
Sensibilité à fleur de peau et intimisme, voix cristalline à la Minnie Riperton , ' I see red' n'est pas là pour agresser tes tympans.
Elle voit peut-être rouge, mais rien ne va exploser, l'instrumentation,en mode electronic late jazz, caresse dans le sens du poil, les halètements et le chant murmuré peuvent évoquer Sade, 'I see red' est aussi smooth que le ' Smooth operator' .
La tirade finale en espagnol ...en santiago dice: no te vayas a la cama sin antes haber arreglado el problema. ¿porque cómo te vas a acostar con tu pareja enojados? ... ajoute une touche exotique à cet agréable morceau nu soul/dream pop.
La suivante 'Fantasmagoria', interprétée dans sa langue natale, n'est pas une reprise de Tim Buckley mais une vision magique basée sur un écrit de Joan Didon, journaliste, romancière, essayiste, auteur notamment de 'The Year of Magical Thinking'.
Comme sur le titre précédent, l'instrumentation, en grande partie électronique, en clair obscur, flatte les pavillons. Un drumming mécanique, un synthé aux coloris de cordes, puis un petit piano presque enfantin, quelques craquements discrets et la voix frémissante de Daniela qui débite son texte, parfois doublé en background par une seconde voix blafarde. Après 2 minutes des pas se font entendre ( le fantôme?), une porte s'ouvre, avant d'entendre la chanteuse reprendre le cours de sa narration.
Il n'y a pas qu' Alice à se balader dans un univers onirique dans lequel elle croise des créatures fantasmagoriques!
' Cohete' - En pleine nuit, elle rêvait, pour s'éveiller en sursaut, elle l'a vu , il ressemblait à une fusée ( non, il ne s'agit pas du syndrome Elon Musk).
D'un timbre mélancolique, collé sur un fond sonore propice à la méditation , Daniela analyse son rêve avec une nouvelle fois un couplet en espagnol et des voix off éthérées.
Superbe!
Daniela Andrade va plaire à tous les amateurs de dreamy electro-pop de qualité, 'Oda' s'annonce déjà comme un album essentiel de mars 2026.