mardi 13 décembre 2022

Album - Above the Water - Elk City

  Album - Above the Water - Elk City

 Magic Door Record Label

NoPo 

ELK CITY Above the water 2022

L'âge de cet ensemble du New Jersey,  réuni juste avant l'an 2000, dépasse les 20 ans.
Leur discographie fait état de 5 albums et 3 EPs.

Pour le détail du CV rité, vérifié :
Ray Ketchem brasse de nombreuses fonctions, attention au cumul des mandats! La batterie et les choeurs restent sans doute ce qui lui prend le moins la tête.
Il enregistre aussi, il mixe et mastérise. Il filme le clip, il s'occupe de l'artwork avec la chanteuse Renée LoBue.
Certains disent qu'il fait (bien) le café.
En France on a Cali, lui Ray, on l'appelle Vishnu! Une Ray férence...

Chris Robertson joue avec Tim Butler dans le projet parallèle aux Psychedelics Furs dénommé Feed (c'est pour le gagne-pain)?  .
Richard Baluyut à la basse vient du groupe new-yorkais Versus. Sean Eden joue aussi de la guitare dans Luna.

Des clients donc à ne pas négliger...
Pas idiot de les rapprocher d'Eddie Brickell (en particulier la voix de Renée), de Nathalie Merchant (et 10000 Maniacs) et même pourquoi pas d'Alanis Morissette ou des Throwing Muses?

Les teintes (cyan, gris, noir) et la forme du design de la pochette me font penser à Up (1998) de R.E.M sauf qu'ici, le rangement laisse à désirer.
Des bribes colorées, déchirées, ne laissent pas deviner le contenu photographique et le nom du groupe ne s'aligne pas.
Le 'E' du début et le 'Y' de la fin s'installent au dessus, légèrement décalé des autres lettres, majoritairement en noir et gris excepté le 'T' en cyan.
Seule la chaine 'ABOVE THE WATER', en noir, établit un linéaire parfait dans la partie haute. L'expression générale réside dans le déséquilibre.

Le single 'That someone', un instantané de rêve, ouvre l'album, ça c'est fait!
Il faut dire que ce premier titre accroche bien par son riff marquant. Ray p(l)ique par des coups sautillants.
La rythmique entraine facilement les mouvements du corps. Le style? Un indie rock parsemé de quelques accélérations.
Les vocaux énergiques, à plusieurs, se suivent, se répondent sur une guitare lumineuse, imitant parfois les claviers, et gonflent la partie avec handclaps juste avant le final tout en douceur.

Un motif régulier et léger à la batterie fixe le tronc pour les branches. Une guitare scintillante s'accroche et distribue des pointes d'étoiles. La basse de Richard ronronne et la voix déclame sans trop de relief.
La chanson, au rythme jazzy par moments, coule en développant une sorte de nostalgie nichée aussi dans l'absence de connexion humaine exprimée à travers les textes  'And then you left... you disappeared I could'nt find you'
La chanson s'inspire de la dernière scène du film "La Notte" d'Antonioni. Qui va payer demande Muriel Robin?

'Apology Song' berce tendrement. Tellement fluide cette mélodie! Comment s'excuser sobrement : "I'm sorry I did it", ça vous va?
Au tout début, la note à la guitare (tirée ou poussée) attire fortement l'attention, pourtant le musicien (Chris ou Sean) l'abandonne rapidement.
Le chant monte là où ça devient difficile de s'accrocher aux cordes vocales. Les arrangements, à batterie trottinante, s'effectuent dans une grande délicatesse avec de fines grattes dans un air de clavier fluide.
Un solo intervient à 2 guitares mais tout aussi modestement. Les choeurs s'envolent en ouhouh au bout du souffle sur une brise légère.

Sur la piste suivante, le chapelet de guitares me fait penser à R.E.M et Television. Le rythme s'installe dans la décontraction contemplative.
'Your time doesn't exist', relâché, enlève les tensions, pareil aux sensations au milieu des arbres en fleurs sur le clip.
Le free solo vibrant de gratte, gratte où ça démange et ça soulage.

La guitare acoustique, en accords brossés, dessine le chemin mélancolique de 'A family'. Derrière s'enveloppent quelques glissades aériennes et tremblements à deux guitares électriques.
Le son de ces dernières s'enrichit de belles recherches donnant un ton amer, on devine même un nuage de violon.
Pourtant profondément triste dans les premiers mots 'Being alone is the best drug', le positif l'emporte au bout du compte 'Being together is the best way to be' comme pour se convaincre soi-même.

Frappes solennelles dans une cadence saccadée et noire et guitare déchirée en intro de 'Don't You Wanna Try' soutiennent la voix sentencieuse de Renée.
La basse menaçante gronde. La lead guitare, tourmentée, se montre de plus en plus balafrée pendant que son homologue rythmique, saturée, reste sombre.
Néanmoins, faire un pas vers la lumière plutôt que de s'apitoyer semble correspondre aux conseils à une jeune femme.
Au fil du morceau, le chant et les enluminures de guitares finissent par s'éclaircir et même briller jusqu'au bout des lalalalala inattendus mais bienvenus.

'Floating Above the Water' définit parfaitement le ressenti de cette dernière plage (la plus longue) débutant dans des espaces planants et inquiétants.
La cymbale rythme régulièrement et une guitare lâche quelques tirades douloureuses. La basse se cache en fond d'orchestration comme un airbag protecteur.
La voix de Renée flotte continuellement au dessus de la musique, au dessus des sentiments.
En conclusion crescendo, les guitares se tailladent et les cymbales s'écorchent sur le rythme monolithique.



Introspection demeure la ligne conductrice des textes abstraits et personnels écrits dans la spontanéité.
Les compositions émergent, elles, dans des moments d'improvisations musicales puis les artistes arrangent, on pourrait même dire ils s'arrangent...
L'atmosphère épaisse de ce disque et sa courte durée (un peu plus de 30 minutes) provoque une intensité remarquable.
Une fois plongé dans cette ambiance, on s'en délecte malgré un sentiment un peu cafardeux.


CREDITS
Renée LoBue - lead vocals
Chris Robertson - guitars, backing vocals
Ray Ketchem - drums, backing vocals
Sean Eden - guitars
Richard Baluyut - bass, backing vocals
Recorded, Mixed & Mastered by Ray Ketchem at Magic Door Recording, Montclair, NJ
Song written and performed by Elk City.
© 2022 sound is crazy music (BMI)
Single cover artwork by Ray Ketchem. Album artwork by Ray Ketchem & Renée LoBue

TRACK LIST
1. That Someone
2. Someone's Party
3. Apology Song
4. Your Time Doesn't Exist
5. A Family
6. Don't You Wanna Try
7. Floating Above the Water


lundi 12 décembre 2022

Red Bench au Marché de Noël Solidaire Ma Petite Abeille à Ploumagoar, le 10 décembre 2022

 Red Bench au Marché de Noël Solidaire Ma Petite Abeille à Ploumagoar, le 10 décembre 2022

michel

Le 10 décembre 2022,  que prévoit  Kermit the Frog... A Guingamp, les températures seront glaciales (1 degré). Une brise de Sud-Ouest soufflera à une vitesse de 6km/h.

Heureusement, Ploumagoar est plus au sud, on peut espérer un temps plus clément!

T'avais oublié la corrida, sans taureau, de Lanvollon, engendrant des déviations  vers Goudelin, pas de panique, le groupe, Red Bench, chargé d' animer le Marché de Noël Solidaire de Ploumagoar doit entrer en piste à 18h, malgré les dérivations imaginées par les responsables de la la Team Ultraviolet, tu seras sur place ( Impasse Pors Roue, à 20 mètres de l'Ehpad) ) à temps !

¨Tu as fait le tour du  marché de Noël miniature en moins de cinq minutes pour te diriger vers le stand, où des bénévoles chaudement emmitouflés des oreilles aux orteils te proposent vin chaud, café, bière ( peu d'amateurs), gâteaux divers ou d'hiver, gaufres chaudes et autres friandises, à des prix abordables.

Un vin chaud en main tu avises un Père Noël frigorifié au fond d'une cabane, ouverte à la bise, mais  richement décorée, les mioches, craintifs,  se tiennent à distance, les manchots et les pingouins aussi, une jeune dame et un monsieur s'activent, face à lui.

Le duo Red Bench met en place l'équipement nécessaire à leur prestation, tu te demandes comment le monsieur compte manier sa guitare acoustique muni de moufles, la madame, vêtue ours polaire, a, quant à elle, opté pour un tambourin enguirlandé.

Red Bench,  ce sont Vince Leck et Abi Leeming ( d'origine anglo-saxonne) qui se sont connus sur un banc rouge à Lannion, on ne sait pas si Georges les a vus se bécoter en s'disant des "je t'aime" pathétiques, ce qu'on sait par contre, c'est que depuis quelques années le duo se produit dans les Côtes-d'Armor, en proposant un répertoire de reprises et de compositions personnelles.

Vincent est musicologue, Abi professeur de chant, ce soir ils ont prévu une setlist consacrée aux cantiques de Noël, puisque nous sommes en plein Yuletide.

Si la tradition  existe en France, les Christmas carols sont nettement plus répandus dans le monde anglo-saxon.

Même les artistes catalogués rock ont pondu quelques rocking Christmas gems:  de Brenda Lee ( Rockin ' around the Christmas Tree) à Chuck Berry ( Run Rudolph Run) en passant par les Beach Boys (  Little Saint Nick), Slade, bien sûr ( Merry Xmas Everybody) ou les Pretenders ( 2000 Miles), ils sont des centaines à avoir enregistré un chant de Noël. 

Rapide soundcheck sur  'All About That Bass' de Meghan Trainor, malgré des doigts engourdis, la guitare répond aux consignes de Vince et, no trouble avec la voix d'Abi, le show peut commencer.

Une première joyeuse rengaine,  bourrée de fa la la la la, est lancée, peut-être l'antique ' Deck the halls', Abi au chant et son compagnon à la guitare et aux backings.

Un de ses pieds tapote an acoustic footboard pour rythmer la mélodie.

On avait mentionné Brenda Lee, voilà le fameux "Rockin' Around The Christmas Tree", sans les cuivres et sans les décorations au sapin

La suivante est plus récente, déclare Miss Leeming avant d'amorcer' Ho ho ho' de Sia, qui ressemble plus à une chanson à boire qu'à un psaume de Noël... du rhum, du Bourbon,  a bottle of booze,... et demain trois comprimés d' Alka-Seltzer.

' Vive le vent' , capo 3 ?

Oui!

Pour la petite histoire, les paroles françaises sont de Francis Blanche et s'éloignent pas mal du ' Jingle Bells' d'origine.

La prochaine  "One More Sleep"  a été enregistrée en 2013 par Leona Lewis pour son album ' Christmas, with love'.

Le duo se débrouille fort bien, le public, plus nombreux qu'au début du show,  est ravi, la voix d'Abi est claire et caressante et Vince s'acquitte à merveille de sa tâche.

Dommage l'absence de  Maxwell Farrington, le plus grand spécialiste des traditions de Noël de ce côté de l'Atlantique, il aurait pu enrichir son répertoire feuilles de houx et autres turkey recipes.

La magie scintillante  continue  avec Andy Williams, 'It's the Most Wonderful Time of the Year' avant de se balader sur la Santa Claus Lane et chantonner 'Here Comes Santa Claus ' que ce soit avec Elvis, Bing Crosby et les  Andrews Sisters  ou même Billy Idol.

Ed Sheeran and Elton wrote ' Merry Christmas' alongside Steve Mac,  N°1 in the UK charts in 2021.

En tendant l'oreille tu peux entendre les bûches grésiller et le carillon frémir?

Quoi, qui avait le pull de Noël le plus moche?

Elton, I guess!

Place au classique suivant,  ' Winter Wonderland ', c'est parti pour la confection du bonhomme de neige géant , t'as une carotte pour le nez?

Pour le second titre en français, Red Bench a sélectionné  la chanson détenant le  record du single le plus vendu en France, ' Petit Papa Noël'.

Le duo a, heureusement, opté pour une version folk du morceau qui a fait la gloire de Tino Rossi, on a évité le pire, Kendji Girac ou Mireille Mathieu.

' White Christmas' ne pouvait pas faire défaut, le standard, composé par Irving Berlin, recevra un emballage folk rock et c'est en duo , pour faire comme les Carpenters,  que le classique sera interprété.

Tout a une fin, ils ont gardé une des plus belles pour terminer le récital,  "All I Want For Christmas Is You" de Mariah Carey.

Fameuse performance vocale d'Aby , on le rappelle Mariah Carey's octave range is very impressive, la chanteuse du banc rouge n'a pas eu à rougir et le public l'a chaleureusement  acclamée, tout en priant pour un rappel.

 Ce sera une seconde version de ' Vive le vent', t'avais espéré Wham ! ' Last Christmas' ou 'I Saw Mommy Kissing Santa Claus'  de Twisted Sister, too bad!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Album - GLIZ – Mass

 Album - GLIZ – Mass

 Label Youz Prod

NoPo 

 

 

 

GLIZ - Mass 2022


3 mecs du Jura s'assemblent en 2014.
1er album "Cydalima" en 2019, encensé par 'Longueurs d'ondes' et pas que..
Un Julien remplace un autre, Julien Michel a cédé sa place à la batterie et aux choeurs à Julien Huet, parfois déjà présent en live.
Les 2 survivants :
Florent Thissot s'y connait en miel et vin jaune, très bon pour le chant. Le banjo, remplace sa guitare dont il avait cassé les cordes!
Sorti d'une fanfare balkanique, Thomas Sabarly, lui, maitrise tuba, farfisa et choeurs.
Et pour le nom Florent?
 "...une « exo planète » à plusieurs années lumières avec de l’eau, s’appelait Gliz 432. J’ai trouvé que ça sonnait pas mal et l’idée qu’on pouvait faire du rock sur une autre planète nous convenait bien".
Encore un coup des extra-terrestres alors?
Parcourons donc leur galaxie!


'Not the end' contredit les Doors par sa lumière que Gliz préfère à l'obscurité.
'I hear the call of the song birds Not of the crows'
Malgré sa mélancolie, le morceau transporte au firmament.
Les cordes grattées au banjo tissent une toile sur laquelle une voix de tête grimpe tout en haut.
D'emblée, l'émotion gonfle à l'avant d'un bruit de fond indescriptible.
'This is not the end  Just another day'
Sur le refrain, le son de basse bloque une touche au clavier, une seule mais quelle note! Puis souffle le tuba recouvrant des choeurs plaintifs.
Au bout, ça gratte et la batterie s'emporte. Le clavier prend de l'ampleur, le banjo persiste et le tuba, bat le coeur bat!

'Don't hold back' La chanson suivante entame, comme une BO, avec son gimmick au clavier accrocheur qui se tait ensuite pour laisser le banjo balbutier plus loin.
Le souffle du refrain balaie tout y compris les choeurs qui montent au ciel. Les musiciens jouent en bloc-équipe et portent le chant allumé.
'Go back to the strange days Lost in the game Come on, let's go' Ce 'strange days' encore un coup des Doors?
La recherche est continue notamment la guitare-banjo, discrète, racle et place jusque quelques banderilles piquantes.
Les gifles, balancées dans la dernière ligne droite, ne laissent pas insensibles, on prend les coups, on se réveille!
Les choeurs, de plus en plus neigeux, tombent du ciel et recouvrent la mélodie d'une blancheur extrême.

"Mass" fait dans le lourd. A l'ouverture, le tuba barrit tel un éléphant.
Le passage suivant parait attendre sereinement avec des petits roulements de batterie qui explosent sur le refrain.
Oui, la sculpture prend forme dans une masse psychédélique.
Banjo saturé et clavier se mélangent en flux et reflux. Voix et choeurs s'insèrent comme des instruments.

Un orgue farfisa, aux enluminures orientales, entraine avec lui un banjo à dos de chameau.
Batterie, tuba les rejoignent dans 'Illuminations' (inspiré du voyage en fin de vie de Rimbaud) qui porte bien son nom. On traverse le désert pour des oasis dorées.
'I walk to the South Walk to the sand Walk to the sun'.
Les percussions magrébines (qraqeb) frottent le tuba et c'est le génie de la lampe qui apparait. D'autres ont essayé, cherchez sur 'Aladdin sane'.

Banjo distordu/batterie tout en ruptures entonnent un blues rock quasi 70's, presque zeppelinien s'il n'y avait pas ce tuba hallucinant.
Les paroles même jouent la simplicité 'One day mama told me One day daddy told me' en voix doublée.
'The Hunt' se balade en forêt... sauvage. Des secousses chaloupées nous traversent. Le clavier se mêle au chant pour battre les choeurs en neige.

Le banjo solitaire et la voix presque féminine parcourent 'All is fine' dans une espère de prière intimiste.
On perçoit le frottement des doigts sur les cordes comme une douleur nue. On se souvient des Violent Femmes.

'Love bot' développe l'emphase au tuba, batterie et banjo au son de guitare. Une pointe de vrai banjo, un filet synthétique et la voix encouragée par des choeurs célestes intermittents.
Le chant de Florent, habité, reste continuellement porté par le lyrisme, ici rongeur 'I love you bot, you creep in my head'
Chaque chanson comporte un passage recherché, là, un clavier élémentaire, imitant une sonnerie téléphonique, échange avec le banjo enroué et un spoken word vocodé, avant de grimper sur une perche enflammée.

Les cordes se mettent au diapason du tuba, sombre. La voix susurre aux entournures sur un rythme métronomique qui fait mal.
Sur le refrain de 'Totem', le Farfisa illumine et la voix pique par son timbre et ses cris aigus.
Un espèce de flux ramone le développement de la composition rapeuse et captivante à la fois.
Moment de folie 'Let me find you, not to kill you Just to take you in me Hey ! Ho ! On expedition ! Search for the beast now !'
Sur le clip, les explorateurs, en méhari, chassent l'animal totem de la pochette (on en reparlera).
La cadence devient fiévreuse jusqu'au délire du farfisa qui fait fissa lorsque les ouhouh des choeurs s'égarent à profusion.

Le banjo, rauque, se met au blues doorsien rappelant backdoor man ou peut-être 'Waiting for the sun ...to rise' suggéré par les paroles.
Toutefois, l'exaltation rapproche aussi l'ambiance d'Animal Triste. On se perd avec béatitude 'Behind the trees'.
Le refrain, gorgé de clavier, rebondit sur le tuba et les peaux souples. En live, Thomas souffle dans le cuivre et pianote l'orgue tout à la fois, un vrai jongleur!

'Shadow' lâche ses larmes et on dépose les armes sur un banjo triste sur fond de bribes de violon.
C'est fou comme la voix de Florent fait passer le frisson. Elle reprend force sur le refrain au clavier luxuriant.
Plus loin, on devine un steel pan dans les oreilles. Le disque se termine comme il a commencé, lumineux, dans un magnétisme cosmique.



Allumé, inventif, énergique et psychédélique, ce disque, autre et sublime, méduse.
Le décalage se créé dès la pochette qui installe une peluche perchée au milieu d'un univers d'usine métallique.
L'animal, inspiré des kukeri bulgares (voir des Joaldun ou Hartza du Pays Basque), semble imposer la force de la nature sur l'urbain.
Glissez, glissez dans le monde de Gliz, laissez vous porter par ses vagues chimériques et bucoliques!



Titres
1 Not the End 3:58
2 Don't Hold Back 4:49
3 Mass 4:15
4 Illuminations 4:03
5 The Hunt 4:09
6 All Is Fine 3:58
7 Love Bot 5:00
8 Totem 4:15
9 Behind the Trees 4:09
10 Shadow 4:40
Enregistrement et mixage Johan Collovald
Studio la Corbière (ferme du XVIIIè siècle)



mercredi 7 décembre 2022

Album - Daniel Jea – Se taire et écouter

 Album - Daniel Jea Se taire et écouter

 Siparka/InOuïe Distribution

michel 

Daniel Jea est musicien et auteur-compositeur , sa guitare, il la promène depuis plus de vingt ans sur toutes  les scènes hexagonales. 

Il est également co-fondateur, avec sa soeur, Isabelle Jeanbrau, de la compagnie Siparka.

 Isabelle a écrit et mis en scène la pièce ' Le Déni d'Anna', Daniel en a composé la musique.

Si le théâtre a monopolisé son activité pendant un petit moment, Daniel Jea est avant-tout musicien , avant de débuter une carrière solo, il a fait partie du combo electro  Junesex, a tenu la gratte pour, e a ,  La Grande Sophie, Bill Pritchard, Saez,  Florent Marchet, comme session musician, il a travaillé pour François Hardy et Da Silva, il s'est impliqué sur scène avec Jérémie Bossone ou les  belles,  Garance et Buridane. 

Son premier album  solo 'Exilés volontaires' date de  2009, puis est venu l'EP ' D J' , suivi par ' L'Homme d'à côté' , ' A l'Instinct A l'Instant'  et ' En Suspens' et, enfin, le tout dernier album ' Se Taire et écouter', qui forme une trilogie avec les deux disques précédents.

 

Line-Up : 

  • Daniel Jea : chant, guitares, choeurs 
  • France Cartigny : synthé, percussions, choeurs 
  • Emilie Rambaud : batterie, choeurs 

tracks

 

1. Lâche
03:01
2. À deux doigts
03:17
3. Si tu
02:35
4. Bitume
02:23
5. Se taire et écouter
08:01
6. Vu d'ici
04:33
7. La rengaine
04:38
8. L'infini
05:04
 
La photo de la  pochette, d'un rouge criant ,  est signée Christophe Crénel, elle montre, en close-up, deux bouches dont on ne sait si elles vont s'embrasser ou se mordre.
 
'Lâche',   la batterie en mode casserole  attaque de manière colérique, guitare, basse et synthé répliquent, après 40 secondes une voix féminine, presque off , débite un texte brumeux à la manière de Jacqueline Taieb, ....l'autre jour je marchais et j'ai croisé trois hommes... ouille, ça sent l'agression, et puis vient la voix de l'homme, froide,  couverte par des cris. 
Le rythme s'active, l'homme se pose les questions essentielles, ...où a -t-on appris à accepter tout ça...: la lâcheté, les violences faites aux femmes, et pas que le crime d'honneur, lié à une vision patriarcale attribuée  à une autre civilisation. En France, en 2021, on dénombrait près de 186800 personnes ( plus de 80% de sexe féminin), victimes de violences conjugales, et là on ne mentionne ni le harcèlement en rue ou dans le métro, ni les agressions sexistes dans l'espace public.
Le constat est délirant, la réalité ignoble!
'À deux doigts' respire le rock brutal, quasi garage, le chant énervé de Daniel Jea bouscule ton esprit et ton âme.
T'as beau cravacher et pester en blasphémant, la jument fougueuse s'avère indomptable, elle se cabre et  rue  à la manière de Flicka, l'héroïne équine de Mary O'Hara.
Même scénario rock enragé pour la suivante, ' Si tu'  , Émilie Rambaud, déjà pas très placide au sein du duo The Buns, frappe comme une malade, la guitare grince, fouette, cingle, ça fait très mal, et ne parlons pas du chant frénétique, qui s'achève par un hurlement atroce , deux riffs apaisés et un roulement de batterie  achèvent cette tirade athlétique.
Asphalte chaud: danger!
Tu comprendras mieux à l'écoute de 'Bitume' , il a des choses à dire Daniel Jea, et pas des histoires de bisounours , le monde va mal, il le crie bien fort, quitte à ne pas faire plaisir à certains politicards  véreux.
La guitare sonne l'alarme, les filles bombardent sans répit et assurent des choeurs pas chrétiens. Une solution après trois écoutes successives de ' bitume': se taper une bonne biture!
Un premier moment calme apparaît avec le titletrack 'Se taire et écouter ',  un peu plus de huit minutes, pendant laquelle la guitare prend des intonations Peter Green tandis qu'un choeur nous la joue cha ba da ba da, évoquant immanquablement ' Un homme et une femme'.
Retour aux riffs meurtriers avec ' Vu d'ici' , une plage où la voix de l'artiste semble apaisée, tout comme les backings soyeux de ses copines.
A -t-il pris du recul pour mieux observer la misère humaine,... vu d'ici, des gens perdus, du désespoir sur ces visages...
Et au moment de l'enregistrement il n'était pas question de crise de l'énergie, de délestage ( il est con, ce terme) ou d'inflation galopante.
Quoi, la SNCF?
 D'accord c'était déjà la galère , et puis, il  y en a un qui nous fait rire ( jaune): Jean-Pierre Farandou, le PDG, qui dit  refuser de réduire cet hiver l’offre de transport et de ralentir les trains pour économiser l’énergie. Il s’engage également à limiter l’impact sur les prix des usagers l’an prochain.
Qui va le croire?
Quel est ton salaire mensuel, J P?
' La rengaine'  porte bien son nom, un midtempo qui gonfle au fur et à mesure avant d'entendre une guitare, bourrée d'effets larsens,  s'étioler sur fond obsédant, rythmé par un tambour itératif.
 L'album prend fin en mode  spoken-word  avec ' L'infini',   aux  riffs de guitare secs, évoquant ' Oh Well' (part 2) de Fleetwood Mac. 
C'est une évidence, Daniel Jea se classe parmi les guitaristes les plus brillants évoluant dans le paysage rock français actuel.
 
 
La release party du nouvel album s'est déroulée le 25 novembre à Paris, on espère une tournée plus conséquente en 2023, en attendant  on veut  bien se taire et  rester à l'écoute de toutes les annonces de concerts à venir!
 
 
 
 
 
 



 
 



 





mardi 6 décembre 2022

Olor - Session live Radio Activ’ à Bonjour Minuit, Saint-Brieuc , le 1 décembre 2022

 

Olor - Session live Radio Activ’ à Bonjour Minuit, Saint-Brieuc , le 1 décembre 2022
 
NoPo
 
OLOR - SESSION LIVE Radio Activ' à Bonjour Minuit jeudi 1er Décembre 2022
 
L'ambiance du club de Bonjour Minuit, comme à la maison, annonce toujours un début de soirée cool et plutôt feutré cette fois. Un vrai plaisir!
Il est l'or, Monseignor, c'est OLOR, pas la folie des grandeurs juste un duo à la musique délicate et soignée.
Le duo prend forme en 2017, pendant leurs études musicales à Tours. Puis ils décident d'aller faire un tour plus à l'Ouest, après un premier EP en 2018.
 
Agathe Henry et Simon Bouladoux, s'installent vers l'Hôpital-Camfrout (dans le 29) pour soigner les âmes car c'est bien de ça dont il s'agit, un monde apaisant, spirituel et onirique.
Leur nouvel EP “perce-neige” obtient son autorisation de mise sur le marché il y a un mois.
Sur scène, 2 claviers et une boite à rythmes en cadeau de Noël pour Simon et Agathe a le droit à une belle guitare et un micro où s'engouffre sa voix.
 
On commence par 2 titres extraits du nouvel EP.
'Eaux vives' s'écoule doucement, les gouttes perlent, le chant caresse les pierres suintantes perdues dans le ruisseau.
On perçoit son flux quasi perpétuel. Le clavier et percussions offrent des sonorités électros, la guitare explorant par instants les fonds humides.
Simon veut du Juno? Le piano, égrené, se mêle au doux toucher des cordes qui secoue légèrement les clochettes de 'Perce-neige'.
Une rythmique sourde accompagne discrètement le déroulement. 'Tu voudrais que ce soit facile', non leur musique, ça ne l'est pas!
Ce qui me frappe d'emblée, ce sont les doigts agiles de Simon qui courent sur les touches et aussi la voix claire et pleine de modulation d'Agathe.
Agathe demande si on a commencé le calendrier de l'Avent. Eux non, ils en mangent trop... du chocolat!
Y'a une solution radicale... Pas de bras pas de chocolats!!
 
Le débit des paroles sur le rythme de 'Vanité' se remarque instantanément. Les percussions craquent tel des allumettes sur des coups plus lourds.
Le piano prend l'espace et la voix le temps.
 
'Belle de nuit' parle d'une femme qui refuse les avances d'un homme. Encore le nom d'une fleur comme 'Perce-neige'.
Piano d'abord sombre et majestueux puis il part en léger trot. 'Je n'ai besoin de rien, juste de ce jardin', les paroles poétiques partagent les harmoniques.
Pendant les sessions Live, on n'avait pas encore eu droit à ce qui va suivre . Le conte est bon!
Il dure un moment, comme suspendu et paralysant, on n'ose pas bouger le petit doigt ni frétiller des oreilles.
On atteint nos limites culturelles, l'autrice de 'Femmes qui courent avec les loups', l'américaine Clarissa Pinkola Estés nous étant inconnue!
Après un faux départ et fou rire d'Agathe, 'Feu ardent' enchaine des percussions électros comme un crépitement.
On sent la flamme dans l'interprétation, le clavier rougeoyant sous les doigts de Simon et le débit vocal augmentant la tension 'J'ad-dore le feu ardent', moi aussi!
 
Une femme serpent abandonne 'La mue', on aimerait faire de même avec nos casseroles!
Les percussions surprennent toujours autant par leur aspect aussi délicat que tonique.
Le piano avait laissé la première place au chant mais jaloux, il s'exprime de plus belle. 'Tu t'élances et tu t'élances et tu t'élances et tu t'élances...'.
 
Simon annonce 'Sang d'encre', le sang du poulpe?
La cadence marque solennellement et simplement en entrée puis bientôt plus souplement.
Simon effleure (ils aiment ça les fleurs!) les touches... un beau chant magnifie les paroles.
 
Quelqu'un tombe 'Dans les douves' qui pourraient être sa tombe. Il faut se libérer d'un lourd secret pour s'en sortir.
Pluie fine, au piano, qui remplit les douves, lentement. Vocaux gracieux : 'Personne ne te voit ah ah ah dans la douve dans la dou ou ou ve'.
La douve t'envoute! Titre pas encore sorti (de la douve ?).
 
Marcus cède sa place à Marine pour la longue interview pleine de questions avides de réponses.
On reparcourt le CV. Les musiciens expliquent leur formation allégée en showcase ce soir et décrivent leur matériel.
Ils jouent parfois en formation plus étayée face à face au synthé. Bonne nouvelle, le duo prétend à la sélection pour le Printemps de Bourges.
 
Au redémarrage, le matériel reste aphone, moteur noyé? Non, c'était une petite blague de David qui corrige rapidement.
Le clavier exprime une plainte que la rythmique forte vient contrebalancer. Les vocaux dansent sur l'ondulation des 'Lunaisons', extrait du nouvel EP.
Les couches de synthé bouillonnent. Au bout, la voix de tête s'échappe en vocalises.
 
La setlist anticipait d'autres titres, Olor en avait encore bien d'autres sous le sabot...
 
'Tempus fugit' pleure l'horloge! Quel moment bucolique et magnétique tac tic tac...
On va pouvoir reprendre une activité normale qui pourrait, peut-être, nous sembler si fade.
 
SETLIST
01-Eaux-vives
02-Perce-neige
03-Vanité
04-Peine de nuit
05-Conte + Feu ardent
06-La mue
07-Sang d'encre
08-Dans les douves
09-Les lunaisons





lundi 5 décembre 2022

Hayden Besswood au Barbe, Plouha, le 3 décembre 2022

 Hayden Besswood au Barbe, Plouha, le 3 décembre 2022

 

NoPo

 

 HAYDEN BESSWOOD au Barbe de Plouha - 03/12/2022


Ça faisait un moment qu'on avait envie d'aller au Barbe (pas encore chez le coiffeur!). Ce n'est pas rasoir avait-on entendu, à juste titre...
Sa programmation impressionne par la qualité des musiciens et la fréquence des concerts pour cette petite ville de Plouha déjà connue pour ses jeudis en été!
Cependant, sa réputation repose plus sur la beauté de sa côte et ses falaises que son estaminet pileux, repris récemment par Yann le barbu.
Et si c'est pas la barbe entière, Deluxe l'avait prédit : 'moustache gracias', elles poussent sous notre nez, n'est-ce pas Hayden Besswood?

Revenons aux moutons qui ne sont pas sur l'eau mais dans l'enclos! Le groupe, déjà installé dans la place, règle ses balances lorsque nous arrivons (et ce n'est pas pour peser l'auditoire).
L'endroit, petit mais chaleureux, nous incite à faire comme chez nous. Dont acte, bière, cacahuètes et petit encas pour toute l'équipe, nous sommes 4, bien lourds, bientôt rejoints par le scribe bruxellois Michel.
J'en suis fort aise! Par chance, une table nous tend les bras et dans les meilleures conditions, nous remarquons d'emblée que le son permet distinguer tous les instruments et les voix... essentielles.

Les artistes viennent de Nantes mais ne sortent pas de ses prisons bien connues (lann dibidoubi dann).
Hayden Besswood correspond au 'surnom' de Quentin, chanteur, guitariste et compositeur.

L'intro ressemble à une jam improvisée mais bien visé quand même!

'Déjà vu' commence lascivement sous un soleil californien, ça tombe bien ça caillait dehors. Retour vers le futur des Turtles ou Monkees (le monkey opine!).
On aimerait se prélasser mais les chaises longues sont remisées dans le cellier. La mélodie subtile réchauffe le corps.
Paul joue un son vintage Farfisa millésimé à l'orgue Philicorda, pendant que roule la basse de Lucas, un délice, un "delicatessen"!
Quentin, au délicat chant, se laisse porter par le fourmillement rythmique produit par Antoine à la batterie et shaker collé à la baguette.  

'Honestly' un peu plus marqué rythmiquement, nous emmène en balade sous les bulles du synthé Roland.
Gros débat à notre table, le triangle doucement giflé par Paul il est isocèle ou rectangle?
En tous cas leur musique se dessine carrée mais avec des angles arrondis.
Quentin caresse les cordes de sa guitare en lâchant quelques cris plaintifs.

Le départ de 'Libido sciendi' me ramène des effluves de Parcels avec sa cadence groovy et sa basse dodue.
Le synthé, guilleret, répond, avec malice, aux appels de la guitare. La batterie s'embrase et la composition monte au paradis.
Le morceau zigzague dans des méandres de nuages où l'on se perd avec délectation.
Il en retombe sur un pas de course et un enchantement de long développement progressif chiadé puis s'achève sur des choeurs aériens. Juste époustouflant!  

'Things Get Really Slow' émerge de bulles de synthé. Hauts sont les vocaux poussés par des percussions secouées. Le synthé trépigne sous les roulements de batterie.
Les musiciens facétieux n'arrêtent pas de nous piéger avec leurs fausses fins et on ne sait pas où applaudir (c'est exprès, il parait!).
Où est la fin de cette chanson et le départ de 'Time will tell'? Il faudrait la photo-finish pour départager certains titres même avec la setlist.

'Wasting time inside' plane, un ange passe. La compo pop-indie déroule avec discrétion son léger spleen.
Les amis se regardent, sourient, échangent leurs ondes (pas les micros), partageant le même plaisir.

'Fold the corner' pour corner la page d'un livre, s'exécute tout en douceur.

Un morceau avec des petites voix qui se répondent et se mêlent. Michel me souffle : Zappa with Flo and Eddie... mais c'est bien sûr!
'Colors and vows', le truc sautillant, saccadé, tout en stop and go emporte tout sur son passage et nous avec.
L'orgue de foire, joyeux, rappelle une certaine époque insouciante. Pourtant, le titre s'achève avec des voix plus perturbées.

Le public reste bouche bée et les musiciens, surpris, le remarquent. Un silence attend avidement la suite...

'But you anymore' ressemble à une chanson d'amour.

'Spin out' me fait penser à la magie de Forever Pavot '(découvert au Binic Folk Blues). La basse dodue rebondit sur les peaux de la batterie frappée avec légèreté.
Les claviers planent ou tintinnabulent. Quentin chante avec naturel et monte ses vocalises dans les aigus et les choeurs, qui l'aiment, le suivent. 'We're just dreaming'

Un quidam, ayant apprécié, déplore le son un peu faible de la guitare. Pas faux, mais nous pensons que ce choix est délibéré pour un effet toilé...

Quentin monte le son (y'en a qui le coupent!) et se lance, seul, dans une chanson touchante au picking frisant le country 'And she's gone'... pas nous!
Paul s'allonge dans son coin et les potes écoutent religieusement.

'Sail away' voit revenir les friends pour un final majestueux.


Les applaudissements nourris, contrairement aux musiciens qui doivent avoir faim, confirment le plaisir des spectateurs.
Les sourires fleurissent partout et certains décident d'exprimer leur bonne appréciation auprès des nantais heureux.
D'autres concerts à l'horizon : les bars en trans Ty anna à Rennes, le VIP Saint-Nazaire... l'album, lui, sortira en Mars 2023.
On reste branchés à l'écoute merci les gars, on va pouvoir rentrer sous les étoiles!



SETLIST
1-Intro
2-Déjà vu
3-Honestly
4-Libido sciendi
5-Time will tell
6-Wasting time inside
7-Fold the corner
8-Interlude
9-But not you anymore
10-Colors and vows
11-Spin out

Rappel
12-And she's gone
13-Sail away

samedi 3 décembre 2022

Tchewsky & Wood et Kalika à Bonjour Minuit, Saint-Brieuc , le 2 décembre 2022

 Tchewsky & Wood et Kalika à Bonjour Minuit, Saint-Brieuc , le 2 décembre 2022

 

michel

Le Club de Bonjour Minuit:  nous avons rendez-vous ce soir avec Kalika et Tchewsky & Wood ! La soirée est complète, il n'y aura pas de billetterie sur place.

Les déçus auront été nombreux, à l'instar d'une jeune fille s'exprimant en ces termes ..Merde, j'ai pas pris ma place...

Et pourtant, c'était prévisible, Kalika fait le buzz, déjà sur la scène B d' Art Rock , en juillet dernier, elle avait mis Saint-Brieuc à genoux, l'enthousiasme débordant du  public de ce soir, ( très) jeune et adulte, ne fait que confirmer la fulgurante ascension de Miss Trash.


Mais pour toi la révélation de la soirée aura été  Tchewsky & Wood!

Le trio d'Ille-et-Vilaine a littéralement enflammé une salle qui ne s'était pas déplacée pour eux.

Deux garçons,   Gaël Desbois, originaire du Morbihan, à la batterie (  Miossec, Dominic Sonic, Laetitia Shériff, Santa Cruz sont quelques artistes à avoir utilisé ses talents, il a aussi fait partie de Mobiil,  Del Cielo, Josef ou  Volgograd ) et  Maxime Poubanne ( Around Us, Standby, Airfield, We Are Van Peebles) à la basse, à la guitare, au synthé, plus  une ( grande) fille: Marina Keltchewsky ( chanteuse et comédienne, elle a joué du Shakespeare, du Pirandello, du Elsa Solal, du Eschyle...) ), au parcours nomade:  Yougoslavie,  Maroc,  Russie (d'où lui vient son nom) ), France et Argentine...

Naissance en  formule trio  en 2017/2018,  un EP ' Chapter One' en 2018, suivi par l'album ' Live Bullet Song' ( 2019) et puis par  ' Silent Partners' paru au printemps 2022.

21:00, Gaël et Maxime sont les premiers à se présenter, suivis de près par Marina, très élégante dans un ensemble noir.

' Blind Cassandra' ouvre les débats, la voix est grave, magnétique, la diction précise et précieuse, le fond sonore flirte avec la cold wave, le post punk, avec quelques vagues  reflets de  trip hop.

Cassandre, blasée et à la beauté glacée, est la  créature  with no music in her soul,  born with constant anger, born to steal your lover..., bref,  la femme fatale, inabordable.

Déjà quelques mâles dans l'assemblée sont éblouis, ils ne vont pas se calmer avec la suivante, chantée/narrée  en langue slave ' Ya Radilas'.  Le message se fait véhément, la gestuelle théâtrale.  Le charisme dégagé par  Marina Keltchewsky, associé au jeu de basse charnel,  très Gang of Four de  Maxime avec en arrière-plan des backing vocals samplés, transforment le titre en dance track hypnotique, proche de la trance music confectionnée par des gens tels que Tuxedomoon ou Cabaret Voltaire. 

Deux titres seulement et déjà t'es fan.

L'obsédant 'Pier 28' va s'immiscer insidieusement dans ton cerveau , ton corps ne lui obéit plus, il s'ébranle à la manière d'un robot  dépouillé d'intellect, tandis que ton crâne se secoue d'avant en arrière en suivant  la cadence infernale.

Marina introduit' Love, she said'  en français avant que son chant envoûtant,  greffé sur un fond electro addictif,  nous invite à  tournoyer comme une toupie détraquée.

Il y a un petit côté  Chelsea Wolfe dans l'approche de la chanteuse d'origine russe.

' Virus Hunter'  vient à point nommé pour supprimer tous les ransomwares squattant ton encéphale, les spirales sonores font le boulot, Marina passe le vacuum-cleaner et c'est l'esprit vidé que tu encaisses le saccadé ' Housewife' qui te fait penser au côté neurasthénique de Lebanon Hanover.

' Lion' ( in a sovjet zoo) est entamé par une longue intro aux drums et synthé, avant que  la panthère ne sorte de sa cage , le drumming se fait tribal, le lion tourne comme un fou dans sa prison, bizarrement la guitare prend des accents surf, tandis que Marina d'une voix blanche, un comble pour un combo  dark wave, expose son propos biblique, présentant de très légères connotations Bob Marley, on aurait pu avancer Henri Salvador  ou Zoo ( tu sais ceux qui ont pondu 'Hard times, good times'), on n' a pas osé.

Direction une boîte  new wave à Moscou pour danser sur  'Vmeste S Taboï '.

Tu dis pas d'electro/new, cold, dark wave au Kremlin, t'as tort , écoute Blablarism.

Pardon, ah, merde, elle vient de Kiev, erreur fatale!

Il en reste une avant de céder la place à Kalika, 'Miss Lala' débute par un chant serein, mais très vite la machinerie s'emballe et Anna Olga Albertina Brown, miss Lala, l'acrobate, ose les figures les plus audacieuses. 

Tous pris dans ce tourbillon on ne peut pas croire que le cirque va quitter la place, un bis s'impose.

Ils optent pour un titre des débuts aux accents industriels,  'Nié Platchtyé / Не плачьте', chanté de manière expressive en russe et en anglais ( traduction du morceau:  don't cry for me).

Eva Perron n'a versé aucune larme!

Fin d'un show incandescent! 

La foule de plus en plus dense et impatiente se presse face à la scène, une givrée se met à brailler, Kalika, Kalika,  imitée par deux ou trois guenons qui connaissent les moutons de Panurge.

Une bande annonciatrice précède l'arrivée de l' homme à tout faire, pas surgelé, Balthazar Picard ( guitare, machines, percussions, synthé, quand il ne se transforme pas en ballerine), il est suivi par Kalika, armée de fusils à eau, 3€ chez Action, elle est scintillante dans sa veste en peau de lapin bio.

T'as le look coco, merci Laroche Valmont: maquillage tape à l'oeil, mini-jupe noire, décorée de crucifix enchainés, bottes noires à hauteur de rotules, mèches décolorées, franges rebelles... elle en jette la jeune dame.

Jean-Paul Gaultier, collé dans ton dos, a lâché un Wouah admiratif!

Mais d'où elle sort, questionne Yvonne, obligée d'accompagner sa fille à Bonjour Minuit alors qu'elle voulait assister au showcase de Guedal Tejaz.

Ben, madame Yvonne, Mia Rosello, native du Gard, 23 ans à peine, s'est retrouvée finaliste de La Nouvelle Star en 2016. Ce n'était que le début d'une carrière fulgurante, après avoir appris le métier du côté de Nancy, puis de Paris ( cours de jazz) , elle fait équipe avec Balthazar et sort une série de singles accrocheurs, à la fois taillés pour le dancefloor et porteurs d'un message touchant la jeunesse.

Sur scène, elle multiplie les premières parties et fait déjà sensation.

Mars 2022, Sara-la-Kali lâche un premier mini-album, 'Latcho Drom' , qui cartonne de Menton à Hondschoote, tu vois, Yvonne, la raison de cet engouement juvénile qui,  par contagion, a atteint des individus plus âgés. 

Après une intro techno, le duo embraye sur le sautillant et punky  ' Kalika Gang' avant de proposer un premier tube, le banger  'Olala'.

La badass girl nous balance donc un techno track irrésistible,  au background vaguement oriental, et au propos féministe.

Il est question de sexe, mais c'est madame qui mène les ébats... Bébé, ça  te dirait de faire un tour?
De faire l'amour à en êtrе sourd
Oui j'y pense un peu tous lеs jours..

Comme sur le disque, ' Toujours les autres' succède à 'Olala',  auto-dérision pour enterrer ses complexes,  Kalika peut se montrer plus fragile.

Puis vient la bombe ' Chaudasse', quelle nous demande de chanter avec elle, tandis que toute la salle brame Chaudasse, sauf la petite Corinne, cinq ans ( maman, c'est quoi show d'as) , tu fais le malin en chantant chaud Dassin,.

Sinon, c'est de la bombe, ce truc!

Exit la petite veste, désormais elle arbore une tenue sportive, brassière de fitness.

C'est parti pour un oriental techno démoniaque et tourbillonnant , ' Le Diable' , au  final  lyrique, pour nous prouver qu'elle maîtrise sa voix à la perfection.

L'attirail techno est au repos, avec ' Dinosaure' elle nous offre une mignonne ballade guitare/voix.

Un bref répit avant le fulgurant 'L'été est mort' et ses beats énormes.

Jump, jump, jump, Saint- Brieuc  bondit, rebondit, s'envole, retouche le sol puis repart de plus belle, soudain, un break, Kalika et Balthazar entament une chorégraphie étudiée qui a donné l'idée à Camille  Combal, 45 00 € mensuels, de les signer pour Danse avec les Stars.

En pensant à  Tony Gatlif, voici l'hystérique ' Latcho Drom', une bouteille de rhum à portée de main et un clin d'oeil à Sabine Paturel  pour le coup du chocolat.

Et pour Camille, allez, allez,  allez, une séquence tribale initiée par le factotum, Balthazar.

Elle peut être un brin jalouse, Miss Kalika, elle le confirme en chantant  ' C'est chelou..' la façon qu'elle a de te regarder, je vais la frapper, cette gonze!

Dans l'assistance, la givrée de tout à l'heure, a changé de cible, elle a dans l'idée de faire la cour à Balthazar, lui hurle des mots d'amour et lui confie son numéro de portable.

Non, désolé, pas pu noter les chiffres, il devait y avoir un zéro et un six , et puis j'ai bien vu que Kalika la fusillait de ses beaux yeux.

 Elle chante' Tu fais la gueule'  d'une voix faussement naïve,  ... je me sens nulle dès je suis nue... pour enchaîner sur l'effervescent   ' La dispute' ( attention chers parents, explicit lyrics) qui engendre une seconde séquence de trampoline géant  tandis que le stroboscope envoie des flashes lumineux à rendre la vue à tous les aveugles.

Voilà, c'est la dernière, non, on ne peut pas vous jouer ' Les glaçons'  sans Yelle, désolé, ce sera ' Réveille- toi' et son danse interlude final.

Pas de bis au programme, Balthazar n'a rien prévu.


Il reste trois dates pour la voir à l'oeuvre en 2002: Fontenay - sous- Bois (  le Festival Les Aventurier·e·s) , Nyon  en Suisse ( l'Usine à Gaz) et Saint-Martin-d'Hères pour une organisation Retour de Scène!