lundi 25 octobre 2021

Black Country, New Road au Botanique, Bruxelles, le 24 octobre 2021

 Black Country, New Road au Botanique, Bruxelles, le 24 octobre 2021

 

Florian Hexagen était à l'Orangerie. 


BLACK COUNTRY, NEW ROAD = LA CLAQUE...
Tu sais que t'as vécu objectivement un grand concert lorsqu'un groupe se permet de ne pas jouer son single ultime si attendu ("Sunglasses" ici) et que cela ne vient en rien altérer ton (immense) plaisir de les avoir enfin vu évoluer sous tes yeux. Les Black Country, New Road, c'est en deux ans le grand pont absolument fantastique et assumé entre de l'indie rock post-punk noisy expérimental et une forme de brit pop folk chorale à fleur de peau, mixe étrange mais superbe pour cette "seconde peau" à la Divine Comedy meets Arcade Fire meets The Coral des débuts pour les trois. Ce mélange des genres dans le même set, indie expé et pop, qui était assez casse-gueule potentiellement sur le papier, se révèle tout simplement réjouissant et émouvant en live (en attendant de pied ferme leur second album, qui va faire très mal pour les amateur-rices de ce type de musique). Isaac Wood n'est pas qu'un chanteur de talent, c'est également un parolier qui ne va cesser de nous dévoiler ses talents, j'en suis certain. Quand on voit les nouveaux morceaux magnifiques que le gang nous a dévoilés lors de cette si surprenante performance, j'en suis encore soufflé... Au départ un peu refroidi par l'aspect "statique" du groupe et l'attitude semblant éloignée du public (presque renfermée), c'est finalement par le prisme de la musique et des textes que l'on se retrouve totalement emportés et émerveillés par eux. Et c'est tant mieux en fait. Bravo BCNR, vous avez l'avenir devant vous, hâte de continuer à vous suivre!
 
setlist:
 
  1. Instrumental
  2. Athen's, France
  3. Concorde
  4. Science Fair
  5. Chaos Space Marine
  6. Good Will Hunting
  7. Track X
  8. Bread Song
  9. The Place Where He Inserted the Blade
  10. Basketball Shoes

  the band - Lewis Evans, May Kershaw, Charlie Wayne, Luke Mark, Isaac Wood, Tyler Hyde and Georgia Ellery

Rubrique décès: clap de fin!

 Rubrique décès: clap de fin!

 

La disparition de Charlie Watts  ( les Stones ne sont donc pas immortels...)  a sonné le glas des chroniques nécrologiques.

Anyway, la liste des défunts, pourtant interminable, était déjà par essence incomplète, il nous semble donc vain et stérile de continuer à établir un relevé des musiciens ayant passé l'arme à gauche.

Ton tour viendra, ne sois pas impatient!


Blood, Sweat & Tears:

And when I die and when I'm gone, there'll be one child born, there'll be one child born....

Fingers and Cream - EP - Healing Waters.

 Fingers and Cream - EP - Healing Waters.

 La Ruche Le Label

( NoPo)  


FINGERS & CREAM Healing Waters

IOLO 'Sillybird' Gurrey, toujours accompagné de sa guitare et ses doigts (combien?), voyage en solitaire à présent (quand il s'ennuie il va faire un tour du côté de chez Swann, un chapa).
Voici son 4ème EP, toujours dans l'eau, en cure, cette fois (pour l'histoire http://www.concertmonkey.be/albumreviews/fingers-and-cream-eps-out-blue-sky-2013-forsaken-dream-2015-et-john-lingers-2017 ).
On peut y sentir des bribes d'Elliott Smith, de Buckley père et fils, et du Saint-Esprit Neil, le loner, de fines ramures où se pose Iolo, l'oiseau innocent.
Ici dépouillé, il ouvre son coeur pour qu'on puisse distinguer ses sentiments.
La couverture de l'objet, toute aussi sobre, montre un dessin allégorique où le bleu nuit domine dans le ciel et sur l'eau.
L'effet miroir surprend, la route, plutôt qu'une rivière, décrivant un méandre bitumé.
Un arbre blanc, sans feuille, se dédouble (c'est du bouleau), chacune des 2 images se reflétant dans l'eau (4x4 interdit dans ce paysage pur, le 2x2 aéré prévaut).
Un personnage (reflet compris aussi) suit tranquillement cette route en détour.
A quoi pensait Perrine (la dessinatrice)? La magie de la nature, le voyage initiatique, le retour aux sources?
Iolo parcourt probablement ce trajet à distance du rectiligne et ça semble lui correspondre...

De la pluie bleue comme ça, on en veut bien tous les jours. Même loin de Lourdes, l'eau guérit des maux et les mots de Iolo rident l'eau.
Il y a aussi de la brume mêlée à ce rideau bleu, on la perçoit dans la voix du trégorois, surmultipliée sur le refrain.
Une suite de notes, sur les fibres, nous plongent dans une ambiance bucolique saisissante à la 'Into the wild'.
On pourrait presque y entendre la rusticité de 'Blackbird singing in the dead of night' si ce n'est que l'harmonica rend la compo plus dylanienne.
Le souffle de Iolo dans l'instrument sort plus assuré que sa voix si fragile.

Iolo, t sûr du bleu de la pluie si t daltonien?
On s'en fout! 'Colorblind' découvre son arc en ciel éblouissant d'harmonies.
Les voix multipliées trottent au rythme des cordes et tambourin dans un écrin naturel.
La terre est tellement belle, célébrée par des sentiments aux couleurs variées, retranscrits dans cette musique vivace.
Ce single fait son apparition dans la série Mytho (si, si c vrai!) (saison 2 épisode 3) disponible sur ARTE et dès le 19/11 sur Netflix!

Une mélancolie à chair de poule remplit nos 'Empty thoughts'. Une couche de basse synthétique amortit la guitare, sèche, aux 2 notes répétées, piquée par les alternants tambourins et tonnant.
Le rythme, tel un ruisseau sautillant, rend la mélodie plus sereine d'autant que le refrain coule en mélopée paradisiaque.
Les voix aériennes, poussées par un clavier mystique, montent au ciel dans un effort ponctué par un souffle. Au final, la musique s'évanouit dans un écho logique.

On peut presque sentir ses doigts, comme si c'était les nôtres, filer sur les frettes. Les fils tendus crissent à fleur de peau.
Le chant de Iolo bouleverse, parfois dans un hoquet à la limite de la rupture. Des anges essaient de le soutenir mais lui n'en veut pas... 'I try not'.
Une ligne sombre, avec fond de clavier, guide le cours de cette chanson simplement éclairée par la guitare en équilibre.
Le dernier arpège, profond, nous achève par une larme à l'âme. 

Le picking subtil et frugal de 'You are my pain' rappelle quelques anciens titres comme 'Dawn's parade' ou 'Misty moon'.
Les doigts se promènent agilement sur les cordes sensibles autant que la voix se déversant en crème sur la mélodie. Le babil du Sillybird...

Le phrasé de Iolo m'interpelle souvent avec des 'H' soufflés (surtout pas aspirés), des consonnes en ruptures, des tons contrastés, des diphtongues qui enrichissent ses vocaux et les rendent tellement poétiques.
'Stand up in Ohio' se remplit de ses éléments. La guitare principale trace un sillon mélancolique, strié par un arpège plus lointain.
L'orchestration s'enrichit ensuite d'un son de basse et de choeurs plaintifs, puis une autre guitare tricote en dentelles,  quasi steel, un instant suspendu.

Cordes grattées et plaquées se promènent près de 'The River You Crossed Last Night'. Au début du disque, il y avait l'eau, à la fin, il y a l'eau... et la voix de Iolo répond...
Le tambourin s'inscrit à la ballade. Un son aigu de guitare trottine, guilleret, pour conclure tout en légèreté.


On dit que la qualité d'une compo se juge en acoustique, Iolo passe la barre, fingers in the nose.
Raffinées, ses compositions s'expriment raccords avec l'honnêteté de ses sentiments.
Une heureuse réussite, une crème, qu'il pourra partager avec son public, je l'espère.




Tracklist :

1 Blue Rain
2 Colorblind
3 Empty Thoughts
4 I Try Not
5 You Are My Pain
6 Stand Up In Ohio
7 The River You Crossed Last Night

crédits
All tracks written and performed by iolo Gurrey
Recorded by Jean-Luc Le Meur
Mixed and mastered by Julien Espinoza at Studio de La Ruche
La Ruche Le Label / iolo Gurrey
Artwork réalisé par Perrine Giudicelli Prieur et mise en pochette par Kévin Navizet

samedi 23 octobre 2021

J.E. Sunde • Horla à Bonjour Minuit, Saint-Brieuc, le 22 octobre 2021

 J.E. Sunde • Horla à Bonjour Minuit, Saint-Brieuc, le 22 octobre 2021

 

Un double concert à Bonjour Minuit, dont la grande salle a été transformée en configuration cabaret.

Ne rêve pas à  Luisella Boni, il n'y a plus de vendeuses de cigarettes au Tabarin.

Assistance correcte lorsque le duo Horla se présente sur scène.

Quoi, non, il n'est pas question de Guy de Maupassant, Pauline Willerval: chant, gadulka (petite vièle à archet bulgare au son caractéristique)  , violoncelle  et Jack Titley: chant, banjo ont créé Horla en hommage à Nehemiah Curtis James, plus connu sous l'étiquette Skip James.

Pauline, quand elle ne va pas à la plage ( merci Eric), joue donc du violoncelle et de ce bizarre instrument originaire des Balkans, elle fourmille de projets: La nose , Altavoz, Before Bach ( avec Rodolphe Burger) , Zetadam, elle s'aventure dans la poésie improvisée et accompagne le chanteur occitan Sam Karpienia, Horla n'est donc qu'un de ses multiples hobbies.

Jack n'éventre pas, il confectionne des T-shirts à l'honneur du banjo. Fils d'un amoureux de bluegrass, lui et sa frangine montent le  Jack Danielle’s String Band. ( à consommer avec modération) , il grandit, sa barbe pousse, on le retrouve dans des tas de formations, dont Super Vixen Gang, The Wacky Jugs, Cannettes Vides ou Jack & Mo.

Le duo a donc décidé de faire revivre Skip , non, pas la lessive liquide, ni le kangourou, mais le bluesman du Mississippi.

Un album 'Look down the road' a été enregistré, il est distribué par La Criée.

Ils entament leur récital par le fameux ' Look down the road' , d'abord a capella,  puis accompagnés par le banjo et la gadulka.

Tu te sens d'emblée transporté du côté des Appalaches sur une route poussiéreuse, les rares habitants te regardent de travers, fait pas bon d'être noir au temps de la récession.

Le jeu des compères marient précision et authenticité, pas évident de remplacer la guitare par un banjo et une vièle, les voix se rapprochent du timbre particulier du blues and gospel singer, le public fait silence et savoure.

De quoi parle ' Drunken Spree', pas de limonade, bien sûr!

Le jeu épuré et la voix de fausset du viril barbu fascinent,  le duo balance en enfilade ' Crow Jane' ( un violoncelle pour Pauline), le lancinant 'Devil got my woman'  et l'archi-connu ' Catfish blues', un traditionnel remodelé par Skip.

Le set, quelque peu didactique,  est truffé d'anecdotes, les teachers décident d'embrayer sur 'Sickbed Blues' écrit par Skip après un séjour prolongé à l'hôpital, les frais de médecin ayant été payés grâce au groupe Cream qui lui a cédé des royalties pour le titre' I'm so glad'.

'Illinois Blues' précède 'Cherry ball blues', probablement composé en l'honneur de la secrétaire de chez Paramount, dont il était tombé amoureux.

1929, la crise, Skip James écrit son titre le plus connu, ' Hard Time Killin' Floor Blues', c'est avec cette complainte que le set s'achève.

La salle veut un bis, ce sera ' Cypress Grove' , qui dévoile le côté misogyne de Skip, le chanteur à la voix grêle.

Une musique d'un autre temps qui garde tout son charme! 


J.E. Sunde.

Hey, Jon, what does the E stand for?

Edward, monsieur!

J.E; Sunde, un singer-songwriter  natif du Wisconsin s'étant établi à Minneapolis, a débuté une tournée européenne le 21 octobre.

Après Ris-Orangis, c'est Saint-Brieuc qui le voit débarquer.

Il dit, I've been to Binic, c'était marvelous.

Tous les Américains, Australiens ou Papous sont fous de Binic, Jon!

Le gars a déjà pondu quatre CD's, le dernier " 9 Songs About Love" servira de clef de voûte au concert de ce soir.

Formule trio, le grand J.E., casquette de baseball vissée sur le crâne, aux guitares ( ac; ou él;) et lead vocals, un bassiste performant, Andrew Thoreen ( lui-même singer-songwriter estimé), et  Shane Leonard ( petit bonnet), il sévit sous son nom ( l'album 'Strange Forms' est sorti en 2019), aux drums, un élément essentiel pour l'habillage sonore, ce soir.  

' You can't unring a bell' ouvre le bal alors que le carillon de l'église de Trémuson a résonné 10 fois, le titre est  extrait du premier enregistrement du gars, souvent comparé à Sufjan Stevens, Fleet Foxes ou Bon Iver. 

T'as pigé que ce soir, tu as rendez-vous avec  l'indie folk, l'americana ou la pop baroque de qualité.

La seconde salve est amorcée, puis crack, bzzz, bling... problème technique, I need to change a battery, sorry. 

Here we go again,  cette fois-ci ' Sunset Strip' démarre sans encombres, par quelques vocalises charmantes qui fondent sur une ballade mélancolique,  subtile ,aux harmonies vocales fragiles.

Ce mec a été   touché par la grâce!

Paresseusement allongé sur un tapis de trèfles, le trio amorce ' Clover', une mélodie rappelant les moments les plus doux de Jim Croce.

Par petits traits il passe en revue sa vie... pas de femme, Dieu existe-t-il?, is there wisdom in that crazy desert  mystic, le rock'n'roll peut-il soulager? 

Un jour, il devrait dénicher le trèfle a quatre feuilles et l'offrir à une demoiselle!

Il ramasse la guitare électrique to play a country song.

'Love gone to seed' , t'avais bien lu le titre de l'album " 9 songs about love" , although  the song is about two people who shouldn't be in a relationship.

Après ce morceau plus nerveux, il revient à la mélopée avec  ' I Love You, You're My Friend' qui s'approche de l'univers de Ray LaMontagne.

J'aime la Bretagne, que je visite pour la première fois, we'll play you a Friday night song,  'Thorns And Roses' date de l'album de 2019, simplement baptisé 'J.E. Sunde', la gentille mélodie est décorée d'un solo de guitare aussi limpide que   aérien.

Du coup, la prochaine fois que tu offriras des roses à ta compagne, tu lui siffleras le refrain.

'Your love leaves a mark' est entamé par un sifflement emprunté à Curro Savoy, le texte, imagé, décrit la routine amoureuse, J.E. compare la marque amoureuse laissée sur lui aux tatouages sur le bras du marin parti en mer.

 
Toujours en mode downtempo, le trio ébauche 'We Live Each Other's Dreams', un titre minimaliste  rappelant certains morceaux tendres de Paul Simon.

Exit le drummer et la basse, J.E. Sunde décide de la jouer en solitaire pour une des perles de la soirée, digne de Leonard Cohen, ' I Don't Care To Dance'.

Andrew et Shane revenus, c'est l'enjoué 'Easy Kid' qui est proposé, et cette fois, te viennent à l'esprit, Elvis Costello et Moon Martin .

Un voisin occasionnel.... vous ne trouvez pas que certains titres renvoient vers Calexico.

Pourquoi pas, la vulnérabilité et la sensibilité du compositeur se prêtent à pas mal de comparaisons. 

Alors que le carton annonce 'Risk' , tu ne reconnais pas le morceau dans l'uptempo proposé dont une partie des lyrics sonne ...I love you but you make me crazy... , too bad!

La dernière, le lumineux  'Wedding Ring'  doit ravir tous ceux qui pleurent depuis la disparition d'Elliott Smith.

Cette ballade sensible termine un set attrayant, donné par des gars souriants et talentueux.

See you at the merch table, dit-il, mais Saint-Brieuc n'a pas l'intention de quitter la salle, ils reviennent pour jouer 'Rabbit Rag and I' .

J'ai bien vu que certains d'entre vous consultaient leur Rodania, pour les autres, je leur joue un morceau solo, it's a new title, 'Blind Curve' .

Et comme il y a pris un goût un second effort  solitaire succède au virage aveugle.

 Enfin, si je me souviens de mes propres lyrics, he says, puis entame une autre nouveauté où il est question, cela va de soi, d'amour, mais aussi  de soleil et de zones d'ombre.


La tournée se poursuit en France, elle passera également par la Belgique.

Tu aimes la folk intimiste, ne rate pas J.E; Sunde!



 





 

 


Nous Étions Une Armée et HINT au Magasin4- Bruxelles, le 22 octobre 2021

 Nous Étions Une Armée et HINT au Magasin4- Bruxelles, le 22 octobre 2021

 

Florian Hexagen à l'Avenue du Port

 

 

Dans la catégorie "les groupes cultes ne meurent jamais", le concert assuré par les angevins de HINT hier au Magasin 4 était d'une classe époustouflante, doublé d'une bonhommie sur scène entre eux et avec nous qui faisait tant plaisir à voir.
Leur mélange / fusion de noise, hardcore, jazz, indus, expé, avant-garde, world music, ambient, programmation, vidéos est toujours aussi impressionnant et intense à entendre et à voir, et l'énergie dégagée est la même quasi 30 ans (!!!) après leurs débuts.
Cette scène indé française DIY des années 90 était tellement folle quand même quand on y repense, entre les albums et les concerts de groupes tels que Les Thugs, EZ3kiel, Portobello Bones, Sleepers, Deity Guns (Bästard puis Zerö), Prohibition, Condense, Poney Club, Drive Blind, Burning Heads, Heliogabale, Sister Iodine, Seven Hate, et tant d'autres encore...
Merci à toute l'équipe du M4 de nous les avoir ramenés, quel plaisir aussi de retourner dans cette salle de concerts mythique, un peu une deuxième maison pour nous!  
PS: à noter que la première partie Nous Étions Une Armée a été également particulièrement séduisante, avec quelques morceaux très beaux et émouvants même, duo à suivre de près dans les prochaines années...
 
HINT= un  duo angevin unissant Arnaud Fournier (guitare, voix, saxophone, flûte ou encore trompette..) et Hervé Thomas (voix, guitare, basse, clavier, sampler, flûte)
 
 Nous Etions une Armée, c'est la rencontre entre le creusotin Leo Nivot et le parisien Rémi Le Taillandier.

vendredi 22 octobre 2021

Freak It Out à la session live de Radio Activ' @Le Grand Pré -Espace culturel Langueux, le 21 octobre 2021

 Freak It Out à la session live de Radio Activ'   @Le Grand Pré -Espace culturel Langueux, le 21 octobre 2021

 

Radio Activ' 101,9 FM, grille des programmes, le jeudi: 18:00 Activ ' Yourself, 19: 00: Session Live.

Où vas-tu?

Session Live de la radio langueusienne, au Grand Pré, ce soir!

Menu?

 Freak It Out!

Chic...

Non, ils viennent de Rennes, Nile Rodgers est New-Yorkais!

La grande salle paraît vide et pourtant, le chanteur principal du groupe a compté 4000 personnes!

Freak it Out, donc!

Pas innocent, le choix de l'état-civil, 1966, premier album des Mothers of Invention: ' Freak Out', par contre le lien de parenté avec l'electronic combo "Freaks" est ténu, voire inexistant.

Et ' Freaks' de Tod Browning?

Aucune idée, les armes à feu, j'aime pas!

Sont cinq, ces phénomènes, le président pourrait les recevoir à l'Elysée, leur dégaine n'est pas pire que celle de certains invités du mois de juin 2018, ils répondent aux noms qui suivent:  Thibault Talmont : Synthé/Chant,  Maxime Mengelle : Guitare/Chant,  Fabien Joffard : Synthé/Percussion/Chant,  Lancelot Rio : Batterie/Chant  et Pierre Léna : Basse.

Ils décrivent leur musique comme un patchwork pour lequel chaque élément apporte ses idées et ses aiguilles  à tricoter, t'as pigé, pas de Lennon/McCartney à la composition.

18:58, coup d'oeil à la scène à la déco botanique/nature morte, 19:00,Marcus panique, ils ne sont que deux et le live est censé débuter, ouf, 24 secondes plus tard, ils sont tous en piste, ta voisine a immédiatement été attirée par la musculature athlétique de deux éléments au triceps sural puissant. Un fond sonore volière en folie se fait entendre, le groupe amorce ' Ocean Prag' ( merci pour le carton filtres à café n°4, Pierre), un morceau que tu ne retrouves pas sur les 3 EP's du groupe qui prépare la sortie d'un double album pour 2022.

Cette plage, comme les suivantes, avoisinent les dix minutes, elle est  incatalogable , tu passes du prog rock, au flow hip hop puis au chant choral avant de revenir à l'acid rock, avec une incursion dans la note bleue, puis vient une  tranche d'avant-garde. Pas encore revenus de notre surprise ils ont bifurqué vers le rapcore, y ajoutent une touche de funk blanc, bref, il faut s'accrocher.

Tu te dis, ils sont dingues, sans doute, mais leur message reste cohérent, aucune place pour l'improvisation, tout est fignolé et élaboré jusque dans les moindres détails.

Evidemment les amateurs d'architecture symétrique risquent d'être bousculés, mais complexité ne rime pas avec  absurdité!

Au jeu des rapprochements, on avance Frank Zappa (une évidence), King Gizzard & the Lizard Wizard, les Bruxellois  BRNS et d'autres amateurs de rock hybride, style Animal Collective, voire   tUnE-yArDs de  Merrill Garbus.

 Après un faux départ, vient une seconde salve, toujours aussi hallucinée, ' Dream on'. A tous les noms déjà mentionnés on ajoute les Beastie Boys et  pour un autre  découpage, les anciens Turtles, Flo & Eddie, une guitare saturée vient ajouter une séquence noise au topo, après une nouvelle incursion dans l'univers funk, Fabien quitte son poste, s'avance au devant de la scène muni d'un casque colonial ou d'un pot de chambre, tu hésites, qu'il tapote consciencieusement, il reprend place derrière ses fûts , le morceau part en vrille avant la fin brusque.

Allez, Magma, gueule un soixante-huitard perdu à Langueux.

Pas con, au fond!

Place au tiré à quatre épingles ( non, pas de safety pins) ' My Style', le texte est réduit à deux mots répétés à l'infini.

Nouvelle surprise, ils viennent d'aborder un mouvement lyrique digne des plus beaux efforts de  Freddie Mercury, flash information: la reine Elizabeth II doit réduire sa consommation d'alcool.... , ils reprennent leur défilé de mode, mélangeant élégance et  ironie, soudain, Maxime délaisse sa guitare, saisit un micro pour placer un sermon sibyllin, Thibaut le rejoint, ils  entament un dialogue hip hop, pas sexiste, retour à la guitare pour Maxime et final tribal.

Pause, interview.

Grosse news, nous serons aux Trans Musicales à Rennes, le 3 décembre.

News plus anecdotique, Fabien n'a perdu aucune dent, malgré le perfide coup de micro que Marcus lui a envoyé en pleine poire.

C'est reparti.

' King Turtle'  démarre par une fantaisie chorale proposée par  quelques jeunes gens victimes d'abus sexuels dans une paroisse non précisée, un passage dansant lui succède, tu passes de surprise en surprise, la moindre n'étant pas l'envolée David Gilmour qui clôture cette mini- symphonie 

Vont-ils bifurquer vers l'exotica?

  ' Colors Bay' démarre sur des sonorités latines évoquant la grande époque de Santana, avec aux percussions les cracks Michael Carabello et José Chepito Areas, tu viens de plonger dans une forêt tropicale, luxuriante, colorée et aux senteurs sauvages, pleine de chant d'oiseaux, n'ayant aucun lien avec le piaillement rébarbatif des mouettes, mais maintenant tu as appris à les connaître, tu sais qu'ils vont bifurquer vers d'autres sphères et effectivement, le plus amazonien des cinq amorce un rap allumé avant d'aller embrasser le sol à la façon du pape Jean-Paul II ou, pour les infidèles, à la manière d'une autruche cherchant à enfouir sa tête dans un trou, la litanie s'achève au bout des dix minutes réglementaires.

Tu l'as sans doute compris, le jeu de scène proposé par ces jeunes gens est tout sauf statique!

Ladies and gentlemen, on vous prévient, la dernière fait plus de 20 minutes.

Des plaisantins, l'émission se termine bientôt!

' Got sunshine' est amorcé par des bruitages exotiques soutenus par une basse bourdonnante, quelques onomatopées succèdent aux bruits sylvestres, avant un virage hip hop plus Bronx que San Pedro de Bagua Chico, le soleil luit, il est propice au sentiment de fraternité, I got many, many, friends ....qu'il dit et les voilà tous unis pour un dernier chant choral digne des Beach Boys.

Fin d'un concert étonnant et  magique!



 

 

mercredi 20 octobre 2021

RinRin - Episode 1 EP

 RinRin - Episode 1 EP

 

Riverman Records

 

NoPo

 RINRIN Episode 1 2021


Le surnom de Qarin (Hipe) se réduit à Rin... pseudo déjà pris. Du coup, RinRin en 2 syllabes, c'est mieux, y'en à qu'une... 2... enfin bon, on s'comprend... non?
D'ailleurs, y'en n'a pas qu'une, RinRin existe déjà sous la forme d'un personnage de dessin animé japonais... solide, mais qui fait pas du rock.
On retrouve, néanmoins, cette héroïne (au look manga classique), sur la pochette rougeoyante de Episode 1, sabre à la main, accompagnée d'un chien robot (Ramsey) et surveillée par deux drones arachnoïdes qui semblent dirigés par le côté obscur de la force tout au fond, deux yeux rouges dans une chape noire.
Le logo, en typographie high tech, reprend les 3 lettres identifiant son nom,  partiellement effacées et encadrées par les symboles inférieur et supérieur. Le 'I' s'inverse sur un socle. Le chiffre 2, dans la barre verticale droite du 'N', demande à doubler la syllabe.

Qarin, elle, 20 ans, prématurée musicale, autodidacte, intègre le groupe de reprises de son père à 13 ans et se familiarise notamment avec Paramore!
Par chance, elle n'y court pas, Perth, en Australie, correspond à son terrain de jeu!
Le jeu vidéo Guitar Hero lui fait connaître Avril Lavigne, Taylor Swift, Orianthi, Flyleaf, en laissant des traces.
4 ans plus tard, elle rejoint l'emo-rock 'Love me Natalie' mais l'envie, trop forte, de composer la conduit à sortir son 1er single 'The game', un peu timide, en 2020 puis 'Seek the truth', plus assuré, en début d'année.
Elle cite énormément Bring Me The Horizon, pourtant ses influences viennent plutôt de Flyleaf, Red Hook et Baby Metal, du calcium sucré à forte accoutumance.
Pour ma part, j'ajouterais In This Moment mais sans leur côté trash (et plus aventureux récemment).

Cette fois, 5 titres viennent nous en dire un peu plus :
1-Hellfire
2-Shadows
3-Shadows (acoustic)
4-Blacksheep
5-Kintsugi


'Hellfire' affirme son côté métal par son intro tonitruante, toutes guitares dehors, heurtées par une batterie endiablée.
Mais nul besoin d'aspirine, un riff entraîne la piste vers la voix innocente de Rinrin, opposée à un choeur diabolique crachant 'Hellfire'. Une guitare scie le rythme sur laquelle elle est assise.
A l'arrière, quelques bruits électros (sirène, échos...) s'entrechoquent avec un son criard à la gratte électrique. A mi-temps, des voix parlées s'enchevêtrent et finissent aspirées dans un trou noir.
Droit au but, pas de solo, la musique s'interrompt soudainement. Sur le clip, les personnages de la pochette, en pleine action, animent un combat violent, perdu d'avance contre le méchant.

Ici pas d'enfer juste des ombres! Un riff droit ouvre 'Shadows' sur un tempo énervé (ils ont ingurgité trop de taurine!), en alternance avec des passages plus posés et cadencés abruptement.
L'accélération vers le refrain file supersonique. La mélodie tournoyante capte l'oreille et la tort sans raison.

Vous prendrez bien une goutte de piano? Les ombres prennent la nationalité chinoise sur cette version 'acoustic'.
La voix de Rinrin, un peu chagrine, glisse dans la feutrine. Elle paraît encore plus jeune et, en même temps, l'émotion transpire plus franchement.
Même lorsque l'orchestration laisse tomber le côté acoustique en fin de chanson, on a du mal à s'apercevoir qu'il s'agit du même morceau que le précédent.

'Blacksheep', commence par une ambiance orientale s'estompant petit à petit sous les coups de la double pédale et les guitares montées en murs.
On pourrait même s'attendre à une voix growlée; a contrario, la douce voix de Rinrin, souvent doublée, s'y oppose.
La vidéo affiche le visage de Rinrin en speakerine, sur un écran télé, planté dans des décombres apocalyptiques, et alignant des paroles déprimantes. Un chat noir plutôt qu'un mouton?
A mi-morceau, les échanges, d'abord réverbérants, entre synthés, choeurs, guitares et batterie, développent ensuite une ligne plus sombre et véhémente, suivie d'un bombardement à la nitroglycérine, répandue par un synthé-laser.

La musique démarre progressivement tel un train à vapeur.
'Kintsugi' (résilience en japonais) monte d'un ton, par moments, rapide et très technique. C'est ici qu'on perçoit le potentiel pour l'avenir, un metal-prog ambitieux.
Tout en restant accessible, l'instrumentation va chercher quelques subtilités, notes dissonantes, variations presque jazzy. Cependant, la chevauchée s'approche plus d'une cavalcade effrénée.
Après certaines accélérations qui plaquent au fond du siège, quelques passages permettent de souffler mais c'est toujours le chaud.
Cette conclusion nous laisse sur une superbe impression.

La recette, saupoudrée de saccharine (à goût métallique dixit wikipedia!), grimpe rapidement au cerveau qui en redemande.
Il faut reconnaître qu'elle sait y faire la Rinrin. La demoiselle maîtrise sa guitare et chante juste et bien.
Quant aux compositions, directes, futuristes, dynamiques, juvéniles et poppy metalcore, elles sont vraiment bien foutues et accrochent facilement!
J'adhère... you Qarin my be(èeè)ll, ring my bell!


PS : Sur scène, Qarin est appuyée par les Super Kuya's : KR Arguelles, Lawrence Losada, James Judges.

we read this, too... RinRin now works with a band but does all of the writing on her own. The band features Chris on the drums, Lawrence on the bass, and guitarists Jimmy and K.R.