mardi 22 décembre 2020

Volch'ya Yagoda par Theodor Bastard

  Volch'ya Yagoda par Theodor Bastard

 

par NoPo

 

Label: Season of Mist

 

 Les artistes, originaires de Saint-Petersbourg, se réunissent dans les années 2000.
Le titre russe de leur 9è opus, signifie Wolfberry, baie du loup? Apparemment une baie toxique en Russie alors que la chinoise baie de goji (wolfberry aussi), entretient la jeunesse éternelle!
Gojira, Gojira pas (qui jira le dernier), quoiqu'il en soit, ce mot évoque la nature comme cet album sent le panier bio (j'ai pas dit beurk pourtant Björk n'est pas si loin!).

Le visuel, proche de l'ésotérisme, présente au 1er plan, sur fond marbré, vert bouteille, un dessin d'arbre doré apparemment entouré de 3 astres.
Ses racines se transforment en une espèce de chaman coiffé de bois ramifié et semblant tenir un tambourin.
En dessous, le nom du groupe et de l'album, centrés, collent à la couleur de l'arbre. L'écriture de 'THEODOR BASTARD' se signale par sa police en pointe de flèche.

Le langage employé dans les textes, tiré d'un mélange de langues anciennes et de mots inventés, idiosyncratique (à vos souhaits!) s'accorde à l'imaginaire renvoyé par l'image spirituelle sur la pochette.
L'écoute de cette oeuvre ouvre un dictionnaire d'instruments exotiques et ethniques (exothniques donc!) : jouhikko (lyre finlandaise à 2 ou 3 cordes), Bawu (flûte chinoise), ocarina (instrument à vent qui ressemble à un sèche-cheveux -ou une tête d'oie), darbouka (tambour à gobelets), didgeridoo (trompette tubulaire)...
Leur utilisation essaimée provoque un bourdonnement introspectif d'une grande sérénité (même si la vie russe, avec ou sans Covid, reste difficile...).

Le 1er morceau désoriente malgré sa flûte au son de sirène d'un paquebot indiquant le point de départ du voyage.

Tout à l'inverse, 'Shumi' me scotche. Cette balade au grand air médiéval ne ferait pas tâche sur une compo de Blackmore's Night chantée par Candice.
La mélodie envoûtante mélange flûte et guimbarde (sur fond de synthé et percussions) pour le plus grand plaisir de la voix sensuelle de Yana. Le ressenti serpente entre souffles remplis de fraîcheur et vitalité luxuriante.

Une harpe porte, comme une prière, 'Skejgored' mais la tonique au clavier bordé de violoncelle me rappelle aussi Kate Bush. Quelques petits bruits électroniques gouttent de ci de là et flirtent avec une harpe suédoise.
Tout confère à un effet de légèreté.

'Urzala' nous transporte à bout de souffle et dans un état second, au Tibet, derrière le Dalai Lama (ou le chaman de la pochette) avec flûte, tambourin et clochettes, accompagnés de chœurs liturgiques.

'LES', sobre et hypnotique, s'enfonce dans un profond trip hop qui prend aux tripes.

'Kamen, Sneg, Metal' interprété à 2 voix homme/femme et ukulele respire un doux parfum de tradition folk russe.

'Secrety' ensorcelle littéralement. Un triolet de bips se mêle à une nappe ruisselante de piano/synthé déroulé pour une voix à la Mylène Farmer. Le rythme répétitif, sans heurt, nous entraîne dans une valse électronique. 

'Requiem' porte bien son nom avec ses cloches d'enterrement et fait figure de bref intermède.

'Pozhato' s'ouvre à des voix (voies) inquiétantes et un rire de possédé. Sur un rythme martial, des collages électroniques, faussement incontrôlés,  captent l'attention surtout lorsque la voix de Yana prend le dessus.

'Volchok' ressemble à une prière, assis au vent sur le sommet d'une colline. Une mélopée légère, au dulcimer, comme une brume transparente, ondoie lentement et s'estompe, puis… 'Obereg', aux notes évanescentes, redescend dans une morne plaine ...

'Fjorn Gaden' renvoie à Enya par sa mélancolie enveloppante. Le morceau évoque le new age à l'esprit zen au milieu de violons et tambours ethniques.


Da, da, da! Avec Theodor, on navigue entre rêve et parcours initiatique comprenant des instants (un peu longs) de processions quasi religieuses, mais l'effet recherché reste toujours maîtrisé.
Les soviets gravitent dans un pur Eden sans laisser place au hatzar.
Au milieu de la nature dominante, se cache une poupée russe renfermant trip-hop, folk, ambient voire world music interprétés en biodynamie.
Laissez vous portez par cette respiration naturelle et vous en sortirez revitalisés! Spaciba!


Line up de base
    Fedor Svoloch - guitares, synthétiseur, samplers, batterie, dulcimer, cloche voix et divers bruits
    Yana Veva - Chant, guitare, bawu, ocarina
    Kusas - percussions, instruments à vent
    Alexey Kalinovskiy - keyboards
Invités selon les titres
Viktor Sankov, Pavel Paukov Basse
Vyacheslav Salikov cello
Ilia Dobrokhotov harpe, jouhikko
Maria Starostina Flute, harpe
Evgeniy Khromov, Alexander Dubovoy piano, synthétiseur

 Tracklist

Flute Song 2:08
Shumi 4:30
Skejgored 4:43
Urzala 4:04
Les 4:09
Kamen, Sneg, Metal 3:02
Secrety 3:42
Requiem 2:35
Pozhato 5:05
Volchok (Russian Lullaby) 3:27
Obereg 2:53
Fjorn Gaden 4:09



























vendredi 18 décembre 2020

Relevé des décès depuis le 17 novembre 2020 - part two.

 Jason Slater est décédé le  9 décembre d'une insuffisance hépatique dans un hôpital à Hawaï. Il avait 49 ans. 

Il a été bassiste au sein du groupe indie  Third Eye Blind lors de sa première année d'existence avant d'être remplacé par Arion Salazar pour  devenir producteur, notamment pour Queensrÿche.

 Jason Slater a tenu la basse pour  plusieurs autres groupes comme Snake River Conspiracy, Microdot ou Revenge of the Triad.

 

Joseph “Mojo” Morganfield,  fils cadet de la légende du blues Muddy Waters est décédé à 56 ans le jeudi 10 décembre. 

Il  avait d'abord envisagé une carrière professionnelle dans le basket avant de se rediriger vers la musique dans les années 2000. Un premier EP, “Mojo Risin’”, paraît en 2018, suivi par le single ‘It’s Good To Be King’ cette année.


Etre noir et malgré tout devenir une légende country, c'est ce qui est arrivé à Charley Pride.

Charley compte pas moins de 44 albums à son actif et 52 top ten hits dont All I have to offer You ( is Me) - I'm just me- I'd rather love you - 'Mountain of love' - 'Someone loves you honey' - 'Crystal Chandeliers' - 'Is anybody going to San Antone' ou ' Kiss an angel good morning'.

 Le 11 novembre, Charley Pride est monté sur scène lors des Country Music Association Awards 2020 pour recevoir le Willie Nelson Lifetime Achievement Award.

Le corona-virus l'a emporté le 12 décembre à l'âge de 86 ans. 


Si l'élégance incarnée, Caroline Cellier , ne peut être considérée comme une chanteuse, celle qui fut la compagne de l'inimitable Jean Poiret et  qui a obtenu le César de la meilleure actrice dans un second rôle pour le sulfureux  L’Année des méduses, a tout de même crever l'écran en chantant " Le tango dégueulando ".

Caroline Cellier est morte le 15 décembre 2020 à Paris, à l'âge de 75 ans.


Albert Griffiths, fondateur, ex-chanteur et guitariste du groupe de reggae The Gladiators, est décédé ce  15 décembre, il était atteint de la maladie de Parkinson et avait arrêté de se produire en 2005.

L' album le plus vendu du groupe de Kingston est 'Dreadlocks The Time Is Now' , une compilation sortie en 1983.

'Fathers and Sons' ( 2005) has been regarded as Albert Griffiths' farewell after ill health forced him to retire from touring.


Pitchfork - 'Sam Jayne, the indie musician best known as the frontman of Love as Laughter and Lync, has died.'

Il avait 46 ans.

Love as Laughter que Sam avait fondé après la séparation de Lync, a enregistré six albums entre 1996 et 2008.


Ultimate Classic Rock: Carl Mann, who took a rockabilly version of Nat King Cole's "Mona Lisa" into the Top 40, died on December 16 at the age of 78.

C'est en 1957 que Carl sort un premier single, "Gonna Rock and Roll Tonight" face b "Rockin' Love".

Par après il est signé chez Sun , rapidement le deal s'avère fructueux,  bingo avec sa version de 'Mona Lisa '.

La suite est moins glorieuse, mais il aura néanmoins enregistré 7 albums.

Grosse émotion chez les anciens rockers bruxellois en apprenant le décès du formidable guitariste José Cuisset qui a fait les beaux jours de Doctor Downtrip, Lagger Blues Machine ou du John Lauwers Band. 

Christian Duponcheel se souvient:

Un des piliers du Lagger Blues Machine, je garderai un excellent souvenir des ces 4 à 5 années de musique avec lui. 
Tendre pensée amicale.
 
 Rien dans la presse... On est bien peu de chose
Et mon amie la rose
Me l'a dit ce matin...

jeudi 17 décembre 2020

Relevé des décès depuis le 17 novembre 2020 - part one

 Rick Wakeman, le 19 novembre: Just heard the sad news that Tony Hooper the joint founder of Strawbs alongside Dave Cousins has sadly passed away.

The Strawbs:  l'un des meilleurs groupes britanniques de folk /prog rock du début des années 70, qui a confectionné une discographie impressionnante, dont quelques pièces maîtresses, 'Grave New World' , ' Hero and Heroine' ou 'From the Witchwood'.

Le line-up du groupe a été fluctuant, avec le seul Dave Cousins comme membre des débuts.

Sandy Denny, Sonja Kristina, Rick Wakeman, Blue Weaver, Rodney Coombes sont quelques noms ayant officié au sein des Strawbs.

Tony Hooper a connu deux périodes Strawbs: de 1964 à 1972, puis de 1983 à 1993.

Il a également fait partie de Pitchfork et de Misalliance. 

Il avait 81 ans. 


Amaury Villain, accordéoniste au sein du groupe de chants de marins Brise-Glace est décédé, à 46 ans,  au Canada; le 26 novembre.


Amaury était un amoureux de la musique et un musicien hors pair. Il laisse également dans le deuil les membres de son groupe Brise-Glace de même que ses fans et ses nombreux amis,.se lit sur son épitaphe.


Le bluesman belge François Monseur est décédé le 10 décembre à Liège.

Il formait un trio redoutable avec Jacques Pirotton et Kevin Mulligan.

Francis Géron du Spirit of 66 nous rappelle que  François avait inauguré les planches de la célèbre salle verviétoise le 1er juin 1995.



Le claviériste László Benkő, un des fondateurs du groupe de rock progressif hongrois, Omega, est décédé le 18 novembre.

C'est à partir des années 70 que les journalistes rock parlent d'Eurock, mais Omega existe depuis 1962,  il a pondu une flopée d'albums, chantés en hongrois ou en anglais, László a toujours fait partie d'une formation qui, après avoir arrêté les frais en 1994, avait repris le collier 10 ans plus tard. János Kóbor est désormais le seul élément original du groupe de Budapest.

 

La chanteuse, danseuse, et actrice néerlandaise Corrie van Gorp s'est endormie pour ne jamais s'évéiller le 22 novembre. 

Après avoir été danseuse classique, c'est dans les revues de  Wim Sonneveld ou André van Duin qu'elle se fait un nom, pour devenir une des actrices préférées des Hollandais.

Parmi les succès musicaux de la Hollandse boerenmeid, on relève "Jodelahiti Jodelahita", "Me Soesafoon", "Zo slank zijn als je dochter" ou  "Alie van de Wegenwacht".


Barbara, Catherine Sauvage, Anne Sylvestre , un trio de grandes chanteuses françaises.

Anne Sylvestre a rejoint les deux premières au paradis des belles voix, le 30 novembre.

Soixante ans de carrière, des centaines de chansons, Anne montait toujours sur scène à l'âge de 86 ans avant de nous quitter, victime d'un AVC.

Quelques titres cultes: Non, tu n'as pas de nom, Une sorcière comme les autres, Les gens qui doutent, Mon mari est parti, Te souviens-tu la Seine....


Par quatre fois  Anne Sylvestre obtient le Grand Prix international du disque de l’Académie Charles-Cros.

Une grande dame! 


Le 3 décembre: British jazz bassist Ron Mathewson has passed away after contracting COVID-19.

Il avait 76 ans .

Parmi les grands noms qu'il a côtoyé, citons Ronnie Scott,  Stan Getz, Joe Henderson, Joan Armatrading, Ben Webster, Philly Joe Jones, Roy Eldridge, Oscar Peterson ou  Bill Evans. 

Jazz writer Alan Fordham said of Ron Mathewson's bass playing: "...graceful phrasing, unerring pitch and immaculate time, qualities that impart to the instrument a lithe and elegant character quite different to the ponderous one it has in some hands..."

 
Le 5 décembre:  Sara Carreira, 21 ans, est décédée dans un accident de voiture sur l'autoroute A1, près de Lisbonne.
La fille de Tony Carreira avait décidé de faire carrière dans la chanson, comme son paternel ou son frère, David.
Elle avait sorti l'album ' Metade' en 2019.

Babylon A.D. bassist Eric Pacheco passed away on Dec 6 at the age of 53.
C'est le frère du bassiste, Jamey Pacheco, qui a annoncé la triste nouvelle.
Le groupe de hard rock californien n'avait plus sorti d'album depuis ' Revelation Highway' de 2017.

Urban Fusion:
Howard Wales, le musicien que Jerry Garcia a décrit comme son collaborateur préféré, est décédé le 7 décembre à l’âge de 77 ans.
Howard apparaît comme guest musician sur l'album ' American Beauty' du Grateful Dead, par contre il n'a jamais été considéré comme membre du groupe.
On l'entend aussi sur plusieurs disques d'Harvey Mandel,  sa discographie personnelle se chiffre à huit exemplaires et deux aux côtés de Jerry Garcia. 

Le bassiste de Cynic, Sean Malone, est mort à 50 ans.
Il est crédité sur les trois albums studio du groupe de progressive metal.
On cite La Grosse Radio.Com: En 1998, il s'est lancé dans l'aventure progressive avec Gordian Knot, un moyen pour lui d'explorer le monde de la basse et du chapman stick aux côtés des ex-King Crimson Trey Gunn et Bill Bruford, mais aussi de Steve Hackett (ex-Genesis), John Myung, Jim Matheos ou encore ses ex-comparses de Cynic, Paul Masvidal, Jason Gobel et Sean Reinert.
 
Fin de la première fournée.


Album - Hendrikse – Where The Road Takes Me

 


Hendrikse – Where The Road Takes Me
 
door John Maes 
 
CD in eigen beheer.
 
Rob Hendrikse, de singer songwriter uit Dordrecht, is in heel Zuid-Nederland en België bekend als een zeer begeesterd performer. Intieme songs van eigen hand wisselt hij af met favoriete covers van Tom Petty, Pink Floyd, Johnny Cash en Fish. ‘Where The Road Takes Me’ is zijn vierde album wat hij in eigen beheer uitbrengt. De vorige drie nog onder het pseudoniem van Fixxxman. Liefst 9 eigen nummers en twee bonus covers deze keer. Alle voornamelijk geschreven en gecomponeerd in de beginperiode van onze coronacrisis. Rob mistte als geen ander zijn live optredens, kreeg de nodige tegenslagen te verwerken en besloot vastberaden de studio in te duiken om nieuw materiaal op te nemen. Een aantal intieme sterk gepassioneerde nummers met voor de afwisseling nummers in grotere bezetting met drummer Cor ‘Mad Max’ Fens, Rob Orlemans op gitaar en Patrick Zapije op o.a. synths, piano, bas, gitaar.
Het album ademt vooral in de ballads rust en kalmte uit waarbij je helemaal weg kunt dromen ondersteund door de indrukwekkende sonore donkere stem van Rob. Vooral bijvoorbeeld in het nummer Fly Away voel en hoor je het verdriet wat Rob te verwerken heeft gekregen bij het verlies van een van zijn beste vrienden. Ontroerend mooi gebracht met een hoog kippenvel gehalte. Deze gehele song neemt je mee in deze droefenis, vooral als de elektrische gitaar en drumpartij wordt ingezet. Dit nummer is tevens als single te horen en zien via het youtube kanaal van Rob. Het volgende nummer ‘The Future Come’ wordt ingezet door een radioverslaggever uit Dallas 22 november 1963, die de aankondiging doet van de drie kogels waarmee John F. Kennedy om het leven werd gebracht. De steeds maar terugkerende thema’s van Rob ‘On the Road’-‘The Long Road’- ‘The Endless Road’ opent hier weer deze song waar hij op zoek is naar ‘The Unknown’. Mijmeringen over het verleden, heden en de toekomst. De prettige opname en warme audio kwaliteit neemt je weer helemaal mee op deze oneindige zoektocht en de vele keuzes waar we in ons leven voor komen te staan. Voor ons allen herkenbare situaties en gevoelens verwoord in deze mooie song. Rob is dus steeds zoekend en onderweg, daarnaast hunkert hij er weer naar om de vele voor hem bekende zaaltjes, cafe’s en clubs weer als muzikant te bezoeken met zijn altijd prettige optredens en verlangen om nieuwe vrienden en oude bekenden te ontmoeten.
Dit album is een typerende variatie op de drie voorgangers. Meer afwisseling in composities, arrangementen, ritmes en instrument gebruik. Je hoort aan alles dat er hard en stevig gewerkt is aan dit album. Rob heeft nagenoeg alles in eigen hand en beheer uitgevoerd. Van marketing, eigen design, productie en promotie. Veel nachtwerk dus. Een mooie surprise op dit album is het akoestische nummer ‘Just Want To Tell You’ is een nummer dat is geschreven voor Rob’s bonus dochter Sharena en stiekem is opgenomen toen hij het voor haar speelde. De tracks zijn de afgelopen maanden opgenomen op diverse locaties zoals De Rodisc Studio in Tiel, Music Department Dordrecht en de LRM Studio in Dordrecht.
Tracklist:
1. Make it Rain
2. Down The Long Road (feat. Rob Orlemans & Cor 'Mad Max' Fens)
3. Fly Away
4. The Future Comes
5. Crawling Back To You (Szlatchetka’s Telefunken Version)
6. The Mask Fell Down
7. Move On
8. My Train Stopped Rollin'
9. Blue On Black
10. Just Want To Let You Know (Sharena’s Song)
11. The Healing

mercredi 16 décembre 2020

Album - LONEWOLF - Division Hades

 Album - LONEWOLF - Division Hades 


Label - Massacre Records

 

NoPo

 
Après plus de vingt ans d'existence, les french'ement métal viennent de forger leur album quasi bisannuel.
Le nom du chanteur leader (Jens Börner) le laisse présager, l'inspiration ne vient pas de l'autre côté de la Manche mais plutôt de l'est du Rhin.
Un coup d'oeil sur les titres le confirme, héroïsme, combats, cavalcades, camarades, forment les mamelles du loup mutant (mais pas si solitaire que ça).
L'argument vaut pour la pochette hautement colorée par un dessin mouvementé de bataille avec belligérants aux muscles saillants, métalement armés, protégés par des casques et boucliers.
Sans relâche ni écart de l'étalon, les grenoblois martèlent sur l'enclume du heavy speed/power millésimé (comme d'autres Aussies répètent leur hard rock branché sur haute tension).
Börner rime avec borné ou bonheur? C'est selon et pas incompatible!
Leurs influences? On peut citer Grave Digger, Running Wild, Accept, Helloween, Judas Priest... Les musiciens connaissent leur heavy teuton sur le bout des tétons tatoués (fantasme?)! On pourrait qualifier leur son de mét'allemand!
'Wolf' aboie fréquemment dans les noms de groupe métal ('Wolf' tout court, 'Wolfheart', 'Bad Wolves'...). Ici la famille hurleuse, représentée par Charles Greywolf (venant des cousins germains POWERWOLF), assure la production ad hoc.

Probablement surmotivés par le retour (10 ans après pour le 10è album!) du gladiateur trancheur Damien Capolongo, les combattants déclenchent de nouveaux tremblements de terre de magnitude 7 et plus.
Cette fois, les canidés mettent les bouchées doubles en 10 nouveaux titres et 10 archives réenregistrées!
Loin d'être décadent, le nombre 10 maintient la cohésion du Cosmos... il paraît... Avec ça, on est tranquille!

On commence par un au revoir?! 'The last goodbye' s'ouvre en caressant les cordes doucement sous des chœurs fantomatiques qui introduisent une suite de phrases en allemand pendant 1 petite minute, ensuite on passe aux choses sérieuses... 
Double-pédale, blast-beat en tirs de mortier, guitares foudroyantes à la mitrailleuse et voix rugueuse défoncent le champ de bataille. Le refrain scande des adieux avec fougue 'Farewell'.

Nombre de titres lancent des 'Hey Hey' virils à reprendre ensemble comme un seul homme. 'The Fallen Angel' aux guitares aussi tranchantes que l'acier anglais des Judas Priest en présente un bon exemple.

'Manilla shark' (hommage à Manilla Road, groupe américain des années 80) se veut plus court et direct emmené par un riff costaud doublé d'une guitare lead agile en superposition du thème principal et qui déclenche un très bel effet.
Des éclairs de guitares jaillissent de partout et on s'en délecte avec gourmandise.

'To Hell and Back' fait forcément penser à Saxon mais sans relation musicale puisqu'il s'agit d'un court instrumental martial aux chœurs wagnériens (pour motiver les troupes).
La compo enchaîne, sur un 'Alive' aussi court (3 mns) que déchaîné, rempli de guitares laser dans un rythme, impossible à suivre, à la Speedy Gonzales. 'I am alive, too young to die', une tuerie!

'Silent Rage', tout aussi rapide, pilonne avec son artillerie écrasante.

'Division Hades' et 'Lackeys of Fear' tonnent dans un orage plus sombre. Ces morceaux, lourds, continuent d'être aussi véloces.

Au final, 'Drowned in Black' fait immanquablement penser à Iron Maiden, par son intro en lente procession, puis son riff plaqué sur des roulements épileptiques, et enfin un long développement (9 mns) à tiroirs avec breaks rythmiques.
Une vraie réussite!

Je ne détaillerai pas les 10 morceaux réenregistrés qui vont combler les fans.
Bravo aux solides auditeurs motivés qui peuvent avaler, d'un coup, le glaive jusqu'à la garde!
Tout au long de l'attaque, les cohortes de l'enfer démontrent leur efficacité sans défaillir et toujours sous de bonnes augures mélodiques.
L'ambiance épique flirte avec le médiéval fantastique en développant l'imaginaire (loup, es-tu là?).
Malgré un côté un peu répétitif sans louvoyer, les objectifs ne sont pas loupés : louer la vertu du courage et enrôler de nouveaux soldats qui partent au combat en hurlant des hymnes à tue-tête!

Line up
- Jens Börner (chant, guitare rythmique)
- Damien Capolongo (guitare)
- Rikki Mannhard (basse, chœurs)
- Bubu Brunner (batterie)

Track list
1. The Last Goodbye
2. The Fallen Angel
3. Division Hades
4. Manilla Shark
5. Underground Warriors
6. To Hell And Back (instrumetal)
7. Alive
8. Lackeys Of Fear
9. Silent Rage
10. Drowned In Black

1. The Call (intro)
2. Into The Battle
3. The Dark Throne
4. Towards The Light
5. Forgotten Shadows
6. The Forgotten Valley Of Hades
7. 1789
8. Witch Hunter
9. Sorcery
10. Erik The Red

GHXST - EP Dark Days

 GHXST -  EP 'Dark Days'

 

L'EP n'existe que sous format numérique.

Physical release?

Shelley Ex répond: We hope so!

 g h x s t!

C'est quoi cet acronyme?

Ghost, le combo de Brooklyn n'est pas le seul à l'utiliser, un gars de l'Idaho s'en sert  pour rapper sans ambages.

Le groupe new-yorkais s'ébat dans un autre macrocosme où le doom,le grunge et le noise prédominent.

A l'origine ( 2010), il officie en formule trio, Shelley Ex, Christopher James ( parfois cité comme étant Chris Wild) et Nathan La Guerra.

Plusieurs EP's voient le jour, ils n'avaient pas l'intention de sortir de LP's, même si une compilation regroupant deux extended play's paraît en 2011 sous l'intitulé  'Evilwickeddesire'.

Après l'EP ' Nowhere' de 2015, on perd la trace du batteur Nathan La Guerra, GHXST continue le voyage en format duo.

Novembre 2020 voit surgir un nouvel EP, ' Dark Days' , mixé par James Aparicio, pas un âne, vise la carte de visite: Spritualized, Depeche Mode, Mogwai, Moby, Nick Cave / Grinderman, Liars, These New Puritans, Factory Floor....

 Shelley Ex et Christopher James jouent de tous les instruments ou manient les boîtes et rythmes, les vocaux sont pour madame.

On nous signale ceci: the EP is named after James Baldwin’s book. "No one is free until everyone is free".

 

'Dark Days' Track list:
1 Shimmer
2 Come Home
3 It Falls Apart
4 P.U.R.R.
5 U R My Night
6 Die High

Un tempo  d'une lenteur martiale, pour amateurs de tai chi, donc, caractérise ' Shimmer' qui ouvre le six-tracker, une drum machine métronomique assure la toile de fond, un chant brumeux et désespéré se balade sur une guitare distordue et pesante. Il y a du
Sunn O))) dans la démarche doom d'un  morceau qui devrait beaucoup plaire à Dominique Van Cappellen-Waldock, de Baby Fire.
Donc, dans la nuit noire, tu vois comme un objet miroiter: un fouet, une dague, une lame de rasoir.... anyway, ça te fout les boules.
Tu fuis cette rue sordide pour rentrer chez toi, ' Come Home' , toujours dans l'obscurité quasi totale, tu distingues à peine les teintes post punk/ psychedelic doom rock; appliquées sur la toile par le duo maléfique.
Un mec a reconnu le timbre de Hope Sandoval dans les intonations impassibles de Shelley, c'est  un point de vue partagé.
' It Falls Apart' , selon toi, qui est à l'origine du doom?
Black Sabbath, bien sûr.
Distorted electric guitar tone dans le moule Tony Iommi, riffs lourds et ravagés et toujours cette voix lasse qui vient s'arrimer à tes cellules. Pas vraiment le truc qui va égayer une soirée entre filles ne jurant que par Kendji Girac ou Soprano, ça tombe bien tu n'aimes ni les réunions tupperware, ni la muzak indigeste.
'P.U;R;R.',  sorti en single, trempe dans un bain de reverb. Sur bruit de fond mécanique lancinant, Chelsey entame une mélopée confuse, embrumée, tandis qu'une seconde voix nasille un message incompréhensible.
Certains avancent des noms tels que The Jesus and Mary Chain, Neurosis ou Cult of Luna, on patauge effectivement ( avec plaisir) dans ces eaux troubles.
La ballade mélancolique ' U R My Night' , chantée  à la manière de Nico, célèbre les nuits intenses de L A.
Les fantômes du  Velvet Underground, tapis dans un coin, épient l'intraitable  duo qui n'est pas prêt à faire des concessions.
Faut pas des tonnes d'arrangements sophistiqués pour faire une bonne chanson!
L'EP s'achève par le  bluesy ' Die High', où pour une fois la guitare se fait claire et  bienveillante.
C'est, dès lors,  sur une note psychédélique que prend fin la lecture de cet envoûtant recueil consacré au monde de l'ombre.
 
 Alfred passait par là, il tenait à la placer:
 Les plus désespérés sont les chants les plus beaux....
Il en connaît pas mal, paraît-il, on lui a refilé l'EP!
 
 
 



 



lundi 14 décembre 2020

HMS Morris - Pastille EP

 HMS Morris -  Pastille EP

 

Label:  Bubblewrap Collective

1916 - Le destroyer HMS Morris dirigé par le lieutenant-commandant  Edward- Sydney Graham participe à la bataille du Jutland.

Après la semi-victoire, l'équipage s'est-il mis à danser  la Morris dance en agitant des mouchoirs, who knows?

Peut-être le groupe gallois qui avait sorti un premier single en 2014 sous le nom HMS Morris.

Créé comme side-project par Heledd Watkins, chanteuse et comédienne, membre des groupes  Marcella and The Forget Me Nots, Emmy The Great ou active au sein du backing band de Chloe Howl, le groupe démarre en formule trio, Sam Roberts et  Wil Roberts ( tous deux faisant partie de Wilma Sands et de Mwsog)  complètent la formation.

Un premier album, 'Interior Design' voit le jour en 2016, les critiques sont excellentes,  le côté psychédélique et aventureux des compositions frappe les imaginations.

Le second album  'Inspirational Talks' paraît en 2018, les mêmes éloges pleuvent, HMS Morris totally killed it and I predict that they’re gonna blow up big time, écrit Amy Grace.

Au niveau line-up, on notait du changement: Heledd Watkins (guitars/vocals), Sam Roberts (keys/bass/backing vocals) et Alex Møller (drums) sont crédités.

2020, il n'est plus question d'un trio, l'équipage se réduit à deux unités: Heledd et Sam, ils viennent de pondre un EP que tu peux te procurer en pharmacie en demandant ' Pastille'.

Tracklist- 

01. Partypooper (5:23)
02. Poetry (4:28)
03. Babanod (3:53)
04. Myfyrwyr Rhyngwladol (4:05)
05. Marshmallow (3:26)

Peu de détails-  5 songs recorded and released in 2020. The collection represents a fairly coherent period, when circumstances required a particular mode of composing, producing and being. This EP sums up all the band’s 2020 feels.

Heledd ( chant, guitare, compositions)  et Sam ( (bass/ synth/ loops/ backing vocals) sont mentionnés et Owain Gruffudd + Gwyn Owen, membres du brass band Band Pres Llareggub, sont cités sur le premier titre.

Pour les autres plages: flou artistique!

 

Coup d'oeil à l'artwork, esthétique, signé Mari Elin, un collage surréaliste devant illustrer les différents titres de l'album, si les poupées exhibées pour représenter le titre ' Babanod' ( Welsh word for babies) ne sont pas aussi effrayantes que Chucky ou Annabelle, elles t'y font penser, sinon il y a des références à  Magritte et peut-être à Sophie Taeuber-Arp.

L'exubérant ' Partypooper' ne va pas plomber l'ambiance. Sur sonorités latino et cuivres carnavalesques,  le morceau évoque la fougue de Tom Tom Club, avant un bridge Beach Boys,  puis le retour des Cubaines en folie.

La vie est faite de hauts et de bas!

'Poetry' démarre en douceur, Heledd fredonne paisiblement une mélodie, semble-t-il inspirée du 'Boléro' et traitant d'un amour à sens unique, lorsque la guitare entre en action, la danse ibérique prend des allures psychédéliques qui auraient plu à Syd Barrett.

Des couches de vocaux célestes habillent la complainte, qui gagne en intensité pour effleurer le noise, avant de s'éteindre à petit feu sur des percussions s'ébrouant en sourdine.

 

Aux bébés on chante une berceuse, le hic c'est que les vocaux hantés de  ' Babanod'  risquent de leur refiler des cauchemars.

En ajoutant un calmant au biberon, ça devrait passer.

Une nouvelle fois les sonorités psychédéliques nous renvoient vers les glorieuses sixties, une époque où les Beatles et les Stones découvraient le sitar.

Ah, Brian Jones sur 'Paint it Black'!

' Myfyrwyr Rhyngwladol', non ce n'est pas un médicament, d' après une connaissance de Cardiff,  cet agglomérat de consonnes truffées de y's  signifie ‘International Students’.

La plage, sous forme de rondo nerveux et groovy ,  doit rendre l'ambiance d'une des rues les plus animées de la capitale du Pays de Galles et nous préparer à un monde occidental multiculturel.

Une confiserie pour achever les agapes, ' Marshmallow' renoue avec l'exotisme déjà présent sur 'Partypooper' .

Un theremin  stridulant se mêle aux atmosphères Barry Manilow pour désorienter les amateurs de rumba et de salsa, quant au marshmallow en question tu peux l'associer à la voix acidulée de Miss Watkins.

 

HMS Morris, un projet qui peut sembler farfelu mais qui remplit à la perfection l'image  qu'on peut se faire d' un art pop combo.

 

A découvrir!